Catégorie : Un resto, un hòtel, un parc à Paris ?

Rêve ta vie en couleurs…

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Je n’étais jamais allée sur le toit du Printemps. Je me souviens que lors de mes premières années à Paris, j’avais pour coutume de prendre un café sur celui de feu La Samaritaine. Il offrait un panorama à 360° sur la ville et une vue imprenable sur la Seine. Mais le grand magasin a fermé, et depuis, mise à part la Tour Eiffel ou Beaubourg, j’étais un peu en manque de promontoire. Et puis hier, sur un coup de tête, nous sommes allées avec B. déjeuner sur ce rooftop. A notre grande déception, la terrasse était en travaux et nous avons du nous contenter de boulotter notre steack frites dans la petite cantine vitrée. Puis nous avons squatté un banc au soleil et devisé en essayant par moments de nommer tous les bâtiments qui s’offraient à nous. La Madeleine par ci, l’Opéra presque à portée de main, Montmartre au loin, l’Arc de Triomphe en ligne de mire et bien sûr, la dame de fer. Je crois que c’est définitivement la plus belle vue de Paris. On pourrait presque toucher les coupoles du Printemps, qui hier brillaient sous un soleil automnal. Je ne sais pas trop pourquoi mais c’est la chanson de Peter Pan, probablement mon Disney préféré, qui m’est venue. « Tu t’envoles, tu t’envoles… ». Bien sûr ce n’était pas Londres, bien sûr il faisait jour, mais l’espace de quelques instants, j’étais cette petite fille en chemise de nuit, survolant la ville. En lire plus »

The last time I saw Paris…

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Ce week-end nous étions à Nîmes et dans ses environs avec les enfants et le churros, pour une mission commando: en deux jours, identifier quelques endroits sympas à visiter en famille, pour ensuite rédiger un petit guide qui sera publié sur Voyages-Sncf.com (pour tout connaitre de cette opération baptisée Vbreaks, c’est par ici). Je ne vais pas vous raconter le résultat de nos pérégrinations, parce que ce serait comme vous spoiler le dernier épisode de Scandal (on n’est pas loin de la 78ème réconciliation entre Fitz et Olivia). Mais il n’empêche qu’on a passé 48h merveilleuses, en réussissant l’exploit de passer entre les gouttes dans cette région qui n’a pas été épargnée récemment par les intempéries. Surtout, j’ai eu le plaisir de croiser Domi, une lectrice du Gard, donc, adorable, drôle, mignonne, bref, c’est tellement chouette de parfois mettre des visages sur vos pseudos, surtout quand ils sont accompagnés d’un accent du midi pile comme je les aime et d’une telle gentillesse. Enorme coeur avec les doigts, Domi, d’autant que juste avant, mes ados venaient pour la énième fois de se fiche allégrement de moi (je crois que je ne suis plus du tout respectée au sein de mon foyer) et que pendant une petite heure (grand max) ils m’ont regardée avec une certaine déférence (ou alors je me berce d’illusions).

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A part ça, le week-end d’avant nous avions également profité d’une invitation le churros et moi pour passer une soirée en amoureux à Paris et dormir à l’hôtel. Vous connaissez mon penchant pour les king size bed (après 18 ans de vie commune il faut parfois quelques stimulis pour ainsi dire) (aussi, plus le lit est grand, moins j’entends les ronflements) et d’une manière générale les jolis hôtels, c’est donc sans aucune hésitation que j’ai accepté la proposition d’Hôtels Chéris, un site qui sélectionne des endroits romantiques un peu partout dans le monde, en vertu de critères assez drastiques. En lire plus »

Dolce vita au café de la Jatte

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La semaine dernière, juste avant de sombrer dans la gastro, j’ai été invitée à découvrir un lieu que je ne connaissais absolument pas, dans un coin de Paris – ou plutôt de Neuilly d’ailleurs – que je n’avais jamais visité: l’Île de la Jatte. Un endroit qui m’a fait penser à Deauville, avec des maisons cossues à colombages et des rues propres comme des sous neufs. Avant d’être ce restaurant italien à se damner, le café de la Jatte fut un manège à chevaux, puis un garde meuble pour les décors de l’Opéra. Un bâtiment comme je les aime, haut de plafond et surplombé de verrières. Un endroit où l’on s’imagine s’attabler à dix ou quinze autour d’une pasta à l’encre de sèche. En lire plus »

