Catégorie : Mes carnets de voyage

Vacances à Kiffos, carte postale #6

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Avant-dernier jour à Kiffos et probablement dernière carte postale. Je crois que nous avons à peu près visité tout ce qui « doit » l’être durant ces deux semaines, même s’il reste, j’imagine, des dizaines de criques ou hameaux à découvrir, ce qui en soi est une excellente raison de revenir. Je me suis sentie comme infidèle à la Corse pendant ces vacances, et je crains avoir goûté aux délices de l’adultère. Parfois, il est bon d’aller humer d’autres parfums histoire de se rappeler que le monde en exhale de toutes sortes, même si la myrte de l’île de Beauté m’a un peu manqué (je suis ascendant nostalgique). En lire plus »

Vacances à Kiffos, carte postale #5

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Mine de rien, nous attaquons notre deuxième semaine à Kiffos. Les jours se suivent et ne se ressemblent jamais tout à fait dans cette île du bonheur. Vendredi soir, en attendant nos amis qui arrivaient par le dernier ferry de la journée, nous nous sommes retrouvés un peu par hasard au beau milieu d’une beach party. Nous étions soudain à Ibiza, sans les Guetta. On a dansé sur la plage au soleil couchant, les enfants ont tenté sans jamais y arriver de faire la roue, et après trois mojitos dont un de trop (mais il y a toujours un mojito de trop), nous avons accueilli nos compères un poil dépenaillés.

Je crois que ces quelques heures à valser les pieds nus sur le sable résument à elles seules ma conception des vacances. En lire plus »

Vacances à Kiffos, carte postale #4

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Comme je le mentionnais précédemment, à Kiffos, il y a des chats partout. Je crois d’ailleurs que c’est une constante en Grèce, mais n’ayant de ce pays qu’une connaissance assez lointaine – un camp scout à 12 ans – je ne me baserai que sur ce que j’ai vu ici. Personnellement, les chats, je dois bien l’avouer, j’y suis au mieux indifférente, au pire hostile (la vérité c’est que j’en ai peur), sauf en vacances, parce que bizarrement, il est assez fréquent que nous ayons un locataire félin dans nos résidences estivales et que d’une certaine façon cela assouvit le besoin abyssal des enfants d’avoir un animal de compagnie (la supplique est régulière et se solde immanquablement par un refus catégorique de leur père qui lui, n’y allons pas par quatre chemins, déteste les animaux).

A vrai dire, je n’ai pas toujours été opposée à ce point au concept du chat, en ayant introduit un chez moi enfant par le truchement de ma copine Béa qui m’en avait offert un pour mon anniversaire (je pense que je claquerais sans hésitation la gamine que j’étais alors et je réalise à quel point mes propres parents étaient bien plus cléments que moi même aujourd’hui). Auparavant, il y avait eu le funeste blandinet, trouvé sur le bord d’un chemin en Saone et Loire alors que nous étions en vacances. Il était décharné et grand comme une souris, et mes parents, de guerre lasse, avaient accepté que nous le ramenions chez nous à Lyon.

Bien leur en avait pris, il s’est avéré quelques mois plus tard que le virginal Blandinet avait la tuberculose et qu’il l’avait refilée à mes deux frères alors âgés de 3 et 1 an je crois. Autant vous dire que personne ne paiera la retraite de Blandinet. En lire plus »

Vacances à Kiffos, carte postale #3

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Je sens que j’en ai trop dit ou pas assez sur cette histoire du café qui ferait fuir les guêpes. C’est on ne peut plus simple, bien que pas totalement évident à dégainer au débotté. En gros, prenez un petit contenant en fer ou pierre, quoi que ce soit supportant la chaleur en réalité, versez-y un monticule de café – nous mettons du Lavazza mais je pense que la marque ne joue pas un grand rôle dans l’affaire – et mettez-y le feu à l’aide d’une allumette (ou 15 si vous êtes en plein courant d’air). Le café se consume lentement, comme de l’encens. Et la fumée qui se dégage fait déguerpir les guêpes. Je n’y croyais absolument pas, je dois bien l’avouer, lorsque notre ami Christophoros, routard de la chose, nous a expliqué cette méthode 100% bio. Je veux dire, il existerait un moyen plutôt simple et écolo de se débarrasser de ces bestioles, et pendant ce temps on continuerait à mettre sur le marché des insecticides changeant à terme le sexe des poissons ?

No way.

