Catégorie : Pensées en vrac

Xavier Jugelé, un policier et un homme aimé

Je me demande si ce n’est pas ce qu’on « gardera », à l’arrivée, de ce quinquennat. Ces quelques minutes où soudain il n’y avait plus de place que pour la dignité, la souffrance et l’amour. Je sais bien qu’on ne devrait même pas le noter, mais cet homme qui s’exprime ici, tout en douleur et retenue, était le conjoint d’un policier. Il a pu parler devant tous ces officiels, ces hommes en uniformes, ces représentants de partis politiques qui n’ont pas tous voté en faveur du mariage pour tous. Il a eu des mots dont seuls ceux ayant perdu leur âme soeur peuvent saisir la portée et la tristesse.

Xavier Jugelé était un représentant de l’ordre, il aimait le cinéma, Céline Dion et Britney Spears et vivait avec Etienne Cardiles. Il est mort en mission, sous les balles d’un fou, qui pensait servir je ne sais quel dieu.  En lire plus »

Un billet (presque pas) politique

J’ai lu tous vos commentaires sur le post d’hier. J’aurais aimé répondre à tous, mais je n’en ai pas eu le temps et je me méfie de mes mots qui pourraient être mal interprêtés tant le sujet me tient à coeur. Mais je vous remercie pour votre mesure, votre enthousiasme, pour vos encouragements concernant ces billets, d’autant plus lorsque ces encouragements viennent de personnes qui ne partagent pas mes positions. J’aime la contradiction, j’aime le débat, j’aime VRAIMENT ne pas être d’accord. Souvent, après ces échanges, les lignes bougent aussi pour moi. Je comprends que l’on n’ait pas envie d’aller voter Macron quand on épouse les idées de Mélenchon et qu’on a tant espéré qu’elles gagnent. Je ne suis sans doute pas assez « à gauche » pour penser que la finance et le libéralisme sont tout aussi dangereux que le fascisme. Et je sais qu’il existe des argumentaires construits qui pourraient me convaincre, qu’après tout le capitalisme a engendré l’esclavage, encourage le travail des enfants en Inde ou ailleurs, etc.

Je crois qu’à un moment, il s’agit tout simplement de convictions, de choix idéologiques. J’ai CHOISI, je pense, d’avoir davantage peur du totalitarisme que du capitalisme. Et cela fait peut-être de moi une social traitre. Mais je ne parviens pas à faire mienne cette théorie selon laquelle voter Macron ne ferait que reculer l’avènement inéluctable de Le Pen en 2022 et que par conséquent, autant qu’elle arrive tout de suite. Comme je le disais sur Twitter, cela revient pour moi à dire que puisqu’on va tous mourir, autant se flinguer dans la foulée. En lire plus »

Présidentielle de comptoir #6

Bon, je vous le dis officiellement, ceci sera mon dernier « Présidentielle de comptoir ». Premièrement parce que tout cela touche à sa fin et deuxièmement parce que même si les débats sous ces billets sont d’une exceptionnelle qualité, j’ai tout de même reçu quelques messages assez violents (par mail ou FB notamment) qui finissent par me lasser un peu. Je comprendrais si je m’étais transformée en militante « En Marche » acharnée, mais ça n’est pas le cas (je n’ai jamais appartenu à un parti et je n’en ai pas l’intention). Mais concluons tout de même, parce que l’heure est grave, je crois.

Hier, j’ai vécu comme vous tous j’imagine, une journée d’une longueur insoutenable. Comme me le faisait remarquer un ami, c’était « comme une finale des Bleus au mondial ». Avec cette envie que ça arrive, mêlée d’une angoisse que, justement, « ça » arrive. A ceci près qu’une victoire des Bleus peut me mettre en transe, alors que je savais déjà qu’une victoire de celui pour lequel j’avais voté ne me transporterait pas outre mesure. En lire plus »

Présidentielle de comptoir #5

A quelques jours du premier tour, voici mon état d’esprit. J’ai hésité à vous livrer à nouveau une chronique politique, parce que je me doute bien que l’excitation et la nervosité du premier tour obligent, je risque de tendre un bâton pour me faire battre. Mais après tout, peu m’importe, manifestement je n’ai pas besoin de parler politique pour m’attirer quelques foudres, alors autant y aller.

Je sais pour qui je vais voter. Je m’étais promis de ne pas dévoiler mon choix, sans doute parce que mon vote ne sera pas, cette fois-ci, un vote de conviction totale. Mais ici j’ai toujours été assez transparente sur mes opinions (euphémisme) et ce serait assez hypocrite de vous cacher ce que j’ai de toutes façons déjà plus ou moins insinué à plusieurs reprises.  En lire plus »

Pierre qui roule…

Je sais que je commence à avoir un besoin criant de vacances quand je me mets à me cogner partout, voire à me casser la figure. Je suis en effet cette personne qui tombe, souvent. De préférence dans des escaliers. Ma dernière chute m’a d’ailleurs laissé de véritables séquelles, je vous déconseille de vous casser le cul ou, plus scientifiquement parlant, le sacrum. C’est la voie royale pour un toucher rectal pour tout un tas de joyeusetés, comme des sciatiques à répétition, des douleurs lombaires, voire, (vous saurez tout) une sorte d’engourdissement de la salle des fêtes quand je reste assise trop longtemps sur une chaise. La première fois j’ai quand même eu super peur. Parce que j’avais déjà eu des fourmis dans les jambes, mais ne plus sentir son abricot alors qu’on est pas en train d’accoucher sous péridurale, c’est chelou.

