Catégorie : Mes carnets de voyage

Trois jours à Lisbonne

Alors d’abord, un immense merci pour tous vos commentaires. Beaucoup ont pensé que ce billet précédent était un adieu, ça n’était pas le cas (je l’avais d’ailleurs précisé !) mais on ne va pas se voiler la face, c’est néanmoins peut-être un premier pas vers une transformation de cet espace. Sachant que, gros scoop, je n’ai pas encore trouvé la formule idéale vers laquelle je pourrais aller. J’aime énormément la newsletter de Géraldine et je me dis que ça pourrait être une solution, mais je sais aussi que beaucoup d’entre vous apprécient de se retrouver ici pour échanger. Et j’aime aussi ce retour que vous me faites l’honneur de me faire, sous mes billets. Bref, pas encore d’illumination, mais j’avais envie de partager avec vous ces quelques photos et souvenirs de ce week-end passé à Lisbonne avec mes chères amies. Trois petits jours qui m’ont donné l’impression d’être partie loin et longtemps. Trois petits jours pour mettre à distance la tension de cette cession d’écriture et des dernières corrections avant le tournage. Trois petits jours pour me remettre de ces dernières semaines un peu lourdes en émotions, avec l’hospitalisation de mon père (il se remet, rien de – trop – grave). Trois petits jours pour me rappeler combien ces amitiés sont précieuses (et accessoirement à quel point j’aime la sangria, surtout Blanca). En lire plus »

Parenthèse enchantée au Palace Es Saadi

Ce fut un week-end doux comme un smoothie, comme cousu sur du velours. Deux jours et demi sans accroc, essentiellement faits de lectures silencieuses, de conversations feutrées, de confidences entrecoupées de thés à la menthe (ou d’autres boissons avec de la menthe dedans mais moins raisonnables), de rires à l’évocation de souvenirs communs. Un week-end dont on revient avec la sensation d’être parties longtemps et loin, loin, loin. Une coupure salvatrice pour nous deux, la possibilité de prendre un peu de recul, de « défocaliser » comme me le conseillait souvent mon quelqu’un lorsque je lui confiais ma sensation d’avoir le nez dans le guidon.

Il faut dire que le cadre fut parfait et que ne pas apprécier le cadeau qui nous était fait aurait été le signe d’une inaptitude totale au bonheur. Comme je vous l’avais expliqué brièvement, il m’a été proposé de visiter le ressort Es Saadi à Marrakech et plus précisément la partie « palace » de l’établissement (qui possède également un hôtel 5 étoiles ainsi que des villas privées). Qu’à cela ne tienne, j’ai courageusement accepté la mission, emmenant dans ma besace ma copine MC. Je crois que je n’avais jamais ressenti une telle douceur de vivre dans un tel lieu. Il est souvent difficile de conjuguer luxe et convivialité et je ne suis généralement pas spécialement à l’aise dans ces endroits où tout est fait pour agrémenter le quotidien des clients, jusqu’à, parfois, l’écoeurement. Là, rien de tout cela. Certes le lieu est majestueux, la décoration extrêmement soignée et de bon goût, mais il y a ce je ne sais quoi qui rend le tout presque familial, une simplicité qui ne vous fait pas redouter de n’être « pas assez » ou « trop quelque chose ». Et puis ces suites vastes comme des appartements, le sol en zellige patiné comme s’il avait mille ans alors que l’établissement n’est pas si ancien, les tapis berbères au sol, les couloirs colorés et les portes en bois monumentales peintes à la main… Sans parler du parc, qui m’a fait penser, comme le reste d’ailleurs, à ce dessin animé adoré de mes enfants, « Azur et Asmar ». Jardin de cocagne avec ses orangers ployant sous les fruits, ces rosiers odorants et les eucalyptus centenaires exhalant leurs essences. Difficile dans un tel contexte de sortir de l’hôtel, d’autant que ce dernier abrite non seulement une piscine lagon mais également un spa incroyable, dont l’accès est gratuit pour les résidents. En lire plus »

Revoir Agadir…

Vous l’aurez constaté de vous même, il y a eu une interruption des programmes assez longue ici. La raison: des vacances attendues fébrilement et dont j’ai tenté de profiter au maximum, compte-tenu du tunnel dans lequel j’entre à compter d’aujourd’hui. Je travaille en effet sur la prochaine saison d’une série – pas trop possible pour l’instant d’en dire plus – et je pars pour deux épisodes, voire plus si affinités. Dit comme ça, ça n’a l’air de rien mais je sais désormais ce que cela signifie – des dizaines de versions, des casse-têtes à n’en plus finir, des personnages qui vivent le temps d’une relecture, pour échouer dans le cimetière de mon disque dur, des jours à se ronger les ongles en attendant le retour de la chaine, retour que l’on espère forcément positif mais qui ne l’est pas toujours, et qui n’est jamais vraiment définitif – jusqu’à ce que le réalisateur crie « moteur » – des discussions enfiévrées pour sauver une ligne de dialogue à laquelle on tenait mais qui n’a plus rien à faire là, des « elle ne dirait jamais ça », des « je l’imagine moins passif », des « ce n’est pas du tout lui, ça », des « il ne peut pas être là, vu que dans la scène précédente il est à 200 bornes de là », des « on remonte cette scène », des « du coup il nous manque trois séquences », etc etc etc.  En lire plus »

