Littérature jeunesse: les chroniques de Marje #10

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Et voici donc la 10ème chronique de Marje. Comme beaucoup d’entre vous l’ont noté, ces billets que j’ai pourtant rendus plus visibles sur le blog (en haut à droite) ne sont pour l’instant plus consultables dans leur intégralité, la faute à un export qui s’est mal passé (nous pensons Frédéric et moi que cela tient à la longueur un peu exceptionnelle de ces notes). Rassurez-vous nous n’allons pas laisser cela en l’état, Frédéric est en train de travailler là dessus, je vous tiens au courant dès qu’il est à nouveau possible de les voir. Comme pour la dernière fois, en cliquant sur les titres vous avez un lien vers l’ouvrage sur Amazon. Je pense à ce sujet que nous avons déjà bien débattu du sujet il y a un mois. Je suis d’accord qu’Amazon n’est pas la panacée, que ce sont des bouffeurs de libraires, etc etc etc. Seulement voilà, j’ai eu beau chercher je n’ai pas trouvé de sites de libraires indépendants proposant le même service et surtout un pourcentage sur les ventes. Parce que vous l’aurez compris, le but en insérant ces liens est bien sûr de vous faciliter la vie mais aussi de rémunérer – un peu – Marje, ne serait-ce qu’en la dédommageant de ses achats de livres. Pour info, la dernière fois cette chronique a généré environ 50 euros de commissions, ce qui n’est pas le Pérou mais qui n’est pas non plus complètement négligeable. Bref, je ne vais pas y aller de mon laïus à chaque nouveau billet, mais juste, s’il était possible de ne pas à nouveau monopoliser les commentaires sur le sujet, ce serait formidable. Non pas que cela me gêne plus que ça, c’est surtout que Marje passe un temps fou à lister ses lectures, qu’elle se rend disponible le jour de la publication pour pouvoir vous répondre dans les commentaires et que cela me rend chafouin de me dire qu’à l’arrivée les commentaires en question dévient du sujet pour se transformer en débat sur pour ou contre Amazon. Sachant qu’il est une fois encore évident que personne ne met de flingue sur la tempe de qui que ce soit pour acheter sur ce site. Sachez juste pour ceux qui le font qu’un tout petit pourcentage du prix du bouquin va alimenter la cagnotte à livres de Marje ! Sur ce, je vous laisse en sa compagnie…

Edit: cette photo a été prise au pied de la Golden Mountain à Bangkok. C’est un très doux souvenir que celui de ces enfants en excursion scolaire, tous occupés à faire de la caligraphie ou des pastels. Les uns étaient assis par terre, d’autres attablés, tous étaient d’un calme et d’une sérénité hallucinante. Je ne vais pas tomber dans la caricature et la comparaison avec nos enfants à nous plus difficiles à canaliser, mais honnêtement j’aimerais bien connaitre leur recette, aux enseignants thaï !

Edit2: Vous avez aussi la possibilité de télécharger cette chronique au format PDF, dans sa version tablette : minitablochronique ou intégrale: chronique10

 

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C’est bien souvent par les yeux que se déguste un livre. La couverture ou le titre attire le regard puis la lecture de la quatrième de couverture mais aussi parfois quelques mots ou illustrations volés au cœur de l’album …La vue est le premier sens sollicité. Certains ouvrages nous offrent une belle surprise en proposant aussi un éveil tactile comme dans le magnifique album De quelle couleur est le vent ? d’Anne Herbauts. Les plus petits sélectionnent certainement leurs livres à leurs goûts aussi ! En tout cas, l’album Deux Yeux ? de Lucie Félix comme le montre la photo ci-dessus invite aussi les enfants à éveiller leur sens esthétique et à développer leur imagination.

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Si vous cherchez un jeu éducatif, ludique et qui décorera la chambre de vos Petits ou même GrandsProches, je vous conseille les puzzles gallery Djeco. Ils sont crées par des illustrateurs que j’affectionne particulièrement Rebecca Dautremer et sa Parade fantastique (350 pièces), Nathalie Novi et sa promenade merveilleuse (350 pièces), Elodie Nouhen et son Poetic Boat (350 pièces) et l’Océan de Magali Le Huche (200 pièces) et quelques autres encore ici. Le format long de plus de 90 cm rénove cette distraction qui peut sembler désuète mais qui occupe bien les dix doigts et les milliers de neurones des enfants pendant quelques heures. J’ai particulièrement apprécié le moment où j’expliquais qu’il valait mieux commencer par faire le contour du puzzle afin de trier et de se faire une vue d’ensemble de l’œuvre. Je me souviens de ma mère m’expliquant le même précepte et j’imaginais les yeux au ciel de mes enfants dès que je tournais le dos (je faisais pareil) ! Je n’encadre pas les puzzles, j’ai l’horrible sensation qu’ils étouffent (je sais je suis bizarre) mais les boîtes font de très beaux coffrets de décoration dans les chambres. J’en ai offert à mes enfants pour Noël et à une jeune fille qui m’est chère ! J’aimerais que Djeco crée une filière littérature jeunesse afin de suivre les aventures des Sardines, de Piratatak, de mobiliser tous les animaux des magnifiques cubes de mon PetitPetit dans une belle histoire, de comprendre pourquoi Mistigri est si indésirable …Sans vouloir raviver la polémique, vous pouvez vous les procurer auprès d’une boutique de jeux ou bien en ligne sur avenuedesjeux. Le site Djeco ne propose pas e-shop.

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Malgré mes aveux publics, je n’ai toujours pas rompu avec Georges ! Lors de notre dernier rendez-vous, il était particulièrement en beauté. Ce numéro est consacré à la pomme et entre ce fruit et moi, c’est comme une longue histoire … Dans ce numéro, des petites et des longues histoires, des illustrations par centaines, des jeux et des découpages-collages par dizaine, des recettes de cuisine, une rubrique cinéma à jouer … Avec un Georges à la main, vous partez pour des heures de création et de rires ! (Chronique de la revue Georges : clic – Si vous vous inquiétez pour moi et que vous voulez lui poser quelques questions, le site de Georges est ici !). A partir de 7 ans et pour toute la vie.

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0-3 ANS

2 Yeux ?L.Félix – 48 p.

Les Grandes Personnes – 2012 – 12.50 €

JEU VISUEL/LANGAGE/ILLUSION D’OPTIQUE

Ce n’est pas un livre pop-up, ce n’est pas un livre tactile, ce n’est pas un album classique. Néanmoins, il est un peu pop-up, un peu tactile et il raconte une très belle histoire. On peut dire qu’il est 100% interactif. Cet album est un hybride. Lucie Félix a condensé dans ce livre toute l’innovation de la littérature jeunesse. Un peu à la Tullet, l’auteur qui est le narrateur invite l’enfant à s’approprier le livre en créant un univers ludique et interférent. La superposition de pages trouées, de fenêtres met en scène un récit de vie autour d’une mare. Têtards, grenouille, chouette et nénuphars se modifient et se transforment selon l’envie de l’enfant. L’auteur suggère à l’enfant d’émettre des hypothèses sur ce qu’il voit. Au lecteur de tourner la page et de découvrir la réponse ou en tout cas une réponse possible. L’auteur utilise son talent et explique sa démarche d’auteur en laissant planer le doute : chacun aurait-il la possibilité de voir ce qui l’entoure avec créativité et poésie ? En employant le « Je », Lucie Félix donne une tonalité magique et extraordinaire à cet album. Elle se positionne comme un démiurge qui peut voir et créer un monde « origamique ». Les couleurs vives s’associent aux découpes et aux illusions d’optique. Les thèmes du jour et de la nuit sont très bien menés. L’enfant sera sensible au caché/trouvé. Il est acteur du livre et la tourne de page devient un jeu pour sauver la jeune grenouille ou non ! Les plus petits pourront approfondir leur vocabulaire sur les formes : rond, ovale, triangle, carré et ressentir pleinement les couleurs rose, bleu, noir… La numération est aussi convoquée pour rythmer le récit et inciter les enfants à dénombrer les découpes et les fenêtres créées. Un beau livre animé qui mérite la distinction des libraires Sorcières : clic! Dès que possible.

Pour apercevoir l’ouvrage, le site de Lucie Félix : reclic.

A la ferme de tout prèsN.Humbert – 26 p.

La Joie de Lire – 2009 – 12.50 €

FERME/ANIMAL/PHOTOGRAPHIE/EVEIL

Cette maison d’édition porte bien son nom ! La joie de lire et de découvrir de beaux albums photographiques ! A la ferme est un imagier. Il rassemble de grandes et belles photographies d’animaux. L’âne, le cochon, l’oie, le cheval et tous leurs amis de la ferme sont présentés à tour de rôle et à chaque tourne de page. Ces photos sont particulièrement intéressantes car elles ne présentent qu’un détail de l’animal : l’œil triste de l’âne, la queue tire-bouchon du cochon, le bec orangé de l’oie … En gros plan, ces clichés incitent les enfants à retrouver le nom de l’animal à partir d’un simple élément de son anatomie. En quelques secondes, les neurones sont stimulés et on visualise l’animal dans son entier. Un album organisé sur un fond noir qui en amplifie la beauté. J’ai séché sur le dindon (j’ai répondu hâtivement pomme de pin ! Je sais c’est moi la pomme). La page de droite, l’honorifique, propose les clichés. Heureusement la page de gauche offre les réponses. Cet album est une intelligente et belle balade à la ferme ! Dès 1 an mais attention il n’est pas cartonné. Dans cette collection, vous pourrez aussi trouver d’autres titres : ici.

 

Potirons et cornichonsN.Humbert – 20 p.

La Joie de Lire – 2012 – 9.50 €

POTAGER/LEGUME/PHOTOGRAPHIE/GOUT

Restons dans la Joie, une joie à partager autour du potager ou devant l’étal du maraîcher : Potirons et cornichons ! Dans cet imagier cartonné, des photographies des légumes du potager sont présentées sur chaque page. En gros plan, les légumes, racines et tubercules sont très appétissants et donnent envie de croquer dedans immédiatement. Les clichés pris au cœur du jardin rappellent aux enfants et aux grands que la terre, le soleil et la main de l’homme parfois sont les ingrédients essentiels pour produire de bons et beaux légumes. J’ai apprécié que les légumes soient présentés à leur état naturel. L’épi de maïs est encore entouré de ses feuilles et chapeauté de sa barbe. L’oignon est présenté avec ses peaux sèches et racornies. Les clichés de grande qualité permettent de découvrir de nombreux détails et d’admirer les couleurs profondes des vrais légumes. Notre mini-potager ne permet pas aux enfants de connaître tous ces légumes et les étalages du supermarché non plus. Je crois qu’après la lecture de cet imagier, mes enfants étaient tellement enchantés que j’aurais pu me lancer dans la confection d’une soupe au fenouil pour le dîner ! PetitPetit, MoyenPetit et MoyenGrand ont beaucoup aimé cet imagier qu’ils ont appréhendé comme un album ludique. Effectivement les réponses ne sont pas proposées avec la photographie, elles sont regroupées à la fin de lu livre. J’avoue qu’il me manquait une réponse dans ce petit marathon potager : le pâtisson ! Le soir même, ils attendaient de pied ferme leur père pour le passer à l’interrogatoire ! Je ne suis pas peu fière d’avoir largement gagné ! Je leur ai proposé de présenter cet imagier à leur arrière-grand père lors de sa prochaine visite car on ne le surnomme pas PapyJardin pour rien ! Dans la même collection : Veau, vache et cochons ! Dès 1 an.

Mamangue/Papaye L.Gaudin Chakrabarty – 20 p.

Chandeigne – 2012 – 9.40 €

NAISSANCE/GROSSESSE/DESIR D’ENFANT/CYCLE DE LA VIE/MATERNITE/

PATERNITE

J’ai acheté ce livre au Salon du livre. En ce jour d’hiver glacial, je n’ai pas résisté à cette belle mangue jaune ! Ce tout petit livre me réservait encore une surprise car c’est un ouvrage animé qui propose une lecture recto/verso comme le montre la photo ci-dessous. Un ouvrage-dépliant qui montre avec délicatesse que les hommes et les femmes deviennent parents différemment. Les métaphores employées sont fines et permettent à l’enfant d’aborder la reproduction humaine naturellement. Comme un flip-book, les illustrations s’animent à la tourne rapide de page. La mangue se transforme en un ventre rond de femme enceinte puis en un beau couple mère-enfant. Quant à la papaye, elle évolue en fœtus puis en jeune homme tenant un nourrisson dans les bras. Au cœur de ce livre-dépliant, vous avez donc un homme et une femme dos à dos accompagnés d’un enfant. Que de poésie, que d’adresse et de clarté dans ce tout petit livre sans texte. Les illustrations qui s’animent sont simples mais rehaussées de belles couleurs vives. Les traits à peine esquissés des personnages donnent un ton universel à ce thème de la procréation. Loin du documentaire, il ne permettra pas de répondre à la fatidique question « comment on fait les bébés ? » mais il permettra d’offrir une alternative poétique à l’éveil des Petits. Dès 2 ans.

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CoucouJ.Ashbé – 28 p.

Ecole des Loisirs – 2000 – 5.60 €

VIE QUOTIDIENNE/SEPARATION/JEU/LANGAGE

Sans remonter à Freud et son jeu de la bobine, nous avons tous vécu l’expérience du jeu « Coucou, me voilà » avec un petit. Ces comptines et ces jeux très anciens du caché-retrouvé aideraient le jeune enfant à surmonter l’angoisse de la séparation. Cela fait donc douze ans que je joue à ce jeu pour le plus grand plaisir de mes enfants ! Il est vrai que ce jeu prend vraiment sa pleine mesure entre neuf et dix-huit mois. Ils rient, ils applaudissent et ils en redemandent indéfiniment ! Grâce à cet album Coucou ! les enfants peuvent vivre à volonté ce jeu. Sous la plume et les pinceaux de la célèbre Jeanne Ashbé, un bébé joue à se cacher derrière/dans/sous les meubles et les objets familiers. La lecture fonctionne par paire de double page. La première double page, montre l’enfant caché et la question «Qui se cache … ? ». La tourne de page offre la réponse au premier regard sur la page de droite avec la réponse « Coucou c’est … »Ce va-et-vient du regard sur les pages crée une dynamique de lecture. Les plus petits comme les un peu plus grands se reconnaîtront sous les traits délicats et souriants des enfants représentés. Les répétitions des « Qui se cache là » et des « coucou » rythment joyeusement la lecture. Comme une chanson dont on connaît les paroles, les petits donnent les réponses et miment les scènes. A travers ces petites scénettes de la vie quotidienne, l’enfant entend et visualise les objets familiers. Il verbalise les mots en participant à la lecture de l’album. Un plaisir à partager et à vivre ensemble dès 1 an.

 

Ou est Mouf ? – J.Ashbé – 12 p.

Ecole des Loisirs – 2006 – 13 €

VIE QUOTIDIENNE/CHERCHER/JEU/DOUDOU

Du même auteur et sur le même thème, je vous recommande Ou est Mouf ? Cet album cartonné épais est un récit de pérégrination. Un jeune enfant cherche son doudou-chat partout dans la maison. Peut-être que Mouf est dans l’armoire ? Peut-être que Mouf est caché sous le lit ? Mais non Mouf est plus malin que ça ! Cet album solide est un livre animé par des tirettes. L’interactivité de la lecture est évidente comme le plaisir des tout-petits. Sous, dans, derrière, … sont des termes qui prennent tout leurs sens. Les enfants développent alors leurs repères spatiaux et enrichissent leur langage. Les illustrations délicates de Jeanne Ashbé sont toujours un ravissement pour les petits et les grands. Dès 1 an.

Si vous souhaitez en savoir plus sur Jeanne Ashbé : ici !

 

Il était un arbre – E.Vast -28 p.

