Mois : octobre 2010

Yes we care

  DSC_0102

Samedi, on fêtait le passage à Paris d'un ami parti vivre à l'autre bout de la terre, emmenant avec lui toute sa petite famille. Au pied levé, on avait appelé les copains pour une bouffe plus ou moins improvisée (à savoir que même notre mariage avait un côté improvisé à vrai dire, donc en réalité, rien n'est jamais vraiment préparé chez moi en matière de réception).

On était sept et autant d'enfants, de 3 mois à 10 ans. Un gros bordel dans notre appartement parisien qui bien que plutôt grand est malgré tout toujours trop petit quand 14 personnes doivent y trouver une place. Ce qui pour ma part ne m'a pas dérangée, je loge en général dans ces cas là dans la cuisine, une clope et/ou une coupe à la main et un vague plat à surveiller.

A bien y réfléchir, dans les appartements parisiens ce qui devrait toujours être plus grand c'est la cuisine, the place to be à la moindre fête. On peut dire ce qu'on veut, les fumeurs sont des leaders.

Pardon.

Il y avait donc du bruit, des pleurs, des cris, des rires, Kirikou en bruit de fond qu'aucun des enfants pour lesquels on l'avait mis – dans l'espoir de les canaliser – ne regardait mais que personne ne songeait à éteindre. Il y avait une pizza surgelée pour les kids qui avait attaché à la grille du four ("c'est pas grave on dirait des lasagnes", ont assuré les grands, de bonne composition), une côte de boeuf qui n'en finissait pas de cuire au point d'être à deux doigts de l'être trop. Cuite. Les patates quant à elles, avaient beau rissoler depuis 18h, manquaient de fondant. A croire qu'elles avaient décidé de m'emmerder.

Je crois pouvoir affirmer que pendant cette soirée, aucune conversation n'a pu être tenue plus de 17 secondes (à peu près le temps qu'il faut à des petites filles de 2 ans pour trouver une nouvelle idée de connerie ou une raison de s'écharper) et que la qualité réelle du repas n'était pas supérieure à celle d'un resto U. (Exceptés la salade, les cookies et le fondant au chocolat mais qui n'étaient pas de moi) (je n'en tire aucune conclusion mais c'est étonnant comme mes amies, lorsque je lance les invitations, tiennent absolument à apporter une partie du repas) (je veux dire, elles insistent vraiment).

Il manquait en permanence un couvert sur la table et on avait oublié d'acheter du pain. Ce qui s'est avéré moyennement grave, vu que le reblochon avait pris un coup de vieux qui le rendait assez peu mangeable.

La benjamine du groupe, 12 semaines au compteur, qui normalement ne fait jamais d'histoires pour dormir, a choisi ce soir là pour le lancement officiel de la fameuse angoisse de la nuit qui tombe. Elle est passée de bras en bras, le temps que sa maman puisse avaler trois bouchées.

Une soirée comme tant d'autres chez nous, en somme, dont on ne peut pas vraiment dire si elle était réussie ou complètement ratée. Pourtant, à un moment, je nous ai regardés, tous, comme si le temps d'un battement de cils, je me trouvais au dessus, à observer cet étrange ballet, ces verres rattrapés juste avant qu'ils ne touchent le sol, les larmes d'un bambin pour une sombre histoire de doudou pas prêté séchées à grand coup de moelleux au chocolat, une tresse tirée subrepticement, pas vu pas pris, une accolade virile mais qui voulait dire tu m'as manqué, des aveux soufflés entre deux portes sur la difficulté de tout gérer, des verres passant de main en main, le tout rythmé par les calvalcades des enfants dans les escaliers.