Prague en échappée belle

Je rêvais de Prague depuis longtemps. Pour tout vous dire, Vaclav Havel était mon héros quand j’étais à Sciences Po, j’avais même fait un mini mémoire sur cet écrivain devenu président après la chute du mur. Et puis comme tous les étudiants des années 90, je me suis trimbalée mon Kundera sous le bras, bien en évidence, histoire que ça n’échappe à personne que mon être était évidemment insoutenablement léger (contrairement aux apparences). Ajoutez à cela qu’on m’avait toujours dit que Prague ressemblait à ma ville, Lyon (d’ailleurs le film adapté du roman de Kundera a été en partie tourné dans le vieux Lyon) et vous aurez la somme des raisons qui me faisaient désirer la capitale tchèque. En lire plus »

Floride, suite et fin

Alors on est rentrés. Et je vous confirme que je préfère grandement le décalage horaire dans l’autre sens. Parce que là, rien n’est facile, ni l’endormissement, ni le réveil. Peut-être aussi est-ce simplement la fin des vacances qui rend tout plus douloureux, allez savoir. On est rentrés, donc, après cette dernière étape à Orlando, que je redoutais un peu, compte-tenu de mon aversion sévère pour tout ce qui ressemble à un parc d’attraction. Je n’aime ni l’atmosphère factice de ces lieux, ni la foule qui se presse, ni les hurlements musicaux mêlés aux odeurs de graillon. Sans parler évidemment de ma peur panique des manèges et autres attractions. On m’avait promis qu’Universal Studio à Orlando me ferait changer d’avis. Je suis au regret de vous annoncer que pas vraiment. Certes, les décors de l’espace Harry Potter sont fous. Et voir les yeux grands ouverts de Rose, en pleine période JK Rowlings m’a procuré un plaisir par procuration indéniable. Poudlard et le Pré aux lards sont reproduits quasi à l’identique et les rues de Londres et son chemin de traverse sont aussi criants de réalisme. En lire plus »

Islamorada, Bahia Honda et Naples.

Je ne vous ai pas oubliés, mais le rythme a été assez intense depuis la dernière fois (énormément de dilemmes, piscine ou plage, gaufres ou pancakes, mojito ou martini, etc). Et le soir, je tombe comme une mouche. Je le disais au churros, j’adore ce décalage horaire. Je m’endors comme un bébé ce qui ne m’arrive absolument jamais à Paris et je me réveille comme une fleur aux aurores, ce qui relève là aussi de la science fiction pour moi. Je sais, au bout d’un moment je finirais par reprendre mes vieilles habitudes de couche-tard, mauvaises pour l’organisme et mon humeur matinale. Il n’empêche que là, je vois l’aube et que je l’aime. Il faut dire que des aubes dorées, on en a admiré un paquet depuis huit jours. Autant d’ailleurs que de couchers de soleil spectaculaires. C’est sans doute ce que je retiendrai de ces vacances. ça et la plage de Bahia Honda, sur l’île du même nom, sur laquelle nous nous sommes arrêtés avant notre étape à Islamorada dans les Keys. Une étendue de sable immaculé, des pélicans à la pelle et une eau… Une eau comme je n’en avais je crois jamais vue. Bon, quand une raie est passée à dix centimètres de moi, j’ai décidé que trempouiller au bord, c’était bien, aussi. En lire plus »

Deux jours à Key West

Devinez quoi ? On est arrivés quasiment sans encombre à Key West. Alors oui, on s’est fait refourguer une voiture deux fois plus grosse que celle qu’on avait réservée (après avoir bien lu que c’était un sport national et s’être jurés de ne pas se faire avoir) (résultat: le mec a mis à peu près deux minutes à nous convaincre que le modèle au dessus nous reviendrait en réalité moins cher compte tenu du fait qu’il avait un GPS et pas l’autre) (cherchez pas, on s’est fait avoir c’est tout).

N’empêche que dans notre tank, on ne craint plus personne. Et que les échangeurs monstrueux de Miami ne nous ont pas fait trembler. On s’est engueulés une fois, après avoir raté une sortie, ce qui nous a sûrement mis une demi-heure dans le cornet, mais franchement, j’avais tellement prévu de parler divorce et partage des biens au bout de trois miles que je préfère passer ça sous silence. En lire plus »

Tous les matins du monde

Je vous écris depuis le mini bureau de ma chambre, en regardant les palmiers sur le rooftop de l’hôtel W en face du nôtre. J’aime tellement cette idée de « travailler » de l’autre côté de l’Atlantique. Je dis « travailler » parce qu’après ce billet il faudra que je m’y mette, disons que bloguer c’est l’apéritif. Mais je ne m’en plains pas, je mesure cette chance qui m’est offerte et six ans (oui c’est fou) après avoir claqué la porte de mon agence, je me félicite encore de ce choix, qui n’offre pas toujours énormément de sérénité mais qui me donne cette liberté dont je manquais alors cruellement.

