Psy: cinq idées reçues

Ce billet est né des échanges que j’ai eus avec l’une d’entre vous, Mammouth, pour ne pas la nommer. Ses questionnements et réflexions sur la thérapie analytique m’ont forcément fait réfléchir. Sur ce que j’attends personnellement de cette thérapie entamée il y a deux ans et demi, sur la façon dont je vois les choses mais aussi sur les idées fausses, que j’ai pu avoir moi même ou celles qui sont véhiculées.

Bref, en voici quelques unes, sachant que tout ceci n’est après tout que mon avis, si des psys me lisent et ne sont pas d’accord, je les invite évidemment à s’exprimer, idem pour ceux et celles qui font ce « travail » et qui auraient une autre vision des choses. (je précise bien que je ne méprise pas ceux qui peuvent être en accord avec ces idées là, Mammouth, tes questions m’ont amenée à réfléchir et j’aime ça 😉

Première idée reçue: « Voir un psy c’est ressasser le passé, est-ce que ça n’est pas un peu vain ? ». Oui… et non. Oui, bien sûr, parler de soi pendant une heure environ toutes les semaines, c’est aussi parler du passé. Mais pas seulement. Je passe certaines séances sur un problème très quotidien qui n’engage pas nécessairement le passé, ou qui va peut-être m’y ramener, certes, mais pas pour le « ressasser ». Les premiers temps, il est possible que la tentation soit grande de se lamenter sur ce qui nous est arrivé enfant, qui expliquerait selon nous nos névroses actuelles. Mais ça ne dure pas. Parce qu’on fait tout de même vite le tour. Et qu’honnêtement, payer 60 euros (pour ma part) toutes les semaines pour se plaindre de ce qui est révolu et chercher des responsables à mes malheurs d’aujourd’hui, ça n’a pas franchement d’intérêt. Personne n’est maso à ce point, au bout d’un moment, on essaie d’en faire quelque chose, de ce passé. Et plutôt que de le ressasser, on tente de l’intégrer, de l’accepter, pour qu’il ne fasse plus mal. Surtout, parfois, on va mal sans pour autant que notre enfance ait été douloureuse (c’est mon cas, j’ai eu une enfance privilégiée, parsemée d’événements plus ou moins dramatiques qui ont pu en effet me façonner, mais je n’ai pas à proprement parler l’impression que mon passé explique tout, parfois ce qui cloche c’est le regard que je porte sur certains événements plus que les événements eux mêmes). Et si on se retourne sur ce qu’on a vécu, c’est pour dénicher justement certains événements, les relire, à la lumière de ce qu’on sait aujourd’hui. Bref, non, je ne crois pas que la thérapie consiste à revivre inlassablement nos souffrances passées, mais au contraire à tenter de comprendre nos souffrances présentes, parfois en s’appuyant sur notre parcours personnel et familial.

Seconde idée reçue: « Voir un psy c’est compter sur quelqu’un pour régler ses propres problèmes ». Là encore, oui… et non. Je dirais qu’au départ, c’est l’illusion qu’on caresse. C’est tentant en même temps. Après tout, le dentiste soigne les caries, l’ORL les oreilles, pourquoi le psy ne soignerait pas l’âme ? Le souci c’est qu’après une période plus ou moins longue de transfert pendant laquelle le thérapeute revêt le costume de celui ou celle qui « sait », voire du sauveur, il faut se rendre à l’évidence: en réalité la seule personne qui sache, c’est celle qui parle au thérapeute (moi, toi, vous, bref vous m’aurez comprise). « Ben à quoi ça sert alors de lui filer ta thune ? » C’est LA question. Je dirais que ça sert à avoir une sorte de caisse de résonance, neutre et bienveillante. A avoir en face de soi quelqu’un capable d’écouter avec du recul et de pointer le doigt sur un mot, une phrase, un silence. Et de nous aider à y voir plus clair. Je ne sais plus qui me disait cela: « le psy te tient la main pendant que tu chemines dans le tunnel de ton inconscient ». Il ne te guide pas, il ne sait pas plus que toi où tu vas et d’où tu viens. Mais il peut, grâce à son expérience et sa formation, identifier des névroses ou des psychoses, mesurer ton degré de détresse, éventuellement te recommander à un médecin qui prescrira un traitement médicamenteux si lui même n’est pas psychiatre. Bref, la vraie thérapie commence au moment où tu comprends que c’est à toi de jouer. Le psy n’est pas là pour te faire aller mieux, il est là pour t’aider à te saisir du problème.

Troisième idée reçue: « Voir un psy c’est quand même tourner autour de son nombril ». Bah là, c’est vrai. Mais en réalité, ce qui pose souci dans cette remarque, c’est qu’elle est assez critique. Alors qu’en réalité, je pense sincèrement que si chacun passait un peu plus de temps à tourner autour de son nombril, le monde irait un peu mieux. Parce que tourner autour de son nombril, c’est aussi se remettre en question, essayer d’aller mieux, d’être plus en adéquation avec soi même. Et par extension être mieux avec les autres. On ne fait souffrir personne en se penchant sur ses problèmes. Parfois, oui, il peut y avoir quelques dommages collatéraux, en raison d’une parole qui se libère,  de schémas que l’on décide de casser, ce qui entraine un déséquilibre relationnel avec ses proches. Mais c’est du mouvement tout ça. Et le mouvement, c’est la vie non ? Surtout, ça n’est pas « facile ». Mon quelqu’un parle toujours de la thérapie comme d’un travail. Et ce mot a fait changer le regard que je posais justement sur cette démarche (parce que devinez qui disait à chaque séance à sa psy: « j’ai quand même honte de venir faire du jogging autour de mon nombril pendant que des gens souffrent dix fois plus que moi » ?) (oui, c’est moi)) Elle a fini par me demander si à mon sens les gens souffriraient moins si j’arrêtais de voir un psy. => je ne crois pas. Et elle m’a fait remarquer que ça n’était pas si facile, de travailler sur soi. Depuis, j’estime qu’en effet ça n’est pas un confort, mais un vrai boulot que j’ai entrepris. Et je ne culpabilise plus.

Quatrième idée reçue: « Au bout d’un moment, on comprend tout, c’est l’illumination et on peut enfin avancer dans sa vie ». C’est évidemment ce que j’attendais et espérais. Bah devinez quoi ? C’est pas comme ça que ça se passe. Oui, c’est une sorte de cluedo permanent, oui, parfois on réalise un truc sur soi qu’on n’avait jamais imaginé. Mais la plupart du temps, on a l’impression de faire du surplace, d’être comme un hamster dans une roue. On sort d’une séance avec la sensation d’avoir fait un pas de géant et la semaine suivante au contraire en se disant que franchement, c’était une heure pour rien. Et parfois c’est cette heure pour rien qui nous revient en tête dans les jours qui suivent. Je n’ai pas eu vraiment de révélations depuis deux ans et demi. Pas d’agression enfant que j’aurais occultée, de secret de famille enfoui, de traumatisme revenant à ma mémoire. Mais petit à petit, imperceptiblement, mes symptômes ont régressé. Je ne me sens pas une autre femme, mais je parviens à faire des choses qui m’étaient difficiles, je ne prends plus ma tension comme d’autres le métro, je n’ai plus envie d’appeler SOS médecins dès que j’ai mal à la tête. Mais je fais encore parfois des recherches sur google à 3h du matin sur ce que signifie un frisson dans la cuisse gauche ou une sensation d’étranglement. Bref, ça va mieux, mais tout n’est pas complètement réglé. Et peut-être que tout ne le sera jamais.

Cinquième idée reçue: « On sait quand ça doit s’arrêter ». Alors là en fait, je ne sais pas. Je vous le dirai si ça arrive. Pour l’instant je ne crois pas en être là, même si souvent désormais j’ai la flemme d’y aller, alors qu’il y a quelques mois je m’y rendais presque comme à un rendez-vous amoureux, fébrile et impatiente.

Voilà, je ne sais pas trop si ça peut vous aider, je ne fais aucun prosélytisme et je comprends très bien qu’on n’adhère pas à la démarche. Moi même pendant des années j’étais méfiante. Et je ne peux pas dire que je sois certaine que ça convienne à tout le monde. Ni même que ça « marche ». Je sais juste que je me sens mieux depuis que je vois « quelqu’un »…

126 comments sur “Psy: cinq idées reçues”

  1. Valérie de haute Savoie a dit…

    J’ai durant dix ans rencontré quasi toutes les semaines, mon analyste. Effectivement je ne suis, je crois, jamais ressortie de chez lui en me disant que j’avais fait là un grand pas, mais plus légère d’année en année, plus compréhensive envers les autres, plus à l’écoute et plus sereine. Cela m’a tellement aidé aussi lorsque j’ai eu mon fils et qu’il s’est avéré qu’il était gravement malade, que j’ai appris que mon mari avait une autre amoureuse, que malgré mes années de régime je ne serai jamais mince… Un jour il a été évident qu’il fallait que je quitte mon psy, cela s’est fait très naturellement. On garde éternellement cette façon de voir et d’essayer de comprendre sa vie, de moins en moins victime, de plus en plus impliqué et autonome.

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  2. Daphné a dit…

    C’est vraiment très intéressant de lire ton ressenti.

    Je n’ai encore jamais vu de psy, mais quand je suis seule, j’essaie de parler à voix haute de ce que je ressens, des problèmes que je rencontre et de changer de perspective pour comprendre comment aborder les choses autrement. Je crois qu’une de tes lectrices, Val Lao, a dit ici quelle le faisait aussi dans sa voiture, en se parlant à elle-même.

    Bien sûr, ce n’est absolument pas comparable à un travail sur soi avec un psy mais ça me fait du bien et j’ai l’impression que ça m’aide d’extérioriser les choses, même seule.

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    • lavieacinq a dit…

      Je me parle souvent à voix haute à moi même aussi 😉
      Ca ne résout pas forcément le problème, ça ne change pas forcément mon état d’esprit mais, oui, ça permet de voir les choses sous un autre angle, de prendre du recul!

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  3. DOMINIQUE a dit…

    Je suis totalement étrangère à cette démarche. Mon inconscient fait ce qu’il veut, je ne risque pas de le déranger ! Je comprends par contre que l’on puisse en voir la nécessité, le tout est de tomber sur la bonne personne, celle qui convient à ta personnalité, à tes besoins.

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  4. Sandrine a dit…

    Je vous lis assidûment mais commente très rarement (3 fois en 4 ans).
    Je vois une psychiatre toutes les semaines depuis 1 an 1/2. Elle m aide à gérer au mieux un divorce agité et je ne la remercierai jamais assez.
    Je me retrouve dans vos idees : souvent je me dis « quand même il y a plus grave dans la vie qu un divorce », parfois je me dit mais « j ai rien à dire cette semaine » sauf que sans elle, sans son regard neutre et ses questions simples mais redoutables : je serais toujours incapable de dire non, incapable de reconnaître que oui j ai le droit de dire que c est pas facile tous les jours… et certainement incapable de continuer sans béquille medicamenteuse.
    Quand arrêter mes vendredis …vraie bonne question : je ne sais pas non plus…..

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  5. Elsouille34 a dit…

    Très bien résumé. Concernant la fin je m’interroge: y a t’il un jour où on sent qu’on peut arrêter? Je m’interroge souvent mais après 8 ans quelque chose me retient encore…

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    • clue a dit…

      Exactement pareil… je vois une psychothérapeute depuis environ 8 ans, et j’en avais vu d’autres avant. Je frémis parfois en pensant à tout ce temps, en me demandant si là je ne suis pas dans l’exagération. Mais quand je vois ce que je suis aujourd’hui et ce que j’étais avant… ce chemin m’est tellement précieux!
      Un jour j’arrêterai – mais en attendant, ces moments sont toujours essentiels. Je suis dans une phase « mais à quoi ça sert » qui a succédé à une phase « wow, tout ce que je viens de comprendre!! »… ce sont des périodes.
      Je crois profondément que c’est une sorte de gymnastique de l’âme, qui nous soutient dans un désir d’être mieux au monde, et d’être une personne qu’on aimerait rencontrer, et qui se dit « rien ne m’est impossible ». Il y a du fantasme dans tout ça. Mais je me dis aussi qu’un jour, des moments difficiles surviendront et je serai plus forte d’avoir fait ce travail.
      Rien que la baisse importante de mes moments d’angoisse fébrile, de mes malaises vagaux aussi (Caroline parle de sa tension, moi je tombe dans les pommes)… tout se joue et se dénoue.

