Catégorie : Je vous raconte ma vie

Psy: cinq idées reçues

Ce billet est né des échanges que j’ai eus avec l’une d’entre vous, Mammouth, pour ne pas la nommer. Ses questionnements et réflexions sur la thérapie analytique m’ont forcément fait réfléchir. Sur ce que j’attends personnellement de cette thérapie entamée il y a deux ans et demi, sur la façon dont je vois les choses mais aussi sur les idées fausses, que j’ai pu avoir moi même ou celles qui sont véhiculées.

Bref, en voici quelques unes, sachant que tout ceci n’est après tout que mon avis, si des psys me lisent et ne sont pas d’accord, je les invite évidemment à s’exprimer, idem pour ceux et celles qui font ce « travail » et qui auraient une autre vision des choses. (je précise bien que je ne méprise pas ceux qui peuvent être en accord avec ces idées là, Mammouth, tes questions m’ont amenée à réfléchir et j’aime ça 😉 En lire plus »

Où subsiste encore ton écho

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La dernière fois en sortant de chez mon quelqu’un, j’ai réalisé que je n’avais en réalité « appris » que peu de choses depuis ces deux ans et demi de séances hebdomadaires (le simple fait que je m’interroge sur ce que j’ai appris en thérapie est sans doute d’ailleurs le signe que la route est encore longue, mon syndrome de première de la classe a de beaux jours devant lui).

Peu de choses, mais quand même. Je crois que je regarde l’existence à travers un filtre différent, en fait. Si je devais résumer, j’avais jusque là un rapport au monde, à la vie, aux autres, imprégné de la morale judéo-chrétienne à laquelle j’ai été biberonnée toute mon enfance (j’ai tous mes diplômes, du baptême à la profession de foi, je vous le rappelle). Attention, je ne dis pas que c’est mal, je ne jette pas tout avec l’eau du bénitier, mais chez moi cela se traduisait par une énorme culpabilité. J’avais tendance à systématiquement analyser des choses en fonction de ma conception du bien et du mal, en n’oubliant jamais de me flageller au passage. En lire plus »

« Vis ma vie de free lance »: trois ans après, j’en suis où ?

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(photo censée répondre à la question du titre, je sais c’est complètement con)

Vous me connaissez – non ? – j’adore les bilans. Et il y a quelques jours j’ai réalisé qu’il y avait désormais trois ans que j’avais adopté ce statut si particulier de pigiste/auteur/free lance. (Je pourrais rajouter des slashs à l’envi, tant c’est ce qui caractérise désormais le mieux ma vie, on peut le voir d’une manière positive, comme la manifestation d’un éclectisme incroyable ou, d’un oeil plus critique comme le symptôme d’une instabilité pathologique, mais j’y reviens).

Trois années qui ont filé plus vite que les quinze qui les ont précédées en entreprise (j’ai commencé à bosser vers 8 ans, mes parents, certes aimants, avaient des principes assez arrêtés sur le travail des enfants) (joke). Quand je repense à l’angoisse qui avait accompagné ma décision de plaquer un poste plutôt confortable pour tracer ma route de femme slash, j’ai peine à y croire, tant aujourd’hui je suis certaine d’avoir fait le bon choix. Attention, je ne suis pas en train de vous expliquer que je mange des bonzes à tous mes petits déjeuners et que jamais mon ventre ne se serre à l’idée qu’un jour le travail se raréfie. Mais j’ai enfin accepté cette règle, ce corollaire à la liberté du statut d’indépendante: on peut difficilement avoir une visibilité à plus de six mois (et six mois, c’est déjà énorme, trois mois seraient plus justes). Sans partir dans un exposé fastidieux et auto-centré sur la façon dont je procède et pour qui je bosse, je me suis dit que cela pouvait être utile à ceux ou celles que la carrière solo titille, voici donc quelques enseignements tirés de ces trois années, qui font de moi désormais une vieille routière du bureau canapé. Je vais les ranger en deux colonnes (sauf que ce ne seront pas des colonnes parce qu’au nombre des compétences toujours pas acquises figure tout ce qui est design et code html), celle des plus et celle des moins. Je ne sais pas vous mais je fonctionne beaucoup comme ça lorsqu’il s’agit de prendre une décision ou d’en évaluer les conséquences. Mon grand âge m’a en effet appris qu’il n’existe pas de situation parfaite, le tout étant que la balance soit à minima équilibrée, au mieux plus lourde de positif. que de négatif. En lire plus »

My first mammo

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Hier, après avoir tergiversé – deux ans – j’ai enfin franchi la porte du centre de radiologie le plus proche de chez moi pour faire ma première mammographie. Je vous raconte ?

15h14: Ma carte vitale: j’ai. Une culotte en bon état: j’ai. Les aisselles épilées: j’ai (presque). Mon ordonnance… Putain mon ordonnance.

15h16: Le rendez-vous est pour dans dix minutes et je n’ai plus mon ordonnance. Ne pas se disperser, tenter de se souvenir où je l’ai mise le 23 février dernier lorsque pour la troisième fois ma gynécologue me l’a rédigée, les deux premières ayant fini par être périmées à force d’avoir piscine les jours où éventuellement il y aurait eu un créneau.

