Catégorie : Mariage de la ronde

Ciel mon mariage !

Bon, comme je sens que cette préparation de mariage vous passionne – ah bon, pas tant que ça ? M'en fous, vous allez en bouffer, aucune raison que je sois la seule à devoir m'intéresser au plan de table et à la dimension des napes – j'ai décidé de vous tenir au courant des derniers avancements.

 

Premièrement, après avoir constaté que le lait hydratant qui fait bronzer et même parfois maigrir – si si - puait sur moi autant que l'autobronzant de base – doit y avoir un truc avec ma peau je vois que ça – et qu'en plus le produit semblait migrer étrangement vers mes coudes et mes genoux avec un effet "terre battue" totalement de saison, j'ai décidé de braver ma peur et de tenter l'expérience des UV.

 

Autant le dire de suite, je déteste ça.

 

Je passe les dix minutes de chaque séance – trois au total pour l'instant – prostrée dans mon sarcophage fluo à craindre pour ma vie. Et si les néons se détraquaient ? Et si ma peau finissait par coller au matelas en plastique ? Et si le couvercle se bloquait et que je ne pouvais plus jamais sortir ? Et si… Bref, c'est rien de dire que je ne me sens pas totalement dans mon élément.

 

Ok, j'avoue, à la fin de la première séance j'ai eu des envies bizarres de dessous léopard, de lunettes griffées Dior et d'un sac en croco avec "saint tropez" écrit dessus. Et ça, ça me fait très peur. Imaginez qu'au terme des dix séances je me transforme en Cathy Guetta, voire en Fiona Gélin  ?

 

Ma mère ne s'en remettra pas.

 

Autant vous dire qu'en plus forcément, je suis toujours aussi blafarde. En même temps, l'esthéticienne carotte qui s'occupe de moi m'a prévenue que si je refuse de rester plus de dix minutes dans le caisson et que je ne fais qu'une séance par semaine, je n'arriverai jamais à avoir le teint qu'elle arbore, elle.

 

A ses yeux je le vois bien, je suis la cancre des UV. En même temps, dois-je vraiment me fier à une femme orange ?

 

Voilà. A part ça, les tentes que mes parents, dans un souci de ne pas faire les choses à la dernière minute comme ils en ont d'ordinaire l'habitude, ont monté dans le jardin en mars dernier n'ont finalement pas résisté à l'orage de lundi. En même temps, les braves bêtes avaient tenu le coup plus de trois mois ce qui à mon avis constitue un record.

 

En attendant, la seule chose qui semblait prête pour le grand jour gît lamentablement dans le jardin on ne peut plus vert – le premier qui me parle d'une éventuelle sècheresse dans le lyonnais se prend une claque - de la maison familiale.

 

Le traiteur est quand à lui à deux doigts de renoncer à s'occuper de nous étant donné le peu de professionnalisme dont nous faisons preuve – en même temps moi je croyais que c'était lui le professionnel mais à priori je me suis trompée, à chaque entrevue on a l'impression de passer un entretien d'embauche. Et il est manifestement consterné que chacune de ses questions suscite l'étonnement le plus sincère de mes parents, incapables d'apporter ne serait-ce qu'un début de réponse. Non, on ne connait pas les dimensions des tables, non, il n'y a pas d'électricité dans le hangar – qui servira d'arrière-cuisine -, ah bon, il faut lui dire quels alcools exactement on prévoit de servir à l'apéritif ? Non on n'a pas fait de plan détaillé des décorations florales, ah, il faut prévoir des bouteilles d'eau ? Non, on ne sait pas s'il y aura des végétariens, ah, on ignorait que pour chaque personne il fallait compter 60 cm de largeur de nappe, et j'en passe.

 

Bref, à l'heure où je vous parle rien ne dit que ce mariage ait lieu un jour.

 

Quant à la robe, le dernier essayage est pour ce soir et Olivier semble soulagé que notre relation touche bientôt à sa fin, je crois que mon message désespéré de vendredi n'y est pas pour rien. Je tremble donc un peu à l'idée de la tête qu'il va faire quand je vais arriver tout à l'heure, flanquée de mes copines Zaz, Mimi, Chloé et Stéphane qui n'ont pas encore toutes vu la robe et qui tiennent absolument à donner un avis. Entre les filles hystériques et moi qui suis au bord du nervous breakdown je crains le drame. A la place du yorkshire, je me planquerais.