Je nous voyais, donc, beaux et fragiles, sereins ce soir là mais inquiets demain, à moins que ce ne soit le contraire. Je me suis dit que je n'ignorais rien ou presque des secrets de chacun et qu'eux savaient tout ou presque des miens. Les bébés qui mettent du temps à venir, ceux qui sont arrivés trop vite, les plans sociaux qui font chier, les examens médicaux qui parfois ne donnent pas de bonnes nouvelles, les envies de vivre ailleurs, les décisions de changer de vie en passe d'être prises. Rien n'en serait dit ce soir là ou brièvement, mais l'essentiel était que les uns et les autres, nous nous en soucions.

Juste avant de redescendre de mon nuage et de regagner la bruyante assemblée, j'ai eu cette dernière pensée. J'étais à ma place, là tout de suite. Ces joyeux drilles étaient mon noyau dur. Il en manquait quelques uns, deux en l'occurence qui n'avaient pu faire le chemin, un peu plus, même, parce que le noyau a de belles ramifications à Lyon ou Bordeaux. Mais voilà, dans cet appartement chamboulé, il y avait ceux dont l'amitié est le meilleur des garde fous.

J'écrivais la semaine dernière que j'enviais ceux qui savent qu'ils sont au bon endroit. Samedi, j'avais pour ma part consicence d'être avec les bonnes personnes.

 

Brune/Blonde: Les 5 gagnants

DSC_0119

Voici les cinq gagnants pour l'exposition "Brune/Blonde" à la cinémathèque de Paris.

Je ne vous remercie pas, le churros est épuisé à force de tirer. Quelque part je trouve que je me sacrifie un peu, quoi.

– Commentaire n°5: Emmanuelle

– Commentaire n°13: Sarah

– Commentaire n°24: DeezBee

– Commentaire n°58: Clapotis

– Commentaire n°130: Tournikette, qui, si j'ai bien compris jouait pour LULU10 (ouééééé !)

Merci à vous cinq de m'envoyer un mail avec votre adresse postale pour que je la transmette à qui de droit. Et merci à tous ceux qui ont participé, sachez que je suis sur d'autres plans sympas du même acabit et que donc les perdants d'un jour seront les gagnants de demain. Toujours ce truc des premiers qui arrivent dernier etc. On n'en sort pas.

Edit: En photo ma brune et ma blonde préférées

 

Brune / Blonde: Le magazine « Trois couleurs » offre des places pour l’expo à la Cinémathèque

Penelope Cruz

Si j'étais un homme ou une femme qui kiffe les femmes, je crois que je fantasmerais pourelle. LA Penelope.

Comme je suis une femme qui aime les hommes, je me rabats de bonne grâce sur Javier (graouuuu…) Bardem. ça n'est pas vraiment le sujet mais tout de même ce gars est chaud bouillant dans le genre velu torride, non ? Il a personnellement remplacé dans mon coeur Georges Clooney qui m'agace un peu, l'autre, avec sa Canalis qui n'a aucun chien.

Alors que Javier et Penelope, je ne parviens même pas à les détester, ils sont un peu mon couple idéal, mon Rainier et Grace des années 2000.

C'est mon côté Points de vue – Images du monde, j'assume.

Mais là n'est pas mon propos.

Une gentille jeune femme qui travaille pour la société MK2 m'a proposé (nooooon, on se calme, on ne m'offre pas un rôle même minuscule avec Javier et Penelope, pas plus que de garder un jour leur forcément adorable rejeton qui ne sera certainement pas du genre à s'oublier sur les toboggans, suivez mon regard) de vous faire gagner 5 invitations pour deux pour l'exposition "Brune – Blonde" à la cinémathèque de Paris. C'est le magazine TROIS COULEURS (ouais, celui qu'on aime trop feuilleter pendant les pubs en mangeant sa Ben & Jerry) qui rince.

Imagew.php

Personnellement j'avais prévu de m'y rendre de toutes façons, c'est typiquement le genre de sortie culturello-people qui me va bien. Genre on se la pète qu'on va au musée sauf que c'est comme si on feuilletait un album géant de photos de stars glamours.