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Free lance: les dix points forts et les dix points faibles

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Ce week-end, je discutais avec un ami qui me racontait la énième aberration qu’il avait vécue dans son boulot. Le genre de décision dont on sait qu’elle sera remise en question dans un an ou deux, pour revenir au point de départ, avec comme dommages collatéraux la démotivation certaine d’une bonne partie des « collaborateurs » (le mot de droite pour ne pas dire « salariés »). Je compatissais et en moi même, je me disais qu’en dépit de tout un tas de choses parfois pénibles qu’implique la vie de free-lance, j’étais désormais certaine que je ne pourrais plus jamais retravailler en entreprise. A quelques semaines du 6ème anniversaire de ma vie d’indépendante, j’ai eu envie de lister les principaux avantages mais aussi, parce que rien n’est jamais tout noir ou tout blanc (il y a beaucoup de gris, aussi). En lire plus »

Imperceptibles changements

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Ce matin, avant d’écrire ce billet, je me suis dit, « tiens, si je faisais ma pute à clics et que je parlais de Kim Kardashian ? » Mais comme toujours quand je m’apprête à rédiger, j’ai commencé par le faire dans ma tête. Et la vérité, c’est que je n’avais quand même pas grand chose d’intelligent à dire sur la question. Or l’idée bien sûr, c’était de faire ma pute à clics sans en avoir l’air, en faisant mine de DÉCRYPTER le phénomène médiatique qui a soudain fait perdre les pédales à nos chaines d’info préférées. Mais non, rien, si ce n’est que, je l’avoue, je ne pensais pas qu’on pouvait réellement se balader avec 10 millions de bijoux sur le dos. Pour le reste, c’est une histoire d’agression, même si la victime est pour moi ce qu’il existe de plus grotesque en matière de célébrité, ça ne me donne pas vraiment envie d’en rire, ça reste une agression.

Bref, je ne vais donc – presque pas – vous parler de KK. Mais alors de quoi ? J’ai bien quelques bribes d’idées, un quasi up & down, mais pas non plus tellement envie aujourd’hui. Or ces derniers temps, je m’aperçois que j’ai tendance à davantage les écouter, ces envies et non envies. A ne plus les étouffer sous le poids de ma culpabilité et de mon sens des obligations. A ne plus trop non plus m’en défausser par de fausses excuses, dont j’ai fini par épuiser le réservoir. En lire plus »

Joue la comme Pivot (et moi et moi et moi)

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Je suis retombée hier par hasard sur le questionnaire de Pivot, celui qu’il soumettait à ses invités d’Apostrophe (et soudain un mythe s’effondre, cette femme a en réalité 75 ans). Pas du tout ! Je n’étais qu’une enfant (un foetus en réalité) lorsque l’émission préférée de mes parents passait sur Antenne 2 (il parait que France 2 s’appelait ainsi à l’époque mais je ne m’en souviens pas), mais j’adorais ce moment là (j’étais précoce). Plus sérieusement, j’adorais et je crois pouvoir avouer que je m’imaginais un jour sur l’un de ces fauteuils en train de répondre moi aussi à Bernard. Je crains que pour Bernard ce soit un peu mort, mais le blog a ceci de merveilleux qu’il permet à tout un chacun de s’interviewer soi même. Alors comme il s’avère en plus que je n’ai AUCUNE idée de billet aujourd’hui, je me suis dit que j’allais m’y essayer. Et si ça vous amuse, vous pouvez aussi vous lancer… En lire plus »

Blanche parle toute seule

Blanche Gardin

(Copyright William Maingueneau)

Salut. Petit passage express, pour vous recommander très chaudement d’aller voir Blanche Gardin si elle passe par chez vous. Je crains hélas que pour Paris ce soit complet désormais mais elle va tourner dans l’hexagone il me semble (je vous mets là les dates qui sont déjà programmées).

Blanche Gardin, la première fois que j’ai entendu parler d’elle, c’est lorsque j’ai commencé à écrire pour Parents Mode d’Emploi parce que c’est avec elle que Béatrice Fournera a créé la série. On s’est croisées, rapidement, dans un ou deux cafés, je l’ai vue dans « 20 ans d’écart » (Patrick, la photographe, c’est elle) et dans Working Girl. Et puis donc, je suis allée la voir avec ma copine Zaz à La Nouvelle Seine, une péniche qui mouille à l’ombre de Notre Dame (hin hin). On avait eu l’excellente idée auparavant de nous siffler un litre de margharita au El Sol y La Luna, que nous avons épongé avec des quesadillas au poulet et guacamole. Parfait pour un spectacle dans un BATEAU. En lire plus »

La thérapie, deux ans après

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« Et comment on sait que c’est fini », j’ai demandé incidemment à mon quelqu’un la dernière fois. L’air de ne pas y toucher, j’ai rajouté, « je parle en général, bien sûr », espérant secrètement qu’elle me réponde que pour les autres elle ne pouvait pas dire mais que moi j’étais désormais au top avec ma psyché, merci au revoir et bravo pour tout.

Au lieu de quoi elle a glissé que c’était en fonction de chacun mais que souvent, on avait envie d’arrêter quand on sentait qu’on ouvrait une porte et qu’on avait peur de ce qu’on allait y trouver. Et là, franchement, je crois qu’elle ne parlait pas « en général ».

Bref, je continue à aller voir mon quelqu’un toutes les semaines depuis désormais deux ans. On me demande parfois ce que ça m’apporte, si c’est « efficace », si ce n’est pas trop chiant à la longue. J’aurais tendance à répondre respectivement « je ne sais pas », « plutôt » et « ça dépend ». En lire plus »

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