MeMo – 2012 – 15.50 €

ARBRE/POIRIER/NATURE/CYCLE DE LA NATURE/FAUNE/FLORE

Je vous avais promis la présentation de cet album lors de ma dernière chronique ! Peut-être que certaines ont déjà découvert ce très bel ouvrage avec leurs Petitsproches. J’apprécie cet album car il semble s’adapter aux différentes lectures de mes enfants. PetitPetit pointe du doigt les animaux pour les nommer (Pour son plus grand bonheur, il a trouvé un tracteurdans cet ouvrage). MoyenMoyen, lui, l’appréhende comme un livre-support grâce auquel il invente toutes sortes d’aventures à la faune et à la flore (Avec lui, les cervidés ont une vie palpitante !). Quant à MoyenGrand, il l’a lu comme un récit philosophique. Il a trouvé que le cycle infini de la nature était un système extraordinaire qu’il fallait préserver. Il a aussi noté toute la richesse des illustrations et la mise en valeur de cet arbre au fil des pages. Effectivement le héros de cet album est un poirier. Au cours des saisons, il se transforme, il s’étoffe, il porte ses fruits, il défolie et il entre en dormance. A chacune des saisons, ce beau poirier accueille autour de lui, dans ses branches, au creux de ces racines, les animaux de la forêt comme les biches, les sangliers, les écureuils, les oiseaux et beaucoup d’autres encore (je crois avoir reconnu des blaireaux et des hermines). La présence humaine est néanmoins suggérée par la présence de quelques objets familiers. Une luge, un bonhomme de neige, un vélo, un panier plein de poires montrent que les hommes ne sont pas loin mais qu’ils savent profiter de cet arbre sans lui nuire. Les illustrations sont somptueuses et la lecture peut durer des heures. Des trouées dans les pages et la construction graphique entraînent le lecteur à imaginer les multiples évènements qui se déroulent auprès de ce poirier. De nombreux jeux visuels sont à suivre au cœur des doubles pages. Des effets de travelling, des pistes d’empreintes à suivre du doigt, des procédés d’illusion de croissance ou de vitesse saisissants. Les couleurs pourtant peu nombreuses soulignent toute l’harmonie qui règne à l’ombre de ce poirier. Gris, noir et orange suffisent à animer tout un monde ! Dès 3 ans.

Il était un arbreest un album à lire en regardant ce film magnifique : Le Renard et l’Enfant de Luc Jacquet

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3-6 ANS

Moi, c’est Blop ! H.Tullet – 112 p.

Bayard jeunesse – 2011 – 14.16 €

ART VISUEL/JEU GRAPHIQUE

Je veux un blop ! Je veux un blop ! Voilà ce que vous allez entendre si vous offrez ce livre à l’un de vos enfants. Je préfère vous prévenir car mes enfants arpentent les jardineries, magasins de bricolage et autres magasins de boui-boui pour adopter un blop. Le format du livre est vraiment étrange : un livre quadrilatère non régulier (un prolygrone ? J’ai une pensée émue pour les bibliothécaires qui vont s’arracher les cheveux pour faire tenir ce livre dans leurs bacs !). Les blops sont des êtres à quatre membres plus ou moins grand, plus ou moins coloré, ils peuvent vivre seuls ou en famille. Ils aiment les musées et la campagne. Ils produisent des petits blops métis très mignons. Dès la première page, nous découvrons un blop au contour noir, il est régulier, il ressemble à une fleur ou un papillon    : c’est comme vous voulez. Chaque tourne de page est une surprise tant au niveau graphique qu’au niveau conceptuel : feuillet transparent, feuillet miroir et surtout des blops par centaine. Comme seul sait le faire Hervé Tullet, cet ouvrage est ludique, original complètement décomplexé. J’aime ses albums car il sait se libérer du joug pédagogique. J’aime l’idée que cet auteur ne part pas d’une commande éditoriale avec un thème pédagogique précis. Je pense qu’il travaille d’abord sur le jeu et le plaisir, même si les enfants sont invités à découvrir toute une gamme de couleurs, actions, sensations, jeux de mots, évocations artistiques ou clins d’œil d’actualité ….. A la fin de l’ouvrage, les enfants pourront décrocher des blops de toutes les couleurs pour décorer leurs chambres ou leurs agendas. Je vous invite à partager mon coup de cœur complètement bloppé. Dès 3 ans.

Des blops ont été filmés et la mise en scène est géniale : clic !

Plume – I.Simler – 40 p.

Editions Courtes et Longues – 2012 – 20.90 €

PLUME/OISEAU/JEU VISUEL/NATURE/IMAGIER

Un album grand format pour présenter tout en finesse et poésie la belle collection de plumes de Plume, le chat ! Plume est un chat qui a besoin d’un oreiller duveteux pour s’adonner à sa passion : rêver. De la couverture à la dernière page, Plume est présent sur chaque page de ce magnifique imagier. Plus de dix-huit volatiles sont représentés. Chaque double page présente l’oiseau à droite et ses différentes plumes à gauche. Les enfants découvriront donc que les oiseaux cachent des plumes très différentes au sein de leur plumage selon les rémiges et selon leurs fonctions. Même le pigeon (un hommage aux mésaventures de Caro !)qui semble bien terne a des plumes variées tant en formes qu’en couleurs. Je vous laisse imaginer alors les magnifiques couleurs offertes par le plumage du martin-pêcheur ou du colvert ! Les oiseaux présentés sont souvent des volatiles de nos villes ou de nos campagnes, d’autres sont plus exotiques et ne seront peut-être visibles que dans les zoos ou lors de voyages à l’étranger. Les illustrations sont d’une finesse rare. Les plumes sont représentées dans leurs moindres détails. Les expressions des volatiles sont aussi très soignées et la chouette a remporté le premier prix familial lors de la lecture de cet album. Heureusement que le nom de l’animal est donné sur chaque double page car je ne suis pas familière des oiseaux (j’en ai une peur bleue ! Merci A.Hitchcock). Les plus petits s’amuseront à retrouver Plume caché dans chaque page. Les pages liminaires proposent de nombreuses illustrations de plumes d’oiseaux du monde entier comme le Couroucou, le Touraco et même Plume nous fait l’honneur de présenter ses poils …Pour découvrir cet album en vidéo : clic. Dès 4 ans ! Isabelle Simler vient de publier un nouvel ouvrage dans la même veine : Toile !

Vous êtes tous mes préférés – S.Mc Bratney/A.Jeram – 31 p.

Ecole des Loisirs – 2006 – 12.54 €/5.32 €

OURS/FAMILLE/JALOUSIE/FRATRIE/AMOUR/DIFFERENCE/CHOUCHOU

Je me rappelle qu’étant petite, je me demandais souvent si j’étais la préférée de ma mère ou de mon père. J’étais très vigilante au moindre signe ou geste de chouchouterie de leur part. Je ne sais pas si mes enfants se posent les mêmes questions que moi. J’essaye d’être attentive avec chacun et de respecter leurs différences. Certains de mes fils me surprennent, je crois qu’ils m’intriguent, je ne peux pronostiquer aucune de leurs réactions. D’autres me semblent plus familiers, je sais à leurs regards, leurs postures s’ils ont passé une bonne journée ou s’ils ont quelque(s) bêtise(s) à m’avouer. Néanmoins, même tous cachés sous la couette, je ne me trompe jamais sur l’appartenance d’une main, l’odeur d’un cou ou la douceur d’une peau. Je distingue leurs pas furtifs dans le couloir au petit matin et je sais lequel de mes fils arrive à pas de loup. Malgré les recommandations des pédopsychiatres, je suis incapable de conceptualiser cette notion de préférence. Dans cet album tout doux, trois jeunes oursons se demandent quel est le préféré de la portée. Le premier ourson s’interroge sur l’amour que lui portent ses parents car il n’a pas de tâche alors que ses frères et sœurs en sont couverts. Le deuxième petit est une jeune oursonne et elle se demande si le fait d’être une femelle n’ennuie pas ses parents. Quant au troisième ourson, il est si petit, qu’il se dit qu’il ne doit pas intéresser ses parents si forts et si majestueux. Heureusement que Monsieur et Madame Ours ne suivent pas les conseils des pédopsychiatres et qu’ils rassurent leurs petits sur l’amour immense et inaltérable qu’ils portent à chacun d’entre eux. Le récit est bien mené. La répétition de la phrase « Vous êtes les plus merveilleux oursons du monde » berce le lecteur comme une certitude. Le père et la mère offrent des réponses en écho qui s’enrichissent et qui rassurent leurs petits. Les tourments des oursons sont intéressants sans être angoissants. Ils permettent d’entamer le dialogue avec ses propres enfants s’ils ont besoin d’être rassurés. Les illustrations sont tendres et d’inspiration classique. Les expressions des oursons sont très réussies. Le câlin familial final donne envie de les rejoindre sous les arbres. La jalousie entre frères et sœurs est un sentiment fréquent particulièrement lorsque la famille s’agrandit. A lire dès 4 ans.

Moi j’adore, maman déteste – E.Brami / L.Le Néouanic – 96 p.

Seuil Jeunesse – 1997 – 12.07 €

VIE FAMILIALE/REGLE DE VIE/CONTRAINTE/OBEISSANCE/HUMOUR

Le titre m’a tilté, l’expression du chat et du petit garçon ont fini par me convaincre. Arrivée à la maison, un enfant vissé sur chaque genou, je découvre toutes les situations quotidiennes qui me hérissent le poil comme « qu’on ait de la fièvre le lundi matin, les cultures de haricots qui pourrissent, les élevages d’escargots qu’on oublie, qu’on ait la bougeotte en voiture » et j’en passe ! A chaque page, je m’exclame « ah, ça c’est vrai ! » et mes deux derniers « Ah, non c’est lui, c’est GrandGrand, ah, non mais on ne fait jamais ça quand tu es là ! » J’ai beaucoup ri et eux aussi. Cet album nous a permis de discuter de nos différents points de vue et des situations qui finissent en cri, en larme ou en boudin. MoyenGrand avait envie de rajouter quelques situations personnelles, je vous avoue que ça m’a fait froid dans le dos. Les illustrations vives et très colorées exploitent bien les bêtises évoquées. Cet album humoristique permet de faire le point sur les règles de vie en famille. J’ai réussi à glisser que je n’étais pas mono-maniaque/psycho-rigide comme certains regards peuvent parfois le laisser penser mais que toutes les familles ont des règles que tout système fonctionne selon des lois. En effectuant quelques recherches, j’ai découvert que cet album a été décliné en plusieurs titres : Moi je déteste, maman adoreMoi j’adore, maman aussiMoi j’adore, la maîtresse déteste … Je pars en recherche et je vous tiens au courant : le titre Moi j’adore, maman aussi … m’attire particulièrement, pas vous ? Dès 4 ans.

Le Roi des sables – T.Dedieu- 22 p.

Seuil jeunesse – 2010 – 13 €

NATURE/MER/FATALISME/ARCHITECTURE/PALAIS/AMITIE/RESPECT

Si vous souhaitez offrir à vos Petitsproches, un album qui change et qui émerveille, je vous conseille le Roi des sables. Il était une fois au bord de la mer, un roi qui attendait son cousin du Nord, le Roi des bois. Le Roi des sables est fier de faire visiter son somptueux château sur la plage. Le sable lui permet de construire un palais lumineux avec un donjon offrant une vue imprenable sur le coucher de soleil sur la mer. Le Roi des bois est fasciné et comprend que malgré toutes ses batailles et toutes ses conquêtes, le Roi des sables doit être bien plus heureux que lui. Mais il n’éprouve ni jalousie, ni rancœur. Il préfère rendre hommage aux talents de son cousin pour ses qualités de bâtisseur. Mais ce dernier pleure. Une seule et unique larme roule sur sa joue de sable car son château va être détruit par les vagues lors des grandes marées. Dès le lendemain, pour célébrer l’équinoxe, les flots vont engloutir les remparts, les murs et le donjon à jamais. Le Roi de bois ne comprend pas que son cousin et dorénavant ami, le Roi des sables, ne soit pas plus combatif. Il lui conseille alors de nombreuses méthodes pour endiguer les vagues. Il lui conseille même la prière ou une sérieuse colère pour dévier le destin. Mais avec philosophie et intelligence, le roi des sables rappelle à son ami que combattre la nature est une bataille stérile et vaine. Il préfère conserver ses forces et sa sérénité pour ériger un nouveau château encore plus réussi. Il explique qu’au contact permanent de la mer, il a appris qu’il faut parfois faire preuve d’abnégation. Il faut se soumettre aux lois de la nature quelles qu’elles soient. Tout d’abord, j’ai apprécié cet album pour ce récit qui respecte la nature et montre les activités éphémères et souvent vaines des hommes. Je m’attendais à une histoire où les deux Rois s’associeraient pour surmonter l’anéantissement du château. Justement le fatalisme et l’humilité du Roi des sables sont remarquables et sonnent juste. Puis j’ai été conquise par les illustrations qui sont des photographies. Prises en milieu naturel, elles mettent en valeur le Roi et le Palais fabriqués en sable. Au bord de la plage, la luminosité est magnifique et donnent une profondeur intense au récit. Le Roi de la forêt est sculpté en bois mais ses expressions de colère et d’indignation ne sont que plus réussies. Enfin l’objet-livre est un album cartonné épais qui conviendra à toutes les mains même aux plus rustiques des paluches bâtisseuses. Dès 5 ans.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cet auteur : son blog : clic 

Les animaux cachés – V.Guidoux/P.Caillou/A.Eydoux – 24 p.

Nathan – 2002 – 11 €

DOCUMENTAIRE/LIVRE ANIME/EVEIL

La collection kididoc propose des ouvrages documentaires sur des thèmes variés : l’Egypte des pharaons, les hommes préhistoriques, le chantier, la danse, les 5 sens … Vous pouvez consulter la liste complète ici. Ces documentaires illustrés intéressent les enfants dès 3 ans même si PetitPetit les martyrise déjà un peu … Effectivement, ces livres offrent de nombreux flaps, tirettes, volets, disques de papier, transparents à manipuler pour découvrir des précisions sur le thème présenté. La lecture est interactive puisque l’enfant est incité à ouvrir des flaps, à développer une page pliée, à tourner des disques. Ces animations permettent des simulations du temps qui passe, du passage du jour à la nuit … En un instant, un papillon déploie ses ailes, un animal est débusqué de son terrier, une pieuvre se camoufle, des empreintes apparaissent, des pyramides se construisent. Selon les titres, des livrets intégrés et des lexiques sont proposés au sein de l’ouvrage. Chaque double page présente un thème précis. De nombreuses informations sont fournies et permettent aux plus grands de s’interroger et d’effectuer des recherches complémentaires. Les illustrations soignées sont tout en détail. Dans notre bibliothèque, nous avons des kididoc qui ont plus de dix ans et malgré quelques déchirures, ils ont résisté à mes enfants. PetitPetit vient de les installer à côté de son lit …Dès 4 ans.

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6-9 ans

Le Monde englouti – D.Wiesner – 36 p.

Editions Circonflexe – 2006 – 12.50 €

FOND SOUS-MARIN/REVE/IMAGINATION/RECIT GRAPHIQUE/ENFANCE

C’est l’œil qui m’a attiré ! Quelle couverture ! Je n’ai pas pu laisser cet œil dans le bac. Aussitôt emporté, aussitôt lu dans le square proche de la bibliothèque. J’étais tellement absorbée par la lecture que je n’ai pas vu PetitPetit grimpé par la descente du toboggan provoquant une révolte dans la structure de jeux. Il était très fier de lui, applaudissant à tout va et écrasant sans pitié les mains des enfants qui attendaient patiemment. Sous le regard désapprobateur de mes paires-mères, j’ai récupéré mon PetitPetit, une pelle, un sceau et vite je reprends ma lecture. Enfin ma non lecture ! Effectivement, cet album ne comporte pas une ligne, pas un mot. Ce livre offre un récit visuel. Un jeune garçon, scientifique dans l’âme, scrute tous les crustacés qu’il rencontre sur la plage. Loupe collée à l’œil, allongé dans le sable, il cherche les plus petits crustacés. Il ne se rend pas compte qu’il se rapproche du rivage. Emporté par une vague, il se relève quelques secondes plus tard, trempé et couvert d’algues brunes. La mer a déposé à ses pieds un vieil appareil photo Melville pour les fonds marins. Intrigué, le jeune homme se décide à ouvrir l’appareil pour récupérer la pellicule. Les clichés vont lui offrir des paysages sous-marins incroyables : tortues-villes, étoiles de mer-îles, poissons-lunes-montgolfières, créatures sous marines, poulpes-lecteurs. Le jeune homme n’est pas au bout de ses surprises car il n’est qu’un maillon d’une chaîne infinie …Les illustrations sont parfois proche d’un album illustré parfois plus proches de la bande dessinée. Le rythme des images, les changements de point de vue sont saisissants. La mise en abyme est aboutie Le voyage proposé est extravagant, fantasque mais aussi poétique et philosophique. Cet album graphique m’a rappellé Les mystères d’Harris Burdick de C.Van Allsburg. A lire dès 5 ans.

