Thérapie: dix enseignements

Cela fera trois ans en juillet que j’ai entamé une thérapie. Pour ceux qui me prennent en route, j’y suis allée suite à des crises d’angoisse à répétition, qui commençaient tout simplement à m’empêcher de vivre, avec des pics d’hypocondrie qui tournaient à l’obsession. Sans être devenue prosélyte de la psychothérapie (ou de l’analyse, à vrai dire je ne sais pas trop si je fais une analyse ou une thérapie, à l’occasion je lui demanderai), je dois avouer qu’en ce qui me concerne, il y a eu une nette amélioration de mon état. Sans qu’il y ait eu non plus de révélation fracassante, comme j’en parlais d’ailleurs dans un précédent post. Ceci étant dit, avec ce recul, voici ce que je retiens de ces séances.

1 – Au départ, on a l’impression de découvrir une vérité sur soi et sur les siens. On a l’impression que ça y’est, on a trouvé la clé. Et puis petit à petit, on comprend que ça n’est jamais que notre propre vision des choses et qu’il faut accepter cela, ce regard subjectif et l’idée que la Vérité n’existe pas, qu’elle est multiple. Et qu’on ne pourra donc jamais imposer notre lecture des événements à ceux qui les ont vécus en même temps que nous.

2 – On vient souvent consulter pour un symptôme. Et on réalise que ce symptôme est là pour nous protéger, presque, d’une autre souffrance. Qu’il a une utilité, que c’est un exutoire. C’est sans doute le plus difficile à accepter, que ce qui nous gâche la vie au quotidien a en réalité une utilité, un bénéfice. Tant qu’on ne comprend pas ça, c’est assez difficile d’avancer, parce qu’on voudrait supprimer les effets sans s’attaquer à la cause.

3 – Beaucoup de névroses proviennent d’un sentiment de culpabilité ancré profondément, qui génère une angoisse, laquelle prend des formes diverses (dans mon cas, la peur de mourir, l’addiction au tensiomètre et à doctissimo, etc). Trouver l’origine de cette culpabilité n’est vraiment pas évident, parce que cela révèle nécessairement des choses pas très jolies sur soi.

4 – Le plus difficile me concernant, c’est justement de parvenir à montrer ce « pas joli » pendant mes séances. Je ne dis pas que j’y arrive désormais, mais je crois que j’ai enfin dépassé ce stade pendant lequel je tentais à tout prix de me montrer sous mon meilleur angle, en « bonne élève » que j’ai toujours voulu être. Le transfert qui s’opère avec le thérapeute contribue à cela, on ne veut pas le décevoir, on veut lui plaire (enfin, moi, mais ça participe évidemment de ma névrose, j’imagine).

5 – On passe par une phase où on en veut à certaines personnes de son entourage. C’est plus facile que de s’attaquer à soi, c’est naturel parce qu’on « refait le match » et qu’on a face à soi quelqu’un qui est « de notre côté », qui nous écoute sans juger, qui est là pour ça, pour être le réceptacle de nos aigreurs, de nos souffrances et de nos ressentiments. Les relations se redéfinissent forcément, parfois dans la douleur. Mais si on s’arrête à ça, on n’avance pas. On ne fait pas une thérapie pour changer les autres ni pour les amener à s’excuser de ce qu’ils nous ont fait ou plutôt de ce qu’on estime qu’ils nous ont faut. On fait une thérapie, j’ai l’impression, pour arriver à accepter son histoire, à la comprendre.

6 – On passe aussi par une phase d’euphorie et d’envie d’en parler sans cesse, « ma psy dit que », « ma psy pense que », « ma psy te dirait que ». Ce qui est assez drôle d’ailleurs parce qu’en l’occurrence, ma psy dit peu. Je pense que c’est assez chiant pour l’entourage. Mais parfois, cette nouvelle lecture qu’on acquiert peut avoir des bénéfices, sur nos proches. J’ai l’impression d’être devenue plus souple, plus tolérante, de ne plus être manichéenne dans ma façon de juger autrui. La thérapie m’a un peu débarrassée de ma façon très judéo-chrétienne de considérer les « torts » des autres.

7 – Le principal enseignement que je retire au quotidien de ces séances, c’est celui selon lequel la psyché se dirige naturellement vers ce qui lui apporte plus d’avantages que d’inconvénients. Autrement dit, lorsqu’on se retrouve empêtré dans une situation qui nous parait insupportable, il peut être bon de se demander « quels sont les bénéfices pour moi de m’entêter à fonctionner comme ça ? » Cela m’aide aussi dans mes choix, je pèse désormais systématiquement les pour et les contre d’une décision, qu’elle soit pour moi ou pour quelqu’un. Si j’ai envie de dire ses quatre vérités à untel, je me demande avant ce que ça va vraiment m’apporter et lui apporter. Et je réalise souvent que la « vérité » est un concept finalement assez surestimé. D’autant que, si vous avez suivi, la « vérité » est souvent très subjective. Je crois que si nous remplacions cette quête de « franchise » par une autre, celle de la bienveillance, on se porterait tous un peu mieux. Mais c’est peut-être parce que je suis assez faux-cul de nature.

8 – Suivre une thérapie ne rend pas meilleur, ne rend pas plus sage, ne rend pas forcément plus heureux. En revanche, ça aide sans doute à mieux identifier ses désirs et à s’accorder le droit de les suivre.

9 – Il faut résister à l’envie de vouloir psychanalyser tout le monde ou d’évangéliser tout le monde. Ce qui nous convient n’est pas forcément ce qui convient à l’autre.

10 – Il peut y avoir comme effet collatéral une petite tendance à faire du jogging autour de son nombril. C’est assez inévitable je pense. Mais ça n’est peut-être pas si terrible. Peut-être même que c’est l’essence du genre humain. La différence sans doute c’est que lorsqu’on fait une thérapie, c’est plus conscient et assumé.

