Catégorie : Envie de livres ?

Le lambeau, la claque

Après m’être fait du mal en regardant « Fluctuat nec mergitur » sur Netflix, je me suis dit que ça n’était pas suffisant, du coup j’ai acheté « Le lambeau », de Philippe Lançon, journaliste de Libération et Charlie Hebdo, gravement blessé durant l’attentat du 7 janvier 2015. Et je l’ai lu en trois jours à peine. Ce livre est puissant, difficile, rugueux et hypnotisant. L’auteur ne cache rien des détails les plus intimes, des ravages imposés à son visage par les balles qui l’ont défiguré. Il parle de l’attaque, de la cervelle de son collègue qu’il continue à voir désormais sous la forme d’une anémone de mer, il parle de ces jambes noires qui hantent son sommeil, de la panique qui l’étreint lorsqu’un jour il est déplacé dans une chambre donnant sur un toit plat (et si « ils » pouvaient l’atteindre ?). Il décrit surtout avec une virtuosité incroyable sa reconstruction, physique et mentale. Une reconstruction qu’on devine inachevée, une histoire qui n’a pas à proprement parler d’happy end. Parce que ça n’est pas une fiction. En lire plus »

Quand Mission Hygge prend son envol (avec une première date de signature à l’intérieur)

Ce 24 mai, je l’ai un peu fantasmé, depuis quelques semaines. Je ne sais pas trop ce que j’imaginais, peut-être des émeutes devant les librairies de France et de Navarre, des flashs info sur France Inter, des brassées de rose de mes admirateurs…  Bref, j’y ai pensé et pas qu’en me rasant. Et puis voilà, c’est arrivé, et finalement c’est un jour comme les autres, à cette exception près que mon roman, Mission Hygge est dans les bacs. Il en a fait du chemin, le petit, depuis ces premiers mots tapés sans trop y croire sur mon ordinateur. Bien sûr, j’espère que vous l’aimerez, qu’il vous fera voyager ou vous donnera envie d’acheter des billets pour le Danemark. Mais je sais aussi qu’il ne m’appartient plus désormais, qu’il sera peut-être parfois malmené, oublié dans un coin, pages cornées mais pas jusqu’à la fin, laissé sur un banc ou dans la chambre d’un hôtel, avec des traces de chocolat p.145 ou une crotte de nez glissée entre la p.123 et la 124. En lire plus »

Quatre murs et un toit, de Camille Anseaume

J’ai souvent évoqué sur ces pages ma maison d’enfance. Cette immense masure qui abrita autant de joies que d’intenses tristesses et autres psychodrames familiaux. Une bâtisse qui, lorsque j’eu 19 ans, fut rasée pour y creuser un tunnel. Je suis bien consciente qu’il existe des traumatismes plus importants et je ne veux pas du tout faire pleurer dans les chaumières. Mais cette maison est peu à peu devenue mon paradis perdu, alors même que je n’y ai pas été qu’heureuse et mes parents sans doute encore moins. Elle me manque comme ma grand-mère me manque, elle m’a construite, elle est à l’origine de mon amour des platanes, des pièces qui sentent la poussière, des caves humides, des cheminées et des tommettes rouges dans les cuisines. Elle m’a appris le sens de la fête, la convivialité, et une certaine capacité à cohabiter avec les araignées. C’était ma maison, c’est là que reposent, pour toujours, mes souvenirs d’enfance, les rires des quatre petites filles qui dévalaient le jardin en vélo. Quatre petites filles qui ne furent soudain plus que trois. En lire plus »

Et donc, le tome IV de l’Amie prodigieuse, on en pense quoi ?

Que du bien. Je sais que cette saga italienne d’Elena Ferrante ne séduit pas tout le monde, j’ai parmi mes proches des gens qui n’ont pas du tout accroché, qui ont trouvé ça chiant à mourir, facile ou prétentieux. Et puis il y a les autres, ceux dont je fais partie, qui ont attendu chaque année avec impatience le nouvel opus, qui se sont pris de passion pour Lena, Lila, Nino, Enzo, Pietro, Marisa, Carmen ou Pasquale.

Je sais aussi que le tome 3 n’avait pas fait l’unanimité même parmi les aficionados, moi je l’avais dévoré de la même façon que les précédents, en admettant quelques longueurs, mais qui ne m’avaient pas rebutée, loin de là. Et le dernier tome, donc, c’est simple, je l’ai englouti. J’ai même troqué des pauses séries contre des encas d’Elena Ferrante. Ce qui ne m’arrive jamais, lire est généralement une activité que je réserve aux transports en commun ou à ces quelques délicieuses minutes avant de dormir. En lire plus »

Le jour où j’ai tapé le mot FIN

Hier j’ai mis le point final à la première version – il ne fait aucun doute qu’il y aura des corrections – de mon roman. Ecrire cette phrase me semble totalement irréel tant j’ai souvent commencé puis abandonné des histoires. La fiction, étrangement, a toujours été pour moi hors de portée, jusqu’à ce que je me frotte au scénario. C’est sans doute ce qui m’a « décoincée ». Mais pour autant, l’écriture d’un scénario n’a pas grand chose à voir avec celle d’un livre. D’où ma peur panique à chaque fois de me lancer.