La Princesse parfaite – V.Dumas/F.Kessler – 30 p.

Thierry Magnier – 2010 – 15.25 €

FEE/MAGIE/DESTIN/PERSONNALITE/ETRE-DEVENIR/LIEN PARENT-ENFANT

Dans un ancien royaume, un peu merveilleux, un peu farfelu, un Roi tombe amoureux d’une très belle femme qui devient la Reine. Ils s’aiment. Ils se marient et ont une fille : une princesse. La tradition veut que toutes les fées du royaume se retrouvent autour du berceau. Celle qui formulera le don le plus prestigieux deviendra la Marraine officielle de la Princesse. La coutume veut aussi que le don choisi par le couple royal devienne le prénom de la descendance royale. Toutes les fées se démènent pour se distinguer. Elle ne se prénommera pas Princesse-Elégance, ni Princesse-Musique, ni Princesse-Prospérité, encore moins Princesse-Modestie ou Princesse-Confiance. Elle a failli s’appeler Princesse-Clémence mais la timide fée qui proposait ce vœu se fait voler la vedette par la grande et la magnifique Fée rousse : la Fée Margareth. Elle gagne la voix du Roi attiré autant par le vœu que par la fée : la Princesse sera Princesse-Perfection. Il est vrai qu’on peut difficilement critiquer ce vœu qui décidera du caractère et du prénom de la future reine. Le sort est jeté et jusqu’à ses seize ans, Princesse-Parfaite sera sous la domination de l’ensorcellement. Elle sera élégante, cultivée et obéissante. Son père est fier de sa fille. Malheureusement la Reine tombe gravement malade et avant de mourir rappelle à sa fille qu’à seize ans, le charme peut être rompu … Que décidera Princesse-Parfaite ? Comment va-t-elle affronter la vie sans la bienveillance de sa mère adorée ? Restera-t-elle sous le charme de la perfection ou prendra t-elle le risque de mener sa propre vie ? Cet album est une belle allégorie de la vie. Tous les enfants en bas-âge sont parfaits (enfin presque, il faut enlever les Pinochet, les Néron, les Insomniaques, et les antéchrist…). Ils font tout leur possible pour correspondre à l’image que nous avons de l’enfant idéal. Mais un jour, le carcan craque, la personnalité se dévoile. Des conflits peuvent apparaître. Cet album incite l’enfant à s’interroger sur ce qui est important pour lui. Qui est-il et qu’a-t-il envie de devenir ? Présenté comme un album au récit drôle, ce livre est plus profond et plus mordant qu’il n’y paraît ! Les illustrations sont percutantes. Les fées sont parfois très sexy chaussées de cuissardes léopard, de décolletés vertigineux. Les dessins sont très travaillés. Les lignes de perspectives, les couleurs, les débordements, les cadrages sont réfléchis afin d’approfondir et d’enrichir la lecture. J’ai vraiment adoré cet album que je conseille dès 7 ans mais il est aussi un bel album à partager plus grand.

 

Dico dingoP.Garnier/J.Gerner – 38 p.

Fernand Nathan – 2011 – 5.30 €

VOCABULAIRE/MOT/DICTIONNAIRE/BETISE

Dans la famille Robert tout est parfaitement rangé ! Les meubles sont vissés au plancher pour éviter le désordre, les boîtes alimentaires sont classées par ordre alphabétique et étiquetées avec soin. Monsieur et Madame Robert sont des maniaco du rangement et de l’ordre. Malheureusement leur fils Robert Robert est plutôt un doux rêveur et un joyeux bordélique. En essayant d’attraper sa mallette à bazar que sa mère avait rangé en haut de l’armoire, Robert Robert tombe en entraînant sa mallette, le tabouret et le gros dictionnaire qui lui servait de rehausseur. Patratras Robert Robert est par terre. Le dictionnaire perd ses mots. Enfin libérés, les mots s’enfuient avec plaisir. Les noms communs, les noms propres, les petits mots du quotidien et les grands mots scientifiques. Robert Robert ne panique pas et ramasse les mots à pleines mains pour les remettre dans le dictionnaire. Il aperçoit quelques récalcitrants qui s’échappent mais la sonnette de la porte d’entrée retentit et il n’a plus le temps de fignoler le rangement du dictionnaire. Ce soir, on reçoit les Azertyuiop pour le dîner et Monsieur Robert ne supporterait pas que son rejeton soit en retard pour les présentations. Robert Robert se frotte les mains pour se débarrasser des derniers mots collés entre ses doigts. Personne ne découvrira que tétragone et clafoutis ont disparu du dictionnaire. Mais dès les premières paroles de bienvenue prononcées, Robert Robert se rend compte que sa bêtise va entraîner de nombreux problèmes. Effectivement Monsieur Robert ne comprend pas que Madame Robert ne serve pas l’alpaga aux invités avec quelques ampoules farcies et des tranches de mobylette. Vous non plus vous ne comprenez pas eh bien lisez ce Dico dingo qui vous donnera ainsi qu’à vos enfants des crampes aux zygomatiques ! Le concept de ce très court roman est original. Le récit est vraiment savoureux. Les jeux de mots, les quiproquos engendrés sont vifs et drôles. Le détournement des mots utilisés permet d’enrichir le lexique de l’enfant. Grâce au contexte de la phrase, l’enfant comprend que les mots ne sont pas utilisés à bon escient et instinctivement il propose le mot qui correspondrait le mieux. Les illustrations extravagantes soulignent les situations cocasses de l’histoire. J’avais acheté ce livre pour PetitMoyen mais il n’a pas la maturité et le vocabulaire nécessaire pour l’apprécier. Tout jeune lecteur, il est gêné par les situations de lecture originales. (En gros, il en bave déjà pour déchiffrer et comprendre en même temps alors s’il faut en plus qu’il comprenne le comique de la situation, il est déstabilisé et il ne rit pas mais pas du tout). MoyenMoyen, 10 ans, lui, a beaucoup ri à sa lecture ! Je conseille donc ce livre aux enfants dès 7 ans.

Mon frère est un cheval/Mon cheval s’appelle Orage – A.Cousseau – 42 p.

Rouergue – 2012 – 6 €

CHEVAL/AMITIE/AMOUR/SEPARATION/LIBERTE

L’achat de cet ouvrage est lié à la combinaison de deux lectures. Tout d’abord la lecture de Tempête au haras qui m’a réconcilié avec le monde équestre, les poneys, les crinières et les cavaliers. Puis la critiquetrès pertinente de Sophie Van der Linden a fini de me convaincre. Je ne peux pas être chroniqueuse littérature jeunesse et bouder l’un des animaux les répandus dans les livres pour les enfants (le cheval est en 4ème position du classement du taux d’apparition des animaux dans plus de 2400 ouvrages, si vous êtes passionnés par les classements et les bestiaires : clic !). Les éditions du Rouergue proposent une nouvelle collection depuis novembre 2012 : Boomerang. Elle propose des romans doubles. Chaque livre comporte deux très courts romans qui se répondent, s’interpellent et s’éclairent l’un l’autre. A l’image du titre de la collection, ces romans doubles promettent une lecture qui va et qui nous revient, un jeu du recto-verso, une lecture bi-goût, un deux-en-un qui mobilisent l’intelligence et nos capacités d’analogie. J’ai commencé cet ouvrage par la lecture de Mon cheval s’appelle Orage. Dans ce mi-roman, l’héroïne est une petite fille de 8 ans, Sarantoya. Elle reçoit un étalon pour son anniversaire. Ses parents lui expliquent qu’elle devra être patiente pour dresser son cheval. Mais dès la première nuit, Sarantoya s’enfuit de sa chambre pour rejoindre son cheval qu’elle prénomme Orage en s’inspirant de la robe de son ami qui rappelle le ciel les soirs où le tonnerre gronde. Pas à pas, lentement, elle s’approche d’Orage et le caresse pour le rassurer. En chuchotant, en l’amadouant, elle se hisse sur son dos. A l’instant elle devient la petite fille la plus heureuse du monde. Malheureusement, Sarantoya n’a pas refermé la barrière derrière elle et Orage s’enfuit au triple galop à travers la plaine qui prolonge son pré. Accrochée à la crinière de son cheval, Sarantoya n’a pas fini de galoper … Dans l’autre mi-roman : Mon frère est un cheval, le roman commence : « Je m’appelle Elvis, et mon cheval n’est pas mon cheval. Mon cheval est comme mon frère. Je suis né en même temps que lui, la même nuit ». Elvis, le jeune garçon et Elvis, le cheval sont liés par un amour extraordinaire. Pas besoin de chuchotements aux oreilles, de sucre ou de caresses, Elvis et Elvis sont frères de nuit, de sang et rien ne pourra les séparer. Leurs chevauchées dans les plaines et les collines gardent les traces de leur lien extraordinaire. Elvis est un jeune garçon de huit ans. Ses parents sont nomades. Ils vivent libres au cœur des plaines et aux flancs des collines de Mongolie. Malheureusement, par un hiver particulièrement rude, les moutons meurent les uns après les autres et la famine guette. Elvis est contraint de vendre son cheval à la robe grise comme une nuit qui promet un orage ….Vous devinez que le véritable héros est le cheval ! Un cheval mystérieux et terriblement attachant qui reliera des enfants très différents. Comme le promet cette collection innovante, les deux récits se répondent, se complètent et incitent le lecteur à s’émouvoir et à s’interroger … GrandGrand a beaucoup aimé. Il a été étonné de la richesse de ce bi-roman en si peu de page. MoyenGrand a été le plus sensible à ce format double. Petit lecteur, il a apprécié la brièveté des récits. L’écriture franche et vive permet une lecture fluide. Je l’ai lu à MoyenMoyen à raison de quelques pages chaque soir. Du haut de ses 6 ans1/2, il a été happé par ce double récit. Il a très bien compris les thèmes abordés, la liberté, l’amitié, la fidélité et l’amour absolu et d’absolu. J’ai hâte de découvrir les autres bi-romans de cette collection, j’ai déjà un faible pour, le Jour du slip/Je porte la culotte d’Anne Percin (Rappelez-vous : Comment bien rater ses vacances. clic !). Dès 8 ans en lecture autonome.

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Hôïchi : la légende des samouraïs disparus – H.Funaki/Y.Saitô – 40 p.

Nobi-Nobi – 2012 – 15 €

JAPON/CONTE/SAMOURAI/FANTOME/MUSIQUE/ENVOUTEMENT/MORT/BATAILLE

Je suis les éditions Nobi-Nobi depuis leur création il y a quelques mois. Je trouve courageux de lancer une maison d’édition en cette période de questionnement et de doute sur l’économie du livre. La ligne éditoriale est la liaison entre la littérature jeunesse et le Japon. Certains albums sont des créations dont le thème est le Japon, d’autres collections sont ciblées sur les contes et les légendes traditionnels japonais comme la collection Soleil Flottant. Hôïchi et la légende des samouraïs disparus est une adaptation d’une histoire de fantômes qui se transmettait à l’oral. Inspiré de la version écrite de Lafcadio Hearn (Lian Hearn) au début du XXème siècle, cet album retrace l’histoire d’une vieille légende et d’une terrible tragédie. Il y a plus de sept siècles, deux grandes familles japonaises, les Genji et les Heike, ont combattu durant des années jusqu’à la bataille de Dan-no-ura durant laquelle tous les Heike furent tués. Depuis cette bataille, les plages sont hantées par les fantômes des combattants Heike. Afin de calmer le désir de vengeance des Onibi (démons), le temple Amidaji et un cimetière ont été bâtis près des plages. Quelques siècles plus tard, un jeune aveugle, Hôïchi a trouvé refuge au sein du temple Amidaji. Ce jeune homme est un prodige du chant et du biwa, instrument traditionnel japonais. A cette époque médiévale, les chanteurs sont plutôt des conteurs qui relatent de village en village les grandes épopées de l’Histoire. Hôïchi développe tout son talent dans son chant consacré aux conflits des Genji et des Heike et particulièrement à la légendaire bataille de Dan-no-ura. Lors d’une soirée particulièrement chaude, Hôïchi se détend en jouant du biwa sur la terrasse du temple. Soudain, le jeune aveugle entend des pas lourds et inconnus approcher. Il discerne le cliquetis d’une armure. Il reconnaît une voix de meneur d’hommes. Hôïchi comprend qu’il est en présence d’un samouraï. Impressionné, il n’ose pas protester lorsque le guerrier le somme de le suivre afin de chanter devant un seigneur de passage très puissant. Ce Seigneur souhaite entendre Hôïchi chanter le chaos de la bataille de Dan-no-ura et le désespoir du clan Heike. Soir, après soir, en secret, Hôïchi est obligé de chanter sans relâche devant ce Seigneur et sa Cour. Heureusement le jeune garçon n’est pas seul et bientôt son vieil ami le prêtre du temple comprendra que Hôïchi est envoûté et qu’il est en danger …Cet album propose un conte intense et troublant. Le récit est mené avec talent et le suspens est construit habilement. Lors de la première lecture de ce livre, je me suis rendu compte que j’étais en apnée depuis quelques pages lorsque je l’ai refermé. Les illustrations sont saisissantes. Grand format, elles permettent aux lecteurs de découvrir de nombreux détails et particulièrement la finesse des armures des samouraïs. Les jeux de luminosité et de plans sont très réussis. J’ai eu un coup de cœur pour l’illustration du jeune Hôïchi, le corps couvert de sutra, le visage tourné vers le lecteur. Je n’ai pas souhaité le lire à MoyenMoyen, 6 ans car le récit est un brin effrayant ! Pas besoin de vous dire que MoyenGrand, 10 ans et GrandGrand, 11 ans ont adoré cet album ! Dès 8 ans pour les enfants qui aiment les frissons !

Si vous vous intéressez à cette maison d’édition, le site : ici

Emission Il y a un éléphant dans le jardin, Aligre Fm : interview d’Alain Dufour, éditeur, par Véronique Soulé : ici

Interview d’Alain Dufour et Olivier Pacciani, éditeurs, par Fred Ricou des Histoires sans fin :

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9-12 ans

 

Madame Gargouille – O.Charpentier – 128 p.