 

A suivre…

 

Tout va très bien madame la meringue…

Vendredi dernier aux alentours de 20h00… 

 

"Allo Olivier, oui, bonjour, c'est Caroline. Ecoutez, je sais que j'appelle tard et que vous allez me prendre pour une folle, mais là j'ai regardé les photos prises lors du dernier essayage et je crois que ça ne va pas du tout. Cette robe n'est pas faite pour moi, je n'ai pas de taille, on dirait que je porte un platre et mes seins ont l'air tout écrasés. En plus, depuis, j'ai pris quatorze kilos dont la moitié dans les bras, ce qui ne devrait pas vraiment arranger notre affaire. Non, vraiment, ne le prenez pas mal mais je crois qu'on s'est trompés vous et moi et je pense qu'il vaudrait mieux repartir sur l'idée de la chemise de nuit. Si vous pouviez me rappeler pour qu'on en parle et qu'on avance le prochain rendez-vous ce serait formidable. Si vous ne pouvez pas, ce n'est pas grave, de toutes façons d'ici là le mariage aura probablement été annulé rapport au fait qu'il est hors de question que j'aille devant monsieur le maire en culotte. Bonne soirée et à bientôt."

 

A part ça, je gère incroyablement bien.

 

Je vous laisse j'ai une tablette de chocolat à terminer.

 

Edit: La photo, on pourrait penser que ça n'a rien à voir mais en fait si. Parce que vendredi, avant ce léger pétage de plombs, je l'ai vu dans ma cour magique. Juste après Pierre Palmade. Mais bon, je me suis dit que Charles Berling, c'est tout de même plus glamour que Pierre Palmade.

La robe de mariée, suite et fin

Alors… Où en étais-je… Ah, oui, ça y'est. 

 

Olivier me propose donc d'essayer très exactement tout ce que je viens de lui décrire comme étant ce que je déteste le plus. Le pauvre. Dire que ça se dit styliste. Il ne va pas être déçu.

 

Non parce que boudinée dans un bustier lacé dans le dos et engoncée dans une jupe qui tombe jusqu'aux chevilles, autant dire que je vais ressembler à la Castafiore, beaucoup plus qu'à Scarlett O'hara. Mais comme mes deux super nanny n'ont pas l'air de vouloir me lacher et qu'Olivier semble y tenir, je consens à enfiler cette tenue ridicule.

 

Après dix minutes à batailler en manquant de faire tomber le rideau, je sors avec la jupe à moitié fermée pour cause de taille trop épaisse en plaquant contre ma poitrine le bustier pas lacé. Olivier se place derrière moi et me demande de mettre les mains sur ma taille pour tenir le corset. Il commence alors à lacer, doucement au début, puis en tirant de plus en plus fort. Je ne respire plus. J'ai pris l'apparence d'une saucisse de morteau en bas résilles, c'est certain. Je voudrais mourir. Cela dit, étant donné le peu d'oxygène qui parvient jusqu'à mes bronches, mon calvaire devrait assez rapidement prendre fin. 

 

J'en suis à visualiser le boulot des pompiers lorsqu'il va falloir me dégager de ma camisole quand petit à petit, la sensation d'étouffement s'estompe. Le corset est enfin lacé et je commence à m'habituer.  Olivier me suggère de me regarder dans la glace en face.

 

Est-ce alors le galbe des baleines, la légereté de la soie ou l'ouvrage délicat du bustier dentelé ? Je ne sais pas, mais celle qui me regarde dans le miroir n'est plus la gourde aux grands pieds qui s'empêtrait dans son jupon deux minutes plus tôt. Bon, certes, il en reste quelques vestiges.

 

Ne serait-ce que cette chose verte entortillée dans les plis de la robe.

 

Ma santiag.

 

Que je viens de trainer sur deux mètres et qu'Olivier tente désespérément de dégager, mais forcément, elle est bien coincée la saleté. On finit par y arriver et la vilaine est renvoyée auprès de sa congénère. J et H sont effondrées.

 

A bien y regarder, le bustier en forme de coeur est également quelque peu problématique. On jurerait que mes fesses se sont déplacées au niveau de mon décolleté.