Street style

 

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Samedi fut une journée parfaite, une journée de petits riens, grasse matinée, petit déjeuner tardif, recouchage, relevage et déjeuner à 15h sur la terrasse du musée d’Art moderne de Paris. Musée dans lequel nous avons ensuite admiré les oeuvres de Keith Haring, un des pionniers du street style. Loin de n’être qu’un génial graphiste aux motifs reconnaissables entre tous, Keith Haring a su par ses pictogrammes presque enfantins décrire et décrypter ces années dingues que furent celles de l’arrivée du sida, du triomphe de la publicité et de l’hyperconsommation. Il était engagé, fier de ce qu’il était, de qui il était. Il y a plus de 20 ans, ça n’était pas si évident (l’est-ce aujourd’hui ?). L’exposition qui lui est consacrée au MAM est extrêmement bien faite, les explications sont toujours à propos, les oeuvres mises en valeur au gré d’éclairages toujours subtils. Je me suis fait la réflexion qu’il était rare qu’esthétique et messages politiques se mêlent aussi harmonieusement. Parce qu’en dépit de la morbidité de certaines toiles, il s’en dégage une énergie et une beauté incroyable. Il suffit de voir à quel point les enfants présents appréciaient la visite pour mesurer la portée de sa « parole ». (ok, il y a aussi environ 567 penis planqués – ou non – dans les tableaux et forcément, ça occupe les jeunes esprits).

Bien que le tout laisse un goût amer de maladie et de mort,  j’en suis ressortie avec, je crois, un supplément d’âme. C’est, en ce qui me concerne, béotienne de l’art, ce qui me meut. En lire plus »

Royal au bar

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Contrairement aux apparences je ne suis pas tombée dans la Seine après le mojito de trop, mais il n’est pas exclu que ça finisse par arriver. Plus sérieusement, ce n’est pas que je manque d’inspiration ces derniers temps mais la vérité, c’est… que je manque un peu d’inspiration ces derniers temps. Comme si mon cerveau s’était doucement mis en jachère, mon outfit aussi – en même temps, est-ce qu’une modeuse a déjà osé le shooting mode en culotte sur le canapé par plus de 35° ? Si ça se trouve je ferais un carton – (ou pas). Même mes lectures se font en pointillé, lorsqu’il fait si chaud mes pensées s’évadent.

Deux trois petites choses néanmoins à vous raconter. En lire plus »

Histoires de lumière

 
DSC_0874Un petit billet avant une absence de quelques jours. Pas de vacances pour moi mais malgré tout un week-end prolongé pour une échappée très belle en famille. J'avais je crois évoqué il y a quelque temps mon envie d'emmener mes enfants et mes parents à New-York, thank's god le prix des billets trop élevé nous avait un peu coupé dans notre élan, merci le karma, pas sûre que c'eut été formidable de croiser le chemin de Sandy, d'autant que nous serions partis exactement à ce moment là et que donc nous ne serions pas partis. Ce qui, on est bien d'accord, n'aurait pas été bien grave au regard de ce que certains ont subi au passage de cette bitch de Sandy, justement.

Bref, nous avons revu nos ambitions à la baisse mais pas trop non plus, en décidant de mettre le cap sur Venise. Décollage demain matin de Lyon, pour trois jours tous les sept, les pieds dans l'eau d'après ce que j'ai compris, on est en pleine période d'aqua alta et parait qu'il faut des bottes. Venise est un endroit que j'ai eu la chance d'arpenter à plusieurs reprises depuis mon enfance, au gré d'une colo quand j'avais douze ans – mmmhhh le camping de l'autre côté de la mer, où j'avais choppé non seulement des tiques sur les seins mais aussi un staphylo dans l'oeil, tellement glam -, d'un voyage de classe en prépa – plus grosse cuite de ma vie EVER, vomir du haut d'un lit superposé d'une auberge de jeunesse, check -, d'un périple entre copines – chouette mais nous étions quatre filles alors déprimées de ne pas avoir de mecs et croyez moi, s'il y a un endroit au monde où on a envie de rouler des pelles, c'est Venise – et enfin, last but not least, d'un week-end surprise il y a six ans, au cours duquel le churros m'a demandée en mariage de la manière la plus jolie qui soit (pour ceux et celles qui ne venaient pas encore sur le blog, c'est ici et ici, mes premiers "minute par minute" je crois).