Gallimard jeunesse – 2006 – 6.80 €

SEPARATION/RELATION ADULTE-ENFANT/AMITIE/AMOUR/ADOLESCENCE/VIEILLESSE

Ezéchiel est un jeune parisien qui mène une vie paisible. Le collège, les copains, les filles et quelques bêtises rythment son quotidien. Avec son meilleur ami Jordan, ils inventent les pires sottises pour rendre l’horrible concierge de l’immeuble, Madame Gargouille, complètement chèvre. Cette vieille femme âgée et taciturne cristallise toutes leurs ingéniosités d’âneries. Entre Madame Gargon-Gargouille et Zec, c’est la guerre ! Zec ne sait pas encore que l’âge des plaisanteries est fini. En quelques heures, son existence va basculer suite à la séparation de ses parents. Un soir, en pleine crise conjugale, sa mère l’envoie se réfugier chez la concierge accompagné de sa petite sœur Lucie. Terrorisé et mal à l’aise, Zec frappe à la loge. Madame Gargon les accueille chaleureusement sans demander d’explications. Elle improvise une soirée crêpes pour détendre l’atmosphère. La petite Lucie est aux anges. Zec, lui, dessine pour oublier la tempête conjugale quelques étages plus haut. Il dessine pour se faire oublier. A travers la vitre de la loge, il voit son père passer avec une valise. La crise est terminée. Ses parents sont séparés. Ezéchiel va alors connaître des heures sombres. Du haut de ses treize ans, il va devoir soutenir sa petite sœur Lucie. Il va tenter de réconcilier ses parents. Il va grandir et comprendre que les apparences sont parfois trompeuses. Madame Gargon va devenir son repère dans cette tempête. D’horrible gargouille, elle deviendra son amie. Chaque jour, il passera faire le plein de réconfort, de tendresse et de pensées psychophilosophiques. Dans ce tout petit appartement, il va croiser d’autres enfants et particulièrement Jasmine qui deviendra son secret. Ce roman est un trésor de délicatesse. Sans gnangnanrie, les thèmes difficiles de la séparation, de l’adolescence sont abordés avec subtilité. Les personnages sont fouillés. Ezéchiel est étonnant. Il n’est pas le héros que l’on attend, il est humain et imprévisible. Tantôt fort, tantôt sombre ou fragile, les lecteurs se reconnaîtront dans ce jeune garçon qui amorce le passage délicat de l’adolescence. Madame Gargouille n’est pas un personnage accessoire. Elle représente peut-être chacune d’entre nous dans quelques années. Elle aussi aborde un tournant délicat de la vie, la vieillesse. GrandGrand, 12 ans, l’a lu très rapidement. Il me l’a rendu en me disant qu’il fallait que je me débrouille pour que MoyenGrand, 11 ans, le lise … Cette phrase sibylline veut dire : « ce livre est vraiment génial, j’aimerais partager cette belle lecture riche et profonde avec mon frère que j’adore mais je ne sais pas comment le lui dire ». Si, je vous assure, j’ai compris tout ça dans cette phrase énigmatique, pas vous ? Je remercie chaleureusement Orianne, l’auteur, qui m’a envoyé cet ouvrage. J’espère qu’elle nous offrira encore de beaux romans à partager …Dès 9 ans.

L’enfaon– E.Simard – 42 p.

Syros jeunesse – 2010 – 2.90 €

AMOUR/GENETIQUE/ADN/HYBRIDE/FORET/MORT

Malgré leurs tout-petits formats, les ouvrages de la collection mini-syros sont des pépites à découvrir comme cet Enfaon. Pour Leïla, cette rentrée restera gravée à tout jamais. Elle est tombée amoureuse pour la première fois. A neuf ans, cette petite fille découvre les joies et les peines d’un cœur épris. Elle passe beaucoup de temps à observer son amoureux. Elle attend qu’il fasse le premier pas. Malheureusement ce nouvel élève ne s’intéresse pas du tout à elle. Il est particulier. Il n’a pas de parents. Il a été conçu artificiellement dans un centre pour humains génétiquement modifiés. Il est un hybride d’humain et de cerf, il est l’Enfaon. Il est unique. Solitaire et sauvage, il éprouve des difficultés à s’intégrer parmi le groupe classe. Petit à petit, Leïla l’approche, lui parle et devient son amie. Bientôt l’Enfaon va demander à Leïla de lui rendre service … En 42 pages, Eric Simard crée tout un monde, tout un avenir adéïnisé. Il évoque en quelques traits un avenir où la génétique est devenue reine. Comme dans les Chimères de la mort, l’auteur développe son récit autour de la combinaison des génomes des êtres vivants : des hybrides hum-animaux. L’amour entre Leïla et l’Enfaon est abordé avec délicatesse et pudeur. Sans jugements hâtifs, sans morale convenue, Eric Simard laisse aux enfants la liberté de s’interroger … Quelles sont les enjeux et les limites des manipulations génétiques ? La fin du récit est douce et permet d’envisager l’avenir sans angoisse (enfin presque). Dès 9 ans.

Louison et Monsieur Molière – M.C.Helgerson – 119 p.

Flammarion – 2010 – 4.37 €

MOLIERE/THEATRE/RELATION MERE-FILLE/COMEDIEN

Au XVIIème siècle, pendant les heures de gloire du Théâtre du Palais-Royal, nous rencontrons Louison, jeune fille de 10 ans. Son souhait le plus cher est de devenir actrice comme ses parents. Malmenée par sa mère, actrice renommée, Louison manque de confiance en elle. En secret et avec l’aide de sa gouvernante, elle apprend tous les pièces de Monsieur Molière qu’elle idolâtre. Elle travaille sans relâche sa diction, son port de tête, la portée de sa voix. De dîner en dîner, elle réussit à se faire remarquer par Molière qui lui propose alors un rôle dans le Malade imaginaire au sein de la Troupe du Roi. A l’annonce de ce rôle, Louison est au comble du bonheur : être sur scène, incarner un rôle écrit pour elle, donner la réplique à Molière … Que de joies, que de tensions pour une aussi jeune fille ! Ce court roman permet une lecture instructive et réjouissante. Le contexte historique et social est présent sans être lourd. Les nombreuses informations sur le théâtre et Molière sont enrichissantes et incitent les jeunes lecteurs à effectuer des recherches sur le travail du comédien et sur la troupe de Molière. La lecture est facile et bien rythmée, l’usage de la première personne facilite l’identification à l’héroïne. Ses relations difficiles avec sa mère donne de l’intensité au récit et permet de comprendre que Louison ne souhaite pas seulement imiter sa mère, elle souhaite sincèrement devenir actrice. Néanmoins elle souffre du manque de reconnaissance maternelle. Inspiré de faits réels, ce roman est à conseiller à tous les lecteurs dès 9 ans même si je pense que les jeunes filles seront plus sensibles à la vie de Louison.

 

La balade de Yaya : tome 1 : la Fugue – J.M. Omont/G.Zhao – 96 p.

Fei – 2011 – 9 €

CHINE/PIANO/MENDICITE/MANGA/GUERRE/AMITIE/SOLIDARITE

En 1937, la Chine est malmenée par une nouvelle invasion japonaise. Les troupes se positionnent. L’ennemi approche. La population s’inquiète. Sur le port de Shanghaï, l’agitation règne. Tuduo, jeune garçon des rues profite de la foule rassemblée au port pour effectuer des acrobaties. Il enchaîne pirouettes et sauts périlleux sous les applaudissements des passants. Son petit frère Xiao ramasse quelques pièces à la fin du spectacle. Tuduo est inquiet car il sait qu’il n’a pas récolté assez d’argent pour satisfaire son tuteur Zhu. Cet affreux personnage le maltraite et récupère tous ses petits profits de spectacle. Ce soir là, Zhu, le tortionnaire, lui annonce qu’il commence la formation du petit Xiao dès le lendemain. Tuduo enrage. Il sait que Zhu va battre sans relâche son tout petit frère de quatre ans. Heureusement Tuduo a prévu une solution, un plan de sauvegarde. Au cœur de la nuit, les deux frères s’enfuient dans les rues de Shanghaï … Sur ce même port, à l’ombre du Saint-Patrick, Yaya croise furtivement le regard de Tuduo. Elle envie son apparente liberté de mouvement. Yaya se sent prisonnière dans sa vie de petite fille riche. La déclaration de guerre et la fuite organisée de ses parents ruinent ses plans de jeune pianiste prodige. Ils ont réussi à obtenir trois places pour le prochain départ vers Hong-Kong alors qu’elle s’exerce depuis des mois pour son concours au Conservatoire. Ses parents refusent d’ajourner leur départ. Obstinée, Yaya décide de quitter la demeure familiale au cours de la nuit afin de se rendre à son concours. Accompagnée de Pipo son oiseau apprivoisé, elle tente de passer les lignes de soldats. Pour les deux jeunes héros, cette nuit de fuite, sera aussi la nuit des premiers bombardements de la ville. Malgré leurs destinées opposées, leur rencontre fortuite leur permettra de voir les premières lueurs du jour … Ce manga, au format allongé, est un plaisir. Six tomes sont déjà disponibles. Les personnages sont savoureux. Les contrastes entre les vies de Yaya et Tuduo sont intéressants. Yaya fugue par caprice alors que Tuduo fuit pour sauver son petit frère. Mais le récit ne s’arrête pas à cette vision manichéenne, il offre plusieurs niveaux de lecture. Les illustrations et particulièrement les couleurs sont pertinentes et réhaussent le récit : des couleurs chaudes et vives pour l’univers de Yaya, des teintes ternes pour Tuduo. Ce manga coloré m’a fait penser au Tombeau des Lucioles de I.Takahata (Sorry Mister Churros !). Le contexte historique est savamment dosé. Le fictionnel et le documentaire se mêlent à merveille dans ce manga. Dès 9 ans mais peut être lu par des lecteurs plus jeunes.

 

La biodiversité à petits pas – C.Stern/B.Lebègue – 78 p.

Actes Sud Junior – 2010 – 12.50 €

BIODIVERSITE/ECOSYSTEME/DEVELOPPEMENT DURABLE/PROTECTION DE LA NATURE

Si vos enfants sont scolarisés, ils n’échapperont pas à un exposé, un diaporama ou une présentation à faire sur le thème de la biodiversité. Je sais qu’internet offre des possibilités de recherches infinies mais je trouve qu’avoir un ouvrage pertinent permet de gagner du temps. Je suis peut-être de la vieille école mais si vous tapez biodiversité sur google, vous avez 9500000 résultats, le premier site est proposé par le ministère du développement durable, le second est wikipedia et le troisième est occupé par le CNRS ! Un enfant en CM2 aura des difficultés à sélectionner le site qui lui convient. Il risquera de se perdre dans la multitude d’informations et malheureusement il recopiera certainement des phrases qu’il ne comprendra pas. Cet ouvrage est très complet. Il aborde la notion de biodiversité dans son ensemble : de l’apparition et l’évolution de la vie à la protection de la biodiversité dans le monde et en France. Il synthétise des notions parfois complexes comme les écosystèmes, les hotspots et les réactions en chaîne. Plus de dix pages sont dédiées aux menaces sur la biodiversité. Ces menaces sont organisées en trois parties thématiques : destruction des habitats, surexploitation et pollution, espèces envahissantes et réchauffement climatique. Les informations sont simples mais les notions importantes sont expliquées clairement comme l’artificialisation des écosystèmes. De nombreuses données chiffrées récentes sont fournies et permettent à l’enfant de prendre la mesure de la fragilité de la biodiversité et de son importance. Ce documentaire offre de nombreuses illustrations. Ces dessins ne forcent pas sur la situation difficile et angoissante de la Terre mais entraînent le jeune lecteur à imaginer des situations passées ou futures de façon ludique. Les mots de vocabulaire complexes sont définis clairement à chaque page sous la rubrique késako ! L’enfant peut tester ses connaissances en répondant à un quiz dans les dernières pages. Pour avoir vu des cohortes entières d’élèves suer sang et eau sur ce thème, j’étais très enthousiaste à la lecture de ce documentaire de qualité ! Dès 9 ans.

J’ai aussi lu les Sociétés animales de cette collection et je vous avoue que ce documentaire m’a passionnée !

Actes Sud Junior propose de nombreux titres dans cette collection à découvrir au grand galop : A petits pas.

 

Rouge Bala – C.Roumiguière/J.Brax – 48 p.

Milan – 2010 – 13.20€

INDE/FAMILLE/MARIAGE/RELATION MERE-FILLE/REBELLION/AUTORITE/FEMME BATTUE/STERILITE/SCOLARISATION

Quelque part en Inde, couchée sur la plage, Bala est nostalgique. Ses yeux suivent les fleurs emportées par la rivière tumultueuse à cette époque de la mousson. Sa grande sœur, Lali, 13 ans, vient de se marier. Elle habite maintenant en ville avec son mari. Le mariage a été fastueux. Sa sœur porte très bien le sari et son point rouge sur le front la place dans le monde des femmes. Bala s’interroge sur ce mariage qui lui enlève sa sœur à jamais. Ses parents, soucieux, pensent que Bala a hâte d’imiter sa sœur. Patients, ils la rassurent en lui expliquant que dans un an, ce sera à son tour de devenir une femme avec sari et point rouge. Elle sera protégée et soumise à un homme. A la fin de la mousson, au tout début de l’hiver, Bala aide une jeune femme en fuite. Cette dernière était battue par son mari car elle était « un ventre vide ». Bala est inquiète pour sa sœur et pour elle. Elle ne veut pas dépendre d’un homme, elle ne veut pas craindre pour sa vie. Elle sait alors qu’elle doit être une élève exemplaire pour pouvoir aller à l’université afin de devenir une femme instruite capable de subvenir à ses besoins. Mais son père, le tailleur, sera-t-il d’accord avec les choix de sa fille ? Un album, grand format, 28cmx37 cm, qui invite au voyage et à la connaissance d’autres cultures. Le thème de la tradition du mariage est abordé avec subtilité. Sans misérabilisme, sans jugement, il laisse à chacun et particulièrement aux enfants la liberté de réflexion. Les personnages de femmes sont merveilleux. Les relations familiales entre mère et filles et entre sœurs sont touchantes sans être mièvres. Bala est très attachante. Elle représente toutes les adolescentes du monde qui se posent, un jour, la question de leur avenir de femme. Qui suis-je ? Quelle femme ai-je envie de devenir ? De quoi suis-je capable ? Puis-je déjouer les plans de mes parents ? Serai-je fidèle à moi-même ? Sur la couverture, l’œil de Bala est comme un miroir pour chacune ! Les illustrations de Justine Brax sont un récit à elles seules. Poétiques, fines, très détaillées, je suis sous le charme de ses créations. On croise d’ailleurs la route d’un éléphant bien connu ! Racontée au fil des saisons, j’ai sincèrement été touchée par cet album tout en grâce et en questionnement. Si vous souhaitez feuilleter quelques pages : ici. Dès 10 ans.

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12 ans et plus

Les clefs de Babel – C.Rozenfeld – 273 p.

Syros – 2009 – 14.80 €

TOUR DE BABEL/AMITIE/TATOUAGE/APOCALYPSE

Dans un futur lointain ou dans un monde parallèle au nôtre, la faune, la flore et les hommes ont disparu. Un immense nuage chimique et radioactif recouvre notre planète. Enfouie au cœur d’une immense tour hermétique, Babel, une poignée d’humains vive depuis dix siècles selon une organisation strictement hiérarchisée. Oubliés depuis longtemps, cinq gardiens veillent sur la Terre, Babel et le reste de l’humanité. Cryogénisés, ils sortent de leur sommeil de glace tous les cent ans afin d’évaluer la dangerosité du Grand Nuage. Les Gardiens doivent permettre l’ouverture des portes lorsque la planète sera désintoxiquée. Un long et difficile processus doit s’opérer pour débloquer les portes. Cinq clés devront se présenter devant les portes. Cinq clés humaines que tout oppose mais qui devront se connaître et se reconnaître. En haut de la Tour, vivent les Aériens. Cette communauté a reproduit notre monde avec les mêmes structures politiques, économiques et sociales. En dessous, des sociétés hybrides survivent selon des rites et des lois obscurs. Cette structure hiérarchique a vu le jour quelques années après la fermeture des portes de cette « Arche de Noé » lors d’une guerre sanglante où chaque peuple a voulu prendre le pouvoir. Regroupés en caste, les hommes ont muré les étages et aucune communication n’est plus possible entre les différentes populations. Ce roman commence dans les étages des Aériens. Liram est un jeune garçon. Il fête son anniversaire. Pour ses 14 ans, ses parents lui offrent un chaton : Tischa. Ce cadeau est rare et précieux. Seulement quelques animaux de compagnie sont autorisés dans les étages aseptisés des Aériens. Chaque litre d’air est comptabilisé, aspiré, traité puis renvoyé dans les conduits d’aération. Liram sait qu’il est privilégié. Son père, Guibor, est éligible aux prochaines élections. Partisan d’un mouvement pacifiste prônant l’ouverture vers les étages inférieurs, son père souhaite réformer le fonctionnement et l’organisation rigides appliqués jusqu’alors. Son programme politique novateur dérange le gouvernement en place. Soucieux de son fils, Guibor rappelle à Liram qu’il devra prendre soin de son chat génétiquement modifié et lui signaler toute anomalie ou dysfonctionnement de l’animal. Afin de célébrer dignement cet événement, Guibor et Sara, les parents de Liram décident de l’inviter au théâtre. Liram est ébloui par la magnificence de la salle de spectacle. La foule s’agite, la représentation va commencer mais une fumée acre empêche les spectateurs d’approcher. Liram s’impatiente. Des bourdonnements sifflent à ses oreilles, des cris fusent. Des insectes métalliques tueurs tournent au dessus de la foule à la recherche de leurs victimes dont ils doivent repérer l’ADN dans l’air expiré. En quelques secondes, Liram voit ses deux parents exécutés par les dards empoisonnés. Il comprend qu’il doit fuir maintenant afin d’échapper aux insectes tueurs. Il court, il remonte les étages et se réfugie dans l’appartement familial. Caché avec Tischa, il ne sait où se réfugier. Heureusement Ali, ami de la famille le rejoint et lui ordonne de fuir vers les étages inférieurs. Liram comprend alors que sa vie douce et confortable est finie. Il devra aller à la rencontre des autres peuples dont il ignore tout jusqu’à leur apparence … Ce récit est intense. La descente de Liram est une descente aux enfers. Les entrailles de cette Tour de Babel regorgent de peuples étranges et angoissants. Le suspens s’intensifie au rythme des pas du jeune héros. Ses étranges pouvoirs se développent eux aussi au fur et à mesure de ses exploits et de ses rencontres. L’amitié, le courage et la solidarité sont les thèmes directeurs de ce roman post-apocalyptique. Cet univers clos m’a fait penser à Scion de Matrix. Toute comme la description de notre planète polluée et toxique m’a rappelé Nausicaade Miyazaki. Ce roman dense et riche est à conseiller à tous les lecteurs dès 12 ans.

