L’amour est une île

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C'est le troisième livre que je lis d'elle. J'ai commencé comme beaucoup par Les Deferlantes, succès de librairie à mon sens mérité, puis j'ai dévoré "Seule Venise", que j'ai autant aimé sinon plus, bien que très court.

Du coup cet été, quand j'ai déniché son dernier ouvrage de manière totalement inattendue dans la petite maison de la presse du village corse où je me trouvais, je n'ai pas hésité une seconde pour l'acheter.

Je n'ai pas été déçue. Même si l'écriture de Claudie Gallay est tellement réduite à sa plus simple expression que par moments on se demande si ce n'est pas trop facile, ces phrases brèves comme coupées à la hâche. Mais non, qui a tenté un jour d'écrire sait que toute la difficulté réside dans le rythme à insuffler à chaque page, dans la faculté justement de donner cette impression de fluidité et de facilité.

Surtout, en trois lignes, comme pour les deux précédents livres lus, Claudie Gallay attrape son lecteur et le plonge dans une atmosphère qui l'enveloppe jusqu'à la fin. Dans les Deferlantes, c'était le paysage apre et rugueux du Cotentin. Dans Seule Venise, le brouillard de la lagune italienne en plein hiver.

Dans l'Amour est une île, c'est un été en Avignon. Pas n'importe lequel, un mois de juillet 2003, en pleine grève des intermittents, un mouvement bouleversant pour la première fois de son histoire le fameux festival de théâtre. Claudie Gallay sait planter le décor mais elle a ce don aussi très particulier de donner vie et chair à ses héros. Notamment, je trouve, aux hommes, dont on devine qu'elle les aime taiseux et abîmés. Les personnages masculins de Claudie Gallay, j'en tombe systématiquement amoureuse.

La rupture est aussi récurrente chez elle, avec cette fois-ci une nouveauté, l'espoir de faire renaître un amour qui n'aurait pas dit son dernier mot. Il est metteur en scène et propriétaire d'un petit théâtre dans la cité des papes, elle est une actrice devenue star. Ils se sont aimés quand elle n'était rien, quittés lorsqu'elle a pris son envol. Entre eux, un secret inavouable, une histoire de manuscrit réécrit, un mensonge sur le dos d'un jeune auteur suicidé.

Des années après, les deux amants se retrouvent, avec, planant au dessus d'eux, l'ombre de l'écrivain spolié, incarné par sa soeur qui veut savoir, comprendre et entendre sur scène les mots de son frère.

Je n'en dirai pas plus, je vous encourage à lire ce très beau roman d'amour. Il m'a donné une furieuse envie de me promener un soir d'été dans les rues d'Avignon, ville dans laquelle je n'ai fait que passer il y a des années de cela.

29 comments sur “L’amour est une île”

  1. LE CHEMIN DU BONHEUR a dit…

    Grâce à toi j’ai dévoré « Seule VENISE ».

    VENISE est l’une de mes passions, et pour ne pas y jouer simplement les touristes, j’ai choisi de me fondre dans le décor et de devenir un de ces masques anonymes lors du carnaval. Alors je retrouve mes rêves de petite fille, et je délaisse mes pinceaux pour coudre des robes de princesse.

    Même qu’avec un groupe d’amis passionnés demain nous sommes invités sur la butte Montmartre avec nos masques et nos costumes pour faire rêver ceux qui ont gardé leur âme d’enfant. (Au fait 75 % des costumés à VENISE sont français !)

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  2. tinitek a dit…

    Je viens justement de finir les Déferlantes, j’ai beaucoup aimé, oui. C’est je trouve un livre qui prend son temps mais qui va loin…
    Sur ton conseil je viens d’acheter Le Goût des Pépins de Pomme mais je vais commencer par Les Heures Souterraines de Delphine de Vigan sur lequel je louchais depuis des mois… puis viendront donc les deux autres romans de Claudie Gallay… C’est bon d’avoir des perspectives de bonnes lectures, c’est précieux !! Merci Caroline !

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  3. Elle a dit…

    Je te recommande Canines de Anne Wiazmesky, une rupture mal digérée entre un metteur en scène et son actrice principale, avec Avignon-festival en toile de fond. L’auteur décrit à merveille la toxicité du duel culpabilité vs.orgueil dans un couple…

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  4. mamzelle carnetO a dit…

    ah, merci, tu vas me réconcilier avec Claudie Gallay !j’aiu adoré els Déferlantes, sur-adoré, kiffé même.

