Confinement d’une hypocondriaque- J25

Autant vous dire que j’ai écrit J25 mais ça pourrait être J32 ou J18, je ne compte définitivement plus. Je suis désolée pour l’interruption de ce journal, la semaine dernière je n’étais pas assez en forme pour être en verve. Outre le fait que j’ai très probablement contracté le Covid19 pour la 6ème fois – un peu de fièvre (oui, 37,8 c’est de la fièvre), des frissons, des courbatures et une sensation de souffle court – (il est probable que si le corona se manifestait par un panari ou une crise d’hémorroïdes, j’en aurais également à mon actif, call me the Queen of the somatisation), j’avoue avoir eu l’impression que tout cela ne menait à rien, qu’il n’y avait plus d’avenir et qu’on n’en sortirait pas indemnes. A quoi bon dans ces conditions venir vous faire part de ces pensées un brin pessimistes alors que vous êtes sans doute exactement comme moi, en train de lutter contre les baisses de moral ? Je vous le demande.

Certes c’est exactement finalement ce que je suis en train de faire, mais vous noterez que j’ai l’élégance de parler à l’imparfait (après tout, ce qui a eu lieu il y a un quart d’heure appartient déjà au passé). Plus sérieusement, pour être très honnête, je ne gère pas très bien tout ça. Et je me sens d’autant plus indécente que je fais partie des plus privilégiés, vivant un confinement trois étoiles (je réserve les 4 étoiles à tous ceux dotés d’une résidence proche de la mer même si les plages sont fermées (le bruit de mon lave vaisselle m’a arraché quelques larmes hier parce qu’il m’évoquait celui des vagues donc laissez moi tranquille) et/ou dotée d’une piscine. Mais l’existence de notre mini jardin et le fait de pouvoir confiner chacun des membres de ma famille dans une pièce dédiée est en soi une donnée qui devrait m’interdire de geindre. Ayant encore du travail – ce qui est également précieux – je devrais donc me contenter de la boucler.

MAIS. Mais il y a donc l’angoisse qui ne se commande pas et qui revient, sournoisement, lorsqu’on ne l’attend plus. A la faveur d’une alerte sur mon téléphone, d’un mot chopé à la volée, d’une accélération de mon coeur – « ça y’est je pars » – , d’une rougeur inexpliquée – « dis aux enfants que je les aimais, les discours pour leurs mariages sont dans le tiroir de ma table de nuit » – de la perspective d’un énième discours présidentiel qui ne nous apprendra rien de plus que nous ne savons déjà => on est pas prêts de (s’en) sortir. L’angoisse, donc, mais aussi cette interdiction qui nous est faite de facto de nous projeter. Qu’il s’agisse de l’été prochain (bye bye Kea…), de la rentrée de septembre, de la prochaine fois où je serrerai mes parents dans mes bras, de cette fête pour les 29 ans du churros qui n’aura pas lieu, des échéances à venir pour mes enfants, concours, année à valider, 6ème à terminer… Plus rien n’est certain, comme si un énorme panneau « n’essaie même pas d’y penser » était apposé sur tout ce qui concerne « Après ». Encore une fois, ce sont des problèmes de riches, je n’ai pas peur de ne pas avoir suffisamment à manger à la fin du mois (même si je dois avouer une quête de farine qui frise l’obsession) et théoriquement, ni le churros ni moi ne devrions perdre notre activité professionnelle (touche du bois quand même). Mais la psyché, la mienne en tous cas, ne survit que dans la projection. Enlevez lui les lendemain qui possiblement chanteront et elle se flétrit comme une vieille pomme. Alors bien sûr, cette épreuve m’oblige à raisonner au présent. Bien sûr, dans les bons moments, je me concentre sur les boutons de mes pivoines qui semblent me préparer une jolie surprise alors qu’elles ont refusé de fleurir l’année dernière. Bien sûr, je n’ai jamais autant savouré la chaleur d’un rayon de soleil, volé à l’heure de la sieste sur mon lit, enveloppée par le parfum doucereux et délicieusement entêtant d’une glycine insolemment belle cette année. Mais cela ne dure pas. Mon imagination, condition sine qua non de mon travail, a tendance à me faire de jolis bras d’honneur, se contentant de turbiner uniquement pour me prédire le pire. A quoi bon inventer des histoires quand la réalité est plus surprenante que n’importe quelle fiction ? Combien de temps vas-tu, pauvre femme, continuer à imiter les musiciens du Titanic, écrivant tes intrigues alors que le monde s’effondre ? Pourquoi persister à mettre des soutiens-gorges ? (bon, celle là mon cerveau ne me la pose plus, j’ai assez rapidement mis au rebut cet accessoire assez surfait, d’autant que je ne vois pas vraiment comment mes seins pourraient tomber plus bas).