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  6. Nathalie a dit…

    je suis schizophrénique en la matière, je n’ai jamais vu de psy mais me suis toujours fait aider quand mes enfants en ont eu besoin. En revanche j’ai un problème avec la nébuleuse de psy : chiatre, chologue, quanalyste, chothérapeute… et il y a ce problème du terme, j’aurais trop peur de ne plus pouvoir me passer de cette béquille.

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    • Smouik a dit…

      C’est tout le paradoxe de la démarche et des « idées reçues » dont parle Caroline… A mon sens, aller voir un psy est un 1er pas pour reprendre la main sur sa vie et gagner du temps sur le résultat. Si je continue à voir les événements par le prisme des autres (« ce n’est pas ma faute », « c’est le destin »), de mon point de vue, je reste dépendant(e) d’eux. Or le faire tout seul est assez compliqué et prend du temps (beaucoup). Et si c’est pour ne plus souffrir quand je serai trop vieille pour en profiter, ben… je vais y aller en fait ! 😉
      Mais bien sûr, tout le monde n’en a pas besoin et surtout n’a pas nécessairement besoin de la même méthode. Je trouve très bien qu’il y ait pléthore de façons de faire, ça permet de trouver ce qui convient, à soi…

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    • Claere a dit…

      Le psychiatre est un médecin spécialisé dans la prise en charge des troubles mentaux. Il est donc habilité à poser un diagnostic médical et à ordonner un traitement pharmacologique. Il peut également se former à une forme de psychothérapie pour faire plus que prescrire.

      Le psychologue n’est pas médecin, il a fait au moins cinq ans d’études en fac de psychologie. Il est un specialiste du comportement humain et peut choisir de se spécialiser dans le soin psychologique.

      L’appellation psychotherapeute n’était pas protégée jusqu’à récemment. Aujourd’hui seules les personnes ayant validé un enseignement conséquent en psychopathologie et un stage pratique en santé mentale ont le droit de l’utiliser. De nombreuses formes de psychothérapies existent aujourd’hui : psychanalyse, thérapie cognitivo-comportementale, familiale systémique, hypnose ericksonnienne, EMDR, …

      Et donc le psychanalyste a choisi d’exercer une forme de thérapie qui est la psychanalyse, qui repose sur la théorie d’un fonctionnement de la personnalité en trois instances (moi, ça et surmoi), fonctionnant à des niveaux de conscience différents (conscient, pré conscient et inconscient) où des forces pulsionnelles peuvent entrer en conflit et donc engendrer un symptôme. Grosso modo ! 🙂

      Je repondrais bien aux différents points que tu évoques Caroline mais je suis trop fatiguée ce soir ! (Je suis psy… chologue.)

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  7. laex57 a dit…

    Bonjour Caro, bonjour le rade:)
    Je partage ton point de vue que les différents points abordés,mais aimerais apporter une nuance toute personnelle au 1er point.
    Le travail thérapeutique, pour ma part, m’amène à transformer, par un processus de digestion en quelque sorte, des émotions, des ressentis que j’ai niés au fur et à mesure qui se sont produits dans ma vie.C’est comme si ces émotions refoulées remontaient à la surface comme des bulles de gaz plus ou moins malodorants afin de se dissoudre dans l’air. Ce sont aussi des prises de conscience, car cela m’amène à voir les choses autrement, à comprendre qu’un geste, une parole dite un jour par un proche (plus ou moins proche d’ailleurs) a fait des dégâts considérables sur la façon dont je pouvais me percevoir (les gens ne mesurent pas combien les mots peuvent blesser, et vous amener à douter de vous).
    Effectivement, le thérapeute est là pour vous tenir la main dans la traversée de l’inconscient, et c’est vraiment précieux.
    Et c’est vrai, c’est un véritable travail sur soi, le mot travail est tout à fait pertinent:)
    Merci pour ce billet, et bonne journée à tous.

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    • celote75 a dit…

      Je te rejoins totalement sur les conséquences désastreuses que peuvent avoir certaines paroles. J’ai tenté un sevrage de médicaments il y a 3 ans, qui a été une catastrophe et depuis, j’angoisse d’arrêter (le cercle vicieux toussa toussa…) alors que c’est mon vœu le plus cher. J’ai vu un ORL qui a été catégorique et m’a dit que ces médicaments était les seuls responsables des vertiges qui me handicapent beaucoup au quotidien. Quand j’ai rapporté cette info à ma psy lundi (c’est elle qui m’avait adressé à l’ORL), elle a été vexée (en gros, c’est moi qui vous envoie et il critique ma façon de faire) et m’a dit, en substance : « compte tenu de votre problème de gestion des émotions, si vous vous sevrez, vous risquez une rechute dans 1 an, 2 ans, 5 ans » et « si vous vous sevrez, rien ne dit que vos vertiges disparaîtront ». Ces mots-là, je sais qu’ils resteront gravés et je lui en veut terriblement.

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  8. virginie a dit…

    Le mien m’a dit à la première séance que c’était là le plus beau voyage que j’allais faire, celui que chacun de nous devrait pouvoir s’offrir… et ça m’a plu.
    J’y suis allée pendant 7 ans, à chaque fois avec toutes les excuses de la terre pour ne pas le faire et abandonner, et à chaque séance pourtant j’en revenais grandie, soulagée, apaisée… selon…
    Je n’ai pas su quand je devais arrêter, juste un jour je ne suis pas revenue. J’en garde une forme de courage pour faire face aux situations (car il en faut pour faire une analyse) et surtout une attitude de remise en question plus sereine face aux événements de la vie et à moi en général. Il me parlait souvent d’une lampe torche dans une caverne, lui il avait la lampe et moi je lui donnais la direction à éclairer sachant que ça n’était qu’une partie de la caverne dont on ne connaissait ni la taille ni la forme… (la main le tunnel toussa…) Bref, quelle que soit l’image, l’important c’est de tomber sur le bon guide quand on en a besoin. Je confirme, le voyage vaut le detour!

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  9. Anne Onyme a dit…

    Sur le point 4  » la révélation ». Je suis allée voir un psy quand j’avais 20 ans pour un problème de copines qui me tournaient le dos (pb répété depuis mon enfance). Il était assez sec et direct, il m’agaçait un peu, mais soudain, paf au bout de 5 séances, il m’a dit la phrase « révélation ». Je ne suis pas retournée le voir et je n’ai plus jamais eu de pb au sujet duquel j’étais allée le voir.
    10 ans plus tard j’ai plein de « problèmes », je suis allée voir une qq un pendant 2 ans et demi qui me servait plus de béquille qu’autre chose, mais elle me rassurait je n’arrivais pas à m’en défaire.
    J’ai changé de qq un. Ca a juste commencé, j’attends une révélation j’avoue… Comme la première fois mais bon, on va faire autrement.

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  10. lulu a dit…

    Je n’ai pas eu une enfance heureuse, surtout pas insouciante et je crois que le jour où je fermerai les yeux, je me dirai que l’avantage est que j’oublierai tout ce que j’ai vécu enfant. Mais… j’ai une grande force en moi, qui m’a aidée à prendre ma vie en main. Qand j’ai rencontré mon mari, je n’arrivais pas à le croire quand il disait qu’il m’aimait. Pour deux raisons: la prmière, je croyais ne pas en valoir la peine et la deuxième, toute ma vie j’avais entendu que les hommes étaient des salauds, et ma mère, pour m’en protéger, m’avait interdit toute relatiion avec le sexe opposé (école non mixte catholique très sévère, jamais de sortie et quand je dis jamais, c’était jamais). Une amie m’a conseillé d’aller voir un psychothérapeute. Un homme, donc! Un an et demi plus tard, il a mis le doigt sur le problème, en quelques mots: « vous vivez une relation de force avec moi, mais cette relation de force n’existe que dans votre tête », en quelques secondes ma vie a changé, car je me suis rendu compte que je vivais une relation de force avec TOUS les hommes…Avant je ne pouvais jamais dire « j’aime bien untel », maintenant je peux le dire, je peux sourire à un homme, je peux communiquer avec un homme,… Il m’a fait beaucoup parler de mon enfance, de mes rêves, et relevait des mots que je prononçais, ça m’a permis de me voir moi-même avec plus de recul. Déjà lors de la première séance, comme je lui avais expliqué que l’alcolisme était un grand problème dans ma famille, il m’avait fait remarquer que j’avais utilisé plusieurs fois le mot « abus » qui en fait peut aussi s’entendre « a bu »… Un oncle a eu des gestes déplacés envers moi quand j’étais gamine, je crois donc qu’en effet l’utilisation du mot abus était explicable dans mon discours.

    Je n’ai plus jamais été chez un psy, mais je le recommande à mes amies quand elles sont en crise, car pour moi, un psy est quelqu’un d’extérieur, qui a du recul, et peut mettre le doigt sur un fonctionnement dont on n’est pas conscient soi-même.

    Voilà ma petite contribution! 🙂

    Biz,
    lulu

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  11. Fofo a dit…

    La photo qui illustre ce billet m’a bien fait rire ! Rassure-moi, ta psy ne t’offre pas le thé dans des jolies tasses en porcelaine dorée, hein ? Ou bien c’est moi qui suis toujours mal tombée ?

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  12. lulu a dit…

    J’ai lu, dans les années 80, le livre « La Maison de Jade » de Madeleine Chapsal, elle y parle de son analyse avec Françoise Dolto, sans la nommer, mais j’ai trouvé ce livre super intéressant, je le recommande! 🙂

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  13. Macha a dit…

    Marrant ce billet qui tombe justement quand je viens de fixer mes 3 dernières séances avec ma quelqu’une. J’ai su qu’il fallait arrêter quand mon mal-être s’est estompé et qu’il me semblait avoir fait le tour de mes schémas anxiogènes. Mais comme elle me l’a dit : si ça ne va pas, tu me rappelles (oui on se tutoie).
    En tout cas, ce travail m’a appris a être à l’écoute des autres, à verbaliser mes émotions et à encourager les autres à le faire, surtout les enfants quand ils sont contrariés. Je pense que si l’on est prêt à se rencontrer, l’on fait des découvertes, effrayantes parfois certes, mais tellement bénéfiques par la suite!

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  14. Sofy a dit…

    Je « vois quelqu’un » depuis janvier 2015 et globalement je n’ai pas grand chose à redire à tout ce que tu décris, que je confirme donc
    Si ce n’est que pour moi, encore moins de risque de tourner en rond puisque mon rythme est seulement d’une fois par mois. Quand j’ai commencé c’était tous les 15 jours ; à ce moment là je ressentais une vraie « urgence » et petit à petit, cette urgence a disparu, sans pour autant que je sente que je n’en ai plus besoin du tout… Alors j’ai espacé et le rythme actuel me permet de stocker dans ma tête les problèmes auxquels je me retrouve confrontée pour la séance suivante et du coup de ressentir un réel bénéfice.
    Quant au pourquoi j’y vais… Honnêtement si on m’avait dit ça il y a 5 ans, j’aurais probablement ri bien fort. En effet, je n’ai aucun poids familial particulier ni aucun traumatisme majeur et encore plus avec le recul des ans, je réalise à quel point mon enfance et ma famille ont été/sont des cadres positifs, stimulants, joyeux et bienveillants.
    Et pourtant, le 1e janvier 2015 donc je me suis écroulée : après avoir passé 3 ans à lutter contre des moulins, prenant à bras le corps tous un tas de problèmes (que je sais maintenant que je ne pouvais pas résoudre seule, malgré toute ma bonne volonté), voulant être à la hauteur à tout prix et et satisfaire tout mon entourage en toutes circonstances, me dévouant au dela du raisonnable aux personnes chères à mon coeur jusqu’à me laisser complètement de côte, ben j’ai pris le mur en face et compris que j’étais en plein burn out dans ma vie privée [Si je poussais la logique psy, je pourrais aller jusqu’à dire que c’est peut être justement l’excès de perfection de mon cadre familial qui constitue un morceau du problème… Comment être à la hauteur derrière ? Surtout quand on a été elevé à toujours essayer de s’améliorer, de faire mieux :p]
    C’est une amie de mes parents, psy aussi, qui, voyant mon état d’alors, m’a poussée à me lancer dans cette démarche (pas avec elle, évidemment) en m’expliquant d’abord qu’il n’y avait aucune honte à demander l’aide d’autrui (je suis archi-indépendante et ne demande l’aide de quelqu’un que si VRAIMENT je n’ai pas d’autre choix en général) et que ça me permettrait simplement de « regarder ma situation avec les lunettes de quelqu’un d’autre » et du coup d’y voir d’autres choses que celles que je croyais voir, avec ma tête dans le guidon et mon extrême exigence vis-à-vis de moi
    Et deux ans après, c’est encore cette métaphore que je trouve la plus parlante.
    Pour finir et conclure sur cette histoire de tourner autour de son nombril ou pour ceux qui verraient là une démarche narcissique ou égoïste, je peux maintenant d’expérience confirmer que ça ne l’est pas…. Parce que ce qu’on y gagne en sérénité et recul est en fait profitable pour tout son entourage.
    Après ce n’est que mon retour à moi. J’imagine qu’il y a tellement de raisons et de chemins différents qui peuvent conduire chez ce fameux quelqu’un…. [Et au passage, j’adore cette désignation anonyme, à la fois chargée de mystère et qui gomme l’aspect malade-médical ;-)]

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  15. Isa-monblogdemaman a dit…

    Moi je pense que c’est un cadeau qu’on fait à son entourage, d’aller voir un psy quand on va mal. D’ailleurs, j’en aurais sans doute moins besoin si mes parents y étaient allés avant moi (et leurs parents avant eux !!!). Et par extension, c’est un cadeau qu’on fait à nos enfants quand ils se sentent mal ou qu’on sent qu’ils dérapent un peu.