Ben si. Ça marche. En lire plus »

Vacances à Kiffos, carte postale #2

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J’ai fait une tarte aux citrons, j’ai appris comment chasser les guêpes en faisant bruler du café, j’ai revu un vieil ami, dit au-revoir à une autre, j’ai mangé plusieurs salades grecques, je n’ai pas encore vu le soleil se coucher sur la mer, j’ai enduit de crème environ 3 km carrés de peau, j’ai regardé les bateaux, j’ai bu un café frappé “metrio” – moyennement sucré -, j’ai vu le chat du rabbin chasser un lezard (lezard: 0 – chat: 1), j’ai mitraillé le dit chat, j’ai instagramé mon petit déjeuner, j’ai mangé une grenade pas mure et du yahourt grec au miel, j’ai écouté Barbara à la nuit tombée en buvant du rosé, j’ai fumé des cigarettes sur ma serviette les doigts encore mouillés, j’ai pris ma douche avec les abeilles, j’ai gratté une centaine de boutons de moustiques, j’ai dit 145 fois “regardez comme c’est beau”, “n’embête pas ta soeur”, “arrête de ricaner”, “promis on est presque arrivés”, “on va jusqu’à la bouée ?”, “encore une glace ?”, “tu t’es lavé les dents ?”, “cette fois-ci c’est l’heure”, “le raisin est du jardin”, “dommage que les figues ne soient pas mures”, “tu as 13 ans quand même”, “on en achètera” (des loukoumadès, des tongs, une rappe à citrons, de la biafine, une crème pour calmer les démangeaisons, du coton), “laisse un peu l’Ipad à ta soeur”,  “et si tu faisais un pâté ?”, “joue un peu avec ton frère”, “non, les raquettes, bof”, “t’es con”, “oui, quoi ?”, “je n’sais pas”, “c’est bien aussi parfois de s’ennuyer”, “han, regarde ils font des mojitos, là”, “demain on la fait cette promenade jusqu’au monastère”, “ce soir je me lave les cheveux”, “qu’est-ce que vous voulez manger ?”, “je t’aime”, “elle est mignonne”, “c’est bien ma chérie”, “tu mets le couvert ?”, “tu nages bien”, “chacun débarrasse son assiette”,, “étends ton maillot”, “occupe toi de tes affaires” (cette dernière phrase ayant été administrée à moult reprises au sens propre comme au figuré). En lire plus »

Vacances à Kiffos, carte postale #1

 

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Après un voyage relativement éprouvant pour qui ne sait pas dormir les veilles de départ – tout particulièrement lorsque le réveil est programmé sur 3h du matin – et qui ne goûte pas excessivement l’avion, nous sommes donc arrivés dans l’antichambre du paradis, un confettis des Cyclades dont le nom est aussi bien gardé que le secret des Pim’s. Je n’ai en effet pas le droit de dévoiler le lieu exact de ma villégiature sous peine de représailles de mon amie M. qui en a fait sa résidence secondaire depuis une dizaine d’années et qui ne tient pas à ce que les charmes de sa terre promise ne soient trop révélés. Si vous êtes perspicaces néanmoins, vous trouverez l’information quelque part dans mes archives, il s’agit de notre deuxième séjour dans l’île sans nom. Mais une promesse est une promesse, sur ces pages, motus et bouche cousue (je n’ai pas la réputation d’être une tombe mais M. a de sérieux moyens de rétorsion, comme celui consistant à me priver à jamais de sa tarte au citrons – cueillis dans son jardin s’il vous plait – ou de la Revithia, soupe traditionnelle grecque dominicale aux pois chiches, qui certes fait péter comme un âne mais, cuite exprès dans le four du village et confite d’huile d’olive, vous emmène direct au Nirvana. Bref, nous appellerons donc notre havre de paix Kiffos la bien nommée. En lire plus »

Street style

 

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Samedi fut une journée parfaite, une journée de petits riens, grasse matinée, petit déjeuner tardif, recouchage, relevage et déjeuner à 15h sur la terrasse du musée d’Art moderne de Paris. Musée dans lequel nous avons ensuite admiré les oeuvres de Keith Haring, un des pionniers du street style. Loin de n’être qu’un génial graphiste aux motifs reconnaissables entre tous, Keith Haring a su par ses pictogrammes presque enfantins décrire et décrypter ces années dingues que furent celles de l’arrivée du sida, du triomphe de la publicité et de l’hyperconsommation. Il était engagé, fier de ce qu’il était, de qui il était. Il y a plus de 20 ans, ça n’était pas si évident (l’est-ce aujourd’hui ?). L’exposition qui lui est consacrée au MAM est extrêmement bien faite, les explications sont toujours à propos, les oeuvres mises en valeur au gré d’éclairages toujours subtils. Je me suis fait la réflexion qu’il était rare qu’esthétique et messages politiques se mêlent aussi harmonieusement. Parce qu’en dépit de la morbidité de certaines toiles, il s’en dégage une énergie et une beauté incroyable. Il suffit de voir à quel point les enfants présents appréciaient la visite pour mesurer la portée de sa “parole”. (ok, il y a aussi environ 567 penis planqués – ou non – dans les tableaux et forcément, ça occupe les jeunes esprits).