Et puis j'avoue, je ne suis encore jamais entrée dans la cinémathèque alors qu'il parait que c'est un bel endroit.

Donc voilà, je me doute qu'il y aura moins de volontaires que pour gagner des bougies parfumées (notamment parce que c'est à Paris) mais ceux qui sont intéressés peuvent le dire dans les commentaires et le churros tirera non pas un, non pas deux, non pas tr… Ok, le churros va se faire une énorme partouze virtuelle samedi matin.

Et puis ceusses et celles qui ne jouent pas peuvent malgré tout nous dire pour quelles blondes ou brunes mythiques ils craquent, ça fera une bonne conversation du vendredi, moi je dis…

Gilda2

Et d'ailleurs, Rita/Gilda, blonde ou brune ?

J’irai pisser sur vos squares

DSC_0104

J'ai toujours détesté les squares. Enfin, ce n'est pas exact, du temps où je n'avais pas encore d'enfants mais où ça me travaillait sévère (toute cette merveilleuse période durant laquelle je tentais d'envoyer tout un tas de messages subliminaux au churros ("roh, regarde comme ce bébé est craquant", "tu sais qu'à partir de 28 ans la production d'ovules est divisée par dix ?", "Je pense qu'on devrait acheter un monospace, parce qu'un jour ou l'autre…") celui-ci s'appliquant à ne rien capter tout en comptant névrotiquement les pilules de ma plaquette, persuadé d'être un futur dindon de la farce (ce qu'il fut)), j'idéalisais totalement les squares.

Il faut dire que ma référence absolue en la matière était "Martine petite maman". L'album dans lequel l'héroine pétainiste de mon enfance garde (à 10 ans) son petit frère Jean. Un baby-sitting totalement irréaliste qui consiste à promener toute la journée un bébé constamment hilare dans un landeau fabuleux mais passablement encombrant. Tout ça donc dans le jardin public, peuplé de femmes incroyablement élégantes et prêtes à aider la petite Martine, toutes émotionnées qu'elles sont par le chérubin.

Forcément, ça marque.

Donc dans mes fantasmes de jeune fille en fleur qui ignorait encore la signification de l'expression "bouchon muqueux", le square était une sorte de showroom en plein air dans lequel les mamans venaient exhiber leurs rejetons et éventuellement bouquiner au soleil pendant que leurs adorables petites têtes blondes faisaient des pâtés de sable.

Et puis j'ai eu des enfants.

Et logiquement le square est devenu mon cauchemar.

Parce qu'en réalité, jamais personne ne vient s'y attendrir devant tes gamins, rapport qu'on est toutes logées à la même enseigne quand on se pointe au jardin public. A savoir qu'on connait TOUTES la signification de l'expression "bouchon muqueux". Ainsi que "coliques du nourrisson", "terrible two", "impetigo", "vermifuge" et la liste est longue.

Autant dire qu'on s'en bat la nouille de la tronche du nouveau qui dort dans son berceau. Au mieux on envie sa mère qui a la chance d'avoir un bébé qui roupille. Mais de là à aller lui proposer nos services ou même la complimenter sur son petit crapaud, des clous.

Tout ce qu'on demande au square, c'est que le notre, de gamin, nous foute la paix. Ce qui n'arrive jamais. Soit on a pondu des enfants souffrant d'un déficit évident de coordination (c'est mon cas), et il faut sans cesse les récupérer en équilibre en haut d'une échelle, à moitié étranglés par la corde de la balançoire, du sable plein des yeux qu'ils ont réussi à s'envoyer dans la figure tous seuls, ou, mon préféré, la lèvre à moitié éclatée par le poney monté sur ressort (qui peut aussi prendre la forme d'un canard ou d'une moto) qui est à mon sens l'invention d'un type qui nourrit une aversion congénitale pour les moins de 3 ans.

