Catégorie : Nouvelles

Memories…

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Et donc contre toute attente, sur un malentendu probablement, le candidat PS n’a pas pris la raclée escomptée lors de la législative partielle dans le Doubs. Un dénouement tellement improbable qu’on sent d’ailleurs qu’aucun éléphant n’avait préparé de discours de victoire, ils ont l’air tous assez emmerdés, comme s’ils avaient dans leur besace un blabla sur le fait qu’après tout le Doubs, c’est pas la France, mais rien sur l’éventualité que la gauche soit en train de regagner du terrain. Une chose me semble à peu près certaine en revanche, ils s’apprêtaient tous à appeler au front républicain, probablement à contrecœur, mais pour l’instant, le PS s’est toujours tenu à la même ligne consistant à barrer la route au FN.

L’UMP en revanche a besoin de réfléchir. Ils sont pas sûrs les gars. Enfin, si en fait, ça sera ni – ni.

Personnellement, c’est dans des moments comme ceux là que mes convictions de gauche se voient renforcées. C’est aussi dans ces moments là que je me surprends à trembler à l’éventualité d’un second tour des présidentielles qui opposerait Le Pen à un candidat socialiste. Parce qu’il semble de plus en plus avéré que ce que 80% des électeurs ont fait sans l’ombre d’une hésitation en 2002, à savoir glisser un bulletin estampillé Chirac dans l’urne, ne relève absolument pas de l’évidence pour les ténors de l’UMP. Et comment vous dire… ça me fait bien mal.

Voilà, à part ça, hier je relisais des textes écrits il y a quelque temps et je suis tombée sur cette présentation que j’avais faite de moi lors de l’atelier d’écriture auquel j’avais participé. Je me suis dit que ça pouvait être amusant de vous la montrer. L’idée était donc de brosser son autoportrait, de se raconter en partant d’un épisode fondateur ou non, en inventant un peu, éventuellement. Tout n’est pas absolument vrai dans ces quelques lignes, mais tout n’est pas faux non plus. C’est un peu maladroit et je me souviens qu’il avait fallu le lire à voix haute, j’étais tétanisée. En lire plus »

Futur antérieur

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Je l’ai mis sur Instagram mais je ne résiste pas à l’envie de le poster ici aussi. Je mets tout le temps en valeur les dessins de la chérie et parle beaucoup de Rose, mais mon machin m’étonne lui aussi de jour en jour. Ci-dessus le début d’une nouvelle écrite pour l’école, si vous êtes sages et que vous en avez envie, je vous donnerai la suite et fin bientôt ! Je pars dans quelques heures pour deux jours en bord de mer avec quatre copines mais avant cela il faut que je boucle un dossier qui vous n’en doutez pas est d’une urgence absolue (je vous raconterai, en ce moment en plus du reste je rédige des brochures de produits de beauté d’une grande marque. Je sens le tuto make-up arriver à grand pas. Pourvu que je ne me réveille pas un de ces quatre matins avec les sourcils au plafond…)

bon we…

Edit: il n’est pas exclu que j’instagrame quelques uns de mes exploits thalasso du week-end, donc n’hésitez pas à checker mon compte si le coeur vous en dit !

Sally (fin)

Bon et bien voilà la fin… Merci pour votre lecture, c'est étrange, alors que ce n'est que pure fiction, j'ai l'impression de me livrer beaucoup plus en vous soumettant ce texte que lorsque je vous raconte ma vie. Peut-être parce qu'il s'agit là de ma "première fois", ma première tentative de mettre en mots une histoire. Et l'avoir relue me confirme qu'il est long le chemin de la perfection !!!

 

– "Anna ?". Sally ne peut réprimer un mouvement de surprise.

 

– "Oui ?", lui répond la femme.

 

-"Non… rien c'est juste que ma m…, non, rien, pardon, je suis juste un peu dans les vappes, je suis vraiment désolée, ça va aller, j'arrive dans cinq minutes".

 

-"Ok, miss, prends ton temps. Je te tutoie, hein, après tout on a presque le même âge, enfin, pas tout à fait, mais je n'arrive pas à te vouvoyer. Tu as quoi, 18 ans ?"