C'est donc un peu un pélerinage cette fois-ci, c'est aussi et surtout un plaisir par procuration, redécouvrir cet endroit magique à la lumière si particulière à travers les yeux de mes enfants et de mes parents qui n'y sont jamais venus. J'ai hâte.

Voilà, sinon, hier je suis allée voir l'expo Hopper au Grand Palais. Je ne saurais que trop vous conseiller de vous y précipiter. Je vous invite à acheter des billets coupe file parce que la queue était tout de même conséquente – je suis une saleté de journaliste privilégiée dont la carte de presse permet d'entrer par une porte dérobée mais même là j'ai quand même du attendre au vu du nombre de gens détenteur du même sesame.

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Je suis tombée amoureuse d'Hopper par le plus grand des hasards, un livre de Philippe Besson, l'Arrière saison, dont la couverture était le fameux tableau dans le bar, avec cette femme rousse mystérieuse. Livre d'ailleurs vachement sympa, je vous le recommande, construit autour de ce tableau, justement.

Depuis, je rêvais de voir ces toiles en vrai et hier j'en aurais presque pleuré d'émotion tant elles sont belles. Il y a un travail sur la lumière qui ferait passer chaque oeuvre pour une photo, une sorte de tristesse latente, une façon de dépeindre le quotidien, qui m'a touchée comme rarement je le suis devant des tableaux. Hopper semble vouer une fascination pour les chambres d'hôtel, fascination que je partage, pour la golden hour, ce moment de la journée où le soleil prend des teintes dorées sublimant le moindre bâtiment industriel, ou pour la lumière du petit matin et des rais de soleil sur les murs des chambres, d'hôtel, justement.

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Il y avait trop de monde, j'aurais voulu être seule pour m'inviter un peu plus à l'intérieur de ces oeuvres. J'y retournerai en semaine, aux premières heures, je crois, pour en profiter encore plus.

Après, nous avons mangé un cupcake délicieux, vendu à la sortie de l'expo et traversé, de nuit, le jardin des Tuileries. C'était une belle journée.

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Bon week-end et take care.

Des super héros et d’autres choses

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Samedi, on est allés voir "X Men, first class" avec le churros et le machin.

A la sortie, j'ai eu droit à l'habituel décryptage du film. Sachant que père et fils ont bac + 12 en super-héros. S'il est un dieu que le churros vénère, c'est Marvel et pas un autre.

Dire qu'ils étaient enthousiastes est un euphémisme. C'était à celui qui trouverait le plus de superlatifs pour décrire ce chef d'oeuvre qu'on venait de regarder. Le machin était comme possédé et marchait bizarrement "je ne sens plus mes jambes en fait, j'étais trop dans l'histoire" (= il avait grave flippé et s'était tellement contracté qu'il avait perdu la sensibilité de ses pieds).

Bref, contents et satisfaits, mes hommes. A un détail près.

"J'ai quand même noté une petite incohérence: à un moment, Magneto brise le cou d'Emma Frost avec des chaines en métal alors qu'elle s'est transformée en diamant. Or tout le monde sait bien que le diamant ne se taille qu'avec du diamant."

Approbation du machin qui avait bien sûr relevé ce fail scénaristique.

"Heu, en même temps, pardon les gars, hein, mais le film est un tout petit peu cousu d'improbable. Le fait que Magneto parvienne à extraire des fonds un sous-marin de 18 000 tonnes et à l'envoyer s'exploser sur une plage cubaine par la force de son esprit, dans le genre n'importe quoi, ça m'a limite plus étonnée que ton truc de diamants…"

Echange de regards consternés des deux experts et soupirs suitant le mépris.

"Rien à voir, tu n'y es pas du tout. Il avait tout simplement trouvé le point médian entre colère et sérénité et son pouvoir était donc à son apogée", m'a répondu le machin, avec une condescendance qui m'a donné envie de lui faire bouffer son jogging. "Evidemment ! ÇA c'était cohérent", a renchéri le churros, fort de son doctorat es comics.

Evidemment. Je suis con moi parfois.