61 comments sur “Thérapie: dix enseignements”

  1. Nathalie a dit…

    Je ne sais pas si on a besoin de faire une thérapie pour « faire du jogging autour de son nombril » 🙂 pour ma part je crois que j’y arrive sans faire de thérapie. À moins qu’écrire en soi une. Quant à ta difficulté de « sortir les trucs pas jolis » de toi. Que dire? c’est ce qui me retiens, je crois. Ou que mon assemblage brinquebalant foute le camp. En tout cas, merci pour ce billet

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    • busycaro a dit…

      Je partage cette experience. Je pense arriver a faire le travail toute seule et je ne souhaite pas trop remuer la boue. Je me satisfais de mon ‘assemblage brinquebalant’ (jolie expression)

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  2. bea a dit…

    je comprends très bien ton message : « Je crois que si nous remplacions cette quête de « franchise » par une autre, celle de la bienveillance, on se porterait tous un peu mieux. Mais c’est peut-être parce que je suis assez faux-cul de nature.  » Je suis également un peu faux-cul et limite niaise, mais en vieillissant, je l’assume et je me fous que les gens pensent que je suis conne parce que je me sens mieux comme ça ! mais le cheminement a été trèèès long ! surtout chez moi, dans le sud; plus tu es grande gueule et contre tout, plus tu es aimé ! 🙂 🙂

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    • Daphné a dit…

      Ca c’est un truc que je ne comprends toujours pas Bea; certains énoncent des énormités, mais comme elles sont dites avec aplomb, ça passe crème. Comme si l’incohérence n’avait plus d’importance tant qu’on parait sûr de soi. N’est-ce pas fascinant ?

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      • Mel (une autre) a dit…

        Oui, Daphné, c’est fascinant l’adhésion que suscitent les opinions énoncées avec aplomb. Ce qui prouve bien, à mon avis, que ce n’est pas forcément ce que l’on dit qui parvient à notre interlocuteur, mais souvent la façon dont on le dit…

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        • marieal a dit…

          quand on voit des hommes ( ou des femmes ) politiques faire des mensonges éhontés , dont tout le monde sait qu’ils mentent, mais qui malgré tout réussissent à recueillir des voix, et beaucoup, parfois même à se faire élire par la majorité des votants, on comprend que le contenu du message importe parfois peu…

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  3. Caro d'Ardèche a dit…

    6 ans de thérapie et à ce jour je lutte toujours désespérément contre l’angoisse qui a ressurgi en un éclair sans crier gare … du moins je ne l’entends pas crier. Intéressant le point qui parle de réussir à révéler ce qui n’est pas joli joli en nous, je commence tout juste je crois. Ça vient peut être de la mon effondrement de ce we ???merci pour Ton point de vue pertinent et éclairant. Dur d’être un humain 😉

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  4. Jo Ridée Rieuse a dit…

    Je pense que nous sommes tous, sans le vouloir, sans même le savoir, dans le paraître. On a ce côté bon élève, qui nous fait dire, si on dévie un peu – Que vont penser les autres ?
    Je crois que les autres, ils s’en fichent de notre trajectoire linéaire ou sinueuse.
    Comme tout le monde fait du jogging autour de son nombril ( J’adore la phrase), on peut poser le manteau de la culpabilité et vivre sa vie.
    Les autres, en général, jettent un œil à notre comportement, nous disent un truc sympa ou une vacherie et repartent vite, leur ego sous le bras.
    Avec les années, je me fiche de plus en plus de ce que les autres pensent et ça allège bien le parcours.

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    • Val Lao sur la Colline a dit…

      Idem, et pour moi ce détachement du regard d’autrui a commencé à l’adolescence, paradoxalement. Je m’en fous, mais je m’en fous, de ce que peuvent penser les autres de moi ! Et j’y trouve une folle liberté…

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  5. Val Lao sur la Colline a dit…

    Je trouve ton point 7 particulièrement intéressant, même si sa conclusion m’a un peu fait sursauter.
    Je crois terriblement en la bienveillance, notamment auprès de son entourage proche, mais aussi auprès des brèves rencontres, des personnes tout juste croisées. Je crois qu’on reçoit souvent en retour ce qu’on envoie.
    Mais je ne crois pas que la bienveillance abaisse la garde, et empêche de rester vigilant. Je pense avec l’âge être de plus en plus bienveillante, mais paradoxalement, j’ai de moins en moins de mal à dire les choses simplement et franchement, même les plus difficiles à entendre (et à dire). Je suis d’accord avec toi sur l’importance de se demander si « dire ses 4 vérités » à quelqu’un est profitable, mais si la réponse est oui, je n’hésite jamais. Je crois aussi que l’on peut tout dire, à tout le monde, MAIS pas n’importe comment.

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    • mammouth a dit…

      « Je crois aussi que l’on peut tout dire, à tout le monde, MAIS pas n’importe comment. »
      C’est exactement ce que je répétais régulièrement à mes enfants quand ils étaient plus petits. Ma manière de leur dire que j’étais à leur écoute et disponible, ouverte aux échanges, même si c’était des choses désagréables à entendre, mais que je ne tolèrerais pas le manque de respect.

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  6. Cécile a dit…

    En accord 10/10 sur ces bienfaits.
    J’en ajouterais un:Au quotidien, savoir que j’ai ce rv régulier pour poser mes pensées, questions et réflexions existentielles m’évite bien des prises de tête avec moi-même, c’est bon pour mon sommeil et ma disponibilité d’esprit pour le reste

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    • Val Lao sur la Colline a dit…

      Ah ! j’aime beaucoup cette idée de « savoir que [tu as] ce rendez-vous régulier pour poser [tes] pensées », c’est très joli et j’en comprends l’apaisement que cela peut procurer. Moi ça me fait pareil avec mes séances de course à pied, qui ont, quand elles sont longues, un effet hypnotique bienfaiteur.