 

Mais dans l'ensemble… Dans l'ensemble, Vivien Leigh peut aller se rhabiller, me dis-je en toute simplicité.

 

Olivier m'observe amusé. "C'est la première n'est-ce pas ? La première robe de soirée ?"

 

"Oui", lui réponds-je dans un souffle. Je regarde alors H et J, et dans leurs yeux, je vois que je ne me trompe pas:

 

Olivier m'a trouvée.

 

Il ne me connaissait pas une heure plus tôt et il m'a trouvée. A l'insu de mon plein gré, qui plus est.

 

Passées les premières minutes d'émotion, H, J et moi même retrouvons nos langues bien pendues. Et nous voilà, toutes les trois, comme des petites filles, à nous extasier sur la magie du corset, la finesse de la dentelle, la douceur des étoffes. Olivier est un ange de patience. Il répond à toutes nos questions, il parle de Cisal, d'organza et de tulle, de dentelle de Calais et de Chantilly. Il explique les broderies, les proportions et les couleurs. Il raconte qu'il aimait trop Sissi et qu'il ne voyait pas quel autre métier il pourrait faire plus tard que créer des robes incroyables. Moi je dis merci Sissi.

 

On essaie ensuite un autre bustier plus droit, histoire que mes seins perdent leur forme de fesses, puis une autre jupe, puis encore une autre. Petit à petit, ma robe s'esquisse dans la tête d'Olivier.

 

Enfin, ça y'est, il SAIT.

 

Pour me le prouver, il arrache une page d'un cahier rose et d'un coup de crayon, il dessine ce qu'il vient d'imaginer. En quelques traits, voilà MA robe, unique et parfaite. Peut-être le plus doux des cadeaux, la plus délicate des attentions. Ce n'est pas tant qu'elle est magnifique – entendons-nous bien, elle EST magnifique – mais sur le papier, on dirait qu'elle est croquée pour Grace Kelly.

 

Voilà. Olivier, lorsqu'il dessine une robe en taille 44 – 46, il fait en sorte que ça ressemble au fourreau de Rita Hayworth. C'est peut-être ça aimer les femmes, non ? Ce croquis, je vous l'offre, là. Comme un petit bout de rêve, rien que pour vous. Mais vous comprendrez aussi que je ne le laisserai pas longtemps parce que l'homme n'a pas le droit de regarder. Il m'a promis de ne pas venir ici de la journée, mais par sécurité, j'enlèverai la photo en fin d'après midi.

 

Edit: Je ne pense pas qu'Olivier m'en voudra de dévoiler son nom, alors voilà, il s'agit d'Olivier Freine. Son atelier est 2, rue Turbigo dans le 2ème arrondissement de Paris et son numéro de téléphone est le: 01 42 33 95 82. Je me dois de préciser que ce rêve a un prix et ce dernier est assez élevé. Je me suis personnellement offert cette petite folie avec l'argent gagné en écrivant mon livre et je ne le regrette pas, mais voilà, forcément, ça reste une folie. Ah, et oui, Olivier est canon. M'enfin les filles…. bon, bref, vous voyez quoi. Plaisir des yeux, on va dire…

 

 

La robe de mariée, suite

Je sonne donc à la porte, au deuxième étage de cet immeuble chic et parisien, le ventre un peu noué, en priant pour que le couturier soit obèse. Je sais, c'est puéril, mais j'ai le même genre de pensées lorsque je vais chez un nouveau nutritionniste. C'est tout de même moins humiliant de montrer ses bourrelets à quelqu'un qui en a aussi, non ?

 

La porte s'ouvre et Olivier est là, tout sourire dans son slim taille 0.

 

Mon premier réflexe est de repartir immédiatement. Las, c'est sans compter H et J qui me poussent et font barrage de leur corps. Je me faufile dans l'entrée étroite et me dis que si déjà je suis limite trop grosse pour le couloir, je ne risque pas d'enfiler une quelconque robe de mariée. De toutes façons, que ce soit clair, dans cinq minutes c'est plié, au revoir les fourreaux, bonjour les leggings.

 

Et puis…

 

Et puis le corridor débouche sur l'atelier et je décide immédiatement que cet endroit est ma nouvelle maison. Tout est rose et doré, des robes couleur du temps et de lune sont accrochées un peu partout. Sur des commodes rococo, trônent des diadèmes de princesse tandis que des étoles en soie flottent ça et là. A tous les coups, Marie-Antoinette  est planquée derrière un paravent en train de boulotter des macarons Ladurée.