A part ça hier il faisait 50° à Paris et nous avons fait preuve d'une originalité folle en allant chercher un peu de fraicheur au parc Montsouris. Malgré la foule et la cagna, c'était bon, comme un avant goût de vacances, grâce à la buvette, sa terrasse et son orgue de Barbarie. Un peu plus loin, sous le kiosque à musique, un orchestre à mille cordes chantait l'amour. Un tour de manège puis de poney, un caprice plus tard parce que même deux ça n'est pas assez, nous sommes repartis en longeant la merveilleuse cité universitaire internationale qui me fait penser à chaque fois que nous sommes quelque part dans un campus anglais. Le bonheur à pas cher, en somme.

Edit: Un coucou à la jeune femme de la Fnac, qui, non, ne me dérangeait pas, et à celle du parc Montsouris qui m'a saluée et gratifiée d'un grand sourire auquel j'ai répondu rapidement, j'étais de poney, voyez-vous… Et aussi, avec une semaine de retard, un clin d'oeil à Caroline de la gare de Bercy, qui, la pauvre, a supporté notre bruyante équipée tout le voyage, de Paris à Clermont, ou presque. En même temps, au retour cela fut dix fois pire…

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Boulevard des Capucines

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Il suffit d'un car rouge qui passe devant l'opéra pour que Paris prenne des airs de jeune fille anglaise. Joyeuses Pâques à tous, je ne sais pas vous mais moi je prends un plaisir fou à jouer les touristes dans ma ville en profitant du soleil qui chauffe juste ce qu'il faut.

Boulevard des Capucines, j'aime l'Olympia, les boutiques de filles, l'Opéra et la place du théâtre Edouard VII. Un autoportrait s'est caché dans ces clichés et il est color block, en plus…

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Un matin au Big Ben Bar…

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Pas beaucoup de temps aujourd'hui alors je vous laisse finir la semaine
avec ces quelques photos prises à l'aide de mon téléphone donc d'une
qualité douteuse – mais tellement douteuse que ça fait leur charme –
d'un des endroits que je préfère à Paris. Le Big Ben Bar. Autrement
dit, le bar du Train Bleu, ce restaurant chic de la Gare de Lyon.

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Des années que je pars ou reviens de cette gare et pourtant, mis à part un repas un soir dans le restaurant – beau mais surestimé -, je n'avais jamais eu l'idée d'aller me lover dans les fauteuils clubs carmins pour déguster un thé – à 3000 dollars tout de même – ou un café – également assez cher mais le confort se paye ma pauvre dame – en attendant que ce soit l'heure de mon TGV.

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Comme pour pas mal de mes découvertes esthétiques et sensorielles, c'est mon amie Maud qui m'y a emmenée la première fois. Mon amie Maud, je ne sais pas si c'est parce qu'elle est elle même très belle, mais elle est de celles qui ont un instinct infaillible pour les beaux endroits et les belles choses.

Ce jour là, c'était un 24 décembre et nous étions très tristes, parce que nous allions dire adieu à un ami. Ce petit intermède dans la douceur ouatée du Big Ben Bar a été comme un sas de décompression avant cet au-revoir, comme un baume sur une plaie qui allait mettre des années à se cicatriser mais qui peut-être brûlerait un peu moins en repensant à ces instants.

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Depuis, j'y retourne parfois, lorsque je suis en avance ou en retard et qu'il me faudra attendre le suivant. Je peste toujours un peu contre les prix mais je me prends aussi pour Oscar Wilde ou tout autre britannique très chic, parce que oui, il y a un peu d'Angleterre dans ce Big Ben Bar. Je pense aussi à lui, qui ne pouvait qu'aimer cet endroit, sauf que je ne le sais pas, je ne le lui ai jamais demandé. Mais quelque chose me dit que si ce chat y dort si bien… N'est-ce pas l'Igéenne ?

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Bon week-end…

Edit: Une bise à la jolie blondinette du 47 hier…

Super Nanny et le petit Monsieur

Il y a une semaine ou deux, je suis allée au restaurant.

Déconne.

Ben
non, même pas je rigole, en plus.

Les astres étaient avec nous, la lune pile
poil en vénus et les marées au bon coefficient. Bref, tous les éléments
étaient favorables et aucun des trois lardons n'était malade. La
baby-sitter était quand à elle disponible ce qui semble être la moindre
des choses pour une baby-sitter sauf qu'il faut savoir qu'une vraie nanny a en général un emploi du temps digne de celui de Rachida
Dati. C'est simple, si c'est une bonne baby-sitter et que tu es du
genre conne ou débutante dans ta vie de maman, tu refiles son nom à tes copines, lesquelles sont bien contentes que la nana se
soit fait la main sur TES enfants plutôt que sur les leurs. Du coup, le
jour où tu en as besoin, la demoiselle t'explique un peu gênée que non, elle
garde déjà les rejetons de tes voisins. Forcément, ça énerve. Et te
pousse à des conduites mesquines, du style augmenter en douce ta perle
rare sans en avertir tes copines pour que celles-ci passent pour des ratoches. Ou la réserver pour tous les samedis
à venir et la décommander au dernier moment si d'aventure finalement tu
ne sors pas.

