Mois : juillet 2008

The chaud-kaize de Julien Doré

J'y étais. Où ça ? Au chaud-kaize de Julien Doré qui avait lieu au
Café de la Danse mercredi soir à Paris. En français, le showcase quoi.
A savoir un concert de rodage, où l'artiste met en place son spectacle,
teste ses blagues, tatonne avec ses musiciens etc etc etc.

Et vous savez quoi ?

C'était vraiment très chouette.

Si.

Pourtant ça avait mal commencé. 

Je te raconte ?

14h00: J'appelle ma copine Zaz et lui annonce que je ne viendrai pas ce soir. Trop fatiguée, trop vilaine avec mon ventre qui me précède de deux mètres, rien d'autre à me mettre qu'un pantalon en jersey – or le jersey n'est plus à la mode depuis… depuis toujours en fait – avec empiècement cotelé remontant sous les bras. Non vraiment, si c'est ma seule chance de rencontrer Julien en vrai autant déclarer forfait, peu de chances que ce ce soit the love at first sight.

14h02: Ma copine Zaz est très déçue. Mais je fais comme je veux, qu'elle me dit. Sauf qu'elle est trèeees déçue.

16h00: Après deux heures de sieste et une tension supérieure à 2, je rappelle ma copine Zaz pour lui annoncer fièrement que Julien Doré ne fera pas son premier show parisien sans moi et mon ventre.

18h30: Ma fille apprend que je vais voir Julien Doré et se roule par terre de jalousie.

18h34: Je ne sais pas si je dois pavoiser d'être en concurrence avec ma fille.

18h36: Je décide qu'il est plutôt valorisant d'être dingue d'un chanteur qui fait fureur chez les 6 – 12 ans.

19h00: Après avoir tenté le slim de grossesse – qui ne me va plus depuis le 6ème mois rapport aux cuisses gorgées de flotte – je me rabats comme tous les jours sur THE jersey top sexy de la moule. Agrémenté d'un t-Shirt ultra rock  comme les aime Ines de la fesse.

19h02: Sur un pantalon en jersey qui remonte sous les bras AUCUN t-shirt n'est rock, en fait.

19h04: J'hésite longuement entre mes quatre paires de Birkenstock. Pour choisir les noires. Parce que c'est rock. Aussi parce que mes pieds ne rentrent plus dans les autres. Même mes pieds ont pris une pointure de Birk. Tout va bien, je vais bien.

19h15: Nous voilà parties direction la Bastoche.

20h00: Après une demi-heure à poireauter dans la rue en compagnie d'un public très… nouvelle star, on se rue sur deux places assises juste à côté des VIP. Non sans avoir honteusement profité de mon état – pas de raison que ça ne me vaille que l'humiliation du jersey à empiècement – pour passer devant les 400 personnes arrivées avant nous.

20h02: Une des filles les plus jolies que j'ai jamais vu s'assied à trois fauteuils de nous. Dans le coin VIP.

20h03: Putain C'est Louise Bourgoin.

20h05: Peut-on m'expliquer pourquoi lorsque je vais voir Vanessa Paradis en chaud-kaïze je ne vois pas l'ombre de la queue d'un Johnny Depp et qu'en revanche pour MA rencontre avec Julien D., je me retrouve à deux pas de Louise Bourgoin ?

20h06: En plus quand je suis en jersey.

20h08: Louise Bourgoin est la preuve vivante que dame nature est une salope qui décide de façon totalement aléatoire de donner à certaines une peau parfaite, une ligne idéale, des seins atomiques, des yeux de biche et des cheveux de soie et à d'autres ce qui reste dans sa besace, à savoir les points noirs, les capitons, les comédons et les pellicules. Quand ce n'est pas un pouvoir magique consistant à grossir rien qu'en regardant une religieuse au chocolat.

20h10: Et le pire c'est qu'on a juste envie de lui demander si elle veut bien être notre copine.

20h11: Pas à dame nature hein. A Louise Bourgoin. 