Bref, tout ça pour vous dire que c’est un peu comme tout. Au départ, le côté un peu exceptionnel de tout ça, l’aspect presque fédérateur de ce confinement collectif, avait comme un goût d’inattendu, d’excitant même. On était en train de vivre tous ensemble quelque chose d’exceptionnel, dont on se souviendrait sûrement en souriant, presque nostalgiques, plus tard. On raconterait à nos petits enfants ces semaines pendant lesquelles les oeufs étaient devenus plus précieux que de l’or. On se souviendrait de ces journées ensemble, de la furie du monde qui s’était arrêtée.

Seulement voilà, ça dure. Et puis la vérité, c’est qu’il n’y a rien d’excitant à compter les morts. Que les applaudissements à la fenêtre à 20h, qui les premières fois faisaient monter les larmes d’émotion, sont devenus presque automatiques. Ah oui, il est 20h, clap clap clap, qu’est-ce qu’on fait à bouffer du coup ? La peur tenace des premiers jours cède à une angoisse plus diffuse, les calculs savants effectués en début de confinement – si l’incubation est de 15 jours, que ma fille est contagieuse durant trois semaines, est-ce qu’au 18 mai je peux me considérer comme sauvée ? – laissent place à une vague résignation (faites que je l’attrape et qu’on en finisse, putain).

Je sens que je vous fais vraiment plaisir là, hein. Bien m’en a pris en ce lundi pascal, de venir toquer à votre ordi, histoire de vous communiquer ma bonne humeur, non ? Rassurez-vous, j’ai quelques petites choses amusantes à vous dire pour clôre cet interminable billet.

– Ma couronne continue de se faire la malle, régulièrement, mais je suis passée maitre en recollage du bordel. Je refuse de me résigner à la mettre dans une petite boite, mais il n’est pas exclu qu’un de ces quatre je finisse vraiment par l’avaler. Ou comment risquer un jour de pondre une merde à 2000 euros.

– Rose s’est assise sur ses lunettes et les a cassées. Je ne sais pas par quel miracle, moi et mes deux mains gauches avons réussi à les réparer avec du fil de fer dont on fait les colliers. Je crois que c’est le truc le plus gratifiant qu’il m’est arrivé depuis au moins quatre semaines.

– J’ai fait une méditation en live sur Instagram. Mais quand on nous a demandé d’imaginer que des racines poussaient de nos pieds jusqu’au centre de la terre, ça m’a évoqué des racines de verrues plantaires. Depuis j’ai développé une phobie de mes pieds. J’ai malgré tout persisté et j’ai chanté en yaourt tout un tas de mantras, avec l’énergie du désespoir. Je ne peux pas dire que ça ne m’a pas fait du bien mais je ne peux pas vraiment dire le contraire non plus. En revanche depuis, ce qui est certain, c’est que ma famille se fait pas mal de souci pour moi.

– Non seulement je ne mets plus de soutifs mais mes culottes aussi doivent penser que je suis décédée.

– Je continue à faire attention à ne pas m’empiffrer, mais la perspective de passer l’été confinée ne m’aide pas des masses à persévérer. Heureusement qu’il y a BFM pour me rappeler tous les jours que l’obésité est un facteur aggravant du Covid. On ne va pas se mentir, la seule chose qui me fait tenir c’est m’imaginer le réanimateur dire à son équipe que non, celle là elle est trop grosse, on l’intube pas.

– Peu d’études scientifiques ont échappé à mon radar et malheureusement je suis tombée sur celle parlant des effets probablement protecteurs de la nicotine. Je suis à deux doigts d’imposer le vapotage à ma fille de 11 ans.