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  7. cadc a dit…

    Le 9 est très très vrai.
    Je me demande pourquoi les gens autour de moi qui vont mal ne passent pas la porte d’un psy. En gros pourquoi ne pas saisir la chance d’aller mieux quand on va mal? Mais ce n’est pas si simple.
    Après une année pour moi, le constat que j’y suis allée en pensant que ça ne durerait que quelques mois…et aujourd’hui je me demande bien quand je pourrai arrêter!! C’est une vraie bulle dans ma semaine, nécessaire et douce.

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    • mammouth a dit…

      Je pense que les solutions sont diverses selon les personnes, déjà. Peut-être essaient-ils d’autres moyens qu’un psy pour essayer d’aller mieux et ils ne t’en parlent pas. Surtout, je me dis que la souffrance est bien relative et s’accorde avec notre résilience. Ce que je veux dire, ce n’est que quand la souffrance devient intolérable pour quelque chose en particulier qu’on est prêt à trouver des solutions, qu’on trouve une certaine volonté à l’intérieur de nous et qu’on arrive à travailler pour ouvrir les portes de sortie. Mais ça peut parfois durer des années avant qu’on arrive à ce point culminant du stop-j’en-peux-plus-faut-que-je-me-prenne-en-main. Parfois, on n’y arrive jamais.

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      • Jeanne a dit…

        Mammouth, ce propos décrit très précisément ce que j’ai pu vivre:  » quand la souffrance devient intolérable pour quelque chose en particulier qu’on est prêt à trouver des solutions ». Mes angoisses sont devenues si fortes, oppressantes il y a quelques années, qu’aller voir quelqu’un m’est apparu comme la dernière possibilité à essayer (j’avais 26 ans à l’époque). La réussite a été plus grande que ce que j’aurais imaginé. Actuellement, je vais bien, mais j’ai appris qu’il me faut rester vigilante…. pour toute ma vie!

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    • Zéphine a dit…

      cadc, Je supporte les propos de Mammouth: que ça t’ai été d’un grand support, je trouves ça génial. Mais penser que tout ceux qui vont mal devraient consulter, je n’en suis pas si certaine: c’est pour moi, vraiment un choix personnel, et se forcer à voir quelqu’un parce qu’on va mal peut être parfois paradoxalement plus destructeur qu’autre chose.

      J’ai traversé une période de dépression il y a deux ans. Sur papier, j’avais tout pour être heureuse: jeune, en bonne santé, en couple dans une relation stable et bienveillante, avec une famille aimante, pas de problèmes d’argent, un haut niveau d’éducation qui devait m’assurer une carrière assez facile, … Et pourtant, j’étais malheureuse sans pouvoir mettre le doigts sur le « pourquoi ». Sur les conseils trèèès insistant de mon compagnon (qui ne voulait que mon bien, je ne lui en veut absolument pas), j’ai vu une psy pendant quelques mois.
      Mais je n’étais sans doute pas prête, la décision ne venait au fond pas de moi, bref ce n’étais pas le bon timing et/ou la bonne personne, et ces séances n’ont en rien amélioré mon état, voir même n’ont fait que me culpabiliser encore plus.

      Je m’en suis sortie par moi même, essentiellement en me « droguant » aux endorphines par le sport. Et même si je sais qu’entammer une thérapie/une analyse/voir quelqu’un peut être d’une grande aide pour beaucoup, je ne jugerai personne qui n’en a pas (encore) le courage ou s’y refuse parce qu’il/elle « ne le sent pas ». Chaqu’un/une est différent et réagit/gère différement ses difficultés, et il existe bien d’autres solution que de consulter quelquíun. À chaqu’un/une de trouver ce qui marche pour soi…

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  8. Banane a dit…

    Je devrais peut-être changer de crèmerie : la mienne n’est pas tellement « de mon côté » (point 5).
    Quand on n’est pas d’accord, on se fritte un peu. Enfin, elle laisse tomber, évidemment, mais je repars bien agacée (la conversation tourne dans ce cas autour de choses très concrètes, conseils pratiques ou autres).
    Parfois c’est juste une formulation qui ne m’a pas parlé, je comprends ensuite mieux en le ressassant un brin. Mais bon, la colère, ça fait aussi partie de ma névrose.

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  9. Virginie B a dit…

    j’adore l’idée du jogging autour de son nombril… trêve de… ces points sont très riches et je partage « ton point du vue » sur la vérité, on se construit sa propre vérité et oui c’est très compliqué et subjectif !

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  10. Céline a dit…

    Voilà quasiment un mois écoulé depuis ce premier rdv avec mon « quelqu’un ». Plusieurs années que j’y pensais, que je n’osais pas ou que je n’accrochais tout simplement pas avec le quelqu’un en question.
    Ca serait peut-être exagéré de dire que c’est grâce à toi que j’ai eu le déclic pour retenter le coup mais quand même, on n’en est pas loin. Et bien m’en a pris, je pense avoir trouvé la bonne personne, qui ne me juge pas, me pousse à affronter certaines réalités et surtout avec une bienveillance incroyable. Alors non, je n’arrive pas encore totalement à montrer ce fameux côté « pas joli » (allo transfert bonjour) mais je sens assez de confiance pour croire que j’y arriverai.
    En tout cas, je me retrouve un peu dans chacun de tes points et ça aussi, ça fait du bien ! Alors juste merci…

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  11. le vieux pull a dit…

    Le premier point est celui qui me permet le plus d’avancer en acceptant l’autre depuis le début de l’année. Je comprends de plus en plus que j’ai MA vérité et que l’autre a la sienne. Ca ne m’aide pas à trouver des solutions à tout mais à ouvrir des dialogues (et éviter de m’énerver)