 

H et J sont comme deux enfants elles font des « ah » et des « oh » et ne font plus du tout attention à moi. Ce serait le moment idéal pour me carapater. Sauf que forcément, je veux ma robe de fée, maintenant.

 

Olivier me tire de mes rêveries et m'explique tout doucement comme il le ferait avec une enfant qu'avant toute chose, il lui faut savoir un peu qui je suis et ce que je recherche. Ça à priori, c'est facile, je peux le faire.

 

Il me pose donc tout un tas de questions : est-ce que j'aime la dentelle ? Non. Est-ce que je veux une robe longue ? Non. Est-ce que j'aime les bustiers ? En aucun cas. Est-ce que je veux quelque chose de moulant ? Et pourquoi pas un maillot de bain pendant qu'on y est ? Comment je vois ma robe de mariée ? Heu… fluide, pas trop blanche, camouflant TOUT, resserrée sous la poitrine pour cacher mon ventre et en dessous du genou parce qu'au dessus, bref, ça semble évident.

 

Une fois le questionnaire terminé, Olivier a toujours le sourire et me rend son diagnostic : « En fait, vous voulez une chemise de nuit… ».

 

H et J me lancent un regard réprobateur. Les mines de sel ne sont pas loin. Les garces sont clairement du côté d'Olivier. Elles doivent s'imaginer que si ça se trouve il leur filera une étole gratos en remerciement. La nature humaine est bien moche, me dis-je.

 

Toujours très professionnel bien qu'un peu las, Olivier me fait une proposition. Il va me faire essayer deux trois petites choses dans lesquelles il m'imagine et si ça ne me plait pas on en reste là. J'accepte sentant que si je refuse j'en ai pour la journée avec les deux cerbères.

 

Je disparais donc derrière le rideau de la cabine et entend Olivier me demander : « Vous chaussez du combien ? ». Là, je sens qu'il y a un piège. Une novice donnerait sa pointure de pieds. Mais on ne m'y prendra pas, je me doute qu'il veut connaître ma taille de vêtements. On est couture ou on l'est pas, et quand on est couture, on PARLE couture. Je sens que je vais le bluffer et qu'il va regretter le coup de la chemise de nuit.

 

– Du 44 – 46, tout dépend des modèles, réponds-je, très pro.

 

Le silence gêné qui suit ma réponse ébranle quelque peu mon assurance. Je passe la tête par le rideau et je vois H et J se gondoler tandis qu'Olivier, en vrai gentleman, me confie sans ciller qu'il n'avait pas remarqué que j'avais de si grands pieds.

 

Et voilà, cette fois-ci il est renseigné, il a affaire à un cas désespéré. Le pire c'est qu'à tous les coups son inconscient retiendra que j'ai des péniches taille 46. C'est comme les rumeurs, ça. On a beau ensuite les démentir, une fois le venin distillé, c'est TER-MI-NE.

 

Olivier tente de me réconforter, m'apporte une paire de mules en 38 – d'où la question – et revient avec un premier modèle : une jupe longue en soie et organza accompagnée d'un bustier en dentelle de Calais. Le tout blanc ou plutôt ivoire.

 

A suivre…

La robe de mariée

Alors voilà. Après avoir dit "oui", il a fallu penser à la robe. Pour certaines, j'imagine que penser à "ça", c'est un plaisir, une joie, un fantasme. Pour moi, jusqu'à ce que je rencontre mon magicien, c'était une angoisse, une peur, une obligation. Non mais il faut me comprendre. Imaginez qu'à 36 ans, je viens à peine d'oser mettre une robe noire - plus proche de la housse que du fourreau, qui plus est. Par conséquent, franchir le pas de la meringue c'est comme qui dirait assez paniquant. D'autant que je n'en ai JAMAIS rêvé. Si, c'est vrai. Beh ouais, c'est comme ça, moi le coup du mariage et des flon-flons, ça n'est pas dans mes gênes. D'ailleurs, je dois bien vous l'avouer, même aujourd'hui, à quelques semaines du jour J, je m'y intéresse… de mon mieux. Attention, que les choses soient claires, je suis ravie. Et sûre. De moi. Et de lui. Et aussi de nous. Mais je n'y peux rien, la couleur des bouquets sur les tables, le déroulement exact de la journée, le choix des dragées et toutes ces choses, comment vous dire… je m'en balance. Je ne vois qu'une explication, j'ai pas le gêne de l'organisation d'un mariage. A mon avis il doit être fourni en package avec ceux du chignon parfait, de la chemise blanche sans tache jusqu'au soir, de la penderie bien rangée et des stylos qui ne coulent jamais. Et moi, ce pack là, manifestement, mes géniteurs ont oublié de le commander au moment de la conception.