– Désormais à peu près certaine de devoir passer l’été à Paris, j’ai fait un benchmarking assez poussé des piscines hors sol. Mais j’hésite encore entre les tubulaires et celles avec une structure en bois. N’hésitez pas à me donner un avis circonstancié. Ayant un cèdre au beau milieu du jardin qui transforme chaque été le terrain en matelas d’épines, j’envisage de la monter devant ma cuisine, à côté des poubelles et du compost. Certes ça ne sera pas bucolique mais comme me l’a dit très justement une amie tout à l’heure, à 45° après deux mois de confinement, le bucolique on se le foutra au cul. Et ça sera moins loin du frigo. (je parle de la piscine, pas de mon cul) (qui n’est jamais très loin du frigo non plus, cela dit).

En réalité je me trompais tout à l’heure. La psyché trouve toujours un moyen de se projeter. Et là, donc, ce qui me fait tenir, c’est la perspective d’une bière bien fraiche dans une piscine autoportée adossée au composteur d’un côté et à la poubelle verte de l’autre. Ma foi, y’a pire non ?

Portez-vous bien…

76 comments sur “Confinement d’une hypocondriaque- J25”

  1. lara a dit…

    Ahhhhhhh, çà fait du bien de te retrouver! Parce que vu qu’on était sans nouvelles, le pire était possible, je veux dire une tendinite, voire une luxation des doigts… Je suis rassurée!!! Et le moral est un peu comme celui de tout le monde, tout va bien, dans notre confinement de privilégiés tant que l’on ne pense pas à l’avenir. Ou alors avec du rhum… c’est bien le rhum!!!!

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    • Carole nipette a dit…

      Ah mince j’ai loupé l’étude sur la nicotine… je me retiens de fumer juste une cigarette (fumeuse très très occasionnelle je suis) depuis 2 mois par peur de fragiliser mes poumons et donc d’attraper le covid… je ne sais pas si je dois te remercier du coup

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  2. Cm a dit…

    Merci pour cet article toujours aussi croustillant ! Je suis rassurée de ne pas être la seule à avoir besoin de se projeter ! Bon courage pour le mois qui s’annonce qui me semble qu’on va passer encore confinés…

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  3. Magali a dit…

    MERCI pour le rire, malgré le contexte et malgré l’angoisse…vraiment, merci.
    Dans son incroyable livre Croire aux fauves (ce qu’elle y raconte est vraiment assez incroyable), que je te recommande chaudement, Nastassja Martin dit que « l’humour est un remède imparable dans les situations extrêmes : il aide à survivre ». Elle, elle s’en sert pour de sortir des pentes d’un volcan au fin fond de la Russie… mais je crois que c’est valable en toute circonstance. Bravo et merci du coup 🙂 Forza, aussi.

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  4. Joelle a dit…

    J 3973&20 oui effectivement on perd le compte et ça semble sans fin !!
    Ça fait du bien qu’on n’est pas seule dans ses angoisses et j’avoue que pour moi la 3eme semaine a été une espèce de petite galère !
    Alors que les 2 premières semaines je faisais des cours de yoga, de la méditation, un peu de cardio et bien sur le télétravail, du jour au lendemain, je ne voulais plus que me rouler en boule sur mon canapé et attendre que ça passe… tout en guettant le moindre petit risque de symptôme. Une chose est sure, quand on basculera du côté de l’espoir ça ira mieux. En attendant … je vais méditer

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  5. Szc a dit…

    Je vous lis depuis plusieurs mois. Sans jamais réagir. Votre absence ces derniers mois m’a manqué. Vous avez une très belle plume. Ayant des enfants dans la tranche d’âge des votres, j adore vos billets, me retrouvant souvent dans vos états d’âme. C’est toujours avec un sourire que vous lis, j’adore votre style, la façon dont vous rédigez. Bref, c était juste pour vous dire, continuez, ça fait du bien. Merci

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  6. Karine G-Ly a dit…

    Aaah merciiiiii pour cette chute hilarante.
    Pour le reste aussi d’ailleurs. OK la tendance n’est pas à la légèreté, OK l’humeur est à la fois tendue et angoissée mais l’humour-parfois noir-nous sauve régulièrement.

