Catégorie : Les régimes

S’affamer

"Un médecin ne peut pas faire maigrir une femme programmée pour être en surpoids autrement qu'en l'affamant". C'est en substance le discours tenu par le psychiatre Apfeldorfer dans le supplément féminin du Journal du Dimanche du week-end dernier. Enfin un médecin qui le dit. Enfin cette vérité, écrite noire sur blanc.

Si la nature – bonne ou mauvaise, peu importe – a décidé que tu serais grosse, rien ne sert de lutter. A moins de signer pour des mois de privation, jamais tu ne sentiras saillir sous tes doigts les os de tes hanches. Il faut faire le deuil de la femme mince que tu ne seras jamais. C'est le prix de ton bonheur. Voilà ce que dit ce psychiatre, dont je vais m'empresser d'acheter le livre.

Bien sûr, si une personne est obèse parce qu'elle souffre de compulsions alimentaires ou que tout simplement elle ignore tout des règles de base d'une alimentation équilibrée, là, le nutritioniste a un rôle à jouer. Mais pour le reste de la population tout simplemenbt dotée d'un capital pondéral plus élevé que la moyenne, c'est perdu d'avance.

Reste que la société ne pardonne pas à ses gros d'exister. On ne juge pas les comportements, on est intraitable sur l'apparence, poursuit le psychiatre. Etre svelte est associé à des qualités telles que le dynamisme, la maitrise de soi. Etre enrobé évoque plutôt la paresse, le manque de volonté, la faiblesse.

Alors que faire ? S'affamer pour trouver une place ? Ou décider que cette place on la prendra, vaille que vaille, envers et contre tout ?

Monde virtuel

Une fois de plus, cette semaine, le "Elle" en remet une couche sur les régimes d'été. Après le "Spécial maillot" d'avril conçu pour nous aider à perdre de 5 à 10 kilos avant le mois d'août et le "Spécial régime express" de juin, sur le mode "session de rattrapage" pour les mauvaises élèves du printemps, voici les conseils de dernière minute: "Comment ne pas grossir en vacances". Autrement dit, comment ne pas reprendre illico les trois pauvres kilos péniblement perdus à grand coup de diurétiques infames et de salades concombres inispides durant les trois mois précédant THE objectif ultime: l'enfilage de maillot et l'exposition publique sur la plage…

 

Et là, j'avoue que nos rédactrices préférées ont fait super fort. Au départ pourtant, l'intention est louable. Qui n'est en effet jamais revenue de vacances les hanches lestées de mozarella ? Pas moi en tous cas. Un petit cours de diététique estivale n'était donc pas pour me déplaire, même si je sais, au fond de moi, que les merguez/pommes de terre tous les midis, ce n'est pas franchement conseillé, pas plus que l'apéro deux fois par jour et encore moins que la glace sur le port à cinq heures. Mais bon, parfois, on fait des erreurs nutritionnelles sans s'en rendre compte, et il n'est pas inutile que notre magasine préféré nous remette sur le droit chemin.

 

Et quel chemin…

 

Vous apprendrez en effet dans ce passionnant article, à choisir entre plusieurs plats, les uns sains, les autres très très pas bien… Ex: millefeuille de légumes au chèvre ou salade niçoise ? Spaghetti alle vongole ou risotto aux cèpes ? Mouclade ou chipirons ? Caillé de brebis + miel ou confiture de cerises noires ?

 

Merci Elle. Enfin des réponses à des questions qui me taraudent depuis des années. Non, c'est vrai, je ne sais pas vous, mais moi, souvent, l'été, quand je rentre de la plage à 13h, quasi dans les vappes en raison d'une chaleur à crever et assourdie par les hurlements de mes enfants affamés, je suis assaillie par un dilemme cornélien: "que faire, là, tout de suite ? Une bouillabaisse ou un tartare de saumon à l'oseille ?". Idem pour le dessert: "soupe glacée au melon ou sorbet maison à la mangue ?"…

 

Non, moi, sérieusement, ce que j'aurais voulu savoir c'est ce qui est le moins mauvais entre la salade de tomates/fêta/huile d'olive, et le melon/jambon de parme/rasade de porto ? Et encore, les grands jours. Parce que sinon, la question qui tue c'est plutôt "taboulé tout prêt ou chips/saucisses" ?

 

Bref, une fois de plus, j'ai la confirmation que le monde des journalistes de féminins est virtuel. On y mange des millefeuille de légumes au chèvre sur le pouce, on passe des heures le matin et le soir avant de se coucher à s'enduire de fluides multiples et variés et à pratiquer des gommages de voute plantaire à l'aide de noyaux d'abricots soigneusement broyés, on vit dans des demeures décorées par les plus grands designers et quand on part en pic-nic, ce n'est jamais sans une nappe griffée, des assiettes de chez Conran shop et de délicieuses petites verrines de coulis glacés à la carotte.