 

Par conséquent, autant vous dire que le fait que dans un mois il y ait de grandes chances que je me présente en robe blanche ou presque à la mairie pour dire oui, ça tient du miracle. Et à l'origine de ce miracle, il y a une rencontre. 

 

Je vous raconte ?

 

Alors voilà. Un lundi de janvier, je trouve à la fin du Elle l'adresse d'un styliste spécialisé en robes de mariées qui oeuvre dans un atelier privé. L'article est court mais élogieux et vante l'accueil charmant du monsieur. Par curiosité et pour échapper à la perspective d'entrer dans un magasin plein de montgolfières en chantilly pour m'entendre dire par une adepte du 0% qu'en tailles 44 – 46, madame, ce modèle on ne le fait pas, je cède à une impulsion passagère et appelle le monsieur. Sa voix pleine de sourires me botte. En deux minutes rendez-vous est pris pour la semaine suivante.

 

Je clame dans la foulée sur tous les toîts que j'ai trouvé ma robe de mariée même si je suis plus ou moins consciente que je présume légèrement de mes forces et surtout de celles de celui que bientôt j'appellerai Olivier.

 

Le jour du rendez-vous en revanche je trouve des tonnes de raisons pour ne plus y aller. J'ai grossi d'au moins douze kilos c'est une évidence, je suis une antiquité à moi toute seule, il va croire que je viens pour ma fille, en plus je ne suis pas épilée et avec un peu de chance je pue des pieds.

 

J'appelle alors une amie pour l'informer que finalement je renonce à la robe de mariée, je trouverai bien un truc blanc chez H&M et au pire j'irai devant monsieur le maire en robe noire et leggings.

 

L'amie en question, douce et magnanime, que je nommerai tout simplement H. pour préserver son anonymat, sait trouver les mots qu'il faut: "Tu ramènes tes fesses à 13h30 comme convenu. Si tu n'y es pas tu n'es qu'une poule mouillée. En plus je te frapperai avec des étiquettes qui grattent jusqu'à la fin de tes jours, espèce de cruche en leggings".

 

Réconfortée grace à la force de l'amitié, je brave ma peur et accepte le défi. Ok, en vrai je m'aperçois que j'ai moins peur d'essayer un fourreau que d'affronter la colère de H. 

 

Je la retrouve donc devant la porte de l'atelier, ainsi que J, appelée à la rescousse pour s'assurer que je ne m'enfuirai pas en loucedé. Encadrée de mes deux gardes du corps, je sonne à la porte de celui qui va bientôt changer ma vie…

 

(Si c'est pas du teasing de la mort qui tue, je ne m'y connais pas).

 

A suivre, donc…

Edit: J'ai enfin réussi à rapatrier de mon ancien blog le minute par minute de la demande en mariage, au cas où certains voudraient y accéder, c'est là

Edit2: Et la suite du minute par minute est ICI

Problème vital de gras du bras

Bon. Puisque vous n'avez pas l'air contre l'idée en cette fin de studieuse journée – hum – de parler de futilités ayant un léger rapport avec cette drôle de chose qu'est le mariage, je me permets de vous soumettre un léger problème qui me tarabuste depuis quelques jours.

 

Alors voilà. Je voudrais me débarrasser pour le jour J du teint de bidet qui me caractérise en ce joli mois de mai, surtout au niveau du buste, car qui dit bustier dit gras des bras et compagnie. Et qui dit bras bronzés, dit moins de gras visible. Ok, peut-être que c'est dans ma tête mais bon, le fait est que je me sentirai beaucoup mieux ce jour là si j'ai la gelly un peu hâlée. Donc, mon dilemne est le suivant: étant donné que je ne suis pas à l'aube de me payer une semaine aux Antilles, UV ou autobronzant ?