    Mais Seule venise c’était si gris, si charbonneux, si brouillardeux que j’ai eu un gros coup de cafard…

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  5. Pmgirl a dit…

    Merci pour le conseil… Je vais profiter de mon repos forcé pour lire.
    En attendant, je relis « Le Koala tueur » de Kenneth Cook, je crois que c’est le livre le plus drôle ever…

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  6. 'tine a dit…

    Il y a quelques jours dans un TGV un dimanche après-midi retour d’une visite éclair à la capitale j’ai vu une dame qui lisait les Déferlantes, elle était au tout début… je l’ai enviée… quel bonheur ces rendez vous quotidiens avec ce livre pendant quelques jours… le dernier Claudie Gallay est tout en haut dans ma liste d’attente mais déjà attendre de le lire est un petit plaisir… et puis cela se passe à Avignon… la ville de l’Homme de moi… et le festival on adore aller y passer quelques jours chaque année (2010 année sans pour cause de nouveau job mais on se rattrapera l’an prochain) 😉 Merci Caro pour cette belle et bonne critique très portée en toi effectivement.

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  7. patounettechatte a dit…

    J’ai adoré « Les déferlantes », livre offert par mon homme, je cherche depuis que tu en a parlé « seue venise » et dans la foulée je prendrais celui-ci !

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  8. nathalie a dit…

    Pas encore lu mais je vais ! Puis-je me permettre de te demander si tu as lu Milena Agus ? je l’ai découverte récemment et vraiment gros coup de poing dans le ventre, quelle écriture ! Je viens de lire « quand le requin dort » et ne saurais que trop le recommander …

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  9. Style Hunter of Kurland a dit…

    Faudrait que je réessaie alors parce que je n’avais vraiment pas accroché… Faut dire que je n’avais pas le temps d’accrocher à grand’chose…

    En fait, je me rends compte que j’écoute plutôt des femmes, mais que je lis plutôt des hommes…

    A garder dans un coin pour plus tard. Merci Caro.

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  10. La Papote a dit…

    Ah tu me donnes envie…
    Franchement, Les Déferlantes ne m’ont pas enthousiasmée. J’ai bien aimé mais je suis très loin de l’engouement qui a été créé autour de ce livre.
    En revanche, la façon dont tu parles de celui-là me donne bien envie !

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  11. Mag à l'eau a dit…

    De Claudie Gallay, je viens tout juste de lire « Dans l’or du temps » et j’ai adoré. Alors je vais certainement en lire d’autres. Mais celui-ci, c’est peu-être pas le moment, j’ai déjà tellement le blues de la Provence…

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  12. AnneduSud a dit…

    Pas encore lu mais en perspective et j’adore que tu m’en donnes encore plus envie.
    Et si Avignon l’été prochain, il y a de la place dans notre home sweet home pour vous 5, je peux même garder Helmut pendant que vous profiterez!
    Je me propose d’être sa « Manou » temporaire du plus sud, l’étant déjà pour mes petits enfants!

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  13. mouette a dit…

    Déjà retenu avec Venise… je suis en train de plomber mon capital sommeil sur les Déferlantes… Suis d’accord avec toi, son génie de la phrase courte est bluffant… J’adore.

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  14. Armalite a dit…

    Moi aussi, j’ai adoré Seule Venise et Les déferlantes. Et puis j’ai eu l’occasion de parler un peu avec Claudie Gallay pendant un salon du livre, c’est un petit bout de femme hyper discret avec un beau regard bleu, facilement émue quand on lui dit pourquoi on a aimé ses livres. J’achèterai sûrement L’amour est une île.

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  15. lulu10 a dit…

    Bien aimé mais pas conquise par Les Déferlantes, j’ai même pas eu le temps de lire tous les conseils de l’été…argghh j’suis une feignasse de la lecture en ce moment, j’arrive pas à me poser suffisamment, et quand je me pose, je tombe de sommeil direct.
    Ça me manque…
    C’est quand les vacances?…ah ouais, février…pfff.