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    • Aïssatou a dit…

      Ah ça, j’en suis convaincue! Une partie des problèmes qui m’ont amenée à aller voir mon Titan Humain me venait clairement de mes parents et de ces questions douloureuses auxquelles ils n’avaient pas donné de réponse et donc ils nous ont transmis, à nous leurs enfants, la charge, inconsciemment ou consciemment dans certains cas.
      Et il n’était pas question que je fasse de même. Mes parents sont Sénégalais, intellectuels et ils ont fait le choix d’élever leurs enfants en Europe. Nous sommes 4, trois filles et un garçon. Nous élever ici les a confrontés à tout un tas de questions qu’ils n’ont pas résolues (la culture dont nous nous sentirions le plus proches, la transmission active de l’histoire et de la culture sénégalaise qu’ils n’ont pas investie, le racisme, la condition féminine, les rapports entre hommes et femmes dans la société traditionnelle dont ils sont issus et encore bien d’autres joyeusetés).
      J’ai passé 15 ans et demi en thérapie avec mon Titan Humain. C’est long mais s’il y a une chose qui fait que c’en valait la peine, c’est bien de ne pas avoir transmis mes problématiques à mes enfants, de ne pas les avoir plombées avec ces choses qui ne leur appartiennent en fait pas. J’ai la sensation que c’était le meilleur cadeau que je pouvais leur faire dans la vie.

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  16. Melie a dit…

    J’ai adoré votre article. Je suis psychologue et ce que j’entends de façon générale comme idée reçue : ah non c’est pas pour moi le psy, je suis pas fou !!!!!
    Si j’avais mis une pièce à chacune de ces phrases, je pourrais me payer un voyage aux Bahamas !!!!!

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  17. Banane a dit…

    Pour la 5, j’ai arrêté plusieurs fois et j’ai bien vécu la pause… jusqu’à la prochaine. 🙂
    (en vrai, pause de 15 ans quand même, lorsque ça a été une décision réfléchie)
    Et je dirais que ce n’est pas la flemme qui est l’élément déclencheur, pour moi c’était l’impression que j’étais maintenant capable d’assez de recul pour faire une analyse pertinente des situations, sans l’aide du pro. Enfin, je schématise évidemment, c’était forcément moins poussé mais ça me suffisait pour bien vivre au quotidien.
    Et l’idée 2, je la trouve assez nocive : dans mon entourage une jeune femme est allée au bout d’elle-même avant de demander l’aide d’un pro, pour ce genre de raison, et c’est particulièrement dommage pour elle et pour son entourage. Ce n’est pas un aveu d’échec ou de faiblesse, selon moi, que de se tourner vers un pro pour trouver une solution. Et franchement, le pro ne fait pas la moitié du boulot, c’est avant tout une démarche personnelle (déjà décrocher son tél pour prendre rendez-vous c’est un sacré effort). Bref, le corollaire de cette idée-là (« si j’appelle c’est que je n’ai pas été capable de me débrouiller seul, la honte ») m’est plus douloureuse à lire.

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    • Caroline a dit…

      tout à fait d’accord. ça n’est pas une démarche facile et bien des fois encore dans la salle d’attente j’ai les mains moites et le ventre noué à l’idée d’aller m’ouvrir à une inconnue, parce que ça reste une inconnue, dont on ne sait rien. Il faut avoir sacrément confiance.

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  18. Audrey M a dit…

    Bonjour,

    Je me retrouve pas mal dans ce post, les idées reçues que tu évoques sont assez répandues malheureusement. J’ai vu une psychologue deux fois par mois pendant un an entre 2012 et 2013 et ça m’a beaucoup aidé. Les dernières séances je commençais à sentir que j’avais fait le tour de ce qui me tourmentais et que j’avais plus ou moins bien réussi à mettre de l’ordre dans ma vie ainsi que museler une agressivité que je ne comprenais pas jusqu’alors. Aujourd’hui je suis plus sereine mais si je sentais que je basculais de nouveau je n’hésiterais pas une seconde à retourner la voir. Elle m’a permis de verbaliser un harcèlement scolaire qui a duré longtemps et qui a gangrené ma vie d’adulte, de voir les choses différemment , de me faire comprendre que dans tout ça j’étais une victime et pas coupable. Bref cette démarche je la recommanderai à quiconque aurait besoin d’une aide extérieure pour « soigner son âme ».

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  19. Pastelle a dit…

    Une note super intéressante à lire.
    Il y a 5 ans j’ai fait la démarche et je suis allée voir une psy.
    Mais elle ne m’a pas convaincue, j’avais un problème très précis et qui concernait le présent, et elle n’arrêtait pas de vouloir me faire parler du passé et de ma mère qui n’avait rien à voir avec ce problème.
    Bref elle m’a agacée et j’ai cessé d’y aller au bout de 4 semaines.
    A te lire j’ai l’impression que j’ai eu tort… Mais peut être et surtout n’était ce pas la bonne personne, je n’avais aucune sympathie pour elle.
    Et puis ayant fait moi même des études de psycho, je n’étais pas « dans » les séances je crois, j’étais à moitié dedans et à moitié dehors à l’observer et à essayer de deviner ou à savoir ce qu’elle allait dire. Un peu comme si en tant que journaliste tu allais te faire interviewer par un autre journaliste… 🙂

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  20. Murielle a dit…

    Bonjour
    Après avoir été « pro psy » durant des années, et bénéficié pour moi même de deux thérapies de 2 ans puis un an et demi chacune (deuil suite au décès de mon premier conjoint et sorte de burn out maternel, ayant ravivé des problématiques plus anciennes), je suis toujours autant convaincu qu un travail reflexif accompagné peut être salvateur, et permettre de se reconstruire ou trouver en soi ses propres ressources tout en ayant conscience de ses limites et fragilités, et apprendre à vivre avec…à chaque fois j ai ressenti assez clairement la fin de la thérapie, comme une page qui se tournait et un nouveau pan de ma vie qui commençait, et cela a correspondu chaque fois à une nouvelle étape (pro ou perso) . Pourtant, en vieillissant peut être, et bien que forte du soutien et des éclairages que m ont apporté les thérapies, je trouve paradoxalement que l avenir de la psy (si on entend par là plus globalement la tentative de comprendre l esprit et les mécanismes qui nous meuvent à notre insu) est largement compromis par d autres méthodes ou démarches (meditation pleine conscience, spiritualités combattant l ego etc…), qui certes ne suffisent pas elles seules à résoudre certains problèmes mais semblent les guides de demain pour l esprit humain et moins de medication.

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  21. SoL a dit…

    En ce qui me concerne j’y suis allée dans un contexte tres précis : celui d’un deuil périnatal. Je ne voulais pas des médocs proposés par mon médecin et surtout je ne supportais littéralement plus le comportement à la limite de l’indifférence de ma belle famille. J’ ai qund même failli en venir aux mains avec ma belle-soeur. Bref, d’emblée elle m’ a expliqué les points essentiels : on va pas chercher des trucs dans le passé , on travaille sur le present. Je n’ai pas de mots pour décrire le soulagement que ces séances m’ont apporté.Ça a aussi permis de soulager un peu mon mari. J’y suis allée jusqu’á la fin de ma grossesse suivante. Le dernier jour je lui ai raconté mon accouchement. On a ri beaucop et elle m’a dit : tu m’ appelles quand tu veux si tu en ressens le besoin.

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  22. Steph a dit…

    Bonjour,

    Je vois quelqu’un depuis 6 mois pour m’accompagner dans mes schémas de compensation qui me font prendre du poids et m’ont conduite à l’obésité morbide. Elle vient de m’annoncer que je suis à la fois ultra anxieuse et dépressive en même temps et me propose de me référer à un psychiatre.
    Je suis au 36ème dessous mais lire votre article et les commentaires m’aident.
    Alors merci.

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  23. Miss Blabla a dit…

    C’est marrant, j’avais ce type de discussion hier soir avec un ami au téléphone…
    Je lui disais que, personnellement, j’étais allée voi un psychologue plutôt qu’un psychiatre ou un psychanalyste à un moment où « je n’y arrivais plus » et où je traversais des moments compliqués à gérer.
    J’ai fait ce choix très onéreux (parce que le psychologue n’est pas remboursé !) parce que j’avais besoin de quelqu’un avec lequel dialoguer. Je n’avais pas le sentiment d’avoir besoin d’extraire des choses de mon inconscient (ou de mon subconscient) mais plutôt de clés pour m’aider à me dépatouiller de ce dont j’avais conscience et qui me bridait sans que je sache « faire avec »…

    Conclusions :
    – ça n’a duré que quelques mois parce qu’à un moment, je me suis aperçue que, sans m’en rendre compte, je n’étais plus dans l’impatience de la prochaine séance car j’avais plus ou moins trouvé ce que j’étais venue chercher et que le reste ne dépendait plus que de moi.
    – finalement, il m’a quand même fait prendre conscience de choses que je ne soupçonnais pas du tout et qui m’ont éclairée sur d’autres points.
    – mes problèmes ne sont pas forcément réglés mais j’ai appris à vivre avec, à les envisager différemment et, donc, à les accepter plutôt qu’à bloquer dessus, à leur donner un éclairage différent.
    – quelques années après, je me surprends encore quelques fois à me poser des questions en m’imaginant face à lui.

    J’ai bien conscience que mon commentaire, du coup, est un peu déviant par rapport à ton billet mais je me dis que peut-être certain(e)s peuvent s’y retrouver…

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  24. Suzanne a dit…

    Coucou Caroline,
    Encore une fois en plein dans le mille, ce billet me parle vraiment et je suis en tout point d’accord avec ce que tu écris. Je suis allée voir plusieurs psys et même si chaque travail m’a aidé, je crois qu’avec le recul elles ne me correspondaient pas vraiment. C’est vraiment hyper important de trouver la Bonne personne !Celle qui nous suis depuis quelques temps avec mon mari est à mon sens hyper compétente. La séance d’1H30 est assez intense, elle ne juge pas, est douce et compréhensive et arrive à puiser en nous, à rebondir sur ce que nous disons … à essayer de nous reconnecter avec nos émotions tellement enfouies. Aucun miracle cependant à l’horizon mais comme par hasard je suis un peu moins angoissée (je suis aussi hypocondriaque :-)), je prends du recul et me sens mieux tout simplement. Alors oui j’aimerai pouvoir m’en passer ou ne jamais en avoir eu besoin mais pour le coup, je suis aujourd’hui persuadée que les courageux ce sont bien ceux qui entreprennent ce travail … pas les autres 🙂
    Bonne journée

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  25. MZ a dit…

    Je souris toujours quand je vois le nombre de personnes qui emploient le mot « béquille » pour parler d’un suivi psy, comme si c’était quelque chose de négatif. Quand on a vraiment d’une béquille physiquement, parce qu’on s’est cassé la jambe ou qu’on boîte, est-ce que c’est honteux de s’en servir ? Ben non. Psychologiquement, c’est pareil à mon avis.
    J’ai vu une psychologue on and off pendant 8 ans, j’ai arrêté 2 ou 3 fois pendant cette période, parce que j’allais mieux, et je la rappelais quand ça n’allait pas de nouveau. J’ai résisté aux anti-dépresseurs pendant tout ce temps, puis j’ai fini par admettre que la « béquille » chimique n’était pas plus honteuse que la thérapie. Aujourd’hui je n’ai plus besoin ni de l’un, ni de l’autre, mais je n’exclus pas d’y retourner si un jour j’en ai besoin.
    C’est sûr, c’est encore un peu mal vu dans la société, alors merci pour ce billet car plus de personnes en parlent, plus ça devient « normal » de prendre soin de soi aussi psychologiquement.