 

Le problème avec les UV c'est qu'en professionnelle de l'hypocondrie, j'ai très peur du mélanome, ou que la machine se détraque et que mon gras du bras soit brulé et donc encore plus boursouflé. En plus j'en ai jamais fait et l'idée d'aller dans une boîte à rayons, ça me fiche la trouille.

 

Quant à l'autobronzant, outre le fait que ça sent super mauvais sur moi – et même quand l'effet a disparu ce qui vous l'admettrez est un peu ballot – et que je ne suis jamais parvenue à un résultat uniforme, j'ai ouïe dire que ça pourrait déteindre sur mon bustier en organza qui devrait me coûter non seulement les études de mes enfants mais probablement un ou deux reins en sus. Je sais, j'ai peu de chances de m'en resservir au débotté pour une bouffe entre copains. Mais même pendant la soirée, l'idée que les gens puissent imaginer que j'ai mis du fond de teint sur mes seins et qu'il est à présent en train de dégouliner sur la chemise de mon cavalier ne me dit rien qui vaille…

 

Bref, je suis persuadée que l'un ou l'une d'entre vous peut me confirmer ou m'infirmer cette information selon laquelle l'autobronzant ça déteint.

 

Edit: Et oui, c'est comme ça, au lieu de m'arrêter, je dégaine deux billets dans la journée, tous deux d'une importance capitale en plus. Je me surprends moi même au niveau de ma stratégie médiatique.

 

Edit 2: Je tiens à vous signaler au cas où vous zapperiez les comms du billet précédent que l'homme a réapparu et s'est fendu d'un petit mot. Je vous le dis parce que si personne ne lui répond, il va me redévelopper un complexe, ce qui ne m'arrange pas car qui dit homme complexé… bref lisez mon livre.

Nain nain nain les gondoles à Veniseuh…

mimioui

"nainainain les gondoles à Venise…"

 

Je ne me souviens jamais du début de cette chanson…

 

Alors d'abord, un grand merci. Je suis encore toute émotionnée par vos si nombreuses et si chaleureuses félicitations. Tellement émotionnée que je ne trouve plus les mots pour le dire.

 

Certains d'entre vous me demandent la suite…

 

La suite, c'est donc un grand oui sur cette place blanche et brûlante. Un baiser. La suite c'est une petite, toute petite bague plantée d'un diamant étincelant. A ce moment là, je ne suis plus Monica, mais Marylin…

 

La suite, c'est un retour dans les nuages à l'hôtel, une chambre climatisée… La suite c'est l'homme qui tremble encore de l'avoir demandé alors qu'il avait toujours dit que non non non, ça n'était pas fait pour nous.

 

La suite ce sont les coups de fil aux très proches, pour l'annoncer. Et à chaque fois des rires surpris, parce qu'encore une fois, s'il y avait sur cette terre deux irréductibles fiers de revendiquer leur "vie dans le pêché", c'était bien nous.

 

La suite c'est ma maman qui pleure, mon père qui bégaie un peu, alors que pourtant, j'ai tout de même 35 ans et deux enfants !

 

La suite, enfin, c'est cette phrase merveilleuse de ma mamie de 88 ans:

 

"- Oh là là… Faire l'amour à Venise, ce doit être formidable, non ?"

 

-Heu… oui mamie, ça l'est.

 

-Et bien tu sais quoi mon petit ? Recommencez !"

 

Alors… Alors on a recommencé.

Une journée particulière

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– 6h30: l'homme me réveille. Je sais depuis hier qu'on part, mais pas où. Il faut que je boucle ma valise mais sans connaitre la destination, ça relève de l'exploit. Pour une nuit je prends un jean (si c'est un séjour décontracté), un pantalon d'été pour marcher, une tunique pas trop décolletée (au cas où on parte dans un pays du maghreb, on SAIT jamais), deux robes (dans le cas d'un "coquetel") trois maillots de bain (dont aucun ne me va vraiment) deux paires de chaussures et trois culottes (pas d'explication rationnelle), mais on SAIT jamais.

 

– 7h00: j'envoie un message de détresse sur le net, on SAIT jamais. L'homme a un air bizarre depuis ce matin.

 

– 7h15: Je remonte en courant dans ma chambre prendre un pull, on SAIT jamais. L'homme s'impatiente.