 

Le clou de l'article, ce sont les petits tuyaux pour ne pas s'empiffrer de caouettes à l'apéro. Un conseil en particulier a retenu toute mon attention: "Calez-vous avant l'apéritif avec une pomme – ça, pourquoi pas – et sur place, jetez-vous sur les brochettes melon/kiwi/pastèques…"

 

Un monde parallèle, je vous dis…

Putain d’ADN

La nouvelle m'est tombée dessus ce matin. Un dimanche qui s'annonçait plutôt bien en plus. C'était sans compter ce couperet cruel lu dans "Marie-Claire" : on a tous un poids programmé génétiquement. La bataille contre les bourrelets est perdue d'avance. Programmée pour mesurer 1m60 et peser 70 kilos ? Et bien voilà, c'est comme ça, à prendre ou à laisser. Comme dirait Coluche, on nait tout égaux, sauf que certains le sont plus que d'autres. D'ailleurs, mieux vaut accepter son triste sort, parce que pour info, au cas où vous seriez tentés de lutter contre la nature, sachez que vous avez toutes les chances d'y laisser des plumes tout en prenant du poids…

 

En gros, en cas de régimes à répétition, fatigué de se voir imposer des restrictions, votre si sympatique patrimoine génétique décide d'en remettre une couche et se reprogramme comme un grand, tout seul, sans qu'on ne lui ait rien demandé. Inutile de préciser que ce reformatage se fait toujours dans le même sens et que le poids prédéfini ne fait qu'augmenter…

 

Putain d'ADN…

 

Ce qui m'étonne un peu, c'est que cette théorie – tout à fait crédible à mon sens – est défendue par des médecins qui par ailleurs font fortune en vendant des livres de régime et en se pointant à toutes les émissions du genre "J'ai décidé de maigrir". Et dans ces cas là, ils se gardent bien d'avertir les pauvres filles qui rêvent de perdre les cinq, dix ou quinze kilos qui les empoisonnent que rien n'y fera. Telles des sisyphes modernes, elle passeront leur vie à tenter de déposer en haut d'une montagne leur graisse qui n'en finira pas de leur dégouliner dessus dès qu'elle auront le dos tourné…

Oral de rattrapage pour les grosses

"-3 kilos avant le maillot". C'est la deuxième salve des magasines féminins. Après le "Spécial maigrir" du mois d'avril, il y a une session de rattrapage pour celles qui auraient loupé l'écrit. Donc là, il ne s'agit plus du tout de maigrir "progressivement, en mangeant de tout" – ou presque – mais de littéralement s'affamer pendant les trois semaines qui restent avant le lancement officiel de la saison du maillot…

 

Inutile de vous préciser que la ronde a déjà essayé ce genre de diète musclée. Les kilos finissent bien sûr par s'en aller, pour mieux revenir dès le premier barbecue du mois de juillet ou le deuxième apéro du mois d'août. Vous avez donc une petite chance de commencer l'été allégée et une forte probabilité de le terminer bien engoncée…

 

Le corps se venge toujours, n'oubliez pas…

Yoyo

Au risque de décevoir certaines d'entre vous, non, je n'affiche pas vraiment moins trois kilos au compteur. Pour la simple et bonne raison que les deux kilos envolés lors de mon séjour à la montagne avaient entre-temps été repris… Donc hier, oui, j'avais perdu un kilo. Récupéré dès ce matin.

 

Le yoyo, c'est moi. Je ne fais pas le yoyo, je suis un yoyo.

 

Mais bon, est-ce la douceur du temps, le regard amoureux de mon aimé, les bouilles de mes petits, ou peut-être aussi vos gentilles paroles ? Il se trouve qu'en ce moment, je me moque un peu de mon poids. ça aussi c'est cyclique, remarquez. Et ça reviendra peut-être. Sûrement. Mais en attendant, je profite.

Tous les ans à la même époque

Tous les ans à la même époque, la ronde se sent gonflée à bloc. Cet été, c'est sûr, elle se mettra en maillot sans problème. Et ce pour la bonne raison que dès demain elle va mettre en branle LE plan minceur de l'année, qui cette fois-ci fera ses preuves. C'en sera fini de l'angoisse avant la plage, des cuisses en feu à force de frotter l'une contre l'autre sous les jupes et des chaussures qui la blessent jusqu'au sang tant ses pieds sont gonflés.