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  12. Smouik a dit…

    Belle analyse de l’analyse… 😉
    J’aime particulièrement ton point 2. Quant à tourner autour de son nombril, je m’inscris en faux contre ce magnifique principe judéo-crétin qui veut qu’on s’oublie pour ne penser qu’aux autres. Parce que pour bien s’occuper des autres, il faut justement s’occuper de soi. Ça, c’est dit ! 🙂

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  13. Daphné a dit…

    Je n’ai jamais tenté d’analyse et pourtant; qu’est-ce que j’ai l’impression de reconnaître certaines de mes façons de faire dans ce que tu écris – de quoi réfléchir, pour commencer. Penser en termes de bénéfice pour soi, voilà déjà une piste intéressante.

    D’ailleurs, je me demande si le fait d’écrire ces choses ici t’accompagne dans ce cheminement ? Tu sais, on aime faire du jogging avec toi, quel qu’en soit le lieu 😉 .

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  14. Véronique a dit…

    Bonjour,
    Est ce qu’il ne vous est jamais arrivé de vous demander si vous pourriez vous passer du « quelqu’un » et le remplacer par un papier et un crayon ? S’il n’y a pas ou peu d’échange avec le psy, est il réellement nécessaire ? Si je vous lis bien, j’ai l’impression que le chemin de la solution est dans le fait de poser le problème ; ou que la réponse est la question elle même. Je ne sais pas si je suis claire…
    Bref. Est ce que parler toute seule, vraiment, à un papier n’aurait pas le même effet ?

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    • Smouik a dit…

      Pardon Véronique (et Caro) de répondre à une question qui ne m’a pas été posée… Mais je trouve la question super intéressante. C’est vrai qu’on peut se le demander. Mais le papier et le crayon ne remplaceront jamais l’humanité de l’échange avec quelqu’un qui accompagne. Et ce serait oublier que face à l’angoisse qui paralyse, poser puis répondre soi-même à ses questions avec calme et sérénité est quasi impossible. L’angoisse est vraiment un élément indescriptible et l’auto-analyse réclame une distanciation qu’on ne peut pas avoir lorsque les émotions débordent. Avoir quelqu’un en face, au-delà d’être rassurant, est nécessaire et surtout, fait gagner un temps précieux…

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      • Cha a dit…

        J’ajouterai que la personne en face vient souvent souligner un point, un mot, une tournure de phrase que nous n’avons même pas remarquer. Ou pose une question à laquelle on avait pas pensé. Ou demande carrément « si vous ne veniez pas pour X (la raison qui t’a amené à consulter), pourquoi d’autres viendriez-vous ? » (ça sent le vécu hein ?). Et souvent ça aide à avancer. Enfin moi ça m’aide ^_^

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      • Véronique a dit…

        D’accord sur « gagner un temps précieux ». Je crois en effet qu’il faut, au moins au début, être « initié » et guidé. Mais je continue à m’interroger sur la nécessité de continuer à échanger avec quelqu’un sur le long terme.

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        • Caroline a dit…

          dans mon cas la question ne se pose même pas ! pour moi ce sont deux choses radicalement différentes, et je peux d’autant plus en parler que je pratique les deux, l’écriture et la thérapie 🙂 Même si ma psy n’est pas super bavarde, elle interagit. Et puis il y a donc une présence humaine en face de soi, un échange de regards, le fait de pouvoir projeter sur le thérapeute quelque chose, il peut être ton père, ta mère, toi même. Je vois bien qu’il m’est bien plus difficile de me confier face à un être humain que face à du papier. Et que les effets ne sont pas les mêmes !

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  15. Adamsfamily a dit…

    Merci de formaliser aussi bien les différentes étapes par lesquelles je passe (ou vais passer). Je n’ai pas encore tout compris, mais ça viendra. Ce que j’apprécie le plus chez ma psy, c’est effectivement ce côté bienveillant et absence de jugement, parce que je ne le trouve que très peu ailleurs ! Chez elle, pas besoin de feindre. Ou alors c’est à mon insu, et quand on creuse un peu, alors on y trouve des choses très intéressantes !

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  16. Isabelle a dit…

    Bonjour à toutes, je suis moi-même psy, pas analyste mais en thérapie cognitivo-émotionnelle, ce qui n’empêche que notre outil principal est la relation, et il est fondamental, on se doit d’être dans la bienveillance et le non-jugement
    c’est la base sur laquelle notre travail peut s’épanouir, la simple posture relationnelle que l’on prend et qu’a priori on ne rencontre pas dans son entourage
    il est parfois très difficile pour un psy de ne pas donner de conseils, surtout quand la demande est forte, mais par expérience cela ne produit pas de bons résultats
    tout ceci est un processus, le psy est surtout une sage-femme qui doit aider les autres à naitre à eux même et trouver leur propres ressources et l’espace psychique pour le faire
    la relation est là pour aider dans ce cheminement
    parce que le psy pour autant bienveillant qu’il est, vous « force » à vous confronter à ce qu’on aurait tendance à fuir
    par exemple les émotions, ce qu’on ressent
    ce qu’on ressent dans la relation, là, tout de suite