Nausicaä – H.Miyazaki – 134 p.

Glénat – 2009 – 10.50 €

APOCALYPSE/GUERRE/FILIATION/POUVOIR/QUETE/NATURE

Je porte une admiration sans borne à Hayao Miyazaki. Ces films d’animation sont à mon sens des chefs-d’oeuvre. A chaque visionnage, je trouve des cheminements nouveaux, des concepts innovants, des voies de réflexion inexplorées. Je suis fan, à genou ! J’ai vu Nausicaä de nombreuses fois accompagnée ou non de mes fils. Ce film les a intéressés à 6 ans, à 8 et toujours à 12 ans. Je ne peux que vous conseiller de le voir et tous les autres sans exception. Cette série de manga Nausicaä de la vallée du vent a d’abord été publiée dans la revue Animage. Son succès a permis la création du studio Ghibli et l’adaptation de cette série en film en 1984. Dans ce récit post-apocalyptique, la Terre est dévastée. Elle est recouverte d’une forêt toxique : la mer de la décomposition. Cette forêt de bactéries empoisonnées répand des vapeurs et des spores mortels pour les hommes. Seuls les insectes sont capables de survivre dans cette jungle nocive. Ils se sont adaptés et sont devenus de gigantesques arthropodes. Les hommes vivent en petits villages isolés. Installés sous les vents marins pour se protéger des vapeurs toxiques, ils n’ont de cesse de se combattre pour gagner du terrain et asseoir leur puissance. De nombreuses alliances militaires associent ces tribus en deux camps que tout oppose : l’empire Tolmèque et l’empire Dork. Les populations décroissent au fil des années et malgré leurs masques et leurs techniques de protection contre les spores, peu de jeunes habitants atteignent l’âge adulte. Le Roi Jill de la Vallée du vent est mourant. Sur ses onze enfants, dix sont décédés. En ces temps de mobilisation militaire, le Roi Jill confie ses armes à sa fille devenue unique : Nausicaä. A 16 ans, elle porte tous les espoirs de son père et des quelques cinq cents habitants de la Vallée du vent. A quelques jours du départ pour rejoindre les troupes de l’empereur Vuh, Nausicaä, accompagnée de son oncle Mito, porte secours à un bombardier en détresse. Tous les passagers meurent dans le crash de l’appareil. A la recherche de survivants, ils réussissent à extraire une jeune femme des débris. Mito reconnaît immédiatement la Princesse Lastel du comté de Pejite. Avant de mourir, Lastel confie à Nausicaä une fiole. Son dernier souffle est un voeu, elle lui demande de protéger cette fiole et de l’apporter à son frère. Nausicaä est désormais investie d’une double mission : protéger la population de la Vallée du vent dont elle a la responsabilité et rendre la mystérieuse fiole de la Princesse Lastel à son frère, le Prince de Pejite. En quelques heures, Nausicaä quitte l’enfance. Elle devra affronter les gardes impériaux qui envahissent les terres de la Vallée du Vent à la recherche de la fiole de Pejite. Sa colère et sa détermination seront des éléments déclencheurs d’une transformation profonde de sa personnalité et de son être. Elle dépassera les enjeux des guerres intestines pour convaincre les hommes de vivre en harmonie avec la nature. Nausicaä ne craindra pas la métamorphose pour se révéler à elle-même et aux autres à l’image de cette nature dont elle est la gardienne. Le récit est complexe et peut nécessiter plusieurs lectures mais c’est avec plaisir que GrandGrand et moi avons replongé dans cette fukaï. Le manga est réalisé en noir et blanc. Parfois, il est difficile de reconnaître les personnages. Je pense que ces ressemblances ne sont pas dues au hasard. Je conseille de lire la série Nausicaä en s’appuyant sur le film d’animation. Les réceptions de ce manga sur les deux supports se complètent et enrichissent la perception de cette oeuvre poétique et philosophique. Dès 12 ans.

Lunerr – F.Fraragorn – 189 p.

Ecole des Loisirs – 2012 – 13.50 €

RELIGION/DOGME/ANGE/ILE/EAU/VERITE/LIBERTE/REBELLION

Dans un futur très lointain, la Terre a subi de profondes transformations. Les mers, les océans et les continents ont changé de configuration. La géographie ne correspond plus du tout à notre planète actuelle. Ces importants changements terrestres ont modifié les frontières. Les peuples sont divisés. De nouvelles civilisations ont vu le jour comme la cité des Aëls : Keraël. Situés sur un territoire isolé, entourés d’un désert aride, les habitants ne survivent que grâce à la récolte de l’eau de brume. Certaines nuits, la brume apparaît dans le désert et les habitants sont tous sollicités pour dresser des capteurs de brouillard afin de récolter et de stocker l’eau dont ils dépendent pour leur survie. Depuis des générations et des générations, les villageois survivent au coeur de ce minuscule oasis. Edictés par une communauté de religieux tyranniques, les Drouiz, les lois sont très strictes. Certaines paroles et certaines pensées sont interdites. Il ne faut penser qu’à la prière aux Aëls, les anges qui apportent l’eau et la vie à Keraël. Malgré l’embrigadement qu’il a suivi sur les bancs de l’école, Lunerr ne peut s’empêcher de penser à l’Ailleurs. Ces pensées ne cessent de tourner dans son esprit. Il réfléchit, il rêve, il s’évade … Par inadvertance ou peut-être trop excité à l’idée du cadeau qu’il va recevoir dans quelques heures pour son anniversaire, Lunerr prononce le mot « ailleurs » à l’école. Il est alors accusé de blasphème. Il est battu par son maître et le Druiz de son quartier. Il est banni de l’école et du temple. Ses amis lui tournent le dos. La loi oblige sa mère à partager son châtiment. Mammig perd son emploi. Ils vont devoir survivre sans le soutien de la communauté. Lunerr et sa mère décident de reporter à demain les soucis et les conséquences du blasphème du jeune homme. Ils doivent fêter l’anniversaire de Lunerr et celui-ci attend impatiemment de recevoir le cadeau traditionnel pour cet âge : un pitwak, petit animal intelligent et doué de parole qui accompagne l’enfant tout au long de sa vie. Mourf, le pitwak de Lunerr semble à l’image de son jeune maître, un peu particulier, un peu hors-norme et vraiment extraordinaire. Devant les aventures qui attendent Lunerr, son pitwak extravagant ne sera pas de trop pour soutenir et protéger le jeune Elu …Ce roman dystopique est vraiment dépaysant. Des nombreuses questions nous assaillent à sa lecture : quelle est cette île-cité ? Où se situe t-elle sur notre Terre actuelle ? Quel est ce peuple isolé ? Sont-ils les seuls survivants de notre civilisation ? Quelle catastrophe a touché la Terre afin de la métamorphoser ? Lunerr est-il un jeune homme doté de pouvoirs ? Mourf est-il aussi un pitwak particulier ? Certaines de ces questions resteront sans réponses à la fin de ce livre. J’espère qu’il ouvre sur une suite car ce roman m’a beaucoup plus ainsi qu’à GrandGrand. Bien que reprenant des thèmes vus et revus, l’enfant orphelin élu, la quête, la formation initiatique par un maître, la rébellion, Lunerr m’a souvent surprise et profondément touchée. Frédéric Faragorn a su renouveler ces thèmes en leurs apportant une profondeur métaphysique. Le personnage de Lunerr est étonnant. Parfois très enfantin et parfois très mature, ce héros est donc par cette définition, un adolescent. Les relations mère-fils sont bien exprimées dans un style fluide et agréable à lire. Je conseille ce roman à des lecteurs confirmés. De nombreuses symboliques évoquées demandent une certaine maturité et une certaine culture historique. La quête de vérité et de sens menée par Lunerr peut échapper à des lecteurs trop jeunes qui du coup pourraient s’ennuyer. Ce roman riche est une sorte de réécriture de la légende de l’Atlantide, de la mythologie et des cultes anciens dans un futur lointain. Ils incitent le lecteur à réfléchir à la portée du libre arbitre, du doute et des ravages de l’endoctrinement. Dès 13 ans.

Leviathan, tome 1 – S.Westerfeld – 439 p.

Pocket jeunesse – 2010 – 18.30 €

UCHRONIE/GUERRE MONDIALE/DARWIN/GENETIQUE/ADN/STEAMPUNK

Uglieset les tomes suivants sont des romans que j’ai beaucoup appréciés. Je les conseille très souvent au lycée. Ils font partie de mon pack de survie pour inciter les « j’aimepaslire » à tenter une nouvelle fois leur chance. J’étais donc très impatiente de commencer ce volumineux roman du même auteur. Le titre m’entraînait pourtant dans les méandres de mes pires cauchemars, monstre gigantesque, cataclysme, enfer et damnation. Sans parler de mes lectures universitaires de Hobbes en philosophie qui m’ont traumatisée… Ce roman de courant steampunkcommence par l’attentat de l’Archiduc François Ferdinand à Sarajevo en 1914. Uchronique, ce récit présente le monde divisé en deux camps les Clankers et les Darwinistes. Les Clankers rassemblent l’Allemagne et l’empire austro hongrois. Ces nations portent leurs efforts sur le développement des machines et des robots : géants mécaniques surpuissants. La France, la Russie et la Grande-Bretagne forment le clan des darwinistes. Ces pays ont misé sur la génétique et le mélange des « fils de vie » pour créer des animaux hybrides gigantesques ou minuscules. Les caractéristiques les plus performantes des animaux sont mêlées afin d’élaborer des animaux utiles aux activités humaines (comme le lézard messager !). Suite à l’empoisonnement de ses parents, Alek, fils de l’Archiduc laissé sous la protection de ses instructeurs, doit s’enfuir du palais en pleine nuit pour échapper aux ennemis de son père. Ses instructeurs l’entraînent à bord d’un mécanopode, machine bipède gigantesque. Au cœur de la nuit, ils doivent rejoindre la Suisse afin de s’y réfugier. En quelques heures, Alek apprend la mort de ses parents, son statut de fugitif et l’imminence d’une guerre qui risque de bouleverser l’équilibre mondial. Après bien des attaques, Alek, Maître Klopp et le Comte Volger arrivent enfin dans un château caché entre deux cols du massif alpin. Pendant le périple d’Alek, en Grande-Bretagne, pays darwiniste, nous faisons la connaissance de Deryn Sharp. Cette jeune fille souhaite intégrer l’armée de l’Air. Passionnée d’aéronautique, elle est convaincue d’être une aéronaute accomplie comme son père. Malheureusement, l’Air service britannique n’intègre que des hommes dans ses rangs. Obstinée, Deryn se « déguise » en jeune homme afin de se présenter aux tests de sélection. Elle réussit très facilement ses tests mais son engin à l’ADN modifié méduzeppelin s’envole trop haut. Elle est récupérée à bord d’un animal hybride gigantesque le Leviathan, baleine modifiée qui permet à toute une armée de vivre à l’intérieur. Intégrée aux troupes pilotant le Leviathan, elle découvre qu’ils sont en route pour accomplir une mission secrète à Constantinople. Poursuivi par les Clankers, le Leviathan est abattu dans les Alpes. Après une chute vertigineuse, Deryn s’évanouit dans la neige contre le flanc de la bête agonisante. Alerté par l’atterrissage forcé du Leviathan, Alek quitte son refuge afin de porter secours aux darwinistes échoués sur le glacier voisin. Au cœur de la nuit, Alek va porter secours à Deryn. Cette rencontre des deux héros est le début d’une aventure palpitante … Ce roman initiatique m’a emporté bien au-delà de mon créneau de lecture autorisée. On retrouve les thèmes chers à l’auteur : le délicat passage de l’adolescence, la rébellion, le libre arbitre, le poids de la filiation. Les personnages sont particulièrement bien cernés. Cette uchronie définit bien les enjeux et les limites des modifications génétiques tout comme l’engouement insensé de l’industrialisation à outrance. Les illustrations de Keith Tompson sont remarquables. Elles enrichissent le récit sans contraindre l’imagination du lecteur. Ce Leviathan rejoint donc mes livres-joker pour encourager les « j’aimepaslire ». Dès 13 ans.

Missing : tome 1 : Coup de foudre – M.Cabot – 286 p.

Livre de poche jeunesse – 2007 – 6.55 €

AMOUR/FAMILLE/AMITIE/POUVOIR SURNATUREL/ENFANT DISPARU/USA

En pleine crise de folie ménagère, j’essayais d’atteindre le lit de GrandGrand avec mon aspirateur. Le tour de son lit est composé d’une muraille de livres. Les Lus, les Relus, Les A lire, Les à finir et d’autres piles dont je ne comprends pas le classement. Autant vous dire que j’étais un poil énervée car je lui ai déjà demandé mille fois de ranger ses livres dans sa bibliothèque distante d’une longueur de bras. Je râlais contre lui, ses livres, mon aspirateur dont le fil n’est jamais assez long quand j’ai démoli une des piles. Un des ouvrages a attiré mon regard : la tranche indiquait Planètes filles. J’étais très étonnée car il est un brin chafouin dès que je lui propose un roman au look un peu féminin (voir Galymèdede M.Fierpied). Autant vous dire que ma folie ménagère s’est arrêtée nette et que j’ai commencé ce roman assise sur son lit-dépotoir. Je n’ai pas été déçue de cet excellent roman. Jessica est une jeune Américaine qui vit dans l’Indiana. Elle est abonnée aux heures de colle car elle n’arrive pas à maîtriser son agressivité. Avec ses poings, avec ses dents, elle se défend … Elle ne supporte pas les réflexions, les mauvaises blagues particulièrement quand les footballeurs du lycée dénigrent sa meilleure amie un peu enrobée. Jessica n’hésite pas à se battre et à faire mordre la poussière à ses camarades masculins même les plus « balaises ». Pendant ses heures de punition, elle fréquente les élèves les plus dissipés de l’établissement : les « Culs terreux ». Au fin fond de l’Indiana, la population des élèves se divisent en « Bourges » : élèves issus des classes aisées du centre ville et les « Bouffeurs d’avoine, les Culs terreux » les enfants des exploitants de la campagne environnante. Elle est particulièrement attirée par Rob, jeune motard au sex-appeal dévastateur. Malheureusement Rob est un « Cul Terreux ». Jessica devient la risée des filles et particulièrement de sa meilleure amie Ruth. A la sortie des cours, en voulant sauver Jessica de l’horrible fréquentation de Rob, Ruth la convainc de rentrer à pied malgré l’orage qui menace. Devant la force de la tempête, elles sont contraintes de se réfugier sous les tribunes du stade de football. Adossée à un des piliers métalliques, Jessica est touchée par la foudre. L’éclair la transperce de part en part en provoquant son évanouissement. A son réveil, Jessica ne semble pas atteinte de lésions graves, seul un hématome sur sa poitrine marque le point d’entrée de la foudre. Elle trouve d’ailleurs que ce stigmate en forme d’étoile est plutôt original. Une fois rentrée chez elle, Jessica souhaite oublier au plus vite son accident. Elle se couche en pensant au beau et terriblement séduisant Rob. A son réveil, Jessica se sent en plein forme. Son foudroiement est oublié si ce n’est la présence d’une étoile sur son torse et la certitude de savoir où se trouvent les deux enfants dont elle a lu les avis de recherche sur le pack de lait familial après sa mésaventure. Jessica est absolument sûre de savoir où sont Sean Patrick O’Hanahan et Olivia Marie d’Amato. Ces enfants sont recherchés depuis des mois. Elle décide d’appeler le 0800-TEOULA afin de fournir les informations pour localiser les jeunes disparus … Le lendemain matin, en ouvrant les yeux, elle se rend compte qu’elle sait où se situent les enfants disparus du nouveau pack de lait ! Jessica comprend que son foudroiement lui permet de développer des pouvoirs extrasensoriels : elle est devenue télésthésique.  Ces appels quotidiens au centre téléphonique finissent par intéresser le FBI …Ce roman très réussi m’a fait penser à mon Nez, mon chat, l’amour et moi. Jessica et Georgia sont des héroïnes sympathiques, fantasques. Maniant l’autodérision avec talent, elles se révèlent matures et perspicaces. Les pouvoirs de Jessica n’entraînent pas de scènes anxiogènes ou traumatisantes. En revanche, son parcours pour aider son premier miraculé est vraiment un beau challenge humain. Les thèmes de l’amour, de l’amitié mais aussi et peut-être surtout des relations familiales sont traités avec réalisme et profondeur. La série Missing comporte 5 tomes. Un roman estampillé filles mais qui plaira aussi aux jeunes hommes dès 13 ans.