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  16. isa a dit…

    pas réussi à me plonger vraiment dans les deferlantes, retourné sous la pile….ce ne devait pas être le bon moment, autant avant j’étais capable de lire tout ou de prendre patience au début d’un bouquin, mais maintenant il faut que dès les 1èeres pages je sois captivée…mais à vous lire je me dis que je vais le remettre dessus

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  17. Miss CarpeDiem VitaBrevis a dit…

    Chère Caroline,
    Enfin, je me jette à l’eau – il était temps, me direz-vous !
    Je vous lis quotidiennement depuis vos premiers mois de grossesse d’Helmutator. Inutile de vous dire que je vous dévore tous les jours, avec mon tit café à 14h (avec, allez, j’avoue : mon tit carré à la pointe de fleur de sel ou aux amandes grillées qui fond sur ma langue. Une tuerie, comme vous diriez si joliment ;-).
    Bref tout ce florilège de compliments dégoulinants pour vous dire que vous êtes de trèèèès loin ma favorite d’entre mes favoris. Comme tant d’autres, j’ai vite saturé des blogs de poseuses à univers clos tournant autour de leurs tasses suédoises à pois savamment empilées et de sarouels à noeunoeuds virevoltant autour de genoux bien rentrés et d’orteils tordus de manière aussi naturelle que possible. Comme s’il n’y avait rien d’autre dans la vie.
    Bref, vous l’avez compris, je suis ARCHI FAN de votre blog qui sait traiter de tout de manière équilibrée (la vie d’une femme qui jongle entre moules en silicone, taf, gnomes et churros, la politique, Zermat’, la mode – mais si, vous êtes la prochaine Anna ! 😉 avec tellement d’humour, de dérision et de sacrées pointes bien acérées de clairvoyance. Vous êtes à la fois dans la discrétion, et le courage de vous montrer telle que vous êtes, sans artifices. Sacré équilibre, difficile à atteindre. Et surtout, surtout, … c’est tellement bien écrit, avec de magnifiques chutes. On sent l’ancienne de Sc Po là ;-).
    Re-bravo.
    Bon j’arrête là, ou vos chevilles vont enfler. Du coup, vous allez m’en vouloir car vous ne pourrez plus enfiler votre skaï !
    Bref, merci encore pour ces lectures « caféesques » qui sont ma suprême récompense de mi-journée de taf ! 😉
    Bonne continuation !
    PS : Pourquoi aujourd’hui ? J’ai pensé à vous car je lis actuellement « les matins courts » de Marie de Prémonville. Je ne l’ai pas encore fini, mais me suis aussitôt dit qu’il y a de fortes chances que ce soit une lecture qui vous interpelle. Vous direz si je me suis trompée :-). See you maybe.

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  18. Ninya (qui peut pas faire la enye espagnole sur son iPod, déception) a dit…

    Rien a voir avec rien, mais je profite actuellement du wifi de l’aéroport de Toronto por lire le billet du jour… Et je pense a tes aventures aeroportuesques 😀
    Sinon, pour parler un peu du sujet du jour, je vais mettre ce livre dans mon petit calepin, qui contient déjà des livres/BD a lire pour les 50 prochaines années. Et tu n’y es pas pour rien !!!

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  19. vivi a dit…

    seule venise; c’est pas passé du tout, du toud. Tant pis. Peut etre que je vais me motiver pour celui là vu que je suis un peu d’Avignon, on va voir, mais merci pour cette critique!

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  20. Estel a dit…

    J’ai lu Les Déferlantes cet été sur conseil de mon bf et j’avoue que j’ai accroché, mais que je n’ai pas tellement aimé. C’est assez bizarre comme sensation.

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  21. Xochitl a dit…

    Oui, l’amour est une île mais parfois on s’éloigne du rivage…
    Merci pour ce conseil lecture. J’ai beaucoup aimé les Déferlantes et je découvrirai donc celui-ci avec plaisir.

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  22. Christèle a dit…

    Comme Miss Carpe Diem … Je me lance !
    Lectrice discrète depuis déjà si longtemps, c’est aujourd’hui que je sors du bois !
    Oui ce livre est comme ça … exactement comme vous en parlez !
    J’ai adoré !
    Et comme je vis à Avignon, je ne vous raconte pas le bonheur de reconnaître les bars, les rues, les restos, les péniches …. au fil des pages !
    Voilà, c’était l’occasion pour moi de vous remercier pour les fou rires ou les coups de gueule quotidiens !
    Et si vous passez à Avignon, allons boire un verre pas loin du Chien Fou … ou à la Mirande !
    Christèle

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  23. noebleue a dit…

    Désolée de détonner dans cet enthousiasme général!…
    mais j’ai lu les déferlantes cet été. J’avoue avoir eu ce sentiment que ces petites phrases, un peu décousue c’était « trop facile »… mais surtout je n’ai absolument pas été plongée dans l’ambiance, ni saisie par le contexte – que je connais pourtant bien – de ce paysage et cette nature âpre. Je me replongeais dans ce livre avec effort au lieu d’y trouver cette petite part d’évasion dans des journées très remplies… du coup pas trop envie d’essayer de lire les autres.

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