 

-"17 et demi", répond Anna dans un souffle.

 

-"Et moi 24 ! tu vois, on pourrait être soeurs !"

 

En guise de réponse, Sally hoche la tête timidement. Petit à petit, les pièces du puzzle semblent trouver leur place dans son cerveau embrumé. Cette voix, ce prénom… Oui, ça pourrait coller. Les cheveux sont bruns, sans une once de gris, mais ils sont raides comme ceux de… Et cette petite tache, là, près de l'oeil… Instinctivement, Sally porte la main à son visage, comme pour vérifier que son grain de beauté à elle est toujours à sa place. La petite protubérence roule sous son doigt, exacte réplique de celle de la jeune femme en face d'elle.

 

Sally sent la boule au creux de son ventre peser à nouveau. Cette femme, là, si souriante, si ostensiblement sûre d'elle et accueillante, serait donc… sa mère ? Sa mère, il y a, quoi… 20 ans ? Un peu moins peut-être… "C'est un rêve, c'est un rêve", se répète-t-elle intérieurement. La voix d'Anna la sort de sa torpeur. "Bon, allez, lève-toi, j'ai de la limonade au frais, et un reste de cake. Je vais te requinquer".

 

"Après tout, même si c'est un rêve, il n'est pas pire qu'un autre", se dit Sally, en se redressant. Et si finalement c'était l'occasion d'en apprendre un peu plus sur celle qui sera sa mère dans quelques années ? En arrivant dans la cuisine, elle reconnait le petit poste de radio. La cassette tourne, et la musique des Beach Boys emplit la pièce.

 

"She should be with me, It could set her free
Come with me, Be with me, A part of me"

 

-"ça va, la musique n'est pas trop forte ?", lui demande Anna.

 

-"Non, non, pas de problème, j'aime bien ces vieux groupes"

 

– "Hey dis-donc, la miss, tu es un peu à la masse, non ? Les Beach Boys, un vieux groupe ? Tu rigoles ! ça vient presque de sortir ! Dis… tu ne prendrais pas un peu trop de marie-jeanne, toi ?"

 

"Merde", s'engueule Sally intérieurement. "Encore une gaffe comme celle-là, et je suis direct expédiée dans les années 90, avec une mère neurasthénique, qui ne connait pour seule Marie-Jeanne que sa vieille cousine…".

 

– "Heu, oui, bien sûr, c'est… c'est cette chaleur, ça ne me réussit pas".

 

En lui parlant, Sally ne peut détacher son regard d'Anna. Celle-ci s'affaire, ouvrant et fermant les placards bruyamment, sortant les verres, la limonade et le cake. Ses pieds suivent la cadence du nouveau morceau des garçons de la plage. Sur la table, un cendrier garde les vestiges d'une cigarette pas très académique.

 

Que s'est-il passé, s'interroge Sally. Comment une fille aussi cool a pu devenir la femme rigide et coincée avec laquelle elle partage ses jours et ses nuits depuis 17 ans ? De toutes façons, cette histoire n'a ni queue ni tête. C'est un délire de pauvre fille paumée qui passe ses mercredis entre la télé, le frigo et son lit.

 

Elle est à nouveau interrompue dans ses pensées par Anna. "C'est mon fiancé qui m'a offert cette cassette. Je l'adore. Mon fiancé, je veux dire. La cassette aussi d'ailleurs ! On va se marier, bientôt. Dès qu'il aura terminé l'école normale. Il veut être professeur. Je te raconte un peu ma vie, là, hein ? Faut dire que toi, tu n'es décidément pas très loquace, alors que moi… c'est tout le contraire", pouffe-t-elle tout en coupant une part de cake. "Tiens ma grande, mange un peu. ça te fera du bien" et, joignant le geste à la parole, elle lui tend l'assiette pendant que son autre main vient se poser sur l'épaule de Sally.

 

L'adolescente frémit à ce contact. Son ventre semble d'un coup se dénouer, comme si la boule qui l'occupait se transformait soudain en une nuée de papillons. Elle voudrait ne plus jamais bouger, rester là, sous la paume d'Anna, dans cette cuisine qui sent l'herbe et le cake, avec le bruit du ventilateur qui se mèle aux voix des Beach Boys.