20h12: Sauf qu'au moment où je passais mon bac elle entrait au primaire.

20h15: Je veux me pendre à mon jersey. 

20h17: J'envoie un sms à l'homme: "suis à deux doigts de Louise Bourgoin. Veux mourir. Suis vieille et énorme".

20h20: "Bouge pas c une trè mauvaise id que tu ailles à ce concert je viens tout de suite te remplacer. Surtout ne perds pas Louise de vue". 

20h23: De désespoir, je m'enfile deux spasfons alors que j'ai même pas de contractions.

20h30: Julien fait son entrée.

20h32: Il a un max de cheveux.

20h34: Et un minimum de jambes.

20h37: Pourtant il pue le cul.

20h40: Louise est en pamoison. Elle est mordue, y'a pas. Méfies-toi, Julien. C'est comme ça qu'on se retrouve avec une fille en jersey.

20h45: Julien chante Pudding morphina. Moi et pimprenelle on est en transe.

20h52: Putain de jersey quand même.

21h00: C'est le tour des Limites, il met le feu. La salle est bondée et il fait 45°. Si ça se trouve je vais perdre les eaux même pas m'en rendre compte.

21h12: Un peu trop de synthé quand même, se plaint ma copine Zaz, on se croirait dans la BO de la Boum. Ou de l'Etudiante. C'est pas faux par moments.

21h30: Sur "First Lady", Julien se lache. C'est dans les morceaux rythmés qu'il est le meilleur, on retrouve son côté barré. Quand la chanteuse de Cocoon l'accompagne, c'est aussi très gracieux. Notamment sur Acacia, un pur morceau.

21h45: Reprise de "La dolce vita" de Christophe au Ukulélé. Si mon débile de voisin – POURQUOI JE TOMBE TOUJOURS SUR THE CRETIN ? ça ne suffit pas d'être mal vue par dame nature, putain ? – continue à taper dans ses mains sur ce morceau je l'étrangle avec mon empiècement.

22h00: Julien fait encore deux trois blagues – on sent l'entrainement sur l'oreiller avec la chouchoute à dame nature – et dit au-revoir. Pas de rappel. Mais c'est normal parce qu'on est dans un chaud-kaïze. Aussi parce qu'il n'a plus de chansons. 

22h05: On repart, zaz, mon jersey et moi dans la moiteur de la rue de Lappe. Un peu sur notre faim et en même temps pas déçues. Julien Doré se rode et il le fait plutôt bien. Pas de poses de star, pas de côté people à outrance – le seul autre "connu" à part Louise B étant Philippe Vandel, perdu dans la fosse – pas de manières. Il avait peur et ne le cachait pas, une voix bien posée, une petite formation de musiciens super bons et son humour un peu décalé, mélange d'Edouard Baer et de sa belle en gros. Voilà, pas non plus génial mais de bon augure. Ah et puis quand il danse, sorry mais moi j'ai des guilis où tu sais.

Edit: J'ai déjà prétendu être photographe moi ? Non. Alors t'arrêtes de suite de critiquer.

 

Dolto versus l’homme

Avant-hier soir, ma fille m'appelle de sa chambre. J'arrive de mon pas
gracile et léger et le temps de reprendre mon souffle – dix mètres tout
de même -, la chair de ma chair souffle d'une voix chevrotante: "Tu
sais, je ne veux pas te faire de la peine mais quand même je crois que
je n'aime pas tout le temps que t'es enceinte. (pause)
Même jamais, en fait. Parce que tu peux plus rien faire alors c'est pas drôle".

C'est bien mon amour, que je me dis – alors que je suis brisée à l'intérieur -, tu verbalises, mon coeur, Dolto applaudirait des deux mains donc moi aussi, même si là tout de suite j'ai envie de pleurer parce que moi non plus je n'aime pas tout le temps être en cloque, surtout depuis qu'il fait quarante douze degrés, que mes pieds sont devenus plus gros que mes seins et que j'envisage d'élire domicile dans ma baignoire jusqu'à l'accouchement. Mais ce n'est pas la question, je ne ramène surtout pas ça à moi, je t'écoute et te comprends parce que je suis une bonne mère qui sait le poids des mots. Tout ça je me le dis en dedans de moi même bien sûr parce que si j'ouvre la bouche je chouine.