    Et c’est fondamental de conserver cela. Cette faculté de trouver de l’humour au cœur des pires situations. Et tu es particulièrement douée pour ça même si on lit bien la détresse au-delà des mots.

    Il y a quelques années (6 ans demain jour pour jour) mon bébé de 7 mois s’est retrouvé aux urgences pédiatriques, puis en soins intensifs, puis en réanimation pediatrique pour ce qui s’est révélé être un syndrome du bébé secoué. Outre l’inquiétude pour lui, nous avons dû faire face à la suspicion des équipes, avant que l’enquête pénale n’incrimine son assistante maternelle (on attend une date de procès) (et il va bien. Des séquelles mais il va bien).
    Au plus fort de cette période cauchemardesque et tres étrange où nous vivions confinés -tiens donc !- à l’hôpital, dans une notion du temps parfois très élastique, entre inquiétude, sidération et déni d’envisager le pire on a gardé un humour parfois très trash. Je me souviens avoir laissé échapper d’abord un « il est complètement secoué », puis un fou-rire absolument pas nerveux tout en me disant que si l’équipe m’avait entendu dire ça ils m’auraient immédiatement dénoncée au Procureur comme auteure probable.

    Je crois que c’est ça qui nous sauve, nous les humains, en toutes circonstances. D’une part cette défense qu’est la sidération de ne pas trop savoir où on va ni comment envisager la suite et d’autre part la capacité à en rire.
    Merci pour ça et s’teuplait continue à nous partager tes mots qui rendent cette réalité plus facile.

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  7. Céline a dit…

    Merci Caroline.
    Cela fait du bien de se sentir moins seule dans ses angoisses.
    Je suis profession libérale, ce qui rajoute à l’angoisse (aucune aide de l’Etat). C’est vrai que nous sommes privilégiés, notamment par rapport aux pays en voie de développement, mais c’est dur quand même quand le scénario noir tourne dans la tête…

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  8. Corinne a dit…

    Je me permet de répondre à votre question sur la piscine, ce n’est bien sûr que ma propre expérience. Avantage de la piscine tubulaire : elle est démontable facilement à la fin de la saison, contrairement à celle en bois (Qui implique de mettre des produits chimiques pour la mettre hors gel et récupérer la couleur limpide de l’eau à la prochaine saison avec (encore) des produits chimiques ….)
    Perso j’ai donc opté pour la tubulaire ( après avoir fait quelque années avec la hors sol à boudin à bannir avec un chat), je la traite avec les pastilles toute la saison et l’hiver elle retourne dans sa boîte à la cave…. et pour éviter le sol plus ou moins abîmé ( elle est posée sur une terrasse en pierre très abîmées), je met une bâche et des tapis bleu de piscine ( genre tapis de gym). 3 enfants de 12 à 7 ans, elle est bien utilisée pendant l’été …
    Prendre la plus grande que vous pouvez ( elle sera de toute façon quand même trop petite … 😉 )
    Have fun jusqu’au 11 mai ;))

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  9. Tatiana a dit…

    Il n’y a aucune honte à se plaindre ou à en avoir marre même si on est pas dans la pire situation de confinement qui existe. Tu as conscience que oui, il y a pire que toi, et c’est déjà ça. Mais c’est une situation exceptionnelle que nous vivons et qui n’est facile pour personne, vraiment évidemment que tu as le droit d’en avoir marre, surtout que tu gardes les pieds sur Terre quand même (mais pas jusqu’aux racines hein :p).
    Bon courage à tout le monde !

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  10. Nathaly a dit…

    Merci de m’avoir fait rire ! Team piscine en bois ici, je trouvais ça plus joli…. mais si ça doit être entre le composteur et la poubelle, finalement, prends la moins chère !

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  11. Dom a dit…

    Merci pour le rire, ça valait le coup d’attendre.. 11 mai ( croisons les doigts) c’est plus facile quand on a une date. Et qu’est ce que c’est qu’un mois??? Dommage que ce soit le printemps avec soleil et chaleur quand on habite au bord de la mer et qu’on ne peut s’en approcher. Mais il y a pire. Porte toi bien!