 

Mais la sonnette de la porte met fin à cet instant parfait.

 

"C'est la journée des visites imprévues", s'exclame Anna. Elle se dirige vers le hall d'entrée, quand Sally, prise d'une peur sourde tente de l'arrêter: "Anna, peut-être que tu ne devrais pas ouvr.."

 

Trop tard, sa mère a déjà tourné la poignée, et la porte s'entrouvre brusquement.

 

"Patrick ? Qu'est-ce que tu fais là ? Je t'ai déjà dit de ne plus venir ici. C'est terminé, tu comprends ?". Sally entend la voix d'Anna monter dans les aigüs. L'adolescente se précipite dans le vestibule.

 

Sally ne voit d'abord qu'une chaussure noire bloquant le battant, puis un homme, échevelé, le visage déformé par la colère. "Laisse moi entrer Anna. Lache cette porte, putain". La jeune femme tente de résister, mais l'homme donne un coup d'épaule sur le chambranle et finit par entrer. Anna trébuche et recule aussitôt. "Patrick, regarde toi, tu es dans un de ces états. Va-t-en, sinon j'appelle la police."

 

L'homme s'emporte. "Tu ne vas appeler personne, espèce de garce. Tu vas faire exactement ce que je te demande. Tu crois que tu peux te débarrasser de moi, hein ?". Puis, plus doux: "Je t'aime, moi, Anna, tu comprends ? J'en peux plus de ne plus te voir. Allez, viens là, viens contre moi, je t'en prie…".

 

"Arrête, Patrick, c'est fini, je te dis. J'aime quelqu'un d'autre", soupire Anna.

 

Sally est comme pétrifiée. Elle voudrait intervenir, mais elle reste plantée, à regarder cet homme manifestement ivre. La peur gagne Anna qui semble soudain toute petite.

 

"Je ne suis pas seule ici, Patrick. Va-t-en. Pour la dernière fois, va-t-en ou mon amie appelle la police".

 

"Ton amie ? Elle, là, cette gosse ? J'en ai rien à faire de cette gamine. Elle a pas intérêt à bouger. Tu m'entends, toi ?". Sally se terre contre le mur. L'homme attrape le bras d'Anna et le lui tord. Il l'attire violemment vers elle et tente de l'embrasser. Anna se met à crier. Sally ferme les yeux, elle veut repartir, loin, fuir cette scène atroce. Mais les cris de la jeune femme lui vrillent la tête. Son corps lui fait mal, comme si les mains de l'homme la frappaient elle. A chaque gémissement d'Anna, c'est un coup de couteau qu'on lui enfonce. Le bruit d'une robe qu'on déchire finit par la sortir de cet état d'hébétude. Elle bondit dans la cuisine et s'empare du couteau posé près du cake. L'homme qui lui tourne le dos ne la voit pas se jeter sur lui.

 

Elle le frappe une fois, entre les omoplates. Il se retourne et la regarde, comme étonné, presque calme, la bouche tordue de douleur. Puis il s'affaisse, lentement, en ne la quittant pas des yeux. Sally non plus ne peut lacher ces prunelles noires, se noyant peu à peu dans leurs ténèbres.

 

Subitement, elle comprend ce qu'elle vient d'interrompre.

 

Ses doigts, comme privés de leur force, lachent le couteau qui tombe, étrangement, presque sans bruit. Sally ne sent plus ses mains. Elle entend, au loin, les remerciements d'Anna étouffés par les sanglots. Puis tout devient de plus en plus flou. Le sourire de sa mère, la main sur son épaule, le transistor…

 

I can hear music, I can hear music
The sound of the city baby seems to disappear
I can hear music, Sweet sweet music
Whenever you touch me baby, Whenever you're near

 

Bercée par la voix des Beach boys, Sally s'efface.

 

Le silence se fait. Sally n'est plus.

