Catégorie : Mes carnets de voyage

A un cheveu près

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Il faut tout de même que je vous raconte qu’on a été à deux doigts ou plutôt en l’occurrence à une lettre de ne pas partir à Maurice. A savoir que vendredi soir vers 22h, je me suis piquée de nous enregistrer en ligne pour avoir un hublot (oui, je suis terrorisée en avion mais jamais avare d’un paradoxe j’ai besoin de VOIR. De même qu’il est hors de question d’avaler le moindre somnifère, pour la bonne raison que a) s’il y a un problème je veux être au courant b) je n’arrive pas à m’enlever de l’idée que pour nager au cas où, c’est mieux d’être en pleine possession de ses moyens). Vendredi soir, donc, je me suis connectée sur Air Mauritius pour le checking online.

« Hin hin hin », que je dis alors au churros. « Ils se sont trompés dans ton nom ». Bizarrement, le churros n’a pas tellement rigolé, alors que c’était drôle, sans vous livrer le peu qui lui reste d’intimité, la lettre transformait son patronyme de manière assez cocasse. Pour vous donner une idée, disons qu’il s’appellerait Labote, et bien là bim, c’était Churros Labite.

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Nous sommes faits de rêves et les rêves sont faits de nous

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Il y a des endroits qu’on a rêvés des années durant, pensant qu’ils ne seraient jamais à portée de main. Des lieux dont ont se dit pour se rassurer qu’ils ne sont de toutes façons certainement pas aussi beaux que les photos retouchées des agences de voyage.

Et puis les années passent et un jour, par la conjonction d’heureux hasards et parce qu’on est de ceux qui préfèreront toujours l’immatériel d’un voyage à la sûreté de la pierre, nous y voilà, sur cette plage irréelle, plus belle encore qu’elle ne l’était dans ce magazine. Parce que les clichés ne peuvent vous faire entendre le bruit du vent ni vous faire sentir la moiteur exquise de l’air. Je repartirai sans doute sans rien connaitre précisément de l’Ile Maurice, parce qu’il est vain d’imaginer en une semaine saisir la réalité d’un endroit qui nous est à ce point étranger. Mais je sais d’ores et déjà que mon corps a imprimé cette atmosphère du bout du monde, cette impression d’être au carrefour de l’Afrique et des Indes et ce vertige d’un ciel en mouvement perpétuel.

Ce souvenir viendra s’ajouter à d’autres, nourrissant mon goût pour la nostalgie. Je m’entends déjà dire que « cela me fait penser, tu sais, à Maurice… ». Sans bien sûr parvenir à ressentir parfaitement cette félicité d’alors. Le bonheur est fuyant mais parfois, il se laisse effleurer.

Bonne journée. En lire plus »

Là où se dit à nouveau bonne année

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Hier je relisais le billet posté l’année dernière à la veille du nouvel an. J’y écrivais que ma seule résolution serait d’oser, ce qui pour moi représentait un défi considérable. Deux jours plus tard, je frappais à la porte de mon chef et lui annonçais tremblante et plus émue que je ne l’avais anticipé, que je souhaitais reprendre ma liberté.

Je ne vais pas vous refaire le film, je crois m’être considérablement épanchée ces derniers mois sur cette petite révolution que cette décision a provoqué dans ma vie. Mais je crois que c’était la première fois de mon existence que je tenais une résolution. Autant vous dire que cette année, je préfère ne pas en prendre, il ne faudrait pas non plus qu’il me vienne à l’esprit de me fixer des objectifs insensés que je me sentirais ensuite obligée d’honorer. Genre courrir tous les matins ou repasser mes soutien-gorges. En lire plus »

Monokini

Je n’avais pas mis un deux pièces depuis les années 90 (à l’époque je me nourrissais de pancakes ultraproteinés en poudre). Quant à tomber le haut, ça remonte à ma courte période naturiste, racontée d’ailleurs ici il y a quelques années. Et puis là, juste avant de partir, j’ai fait un tour à monop acheter les derniers trucs qui manquaient. Je suis alors tombée sur ce 2 pièces, en dernière démarque à 9 euros. Je l’ai pris en me disant qu’à ce prix là, ça ne mangeait pas de pain et qu’on ne savait jamais, sur un malentendu.

Résultat, le 1er jour, je l’ai mis avec le haut, qui ne soutient évidemment rien. Tellement rien que je l’ai tombé (à moins que ça ne soit un coup de mes seins).

Et depuis, je me ballade les nibs à l’air, ces derniers conversant aimablement avec mon nombril s’il me prend l’idée saugrenue de m’asseoir.