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    • Mona a dit…

      Ah ça c’est drôle parce que figure toi qu’en regardant mes pivoines tout à l’heure, qui elles n’ont pas encore de boutons, je me disais que l’annee Dernière la chaleur les avait euthanasiées et qu’en j’esperai qu’il en fut autrement cette année
      . Voilà. Commentaire inutile mais j’aime bien les connexions (en dehors de celles déjà établies comme l’hypocondrie, un imc trop haut, 3 enfants, un quelqu’ un Indispensable etc etc).

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  12. Elizabeth Mahé a dit…

    C’est fou cette poisse sur les lunettes en plein confinement ! J’en porte depuis mes 10 ans ( j’en ai presque 60 ans) et JAMAIS je ne me suis assise dessus… sauf hier…
    Prenez soin de vous et merci pour cette tranche d’humour, on se sent moins seule du coup.

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  13. Karoll a dit…

    Soulagée de voir que tu es toujours de ce monde et en pleine forme physique et psychologique (pardon !!!). Fais gaffe à ta couronne quand même… Quant à l’idée de la piscine, elle me paraît excellente, et quelle bénédiction (en particulier en ce moment) d’avoir une maison avec jardin en région parisienne. Il n’y a plus qu’à espérer que l’été soit ensoleillé sur Paris, ce que je te souhaite (mais peut-être moins aux Parisiens confinés dans des appartements minuscules du coup, je pense beaucoup à eux et à tous ceux qui manquent cruellement de confort actuellement). Je t’envoie un peu d’iode et de cris de mouettes puisque j’ai la grande chance de vivre près de Guérande, en bord de mer (que je ne vois quasiment plus, sauf lorsque je vais chercher mes courses au Drive chaque semaine). Et à moi aussi fouler le sable ou aller bouquiner sur la plage manque terriblement. Espérons que nous apprécierons doublement les petits bonheurs simples quand nous serons sortis de ce tunnel (personnellement je me suis découvert une passion nouvelle… pour les pâquerettes qui poussent sur ma pelouse, qui l’eut cru ?) A très vite par ici, STP, tu es la seule à me faire rire autant !

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  14. Anne a dit…

    Ah, c’est malin, la vision des racines de verrues plantaires ! Comment je vais faire, maintenant, pour ne pas y penser quand je ferai mes méditations ? Vraiment, Caroline, je ne te remercie pas ! 😀

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  15. Pastelle a dit…

    Merci Caro.
    Pour celles qui manquent de mots, c’est toujours bon de les trouver ailleurs, même « pas en verve », même tristes. Ce qu’il ne sont pas d’ailleurs. Je commençais à m’inquiéter.
    Et merci pour la photo de ta star, qui définitivement me donne le sourire.

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  16. marie-kikou a dit…

    Caroline je t’aime ! J’ai tellement rigolé ce soir en te lisant. Merci pour ton talent magnifique de raconter si bien en faisant rire

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  17. MaNou a dit…

    De Jiji trônant avec une certaine désinvolture dans son fauteuil à toi dans ta piscine près de la poubelle, Fou rire irrésistible !
    Merci Caro

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  18. Dragon d’eau a dit…

    Jiji semble en tous cas vivre le confinement dans la plus grande angoisse…
    Courage, pour vous et les collégiens/ Etudiants. et oui, penser au cadeau qu’on se fera après, ça aide…

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  19. Fanchon a dit…

    Ton propos est très drôle et il exprime avec beaucoup de vérité ce que nous ressentons pour la plupart . Mélange de fatalisme , de , je ne me laisse pas aller , ou , et puis crotte au point où on en est , on va y arriver , oui mais quand ? A la saint glinglin ou la saint cucufa? Nos pensées , nos émotions , nos peurs , nos doutes , nos peines se bousculent , se chevauchent pour engendrer par moments des scénarios délirants ! On s’en souviendra de 2020 et ses joyeusetés.
    Merci chère Caro pour ce partage de moments compliqués que tu dépeints avec tant de talent et d’ humour . Tu es géniale et c’est un bonheur de te retrouver.
    Bon courage. Plein de bises

    On pense très fort à celles et ceux qui vivent des drames et pour qui cette saleté de virus a emporté à jamais et rien de temps des êtres chers .

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  20. Jane B. Root a dit…

    Le discours : « …routiers, livreurs, manutentionnaires, caissiers, éboueurs …  » On va pouvoir rajouter une colonne « métiers de pauvres » au jeu des « Catégories » … ça va occuper les enfants.