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  26. Christelle a dit…

    Cet article fait profondément écho en moi qui suis (du verbe suivre!! 😉 ) une thérapie/analyse depuis 24 ans avec le même psy. Cela a débuté par une psychothérapie puis il m’a faite passer en analyse. Je ne peux pas dire que j’aie eu une enfance malheureuse, mais parfois un peu « lourde ».
    Je me retrouve dans cette impression de stagner parfois puis dans ces micro-révélations qui font renaître l’impatience de retourner à la séance d’après. Mes proches ne comprennent pas toujours la longueur de cette analyse et m’en parlent parfois comme d’une sorte « d’addiction ». Pourtant, lorsque je regarde en arrière et que je vois le chemin parcouru, je n’en regrette pas un moment. Je me connais mieux, j’ai beaucoup évolué dans mes rapports aux autres et à moi-même.
    Alors, la question de l’arrêt se pose régulièrement sous la pression de mes très proches et même sous la mienne au regard de la durée de mon « investissement ». J’ai abordé le sujet avec mon psy plusieurs fois: il m’a parlé là aussi de son cabinet comme d’un lieu de travail sur soi mais aussi d’un lieu où je peux déposer mes questionnements, mes doutes et mes angoisses dans un cadre bienveillant et neutre et y réfléchir en toute sérénité, en me rappelant que ma présence ici ne fait de mal à personne et surtout me fait du bien et que le « quand arrêter » est quelque chose qui m’appartient et sûrement la seule « réponse » qu’il ne peut pas me donner. J’y suis donc encore…

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  27. nathalie a dit…

    Je suis devenue hypocondriaque à l’adolescence, d’un coup, du jour au lendemain, avec tout le stress et les angoisses qui allaient avec le packadge. Des années horribles où personne ne se rendait compte à quel point je souffrais. Puis je suis devenue ergothérapeute dans une clinique psychiatrique. La généraliste de l’établissement me répétait souvent que lorsque j’aurai des enfants j’irai mieux car je ne focaliserai plus sur moi (ce qui a été vrai). Et un jour, le psychiatre m’a fait une confidence : « je ne devrais pas vous le dire, mais, lorsque cela ne va pas, vous vous allongez tranquillement au calme chez vous, seule et vous dites à haute voix tout ce qui vous passe par la tête, vous laissez tout sortir, même en décousue, et vous verrez, vous vous sentirez plus légère ».
    J’avoue que sur le coup, ça m’a fait sourire 🙂
    Et puis j’ai été mutée sur Paris et me suis retrouvée seule, loin de la famille et des amis. Les crises de panique ont recommencé. Un aprés midi j’ai alors pris mon courage à deux mains et me suis allongée sur mon canapé. Je sais que j’ai un peu galéré au début pour commencer, mais ensuite tout est venu et lorsque je me suis arrêtée de parler il faisait nuit ! je n’en revenais pas 🙂
    Après vu qu’on sait comment amorcer « le flot » j’ai pris l’habitude de parler seule à haute voix quand j’en ressent le besoin, bien souvent en faisant le ménage.
    Et c’est comme ça que j’ai découvert pourquoi j’étais devenue hypocondriaque et quel avait été l’élément déclencheur de tout ça.
    Aujourd’hui il m’arrive de temps en temps d’être très angoissée et encore en panique devant des saignements de nez (ma phobie) mais je relativise.
    Je vais nettement mieux, mais je sens que ça reste là, tapi dans le noir, prêt à ressurgir à la moindre faiblesse, alors je veille 🙂

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  28. Maud a dit…

    Bonjour Caro,

    Je suis tout à fait d’accord avec toi concernant ton analyse… de l’analyse. J’ai consulté pendant 4 ans une psychologue et au départ je la percevais comme ma sauveuse. J’étais très mal, en plein doute et bourré d’angoisse en tous genres.

    Cela fait presque 10 ans que j’ai arrêté ma thérapie, en fait elle s’est arrêtée d’elle même. J’ai déménagé et je n’ai pas ressenti le besoin de lui trouver une remplaçante. Je me suis dis que j’allais mieux.
    La psychanalyse, comme je me plais à le dire, et avec du recul c’est encore plus vrai de donne les clés pour ouvrir des portes, et trouver des solutions. Je suis toujours angoissée mais je canalise mieux les crises, elles m’envahissent moins voir plus du tout car j’ai appris à RELATIVISER. Du moins à essayer car c’est quelque chose que j’ai du mal à faire… prendre du recul sur les choses la vie est la chose la plus dur à faire pour moi.

    Le bureau du psy est un sas qu’on a quelque fois besoin de franchir, pour réfléchir sur soi ( nombrilisme) et aller mieux et ainsi éviter de faire subir aux autres son mal être ( altruisme en somme). La démarche n’est pas égoïste, c’est tout l’inverse. elle peut se révéler d’utilité publique.

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  29. AudeA a dit…

    Je vais consulter (et j’aime bien ce terme) un psychiatre depuis plusieurs années. J’ai commencé ce travail pendant ma deuxième grossesse car je me sentais très angoissée et je ressentais des contractions qui n’existaient pas au monitoring. Cela m’a fortifiée et permis d’accoucher très sereinement. Ma psychiatre a pris sa retraite et j’ai interrompu les séances. Je les ai reprises il y a 18 mois car j’étais au bord du burn-out dans mon travail et j’ai retrouvé cette bienveillance qui fait cheminer. Il y a 6 mois mon nouveau psychiatre m’a annoncé qu’il devait déménager pour suivre son épouse et il m’a adressée à une de ses consœurs. Tout aussi bienveillante, elle pratique la médecine chinoise et m’a proposé un nouvel axe de thérapie qui m’ouvre de nouveaux horizons pour gérer mon angoisse et mon stress. J’aime cette idée de soignants qui se succèdent et qui sont reliés entre eux. C’est comme un fil rouge qui se dévide et que je suis, même s’il est tendu par des personnes différentes.

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  30. Adelles a dit…

    « Alors qu’en réalité, je pense sincèrement que si chacun passait un peu plus de temps à tourner autour de son nombril, le monde irait un peu mieux.  »
    Voilà, meilleure phrase de l’année, voire même de la décennie ! Merci !
    Sinon, sur l’idée n°1, je dirais que l’intensité du retour dans le passé est quand même pas mal conditionnée par nos enfances certes, mais aussi par ceux qui l’ont accompagnée, à savoir nos parents. A ce niveau, on n’est pas tous égaux et certain-es doivent fouiller plus longtemps pour arriver à en faire le tour / le deuil… (smiley yeux qui roulent).
    Belle journée !

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  31. La semaine d'une gourmette a dit…

    6 ans et demi de psychanalyse pour ma part. Je suis profondément persuadée que je n’aurais pas la même vie (heureuse) si je n’avais pas fait ce chemin.
    Je suis d’accord avec toi sur tous les points. Une petite anecdote sur la révélation (absence de) : pendant la première année, mon pauvre psy ne m’a entendu parler que de mon mariage (je venais de quiter mon premier mari quand j’ai commencé ma psychanalyse), sur le thème « Mais qu’allais-je donc faire dans cette galère » (c’est un mariage qui n’a jamais été bien), et plus précisément « mais pourquoi ai-je choisi cet homme là ». A un moment, il m’a dit une phrase qui m’est toujours restée : « On ne comprend pas toujours tout. Ce n’est pas grave, il faut juste accepter ce fait, et passer à autre chose ».

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  32. Calista a dit…

    Coucou Caro, je trouve que c’est une vraie chance de faire une analyse. Cela aurait sans doute changer ma vie t m’aurait appris à l’aimer. J’adorerais en avoir les moyens mais 60 € pour moi ça correspond à mon budget alimentaire donc à choisir je préfère encore manger. Dommage que ces cures ne soient pas mieux prises en charge mais c’est un autre débat et comme un psy me l’avait dit, l’argent fait partie intégrante de la thérapie.

    Répondre
      • calista a dit…

        Hélas, ce n’était pas possible dans mon cas. Ces séances gratuites sont ponctuelles et l’on est ensuite renvoyé vers d’autres praticiens.

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        • Caroline a dit…

          et un psychiatre remboursé ? certains psys adaptent également le prix de la séance aux moyens du patients, je sais que la mienne fait cela d’ailleurs. Il y a des psys qui prennent moins, 30 ou 40 euros la séance et proposent des séances bimensuelles, voire mensuelles.

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      • violette.b a dit…

        Bonjour , d’expérience pour être pris en charge par un CMP , c’est passage par l’HP , impossible d’avoir un rendez vous , les CMP sont le prolongement local de l’ HP. En résumé il faut que ce soit bien grave pour avoir une chance d’être pris en charge , avant que ce soit bien grave et ben sans moyens on fait rien , donc ensuite cela devient très grave et hop on est soigné , c’est du vécu malheureusement et pour plusieurs personnes de mon entourage. Il existe diffèrents soutiens psy différemment remboursés mais qu’on est dans la vraie mouise , personne n’est disponible remboursé ou pas. Je parle ici de psychiatrie , mais souvent faute de prise en charge en amont on fini par arriver là .

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    • Caroline a dit…

      oui c’est en effet une démarche qui a un coût. Mais j’ai un ami qui suit une analyse auprès d’un psy dans un CMP, gratuitement, depuis des années. Cela réduit forcément le scope des choix de thérapeutes, mais j’ai tendance à penser que les psys qui bossent en CMP ont la vocation chevillée au corps et ne font pas ça pour le fric justement. Bref, c’est aussi une idée reçue, voir un psy n’est pas forcément un truc de riche. Sachant aussi que les psychiatres sont remboursés et que certains sont également analystes.

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      • bellzouzou a dit…

        Je suis surprise car je croyais que le principe premier d’une analyse était que le patient devait « payer » au sens propre, et il me semble que Dolto faisait même payer les enfants avec des choses qui leur étaient chères (leur doudou, parfois, si ma mémoire est bonne..) ??

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        • Caroline a dit…

          oui, en effet il y a ce principe de « payer ». Mais je pense que depuis freud et dolto, certains psys ont adouci leur position sur le sujet. Et y aller, se déplacer, c’est aussi une façon de payer de sa personne, non ?

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          • Mite a dit…

            Très juste .
            Il existe des CMP dans chaque ville ou presque .Sinon le travail que l’on peut y faire est de très bonne qualité , pourquoi en serait il autrement ?

        • Julie a dit…

          Quoi?? faire payer un enfant avec son doudou?? c’est vérifié ce truc-là?
          Je suis plutôt pro-psy/aide/coach/tout ce qui peut aider dans la vie mais j’ai du mal avec l’argument du « vous faire payer permet de garantir votre investissement dans la thérapie » que je trouve plutôt fallacieux (le thérapeute a besoin d’être payé et c’est normal, c’est un travail, pourquoi présenter ça comme une démarche nécessaire pour le patient?) et infantilisant, puisque ça sous-entend que le patient n’est peut être pas capable de faire de la consultation une priorité s’il ne paie pas assez cher… mais décliné aux enfants? Ca me dépasse je crois :))
          Vu ton commentaire, Caroline, sur l’adoucissement de cette position, j’espère que c’est le cas, mais je réagis parce que j’ai encore vu cet argument du paiement apparaître noir sur blanc sur le site internet d’un thérapeute cette semaine…

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          • bellzouzou a dit…

            Le doudou, c’était un exemple « un peu » extrème mais je me souviens qu’elle en avait parlé; un dessin, un objet, quelque chose qui a de la valeur aux yeux de l’enfant à titre de paiement symbolique, en tout cas.

        • lulu a dit…

          Ma thérapie a eu lieu au début des années 80 et en effet, je devais payer en liquide, pour bien comprendre que je « payais ». Je suis comptable, je me suis disputée avec mon thérapeute, je ne suis pas allée pendant quelques mois, mais… je l’ai rappelé, il m’a fixé un nouveau rendez-vous à 8 heures du matin. Premier hasard: juste ce matin-là, j’oublie ma montre. Deuxième hasard: il a un empêchement et est arrivé très en retard. J’ai commencé à ruminer en l’attendant et me suis persuadée qu’il venait en retard exprès à cause de notre discussion au sujet du paiement. Quand je le lui ai dit, il a eu les paroles qui m’ont changé la vie: cette relation de force n’existe que dans votre tête. Je ne suis plus jamais retournée, mais je sais que cette thérapie m’a vraiment aidée dans ma vie, à tous les niveaux.