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14 ans et plus

Se venger – M.F Hazbroucq – 128 p.

Rue de l’Echiquier – 2011 – 10 €

SE VENGER/VENGEANCE/ETRE SOI/EMOTION/VIOLENCE

Il est loin le temps des bacs à sable et des magnifiques anémones qui s’épanouissent entre deux pelles et trois seaux. Il est loin le temps béni où les conflits éclatent et se résolvent à coup de râteau en plastique dans les bouclettes en partageant un petit pain au lait. En grandissant, enfants, adolescents et adultes, nous nous interrogeons tous sur ces excès de violence. De la cour d’école à l’open space, les mêmes questions nous assaillent : comment me défendre ? Quelles sont les paroles ou les actes que je ne peux pas accepter ? Dois-je me défendre même si cet instinct m’oblige à user de violence ? Quelles sont les limites de l’instinct de protection ? Même si la vengeance est paraît-il un plat qui se mange froid, il faut souvent avoir réfléchi à la question pour ne pas riposter à chaud. La vengeance peut engendrer une violence physique mais elle peut être aussi entraîner une agressivité verbale ou des formes de harcèlement moral. Riposter, se défendre, souffrir, haïr, être en colère, punir … La langue française offre un vocabulaire riche pour exprimer tous ces sentiments et ces actions qui nous traversent et nous interrogent. Que ce soit pour une botte d’oignons ou pour des documents administratifs, nous n’échappons pas à notre cerveau reptilien, berceau de nos pulsions. Ce livre permet de prendre le temps de réfléchir. Marie France Hazebroucq, agrégée de philosophie et docteur es Lettres, élucide pour nous les thématiques complexes et les engrenages tortueux de la vengeance. Ses propos s’appuient sur un corpus documentaire riche : essais et romans, films, oeuvres philosophiques et bande dessinée. Sa synthèse offre un regard clair et un enrichissement de notre connaissance. Elle nous incite aussi à aiguiser notre pensée en soulevant le voile sur les finalités cachées du désir de se venger. La loi du Talion est passée au crible de la philosophie avec talent ! Cette collection Philo ado des Editions Rue de l’Echiquier propose d’autres titres tout aussi alléchants : avoir peur, désobéir, mentir, perdre son temps, tomber amoureux, rêver, être jaloux et voler. Sur ma pile à lire, m’attend peut-être la quintessence de l’adolescence : Désobéir et Tomber amoureux, je suis impatiente de les commencer. J’espère qu’ils seront à la hauteur de celui-ci ! Dès 15 ans.

No et moi – D.De Vigan – 256 p.

Livre de Poche – 2009 – 6 €

FAMILLE/ETRE SOI/SOLIDARITE/AMITIE/SDF/PRECARITE/AMOUR/ADOLESCENCE

Lou est une jeune lycéenne un peu particulière. Malgré ses converses aux pieds et son Eastpack sur le dos, elle est différente des autres jeunes gens de sa classe. Avec un Q.I. de 160, Lou est une excellente élève mais elle est asociale et particulièrement peu loquace. Ce comportement est peut-être le résultat de son statut de jeune fille intellectuellement précoce ou peut-être est-ce la mort de sa petite soeur Thaïs qui l’a définitivement murée dans une solitude forcée. Ce drame a explosé les liens familiaux. Sa mère, Anouk, est devenue dépressive. Elle ne sort presque plus de son fauteuil. Son deuil l’entraîne si loin dans le désespoir que Lou n’existe plus pour elle. Anouk essaie de survivre, son mari fait semblant de vivre et Lou se demande pourquoi il faut vivre. Dans cette ambiance sombre et anxiogène, Lou essaie de finaliser son exposé pour son cours de sciences économiques. Elle a bien essayé d’y échapper mais son professeur Monsieur Marin est un fin limier de l’enseignement. Il veut obliger sa meilleure élève à l’exercice de l’exposé oral. Prise au dépourvu, Lou propose de travailler sur le sujet des sans-abris et plus particulièrement sur les jeunes SDF. En s’appuyant sur un témoignage, elle souhaite présenter le parcours d’une vie, d’un itinéraire brisé, d’une existence en marge. Lou ne sait pas pourquoi elle a proposé ce sujet. Elle ne connaît personne qui corresponde au profil recherché pour son témoignage. Elle attend un signe du ciel pour se soustraire à cet exercice tant redouté. A ces heures perdues, Lou aime se réfugier à la gare Austerlitz pour fréquenter de près les émotions de la vie : joie, retrouvailles, consolation, bonheur. Lou se paie du bon temps à observer les gens, elle fait le plein de sensations et d’intensité humaine. C’est au coeur de cette gare qu’elle rencontrera No, jeune SDF. Cette rencontre bouleversera Lou dans ses habitudes et dans ses relations aux autres. En invitant No chez elle, Lou entraînera aussi une révolution et une amélioration des relations familiales. Elle s’appuiera aussi sur Lucas, son meilleur ami qui la prénomme Pépite comme un trésor, comme une promesse d’amour, comme une foi inébranlable en elle et en eux. L’écriture de Delphine de Vigan est un plaisir. J’apprécie son style. Ses romans parfois sombres sont des oeuvres littéraires de grande qualité. Dans No et moi, son talent est d’avoir réussi à mêler deux récits de vie chaotiques avec légèreté. Sans apitoiement, sans gnangnanrie, l’auteur nous emporte au coeur de cette rencontre improbable mais très intense. Les personnages sont remarquables. Un roman fort qui touchera les adolescents dès 14 ans.

La Maison de soie – A.Horowitz – 360 p.

Calmann-Lévy – 2011 – 16 €

ENQUETE/SHERLOCK HOLMES/LONDRES/MEURTRE/PEDOPHILIE

Le mot soie me poursuit depuis quelques mois comme un fil conducteur comme un « brin de soi, de moi » qui ne me quitterait pas. Après Soied’Alessandro Barrico et Rebecca Dautremer, je vous présente la Maison de Soie d’Anthony Horowitz. J’ai choisi ce roman car cet auteur propose des ouvrages percutants qui plaisent beaucoup aux adolescents. J’étais curieuse de découvrir son talent au service d’un héros bien connu et peut-être trop connu : Sherlock Holmes. Anthony Horowitz prend la plume du Docteur Watson pour raconter une enquête restée secrète du célèbre détective. En novembre 1890, au coeur de Londres, au coin de la cheminée du 221b Baker Street, Holmes et Watson écoutent le récit étrange de Mr Carstairs, marchand d’art. Ce galériste est inquiet car il a remarqué qu’il était surveillé par un homme depuis deux semaines. Après plusieurs jours, d’une surveillance angoissante mais silencieuse, ce dernier a donné rendez-vous à Mr Carstairs dans une église peu fréquentée. Malheureusement l’individu mystérieux n’est jamais venu au rendez-vous. Mr Carstairs semble très angoissé en présentant son récit. En quelques questions, Sherlock Holmes pointe certaines incohérences. Le détective va subtilement inciter Mr Carstairs à avouer plus que cette simple filature dont il est victime. Effectivement le marchand d’art a vécu une drôle d’aventure quelques mois plus tôt lors d’un voyage d’affaires aux Etats-Unis … Il sait que son poursuivant est lié à ce voyage. Il pense qu’il vient assouvir une vengeance mais comme le dit si bien Sherlock : « Toutes les explications à une série d’évènements demeurent possibles aussi longtemps que les preuves ne disent pas le contraire ». Non seulement Mr Carstairs va vivre des moments difficiles mais cette enquête va entraîner Holmes et Watson dans des aventures terrifiantes qui mettront même en péril la vie du célèbre détective. Anthony Horowitz a réussi à recréer l’ambiance propre au récit de Conan Doyle tant dans ses personnages que dans le suspens de l’enquête. L’intrigue est bien menée. Le trio Horowitz-Watson-Holmes nous entraîne dans un Londres froid et brumeux ou les moeurs les plus sombres se cachent derrière le smog et le pouvoir. Sherlock Holmes n’a pas pris une ride. Complètement cyclothymique, un peu tyrannique et bien addict à la cocaïne, Sherlock reste toujours dans mon panthéon des hommes séduisants de la littérature. L’auteur enrichit le personnage du Docteur Watson et celui-ci est certainement plus subtil que je ne l’avais cru. Les personnages secondaires sont très réussis, un portrait particulièrement bien senti du professeur Moriarty est à découvrir. La lecture est copieuse et ne cède pas à la facilité, Anthony Horowitz ayant choisi de coller au plus près du style d’origine. Une écriture dense, des rebondissements extraordinaires et un récit qui se referme sans que le lecteur n’ait vu qu’il avait effectué une révolution autour de Mr Carstairs (il faut dire que je ne suis pas une lectrice avertie de romans policiers). Malgré le nom de l’auteur qui peut attirer les lecteurs jeunes, je pense que ce livre est à réserver aux lecteurs de plus de 14 ans car le coeur de l’intrigue est le démantèlement d’un réseau pédophile et certaines ambiances sont particulièrement angoissantes.

Washington Post : ici / Le Figaro : ici / l’Express : ici

Un obus dans le cœur – W.Mouawad – 74 p.

Actes Sud Junior – 2007 – 7.80 €

TEXTE LU/VIOLENCE/MORT/GUERRE/LIEN MERE-FILS/ART

Je ne sais pas si vous avez déjà assisté à une représentation des pièces de Wadji Mouawad mais depuis que j’ai vu Littoral, j’essaie de lire toutes ses pièces. Vous dire que cette prédilection est une tâche difficile, est une évidence. Lire ces textes sans le soutien des représentations est presque impossible. J’aimerais amener mes élèves à s’intéresser à ce dramaturge et à sa vision du théâtre. Malgré mes achats et mes coups de coeur au CDI, les tomes du Sang des promesses restent sur leurs étagères. Depuis que j’ai découvert ce livre, je pense avoir trouvé l’ouvrage passerelle pour initier mes élèves à l’art de Mouawad. Un obus dans le coeur est tiré du roman Visage retrouvé du même auteur. Ce texte est destiné à être lu à haute voix. Comme l’exige cette collection, un Obus dans le coeur est un texte à dire, à crier ou à réciter comme une litanie pour éloigner le mal. Il peut aussi être une prière intime mais néanmoins universelle à genou devant les blessures de l’enfance. Wahab est un jeune artiste peintre qui prépare un vernissage dans quelques jours. Appelé par son frère en pleine nuit pour veiller sur les dernières heures de leur mère, Wahab se rend à l’hôpital la rage au ventre. Il ne se sent pas concerné par cette mort. La femme étendue dans ce lit n’est pas sa mère. Il a perdu sa mère le jour de ses quatorze ans. Du jour au lendemain, il n’a pas reconnu celle qui lui manque chaque jour maintenant. Elle a été remplacée par une chimère qui râle aujourd’hui dans ce lit anonyme sous le regard de tous les membres de la famille. Une chimère que Wahab reconnaît maintenant. Elle a accompagné son enfance et son adolescence. Ce monstre est la guerre, la peur et la maladie. Elle est la somme de toutes les atrocités du monde. Debout, poings serrés, Wahab doit la combattre. Comme tous les textes que je connais de cet auteur, je ne suis jamais sûre de bien comprendre … Je doute ! Son écriture laisse tellement de place à l’interprétation que chaque lecteur en a une version différente et personnelle. La guerre, la mort, les difficultés de la filiation sont les thèmes fondateurs de la dramaturgie de l’auteur, cet opuscule rassemble tous ces thèmes. Ce démon du jeune Wahab peut être envisagé comme la guerre, comme la fin de l’enfance, comme l’image de la mère. Je n’ai pas de réponse mais j’ai éprouvé toute la violence de ce texte, toute la colère de Wahab. Ce récit destiné à être lu détient toute la puissance évocatrice de l’écrit, mêlé au potentiel suggestif de la voix. A lire dans un souffle ou à hurler aux vents dès 15 ans.

Rencontre avec W.Mouawad : Théâtre : ici ! Et une vidéo lecture : !

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Ouvrages « PourlesGrandes » et pour les Enfants sages !

De quelle couleur est le vent ? – A.Herbauts – 40 p.

Casterman – 2010 – 18.80 €

Petit Géant part de bonne heure et de bonne humeur pour découvrir le vent. Petit Géant veut connaître la couleur du vent. Aveugle, il doit parcourir le monde environnant pour stimuler ses autres sens : le toucher, l’odorat, le goût et l’ouïe afin de trouver une réponse. Sur le chemin de la connaissance, Petit Géant va rencontrer de nombreux interlocuteurs qui lui proposeront des couleurs, des saveurs, des teintes inédites mais surtout très poétiques. Le loup pense que le vent à l’odeur sombre de la forêt, la montagne lui souffle que le vent est bleu, les abeilles lui murmurent que le vent à la couleur du soleil, le pommier lui confie que le vent a une couleur sucrée …Bientôt Petit Géant rencontre un homme très grand qui lui démontre que la couleur du vent, Petit Géant la connaît déjà. Ensemble, ils expérimenteront le vent, sa couleur et ses harmoniques … Ce récit de pérégrination est un foisonnement d’idées et de rêveries poétiques. Chaque proposition de couleur est une invitation à la réflexion et au questionnement. Je ne connais pas l’expérience de lecture des non-voyants mais ce livre permet une lecture tactile. Le texte n’est pas proposé en braille mais les illustrations en volume permettent de lire avec les doigts. Les formes, les contours, les aspérités des illustrations offrent un parcours palpable. Un véritable jeu est instauré entre les recto et les verso des pages pour découvrir toute l’habilité d’Anne Herbauts pour penser cet album dans sa globalité récit/illustration/objet. La couleur du vent suggérée à la fin du récit est la couleur du vent que je préfère et que je vis chaque jour.

Si vous souhaitez lire d’autres critiques :

Ricochet : ici / Télérama : / L’Express : encore ici

Et enfin l’émission de Denis Cheissoux : l’As-tu lu mon petit loup – France inter : encore là

Une interview d’Anne Herbauts par Fred Ricou des Histoires sans fin : dernier clic !

Les belles Espérances – J.Hoestlandt/D.grenier – 30 p.