Et vous savez quoi? Je me suis rarement sentie aussi bien dans un maillot. Comme si mon corps sortait de 20 ans de tôle et qu’il savourait la moindre parcelle de lumière qui lui est offerte. Et je me fous éperdument que le monokini ne soit tellement pas 2011…

Monokini

Complètement marron

J’ai réalisé un de mes fantasmes: j’ai enfin acheté après dix étés à la reluquer, de la farine de châtaignes. Par contre je n’ai absolument aucune idée de la façon dont je vais pouvoir l’utiliser. Il n’empêche que je suis sûre que c’est le genre de choses que font des filles comme Isabelle Marant, d’acheter de la farine de châtaignes en Corse (si tu l’achètes ailleurs qu’en Corse, par exemple a Melun, je pense que ça perd en romantisme).

Complètement marron

De l’infiniment petit à l’immensément ridicule

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(je ne sais pas si c’est flagrant mais Zaz essaie de transformer une grenouille en prince Albert (c’est incompréhensible, elle fantasme sur lui que c’en est gênant)

Ce week-end, on a un peu rejoué microcosmos. Il faut dire que forêt + flotte = fête à la limace et autres bestioles pas ragoutantes. Ceci étant dit, bien qu’allergique personnellement à tout ce qui est a) gluant b) visqueux c) rampant, je tiens à témoigner de ma gratitude envers toute cette faune en folie.

Dans un endroit en effet sans télévision, sans cinéma et dont les espaces fermés n’excédaient pas 8 mètres carrés, si nous n’avions pas eu tous ces scarabées terrifiés et grenouilles miniatures pour occuper la marmaille, il y aurait eu un titre sordide de plus à la une des journaux du week-end pourtant déjà bien pourvus en la matière.

Réjouissons-nous d’ailleurs que le massacre de limaces ne soit pas encore pénalisé parce que nous aurions frôlé la condamnation pour crime contre l’humanité (je crains que parmi nos têtes blondes il y ait quelques délinquants en puissance).

Voilà, pas tellement plus à raconter sur ces deux jours. Nous nous sommes nourris exclusivement de chips, de saucisson et de… chips. Pour équilibrer, heureusement, il y avait aussi des pâtes. Sans oublier la barre bretonne. Servie au petit déjeuner, au dessert et au goûter. On ne se lasse pas de la barre bretonne format familial. En lire plus »

Le club des 16 en roulotte

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Pas le temps, pas le temps, pas le temps pour un billet, nous partons, la bande et nous, dormir en roulottes ce week-end. On s'était dit, fin juillet, on ne prend pas trop de risques.

On est des winners.

Au programme donc, concours de lancer de boue, stage de survie et balade en forêt avec pour objectif de réussir à semer les nains pour pouvoir boire des bières peinards dans nos roulottes. Non parce que comment dire ?

8 gamins dont la moitié de moins d'un mètre 20, sous la flotte et confinés dans 12m2, il y a moyen de virer dinguo.

Allez, au pire ça me donnera de quoi faire un billet hilarant. Ou pas.

Sinon hier, on trinquait aux vacances chez Tricotin (le chinois du quartier, genre le flunch asiatique) et la chérie dit à son père: "il faut se regarder droit dans les yeux quand on trinque sinon…"

"ben ouaiiiis, je sais", répond le churros.

"Ah ouais, tu sais pourquoi ?", interroge la chérie, manifestement impressionnée par l'étendue du savoir de son paternel.

"Ouais je sais mais dis moi d'abord" (malin le churros)

"Ça remonte au moyen âge, c'était pour vérifier que celui d'en face n'avait pas empoisonné ton breuvage", explique alors doctement ma fille savante.

"Pas mieux", répond le churros, légèrement déstabilisé.

Note à nous même: nous abstenir désormais de beugler  "sept ans sans sexe" la prochaine fois qu'on trinque avec un malheureux qui ne nous regarde pas dans les yeux.

J’avais une ferme en Auvergne

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Quand j’étais petite, je voulais être fermière. C’était dû en grande partie au fait que l’été nous passions souvent une semaine ou deux dans une maison de famille en Saône et Loire, accolée à une ferme. Je peux encore sentir l’odeur du lait que nous allions chercher tous les soirs avec ma soeur et que ma mère faisait bouillir. Mon père mangeait la peau qui remontait à la surface en s’extasiant, pendant que nous faisions la moue parce que c’était dégoutant.