    Bravo Caroline pour cette belle évolution et d’avoir mis le doigt sur le fait que tu voulais en qq sorte « plaire » en tant que personne à ton psy
    c’est humain et quand on s’en rend compte on s’autorise à avoir une relation plus thérapeutique

    après, c’est peut-être moi, mais j’ai l’impression que tu t’excuses beaucoup dans ce billet non?
    sans doute pour contrer à l’avance les attaques?
    cela me semble assez proche en essence de cette relation patient-psy avec une grande insécurité sur le regard de l’autre
    bien sûr sur un blog tout est différent et bien que je lise rarement les commentaires par manque de temps, j’ai compris que certains ne se gênaient pas pour être dans un jugement extrêmement sévère et parfois culpabilisant, ce qui sans doute laisse des traces
    je suis sûre que ton rayonnement et ta créativité augmenterait en laissant tomber tout ce qui ressemble de près ou de loin à une excuse
    rayonne simplement, comme un soleil
    en gardant bien sûr les pieds sur terre et sans avoir rien à prouver
    exprime simplement ce qui émane de toi
    si c’était possible que quelqu’un efface avant que tu les lises tout message portant un jugement négatif
    en fait je suis sûre que ça te ferait grand bien, même si ça fait un peu bizarre en fait… mais pour ton propre cheminement, cela te donnerait beaucoup d’air de ne plus te sentir jugée

    bon je referme la parenthèse de la psy qui soit-disant ne donne pas de conseils, mais qui en fait fait tout l’inverse (eh oui, j’ai dit que c’était dur !!! 🙂

    bravo pour ces pages, je suis toujours très heureuse de voir un nouvel article car cela n’est pas si souvent qu’on trouve quelqu’un qui écrit BIEN (mon rêve)

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    • zaza a dit…

      Pensée by Caro c’est mon soleil quotidien depuis pffffffffff des années… ça rajeunit pas nos 29 ans tout ça ….
      Bises ensoleillées du sud

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    • Nora a dit…

      …exprime simplement ce qui émane de toi…
      Cette phrase résonne très fortement à titre personnel. J’aime créer et je trouve que je gagne en spontanéité et en fraîcheur quand le regard de l’autre reste « à distance ».

      Merci Caroline pour ce beau sujet et votre courage.

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  17. Maleo a dit…

    Je me retrouve à 100% dans ce que tu dis. Même point de départ (symptômes physiques prenant de l’ampleur, dont j’ai découvert qu’ils me protégeaient d’une situation nocive), mêmes difficultés, mêmes bienfaits. Le chemin passe parfois par des prises de conscience très douloureuses, mais quel mieux-être à l’arrivée. Et le tout sans tenter de « changer » qui que ce soit d’autre que soi. J’ajouterai qu’il faut avoir la chance de faire la bonne rencontre (avec le bon thérapeute) ce qui est loin d’être une évidence…

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  18. Paski a dit…

    Comme le point 7 me parle !
    « la « vérité » est souvent très subjective. Je crois que si nous remplacions cette quête de « franchise » par une autre, celle de la bienveillance, on se porterait tous un peu mieux », je me rends compte que je fais parfois beaucoup de mal en m’entêtant à être franche et vraie… pffffff, quelle suffisance !! La bienveillance n’est pas automatique chez moi… mon sommet personnel à atteindre !

    « une petite tendance à faire du jogging autour de son nombril » j’adore !! Ca se visualise tellement bien ! 😀

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  19. Pascale a dit…

    Je vis moi avec quelqu’un qui est suivi par une psychiatre pour ses troubles anxieux généralisés, et je suis particulièrement d’accord avec ton point 5  » On ne fait pas une thérapie pour changer les autres ni pour les amener à s’excuser de ce qu’ils nous ont fait ou plutôt de ce qu’on estime qu’ils nous ont faut. On fait une thérapie, j’ai l’impression, pour arriver à accepter son histoire, à la comprendre. »
    Il le sait, elle le lui dit, moi aussi, sa mère aussi mais non, rien n’y fait il n’arrive pas à accepter, à passer au dessus et tant que ça coincera là, je doute que son état s’améliore.
    A vrai dire, je n’ai plus d’espoir qu’un jour il aille mieux 🙁
    Je suis résignée à « faire avec », mais jusqu’à quand??

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  20. inidil a dit…

    « Identifier ses désirs et s’accorder le droit de les suivre », je vais essayer de garder ça dans un coin de ma tête! Je trouve que c’est pas mal comme mantra!

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  21. Pastelle a dit…

    Merci pour cet article, vraiment intéressant à lire, qu’on ait un quelqu’un ou pas…
    Le point 7 me parle tout particulièrement, « quels sont les bénéfices pour moi de m’entêter à fonctionner comme ça ? ». Mais il y a une nette différence entre être faux-cul et être bienveillant !
    Par exemple, si une de tes amies porte une tenue qui te fait mal aux yeux, tu as le choix entre
    * lui dire ses 4 vérités, pour employer tes termes
    * être faux cul et lui dire que ça lui va super bien
    * être bienveillant et chercher le point positif dans la tenue ou dans le fait de la porter, même s’il est tout petit.
    En fait c’est un peu pareil quand on commente des photos, les 3 choix se posent en permanence. 🙂
    Et sinon j’adore l’expression « faire du jogging autour de son nombril ». Au moins ce n’est pas trop fatigant ! 🙂

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    • MarieG a dit…

      ou encore, si l’amie ne demande rien, ne rien lui dire ?
      ou, si elle demande, je crois qu’il y a une latitude d’actions entre les 4 vérités et chercher à tout prix un point positif.
      Etre bienveillant ne signifie pas forcément être d’accord, mais plutôt, d’après ce que j’ai compris, garder les bras ouverts, même s’il y commis le pire des crimes. Ce qui ne signifie pas encore pardonner.

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  22. mammouth a dit…

    C’est la conclusion du premier point qui m’interpelle.

    Ton numéro quatre m’intrigue. Tu en avais parlé la dernière fois aussi. Et pourtant tu montres des choses ici moins jolies de toi et nous sommes des milliers à te lire et c’est public.