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    • Maud a dit…

      a l’époque j’ai consulté ma psy en CMP. J’ai eu une consultation préalable avec les membres de l’équipe et près ils m’ont  » attribuée une psychologue avec qui ça a tout de suite fonctionné. J’ai donc pu suivre pendant 4 ans une analyse sans rien déboursée ( je ne pouvais pas à l’époque). en effet les personnels de ces centres sont vraiment à l’écoute. j’avais au départ pris rdv avec un psy classique que je payais, et franchement je n’y suis jamais retournée… raccourci rapide et peu approfondi, je ne me sentais pas à l’aide alors qu’au CMP jamais de souci

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      • Noxley a dit…

        J’apporte ma pierre à l’édifice: Payer est important, mais pas forcément la somme, qui peut être modulée en fonction des besoins. Autour de moi (dans ma famille/amis de mes parents) il y a beaucoup de psys qui s’adaptent, qui font en fonction. J’ai une copine qui était étudiante et qui pendant une période a payé un prix dérisoire, puis quand sa situation a évolué le prix de la consultation a augmenté, toujours en fonction de ses besoins. C’est important parce que comme cela le fil ne s’est pas rompu, et surtout pas l’impression d’être soutenu.

        Après cela dépend du psy… Mais pour moi l’investissement financier joue une part importante, effectivement je paye pour travailler, j’investis, et cette contrainte financière pèse dans mon travail analytique. C’est une contrainte, elle me fait revoir mes priorités, et elle impose une forme de difficulté qui, finalement, ressemble aux difficultés que je dois affronter dans mon rapport à la vie. Mais on a tous des rapports différents à l’argent, et à l’importance qu’on lui donne.

        Et finalement, le CMP rentre dans cette catégorie: on paie, même si on se fait rembourser, par nos impôts, et puis aussi par tout l’investissement feuilles de maladie… l’investissement rentre en compte. Je ne sais pas si je suis claire… Et il y a tant de choses que j’aimerais dire sur le sujet, même un jour après!

        Je vous embrasse,
        Noémie

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    • Maryan a dit…

      J’ai dû, comme vous, faire un choix : manger ou aller voir un psy (ou s’habiller, partir en vacances, aller au ciné, acheter un livre… bref). Et puis j’ai fini par aller consulter cette psy au CMP et c’est gratuit. Après une année sans payer quoi que ce soit, j’ai décidé de mettre en place la séance à 1 euro, ce qui permet d’avoir ce rapport paiement/thérapie (qui d’après les psys aide à prendre la thérapie au sérieux… pas sûre de ça mais bon) et ce euro lui sert à acheter du thé pour offrir à ses patients qui ont des problèmes d’addiction alcoolique et qui ne peuvent pas tenir une séance entière sans boire quelque chose.
      J’ai l’impression de m’aider moi, enfin ma thérapie et mon parcours et les autres. 4 euros par mois, ce n’est pas énorme à dépenser quand on ne gagne, comme moi, que le RSA.

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  33. Perrine a dit…

    Bonjour Caroline, Merci pour ce long article. Je suis pour ma part tentée depuis quelques années d’aller consulter, mais la démarche de chercher le bon thérapeute m’a toujours refroidie… J’ai peur de ne pas tomber sur un bon, et je suis incapable de quitter un médecin (alors qu’il s’en fiche, j’en suis consciente).

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  34. Smouik a dit…

    Vraiment, merci pour ce billet Caro et tous les posts qui suivent. Je trouve cela réellement très émouvant de voir qu’on a toutes des interrogations, plus ou moins de mal-être et que même avec des chemins et des histoires radicalement différentes, on est toutes liées par cette humanité, ce grand point commun, qui se retrouve dans le ressenti et le partage des émotions… Lire tous ces témoignages est, pour moi, poignant mais aussi instructif, nourrissant et je vous souhaite à toutes le meilleur du meilleur…

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  35. mimi a dit…

    Une fois de plus, merci Caro pour ce lieu d’échanges riches et variés !
    J’ai fait une thérapie analytique il y a une dizaine d’années auprès d’un médecin psychiatre, pour une dépression sévère et plutôt incompréhensible (ma vie était « parfaite »). Je pensais vraiment n’avoir jamais besoin de faire ce type de démarche, étant plutôt très forte de caractère et très intéressée par tout ce qui touche à la psychologie/psychiatrie depuis mon adolescence. J’ai énormément de respect pour cette profession, même si, comme pour toutes les professions (relations?), il faut trouver celle ou celui qui vous convient !
    Je voulais juste souligner que beaucoup d’ados sont en réelle souffrance, aussi, et qu’on a tendance à ne parler que des pauvres adultes submergés de stress/travail/responsabilités. Le suicide est la deuxième cause de mortalité dans cette tranche d’âge (15-25 ans), et il est important d’en être conscient.
    Par exemple, ce n’est pas parce que les parents vont bien que les enfants iront bien, c’est loin d’être aussi simple. Et les souffrances ou traumatismes d’enfance, voire des générations passées, font partie intégrante de notre adn : même si pour les parents ils ont été dits, soignés, partagés, qu’on n’a rien caché aux enfants de ce chemin, la souffrance peut ressurgir chez l’enfant ou l’adulte suivant (oui je sais c’est flippant ! disons qu’on apprend l’humilité…). Soyons plus attentifs aux souffrances de nos ados !
    Pour finir, je crois que personne n’a relevé que la photo met en scène le très craquant Gabriel Byrne dans l’excellente série In Treatment, que je recommande à tous les passionnés de psy, ou qui voudraient voir comment « ça » se passe !

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  36. FRACOL a dit…

    Pour apporter ma pierre à ton édifice et user à outrance de la métaphore, j’ai la sensation que nos vies sont à l’image d’un programme informatique. Revenir sur le passé permet de comprendre les bases du logiciel que nous avons construit. Cela permet de décortiquer, comprendre, assimiler, et répéter à l’infini ce que vous avons vécu. Je ne sais plus où j’avais lu ça, mais en gros cela disait que nos vies n’étaient qu’une succession de répétitions de schémas que nous avions intégrés au cours de notre vie et en particulier de l’enfance. La répétition du passé, son ressassement est une chose que l’on fait tous les jours sans même en avoir conscience. Aller chez un psy permet (enfin!) de prendre conscience de ces répétitions, de ces schémas et de les changer s’ils sont mauvais ! Pour cela, je continue à voir mon analyste depuis 8 ans ! Et surtout pour trouver en moi la liberté de construire ma vie en dehors des schémas dans lesquels je me suis mise.

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  37. Sylvie a dit…

    Bonjour Caroline,
    J’avoue, j’ai cliqué super vite pour lire ce billet quand j’ai reconnu cette image extraite d’une série que j’avais beaucoup aimé « En analyse » avec Gabriel Byrne dans le rôle du psy. Cette série m’avait été conseillée par une amie qui était elle-même en analyse depuis des années.
    Je n’ai jamais ressenti le besoin d’aller voir un psy et pourtant, je n’hésiterais pas si c’était le cas.
    J’ai plusieurs amis qui ont vu, qui voient, qui ont arrêté puis recommencé à voir un psy. Chacun son parcours effectivement, j’ai surtout compris qu’il fallait bien tomber, qu’il y avait des bons et des mauvais psy, des rencontres qui se faisaient ou non entre le patient et le psy. Merci pour votre expérience. Merci de la partager. Je vous souhaite une merveilleuse journée, Sylvie

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  38. Fred b a dit…

    J’ai dû interrompre le travail entrepris avec mon quelqu’un à cause de notre expatriation…et c’est difficile car ce n’est pas un choix. Dès que j’en aurai la possibilité, je poursuivrai ce chemin, devenu indispensable.

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  39. patounettechatte a dit…

    Coucou Caro,

    Moi aussi j’ai un quelqu’un voir deux !!! Un psychiatre et une psychologue !! Oui les deux à la fois car j’ai fait un énorme burn out il y a bientôt deux ans avec tentatives de suicide…. Bien lourd quoi ! Le psychiatre n’est pas suffisant pour moi, il me fallait une oreille plus attentive, une autre approche et je l’avoue depuis je vais bien mieux, je ne sait pas encore si ça va durer encore longtemps mais le travail sur mon enfance (sans mère : partie) à, été formidable, je tourne peut être autour de mon nombril mais ça fait une bien fou !

    Répondre
  40. Droopy a dit…

    Hey ! Moi aussi je vois un psychiatre. Un Psychiatre Canin, à cause de Jean-Paul qui disait « un anti communiste est un chien, je n’en démordrai pas ! ».
    J’dois dire que Ça, ça m’a un peu tapé sur le ciboulot.

    Mais on s’en fout tout compte fait car le fou est « atteint d’un haut degré d’indépendance intellectuelle ; qui ne se conforme pas aux standards de la pensée, de la parole et de l’action, déterminés par des magisters à partir de l’observation d’eux-mêmes ; qui diffère de la majorité ; en résumé, inhabituel.
    Il est à remarquer que les gens que l’on déclare fous le sont par des autorités qui n’ont pas à apporter la preuve qu’elles sont elles-mêmes parfaitement saines »
    Ma foi, Ambrose Bierce a très bien résumé la situation !
    You know what? Ouaf, ouaf! I’am happy …

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  41. Elodie a dit…

    J’allais voir un psy parce que javais des problèmes avec la nourriture. Cetait une souffrance pour moi… (l’anorexie était passée par là et il en restait quelques traces). Puis j’ai perdu ma fille… J’ai continué à le voir, mais ma souffrance s’était déplacée. Je ne parlais plus du tout de nourriture et cela me paraissait bien stupide face à la mort à mon enfant…. Mais cetait une souffrance…. Je crois qu’à partir du moment où l’on souffre, quelque soit la source de notre souffrance, parler, évacuer, se confier est bon voire meme sain… car notre entourage finira par souffrir Aussi. Ét faire la démarche d aller voir son qqun est en effet un premier pas vers « la guérison » Ét la bienveillance envers soi-même. Je crois que c’est cela que j’apprends dans ce bureau : la patience et la bienveillance envers mon être.

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  42. Solen a dit…

    Mon tout premier commentaire, j’appréhende… Merci pour ce billet très intéressant. Je souhaitais, comme Calista, rappeler le coût de ce travail (c’est presque paradoxal…). En effet, j’ai aussi vu une psy pendant un an qui m’a ENORMEMENT aidée mais une partie de mes économies y est « passée ». Je ne le regrette en rien car cela en valait la peine mais c’est une des raisons pour laquelle j’ai décidé d’arrêter. Les consultations me manquent encore un peu et résonnent souvent positivement en moi.

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    • mimi a dit…

      Vous pouvez faire une thérapie analytique avec un médecin psychiatre : prise en charge sécu + mutuelle !
      Malheureusement, pour plein de raisons, il y en a peu, et encore moins qui prennent de nouveaux patients. Ca vaut le coup de chercher, tout de même.
      Sans parler des CMP, gratuits, mais avec de loooongs délais d’attente.
      Bonne route à vous !

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  43. L'IGEENNE a dit…

    Bonjour Caro,
    Je suis très intéressée par ton article et ton point de vue, étant moi-même ce que je qualifierais de « bête à psy », étant suivie grosso modo depuis l’âge de 18 ans et je n’en ai malheureusement plus tout à fait 29.
    Je suis vraiment d’accord avec tout ce que tu dis. on n’en ressort pas métamorphosée. Mais cela permet – peut-être – de s’accepter un peu mieux et d’intégrer à défaut d’aimer ce que nous prenons pour des défauts.
    En fonction des périodes de la vie, de ce que nous traversons, l’accompagnement d’un psy est indispensable. il peut alors apparaître comme une bouée de sauvetage, ce qui n’est pas forcément bien non plus. En l’occurrence, cela m’a aidée, même si je n’arrive pas à évaluer aujourd’hui le rôle de mon psy et les résultats de cet accompagnement. Y serai-je moins bien arrivée sans lui ? Moins vite ? Je ne pourrai le dire.
    Mais ce que je voudrais dire, c’est que l’on peut également tomber sur des charlatans ou, en tous cas, des gens qui ne vous conviennent pas du tout. Je me souviens d’un « psy » qui avait toute une théorie sur ma coupe de cheveux à la garçonne et qui l’avait interprété comme un regret immense de ma part de ne pas être un garçon et ce d’autant plus que j’entretenais des relations souvent difficiles avec ma mère qui avait eu deux grands fils avant moi … Le même invitait des étudiants à assister à la séance pour leur apprentissage, puisque j’étais, paraît-il, un cas d’école.
    Ca marque, forcément, surtout lorsque l’on a 20 ans.
    Et puis, c’est aujourd’hui, alors que je vais (il me semble en tout cas) nettement mieux (même si il reste beaucoup de boulot, hein, mais bon je crois qu’il va falloir m’y faire et comprendre que je ne serai jamais 1/Jane Birkin (ou Balibar) dans leurs jeunes années – 2/Elisabeth Badinter toujours aujourd’hui) que j’ai rencontré LA psy.
    Trente ans, italienne avec un accent fantastique, en face de chez moi dans un centre (gratuit) qui est ma perle.
    Pas une séance sans qu’elle ne prononce une phrase, un mot, qu’elle ne rebondisse sur une petite chose insignifiante qui me font sortir souvent pantelante, mais toujours en découverte. Les portes s’ouvrent….
    En ce moment elle est en congé maternité, sa remplaçante n’est même pas une pâle copie. J’attends qu’elle revienne.
    Toutes ces années, mais je lai trouvé, mon « quelqu’un à moi ». Et c’est bon.