15h17: L’essentiel des tiroirs de mon armoire « à papiers importants » (tout est dans le « important ») (si si, la liste des restaurants indiens qui effectuent des livraisons à Clermont-Ferrand est IMPORTANTE) étant désormais sur le sol du salon, il m’est bien plus facile de retrouver cette p…. d’ordonnance, que si je n’y arrive pas je ne vais pas pouvoir aller faire ma mammographie, ce qui est ma foi… Tentant. En lire plus »

L’amour en wagon lit

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Après une soirée mousse très très coquine, c’est le commentaire 247, au nom de Sophie, qui a été vaillamment tiré et qui gagne donc la machine à faire de l’eau qui pique.

Une chose est certaine, les bulles ça vous parle !

Petit billet today, parce que journée bien chargée avant de prendre le train de nuit Paris – Briançon, à douze ou presque, avec, parce que sinon ce n’est pas drôle, un machin qui s’est levé ce matin avec un teint de platre, une fièvre au plafond et le coeur au bord des lèvres. Mais comme ça va être pratique dans les couchettes, s’il vomit toute la nuit !

Ce qui est vraiment encore plus formidable c’est que la météo annoncée pour la semaine à venir n’a à mon avis pas été aussi catastrophique depuis 1954. Et encore. Mais comme ça va être sympa, sept jours sous la flotte, avec une rangée de gosses de 2 à 13 ans !

Je fais un peu ma difficile mais la vérité c’est que malgré cette perspective assez peu réjouissante de pluie sans interruption et en dépit de la fermeture de la station le lendemain de notre arrivée, j’ai hâte d’être là bas, dans cet endroit qui reste un point d’attache à nul autre pareil. Petite chapelle, sentier qui descend au village, cailloux dans le torrent, feu de cheminée, promenade aux moutons, tarte au myrtilles et bains sulfatés à Monétier, la montagne, ça me gagne. En lire plus »

Vive les marié(e)s

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De 17 à 24 ans, j’ai été amoureuse d’un garçon, qui, à sa manière, m’aimait, je crois. Respectueusement. Très. Trop. Parce qu’à cette époque je voulais croire que ce n’était qu’une question de temps, qu’il n’était pas prêt, je refusais de voir l’éléphant dans la pièce. Il faut dire aussi que dans notre milieu lyonnais un peu bourgeois, « ça » n’existait pas.

Je ne m’étendrai pas sur les tourments de ces années, ils sont loin désormais. Mais je me souviendrai toujours de cette lettre reçue un matin alors que je vivais à Paris, dans ma chambre de bonne sans douche et sans toilettes. Il y avait ces mots, de celui que je chérissais, ces mots qui mis bout à bout signaient la fin de mes espoirs et me brisaient le coeur. Mais au delà de mon chagrin d’alors, ce dont je me souviens le plus précisément, c’est la souffrance qui semblait émaner de ce bout de papier. La peur de s’avouer, de m’avouer, de leur avouer, qu’il n’était pas celui qu’il avait tenté d’être. La honte, la crainte de n’être plus aimé, d’être redouté, moqué. Et puis, en filigrane, la fierté, malgré tout, d’avoir enfin brisé l’omerta. Il aimait les garçons. En lire plus »

Il suffira d’un cygne

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Ce week-end, pour la première fois depuis longtemps, je me suis
autorisé une pause. Pas de papier en suspens, pas de cerveau parasité
par ce que je n’ai pas terminé, ce que je devrais anticiper. Ça peut
paraitre anodin, mais depuis deux ans je compte sur les doigts d’une
main les moments où ça m’est arrivé. Et la vérité, c’est que cela m’a
fait un bien fou. Pas certaine que cela se représente d’ici un bail,
mais ce qui est pris n’est plus à prendre. Je crois que c’est ce concert
samedi, aussi, comme s’il m’avait permis de réellement déconnecter, de
me souvenir que l’inspiration ne peut venir que de là, que de mes
pensées qui s’évadent. Et puis ce soleil, trop froid, mais bien là,
cette promesse de jours plus longs contre une heure de sommeil en moins.

Pour fêter ce printemps timide, nous avons étrenné avec Rose le
nouveau tram qui nous emmène désormais en 12 minutes au bois de
Vincennes. Parfois, le bonheur se résume à du pain rassis jeté dans le
bec d’un cygne crâneur. Rajoutez à cela un thé à la menthe au Châlet des
Iles, partagé avec frère et amis et le compte est bon.