Autre option, l'enfant qui cogne tout ce qui bouge. Ce qui te contraint à aller t'excuser platement auprès de tous les parents présents, lesquels sont probablement secrètement ravis que quelqu'un en ait enfin collé une à leur affreux rejeton mais qui ne vont pas manquer cette formidable occasion de prendre un air indigné pour t'accorder leur pardon du bout des lèvres. Quand ils ne te devancent pas en allant pourrir ta chair de ta chair, ce qui te transforme malgré toi en louve enragée. Je veux dire, moi j'ai le droit de traiter mes enfants de nazis, mais les autres même pas en rêve qu'ils puissent sous-entendre que ma fille a un léger problème de sociabilisation (alors qu'en réalité elle cherche simplement à établir un contact avec l'autre, parfois un peu maladroitemnt). Et que ma douce enfant ait ruiné les chances de la petite blondinette à son papa d'être un jour top-model (tout au moins le temps que la moitié de la chevelure arrachée repousse, ce qui devrait prendre toute une vie) n'y change rien.

Il y a également l'enfant qui prend les jouets de tout le monde – étant entendu que le square est sous le régime de la communauté des biens, surtout du point de vue des parents qui oublient systématiquement le combo bac à sable à la maison – mais qui ne veut jamais rien prêter. Avec ce spécimen, tu fais une croix sur la tranquilité. Tu passes ton temps à aller rendre ce qui ne t'appartient pas et à tenter de persuader ton gamin de partager – pour une fois – son ballon.

Ne parlons pas des casse-cou, qui te font prendre des suées toutes les trois minutes – je passe personnellement mon temps au square à avoir des flashs atroces de ma fille décapitée par un tourniquet qui aurait pété une pile ou de mon fils amputé pour cause de pont de singe qui s'effondre brutalement sur lui. Mes copines se fichent de moi et me conseillent régulièrement de me détendre mais la seule fois où j'ai essayé de les écouter et de baisser ma garde, j'ai, alors que je venais de m'autoriser à feuilleter d'un oeil distrait mon Elle, vu arriver un père de famille – responsable, lui – tenant dans ses bras ma fille aînée, âgée à l'époque de trois ans et à moitié inanimée, demandant à la ronde à qui était cette enfant qui venait de louper le premier virage du toboggan de la mort interdit au moins de dix ans et d'effectuer donc un vol sans parachute de trois ou quatre mètres. Sachant que jusque là cette vermine arrivait à peine à monter sur un trottoir sans se mettre à quatre pattes. Mais qu'elle avait grimpé en haut d'une échelle vertigineuse en moins de temps qu'il n'en faut à un pigeon pour te chier sur la tête. Depuis je suis plus vigilante qu'un pitbull, prête à m'élancer au moindre déséquilibre de ma progéniture.

Bref, au square, tu oublies pour toujours ton bouquin que tu ne peux absolument jamais sortir de ton sac ou alors juste pour faire genre. Sachant que durant les rares minutes de félicité ou tes marmots s'occupent tranquillement à jouer aux billes SANS S'ENGUEULER OU AVOIR L'IDEE SAUGRENUE DE LES AVALER, il se trouve toujours une mère en mal de conversation passionnante sur le menu de la cantine ou l'âge auquel le sien a su monter seul sur la balançoire ( bien avant ta demeurée de gamine qui à six ans a toujours besoin qu'on la cale sur la planche).

J'ai donc toujours détesté les squares, disais-je.

Mais depuis hier je pense que j'en ai fini pour toujours avec cet antichambre de l'enfer.

Parce qu'hier, Helmut, qui est "propre" (= qui CROIT qu'elle n'a plus besoin de couches) n'a rien trouvé de mieux que de s'arrêter juste en haut du toboggan, une dizaine de marmots aglutinés derrière elle, pour y pisser l'équivalent du lac d'Annecy.

C'est assez fascinant, une rivière de pipi dévalant d'un toboggan.