Miami, donc… Ou plutôt Miami beach, qui n’a en réalité rien à voir avec « Downton » que nous n’aurons que peu vu, à l’exception de « Wynwood », quartier cher aux blogueuses qui n’aiment rien tant que s’immortaliser devant les murs magnifiquement graphés. J’ai eu le coup de foudre pour Miami Beach, ce lieu totalement singulier, qui vous donne l’impression d’avoir voyagé dans le temps, d’être entrée dans une dimension tout en colorama. La ville a des airs de décor de cinéma, chaque hôtel Art Déco mériterait qu’on s’y attarde des heures pour admirer son architecture cubiste, la typographie de son logo, la nuance pastel de sa devanture. Miami Beach est bling, bigarrée, multiculturelle. Miami Beach est un mirage, aussi, tout y coûte une fortune (on va bouffer des pâtes pour les six mois à venir), les Ferrari et autres Lamborghini qui foncent sur Collins Avenue peuvent être louées à l’heure, le moindre petit déjeuner vous déleste d’un bras. On n’y reste que trois jours et c’est parfait comme ça, pas le temps de déchanter, juste celui de savourer cet air chaud et doux, ces températures qui ne varient quasiment pas du jour à la nuit et cette légère brise qui vous enveloppe au bord de la mer. En lire plus »

Les cinq hôtels qui me font – grave – rêver

Hier on parlait de voyage dans notre subconscient, aujourd’hui, j’avais envie de voyager tout aussi virtuellement mais plus frivolement. Je n’ai jamais caché mon amour des beaux hôtels, un amour le plus souvent platonique, je ne passe pas mon temps hélas à parcourir le monde ou à filmer mes chambres d’hôtel en poussant des petits cris d’orfraie sur Snapchat « hiiii c’est tellement beau, regardez moi cette cuvette suspendue… ». Mais parfois, un peu de la même façon que je m’abrutis devant Chasseurs d’appart, je rêvasse sur les sites de Voyage Privé ou de certains hôtels. Dès que je tombe sur un article titré en mode « les dix plus beaux hôtels du monde », je clique et je fantasme. Je sais pertinemment que j’ai environ une chance sur un million d’aller y poser un jours mes guêtres, mais finalement, ça me suffit d’avoir cet espèce de rêve d’endroits incroyables. Si ça se trouve d’ailleurs, en vrai, ça ne me ferait pas tant d’effet, un lit reste un lit non ? (ok, je pense que quand même, le Fasano…). Bref voici les hôtels – tous hors de prix, hein – qui sont dans ma petite liste imaginaire personnelle… En lire plus »

Berlin, ich liebe dich

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On m’avait dit, « tu verras, Berlin, c’est moche mais c’est génial » (je résume). On m’avait promis, « tu vas adorer, tu vas tomber amoureuse, c’est obligé ». Forcément, du coup, fidèle à mes superstitions idiotes (« si je pense trop que je vais avoir une bonne note, c’est sûr, je vais me planter », fut le mantra de toute ma scolarité), j’avais hyper peur de ne rien éprouver de tout ça et de passer totalement à côté de la magie berlinoise. D’autant que nous sommes arrivées sous la pluie et que durant nos trois jours dans la capitale allemande, nous avons aperçu un seul et pauvre rayon de soleil (littéralement). Ce qui généralement ne m’aide pas à aimer un lieu, je suis en effet lumino-dépendante à un point presque pathologique.

Et pourtant.

Dès les premières heures du premier matin, je l’ai sentie. Cette atmosphère dont tout le monde parle. Cette impression de liberté, cette simplicité. Oui, la ville est un peu laide, tout au moins par endroits, criblée de travaux, sans homogénéité architecturale, immense et taguée, encore éventrée par les vestiges de ce mur sombrement mythique. Mais en réalité, la ville est belle. Belle de ses jardins, de ses cours, de ses immeubles renaissance qui côtoient les barres emblématiques de l’ancienne RDA, de son street art omniprésent, de ses bars aux terrasses illuminées de lanternes guinguettes, de ses canaux qui par moments évoquent la belge Bruges, de la Spree qui se prélasse, de ses anciennes usines de brique rouge réhabilitées en centres culturels alternatifs.

Découvrir Berlin, c’est bien sûr faire un voyage à travers le temps, c’est traverser ces époques les plus sombres, c’est apercevoir sur les trottoirs ces petites plaques de cuivre gravées des noms de juifs déportés et avoir le ventre qui se noue, c’est tomber sur un morceau de mur ou longer le kilomètre de l’East Side Galerie, plus grand musée à ciel ouvert au monde, vestige de l’immonde cicatrice qui sépara des dizaines d’années durant les Berlinois. C’est frissonner devant la Brandenburg Tor, se dire qu’un jour, Hitler y célébra son arrivée au pouvoir, mais qu’un autre jour, des milliers d’Allemands y détruisirent pacifiquement le mur de la honte. C’est marcher dans le Tiergarten et avoir l’impression de se promener en forêt, c’est s’asseoir sur l’un des blocs de béton du mémorial de l’holocauste et se dire que plus jamais… j’espère. En lire plus »