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  23. Véro Bisontine a dit…

    J’avais, il y a quelques années, une amie qui faisait une psychanalyse et le plus pénible, c’est qu’elle décortiquait les moindres faits et gestes de son entourage pour l’analyser.
    Je me suis retrouvée quelques fois dans des moments embarrassants ou elle m’expliquait pourquoi j’avais fait cela (ou pas fait), et autant j’aimais bien nos débriefings d’après soirée entre potes pour faire les pipelettes sur des choses anodines, autant la décortication des attitudes des uns et des autres (et moi avec), ça m’a vite gonflé…
    Elle s’est investie d’un pouvoir qu’elle n’avait pas.

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  24. Sofy a dit…

    Complètement d’accord avec le 6 et le 10… et bizarrement pas vraiment avec le 5 et le 8… Mais je conçois que c’est un peu court comme argumentaire alors développons un peu
    C’est justement parce que je trouve le 6 très juste que le 8 me le semble moins. Parce que si on est plus compréhensif, moins manichéen dans sa perception des autres, ca aide aussi à ce que la relation à ces autres soit plus sereine, non ?Je suis d’accord qu’il ne faut pas se lancer là dedans en croyant à une solution miracle si c’est ça que tu veux dire… mais je suis convaincue qu’en nous permettant d’être plus en harmonie avec ce qu’on est et notre entourage, le mieux est forcément là…. et même si ce n’est pas PARFAIT c’est quand même forcément MIEUX, non ?
    [Et là je réalise que si je ne cherche pas forcément l’assentiment de ma psy on dirait bien que je cherche plutôt le tien… si on en croit mes « non ? » redondants 😀 Remarque c’est cohérent avec le fait de venir rechercher ici ton article sur « D’après une histoire vraie » de D. De Vigan après l’avoir fini ce week-end et en avoir discuté longuement au téléphone avec ma mère, qui n’en avait pas forcément la même lecture que moi… Et au final la tienne est encore différente…. mais ne nous le cachons pas,c’est aussi ça qui est bon dans tout ça 😉 ]
    Mais revenons à nos biquettes (oui je les préfère aux moutons)…
    Concernant le 10, je confirme complètement… Mais en l’occurence pour moi qui ai en gros toujours fait passer les besoins/envies/attentes de mon entourage avant les mien(ne)s (sans même en être consciente puisque c’est une des révélations de ces entretiens), il se trouve que ce recentrage sur mon nombril était nécessaire. Donc pas sûre que cela « fasse partie du genre humain », d’un des moult travers que PEUT développer le genre humain en revanche oui … alors oui si on a tendance à déjà se le regarder beaucoup, mieux vaut rester vigilant c’est sûr 😉
    Quant au 5, je n’ai pas tout à fait la même perception que toi puisque j’ai eu à plusieurs reprises l’impression de désespérer ma psy en lui disant que non je n’éprouvais pas de colère envers untel pour cela, parfois même au point de prendre la défense du untel en question et de finir par dire à ma psy « là par contre ça me met en colère que vous vouliez que je sois en colère contre untel! » 😀 … mais bon il y a je pense aussi un lien avec ce que j’ai expliqué juste avant 😉
    Bref, en fonction des travers qui nous sont propres (et heureusement, on n’a pas tous les mêmes !) l’expérience et les symptômes vont varier mais je pense qu’à partir du moment où la démarche est intimement volontaire, même si les raisons/enjeux ne sont pas identifiés, ce ne peut être que bénéfique
    Et je m’arrêterai sur cette superbe impression d’enfoncer des portes ouvertes :-p

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  25. Soph' a dit…

    Paradoxalement, je m’aperçois pour ma part que « faire du jogging autour de mon nombril » me permet de m’ouvrir plus aux autres et de leur porter un regard bienveillant…

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  26. Reine a dit…

    Je te lis attentivement depuis plus de 10 ans , et j’ai le sentiment qu’un certain apaisement est palpable …( l’expression est un non sens , je sais , mais je suis du genre tactile, alors.. .:)) Je trouve que tu appréhendes aujourd’hui les coms contradicteurs avec plus de bienveillance et les trolls ou autres delirium tremens de certain(e)s avec une patience admirable . Ou peut-être la maîtrise de ta rage est plus grande ou tout simplement tu n’as plus 29 ans and you’ve been there comme disent les américains :)))

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  27. Marje a dit…

    Je suis sur le même chemin … Je trouve tes dix enseignements très justes ! Il n’y a pas de révélation à faire une thérapie. Il y a des hauts et des bas. Ca ne change rien et tout à la fois. En ce qui me concerne, j’ai découvert que l’on pouvait commencer par être bienveillant avec soi-même. Faut-il cerner le « je » parfois parti en goguette à droite et à gauche ? Mon jogging personnel est de courir après ce « je » qui n’est ni la mère que je suis, ni l’épouse que j’aimerais être, ni la professionnelle insatisfaite … Socrate, Platon et Freud doivent bien se marrer !

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  28. Fmior03 a dit…

    J’ai vu pendant quelques mois une psychologue. Je savais depuis la naissance compliquée de mon fils (on a failli y rester tous les deux) qu’il faudrai qu’un jour, j’en parle à quelqu’un. C’est devenu indispensable au moment où des gros problèmes de boulot se sont ajoutés à des tensions avec ma famille (mère + frères).
    Ces entretiens m’ont permis de sortir beaucoup de choses, et surtout de les mettre à distance. J’avais sans doute déjà analysé beaucoup de choses mais le simple fait que cela soit la psychologue qui les verbalise les a détachés de moi et cela a été libératoire.
    Hier, une voiture à contresens sur l’autoroute a failli nous tuer tous les quatre. J’ai failli appeler cette psychologue car je sentais qu’il fallait que je sorte ce traumatisme de moi. J’ai trouvé un autre moyen de le faire mais vraiment, j’ai senti l’importance de cette écoute, de cet échange.
    Je ne pense pas être allée au bout du travail qui peut être fait (y a-t-il un bout, d’ailleurs ?), mais ce chemin a été très bénéfique.