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  21. Smouik a dit…

    Sinon, en termes de mentalisation, j’ai un truc bien plus efficace. Tu te sers un Mojito, tu fermes les yeux et tu le dégustes sur ta musique d’été préférée en visualisant ta plage de Kea. Si ça marche pas, c’est pas grave, t’es suffisamment bourrée à la fin de l’exercice pour t’en foutre complètement…

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  22. Lavieacinq a dit…

    Super billet!! Incroyable comment tu arrives à mettre des mots sur des problèmes. J’ai du mal avec l’instant présent et me projète aussi beaucoup dans le futur. Ça m’aide à tenir quand j’ai du mal! Là, c’est compliqué ….. Et je trouve aussi qu’on a des problème de riches…. Confinement trois étoiles pour nous aussi…..Bref…. Pas vraiment la joie (même si j’ai pas du tout envie de reprendre mon boulot un jour)…. Il est bien ton billet!!!

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  23. Natali a dit…

    CAroline,
    une étude canadienne a mis en évidence qu’au bout d’un an sans soutien gorge la poitrinne remonte en menne d’un centimètre. A la maison je n’en porte plus du tout, et si j’en avais deux je le ferai aussi à l’extérieur, on se sent tellement libérée 🙂

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  24. L'IGEENNE a dit…

    Ahlalala, Caroline ! Je viens de lire ton billet au lendemain d’un anniversaire, qui s’est transformé en véritable crise d’angoisse géante. Et je suis quelque part soulagée, de ne pas être la seule à souffrir de ne pas pouvoir me projeter. Et en même temps à battre ma coulpe en me disant que, franchement, je n’avais pas le droit de me plaindre dans mon 90 m2 à deux.
    Etre tiraillée entre cette culpabilité constante et cette angoisse sourde est en soi, épuisant. Surtout, lorsqu’on en dort plus la nuit. Bref … Ton billet, toujours si bien écrit, même si il est empreint de morosité, reste toujours drôle et surtout, ne me parle rien qu’à moi aujourd’hui, et ça, ça fait un bien fou. Alors merci.

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  25. ma a dit…

    Je suis infirmière .Les applaudissements de 20h me pèsent…Je ne me sens pas du tout héroïne ou quoi que ce soit du même type.Je fais mon travail parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse et c’est tout.J’y vais la boule au ventre ,habillée de bric et de broc et j’ai pas envie qu’on m’applaudisse…
    (Sinon ça fait très plaisir de vous lire de nouveau)

    Répondre
    • tallulah06 a dit…

      c’est vrai que l’hypocondrie atteint des sommets en ce moment, je pense avoir eu le virus au moins deux fois parce que j’ai aussi 37.6 et des courbatures (!) et mon mec et moi on se regarde au moindre éternuement suspect.
      Après on ne peut pas dire que je vis mal le confinement, une maison avec des arbres dans le sud de la france et le salaire qui sera payé , je serais bien mal-aisée de me plaindre.
      Je vais juste profiter de l’heure de liberté pour aller marcher parce que j’ai tendance à me confiner avec Netflix et ma masse musculaire que j’avais pas bien développée à la base est en train de fondre complètement…

      Répondre
  26. tallulah06 a dit…

    c’est vrai que l’hypocondrie atteint des sommets en ce moment, je pense avoir eu le virus au moins deux fois parce que j’ai aussi 37.6 et des courbatures (!) et mon mec et moi on se regarde au moindre éternuement suspect.
    Après on ne peut pas dire que je vis mal le confinement, une maison avec des arbres dans le sud de la france et le salaire qui sera payé , je serais bien mal-aisée de me plaindre.
    Je vais juste profiter de l’heure de liberté pour aller marcher parce que j’ai tendance à me confiner avec Netflix et ma masse musculaire que j’avais pas bien développée à la base est en train de fondre complètement…

    Répondre
  27. HeLN a dit…

    Caro j’aime tellement te lire, tes propos sont justes, merci.

    Je ne sais pas si tu connais la romancière Cécile Coulon ?