"Et puis", reprend-elle, – voix de plus en plus chevrotante "je ne suis pas sûre en vrai de vouloir que y'ait un autre enfant dans la maison. En fait, je suis sûre que je ne veux pas. On était très bien comme ça tous les quatre alors je préfèrerais que ça reste pareil qu'avant".

Gros soupir, ravalement de larmes de part et d'autres puis sourire de ma fille, manifestement très soulagée d'avoir balancé son énorme fardeau sur sa mère qui niveau bagages lourds est pourtant relativement bien lotie.

Re-convocation silencieuse de Dolto, mise en mode "je te comprends ma chérie", puis réponse d'une voix très assurée, une voix de mère qui sait le poids des mots, donc: "C'est très bien de l'avoir dit, il ne faut jamais garder ces choses là pour soi, après ça pourrit à l'intérieur, et puis c'est NORMAL d'avoir peur, mais tu verras, quand tu la verras, tu vas te rendre compte que tu l'aimes et que c'est comme si elle avait toujours été là, en plus ça ne va pas changer tant de choses que ça, un bébé ce n'est pas non plus un tremblement de terre, juste un événement particulier, un nouveau venu, une personne à découvrir, parfois on en aura marre c'est sûr, mais la plupart du temps on se demandera comment on a pu s'en passer. Et puis de toutes façons, c'est comme ça, elle est déjà un peu là et ce ne sont pas les enfants qui décident d'avoir un petit frère ou une petite soeur, ce sont les parents et tes parents ont pris cette décision et il te faudra l'accepter, même si c'est un peu difficile. Voilà, maintenant bonne nuit, merci de m'avoir parlé, je suis contente que tu aies osé, je suis sûre que tu vas bien dormir avec ce poids en moins, ah ben d'ailleurs dis-donc, tu dors déjà, preuve que tu as bien fait de vider ton sac, bon, moi du coup je suis un peu angoissée (= minée) mais ça forcément tu t'en fiches hein, vu comment tu ronfles, là, mon petit coeur adoré…"

—- 

Puis quelques instants plus tard, dans le lit, alors que l'homme commence à s'endormir – plus je suis insomniaque plus il semble s'évanouir à peine sa tête touche l'oreiller, le gueux, mais ça c'est une autre histoire: "tu sais, je me demande si j'ai très envie finalement d'un autre enfant dans la maison, parce que tu vois, jusque là tous les quatre, c'était bien, alors bon, ça va tout changer…"

Las, l'homme ne connait pas Dolto ou l'a reniée.

Et me renvoie à mes idées sombres d'un coup de cuiller à pot: "Ecoute, c'est un peu tard, pour se dire ça hein. Tard dans la soirée et tard en général. Alors dors et demain ça ira mieux".

Et le lendemain… ça allait mieux. Pour ma fille comme pour moi. L'homme serait-il aussi fort que Dolto malgré les apparences ?

Libre

Elle est libre. Je ne sais pas dans quel état, je me doute que l'enfer vécu durant ces années ne s'effacera pas comme ça. J'imagine qu'après tant de jours plus sombres que les nuits, on reste otage à vie.

Il n'empêche que ce soir, Ingrid Betancourt ne dormira pas sur une paillasse dans la jungle. Bon retour parmi les hommes et femmes libres, Ingrid… 

Edit: A n'en pas douter, certains vont tenter de tirer une quelconque gloire de cette heureuse nouvelle. Mais après tout, peu importe, toujours cette histoire de la fin, des moyens et patin coufin… 

Responsable mais pas coupable

 Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général d'armée Bruno
Cuche, a présenté aujourd'hui, deux jours après la fusillade de
Carcassonne, sa démission au président Nicolas Sarkozy qui l'a
acceptée, indique l'AFP.