 

Fin…

Sally (3)

Troisième épisode… Je m'aperçois qu'en réalité, la nouvelle est longue, alors je vous la livre au compte goutte, histoire de ne pas vous lasser…

 

Edit: Mouna, je ne sais pas si tu te souviens de ce texte. Je l'ai un peu modifié bien sûr, mais tout de même je tiens à le dire, C'EST DE LA PURE FICTION…

 

"Je dois dormir, se dit Sally. Ou alors, peut-être que je dois arrêter de me toucher comme ça, c'est peut-être vrai que ce qu'on dit, ce n'est pas normal. J'ai dû y aller un peu fort et maintenant, je ne sais plus où j'en suis."

 

Elle ferme les yeux puis les ouvre à nouveau, espérant que dans le laps de temps sa bonne vieille chambre sera à nouveau là. Mais non, la tapisserie orange et vert tout droit sortie d'une série américaine des années 70 n'est pas la sienne. Et ce ventilateur qui tourne bruyamment… On dirait un modèle d'il y a vingt ans. Pourtant, il est flambant neuf. Elle s'apprête à se lever pour regarder par la fenêtre, quand la porte s'ouvre. Une jeune femme entre, l'air un peu inquiet.

 

"Vous vous sentez mieux ? On peut dire que vous m'avez fait une de ces frayeurs ! Je n'avais jamais vu quelqu'un tomber dans les pommes comme ça. Vous êtes encore drôlement pale. Tenez, je vous ai apporté un verre d'eau".

 

"Que… qu'est-ce que.." De mieux en mieux. Que fait cette femme chez elle ? Ou plutôt, que fait Sally chez cette femme ? Si c'est un rêve, et C'EST un rêve, il ne peut en être autrement, il est tout de même très réèl… La jeune fille prend malgré tout le verre que son hôtesse lui tend. Pas de doute, l'eau fraiche n'est pas imaginaire. Et lui fait un bien fou. Il faut dire que l'air est moite, et que malgré le ventilateur, cette pièce est une véritable étuve.

 

"Vous ne savez plus trop où vous êtes, n'est-ce pas ?", continue la jeune femme. "Vous avez sonné il y a quelques instants, vous vouliez me vendre une encyclopédie, enfin je pense, vous m'avez tendu votre prospectus et puis vous êtes devenue toute blanche. J'ai tout juste réussi à vous retenir alors que vous tombiez et je vous ai trainée tant bien que mal sur mon lit. C'est sûrement une réaction à la chaleur. On bat des records cette année. Je ne pense pas que ce soit très grave, le temps d'aller à la cuisine vous chercher un peu d'eau et vous vous êtes réveillée".

 

Sally ne répond rien, de plus en plus sceptique sur son état mental. Elle se promet intérieurement de ne plus jamais se livrer à ses jeux coupables. En même temps, une telle douceur se dégage de la propriétaire des lieux qu'elle n'arrive pas vraiment à avoir peur.

 

"Et bien dites-donc, vous n'êtes pas bavarde, hein ? Reposez-vous encore un peu si vous voulez. Prenez votre temps. De toutes façons, ce n'est pas humain de travailler par cette température. Les encyclopédies attendront ! Moi même, je devais aller à la bibliothèque faire des recherches, mais je n'ai pas eu le courage. Alors vous voyez, pas de panique. Je vous laisse reprendre vos esprits"

 

La jeune femme s'apprête à ressortir, puis semble hésiter. Elle se retourne et lui demande dans un sourire: "C'est drôle, vous êtes sur mon lit et je ne connais même pas votre nom !"

 

"Je… je m'appelle Sally"

 

"Enchantée, Sally. Quel joli nom… Moi c'est Anna".

Sally (2)

Allez, chose promise, chose dûe, voici la suite, la fin arrivera demain…

Après tout, d'ailleurs, pourquoi ne pas s'accorder ce petit plaisir, là, maintenant ? ça la fera peut-être tenir jusqu'à 16h, sacro-sainte heure du goûter. A ce moment là, elle aura « le droit » de manger. Au moins un morceau de pain. Avec un fruit. Enfin, n'importe quoi.

