Catégorie : Pensées en vrac

Amourette, Snapchat et Tarte à la rhubarbe

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Hier, je regardais la cérémonie de clôture de Cannes avec Rose, laquelle m’interrompait toutes les deux secondes pour me parler de tout et n’importe quoi. A sa décharge, la cérémonie en question n’avait rien de passionnant. J’ai fini par plus ou moins lâcher l’affaire des palmes et comme elle me parlait de ses copines et copains, je lui demande, l’air de rien, « et au fait, Johan ? ».

« On est toujours ensemble », me répond-elle, avec son naturel désarmant. Et d’ajouter: « Ne t’inquiète pas, si j’ai un problème dans mon couple, j’en parlerai à ma soeur ».

Je m’en vais donc de ce pas donner le numéro du planning familial à sa soeur, on ne sait jamais. En lire plus »

De l’éducation et autres…

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Ces derniers temps les discussions à table tournent beaucoup autour de l’orientation prochaine de mes grands au lycée. J’en ai déjà parlé, je ne vais pas radoter sur l’énorme déficit d’orientation du système scolaire français, mais je suis tout de même désespérée par le peu de conseils qui leur sont prodigués. Mais au delà de cela, les interrogations, hésitations et peurs de mes enfants quant à leur avenir me renvoient à mes propres angoisses au même âge. Je me souviens que j’étais terrorisée à l’idée de cet après. Probablement parce qu’à cette époque, je vivais de plein fouet le licenciement de mon père et sa difficulté à retrouver du travail. Le chômage me paraissait inévitable, je n’avais strictement aucune idée de ce que je voulais vraiment faire dans la vie et j’étais convaincue de n’être bonne à rien. En lire plus »

Bruxelles ma belle (et toutes les autres…)

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Ankara, Istanbul, Ouagadougou, Ben Guerdane, Abidjan, Bruxelles…

Ankara, Istanbul, Ouagadougou, Ben Guerdane, Abidjan, Bruxelles…

Ankara, Istanbul, Ouagadougou, Ben Guerdane, Abidjan, Bruxelles…

Ankara, Istanbul, Ouagadougou, Ben Guerdane, Abidjan, Bruxelles…

J’en oublie sans doute, mais 2016 est d’ores et déjà bien trop ensanglantée. En lire plus »

Paris Paris combien, Paris, tout ce que tu veux…

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Je crois que je ne vous l’ai pas encore dit ici mais il y a désormais non seulement une BD mais aussi un recueil des textes de Parents Mode d’Emploi, paru aux Editions du Chêne. Comme nous sommes des gens très modestes, nous l’avons appelé les « Sketchs Cultes » (sans le s d’ailleurs à la fin parce que culte est à comprendre au sens générique du terme).

Hier, pour fêter en quelque sorte la sortie du bouquin, mais surtout pour le plaisir de boire un verre ensemble, on s’est retrouvés dans un petit bar dans Paris. C’était joyeux, bruyant et bavard et j’en suis repartie assez légère (ivre en fait). Dans le taxi qui me ramenait chez moi, je me suis rappelé le premier pot organisé il y a presque trois ans (je n’en reviens pas, il y a une conspiration de l’espace temps je pense) par la production dans la maison de Gaby et Isa, à l’occasion de la première diffusion télé. J’étais alors complètement tétanisée, je me faisais l’impression d’entrer dans un monde parallèle dans lequel je ne me sentirais jamais à ma place. Du coup j’avais bu et je m’étais je crois passablement humiliée en déclarant ma flamme à Arnaud Ducret (une flamme toute professionnelle bien sûr mais ça restait je pense assez gênant) (ce « je pense » est rhétorique, il va de soi que j’en suis sûre) (depuis, S et N, deux des auteurs du gang, me demandent systématiquement si je suis bourrée et si ça n’est pas le cas, de les prévenir dès que c’est fait, histoire de pouvoir rigoler). En lire plus »

Pauvre maman

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Quand on rentrait de l’Île de Ré en voiture – à noter que nous avons vécu le pire retour de l’histoire, avec une voiture en feu à la sortie du péage de Saint-Arnoult qui a créé, je cite la meuf de 107.7 qui n’est pas une pucelle du bouchon, « le plus bel effet entonnoir que j’ai jamais vu et croyez moi j’en ai vu! » On était presque contents pour elle tellement elle avait l’air enthousiaste (il y a des gens qui aiment leur métier que voulez-vous). Un peu moins quand on a réalisé qu’on ne s’extirperait pas de ce merdier avant une bonne heure. La seule chose qui nous a soulagés ? Insulter la meuf de 107.7. Rien de personnel, hein, Sandrine. En lire plus »

En 2016, on s’envole ?

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Il y a quelque chose de désormais très convenu à vous souhaiter sur ce blog une bonne année. Mais parfois les traditions ont du bon et puis je crois que le seul intérêt de ce rituel est de regarder vers l’avenir. En même temps, comme le dit si bien Violet Grantham dans le Christmas Special de Downton Abbey, « ce n’est pas comme si nous avions le choix ».

