Catégorie : Pensées en vrac

Bridget es-tu là ?

Vendredi dernier fut une drôle de journée. Au sens propre du terme. C’est amusant comme parfois la vie se charge de te rappeler qui tu es vraiment. Depuis des mois, je me suis en effet glissée de mon plein gré dans la peau de cette femme très consciencieuse et sérieuse se démenant pour (se) prouver qu’elle est capable de mener à bien un travail scénaristique d’une ampleur pour elle inédite. Avec tout ce que ça implique pour quelqu’un comme moi, qui 1) manquera toujours de confiance en soi et 2) a une tendance naturelle au dilettantisme. Attention, je ne me suis pas « forcée » à travailler comme un chien et cette fougue m’a apporté pas mal de satisfaction, parce qu’elle m’a prouvé que lorsque je m’y mets à 200%, en effet, ça paye. Pas à tous les coups, au bout de dizaines de versions et sans aucune garantie du résultat final, mais ça, j’ai fini par comprendre que c’était l’essence même du boulot de scénariste. En lire plus »

Le Discours et autres emmerdements domestiques

Je crois que nous venons d’entrer dans une phase assez pénible que nous connaissons tous un jour ou l’autre. Je parle de cette série noire électro-ménagère. Lorsque les appareils de la maison te lâchent les uns après les autres, avec une sorte d’accélération comparable à celle des meurtres d’un serial killer, quand ce dernier ne peut plus résister à ses pulsions.

Sauf que forcément, ça serait plus drôle si ça avait commencé par le sèche-cheveux. Mais non, celle qui nous a claqué dans les doigts en premier, il y a deux jours de cela, c’est la chaudière. Très très sympa. Plus de chauffage et plus d’eau chaude. Pile poil au moment où les températures deviennent enfin hivernales. On vit donc à cinq dans la douche du bas, la seule dotée d’un sèche serviettes électrique. Et on regarde le thermomètre perdre deux degrés par jour, avec une sensation d’impuissance assez désagréable. La bonne nouvelle, c’est que c’est réparable. La mauvaise, c’est qu’il faut faire venir la pièce détachée et qu’elle arrivera… mercredi. Cinq jours encore à se les geler, à jouer les bonzes quand il s’agit de passer sous la douche glacée (« j’ai réussi à séparer mon corps de mon esprit », m’a déclaré le churros après s’être lavé hier) (j’y aurais cru s’il n’avait pas eu le teint bleuté des gens en hypothermie). Cinq jours à s’habiller comme des oignons, à puer le rat mouillé (dans une vieille maison, qui dit pas de chauffage, dit humidité) et à s’inventer qu’allumer des bougies peut éventuellement nous faire gagner deux degrés.  En lire plus »

Hier encore, j’avais vingt ans…

Il y a quelques jours, j’avais rendez-vous avec deux productrices dans une rue d’un des arrondissements les plus chics de Paris, entre l’Arc de Triomphe et le Cercle des Armées de Saint-Augustin. De ces endroits que je ne fréquente absolument jamais mais qui pourtant furent, à une époque, le théâtre de ma vie quotidienne. Le hasard a voulu en effet que le bureau de ces productrices se situe exactement en face de la chambre de bonne dans laquelle j’ai vécu deux ans, peut-être un peu moins, alors que je commençais ma première expérience professionnelle à Paris. Je sortais tout juste d’un épisode que je ne qualifiais pas encore de dépression (le gros mot par excellence à cette époque) mais qui m’avait laissée exsangue (enfin, j’aurais bien aimé, mais non, j’avais surtout repris tous les kilos perdus l’année précédente). Convaincue surtout d’avoir été terrassée par une mononucléose (généralement c’est ce qu’on dit aux jeunes femmes qui ont un gros coup de mou à la vingtaine) et qu’avec le temps, les angoisses s’en iraient. Elles se sont d’ailleurs un peu tues, pour rejaillir deux décennies plus tard, nourries et vivifiées par les tonnes de déni que je leur avais donné à manger.  En lire plus »

Transitions

Je discutais récemment avec Géraldine Dormoy lors d’un déjeuner ô combien agréable, de mon rapport actuel au blog, de mon assiduité très relative. Je lui racontais que depuis quelque temps, il m’arrivait quelque chose d’assez inédit dans cette histoire qui dure depuis bientôt 13 ans: la peur de ne plus être très intéressante. Oui, on pourra m’objecter qu’il était temps de réaliser que mes petits problèmes existentiels n’avaient jamais eu une portée universelle. Mais ça que voulez-vous, quand on est dotée d’un narcissisme à tout épreuve, ça prend quelques années.

Plus sérieusement, je n’arrive pas tellement à mettre les mots sur ce que je veux exprimer, mais je me sens un peu comme ces enfants qui n’ont jamais eu de problèmes de timidité et qui soudain, vers l’âge de 10 ans, font la connaissance d’un truc absolument abominable: la gêne. Comme s’ils prenaient conscience d’eux-mêmes et que ça les bridait. En lire plus »

Dix choses sans lesquelles la vie serait quand même moins marrante.