Le problème c'est qu'en plus d'être très demandée, la baby-sitter, a, hélas, une vie en dehors de la tienne ou de celle de tes amies. Si. En tous cas passé 18 ans. L'âge auquel justement tu commences à faire confiance à un tiers pour surveiller la chair de ta chair. Et super-nanny a d'autant plus une vie sociale que tu l'as grassement enrichie depuis quelques mois et qu'elle peut par conséquent aller faire la fête du string au Baron le samedi soir et te planter bien gentiment devant les Enfants de la télé.

C'est sûr, de toutes façons, le baron, tu n'y rentres pas. Et pour une fois c'est pas une question de taille.

Quoique.

M'enfin voilà, dégoutée, tu as tué la poule aux oeufs d'or. Reste plus qu'à attendre qu'elle ait claqué tout ton blé pour espérer ressortir un jour. Ou qu'elle se fasse plaquer. Ou qu'elle s'engueule avec sa bande.

Bref. Il y a deux semaines, y'avait un créneau, ils étaient en train de faire l'inventaire au Baron et la miss était fauchée. Pan, on a pu aller au restaurant. En plus, nos copains eux aussi étaient tombés sur un jour "avec", et du coup, on n'était même pas seuls. La fête, en somme.

Et donc, on est allés dans un chouette endroit dont j'avais envie de vous causer cinq minutes. Ben non, le billet à l'origine, n'était pas sur les baby-sitter. Sinon tu penses bien que je t'aurais aussi parlé des boulets, celles qui te flinguent ton frigo, qui tchattent sur msn à partir de TON ordinateur et qu'après je me tape des "kikoo lol" de prépubères qui veulent parler du look trop délire des BB Brunes, en pleine rédaction d'articles sur le réchauffement climatique. J'aurais aussi pu lancer un débat sur le tarif horaire des nannys qui, pardonnez-moi, n'a plus rien à voir avec les pauvres 23 francs de l'heure de mon époque et qui, s'il est mérité en cas de crise existentielle de number three couplée à une gastro fulgurante de Grand qui pue, est carrément surestimé quand tout le monde roupille à 20h30.

Je n'évoquerai pas non plus la nécessité de faire un casting approprié, histoire que l'homme ne se déclare pas volontaire avec un peu trop d'empressement pour ramener la demoiselle à 3h du mat à six stations de métro alors même que tu viens de te faire rembarrer quand tu lui as demandé d'aller t'acheter de l'eau qui pique chez l'arabe au coin de la rue.

Mais non, je ne m'étends pas vu que j'ai décidé de me lancer dans la critique gastronomique.

T'inquiète, je serai brève, je sens que j'ai déjà pas mal entamé ton capital concentration.

Nous sommes donc allés Au petit Monsieur, rue Amelot, dans le 11ème, pas loin de la Bastoche.

Cosy, succulent, accueil charmant.

J'en dis plus ? Ok. Le menu de base est à 35 euros avec s'il te plait QUATRE plats, dont des desserts à te taper le cul contre la commode. Mais là où le petit monsieur et accessoirement patron est malin, c'est qu'il propose une carte "anti-crise". Là, ton entrée/plat/dessert te revient à 20 euros et des bananes. Et crois moi, ce qu'il propose en low cost est aussi bon que le reste, je le sais, j'ai testé.

Voilà, en plus tu es servi impeccablement, ce qui change des trois quarts des restos du 11ème où le serveur il confond et croit que c'est toi qui dois le remercier d'avoir bien voulu te laisser une place dans son palace et où tu bouffes de la merde pour une addition qui cumulée à ce que tu vas lâcher à Nanny équivaut au PIB du Luxembourg.

Allez, maintenant je te laisse, je vais tenter de trouver quelqu'un pour samedi soir.

Au Petit Monsieur

50, rue Amelot 75011

Tel : 01 43 55 54 04

 

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