Et puis il y a eu ce concours de circonstances. Une éditrice à qui j’avais proposé un sujet de bouquin axé sur le développement personnel m’a proposé quelque chose de différent. Une histoire qui ferait du bien, qui, sous forme de fiction, pourrait porter un message. Je crois que cette approche a « dédramatisé » la sacro-sainte idée du roman. Comme si le fait de me situer à la croisée des chemins m’autorisait à me prétendre capable d’y arriver. Et puis parallèlement, mes séances avec mon quelqu’un m’ont aidée. C’est étrange parce que ça n’était pas vraiment central dans nos échanges, mais je l’évoquais souvent, cette envie que je ne parvenais pas à concrétiser. Un jour, elle m’a demandé: « qu’est-ce qu’il faudrait pour que vous y arriviez ? ». J’ai répondu, « le talent, sans doute ». « Et manifestement je ne l’ai pas ». Elle a dit « mmm… » Et ensuite elle a suggéré: « Vous ne pensez pas, surtout, qu’il faudrait que vous y consacriez du temps ? De manière régulière ? » En lire plus »

La Tresse

Cet été, il y avait un livre qui circulait un peu partout. Un best-seller estival comme il en existe chaque année. A tel point que je n’avais d’ailleurs plus vraiment envie de le lire (mon côté snob). Et puis comme justement, cet été, je n’ai vraiment pas eu le goût de la lecture – des difficultés à me concentrer et le besoin en réalité de ne penser à rien, pas même aux histoires inventées par d’autres pour me faire voyager – j’ai finalement cédé aux sirènes de « La Tresse ». Parfois, rien de tel qu’un petit bouquin aux apparences « faciles » pour remonter à cheval. En lire plus »

Une saison à la petite boulangerie, de Jenny Colgan

Billet écrit en partenariat avec les éditions Pocket

Après avoir vu son entreprise de design couler, la jeune Polly se sépare de son fiancé et quitte la ville de Plymouth dans laquelle elle a toutes ses attaches, pour s’installer à Mount Polbearne, petite île accessible par la route uniquement à marée basse. Après quelques jours à noyer son chagrin dans une masure délabrée, seul logement qu’elle peut se permettre de louer, Polly fait peu à peu connaissance avec les habitants de ce coin perdu et battu par les vents. Et pour tuer le temps, s’attelle à sa véritable passion : le pain, qu’elle cuisine sous toutes ses formes. De fil en aiguille, Polly reprend la boulangerie du village à l’abandon et trouve l’amour en la personne de Huckle, jeune américain devenu apiculteur après avoir tout plaqué, job en or et amours déçues, de l’autre côté de l’Atlantique.

Pour les amateurs de « feel good book », « La Petite boulangerie du bout du monde » est un modèle du genre. Je n’ai jamais caché mon appétence pour ces comédies romantiques que l’on déguste l’été sur une chaise longue. Mes préférées sont celles écrites par des auteurs britanniques, parce que j’aime les paysages qu’ils décrivent, l’humour british distillé dans des histoires délicieusement parfumées à l’eau de rose. Et puis c’est un livre qui donne faim, qui donne envie de partir, nous aussi, dans un endroit préservé de tout, pour se réinventer. Après le succès international de ce premier opus, Jenny Colgan en a écrit la suite, « Une saison à la petite boulangerie ». En lire plus »

Lecture d’été: Les petites consolations, d’Eddie Joyce

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Je vous avais fait une liste de bouquins à lire pour l’été, je me suis dit que je pouvais aussi vous parler dans les jours à venir des ouvrages dévorés pendant ces deux semaines. Je n’ai en effet pas ouvert mon ordi du séjour – quelle bonne idée que cette désintoxication – et j’ai par conséquent descendu une petite dizaine de livres, certains géniaux, d’autres moins. Parmi ceux que j’ai préférés: Les petites consolations, d’Eddie Joyce. Je crois que l’une d’entre vous me l’avait conseillé, quand je l’ai vu chez mon libraire, je m’en suis rappelé. Bien m’en a pris. L’histoire rassemble en gros tout ce que j’apprécie : New-York et plus précisément Staten Island en toile de fond, des destins croisés à la manière d’un film chorale, des personnages dépeints avec une vraie sensibilité et un style extrêmement juste et ciselé. En lire plus »

The liste de livres pour l’été 2016

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Chaque année j’essaie de vous donner une liste de bouquins pour les vacances – ceci étant dit je crois que l’été dernier j’ai zappé, voire aussi celle d’avant – Voici donc, à la demande de pas mal d’entre vous, ce que je peux vous conseiller pour vos longues après-midi d’été, sachant que si j’ai beaucoup lu ces derniers mois, je me suis malgré tout pas mal concentrée sur des polars. Mais j’ai tenté du coup de glisser quand même des romans, lus moins récemment ou pas (j’enquille un livre par semaine minimum, essentiellement dans les transports et avant de m’endormir) (c’est un peu ce qui marche le mieux pour moi contre les insomnies).

Edit: il est possible que je vous aie déjà parlé de certains de ces bouquins, mais je me dis que comme ça vous avez un récap. En lire plus »