    Pardon d’avoir été si longue.

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  44. verveine et lin a dit…

    une blagounette racontée par un psy… pas le mien, mais celui avec qui je bossais auparavant…
    Trois mères juives discutent au square :
    Mon fils à moi, dit la première, tous les mardis il m’emmène dans un grand restaurant.
    Mon fils à moi, dit la deuxième, tous les vendredis il vient me chercher avec sa Porsche et il m’emmène à Deauville dans un grand hôtel.
    Eh bien mon fils à moi, dit la troisième, trois fois par semaine il donne soixante-quinze euros à son docteur, juste pour pouvoir lui parler de sa mère !

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  45. violette.b a dit…

    Bonjour , toujours aussi bien ce salon de conversation .
    J’ai fait une psychothérapie dans un état d ‘urgence absolue , 18 mois et qui s’est terminée car ma psy partait exercer à l’hôpital , j’ai sentie que j’allais suffisamment bien et que je n’avais pas envie d’aller plus loin . Une nouvelle souffrance aussi forte me porterait maintenant directement vers le psy sans attendre de tomber malade , mais pour le « tout les jours » , les mécanismes semés lors de cette psychothérapie me suffisent .
    La réponse est en nous , même malade je le savais mais je n’étais pas en état de la mettre en œuvre seule .
    Ce que je voudrais dire de plus important , à partir d’exemples autour de moi , il faut soigner son nombril, car on ne peut mesurer les ravages qui se produisent autour de soi quand on tourne en dehors de son axe , être aussi à l’écoute de ceux qui souffrent pour les orienter vers un soutien , et pour soi même s’éviter une vieillesse dans la folie .

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  46. Blonde paresseuse a dit…

    Il est top ce billet !
    Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis, à part pour la 5. La première fois, il y a 4 ans, j’ai vraiment « senti » que c’était fini. A la fin d’une séance, elle m’avait dit « vous voulez qu’on se revoie ? » et j’avais répondu « non, je crois que ça va ».
    Et puis plusieurs mois plus tard, j’y suis retournée, les bouleversements de ma vie me semblaient trop compliqués à gérer seule. J’avais besoin de m’appuyer sur quelqu’un.
    Elle m’a sauvée. Ou en tout cas, elle m’a aidée à ME sauver. Et puis, elle est partie, elle a déménagé et je me suis retrouvée un peu seule, encore dans la tourmente.
    Je n’avais pas le courage de tout recommencer avec un nouveau quelqu’un, tout redéballer, tout réexpliquer… Ça me semblait insurmontable. J’ai géré du mieux que je pouvais.
    Plus tard, bien plus tard, c’est mon médecin généraliste qui m’a dit « Je pense que ça serait bien que vous alliez parler à quelqu’un ». Elle m’a donné un nom. Et depuis, ça va de mieux en mieux.
    J’ai eu aussi la chance formidable que dans les deux cas, le courant passe tout de suite avec ces personnes.
    Aujourd’hui, je continue, tous les quinze jours. Je suis impressionnée de voir comment elle arrive à me faire prendre conscience de certaines choses. Parfois ça se passe bien, parfois je pleure beaucoup… Et surtout, ce que j’aime, c’est qu’elle t’aide à réfléchir sur toi, tes réactions, tes prises de position, ou au contraire, ton absence d’action.
    Elle m’accompagne et je mesure la chance que j’ai de pouvoir m’offrir ces séances…

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  47. Solen a dit…

    1er commentaire, première erreur d’orthographe : une des raisons pour LESQUELLES et non pour laquelle ! Désolée mais je ne pouvais m’empêcher de rectifier.
    Merci Mimi pour votre réponse, vous portez bien votre pseudo/diminutif/prénom … 😉

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  48. Blanche neige a dit…

    Comme ce billet me parle. Très très intéressant , je plussoie à tout ce que tu dis. J’ai fait un premier travail vers 27 ans, quand j’ai compris que je ne pourrai pas faire d’enfant tant que je ne l’aurai pas fait, histoire de ne pas leur faire vivre ce que j’ai moi même vécu. J’étais à l’époque dans un état de dépression intense et j’en suis ressortie avec l’impression d’une nouvelle naissance. Je ne voyais plus du tout les choses de la même façon. Je n’apprehendais plus du tout les choses comme avant, j’étais zen, bref totalement différente.
    J’en ai vu un autre après ma séparation et le travail n’était pas du tout le même mais tout aussi bénéfique.
    je le conseille à tout le monde.

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  49. Fmior03 a dit…

    À la naissance de mon fils (on a failli y rester tous les deux), j’ai su qu’un jour, il faudrait que j’en parle à quelqu’un un jour.
    Et sont arrivés quelques années plus tard des tensions familiales et des gros problèmes au boulot, ça faisait trop. Alors j’ai contacté une psychologue recommandée par une amie.
    J’ai lu avec intérêt ton post et quelques commentaires, et je me retrouve particulièrement dans les points 2 et 5. Je ne suis pas sûre que la psychologue m’ait appris des choses mais le fait qu’elle verbalise certaines choses m’a énormément aidé à m’en détacher.
    Et oui, il y a eu un moment où je me suis dit qu’on pouvait arrêter. Je m’étais préparée à le dire aussi doucement mais fermement que possible et finalement, j’ai été prise de court quand la psychologue m’a dit à la fin de la séance qu’elle proposait que l’on ne prenne pas de prochain rdv… C’était visiblement clair pour nous deux.

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  50. Nousseytou a dit…

    Pour les petits et moins petits bobos de l’âme, économiser sur le poste « dépenses psy » est possible. Nous vous recommandons chaleureusement cette série mortelle, universelle, cette série à nulle autre pareille : « Six feet Under ».
    Comment être, faire sa vie en attendant la mort. Cette série sur la mort ne parle que de la vie et peut changer votre façon de voir les autres et vous mêmes.
    Un chef d’œuvre…

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  51. marieal a dit…

    moi c’est une diététicienne du GROS qui m’a beaucoup aidé à relire le logiciel de base et voir comment il influençait sur mon présent, et donc finalement sur ma façon de me nourrir. Elle m’a aidé à apporter un éclairage particuliers sur la façon dont je me traitais – Mme Parfaite, qui veut plaire à tout le monde, celle que tu as décrit si bien dans ton billet précédent- et j’ai trouvé chez elle des éléments de réponses que je n’avais pas du tout trouvé chez la psychologue!
    ton post m’a fait penser à cette vidéo de F Lopez pour le mouvement Colibris https://www.youtube.com/watch?v=KceKMvOwRCk, là où il dit qu’on ne peut aider les autres qu’en commençant par s’aider soi-même  » donc je me suis senti moins coupable de m’occuper de moi ».

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  52. Maria a dit…

    Merci pour ce partage.
    Je ne suis pas suivi mais je consulte occasionnellement un psy. J’y vais quand « ça déborde », quand je n’arrive pas à gérer mes émotions seules.

    Du coup mes réponses seraient très différentes des tiennes parce qu’en 1h30 j’en ressors avec la sensation d’avoir résolu mon problème du moment. Un peu justement comme le dentiste et les caries.

    J’avoue que j’ai une peur bleue d’avoir une dépression (c’est mon côté hypocondriaque) et du coup dès que je « déprime » je prends rendez-vous, pleure tout le long de la consultation, vide mon sac, paye mes 50 euros et repars plus légère.

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  53. Anonyme de 40 ans a dit…

    Je suis allée voir quelqu’un , après le décès de ma maman et enceinte de mon fils……au bout de quelques séances: elle m’a dit qu’on arriverai jamais à bosser avec moi car je n’arrivais pas à lâcher prise (elle n’a pas dit ces mots exacts mais c’est ce que ‘j’ai compris…..) ….et depuis j’hésite à y retourner (laisser un bras si on sait dés le départ que ça ne « marchera pas »…….

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    • Caroline a dit…

      à mon avis c’était pas la bonne personne. J’en ai vu deux avant de trouver la mienne, personnellement. Et quelqu’un qui renonce aussi vite… Ou alors elle a senti qu’elle ne te convenait pas, je ne sais pas. Mais ce n’était pas la bonne. C’est une rencontre, je pense, quand même.

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      • Maryan a dit…

        Entièrement d’accord. Un psy c’est comme un boulanger, hein, si le pain ne nous convient pas, on va en voir un autre. Il n’y a rien de dégradant, d’humiliant, de honteux à dire à un psy que ça ne convient pas et qu’on ne reprendra pas rendez-vous, ça permet aussi (j’imagine) à ce que cette personne se remette en cause si beaucoup de ses patients lui disent la même chose…
        Ah aussi (rien à voir), bonjour Caro, merci pour vos articles, je me marre (et je procrastine, c’est pas bien) depuis des heures… ^^

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  54. cash cash a dit…

    Voilà un billet comme on les aime, avec les commentaires qui vont bien avec 😉
    Personnellement, comment te dire… Tu prêches une convaincue. La thérapie s’arrête un jour, mais pas le voyage pour te connaître toi-même, et c’est ça le plus important.

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  55. Béné a dit…

    J’entame la 5ème année d’un divorce difficile, j’ai l’impression de stagner, rien ne bouge … Je voulais profiter de cette période pour me reconstruire et justement « consulter », mais je n’ai jamais franchi le pas. Très souvent des questions me viennent à l’esprit et je me dis « si seulement j’avais quelqu’un qui puisse me répondre ». J’ai tenté l’hypnose chez une psychothérapeute, persuadée qu’il suffisait d’y croire pour que ça marche (et j’y croyais!) mais j’ai été déçue. Après 2 séances, cette psy ne me donnant pas d’autres rendez vous, j’en ai déduit qu’elle trouvait que j’allais suffisamment bien. Donc rien n’ est fait, tout est encore à faire.
    Seulement, j’habite la campagne. Le premier psy est à 1h 30 de voiture… Que penser des psychothérapies en ligne (façon Véronique Gallo!) ? Si l’une d’entre vous a des conseils, des noms, je suis preneuse. Merci

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  56. Jacques a dit…

    Il y a comme cela des évidences qui planent au-dessus des idées reçues.

    Evidemment que la psychothérapie est un travail, il n’y a qu’à se pencher sur l’étymologie du mot qui vient de trepalium soit instrument de torture qui implique souffrance, tourment et peine.
    On peut rajouter aussi « la salle de travail » dans les maternités, le psychothérapeute doit aider à accoucher de soi même. Une version pas améliorée (faut pas rêver) mais plus ou moins stable de soi même.
    Les philosophes appellent cela la maïeutique.

    Mais de là à payer pour travailler et souffrir. C’est fou non ?
    Quant à la fin d’une cure, ce n’est pas un CDI non plus, qui dit travail psychologique dit cadre physique et temporel avec rythme et durée de séances puis fin de la mission calibrée sur 3 ans maxi. Ensuite le psy doit déontologiquement y mettre fin en se séparant de son patient (le contre transfert n’a pas été mis en évidence uniquement pour les chiens : désolé Droopy). Si le job n’est pas fini à échéance il se doit de refiler le « BB » à un confrère ou bien basculer vers une psychanalyse pure et dure…
    Aïe ! Il faut s’attendre alors à ce que ce Quelqu’un puissance 2 s’endorme à cause de notre répétitivité et platitude de nos mots décrivant nos maux. Mais c’est son métier et il faut bien que tout le monde vive.

    Une chose est sûre il ne s’agit pas de fantasmer ou sublimer une cure psychothérapeutique, aussi narcissique soit elle.

    A part ça, je me demande bien comment votre « Quelqu’un » vous analysera après ce billet.
    Mais la question à 60 euros, c’est savez-vous qu’elle sait que vous savez qu’elle sait ???

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    • Caroline a dit…

      Jacques, je n’arrive pas à savoir si vous vous fichez ouvertement de moi ou pas en fait ! j’aime bien la question à 60 euros mais je crois que vous vous trompez, je crois qu’elle ne sait pas. Quant au fait qu’elle lise ce blog, je ne pense pas. pas son genre.