 

Elle va se mitonner un régime aux petits oignons mais sans huile, s'occuper de son corps à grand coups de massages et d'onguents amincissants. Elle va également, sans l'aide de personne tellement elle est forte, s'astreindre tous les matins à dix minutes d'abdos fessiers. Les seules tablettes de chocolat dont il sera bientôt question à son sujet seront celles qu'elle arborera sous des tee-shirts moulants à souhait…

 

Bref, cet été sera celui de la renaissance. La ronde ne sera plus que blonde, les hommes tomberont sur son passage, les copines l'envieront et la supplieront de leur donner son secret. Elle prendra plaisir à arpenter les rues ensoleillées, faisant onduler ses hanches et sentant la caresse des robes légères et soyeuses.

 

Mais bien sûr, chaque année, la ronde remet au lendemain son programme infaillible, tant et si bien qu'au premier juillet, elle n'a pas perdu le moindre petit gramme. Les robes fantasmées resteront sur les rayons, le vieux maillot de bain noir couvrant sera ressorti du fond d'un tiroir et les escarpins de ses rêves dormiront dans leur boite encore scellée. L'été sera une succession de petites vexations et humiliations et la ronde sera bien la seule à attendre secrètement les premiers frimats.

 

Pourtant, dès le mois de mai prochain, l'espoir utopique renaîtra de ses cendres, encore plus fort et plus insensé. Peut-être est-il vital, d'ailleurs. Peut-être que le jour où la ronde cessera de rêver à cet avenir meilleur, elle en perdra le goût de vivre ?

Demain

 

Demain je fais du sport
Demain je jette les tablettes de chocolat qu'il me reste
Demain je bois enfin 2 litres d'eau par jour
Demain je ne mange rien
Demain je reprends rendez-vous avec ma nutritionniste
Demain je descend à l'arrêt de bus avant celui du boulot et je marche
Demain j'emmène mon vélo chez le réparateur pourqu'il change ce pneu crevé depuis un an
Demain j'achète du beurre allégé
Demain j'arrête le beurre
Demain je pense à serrer les fesses cinq minutes toutes les heures même si ça me donne un air constipé
Demain j'entre dans un magasin et j'essaie un pantalon
Demain je me pèse sans trafiquer la balance avant
Demain je fais cuire des tonnes de légumes que je congèlerai pour en avoir toute la semaine
Demain je ne sucre pas mon café
Demain je jette le vrai sucre et j'achète du faux

 

Demain… ah, non, demain en fait ça ne va pas être possible de commencer demain, c'est le goûter d'anniversaire des enfants, ils ne comprendraient pas que je ne goûte pas à leur gâteau. Et puis un gâteau sans chocolat et à l'aspartam, c'est pire qu'une punition, non ?

 

Après-demain, alors…

A y’est, les spécial maigrir sont dans les kiosques !

 

Je m'emportais récemment contre les "Spécial maigrir", et bien ça y'est, la cuvée 2006 est arrivée. Et le dossier du "Elle", franchement, s'apparente plus à un recueil de bonnes blagues qu'à autre chose…

Jugez plutôt: une des riches idées de cette année consiste par exemple à élaborer un pot au feu "façon fondue". En gros, il faut passer une bonne heure à préparer un bouillon, agrémenté d'épices style "anis étoilée" qu'on n'a jamais dans nos placards, puis de couper très finement comme pour un carpacio des tranches de boeuf que nous nous "amuserons" à tremper dans le bouillon, comme pour une fondue burguignonne… A quand la fondue savoyarde au tofu ?

 

A part ça, des conseils psycho pour ces filles "rondes" qui préfèrent "étouffer dans un 36 plutôt que d'admettre qu'elle font finalement un bon 38". Retenez-moi ou je fais un malheur…

 

Nouveauté tout de même, cette année, "Elle" a décidé de la jouer "M6" et va suivre trois nanas dans leur quête de minceur. Sur les trois, seule une à mon humble avis a réèllement besoin de perdre du poids, mais bon, passons. Les conseils des "coach" (ah, les coachs…) sont assez truculents, lorsqu'ils expliquent que ces femmes – toutes actives et avc enfants à priori – devront se remettre "doucement" au sport, à raison de cinq ou six séances hebdomaires… Oh, ben ça va alors… Question: la rédaction  de "Elle" prend-elle en charge le salaire des ces malheureuses ? Non parce que six séances de sport dans la semaine, plus des petites plaisanteries telles que la "délicieuse fondu de pot au feu", c'est une nouvelle fois du régime à plein temps…

 

J'y reviendrai je pense, n'ayant pas la publication sous les yeux, je ne me souviens pas de toutes les perles. Vous me direz: pourquoi acheter ces journaux ?

 

Oui, pourquoi ? POURQUOI ?!!!! Comme le chanterait Brigitte Fontaine, "Parce que je suis conne" !

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