Ce geste "très fort", toujours selon
l'agence de presse, est censé montrer qu'un tel désastre doit être
assumé au sommet de la hiérarchie de la grande muette.

Ben oui,
Bruno Cuche, il n'était pas vraiment présent lors de la démonstration
"pour de faux mais finalement un peu pour de vrai" (ça c'est de moi,
pas de l'AFP) de nos valeureux libérateurs d'otages fictifs. Sa
responsabilité est donc surtout symbolique, quoi.

Moi je dis, pourquoi pas. Après tout, être chef c'est ça aussi.

D'ailleurs, personnellement, au moment de la légère boulette de Jérome Kerviel, je n'ai pas trop compris que le big boss de la société géniale ne soit pas déboulonné.

Mais juste… je m'interroge.

C'est qui déjà le chef des armées en France ? Je veux dire, le chef de Bruno Cuche, quoi. Le mec le plus haut placé, tu vois ?

… 

C'est bien ça hein ? Il me semblait bien, en effet…

Donc on est bien d'accord, si on voulait aller jusqu'au bout du raisonnement… faudrait ptêt envisager une autre démission, non ? 

Roh, on peut rêver hein. 

Edit: En tous cas je ne sais pas vous, mais je n'avais jamais vraiment été tentée par ce genre d'occupation dominicale mais maintenant c'est sûr, ce n'est pas demain la veille que je vais aller regarder les paras jouer à la guerre. Encore moins avec mes enfants. 

Edit2: Selon certains – membres de l'armée d'ailleurs – cette démission arriverait de façon très opportune, résultant d'une certaine chasse aux sorcières menée au sein de la grande muette par le sommet de l'Etat. Moi je dis, ce serait tout de même indécent, non, de profiter d'un tel drame pour faire avancer ses pions. Non ? Peux pas y croire, moi. Nan, peux pas.

Cindy à poil ou presque !

Alors, je sais, vous êtes des milliers à vous demander si la pièce
va se poursuivre, où on en est de notre conquête du chaud buznesse, si
Stéphane couche ou pas pour réussir et si oui avec qui. Je SAIS tout ça.

Et je pense qu'il est temps de mettre fin à nombre de rumeurs qui courent sur nous.

Premièrement, oui Stéphane couche. Mais pas avec Dany Boon, malheureusement. Ce qui pourrait éventuellement nous aider pourtant.

Deuxièmement, les Folies Bergères c'est pour bientôt… sûrement. Probablement. Peut-être.

Tout dépend de Dany.

Troisièmement, après six mois passés au Lieu, "Dans la peau d'une grosse" va tirer sa révérence à la fin du mois de juillet.

Pour mieux ressusciter au théâtre Tallia dans le 13ème arrondissement, dans le cadre du festival "Paris au mois d'août", tous les samedi à 17h00 et les mardi à 20h00 du 2 au 30 août.

Enfin, pour ce qui est de la rentrée, pour l'instant difficile d'avoir des certitudes. Même si la pièce a plutôt très bien marché pour un petit spectacle de ce genre sans grands moyens, il reste difficile de s'autoproduire comme nous l'avons fait. Alors wait and see…

Mais en gros, ceusses et celles qui auraient envie de venir ont intérêt à trouver une solution d'ici le mois d'août…

Voilà, quoi qu'il se passe, quelle que soit la suite, cette pièce nous a apporté un bonheur inégalable. Et je tiens à remercier encore une fois tous les lecteurs et lectrices qui sont venus et nous ont encouragés, ainsi que tous ceux qui ont travaillé de près ou de loin sur cette merveilleuse aventure.

Edit: Stéphane a pensé que peut-être, à défaut de choper Dany Boon, un peu de nudité pourrait éventuellement jouer en notre faveur. Dont acte. 

Edit2: Pour en savoir plus sur le festival et la nouvelle salle qu'on aura à partir du 2 août, allez voir du côté du théâtre Tallia . Et en attendant, rendez-vous au Lieu tout le mois de juillet les vendredi et samedi à 20h !