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  29. L'incorrigible Imparfaite a dit…

    Mon Dieu, qu’est ce que je me retrouve dans ce post…
    J’ai commencé à faire de grosses crises de panique (direction hôpital) peu de temps après la naissance de ma fille.
    J’avais vu un psychiatre auparavant pour parler de mes problèmes de poids ou plutôt de yoyo sans vraiment comprendre à quoi correspondait mes schémas, modes de fonctionnement compulsifs;
    Comme tu le sais, les crises d’angoisse sont atroces, j’ai eu l’impression de mourir, que je n’aurai jamais dû être mère, etc.
    Et bien je me reconnais vraiment dans les premiers points de ton texte.
    D’abord le fait de ne pas savoir si on « thérapise » ou « psychanalyse », en tout cas on étudie des mouvements, des comportements. On réalise que les crises d’angoisse viennent nous alerter de quelque chose, pas seulement nous dire qu’on va crever ou se la jouer « Rosemary’baby ». Je comprends aussi (mais j’ai mis du temps) que tout ne se règle pas avec une baguette magique, et qu’il faut arrêter de chercher l’approbation…
    En tout cas, merci pour cet éclairage, je ressens vraiment tout cela. J’ai commencé il y a peu, je fais moins de crises d’angoisse ou en tout cas plus de celles qui font aller à l’hôpital pensant qu’il faut être enfermé…

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  30. AnoucheK a dit…

    Ah, le deuil de la vérité vraie que l’on pourrait écrire avec son sang sur un mur blanc tellement on est convaincue….
    La phrase « avoir raison ou être heureux » m’a pas mal fait avancer… elle préserve mon orgueil tout en donnant du sens au renoncement…

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  31. Aziliz a dit…

    « Je crois que si nous remplacions cette quête de « franchise » par une autre, celle de la bienveillance, on se porterait tous un peu mieux ». Mille fois oui! j’en ai assez des gens qui sont violents dans le propos sous prétexte d’être franc! La bienveillance, ce n’est pas toujours facile mais ça permet au moins de ne pas entretenir la colère et au mieux souvent d’aider les gens à se réaliser!

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  32. La semaine d'une gourmette a dit…

    J’ai fait une psychanalyse, il y a longtemps (elle s’est terminée il y a plus de 20 ans !). Pendant 6 ans, ça m’a pris pas mal de temps et d’argent, mais je ne le regretterai jamais ! Je suis intimement convaincue que si je suis profondément heureuse maintenant (et depuis pas mal de temps), c’est aussi grâce à elle, et que je suis certainement une bien meilleure compagne et mère que si je ne l’avais pas faite.
    Je me reconnais totalement dans les pointds 4, 5, 7, 8 et 10. Les autres non, probablement parce que je n’ai jamais eu de problèmes de culpabilité et d’angoisse (t’en fais pas… j’en ai eu d’autres !!!).
    J’avais adoré la phrase de Françoise Giroud sur l' »espace de liberté intérieure qu’apporte une psychanalyse bien menée ». C’est tellement ça !

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  33. MarieG a dit…

    Suivant les circonstances, je crois que le « pas joli » n’est pas difficile à montrer. Je m’explique: il me semble qu’on rechigne à le montrer et donc qu’on le protège soigneusement avec toutes ces résistances. Ajoutez une bonne grosse dépression dans la recette, qui vous met en mode « survie » et ne laisse plus d’énergie pour les résistances et le « pas joli » apparaît très vite. C’est plutôt un avantage, ça aide à mieux comprendre la dépression. Je l’ai vécu il y a plusieurs années: visite de routine chez mon généraliste qui me voit pas très bien, quelques questions bien ciblées, effondrement dans son cabinet, il attrape son téléphone et le soir même j’étais chez un collègue psy, un tout bon. Après six semaines de traitement, il a m’a proposé un mois en clinique spécialisée, milieu non fermé, avec un suivi multi-disciplinaire intensif. Bilan très positif.
    Le plus curieux est que au fur et à mesure que j’allais mieux le « pas joli » se cachait de nouveau derrière des résistances. Car il ne faut pas se leurrer, il reste toujours du « pas joli » dans les coins 🙂
    Belle soirée

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  34. Jane B. Root a dit…

    Mes meilleurs thérapeutes sont mes chevaux. Avec eux on ne peut pas tricher, ni se cacher, ni louvoyer, ni mentir. Ils sont le miroir de mon âme, le reflet parfait de mes émotions. Comme disait Mon Maître : « Avec eux tu ne peux pas tricher ! Les jours émotionnels où tu es en colère, ne fais rien, mets les au pré, regarde les vivre, puis prends une fourche et va faire les box. Défoule toi sur le fumier, pas sur eux ! » Ils me rendent l’exact de ce que je suis et que je leur donne. Certains jours c’est pas joli. Alors je les regarde, je charie du crottin et ils me guérissent. De tout. Même de l’indicible.