Il y a quelque temps j’avais dressé en storie sur Instagram la liste des choses que si elles n’existaient pas, la vie serait quand même moins marrante. Je ne me souviens plus exactement de ma liste, mais il y a des jours comme ça où pour tout un tas de raisons c’est assez revigorant pour moi de me rappeler que ces choses sont là, à portée de main. Je vous donne mon top dix, n’hésitez pas à me donner le vôtre, ça nourrit cette besace de doudous virtuels. En lire plus »

Deux ou trois choses en passant…

Un petit passage express avant de me plonger dans la lecture quasi finale de quatre épisodes de la série sur laquelle je travaille, pour y traquer les fautes, les incohérences et tout ce qui par la suite pourrait nous revenir dans la figure tel un boomerang, en mode « mais ils les ont trouvés où les scénaristes ? ». Travail un peu ingrat, mais passage obligé avant les séances de lectures comédiens, sans doute ce que j’attends avec le plus d’impatience, cet instant magique ou douloureux, c’est selon, où nos mots sont joués. Le moment de vérité pour certaines lignes de dialogues qui soudain perdront de leur verve ou au contraire prendront leur envol.

Bref, juste pour vous dire, en vrac et pas dans l’ordre, que : En lire plus »

On peut se tromper…

C’est ce que je me disais récemment en observant ma grande se concentrer près de 11h par jour sur ses cours de biologie cellulaire, anatomie ou encore histologie. Oui, on peut se tromper parce que l’année dernière, au terme d’un été qui l’avait laissée exsangue, la terminale S avait commencé laborieusement. Pas tant en terme de notes – même si les maths et la physique n’étaient pas ses matières fortes – mais surtout, moralement parlant. Anxiété au max avant les contrôles, difficulté à gérer le stress, conviction chevillée au corps qu’elle n’y arriverait jamais, et j’en passe. Tant et si bien que plusieurs fois, je me suis surprise à exprimer mes doutes quant à cette orientation en PACES (première année de médecine) qu’elle semblait pourtant de plus en plus certaine de choisir. « Tu es sûre que tu veux faire médecine ? » ; « Tu es au courant que ce sera dix fois plus de travail, dix fois plus de stress et dix fois plus de sélection à la clé ? » ; « Si tu ne parviens pas à te calmer avant une interrogation de physique, es-tu certaine que la PACES est faite pour toi ? ». En lire plus »

Deux jours à Fuveau

Au départ, je dois l’avouer, j’avais un peu peur. Peur de ne pas être à ma place, de n’avoir personne à qui parler, d’être toute seule derrière ma table tout le week-end. Sans compter que le lundi matin c’était la rentrée et que je me trainais une bonne pelletée de culpabilité de ne pas passer ces deux derniers jours de vacances avec ma petite dernière.

Et puis j’y suis quand même allée, parce que je sais d’expérience que souvent, ces choses qui me font peur, quand je trouve un peu le courage de les affronter, elles me procurent pas mal de plaisir. Mon quelqu’un disait, plus que de la volonté, il faut de l’élan. Samedi quand le réveil a sonné, l’élan, il avait plutôt la taille d’un faon. Mais malgré tout, j’ai mis mes affaires dans un tote bag et je suis partie gare de Lyon avec un peu de caca dans les yeux.

Et sur le quai, il y avait Héloïse, notre fée clochette à nous les auteurs de ma maison d’édition, qui m’attendait avec un café tout chaud. C’est con, mais à partir de ce moment là, c’était parti, j’ai senti que ça se passerait crème. (café, crème, je suis en forme) (la compagnie d’écrivains durant deux jours sans doute). En lire plus »

I will survive

Je suis désolée, j’ai disparu plus d’une semaine, mais voyez-vous j’avais une coupe du monde à jouer. A regarder, ok. Sachant qu’il faut me voir devant les matchs pour comprendre que certes je n’avale pas des kilomètres comme Ngolo Kante, mais que je mouille la chemise malgré tout, tant je me transforme en une espèce de doublure d’Hugo Lloris pendant 90 minutes. Je sais, je sais, je sais, du pain et des jeux, et pendant ce temps là en Russie, et Macron qui en profite pour ramasser les miettes sans avoir même à se baisser. Je SAIS tout ça, les millions gagnés par ces gamins, les arnaques de la FIFA, les pots de vin du Qatar et j’en passe. Je SAIS, mais je n’y peux rien, j’ai en moi cet héritage de footeuse, le souvenir de mon père en apoplexie en regardant le pauvre Battiston à terre, mis KO par Schumacher, les bancs de Gerland depuis lesquels je regardais les joueurs de l’OL à l’entrainement avec une copine encore plus fan que moi, et puis évidemment, 98, finale vue depuis un écran géant à Chiang Mai, en Thaïlande.  En lire plus »

Un après midi chez Gibert…

Samedi, par une belle journée ensoleillée, je me suis rendue chez Gibert pour vous rencontrer. Pour une fois je savais exactement quoi mettre, ma combinaison à fleurs déjà montrée ici. Mais bien évidemment, comme jamais rien ne se déroule exactement comme prévu, la minuscule pression qui tenait tout l’édifice du décolleté s’est barrée. Rafistolage express avec deux petites épingles à nourrice et direction Place Saint-Michel, les seins passablement à l’air au moindre mouvement (je pense sincèrement avoir offert une vue imprenable sur un soutien-gorge même pas joli pendant tout l’après-midi, à moins que ça ne se soit vraiment détérioré qu’une fois dans le métro au retour, mais j’en doute). Bref, un accident voyageur plus tard et un Uber pris en catastrophe, me voilà sur ma petite table pile en face de l’escalator, en mode dame pipi de la librairie (j’ai pas mal indiqué la sortie aux touristes égarés). En lire plus »