Le plus étonnant étant que ça coulait AUSSI le long de l'échelle. Et qu'il y avait pour couronner le tout, une marre sur la plateforme. Au milieu de laquelle ma petite chérie (j'ai bien songé m'en aller en courant en jurant sur la bible que ce réservoir à pipi n'était pas à moi mais quelque chose – l'instinct maternel ? – m'en a empêchée) était littéralement pétrifiée, n'en revenant visiblement pas elle même de la quantité de liquide qu'un corps comme le sien peut contenir.

Bien sûr je n'avais (enfin, Zaz avait) que TROIS kleenex pour tenter de réparer la petite boulette. Autant essayer d'écoper le titanic avec un dé à coudre.

M'enfin, une fois rose exfiltrée du lieu du crime (et ça n'a pas été une mince affaire), on a tenté tant bien que mal d'éponger, un vrai moment nutella.

Tout ça avec en bruit de fond les cris paniqués des parents des enfants, leur ordonnant de faire immédiatement demi tour (à croire que ma fille venait d'inonder le toboggan d'un liquide hautement radioactif). Les dits enfants trouvant bien sûr hilarant de patauger à quatre pattes dans la flaque d'urine encore chaude. A mon avis, il y a une charia contre moi dans tout le 13e arrondissement.

Sur ce, je vous laisse, j'ai comme une blessure narcissique à panser.

Joséphine par Pénélope Bagieu

DSC_0005

Avec Pénélope on ne se connait pas vraiment, tout juste on s'est croisées une ou deux fois lors d'une rencontre blogosphérique.

Et pourtant, régulièrement, lorsqu'une de ses nouvelles BD sort, elle m'en envoit un exemplaire, dédicacé, en plus. La dernière en date est l'opus 3 de Joséphine. Et j'avoue que j'ai un peu jubilé comme une gamine à Noël quand j'ai ouvert le paquet.

Je veux dire, j'adore le personnage de Pénélope Jolicoeur.

Mais ma préférée c'est définitivement Joséphine. Son cul monumental en poire, ses grosses lunettes branchées, ses cheveux blonds, son côté un peu mesquin…

Ok je m'identifie à mort.

Et encore plus depuis cet épisode qui la voit s'installer avec son velu (sans vouloir être présomptueuse je ne serais tout de même pas très surprise d'apprendre que Pénélope s'inspire du merveilleux couple que je forme avec le Churros) et se retrouver en cloque par inadvertance.

Un truc qui en revanche ne m'arriverait jamais.

Hum.

Passons sur ce détail et revenons-en à Joséphine. Jo', c'est toi, c'est moi, c'est elle là bas. Du genre à faire zizi panpan toute la nuit avec son chéri mais à préférer mourir que de se montrer entièrement nue devant lui, surtout DEBOUT.

Du genre à faire 67 tests de grossesse histoire d'être sûre. A psychoter parce qu'après un éternuement, son velu ne lui dit pas à tes souhaits alors qu'avant (= il y a deux mois quand ils étaient en période de sous-marin sexuel) il l'aurait fait. Et que ça signifie forcément qu'il va la laisser élever son enfant seule sur un trottoir de Manille.

Je brode mais c'est l'esprit, quoi.

Bref, j'adore Joséphine et notamment le fait qu'elle ne soit pas très sympa. J'admire par ailleurs Pénélope pour tout ce chemin parcouru depuis l'ouverture de son blog, sa constance et son absence totale de jemelapétage.

Voilà, Joséphine n°3 c'est un cadeau qu'on peut se faire à soi.

DSC_0008

Edit: Dans la série, Margaux Motin aussi sort une nouvelle BD. Pas encore eu le temps d'aller l'acheter mais parait qu'elle déchire. En plus que y'a des trucs de chatte et de bite dedans.

Ouvrez grand.

DSC_0106

Hier soir, mon dentiste m'a appelée à 20h15 et m'a aboyé au téléphone: "Dites vous ne m'auriez pas oublié des fois ?".