 

Avant de se glisser sous ses draps, Sally va chercher la radio dans la chambre de sa mère. Un peu de musique pour rendre l'instant moins cruellement et pathétiquement solitaire… C'est la seule « fantaisie » de sa mère, ce poste. Le soir, avant de dormir, elle écoute les infos, les écouteurs sur les oreilles pour « ne pas déranger ». Si elle savait ! Sally préfèrerait la radio à plein tube plutôt que ce silence. En ouvrant le tiroir de la table de nuit maternelle pour y trouver le casque, son regard est attiré par une cassette audio visiblement vieille de quelques années, mais dont la bande usée indique une écoute régulière. Sur la tranche, il est écrit : « Pour Anna ». Anna… pour un peu Sally aurait oublié le nom de sa mère. Intriguée, Sally prend l'objet et emmène le tout dans sa chambre. Alors comme ça, sa "Anna" écouterait de la musique…

 

Elle branche l'appareil et un vieil air des Beach boys emplit la pièce, une musique si loin de sa mère que Sally en sourit. Les notes de musique un peu suranées l'apaisent instantanément. Elle s'allonge sur son lit, laissant sa main prend le chemin maintes fois exploré, allant et venant doucement, au rythme de la mélopée californienne. L'orgasme ne tarde pas à la saisir, violent et explosif. Après de longues secondes de jouissance, elle reste immobile, à demi-consciente, secouée par instants de spasmes, comme autant de répliques d'un séisme à l'intensité inespérée.

 

Quand elle rouvre les yeux, la musique lui semble étouffée, comme si elle ne venait plus de la chambre. Elle se redresse et ne voit plus le petit poste. Ce n'est pas la seule chose étrange. Le papier peint des murs qui l'entourent a changé. Et pour cause, le lit sur lequel elle est étendue n'est pas le sien. Et cette chambre non plus…

 

A suivre…

Sally

Certains d'entre vous m'ont demandé la nouvelle intitulée Sally. Comme je n'ai pas de temps aujourd'hui pour poster, je me dis que ça pourrait vous faire plaisir que je vous la mette en ligne. Je précise que cette nouvelle avait été écrite sur mon ancien blog et est inspirée d'un texte que j'avais écrit en 1ère et qui d'ailleurs avait truamatisé ma mère. On la comprend. Les enfants sont formidables, me dis-je aujourd'hui…

 

Voici donc le premier épisode, et si cela vous intéresse, je fais comme la dernière fois, je vous indique où lire la suite…

 

(petite précision: l'image n'a pas grand chose à voir et en même temps si, je crois. Et puis j'aime MissTic qui se trouve être ma voisine ou presque…)

      

Dix fois que Sally entre dans la cuisine et ressort. Il est 15 heures et la faim la tenaille. Enfin la faim… Plutôt l'envie de manger. Comme tous les mercredis après-midi, l'ennui et l'oisiveté aidant, Sally n'a que ça en tête. Jusque là, elle a résisté. Pour combien de temps ? Elle peut déjà sentir le carré de chocolat convoité fondre dans sa bouche et le jus sucré couler dans sa gorge. Le bien-être qui s'empare alors d'elle est indescritptible. L'espace d'un instant, plus de bruit, plus de peur. Elle s'oublie et devient elle-même ce chocolat en fusion. Lorsque sa salive redevient fade et sans saveur, le charme d'interrompt. Et la descente est aussi dûre que l'extase était bonne. La culpabilité s'immisce, pernicieuse et vicieuse, dans chaque parcelle de son corps. Une seule façon de la chasser: reprendre un autre carré.

 

      Mais aujourd'hui, Sally voudrait arrêter ça. Faire autre chose. Faire quelque chose. Oublier cette boule qui pèse au creux de son ventre. Elle a dix-sept ans et elle pourrait en avoir 80 tant elle n'attend rien des années à venir. Si seulement tout pouvait être moins gris, si seulement elles n'étaient pas que deux dans cet appartement. Elle, et sa mère. Sa mère sans sourire.

 

      Sally se sent aimée, ça oui, bien sûr. En tous cas, elle n'a jamais manqué de rien. Sa mère a toujours été là. Elle l'a probablement cajolée petite, l'a soignée lorsqu'elle était malade, peut-être bercée les nuits d'insomnie. Enfin, c'est ce que Sally veut absolument croire. Parce que depuis qu'elle est en âge de se souvenir, sa mère est surtout triste. Le bruit la dérange, la musique la heurte. Il y a une raideur en elle que Sally n'a jamais pu expliquer. Sur un plan strictement matériel, c'est une bonne mère. Pour le reste… Surtout, depuis que Sally a eu ses règles, que ses seins ont poussé et qu'elle quitte petit à petit le monde de l'enfance, la réserve de sa mère s'est transformée en une distance gênée. Pas question de parler de choses intimes. Encore moins des garçons. Et forcément, toute conversation ayant trait de près ou de loin au sexe est à bannir. Tabou, défense d'entrer.