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  35. Marie a dit…

    Merci Caroline. Je te lis silencieusement et suis psychanalyste. La moitié de mes amis m’ont laissée tomber – quelle honte pour une fille de parents catholiques (ne sachant même pas que les premiers comprenant la théorie de Freud furent des pasteurs) et la seconde moitié, les auteurs germanopratins (à + de 20 ans cela existe telle cliché dictatorial de la rive gauche’je vais te donner une bonne leçon’ ?) Neuf ans après, le bonheur est toujours croissant – et comme chacun le sait, qui sait rire de soi et qui sait s’ennuyer n’est pas si névrosé. Mais j’ai cessé de me justifier, la mise à mort de la psychanalyse en France date déjà… Je vois des blogueuses proposer leur coaching payant et cela me laisse froide avec l’âge. Si certains pensent en terme de pseudo-efficacité avec ces promesses de ‘guérison en temps record’, pourquoi pas. Cela me paraît tout de même fort influé par une ‘demande d’amour’. Ainsi le thérapeute – ou la blogueuse ‘d’inspiration psy’ – aurait bien du mal à vivre tels transferts. On se plaint plus de son psy que de son mari sur Internet. Les premières années j’en étais malade. Je souhaitais parler pour casser ce mythe du psy indifférent (tu utilises beaucoup le terme des psychanalystes, ‘neutralité bienveillante’, tu sais donc…) C’est une particularité bien française de se foutre de son psy, j’ai adoré mon métier, mais depuis six mois j’arrête peu à peu et vais vers mon nouveau projet. Ce furent les années les plus belles mais plus difficiles de ma vie. A pleurer chaque nuit. On me dira ‘mais un psy doit être blindé!’ Puis ‘Mais un psy doit être sensible!’ Je te remercie de ton témoignage car nous sommes tant à ne plus pouvoir supporter d’être moqués, ridiculisés, dits incompétents. On ne cesse de parler de stigmatisation cs jours, eh bien les psys accusent les coups (parfois bien violents physiquement) sans jamais chercher telle reconnaissance. Certains amis psys sont devenus misanthropes. Nous ne sommes pas des dieux. Merci mille fois Caroline.

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    • Marie a dit…

      (Pardon pour les fautes je ne suis pas sur un clavier azerty. Je crois simplement qu’un psychanalyste est assez généreux pour ne pas fournir de réponses à telle histoire personnelle. Sinon cela s’appelle une secte et il est si facile d’être maître à penser. Ce fut, et ce sera encore quelques semaines, une histoire merveilleuse. Quant aux mails incessants ‘vous ne pensez qu’au fric’, c’est faux, je me suis endettée pour accompagner beaucoup de personnes mais le mythe du psy et de son tapis byzantin hors de prix persiste. Belle journée)

      Répondre
  36. Emma a dit…

    Bonjour Caroline,
    Je fais une analyse depuis presque 2 ans : 2 séances de 45 minutes par semaine et je suis allongée sur un divan. Je suis arrivée à la première séance complètement par hasard, ne connaissant rien à la psychanalyse. Petit à petit je me laisse entraîner non sans mal et non sans grincement de dents dans le lâcher prise et dans la libre association. Je suis un peu moins méfiante et m’ouvre. Quel plaisir !
    Je me retrouve dans certains points. Surtout dans la difficulté de montrer le « pas joli », dans celui d’être obsédée par « le psy m’a dit que », dans celui d’en vouloir à ces proches et dans le jogging (quand on ne fait pas de sport c’est pratique !)
    Je ne suis pas dans la culpabilité mais dans la honte. On n’a pas toute le même poison 😉
    Beau week endroit ensoleillé !

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    • Marie a dit…

      Bonjour, j’aime bien ton commentaire – sans faire de promotion si tu vas voir un psychanalyste tu as toutes les chances d’être entre de bonnes mains, même si l’on se dit ‘On – les deux – allons vous sortir de là’ il n’y a que peu de mots. C’est le principe, fort contesté depuis 1895 (la psychanalyse est née avec le cinéma, c’est joli) Etre patiente, sans avoir recours aux tips des ‘je m’improvise psy ou coach ou ‘j’ai l’expérience des années’, puisque nous avons tous une histoire unique qui est à respecter. Certaines réglementations sont en cours, mais vous pouvez vous fier à qui a dédié sa vie avec la psy/chologie/chanalyse etc. Le parcours est immense & on ne peut pas s’improviser psy ‘parce que je suis super empathique’. Je vous souhaite un joli parcours – Winnicott tenait la main de certaines analysantes en détresse, nous ne sommes pas ‘inhumains’, nous favorisons simplement le transfert, au détriment de notre ego. Mais parler d’ego ici… Bonne route!

      Répondre
  37. Tellou a dit…

    Au-dela du contenu, je trouve ce post salvateur pour dire et re-dire que de la meme maniere que l’on soigne une grippe en voyant un medecin generaliste, on soigne sa tete en voyant un psy. Ca s’appelle entretenir sa sante mentale sans faire porter le poids de nos nevroses a des personnes non qualifiees pour ca (le conjoint, les amis, la famille….). Bref, merci!

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  38. Fran a dit…

    L’approche thérapeutique diffère suivant les problèmes originels. On ne peut pas apporter la même réponse à tout le monde.

    La psychanalyse peut suffire pour simplement un travail sur soi et quelques conflits intérieurs liés à des étapes de vie un peu difficiles, rugueuses.
    Pour ce qui est de soigner des traumatismes graves, des pathologies handicapantes au quotidien, la psychanalyse n’est quasiment d’aucun secours. Il faut passer par des thérapies psys curatives de type cognitives comportementales, EMDR, hypnoses ericksoniennes et coupler cela avec des thérapies psy jungiennes qui participent à la reconstruction et à l’individuation.
    La multiplicité des réponses psy au vu de la multiplicités des problématiques humaines s’impose. Et il serait bon que les personnes ayant vécu de graves traumatismes n’aient pas seulement en tête la psychanalyse pour se soigner (ce qui est malheureusement souvent le cas et ne leur permet pas d’aller mieux mais petit à petit de se décourager vis à vis de la psy comme d’eux-mêmes et sur leur capacité à traiter et dépasser les traumas subis) mais aussi d’autres démarches thérapeutiques psys dispensées par des professionnels de santé diplômés et compétents que ce soit en consultation externe psy en hôpital public ou en centre médical psy ou en cabinet privé.

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