    Elle a écrit ce superbe poème que je te partage, je pense qu’il te touchera :

    « TE DEMANDER

    Je voudrais te demander
    ce que cela fait,
    quand on a connu la guerre,
    le manque d’argent,
    les quatre enfants à élever
    avec un seul salaire.
    Je voudrais te demander
    ce que cela fait
    quand on a traversé
    ces évènements à la manière
    d’un cheval extrêmement
    concentré sur son propre
    chemin.
    Maintenant que tu as presque un siècle
    d’âge,
    presque un siècle de vie,
    presque cent années empilées
    sur ce corps de campagne,
    Presque un siècle entre la Corrèze,
    Etampes et le Sancy.

    Je voudrais te demander
    si c’était comme cela, la guerre.
    Tu m’as déjà répondu, une fois.
    Tu as dit en secouant la tête :
    « non ça ne ressemblait pas
    du tout,
    pas du tout
    à ce que nous vivons là,
    la différence c’est qu’un virus ne
    fait pas la différence. »
    Après nous avons parlé d’autre chose.
    Je garde ce début de conversation
    en tête parce que c’est mon métier
    de ne rien oublier,
    surtout ce qui n’a pas été dit,
    juste effleuré.

    Je voudrais te demander
    si cela fait mal
    d’atteindre ce presque siècle
    et de vivre enfermée chez soi.
    Tu dis que tu as de la chance
    parce que tu es chez toi
    et pas dans un endroit
    où la vieillesse n’est pas le prolongement
    naturel de la vie
    Mais une lente maladie.

    Je voudrais te demander
    Si c’est, d’une manière ou d’une autre,
    de ma faute,
    de la leur,
    de la nôtre.
    Je voudrais te demander
    ce qu’on a raté et tu me dirais :
    « rien, simplement vous avez avancé
    tous en même temps
    au même endroit. »

    Je voudrais te demander
    quand est-ce-que nous reprendrons
    une suze au bistrot du village.
    La dernière fois que nous nous sommes vus
    tu nous as demandés de refaire le tas de bois.
    Même si le printemps est bien entamé
    tu crains pour la cheminée.
    On peut mourir de vivre vieux
    mais pas mourir de froid.

    Je voudrais te demander
    comment faire pour rester
    si digne,
    jamais « chouiner »,
    jamais craindre à haute voix.
    Putain quelle réussite, quelle merveille.
    J’essaye de craindre à basse ligne,
    courbée sur mon devoir,
    l’oeil à la serrure d’une porte
    dont j’ai perdu la clé.

    Je voudrais te demander
    Quand est-ce-que nous pourrons
    enfin nous revoir. »

    ❤️

    Répondre
  28. @nne a dit…

    Coucou, je suis venue vous parler des vols de masques dans notre hôpital au début du confinement. Et bien sûr, avec peu de protections, moi et d’autres collègues avons été contaminées. N’ayant pas de pathologies associées, je n’ai eu qu’une forme « modérée » avec courbatures, hyperthermie à 38°, agueusie, anosmie, céphalées intenses et surtout une immense fatigue pendant quatre jours avec juste une profonde envie de mourir alors que je suis de nature joyeuse. Je suis restée essoufflée et tachycarde mais maintenant je fais mes propres tests d’effort en grimpant des côtes avec mes deux poilues. Je reprends avec bonheur vendredi soir alors que je suis à la retraite dans trois mois. Je suis bouleversée par l’attitude de mes collègues et de toutes ces nanas (car il y a beaucoup de femmes sur le terrain, quand même). Elles y sont toutes aller sans se poser de questions alors qu’elles savaient qu’elles se mettaient en danger ainsi que leurs proches. Je me suis toujours demander comment j’aurais réagi pendant la guerre. Je trouve cette période très révélatrice de nos caractères . J’espère qu’il naîtra plein de belles choses de cela car je reste très inquiète sur le plan sociétal et économique. Je vous embrasse très fort.

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  29. MarieV a dit…

    Contente de vous voir de retour .
    J’suis devenue accro.. je m’inquiétais
    P n ! encore 1 mois ..

    Une confinée 3 étoiles et sans soutif !!
    PS : pour la piscine , il faut surtout un mari disposé à aplanir le terrain , la monter , la remplir et gérer après la flotte ..produits , feuilles etc ..
    Perso , çà fait 5 ans que je tanne le mien ..sans succès !!