      Répondre
      • Jacques a dit…

        Mais non, je vous taquinais.
        Il y aurait bien un moyen pour vraiment le savoir, c’est le message codé.
        A la prochaine séance, vous lui faites un clin d’œil en disant « oh, j’ai une poussière dans l’œil » et elle de répondre :
        « Pour sortir d’ un rêve, Suffit d’ un seul œil ».
        😉

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  57. Batice71 a dit…

    Merci pour cet article !
    Suivant une psychanalyse depuis 3 ans, je me retrouve dans certains points. Et pour le dernier, je peux y apporter une réponse : oui, on sait quand ça doit se terminer. Au bout de 3 ans, mes rendez-vous s’espacent et comme tu le dis, je ressens moins le besoin d’y aller alors qu’au début, c’était une bouffée d’air.

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  58. Geneviève a dit…

    Les commentaires de Mammouth m’ont amenée à réfléchir moi aussi. Sur le coup, je dois dire que je ne les ai pas très bien prises parce que « chacun fait comme il peut/veut…)
    Alors les idées reçues dans l’ordre:
    D’entrée de jeu, on ne va pas consulter un psy pour ressasser le passer mais parce que l’on en éprouve le besoin impérieux.
    Pour ma part, une enfance plutôt heureuse même si j’avais un petit fond mélancolique mais la première fois que j’ai « vu quelqu’un », c’était après la naissance de mes jumeaux il y a 28 ans: j’étais extrèmement fatiguée, je reprenais le travail et mon fils aîné (3 ans) commençait l’école; je portais ça très seule (c’était mon sentiment en tous cas). Ca a duré 2 ans ? Je ne saurais dire pourquoi ou comment j’ai arrêté.
    Ensuite, 1 an juste après le décès de mon père (il y a 22 ans), j’ai fait une bonne grosse dépression et j’ai cherché quelqu’un d’autre (un psychiatre avec qui je faisais une thérapie analytique). J’ai continué avec grand intérêt pendant 6 ans et j’étais beaucoup mieux, j’ai arrêté
    Enfin, il y a 7 ans (au départ brutal de mon ex-mari), je l’ai rappelé et c’était une évidence une obligation vitale de le revoir à ce moment-là (j’y allais même 3 fois par semaine au début, c’était terrible…). Au fur et à mesure de la thérapie, les séances ont été espacées jusqu’à l’annonce il y a un peu plus d’un an qu’il arrêtait d’exercer en cabinet… J’en étais malheureuse mais je pense qu’il m’a vraiment aidée et du coup, je n’ai pas eu envie (ou énergie) de recommencer à tout expliquer à un autre quelqu’un…
    Plusieurs années donc avec 2 psychiatres différents. Pas de ressassage (?) de traumas de l’enfance mais une vraie exploration en confiance de la façon dont on reçoit les émotions, de notre façon de vivre les relations…
    2 ème idée reçue: On ne « compte pas sur son psy pour résoudre ses problèmes », on fait confiance à sa « NEUTRALITÉ BIENVEILLANTE ». On peut, chez lui (si on a fait une bonne rencontre) confier ses troubles, son mal-être, ses angoisses (ce qu’on veut, ce qui nous vient à l’esprit) et, ainsi, pouvoir soi-même mieux comprendre comment on fonctionne.
    Avec des amis, il y a la bienveillance mais pas la neutralité et avec les « autres proches », il y a quelquefois la neutralité, quelquefois la bienveillance mais souvent ni l’un, ni l’autre. Plusieurs ici ont témoigné de phrases entendues très destructrices, très cruelles ou très maladroites tout simplement.
    3ème idée reçue: le « nombrilisme ». Je n’ai pas très bien pris cette expression. Quand on est dans une grande détresse, je crois que c’est essentiel de prendre soin de soi… J’ai toujours du mal avec les leçons du genre « Allez, reprends-toi, sois courageuse/forte/positive »… On a l’embarras du choix pour les conseils…
    4ème idée reçue sur le « déclic » qui fait qu’on peut passer à autre chose… Je n’ai pas su interpréter (comprendre) cette idée-là. Il n’y a pas de « moment magique » qui résoudrait tout je crois. Mais petit à petit, on comprend mieux et on se fait comprendre mieux je crois (donc on partage mieux).
    5 ème idée reçue: on sait quand on doit arrêter… Pas si flagrant pour moi. La 1ère fois j’ai arrêté plutôt parce que j’étais pas mal débordée entre les 3 enfants petits et le boulot. La 2 ème fois (au bout de 6 ans avec le 2ème psy), je crois que c’est venu doucement et naturellement avec l’assurance que je pouvais revenir si j’en éprouvais le besoin; ce que j’ai fait la 3ème fois et là, j’étais tellement mal que je souffrais même quand il prenait des vacances 🙁 . Je suis passée de 3 séances/semaine à 2 puis une jusqu’à son départ il y a un an donc. J’étais angoissée à l’idée de « rechuter » mais il m’a vraiment aidée à débroussailler mes sentiments, mes angoisses, mes comportements.

    Chacun trouve sa solution (j’espère) et ce n’est pas « obligatoire » de passer par la case psy… Personnellement, je trouve d’autres façons de désamorcer un moment difficile avec la marche au long cours mais la méditation, je n’arrive pas, je n’accroche pas… Là aussi, je pense qu’il faut faire « la bonne rencontre » avec le bon thérapeute (celui qui nous convient…)

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  59. MarieG a dit…

    Je consulte depuis quelques années – mon généraliste m’a référée à un collègue psy car j’étais dans un état pitoyable, dépression sévère. J’y vais chaque semaine, parfois ça m’emm***, parfois ça m’indiffère, la plupart du temps j’en sors enrichie (au sens figuré :-). J’ignore combien de temps je vais encore y aller, on verra.

    Plusieurs illuminations, vraiment. Des gros trucs que je n’avais jamais vus ou même osé penser. Des séances dont je suis sortie avec le sentiment d’avoir fait un pas de géant, abattu un mur entier, éclairé a giorno une scène de théâtre; tout un aspect de ma vie changé en une seule séance. C’est arrivé plusieurs fois. Rien que pour ça, ça vaut la peine de faire du surplace.

    Un bilan intermédiaire ? je ne me sens plus responsable de tout de rien et des autres; je me comprends et me prévois mieux; je suis plus gentille avec moi et je prends mieux soin de moi; je suis moins anxieuse.

    Peut-être le plus important est que j’ai traité des problèmes dont je ne parlais jamais: je préférais les taire plutôt que prendre le risque d’en discuter. Imaginez les dimensions que peut prendre un problème que l’on veut taire… Maintenant, j’arrive pratiquement toujours à traiter calmement les problèmes, et le plus tôt possible dès leur apparition.

    J’ai peu parlé de mon enfance à mon psy, au début en tout cas. En fait, au fil de nos séances, c’est lui qui m’a posé des questions sur cette période de ma vie, pour « raccorder » avec nos discussions sur le présent (parce que, oui, mon « quelqu’un » parle, il ne se contente pas d’écouter, et je préfère). Au fur et à mesure que j’ai bien voulu admettre tous les aspects de cette période de ma vie, dont je ne conservais qu’un souvenir flou, les actions de Kleenex ont monté, et on a soigné l’enfant qui est en moi. Soigné, mais pas guéri, il y a des blessures permanentes.

    Je n’ai qu’un regret: ne pas avoir rencontré ce psy plus tôt

    Faites de beaux rêves

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  60. Linette a dit…

    C’est OK pour moi, j’adhère à ton point de vue (sauf N°4 pas hypocondriaque). Vu un spy pendant 3 ans puis dit : je ne viens plus car j’avais compris mon fonctionnement, ce n’est pas parfait mais je m’aime bien maintenant donc meilleur rapport aux autres. C’est le but Non ?

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  61. Vida a dit…

    Je trouve que la plus grosse idée reçue est que ce serait « facile » comme un caprice de femme oisive qui n’a que ça à faire, aller parler d’elle, de ses petits tracas… Mais bon sang, c’est une démarche qui bouleverse, qu se pèse pendant des années parfois, ça agite, ça fait mal, ça oblige à fouiller des plaies, à se regarder lucidement dans des fonctionnements qu’on n’a aucun plaisir à avoir… et puis ça mobilise, dans le sens où ça prend du temps et où ça coûte de l’argent qu’on préfèrerait parfois utiliser à autre chose… J’étais au bord du suicide quand j’ai consulté et ma psy m’a sauvé la vie… On ne parle pas de confort, de luxe, de nombril quand on en est là… Aujourd’hui je sais que cela m’aiderait de revoir quelqu’un par rapport à l’état de ma mère, dont j’ai déjà parlé ici, mais je n’arrive pas à trouver le temps de le faire et soyons honnête, le courage…

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    • Vida a dit…

      Donc oui, voilà, pour conclure, je trouve que c’est une démarche très courageuse et qui n’a rien de complaisant… C’est très courageux de refuser de continuer à se gâcher la vie !

      Répondre
  62. Karine a dit…

    J’emmène ma dernière fille (9ans) chez une psychologue depuis 1 an. Effectivement les 2premières personnes ne lui ont pas convenu. Elle était fermée et n’arrivait pas du tout à faire confiance. Effectivement, il faut trouver la bonne personne pour que la relation soit favorable au travail. Même chez les enfants c’est une grande évidence. On ne s’ouvre pas à n’importe qui.

    Quant à moi, je sens bien aussi que ça me permettrait demieux comprendre, de mieux réagir. Mais j’ai trop peur que ça bouleverse complètement ma vie. Et pour l’instant, je ne suis pas prête pour cela.

    Merci beaucoup pour ce billet qui nous fait réfléchir.

    Répondre
  63. Jesagrey a dit…

    Moi ma psy m’a sauvé la vie, rien de moins. Trois dépressions à mon actif avant 35 ans, troubles du comportement alimentaire, schémas d’échec et d’abandon à répétition… après 5 ans de travail avec elle, adieu TCA, adieu répétition des échecs et des relations foireuses… Pour la dépression ma foi si le terrain est héréditaire je sais pas si ça peut complètement éviter les rechutes mais je me sens plus en sécurité. Ça n’est pas magique, j’ai travaillé très dur pour tout ça et je suis extrêmement fière de moi d’avoir plongé les mains dans le cambouis et d’avoir tenu bon tout du long . On attaque aujourd’hui le travail sur ma quête du graal: atteindre un poids normal et le conserver. Environ 45 kilos à perdre, une paille… ça patine nettement depuis qu’on en parle mais quand je vois d’où je viens je pense que j’y arriverai. Pour ce qui est d’arrêter un jour, je ne sais même pas si j’en aurai envie pour être honnête. Je pense que si tout allait « bien » je me paierais quand même le luxe, quelques fois par an, d’aller déverser mon sac chez quelqu’un qui me doit neutralité et écoute bienveillante, et avec qui il n’y a pas de risque de déception lié à l’affect: le luxe absolu à mon sens!! Courage à toutes celles qui sont en train de ramer de concert avec leur quelqu’un, et merci Caro pour ce billet!

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  64. emmicat a dit…

    Bonjour Caroline et merci pour ce très beau post. Comme je suis « psy » moi-même c’est assez drôle parce que je m’y ratrouve à la fois en tant que « patiente » et en tant que « psy » – dans le sens où cela rejoint clairement mes intentions psychothérapeutiques.
    Je me suis permise de faire un lien vers cette page depuis mon site pro, j’espère que c’est ok? Sinon, pas de souci je l’enlève (je ne mets pas l’adresse du site car je ne veux pas faire de pub mais j’imagine qu’il y a moyen de me le faire savoir via l’adresse mail que j’ai fournie…).
    🙂

    Beau w-e

    Répondre
  65. Caro69 a dit…

    Bonsoir,
    Venant de perdre mon fils de 18 ans, j’ai tout de suite recouru à une psychologue, et c’est un moment où je peux tout dire, les pensées les plus horribles, mes peurs pour l’avenir, mes sentiments de colère, d’injustice… car il y a des choses que l’on ne peut pas exprimer à ses proches, soit par crainte de les blesser ou parce qu’elles n’auront peut être pas le recul necessaire et les réponses.
    J’en ressors avec un apaisement, des réponses ou des axes de réflexion à mes questionnements.
    Aller voir un psy demande du courage, car c’est dire « j’ai besoin d’aide » ! C’est un espace de neutralité où l’on ne blesse personne et personne ne nous blesse.
    Il faut juste trouver le psy avec qui le feeling passe !