Peut-être que tout ceci avait d’autant plus de saveur parce
qu’auparavant, au gré de mes pérégrinations, j’avais atterri – thanks
Deedee – sur ce blog terrible, « The battle we didn’t choose », où Angelo
conte en photos le cancer qui a emporté sa femme Jen après des années de combat.
D’aucuns seront choqués par la dimension très crue des clichés, d’autres
s’interrogeront sur le pourquoi. Personnellement je n’y ai vu que de
l’amour et probablement un geste militant. Montrer la maladie ne se fait
pas, ça n’est pas joli la maladie. Pourtant, la maladie c’est encore la vie. En lire plus »

A l’arrache

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Week-end studieux, il a fallu rattraper ma semaine de post-vacances pendant laquelle j’ai été d’une improductivité assez spectaculaire. Récemment dans les commentaires, l’une d’entre vous me demandait si je pouvais donner quelques « trucs » d’écriture, expliquer comment je procédais pour la rédaction de mes articles. Hum. Je crains de n’avoir pas grand chose à apprendre à qui que ce soit, tant ma méthode est la même depuis la petite enfance.

A savoir: me torturer mentalement durant des jours en m’auto-flagellant en mode « grosse feignasse, tu devrais déjà avoir terminé ce boulot, tu n’es qu’une merde sans volonté, est-ce que tu vas finir, oui ou non par t’y mettre ? »

Et ce jusqu’à ce que la deadline soit tellement imminente qu’il n’y ait plus aucune autre alternative que de me – poliment – sortir les doigts. A ce moment là, et parce que ça urge comme c’est pas permis, je suis en effet assez rapide. Tout du moins si l’on ne compte pas les deux heures qui précèdent l’écriture de la première phrase et pendant lesquelles je vais fumer trois cigarettes, boire deux thés, pisser mes deux thés, passer un coup de fil, checker mes mails, regarder s’il n’y a pas un nouvel épisode en ligne de ma série du moment, éventuellement regarder l’épisode en question pour me donner du courage (mais sans en profiter une seconde vu que je suis à ce moment là une vilaine, très vilaine fille), etc. Et puis soudain, sans que je ne comprenne vraiment le pourquoi du comment, « ça » vient. Et là, en général, je « ponds » mon papier. Ou j’en accouche douloureusement, ça dépend. Bref, je travaille assez rapidement, mais il me faut néanmoins une période de gestation incompressible. Longtemps, je m’en suis voulu de ne pas être capable de faire l’impasse sur la phase ultra culpabilisante de « l’avant ». Jusqu’à ce que je réalise qu’en fait, je suis très certainement déjà en train d’écrire, sauf que ça ne se voit pas. En lire plus »

My heart belongs to all of you

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Un immense merci pour vos messages d’hier, le soir j’avais le coeur menthe à l’eau, à force.

Surtout que la journée avait commencé comme dans une série américaine, avec petit déjeuner au lit apporté par mon amoureux, bracelet de perles confectionné par Rose et cerise sur le gâteau, mes grands et leur père me chantant « Hey Jude », one of my favorite songs, a capella. J’adore quand mes twins chantent, ils font partie du glee club de leur collège (en vrai ça s’appelle la chorale mais avouez que ça le fait moins), ce qui n’est pas nécessairement un signe de rébellion et fait sûrement d’eux de gentils enfants encore -trop ? – tendres, mais à chaque fois que je vais les écouter, c’est le même cinéma, larmes qui coulent et fierté chevillée au corps.

Voilà, une belle journée, avec les voix de mes chers amis sur mon répondeur ou en direct, le coup de fil annuel de ma vieille Béa, ma BFF de l’enfance, première règles, premiers baisers, première fois, etc, tout ça main dans la main ou presque, que j’appelle tous les 24 octobre et qui me rend la pareille tous les 20 mars. Un chirashi saumon qui tabasse à midi, au japonais du coin avec les twins. Un sweat La Superbe qui venait contredire ma petite mine de lendemain de soirée mojito avec Zaz. Ma mamie, fidèle au poste. Des tulipes from Kuala Lumpur et des roses de Lyon, avec toujours ce petit mot de ma maman, « à ma fleur du printemps ». En lire plus »

Journée des droits des femmes: tenez-bon !

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Non, m’étais-je dit, je ne vous ferai pas de billet sur la journée des droits des femmes parce qu’en soi cette journée me plombe le moral. D’autant qu’elle est chaque année l’occasion pour les médias et instituts de sondage de nous rappeler que les gonzesses gagnent moins d’argent que les hommes à compétences égales. Ce qui est bien sûr une info de première importance, mais qui, non suivie de mesures pour mettre fin à cette injustice, ne sert à rien. Ou si, peut-être, à se donner bonne conscience. C’est bon les gars, on en a parlé, on les a bien plaintes, passons à la journée de l’omelette norvégienne.

Je ne comptais pas en parler, donc, et puis un mot en entrainant un autre, je suis donc en train de l’écrire, ce billet. Vous savez ce que j’en pense, le féminisme revêt des visages variés, pour moi il signifie avant tout se battre pour que les femmes aient accès à leur autonomie, ne dépendent pas de leur conjoint et aient la liberté d’exercer le métier qu’elles souhaitent. J’essaie à mon petit niveau d’élever mes filles – mais aussi mon fils – en ce sens, et comme je crois que l’éducation par l’exemple est probablement la plus efficace, j’espère qu’elles grandiront avec cette certitude: faire ce que l’on aime est la meilleure façon de s’émanciper et d’accéder à une certaine idée du bonheur. En lire plus »

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