Alors foin de nostalgie, faisons de 2015 table rase et misons tout sur 2016, qui a au moins le mérite de nous proposer une rime digne de ce nom. En lire plus »

Ras l’front

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Figurez-vous que fidèle à ma tradition de somatisation, je me cogne depuis deux jours un zona sur le front. De là à dire que j’en ai ras le Front, il n’y a qu’un pas ou plutôt qu’un ganglion. Je ne veux pas me faire plaindre – mais un peu quand même – mais cette saloperie est incroyablement douloureuse et fatiguante. Pour l’instant, je croise les doigts, la chose n’a pas fleuri et je ressemble plus à un mini Gorbatchev (copyright Violette) qu’à un chou fleur, mais le médecin n’est pas certain que la dose massive de zovirax qu’il m’a prescrite puisse éviter l’irruption de boutons. Quoi qu’il en soit, j’ai la sensation d’avoir tous les nerfs du visages dénudés et tout me demande un effort incommensurable. Et bien sûr ça tombe LA semaine où il ne faudrait pas, alors que j’ai des papiers à rendre pour hier et des rendez-vous importants. « Je vous fais un arrêt ? » m’a demandé le médecin. « Ah ah ah, faites toujours si ça vous chante mais je ne saurais absolument pas à qui l’envoyer » je lui ai répondu. C’est dans ces moments là que je mesure la fragilité de mon statut, on va dire. En lire plus »

Cannabis, alcool, trouver les bons mots

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Ma première fois avec un joint, je m’en souviens comme si c’était hier. J’étais en 1ère et j’avais un copain, J., qui en plus d’avoir la beauté du diable, était un sacré fumeur et pas que de gitanes. Moi je clopais des Peter stuyvesand bleues longues cartonnées (rien que les demander au buraliste me prenait l’après-midi) mais la drogue jusque là, j’étais quand même très contre (à l’époque porter un gilet Agnès B me paraissait être le comble du punk, vous voyez le genre). Mais mon année de 1ère, en plus d’être marquée du sceau du naufrage scolaire (grosse erreur d’orientation en 1ère S) fut aussi celle des premières conneries (j’ai découvert l’autre sexe sur le tard il a fallu que je me rattrape).

Donc, J. jeune homme de bonne famille et néanmoins rebelle de notre bande, m’a proposé de me déniaiser, mais pas de la façon dont j’aurais voulu en vrai. Et comme faute de grives on mange des merles, j’ai donc accepté de fumer un pétard au lieu de l’embrasser. C’était dans son jardin, en été, et j’ai du tirer trois taffes, puis rire deux heures d’affilée pour terminer la tête dans le pot de Nutella. Par la suite, pendant plusieurs années, j’ai rarement refusé le bédos quand il tournait, sans être néanmoins accro, parce qu’en vérité, la perte de contrôle et moi ça fait deux. Je n’ai jamais été plus loin que ça, j’ai toujours refusé tout autre psychotrope, pas par excès de morale ou que sais-je, mais j’avais bien trop peur de rester bloquée aux champis ou de mourir d’un arrêt cardiaque à cause d’un trait de coke. Et puis j’ai fini par ne plus aimer tant que ça non plus la fumette, après un pétard un peu trop chargé, qui a déclenché chez moi la pire crise de parano que j’ai connue. Surtout, maintenant que j’ai dit adieu à la cigarette, je ne veux plus tenter le diable (j’ai bien sûr aussi essayé à une époque de me contenter du pétard du samedi soir tout en me patchant le rester du temps) (guess what: ça n’a pas très bien fonctionné). Bien sûr, quand ça tourne en soirée (ça devient rare cela dit), je suis tentée, ne serait-ce que parce que ça continue parfois de me faire vraiment rigoler. Mais le simple fait d’inhaler ce que les autres recrachent suffit à me faire planer. Je ne coûte pas bien cher en gros. En lire plus »

Et après ? Je ne sais pas.

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Alors déjà merci. Je ne sais pas par quel miracle ce blog échappe aux extrémistes et plus généralement aux cons, mais force est de constater qu’on est bien épargnés. Certains diront que c’est parce qu’on est « entre nous » et qu’on ne reflète pas une seconde l’état réel de la sacro sainte « opinion », mais je vous avoue que je m’en contrefous, je l’emmerde l’opinion, surtout quand elle se traduit par des horreurs comme celles qu’on peut lire sous les articles du Parisien. Je suis consentante pour continuer à faire trempette dans cette petite piscine bienveillante. Merci pour vos commentaires, les liens qui sont donnés vers des éclairages passionnants, vos doutes, votre tristesse, votre colère. Je ne vais pas vous dire que je pète la forme, j’imagine que je fais comme tout le monde, un pas devant l’autre. Mais… En lire plus »

Fluctuat nec mergitur

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Je reçois des messages d’entre vous qui me touchent et me poussent à écrire ce que je ne parviens pas à écrire depuis la sidération de vendredi soir. Après Charlie, j’avais eu le besoin impératif de venir jeter mes mots, ma colère et ma tristesse ici. J’avais eu ce réflexe également épidermique de me rendre sur les lieux, de brandir, ridiculement sans doute, ma carte de presse sur la place de la République. Mais là…

Est-ce que j’ai épuisé mes réserves ? Est-ce que la douleur éprouvée il y a quelques mois se réveille trop brutalement pour pouvoir être exprimée ? Est-ce que le simple fait d’en parler me semble indécent tant je me considère cette fois-ci encore particulièrement épargnée ? Comme vous je l’imagine, vendredi soir j’ai battu le rappel de tous les miens, envoyé frénétiquement des messages à tous ceux que je connais qui fréquentent ces lieux ou vivent à proximité. Un a un, ils ont répondu à mes appels et j’ai répondu aux leurs. A un moment, nous avons eu un doute sur l’un d’entre eux, fan absolu de Eagle of the Death Metal. Il s’avère qu’à la faveur d’un voyage professionnel, il avait finalement renoncé au Bataclan. Durant ces quelques minutes d’incertitude, j’ai comme beaucoup j’imagine touché du doigt l’effroi. Ensuite, j’ai reçu le mail de A., qui n’en revenait pas elle-même d’avoir réussi à s’enfuir de la salle de concert. Et là encore j’ai tremblé. En lire plus »