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  66. Anonyme a dit…

    Merci Caroline pour ce billet. Je ne commente jamais mais je te suis depuis le début. D’ado, je suis devenue maman, deux fois. Ma psy m’a sauvé la vie. A chacune des naissances de mes enfants, j’ai eu une période compliquée. La première fois, c’était, disons, une alerte. Deux mois après la seconde naissance, je ne dormais plus. Insomnies permanentes, j’ai passé jusqu’à 6 jours sans dormir. Crise de panique, hyper-vigilance, hyper-activité, je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait. A deux doigts de me noyer, j’ai une amie qui a fait des démarches en urgence pour avancer mon rendez-vous avec la psy programmé 2 mois plus tard. Je travaille avec elle, sur moi, pour mes enfants et pour me permettre de continuer de vivre. C’est loin d’être une démarche nombriliste, je crois que surtout, je me sauve et je sauve mes enfants. J’ai découvert que j’ai subi une agression que j’avais occultée, mémoire traumatique qu’elle appelle ça. Je comprends mieux mes crises d’angoisses et mon hyper-vigilance vis à vis de mes enfants. J’ai découvert que ma famille me fait plus de mal que de bien. J’ai le sentiment que les bases sur lesquelles j’ai construit ma vie sont mouvantes. Alors, j’apprends. J’apprends à reconstruire autrement, à être indulgente avec moi-même. L’épisode que je traverse est difficile et à des répercussions sur d’autres que moi et elles ne sont pas toutes positives.

    Il est aussi possible de consulter un psy(chologue) gratuitement dans certaines maternités. Pour mon cas, cela est pris en charge complètement au titre du post-partum. Sans parler de prix, je paye de ma personne, de mon temps et de ma disponibilité (maman de deux enfants qui travaille).
    Les commentaires parlent de béquille. Je pense que les béquilles sont les médicaments. Le « vrai » traitement est la thérapie. J’aime l’image du psy qui te guide dans le tunnel de ton inconscient. Par curiosité, j’ai posé la question à ma psy : lorsque je l’avais rencontré lors de la naissance de mon premier enfant, pouvait-elle imaginer ce qui était refoulé en moi ? Elle m’a répondu qu’elle ne peut y avoir accès tant que moi je n’y ai pas accès. Mais que mes symptômes tendaient effectivement vers quelque-chose de cet ordre. Les psy ne peuvent savoir mais leur formation et expérience te guident et te permettent de tracer ta route quand tu es pret.

    Merci Caro pour cet espace.

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    • mammouth a dit…

      J’ai remarqué que depuis que je suis mère, éduquer mes enfants et les voir grandir fait parfois surgir des émotions en moi, pas aussi dramatiques que ton agression, mais je ne sais pas d’où elles viennent, mais elles viennent de loin. Je n’ai jamais su expliquer pourquoi ni comment.

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  67. mammouth a dit…

    C’est toujours un peu étonnant de voir comment les autres reçoivent et interprètent nos paroles et en tire des conclusions. J’ai dû aller relire nos échanges pour comprendre comment tu en es arrivée à ces conclusions ainsi formulées. Mais en soi ce n’est pas très important. C’est ainsi. C’est un billet fort intéressant parce qu’il nuance. J’ai maintenant lu la plupart des commentaires, plusieurs m’ont interpellée. Merci pour cet espace d’échanges.

    Comme beaucoup d’autres l’ont dit, l’expérience change selon le thérapeute et il faut prendre le temps de trouver la bonne personne. Cela semble l’évidence même, mais quand on est en souffrance, rechercher la personne adéquate ne coule pas nécessairement de source. Et si on fait plus d’une thérapie au fil du temps, ce n’est pas dit que le thérapeute choisi sera encore le bon parce qu’on évolue et que lui aussi. C’est donc vraiment un ressenti du moment présent. N’empêche, la première (et unique) fois, j’étais plutôt perdue par la panoplie des méthodes. Je sais faire la différence entre un psychiatre, un psychologue et un psychothérapeute, mais parmi les différentes thérapies, je n’ai pas trouvé beaucoup d’aide pour m’aiguillonner quand à la plus appropriée pour moi. Bref, c’est surtout une question de ressenti. J’en ai vu deux avant de tomber sur la bonne. La première était une catastrophe. J’étais en grande souffrance, mais j’ai compris qu’elle n’allait pas dans le bon chemin pour moi et qu’au contraire, elle me ferait du tort. La deuxième, c’était une question de confiance. La troisième a été la bonne. Je l’ai su par ce qu’elle m’a répondu à la première séance. J’ajoute quand même que mon docteur m’avait prescrit des anti-dépresseurs en plus de la thérapie ; il m’avait dit que c’est parfois mieux de faire les deux. Dans mon cas, cela s’est avéré juste, mais j’étais en grande souffrance pour moi. Un seul des moyens ne m’aurait pas aidé autant et surtout la combinaison a évité des rechutes quand j’ai arrêté. Pour les médicaments, je les ai arrêté dès que j’ai pu parce que psychologiquement, ça me stressait d’en prendre. J’ai senti quand j’ai été prête à arrêter la thérapie avec cette personne. C’était clair et c’est venu naturellement au bout d’une année. Il faut dire que j’avais également commencé à faire du yoga en même temps. J’ai arrêté les médicaments puis la thérapie, mais je n’ai jamais arrêté le yoga.

    J’ai suggéré la méditation lors de nos échanges, mais en fait, c’est le yoga que je voulais dire. La méditation faisant partie intégrante du yoga. Mais il aurait fallu expliquer parce que pour la plupart des gens, le yoga est uniquement des postures physiques, compliquées à exécuter qui plus est. Alors en terme d’idées reçues, y’en a tout plein envers le yoga. Le yoga prend en compte tous les aspects de la personne. C’est pour ça que c’est un outil formidable. Parce que l’humain n’est pas que son mental. Nos problèmes émotionnels sont aussi liés à notre corps, à notre souffle, à notre alimentation, à notre mode de vie. Et sans dénigrer les autres méthodes, je pense sincèrement qu’à long terme, le yoga demeure l’outil le plus efficace pour bien vivre ses émotions et soigner les maux. Mais comme pour les psy, il faut trouver le prof et le style qui nous conviennent le mieux au moment présent.

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  68. Liz a dit…

    A titre informatif (si cette publication n’a pas lieu d’être ici, elle peut etre supprimée ) une expérimentation vient d’être validée pour le remboursement des psychologues libéraux pour les 6-21 ans. Je vous mets le lien: https://www.google.fr/amp/s/planpsy2011.wordpress.com/2016/12/28/lexperimentation-du-remboursement-des-psychologues-liberaux-pour-les-6-21-ans-definitivement-adoptee-syndicat-national-des-psychologues/amp/
    Merci caroline pour cet article

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  69. Floppy a dit…

    Bonjour,
    Merci pour cet article qui résonne en moi… Je consulte depuis 6 ans et je suis actuellement dans une phase quasi dramatique de ma petite vie…j’ai eu besoin d’aller me « frotter » a une nouvelle thérapeute et donc un nouvel avis.., elle a fait vaciller bcp de certitudes que ma précédente psy semblait avoir. Ma question Caro c’est : »est-ce qu’une psy peut être directe, voir un peu brutale pour tenter de faire bouger les choses ? »
    Merci pour ces petits moments de vie !

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  70. Lirriel a dit…

    Premier commentaire d’une lectrice de longue date…
    Je vois un quelqu’un depuis un peu plus de 4 mois maintenant.
    Ce n’était pas ma première expérience de « psy ». La première fois, j’avais fini en urgence chez quelqu’un pour trois séances après une rupture traumatique (le gars était un genre de pervers narcissique). Le psy m’avait bien aidé, mais il changeait d’hôpital après, alors je n’ai pas poursuivi.
    La seconde fois, le courant n’est vraiment pas passé avec la dame, et comme plusieurs l’ont dit, faire la démarche d’appeler, ce n’est pas facile, alors j’ai laissé courir et je me suis débrouillée comme j’ai pu avec mon mal-être au boulot.

    Et puis il y a 4 mois donc, il y a eu un problème au bureau justement. Et là, plus le choix, il fallait que je fasse quelque chose. Une copine nous avait parlé d’un hypno-thérapeute quelques semaines avant, j’avais le numéro sous la main, alors…
    Et franchement, depuis, j’ai tendance à penser que finalement, la méthode importe peu tant qu’on a pas besoin d’une aide chimique (là, c’est différent bien sûr). Le tout, c’est qu’elle nous convienne, et surtout, de trouver la bonne personne.
    Et oui, je me souviens de tout ce qu’il se passe durant la séance, et non, ça n’a rien à voir avec l’hypnose de spectacle (pour répondre aux deux questions qu’on me pose dès que j’en parle 😉 ).
    L’an dernier, je n’aurais pas parié un kopec sur l’hypnose. Maintenant, je sais que ça m’aide (et mon entourage me le confirme) et que ça me convient, et que mon thérapeute est la personne qu’il me faut pour le moment (même s’il n’est pas psychologue ou psychiatre, juste hypno-thérapeute), alors le reste, on s’en fiche. Qui peut prétendre avoir le droit de juger notre besoin d’aller mieux, franchement?

    Quand à ceux qui pensent que c’est une facilité, ou un truc qu’on fait parce qu’on s’ennuie… Qu’ils se prennent dans la tronche les remontées traumatiques et les « curages » de cicatrices que l’on effectue en séance (ou hors séance souvent avec l’hypnose) et on en recause. Cette impression parfois de vomir ses douleurs, j’appelle pas ça un plaisir. Mais c’est utile, et on se sent tellement plus léger après. D’une manière général, aller gratter là où ça coince, ça demande une bonne dose de courage, plus que de mettre un mouchoir par dessus en pensant que ça va passer (ce que j’ai fait très (trop) longtemps).

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  71. Fllocj a dit…

    Je pense que je suis la championne ici, car j’ai passé 25 ans sur divers divans, et je continue à y aller une fois par semaine. La psychanalyse m’a permis de résoudre un nombre certain de problèmes, dont les problèmes du comportement alimentaires, notamment la boulimie, était le plus visible. En revanche, j’avais de très grosses résistances à la psychanalyse, qui m’ont valu ces longues années sur le divan. Pour le dire autrement, j’ai parlé pendant longtemps sans que ça ne serve à rien, malgré les efforts de mon psychanalyste pour lever ces résistances. Elles ont fini par tomber, à l’usure, ai-je envie de dire. Suis-je devenue une fan et une propagandiste de la psychanalyste? Pas vraiment. Je continue à y aller une fois par semaine, et c’est simplement une question d’hygiène de vie, presque comme aller au cours de yoga ou de Pilates.

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    • mammouth a dit…

      Pourquoi avoir continué avec cette forme de thérapie qu’est la psychanalyse si tu sentais des résistances? N’as-tu pas eu envie à un moment de tenter une autre forme de psychothérapie qui aurait peut-être été plus en accord avec toi?

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  72. Karine G-s a dit…

    Hello Caroline
    Très intéressant billet !
    J’ai mis un moment à trouver mon quelqu’un à moi et ce qui m’a convenu le mieux, c’est une personne qui travaille en psycho-corporel et qui est un peu magnétiseuse aussi, ça ne fait pas de mal étant donné que je somatise +++ sur le plan physique.
    Ca fait tout de même une quinzaine d’années que je travaille sur moi, depuis que j’ai eu un cancer en fait.

    J’avais cette crainte au début que le travail que j’entamais sur moi-même me change tellement que ça mette mon couple en péril et c’est bien ce qui s’est produit. Pour plein de raisons qui tiennent aussi à mon ex, mais j’avais tellement, tellement changé depuis qu’on s’était rencontrés (au lycée) (et lui aussi) qu’il nous a été impossible de nous retrouver. On reste très proches, et on est toujours un couple parental soudé… mais plus un couple.

    Tu n’as jamais eu cette crainte que ton travail thérapeutique fasse vaciller l’équilibre entre toi et le Churros ? C’est une question très personnelle et tu n’es pas DU TOUT obligée de répondre, hein. 🙂

    Belle journée à toi

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    • mammouth a dit…

      Je me permets de répondre par mon ressenti personnel, mais de l’autre point de vue. Mister mammouth a entamé un travail personnel pour régler un trauma profond datant de très loin. Je savais qu’il y avait un « risque » que ce cheminement le mène un jour sur une route différente de la mienne. J’ai accepté d’emblée cette possibilité et je lui ai dit que je l’accompagnerais et l’encouragerais dans sa démarche peu importe où elle le mènerait, même loin de moi. Pour moi cela va de soi en raison de l’amour, la tendresse et le respect qui caractérisent notre relation. Pour l’heure, nous sommes encore soudés, mais le chemin est encore long, qui sait. Bien sûr, cela n’enlèverait rien à la tristesse et à la déception d’une rupture, on s’entend, mais l’amour, c’est aussi vouloir que l’autre soi bien avec lui-même.

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