 

– 7h45: Sur l'autoroute, l'homme m'annonce qu'on va prendre l'avion

 

– 7h46: Je commence immédiatement mes exercices de respiration abdominale que je dois normalement effectuer au moins 12h avant le décollage.

 

– 7h48: J'ai peut-être un peu trop mis le paquet sur la respiration, je crois que je suis en hyperventilation.

 

– 8h10: On s'apprête à checker, je ne trouve plus mon passeport.

 

– 8h12: Je suis toute rouge à force de fouiller dans mon sac, à moins que ce soit l'hyperventilation. L'homme croit que je le fais exprès pour ne pas prendre l'avion. Il n'a plus vraiment l'air de vouloir m'emmener où que ce soit.

 

– 8h15: Il y a un dieu pour les rondes blondes et bordéliques, je retrouve mon salopard de passeport qui se planquait dans la poche intérieure de mon sac… là où il est toujours.

 

– 8h20: Je brandis mon passeport comme s'il s'agissait de la queue de mickey du manège. Là, je vois que sur le moniteur au-dessus de moi, c'est écrit "VENISE".

 

– 8h30: Je n'ai plus de palpitations, je regarde l'homme et je me dis que je ne le mérite pas.

 

– 9h15: On monte dans l'avion, les accoudoirs sont renforcés avec du papier d'alluminium. Je respire comme une folle avec le ventre.

 

– 9h30: L'avion a décollé, contre toute attente. Je prie pour qu'il n'y ait pas du papier d'allu dans les réacteurs.

 

– 11h00: On survole Venise avant d'atterrir. Même en pensée je n'ai pas les mots.

 

– 11h30: Il fait 53° dans le bâteau bus qui nous emmène à Venise. On s'en fiche.

 

– 11h45: Il parait que l'eau de la Lagune est polluée. Je ne vois que les diamants qui scintillent à la surface.

 

– 12h00: Les Italiens sont des crâneurs, il font les malins au volant de leurs bâteaux cigares.

 

– 13h00: Après 32 arrêts où on a cru à chaque fois qu'on était arrivés, le campanile de la place saint Marc se dresse dans un ciel brûlant. Je crois que l'homme pleure un peu. J'ai le coeur qui bat.

 

– 13h15: "Tu es belle". "Ah bon, tu trouves ? Pourtant j'ai gro…" Je ravale mes mots, une petite voix me dit que non, pas aujourd'hui.

 

– 14h00: Je croise mon reflet dans une glace, ma tunique est transparente, heureusement qu'on est pas dans un pays du Maghreb. On ne voit que mes seins. Je me prends pour Monica.

 

– 14h02: Je suis Monica.

 

– 14h06: Pont des soupirs. Je suis italienne.

 

– 14h08: Si je suis italienne… j'ai gagné la Coupe du monde !!!

 

– 14h15: On dit que Venise sent mauvais l'été. Je ne sais pas, le cou de l'homme sent l'Eau d'Issey et je m'en saoule. C'est mon Marcello.

 

– 15h00: L'homme me dit qu'il ne s'appelle pas Marcello. "D'accord, mon Marcello".

 

– 15h15: Je croise mon reflet à nouveau, en fait je ne suis pas Monica du tout. On ne voit pas que mes seins. C'est décidé, je ne mange rien ce week-end.

 

– 15h17: Je me jette sur une foccacia à la tomate-mozarrella.

 

– 15h18: "Bonjiourno, una gelati per favor, con doué boule. Una fragola e una straciatella, per favor".

 

– 16h00: L'homme me prend la main et m'emmène sur la place San Marco.

 

– 16h05: On débouche sur la place par une petite rue. Tout est blanc de soleil, on se serre très fort.

 

– 16h06: Je dis: "Il y a un de ces monde". Il répond: "Non, regarde, on est tous seuls". Je regarde et c'est vrai.

 

– 16h07: L'homme prend une grande respiration. La main sur son bras je sens les vibrations d'un grand frisson. Une petite voix me dit qu'on n'est pas venus là pour regarder les pigeons.

 

– 16h08: On est au centre de la place, j'entends des violons.

 

– 16h09: Il les entend aussi. Pas sûre que ça prouve qu'il y en ait vraiment.

 

– 16h12, 23 ou 45, je ne sais plus: Je lui dis oui oui oui…