– Ouh là, si, complètement. Je peux encore venir ? (dis que non putain, dis que non, je veux mourir si je dois ressortir me faire charcuter au lieu de mater Private Practice)"

– Y'a intérêt que vous veniez, vous rigolez ou quoi ? Sinon c'est dans trois semaines et je ne donne pas cher de votre dent. Ou plutôt de ce qu'il en reste.

Mon dentiste m'aime énormément. Il le cache par pudeur et déontologie, voilà tout.

Vu que j'avais eu l'idiotie de décrocher mon téléphone et que je n'avais pas eu le temps de préparer un gros bobard ("j'ai mes règles ce qui provoque chez moi un phénomène très étrange, ma machoire se bloque), j'ai détalé comme un lapin chez mon bourreau.

Et c'est une fois harnachée sur le fauteuil avec le tube à salive coincé sous ma langue que ça m'a frappée de plein fouet. Une partie de moi était presque contente d'être là.

Pas un seul "maman", pas un "tu sais pas ce qu'elle m'a dit Nabala ?", pas de "là il faut que tu le payes ton frottis, l'enveloppe est bleue et y'a marqué "RECOUVREMENT" en énorme, à mon avis tu vas finir en taule", pas de mails en souffrance, pas de coup de fil de douze heures de belle-maman, rien. Pendant une demi-heure, j'allais être hors service, INJOIGNABLE.

La dernière fois que j'avais éprouvé ça c'était chez l'esthéticienne lors d'une séance particulièrement douloureuse d'épilation du maillot (aux alentours de juin 2009 environ, je rappelle à tout hasard que depuis j'ai rencontré Vénus et que j'ai qui plus est un peu lâché l'affaire au niveau du triangle) (euphémisme).

Seigneur. J'étais SEREINE chez le dentiste.

Sachant que ce dernier est aussi sympatique qu'un horodateur. Et que quelques secondes avant cette prise de conscience il avait planté sa seringue anesthésiante dans un nerf qui à vue de nez partait de mon tympan gauche, pour aller mourir dans mon tibia. Tout ça en s'auto-congratulant d'être tombé pile poil au bon endroit ce qui allait lui faire gagner un temps considérable. Tu m'étonnes, john, je suis paraplégique, tu peux y aller sans souci, je ne sens plus mes orteils et je ne contrôle pas mes sphincters, donc tu peux forer dans ma molaire pourrie, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre. Tu pratiquerais une épisiotomie je ne suis pas sûre que je m'en apercevrais.

J'ajoute qu'hier il avait manifestement envie d'innover et que pour protéger ma langue de la fraise (quand je vous dis qu'il se soucie de moi), il m'a collé sur la bouche un truc qui ressemblait à s'y méprendre à un préservatif féminin, par le trou duquel il passait ses engins de torture.

Je dis ça, je dois avouer que je n'ai jamais vu de gaine vaginale. Mais vu que sur sa radio qui fait dégueuler il y a une capote, je ne serais pas étonnée.

Bref, quand on connait mon passif avec la gent (SANS "E") des dentistes, (des dizaines de gars de la profession un peu partout en France ont mis un contrat sur ma tête pour cause d'impayés et de lapins en série) et ma propension à laisser la situation dégénérer jusqu'à la chique plutôt que de prendre rendez-vous, le fait qu'à cet instant précis j'ai pu éprouver une sensation de bien être est sacrément inquiétant.

Je pense qu'il faut que je me penche cinq minutes sur le but de ma vie.

En revenant de Nantes

DSC_0007

Je ne me souviens pas avoir rêvé, jeune, de vivre à Paris. En réalité, je ne me souviens pas vraiment m'être projetée dans un quelconque avenir, qu'il soit professionnel ou géographique. Je crois que ma crainte absolue était de ne pas rencontrer l'amour. Peut-être aussi de rater mon bac. Surtout, de l'âge de 7 ans à… tard, j'étais convaincue que j'allais mourir jeune. Persuadée que je n'aurais jamais 18 ans. Puis 20. Puis 25. Sans que je m'en rende compte, cette peur là s'est en allée. Mais elle a été tellement envahissante durant toutes ces années que j'en ai oublié de penser au reste.