Le Baron Perché – 2005 – 6 €

Le temps qui passe, le temps qui file, le temps qui s’échappe … C’est pourtant la loi rigide de ce temps que nous ne pouvons maîtriser qui donne toute sa saveur à la vie. Cet album rassemble des instantanés de la vie d’une petite fille, Lise qui au cœur de l’été rêve déjà de flocons de neige. Puis des premiers émois amoureux qui lui promettent une vie familiale chaleureuse et comblée et enfin de Lise âgée qui profite de chaque instant avec sa petite fille qui elle aussi rêve des prochains flocons de neige … Le cycle de la vie est le thème délicat de cet ouvrage. Le temps s’arrête quelques instants à chaque tourne de page pour entendre Lise formuler un vœu secret afin d’entamer les étapes importantes de sa vie : « Je voudrais » … Comme une litanie ses « Je voudrais » deviennent des talismans secrets pour elle et pour les siens. Les illustrations pleine page sont majestueuses. Construites pour porter le regard au-delà de l’image, pour sentir le mouvement de la vie et la force de l’espoir, elles contiennent toutes un cercle pour symboliser le cycle éternel de la vie. Créé comme un récit fermé tant par le texte que par le graphisme, cet album est une belle allégorie de la vie. Ce livre donne envie de se perdre dans ses pages pour savourer chaque instant et chaque illustration. A lire les jours de moral au beau fixe, histoire de ne pas se perdre sur le concept de la vacuité de la vie qui passe inexorablement !

Envolée – C.Dreyfuss – 40 p.

Frimousse – 2012 – 10 €

Cet album aborde le thème difficile de la mort. Sous cette couverture printanière et colorée cette famille de rouges-gorges va être emportée par le chagrin et le désespoir. Le fils et le père vont devoir surmonter une épreuve terrible : la mort de l’épouse et de la mère. Envolée, emportée et tombée à terre, la jeune femelle ne se relèvera jamais. Malgré les soins attentifs et le soutien de ses proches, elle meurt lors d’une nuit noire et orageuse. Père et fils pleureront ensemble près du nid vide et inutile. De longues et douloureuses saisons de chagrin les attendent. De nombreux souvenirs de leur bonheur à trois les entraîneront au bord du découragement et de la dépression. Le temps fait son œuvre et les souvenirs se transforment en appel à la vie et à la résilience. Le long travail de reconstruction commence à l’arrivée du printemps. Les promesses de cette saison de renouveau les soutiennent et les incitent à ouvrir leurs ailes. Restés fidèles à leur arbre de nidification familiale bien enraciné, ils vont de nouveau s’envoler …

Cet album sans texte est d’une grande poésie. Il aborde avec sincérité et empathie la terrible épreuve du décès d’un proche. Lors de la première lecture, nous sommes emportés par le récit visuel du long processus de la perte d’un parent. La deuxième lecture, elle, permet de s’attarder sur les illustrations secondaires : l’arbre, la nature et le ciel. Chaque page engage le lecteur à découvrir des illustrations subtiles et une narration graphique porteuse de symbole. Le thème du cycle de la vie et de la mort est proposé en lecture parallèle au cycle de la nature et des saisons. Cette proposition de lecture allège le récit et permet d’encourager le dialogue. Très bel album à découvrir pour répondre en douceur aux difficiles questions sur la mort.

Atelier des bonbons bio – L.Louis – 71 p.

La Plage – 2010 – 9.45 €

Si vous ne voulez plus avaler des E 104, E 122, E 131 ou de la dextrose. Si vos enfants souhaitent cuisiner alors n’hésitez pas à découvrir ce bel atelier et ses vingt-quatre recettes. Armé d’un thermomètre à sucre et de quelques ingrédients achetés en magasin bio, vous pourrez alors confectionner vos propres friandises et régaler vos Petitsproches avec plaisir. Des sucettes à la fraise, des guimauves à la cerise, des fleurs cristallisées, des nougats, des chocolats et même des colliers de fruits secs. Certaines recettes sont très simples et permettent réellement aux enfants de prendre les commandes et d’enfiler le tablier de cuisine, d’autres nécessitent du doigté et un peu de savoir-faire. Chaque double page propose une recette et des photos de la confiserie réalisée. Les explications sont bien organisées. Les informations et les procédés sont clairs. J’ai apprécié les variantes proposées. Ces bonus permettent de revisiter les recettes à l’infini. A chaque fois que j’ouvre ce livre, mes papilles se réveillent et mes enfants arrivent … Cet ouvrage montre que le bio peut-être bon et savoureux et pas forcément onéreux ! J’offre souvent ce livre autour de moi et depuis on m’offre fréquemment des bonbons biobons.

62 comments sur “Littérature jeunesse: les chroniques de Marje #10”

  1. Marje a dit…

    Je vous souhaite de beaux moments de lecture avec vos PetitsProches ! Si vous souhaitez me contacter, n’hésitez pas marjolaineplassart@gmail.com. Je m’exporte mal mais j’ai un bel onglet. Bonne journée et merci à Caro de ton soutien et de cette chouette mise en page.

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  2. proff a dit…

    YES !
    Juste un peu avant les grandes vacances: de quoi nous occuper pour les longues journées pluvieuses à venir…. snif.
    Merci Marje !! (et Caro)

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  3. Maïwenn a dit…

    L’obéissance (aux parents, aux maîtres, aux chefs…) est restée une vertu cardinale en Thaïlande. On doit aussi respecter ses aînés et supérieurs. Les jeunes sont donc globalement plus sages (mais il y a aussi des monstres d’indisciplines). Le côté négatif ils sont maintenus dans un état proche de l’enfance pendant très longtemps. Jusqu’au mariage en fait. Et pour l’expression personnelle, l’esprit d’initiative, on repassera….

    Le dessin, c’est aussi quelque chose qui marche très bien. J’ai toujours été étonnée de voir que presque tous les Thaïs savent dessiner correctement. Beaucoup mieux que moi en tout cas. On peut mettre une classe de lycée à dessiner, ils seront ravis, et produiront des choses vraiment chouettes !

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    • Caroline a dit…

      c’est intéressant ce que tu dis, j’ai aussi pu remarquer en discutant notamment avec notre guide que la société thaï est encore très conservatrice concernant la répartition des tâches hommes – femmes. Ces dernières sont censées rester à la maison et s’occuper des hommes et des enfants et les hommes restent avec maman super tard ! j’imagine que ça évolue, mais ça m’a frappé, je ne pensais pas que c’était à ce point…

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      • Maïwenn a dit…

        Je n’ai jamais eu l’impression que les femmes étaient vraiment cantonnées à la maison. Il faut dire que je suis prof et que mes collègues étaient surtout des femmes, actives donc. Et dans l’entourage de mon mari ils sont agriculteurs, les femmes font aussi leur part de boulot. D’ailleurs les femmes sont assez recherchées dans le monde du travail actuellement, plus responsables que les hommes. Par contre il y a assez souvent une « fille sacrifiée ». Une fille qui restera célibataire et habitera avec ses parents jusqu’à leur mort pour s’occuper d’eux. Super destin, hein !

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  4. kro a dit…

    Marje, encore un grand merci pour cette chronique et pour le temps que tu y passe !
    Pour les jeunes mamans, je conseille vraiment les livres de J.Ashbé, ma fille les a usés jusqu’à la trame !!

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  5. claire a dit…

    Bravo et merci pour cette chronique que j’attendais, elle va me permettre de faire des commandes amazon depuis les Etats Unis et mon fils les trouvera en arrivant en France pour les vacances… j’attends avec impatience le retour des précédentes chroniques afin d’alimenter les lectures du soir de TOUTE l’année prochaine… 23 kg max !!

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  6. isabelle a dit…

    Merci, je viens d’en commander trois, sur Amazon vu que par chez moi il n’y a aucune librairie….. ma fille a beaucoup aimé tempête au haras….

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  7. lacopacham a dit…

    10 déjà ?!!!! quelle bonn’surprise ce matin, merci Marje et merci Caro ! pdf téléchargé, ma journée est sauvée.
    Je note déjà le Mamangue Papaye.
    sinon, y a que moi qui fredonne quand je lis le titre « les mondes engloutis » ?
    « Suis les mondes engloutis
    Jusqu’au creux de la Terre
    Enfant pars et vole avec nous
    Au fond des univers »

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  8. lacopacham a dit…

    aaaaaaaaaah! merci pour les puzzle gallery et surtout l’émission « l’as-tu lu mon p’tit loup? » que je ne connaissais pas !

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  9. Sév. a dit…

    Merci Marje pour ce précieux cadeau que tu nous fais, J’adore remonter notre PAL grâce à toi 🙂
    Toi qui aime tant les belles illustrations, connais-tu : « Cartes , Voyage parmi mille curiosités et merveilles du monde »…Il reste ouvert à la maison…
    Merci!

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  10. Plum´ a dit…

    Je dois être une grande ado car j’aime bien aussi les ouvrages de Meg Cabot 😉

    Merci en tout cas pour cette liste de lecture Marje, cela donne bien des idées de cadeaux à faire 😉

    Bonne journée

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  11. AnneduSud a dit…

    Zut je suis au boulot et n’ai pas accès à Amazon, ça attendra donc unpeu. Acheter sur Amazon c’est vraiment pour Marje que je le fais mais sans états d’âme! Quel boulot et quelle mine d’or pour moi. Je voulais commander entre autres « 2 yeux » mais le lien ne fonctionne pas. par contre, j’ai d’ores et déjà commandé Georges, « Les lettres ». Attention « La pomme » est en rupture de stock. Snifff…
    Encore merci Marje!!!

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  12. Mel a dit…

    Merci Marje, pour ces chroniques que je prendrai le temps de lire tranquillement ce soir. Les puzzles sont magnifiques ! Très bonne idée cadeau. Sinon, connais-tu la trilogie du « Livre des étoiles », d’Erik L’Homme ? Mon fils est plongé dedans et ne cesse d’en parler tellement il est passionné !

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    • Caroline a dit…

      c’est le livre fétiche de mon machin, il l’a lu genre douze fois (il a l’intégrale en un bouquin). je crois que marje en a parlé dans une chronique précédente

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      • Mel a dit…

        Je ne savais pas que le « Livre des étoiles » existait en un seul volume, merci pour l’info. Il doit être épais, non ? Je l’ai lu il y a quelques années sur les conseils de ma mère, qui comme Marje connaît très bien la littérature jeunesse, et j’avais beaucoup aimé. Mais là j’ai un peu oublié l’histoire, alors pour soutenir une conversation bourrée de détails avec mon fils, c’est compliqué. 🙂

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  13. Geneviève a dit…

    Je lis tout tranquillement ce soir… Je recommande chaudement TOUS les albums d’Anne Herbauts. Il y en a de très difficiles, clairement pour les (très) grands et d’autres bien doux. Une illustration toujours poétique, je suis une inconditionnelle de son travail et de ses recherches graphiques.
    Merci Marje une nouvelle fois !

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  14. christel a dit…

    Merci à Marje pour ces chroniques toujours complètes, si agréables à lire, même quand on est une adulte (mouais) et que les enfants lecteurs se font rares dans l’entourage. J’offrirai néanmoins le Meg Cabott à une jeune amie de 14 ans. J’ai toujours beaucoup aimé cet auteur et qui est prolifique et sait se renouveler.
    Merci à Caro, pour son blog qui constitue un incontournable de mes lectures quotidiennes depuis quelques années.

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  15. ladymarlene a dit…

    En même temps, ici les enfants sont élevés dans du coton mais pas pour autant dans le respect des adultes…ici, les adultes doivent respecter les enfants…mais on leur demande plus la réciproque.

    Pardon pour ma mauvaise humeur !!! Ces chroniques sont très bien.

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  16. leyleydu95 a dit…

    Mon fils est en grande section maternelle et il me parle tout le temps d’un livre qui est dans sa classe et qu’il adore.
    Je n’ai pas pensé à demander à la maitresse le titre du livre mais les infos que mon fils m’a donné parlent notamment d’un chat qui mange sa langue et d’une histoire ou les gens font tout en dépit du bon sens !
    C’est un peu mince, je sais mais si jamais Marje a une idée, je prends !
    Je cherche aussi un livre sur le pipi au lit pour le rassurer sur sa normalité car,même si je ne lui mets pas la pression avec ça, ses petits copains s’en occupent !
    Merci pour votre aide Mesdames et bonne journée !!

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  17. lollipop a dit…

    Marje vous êtes notre déesse de la littérature jeunesse ! Mes petites jumelles ont 17 mois et j’ai l’intention de compiler tous vos articles dasn un petit cahier pour leur faire découvrir tout ça ! Il est tellement difficile de faire un choix ! Vous faites un boulot incroyable pour nous et de surcroît super bien rédigé !! Rien que pour vous je commanderai par Amazon 🙂

    Répondre
  18. Emmanuelle a dit…

    Merci pour toutes ces bonnes idées !
    Et pour remplacer Amazon, vous avez essayé de voir avec lalibrairie.com ? Bon, le site est en travaux actuellement, mais ça ne devrait pas durer…
    Et pour info, mon mari éditeur avait publié un article sur le blog de la maison d’édition indiquant le choix, en tant qu’éditeur, de ne plus être référencé par Amazon :
    http://pourpenser.blogspot.fr/2013/02/pourquoi-nous-avons-quitte-amazon.html
    Pas toujours un choix facile, mais en accord avec le sens qu’il veut donner au travail de la maison.
    A bientôt ! Et continuez ainsi, on a envie de tout dévorer ! 😉

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  19. Covima a dit…

    A chaque chronique de Marje je suis admirative du boulot fait et me demande combien d’heures cela a nécessité. Bravo et merci Marje !
    J’aime moi aussi bcp Meg Cabot, j’ai lu il y a quelques années les T. 1 et 2 d' »une irrésistible envie de… ». Et on est de grands fans de Miyazaki à la maison, les z’enfants adorent de 5 à 11 ans !
    Je reviendrai plus tard lire le détail de cette rubrique…

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  20. Anne a dit…

    Merci pour cette superbe note qui donne une foule d’idée pour ma liste de livres à acheter et emprunter.
    Perso je suis une grande adepte des puzzles en tout genre et je tente également d’inculquer à ma fille (3 ans) le principe « du bord d’abord’, ça a l’air de rentrer, elle est trop petite pour penser que sa maman est folle et a tord. Les puzzles que tu montres sont superbes (comme presque tout ce que propose djeco en matière de puzzles et jeux pour enfants). Je note de suite mamangue/papayes, les photos que tu montres donnent vraiment envie de découvrir ce livre. Et je pense que je ne vais pas tarder à relire Nausicaa, rien que l’image m’a donné envie de m’y replonger.
    Encore merci !!!

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  21. Marje a dit…

    Je suis revenue du travail et enfin en ligne ! Claire, pour les compilations, n’hésite pas à m’envoyer un mail pour les recevoir par tranche d’âge. Isabelle, Tempête au haras est un roman très chouette que j’ai tout d’abord méprisé mais je m’en suis mordue les doigts … Je suis en train de lire tous les romans de Chris Donner, je pense présenter bientôt d’autres de ses romans. Lacopacham, si tu aimes les émissions radio, je te conseille aussi Y’a un éléphant dans le jardin http://aligrefm.org/programmes/les-emissions/ecoute-il-y-a-un-elephant-dans-le/ et Jusqu’à la lune et retour http://www.franceculture.fr/emission-jusqu-a-la-lune-et-retour. Je podcaste ces 3 émissions chaque semaine. Sèv, j’attends depuis des lustres que Cartes, voyage …. soit disponible et empruntable à la bibliothèque. Je l’ai déjà feuilleté et il me semble extra. Annedu Sud, 2 Yeux a reçu le Prix Sorcière et il le mérite bien ! Mel, le Livre des Etoiles est le livre de chevet de mon GrandGrand. Je l’ai moi aussi lu à au moins deux reprises. Je l’ai présenté dès ma première chronique. Geneviève, j’aurais parié que tu aimais Anne Herbauts J’ai pensé à toi en écrivant cette présentation. L’interview que j’indique en lien est très chouette. J’aimerais la rencontrer en vrai mais la queue devant son stand est infinie au Salon du livre de Montreuil. Je me contente donc de ses apparitions sur le web. Merci Christel ! LeyLey du 95, je cherche, je fouille et je te tiens au courant. Envoie moi un mail pour que je puisse te recontacter par ce biais. Lollipop, merci de votre soutien et bonnes lectures avec vos filles. Emmanuelle, je n’utilise pas seulement amazon même si leur moteur de recherche et l’indexation sont très performants. Je consulte aussi l’eshop de la Soupe de l’espace par exemple ici : http://shop.soupedelespace.fr/. Clairéo, merci et bonne lecture. Covima, je suis admirative de Miyazaki. Je suis très heureuse de recommencer à visionner sa filmographie avec PetitPetit qui se délecte de Totoro !