    Répondre
  30. Fanfan la Rose a dit…

    Bonjour Caroline,
    Oh j’ai une question : c’est vrai cette histoire de discours de mariage des enfants ?
    Non parce que j’y pense, et je me réfrène… mais si c’est vrai… alors pour sûr, je vais me lancer.
    Merci, j’ai moins l’impression d’être barge

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  31. Violette.b a dit…

    Des hauts et des bas ici aussi , le paradoxe du COVID , plus d angoisse pour demain , il est le même qu’aujourd’hui sans réfléchir et finalement ça manque de ne pas penser à demain.
    La nouvelle dead line du 11 mai bouscule les choses , on sait quand va commencer l’après ……et là j’angoisse …. décidément.

    Soyons honnête tout ceci parce que justement rien de grave ne m’arrive et je me dis qu’à la reprise je ne me défilerai pas.
    Merci de nous écrire ….on peut s’angoisser de concert

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  32. Bredele a dit…

    Merci pour la barre de rire, en dit encore ça en 2052 ? je disais ça en 2020 lorsque j’étais petite.
    des bisous, merci au revoir et tout bientôt. Je retourne à mon tv-travail, pouark

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  33. magali a dit…

    Je te guettais sur Insta…pour être sure que ce silence n’était pas de mauvais augure… mais là, en plus d’être rassurée, à la lecture de tes lignes, je sens que mon immunité s’est un peu plus renforcée !… Tu vaux bien quelques gouttes de ravinsara !!… Je n’ai pas ta plume, mais tout ça pour te dire que c’est peut être futile, mais qu’est ce que ça fait du bien !!… Et on l’est tous, futiles, égoïstes, auto-centrées, inquiètes, joyeuses (parfois) dans cette période drôle de période (qui n’a rien de drôle), et malgré nos maisons pas forcement petites et nos jardins pas forcément grands, on reste des humains, qui se sont pris une belle grande claque, et qui doivent essayer de se porter du mieux possible chaque jour du décompte !… Alors, pour nous accompagner dans ces J+ (ou J- ), je te remercie encore une fois !…

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  34. vero81 a dit…

    Ah ben c’est sûr avec la piscine entre le compost et la poubelle tu sera en lieu de confinement 4* du coup… En tout cas merci de nous faire rire de tes névroses, ça me permets de rire des miennes et ça les mets un peu à distance. Revivre les mêmes jours creux, regarder les infos en se disant qu’on aurait mieux fait de pas le faire, j’en suis arrivée à faire du jour hebdomadaire de courses un jour faste où j’ai fait qq chose… bref, la folie guette…

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  35. CaroKa a dit…

    Je ne crois pas qu’il faille te sentir gênée de te plaindre. Tu ne te plains pas de tes conditions de confinement, puisque, comme tu le dis justement, il y a sans doute pire, à différents points de vue. Mais les effets du confinement ET de la situation à l’extérieur (sanitaire, économique, écologique, humaine) et tout ce qu’on en perçoit, ben, ils sont vécus par tout le monde non? Là, aucun compte en banque ou palace ou autre ne sert à rien pour contrecarrer les effets psychologiques. Tout le monde est logé à la même enseigne je pense. On prend tous tout ce bordel avec ce qu’on est, ce qu’on a vécu, ce qui nous a construit, ce qu’on peut ou pas projeter, nos capacités de résilience, ou pas, nos traumatismes, nos non-traumatismes d’ailleurs aussi… Passée cette excitation ou curiosité du début dont tu parles en effet, chacun fait ensuite comme il peut avec son soi. Et c’est bien de ça dont tu parles. Très justement. Merci pour tes mots et ton humour! Courage!

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  36. Kiliana a dit…

    Merci pour le fou rire ! Impossible de m’endormir ce soir alors je rattrape mon retard de lecture.
    Pour la piscine, on vient de commander une tubulaire. Je voulais une en bois mais il faut une base beaucoup plus lisse et nivelée, et le montage semble largement plus long et difficile.
    Team no soustif ici aussi mais seulement pour la maison, avec un bonnet E, je ne sors jamais sans, sauf en plein hiver !!
    Bon courage !

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