 

      Pourtant, Sally, le sexe, elle y pense. Autant qu'aux sucreries. C'est dire. Du matin au soir, du soir au matin. Elle rêve des garçons, ceux de sa classe qui ne la regardent pas, ceux des séries télé dont elle s'abreuve à ses heures perdues. Elle s'invente des histoires dans lesquelles les hommes se meurent d'amour pour elle. Depuis peu, elle a également appris comment se procurer le plaisir que ces amants imaginaires ne lui donnent malheureusement pas. Au début, elle se masturbait le soir, pour s'endormir. Et puis ensuite, elle l'a fait plus souvent, dès que la boule commence à serrer trop fort ses entrailles.

 

      Un soir, sa mère est entrée sans prévenir dans sa chambre. Elle était sur son lit, tellement concentrée sur cette vague qui montait, qu'il lui a fallu quelques secondes pour réaliser qu'elle n'était plus seule. Sa mère s'est figée, la regardant avec un dégoût auquel se mélait une telle douleur que Sally fut tétanisée d'effroi. Sans un mot, elle a tourné les talons , refermé la porte et n'a plus jamais évoqué la chose. Depuis, les silences sont encore plus étouffants. Ce qui n'empêche pas Sally de passer des heures à se carresser. Pendant ce temps là au moins, elle ne pense pas à manger.

 

A suivre…

Pilules (1)

Alors voilà le début. Si ça vous plait, j'enverrai la suite dans la journée. C'est un truc sans prétention hein, et écrit il y a longtemps. Surtout c'était une tentative de fiction et je m'étais rendue compte à ce moment là que la fiction, e bien ce n'est pas du gâteau…

 

A me relire je réalise aussi que j'ai évolué dans ma façon d'écrire…

 

Elle a reçu son petit paquet banalisé par la poste. Une semaine qu'elle guettait son courrier. Pas un mot n'accompagnait la boîte en carton enveloppée de papier kraft. A l'intérieur, un flacon transparent sans étiquette, rempli lui même d'une centaine de pilules bleues.

 

Fébrile et impatiente, elle a retiré le couvercle en plastique et s'est empressée d'avaler deux gélules. Cette fois-ci, ça allait marcher. Sans aucun doute. Elle s'est ensuite installée devant son ordinateur et s'est connectée sur sa liste de discussion préférée des "Baleines sexy". Après avoir passé en revue les derniers commentaires postés, elle a tapé avec frénésie un message bardé de smileys:

 

"ça y'est les filles, j'ai reçu les magic pilules. J'en ai déjà avalé deux. Combien puis-je en prendre par jour ? A votre avis, les premiers kilos perdus c'est pour quand ? Aujourd'hui en tous cas, je commence une nouvelle vie. Tous les jours je viendrai vous donner mon poids. Je commence de suite: 95 kilos au compteur. Vivement les 90… Je vous embrasse, mes baleines adorées !

 

SarahLove, 18 ans, en début de traitement."

à suivre…

Pilules (6)

Discussion des baleines sexy.

 

Lily: "Bonjour, est-ce que quelqu'un a des nouvelles de SarahLove ? Depuis son dernier message, plus rien. Je m'inquiète."

 

Malula: "Non, rien non plus, et ça fait trois semaines. Je suis inquiète aussi, elle n'est jamais restée aussi longtemps sans poster"

 

Chloé: "Quelqu'un a son numéro ?"

 

Lily: "Non, tu sais, on a toujours communiqué sur le forum. Je ne sais même pas dans quelle ville elle habite. Le plus con c'est que je voulais lui demander le contact pour ses pilules magiques. Tant pis, en même temps, en deux mots sur google tu trouves tout ce que tu veux !"

 

FIN

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