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    • Mel a dit…

      Faudra que je relise ta première chronique (et « Le livre des étoiles »), alors. 🙂 Grâce à Caro et toi, j’ai aussi fait découvrir la série « La guerre des clans » à mon fils, qui a adoré et lu plusieurs fois les volumes sortis en poche.

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  22. Valérie a dit…

    Bonjour Marje, et merci beaucoup pour cette superbe chronique !
    Je suis intéressée notamment par le livre sur la biodiversité, mais en allant sur le site j’ai été interpellée par l’illustration de couverture : quel rapport entre le dessin du singe qui se lève peu à peu et la biodiversité ? Cela me paraît induire deux confusions pour l’enfant : d’une part entre biodiversité et évolution, d’autre part l’homme « descendant du singe ». Toi qui as lu le livre, pourrais-tu m’expliquer ce qui justifie cette couverture ? Ou s’agit-il d’une maladresse éditoriale ?

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  23. SmouikSmouik a dit…

    Encore une fois, bravo et merci Marje pour ce travail titanesque !
    Ca n’a rien à voir avec la rubrique du jour (encore que, c’est tiré d’un livre…) mais j’ai lu cette phrase qui m’a fait penser à cette interrogation que tu avais l’autre jour Caroline, sur ce temps que soi-disant tu perdais alors que tu avais des papiers à écrire. Et voilà :
    « Le psychologue Graham Wallas a conceptualisé en 1926 les différentes phases de la créativité. Tout d’abord, il y a la conception qui consiste en une mise en route de réflexions pour trouver une nouvelle idée ou une solution à un problème. Puis la 2ème phase, qui nous intéresse particulièrement, c’est l’incubation. La personne ne pense plus au problème de manière consciente, elle « lâche » la réflexion et le cerveau fait un travail d’associations d’idées inconscientes grâce à son réservoir de connaissances. Et vient l’illumination, la 3ème étape : l’idée revient à la conscience comme un euréka après avoir maturé inconsciemment. » Extrait d’un article commentant le livre de Benjamin Libet « Au-delà des neurones »…
    Je pense que tu as la réponse à tes interrogations… 🙂

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  24. Marje a dit…

    Valérie, à ta demande, j’ai retrouvé le livre en question. Je pense que l’objectif premier de l’éditeur est d’attirer le jeune lecteur. Le parti pris de cette collection et particulièrement de ce titre est l’humour. Cet enfant qui passe du batracien ?, au singe puis à l’homme peut avoir plusieurs interprétations 1. En grandissant, l’enfant prend conscience de son impact sur la nature et la maturité intellectuelle aidant il comprend qu’il doit être respecteux de son environnement. L’illustration est donc une métaphore de cette transformation. 2. l’évolution de l’Homme entraine une destruction de la biodiversité. A l’époque actuelle, l’Homme ne vit plus en harmonie avec la nature. Il doit donc s’engager à devenir un acteur de la biodiversité. La nature évolue sans cesse comme l’Homme. Ils sont étroitement liés. Je pense que le rapport texte/image est alors complémentaire. Cette complémentarité et le lien texte-image interrogent et questionnent alors le lecteur qui aura envie de lire pour répondre à ses interrogations. J’espère que je suis claire. Je comprends ton commentaire et je t’engage à poser directement la question à l’auteur : catherine@sanson-stern.net ou à l’éditeur : contact@actes-sud.fr. N’hésite pas à me tenir au courant ou à lire le livre et à me donner tes impressions.

    Répondre
  25. Marje a dit…

    Valérie, à ta demande, j’ai retrouvé le livre en question. Je pense que l’objectif premier de l’éditeur est d’attirer le jeune lecteur. Le parti pris de cette collection et particulièrement de ce titre est l’humour. Cet enfant qui passe du batracien ?, au singe puis à l’homme peut avoir plusieurs interprétations 1. En grandissant, l’enfant prend conscience de son impact sur la nature et la maturité intellectuelle aidant il comprend qu’il doit être respecteux de son environnement. L’illustration est donc une métaphore de cette transformation. 2. l’évolution de l’Homme entraine une destruction de la biodiversité. suite dans un autre message !

    Répondre
  26. Marje a dit…

    Valérie, suite du premier message. A l’époque actuelle, l’Homme ne vit plus en harmonie avec la nature. Il doit donc s’engager à devenir un acteur de la biodiversité. La nature évolue sans cesse comme l’Homme. Ils sont étroitement liés. Je pense que le rapport texte/image est alors complémentaire. Cette complémentarité et le lien texte-image interrogent et questionnent alors le lecteur qui aura envie de lire pour répondre à ses interrogations. J’espère que je suis claire. Je comprends ton commentaire et je t’engage à poser directement la question à l’auteur : catherine@sanson-stern.net ou à l’éditeur : contact@actes-sud.fr. N’hésite pas à me tenir au courant ou à lire le livre et à me donner tes impressions. fin

    Répondre
  27. Marje a dit…

    J’ai écrit de nombreux message et des réponses à vous toutes mais mes messages sont longs. Ils doivent être modérés pour apparaître. Je n’ose pas les renvoyer couper en plusieurs messages car vous n’allez pas vous y retrouver …

    Répondre
  28. nesto a dit…

    pas le temps de tout lire, j’ai survolé, mais je reviendrais! juste pour dire: chez moi gros coup de cœur pour Yaya, mes 6/8/10 ont dévoré les 6 tomes! même la petite adore, pourtant elle a du mal, elle doit s’accrocher pour lire et comprendre mais je ne sais pas pourquoi, elles sont toutes les 3 touchées par cette série 😉

    Répondre
  29. Marje a dit…

    Nesto, Yaya a fait carton plein chez nous aussi, mes 3 grands 12,11 et 6 ans, mon mari et moi. Nous l’avons maintenant en Intégrale et nous le relisons avec plaisir ! Merci de ton commentaire.

    Répondre
  30. Valérie a dit…

    Merci Marje pour tes infos (et merci beaucoup d’avoir pris le temps de rédiger une réponse si détaillée !). Je vais envoyer un petit mail à l’auteur, et je te tiens au courant si je lis le livre.

    Répondre
  31. chrisssine a dit…

    bonjour, merci 1000 fois Marjolaine pour toutes ces idées, toutes ces chroniques. je reviens régulièrement piocher dans tes chroniques au moment d’offrir des livres (j’ai déja acheté plusieurs fois Un Livre d’Hervé Tullet sur ta recommandation, immense succès).

    A ce sujet une petite question : quels livres recommanderais tu à un petit garçon qui va entrer en CP et donc apprendre à lire ?

    Bonne journée.

    PS : Caroline : ta robe Bensimon est canon (en toute objectivité -> je me suis acheté la même il y a quelques semaines chez mon fournisseur préféré)

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  32. tallulah06 a dit…

    dommage que l’on ne puisse pas accéder à l’historique parce que justement aujourd’hui j’aurai grand besoin de conseil pour mon filleul de 7 ans que je vais voir bientôt; je le connais assez peu parce que nous sommes loin mais je sais qu’il aime les robots et star wars.

    Répondre
  33. Chag a dit…

    Hannnn mais encore une fois, quel boulot, Marje ! Avec tous pleins de titres que j’aime dedans. Notamment « Dico Dingo », pour lequel, si tu me le permets, j’apporterai une petite précision quant à l’âge. Tu as écrit à partir de 7 ans (c’est-à-dire fin CP) et je trouve que c’est un peu tôt. Je le fais chaque année en fin fin de CE2 (j’ai la série complète pour ma classe), et là, ça passe. Donc, pour l’âge, je dirai qu’avec l’aide de la maîtresse pour séquencer et aider à la lecture, pas avant 8-9 ans ; et en lecture-plaisir tout seul, 9 ans bien tassés (j’ai tendance à trouver qu’on conseille des livres trop tôt aux enfants, comme Le Petit Prince, par exemple !). Il est vraiment super, ce Dico Dingo, et tu as très bien expliqué ce qui en fait son charme, son humour, mais aussi sa difficulté. C’est vraiment parfait (tu veux pas passer le concours d’instit, hein hein hein ?! on serait des collègues).

    En tout cas, encore merci de faire partager la littérature jeunesse aussi bien que tu le fais. Et merci à Caro de permettre à de chouettes gens passionnés comme Marje, de profiter de son trafic (de keunasse) pour ouvrir les autres à ce merveilleux thème.

    Je vous ferai bien l’amour, là, à toutes les deux, tiens.

    Répondre
  34. Marje a dit…

    Chrisssine, je te conseille Ma petite fabrique à histoires de B.Gibert, 21 p, Autrement, 13.25. De petits flaps à tourner et à associer par couleur ou non pour créer des phrases et des mini-histoires poétiques ou loufoques. Je pense aussi à Superlapin de de S.Blake, un album très court qui permet au tout jeune lecteur de lire seul, de mettre le ton et d’avoir le plaisir de tourner les pages. Moi j’adore, Maman déteste (dans la chronique) permet aussi une lecture en autonomie très rapidement. Peut-être sera t-il plus intéressé par des documentaires sur la nature, l’astronomie … Les documentaires sont de très bons supports de lecture. N’hésite pas à m’envoyer un mail si tu connais ses centres d’intérêts.
    Tallulah06, mes aînés sont fan de StarWars, ils ont les livres de Nathan et ils les lisent encore plus de 5 ans après leurs achats : Stars Wars : la menace fantôme, 64 p. Nathan, 17 € http://www.amazon.fr/Star-Wars-%C3%A9pisode-personnages-cr%C3%A9atures/dp/2092404350/ref=pd_sim_b_2 idem pour toute la série.

    Répondre
  35. Marje a dit…

    Chag, nous sommes plus proches que tu ne le crois. Nous sommes déjà collègues. Je suis enseignante-documentaliste. J’ai le CAPES. Je suis titulaire de l’Education nationale. On a le même patron … Je prends note pour Dico Dingo ! Je l’ai testé sur MoyenMoyen 6 ans et il semblait comprendre lors de la lecture du soir mais peut-être que je lui expliquais les jeux de mots sans m’en rendre compte. Je crains toujours de conseiller des livres pour un enfant qui va s’ennuyer ou trouver que le livre est trop bébé. Lorsque j’écris mes chroniques, je prends un temps fou pour calibrer les âges en vérifiant les indications sur Ricochet, auprès des éditeurs … Comment ferais-je quand je n’aurai plus d’enfants à la maison ? J’en emprunterai ou j’en volerai. Je n’aurais jamais pu être instit, je n’ai pas la patience nécessaire ! Aujourd’hui mes charmants lycéens ont glissé un oiseau mort dans le photocopieur du CDI … J’ai vraiment failli manquer de patience et convoquer tous les élèves concernés !

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    • Chag a dit…

      ah mais oui on est collègues pour de vrai ! Je croyais que tu filais un coup de main au CDI par passion (j’ai un petit souci pour suivre les histoires de tout le monde ici). Alors pardon, mais le coup de l’oiseau mort, c’est maaaal, mais je suis morte de rire !!! Les nôtres nous vomissent sur les panards. Un autre monde ! Et je suis d’accord, c’est difficile de définir un âge pour les livres, je me plante encore souvent ! Et puis c’est différent de lire un livre à un enfant, et le guider dans sa lecture (enfin je ne t’apprends rien). Après, je bosse aussi dans des endroits difficiles, donc niveau vocabulaire and co, c’est souvent compliqué. Enfin je note je note tes chroniques, comme toujours ! Tu veux pas venir par chez moi, on referait le monde de la littérature jeunesse et des salles de profs 😉

      Répondre
  36. Moon a dit…

    Merci beaucoup Marje, j’adore cette chronique litteraire…vraiment! je suis encore dans l’age 1-3 et 5-7 et certains me font de l’oeil 🙂
    Par contre vous etes tous mes préférés, ok, ce livre plait beaucoup à mon fils depuis qu’il a un petit frère, mais à chaque fois que je le lis, je sais pas y’a quelques chose qui me dérange, la traduction je crois….
    sinon toujours en rapport avec la jalousie, le besoin d’attention dans la fratrie j’ai aussi le « je t’aimerais toujours quoiqu’il arrive » et « le tournois des jaloux « qui est très amusant

    Répondre
  37. AnoucheK a dit…

    Youhou !!!
    No, rien de plus, c’est juste pour vous faire partager le cri de joie poussé quand j’ai que la nouvelle chronique de Marje était sortie.
    Merci merci

    Répondre
  38. leyleydu95 a dit…

    @Marje,
    j’ai trouvé le livre du « chat qui mange sa langue » en demandant à la maîtresse de mon fils;évidemment (et comme souvent avec les enfants), le titre n’avait rien à voir avec ce qu’il m’expliquait !
    Il s’agit d’un livre (qui n’a pas l’air d’être sorti hier), qui n’a pas vraiment un titre mais sur la couverture mais il est écrit  » le prof m’a demandé de repasser mes leçons » et on voit un petit garçon repasser son cahier.Tout le livre reprend des expressions comme « donner sa langue au chat », »bruler de fièvre », »prendre qq’un sous son aile »..et on explique ce que l’expression signifie réellement.
    La maitresse nous l’a prété hier soir et j’étais la « Reine » d’avoir osé demander à la maitresse !!
    Pour le pipi au lit, je suis toujours preneuse,merci 😉

    Répondre
  39. Marje a dit…

    Leyleydu95, je suis soulagée de lire que tu as trouvé les titres que recherchais ton fils car de mon côté chou blanc ! Pour mon MoyenMoyen, je cherche depuis 1 an, une version de la chèvre de M.Seguin dans laquelle la chèvre dévore le loup … J’ai demandé aux maîtresses mais elles ne voient pas du tout ! Je t’ai préparé une liste de proposition mais peux-tu m’envoyer un mail que je t’envoie le document ? marjolaineplassart@gmail.com
    Anouchek, je te jure j’ai entendu ton cri et ça m’a fait plaisir !
    Moon, je sais que je devrais me pencher sur les pbs de traduction qui génèrent de terribles débats dans les conférences en littérature jeunesse ! Merci de ton commentaire qui me fait cogiter. Je vais voir si je peux le trouver en VO.
    Chag, je viens de passer 10h de rang au CDI et je veux bien parler lije pendant des heures mais surtout pas en salle des profs, pitié !

    Répondre
  40. Jouls a dit…

    Merci pour cette chronique et cet énorme boulot. C’est IMPRESSIONNANT !
    Pour l’instant j’ai juste rempli mes listes d’envie Amazon, mais quand j’aurai un achat à faire et si je ne vais pas chez le libraire du coin, j’essaierai de passer par les liens d’ici 😉
    Encore bravo et merci !

    Répondre
  41. mammouth a dit…

    Je rentre d’un long weekend de formation et que vois-je? Enfin une autre chronique de Marje! J’écris vite fait juste pour vous remercier, car je n’étais pas là pour le faire au jour J comme c’est mon habitude.

    Je n’ai pas besoin de Frédéric, car fan de la première heure, j’ai toutes les chroniques sur mon ordi et les garde précieusement. Bon en même temps, j’ai dû acheter la moitié des livres pour diverses catégories d’âge. Faudrait arrêter les tentations un peu, hein. Pour l’heure, je me bidonne avec la marmaille avec Comment écrire comme un cochon. Pour moi, y’a Trouville Palace qui m’attend. Mais il est si mince!

    Répondre
    • Marje a dit…

      J’adore Comment écrire comme un cochon ! Je l’ai lu déjà à mes deux grands et bientôt ce sera le tour de number three et je me régale d’avance. Trouville Palace est très bien mais effectivement très court … Merci de ton commentaire.

      Répondre

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