J’avoue, ma vocation n’était pas sans rapport non plus avec le béguin que j’éprouvais alors pour le fils aîné du paysan, qui du haut de ses quinze ans me paraissait aussi torride que Patrick Swayse (bien que ce fut avant Dirty Dancing, je suis hélas un poil plus vieille que je n’en ai l’air). Je ne vous dis pas la fierté quand il me baladait derrière sa 103 dans la cour de la ferme. J’étais Lady Di.

Après, ça m’est passé, d’autant que mon amoureux de CM2 (pas le fermier à moto, celuis de mon âge) (le ringard) était asthmatique. Il m’était donc apparu évident que nous ne pourrions pas réaliser mon rêve de céréalière dans la Beauce.

C’est en outre à ce moment là que j’ai reçu l’appel de Dieu et que j’ai entamé ma période « je veux devenir bonne soeur ». En lire plus »

On avance ou on suce ?

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Les deux ou trois premiers mois qui ont suivi ma démission, je me suis posé la question des centaines de fois. Est-ce que j’avais eu raison ? Est-ce que je n’avais pas fait la plus grosse connerie de ma vie en lâchant un job plutôt intéressant malgré tout pour une utopie, un fantasme de vie meilleure parce qu’entièrement centrée sur l’écriture ?

Une interrogation qui m’avait d’ailleurs obsédée durant deux ans avant de faire le grand saut. Comme si cette décision était du même ordre que celle consistant à désamorcer une bombe à retardement. Bleu ou rouge, le fil à couper ? Rouge tu exploses, Bleu tu es sauvée. Ou l’inverse.

Dans mon cerveau manichéen, c’était évident. Je ne pouvais qu’avoir raison… ou tort. Pas de demi-mesure, pas d’entre deux. Echouer ou réussir, me réjouir ou regretter.

Après six mois, j’ai enfin compris que je n’avais… rien compris. Et que je ne saurais jamais si j’avais « bien fait ». A force de répéter à ceux qui s’en enquièrent, que « jusqu’ici tout va bien », je finis par y croire moi même. Et le fait est que tout va plutôt bien. Mais la semaine prochaine, le mois suivant, voire dans un an ou deux, ça ne sera peut-être plus le cas. Ce qui ne signifiera pas que j’ai commis, en janvier dernier, la plus grosse bourde de ma vie. Comment être certaine en effet que dans un an, deux ans ou moins que cela, je n’aurais pas été mise à la porte de mon ancien boulot, que je n’aurais pas fini par m’étriper avec l’un ou l’autre, ou que je n’aurais pas fini tout simplement en burn out, du fait d’un rythme tous les jours un peu plus soutenu ?

J’ai enfin admis qu’il n’y aurait pas de jugement dernier, pas de tribunal à l’arrivée et qu’aucune décision ne peut être radicalement bonne ou mauvaise. Et je me sens enfin libérée de ce poids qui m’oppressait tant par instants. Je n’ai pas commis de faute éventuelle, j’ai pris cette décision et puisque c’était la mienne, c’était, d’une certaine façon, la bonne. Je crois que c’est valable pour tout un tas de chemins qu’on choisit de prendre. Non qu’il n’y ait pas de conséquences et qu’il ne faille pas les assumer. Mais qui pourra jamais nous prouver que malgré tout, l’autre sentier eut été plus aisé ?

Ne jamais se retourner, regarder devant, mettre un pied devant l’autre, et recommencer.

Si cette première moitié de l’année 2011 m’a enseigné une chose, c’est définitivement celle-ci. En lire plus »

Barcelona querida…

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Je suis une obsessionnelle de la météo. 12 jours avant de partir où que ce soit, je commence à regarder frénétiquement les prévisions, croisant mes informations au gré des sites qui bien sûr n’annoncent jamais la même chose. Je privilégie en général les plus optimistes, même si je suis tordue au point de flipper grave si trop de soleil est annoncé à l’avance, j’ai peur que ça nous porte la poisse. Cinglée.

Autant vous dire qu’avec l’Iphone je suis servie, ma névrose ne s’arrête en effet pas du tout au temps qu’il fera là où je pars. A savoir que j’ai programmé dans l’appli meteo france et celle de yahoo tout un tas de villes, dont je regarde tous les jours les températures et risques de précipitations. A priori, je m’en brosse un peu du taux d’humidité à Stockholm. Sauf que non, je peux ainsi vous apprendre que le week-end dernier, c’est là qu’il fallait être. J’avoue aussi que j’éprouve une sorte de jouissance quand la pluie est annoncée à Bastia ou Marseille. Je n’ai jamais prétendu n’être qu’altruisme et bonté, en même temps. En lire plus »