Bien que le tout laisse un goût amer de maladie et de mort,  j’en suis ressortie avec, je crois, un supplément d’âme. C’est, en ce qui me concerne, béotienne de l’art, ce qui me meut. En lire plus »

Golden hour*

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Plus que cette photo, j’aime le souvenir du moment où elle a été prise. C’était notre dernier soir à Cadaquès, ultime promenade depuis l’hôtel jusqu’au centre du village, dernière “golden hour”, instant magique où la lumière nous rend tous beaux, plus dorés qu’après n’importe quel bain de soleil. L’une des choses que je préfère en vacances, c’est ce rituel de fin de journée, la douche, les huiles prodigieuses ou laits hydratants qui sentent le patchouli, la fleur d’oranger ou le monoï, la tenue plus habillée que l’on passe, les bracelets qui tintent, tout cela pour honorer ce qui reste tout de même la meilleure invention de l’homme après le wifi: l’apéritif.

Je ne suis pas de celles qui passent des heures dans leur salle de bain, le matin je plie ça en cinq minutes, je ne fais jamais de gommages du corps, je n’hydrate jamais mes jambes, je peux porter du vernis écaillé durant trois ou quatre jours, en ayant honte, certes, mais pas assez pour trouver le courage d’aller acheter du dissolvant. Je ne dis pas que tout cela ne m’intéresse pas, j’imagine qu’il m’a fallu beaucoup d’années pour consentir à m’accorder un peu d’attention, à admettre que je le méritais un peu. Mais si j’ai “progressé”, je reste en dessous de la moyenne. Sauf peut-être l’été, donc, après avoir fait la crêpe sur le sable et perdu ma dignité au moment même où je me suis assise en tailleur pour faire des pâtés. Ces jours là, je prends, depuis toujours, plaisir à ce qui n’est souvent qu’une corvée pour moi: m’apprêter. En lire plus »

Le tour du jour…

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Samedi, le tour de France passait devant chez mes parents. Quand je dis devant, n’y voyez pas de figure de style: littéralement sur la route qui borde leur maison. Le Tour, je l’avais vu il y a longtemps, (très) en haut du col du Granon, que seuls les fins connaisseurs du Briançonnais peuvent connaitre. J’en garde le souvenir d’une cohue terrible, dans une ambiance hystérique et saturée de chaleur. Mais j’étais repartie avec ma casquette Ricard et ça, ça n’a pas de prix.

Vous dire que je suis une passionnée de course à vélo serait mentir mais, j’avoue, je peux aisément bloquer un après-midi devant, dans un semi coma, hypnotisée par les travelings depuis les hélicos, les noms des villages traversés et ceux, non moins exotiques, de coureurs  capables de me faire vibrer le temps d’un sprint. Une fois l’étape terminée en revanche j’oublie jusqu’à leur existence. En lire plus »

“L’unique chose dont le monde n’aura jamais assez, c’est l’exagération” Salvador Dali

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Malgré notre légendaire propension à ne rien faire lorsque nous partons quelques jours tous les deux, nous avons finalement un peu bougé durant ce trop court périple. Il faut dire que les tentations sont nombreuses. Comment ne pas céder par exemple à celle de la maison de Dali, lorsque l’on a adoré comme c’est notre cas le musée de Figueras ? Bien nous en a pris, la demeure du maitre est à la mesure de son excentricité. Nichée au coeur de Port Lligat, minuscule anse à quelques encablures de Cadaqués, elle regorge des trésors du peintre et de sa muse et femme, Gala. Animaux empaillés, dont un ours polaire terrifiant, offert par un poète anglais dont j’ai oublié le nom, tapis à l’effigie du pape, bonhommes Michelin customisés, pierrots en faïence d’un goût douteux, patchworks de coupures de presse sur Dali, etc. La pièce qui m’a le plus émue reste l’atelier, bien sûr, dans lequel trônent ses deux derniers tableaux, dont l’un n’est encore qu’à l’état d’ébauche. Ses pinceaux semblent attendre qu’il revienne terminer son oeuvre et la vue depuis la fenêtre rappelle nombre d’arrière plans des portraits de Gala (ce que personnellement je préfère dans ce qu’il a peint). Les patios extérieurs sont une invitation à la rêverie et la piscine tout en longueur, bordée de coussins chamarrés est sacrément tentante, surtout lorsqu’on effectue la visite aux heures les plus chaudes. En lire plus »

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