Je me suis donc laissée porter par les événements, surprise anniversaire après anniversaire d'être toujours là. A 19 ans, j'ai néanmoins pris ma première vraie décision: aller vivre à Grenoble. Cela dit, je serais bien incapable d'expliquer pourquoi. Le choix de mes études, Sciences Po, relève à peu près du même hasard, disons que mon amie Maud avait pris les devants l'année d'avant, que je l'admirais et qu'elle semblait très enthousiaste. Alors pourquoi pas, j'étais littéraire mais ne souhaitais pas devenir prof de lettres, j'aimais l'actualité, écouter la radio, parler politique et ma seule certitude résidait dans mon envie d'écrire. Ce serait bien un monde si à Sciences Po on n'écrivait pas.

Et ça a continué comme ça, une fois l'IEP terminé sans tambour ni trompette – je fus le genre d'étudiante qui ne laissa aucun souvenir à quelque prof que ce soit, séchant les cours pour aller fumer des clopes dans les cafés et buchant les semaines précédant les partiels histoire d'obtenir la moyenne voire un peu plus -, j'ai à nouveau mis mes pas dans ceux de mon amie Maud et suis "montée à Paris", comme on dit à Lyon.

Pour ne plus en repartir.

Pas en raison d'un coup de foudre absolu pour la ville, ni d'une opportunité professionnelle extraordinaire. Encore cette propension à avancer sans autre but que de mettre un pied devant l'autre, qui m'a caractérisée jusque tard. Un stage entrainant un contrat d'apprentissage qui lui même débouche sur un CDI, petit à petit l'assurance qui me gagne, une certitude qui se fait de plus en plus prégnante: je suis journaliste, c'est ce qui me définit s'il faut d'ailleurs dans la vie se définir. Parrallèlement, l'amour qui tombe sur moi, l'évidence, l'installation avec le churros, les enfants, et nous voilà ici depuis 15 ans.

Bref, je n'ai pas choisi Paris et jusqu'à l'âge de 18 ans, je n'y avais jamais mis les pieds. La capitale m'évoquait vaguement ces cousins éloignés qui faisaient une halte à Lyon en février parce que c'était à mi-chemin sur la route de Briançon. Des cousins qui m'apparaissaient comme plus chics, plus étonnants, plus fun, plus tout, en somme, que nous. Mais leurs récits, loin de me donner envie, me donnaient l'image d'un endroit effrayant et hostile. Toute cette agitation, cette immensité, ce métro avec des dizaines de lignes, cette monstruosité que paraissait être le "PERIPH", ça n'était pas pour moi.

Aujourd'hui, l'ironie du sort veut que je sois pour ma famille lyonnaise la "parisienne", celle qui est partie dans ce maelstrom étourdissant qu'est Paname.

Pourtant, lorsque que je me retrouve, au hasard d'un week-end, dans un quartier un peu résidentiel, en lisière d'un centre ville, dans une de ces rues bordées d'habitations cossues mais pas trop, sans commerces ou si peu, je ressens douloureusement – sans être capable là encore d'expliquer le pourquoi de ce serrement au ventre – que je viens de là. De ces endroits qui ne sont ni ville ni campagne, où pas grand chose ne se passe parce qu'il n'y a pas grand chose à y voir, où les gens cachent jalousement leur intimité et l'hiver font des feux de cheminée, il me reste le souvenir diffus d'une enfance protégée.

Je pourrais écrire que ma seule envie, lorsque je marche dans ces rues trop calmes est de fuir pour regagner l'effervescence parisienne. Ce serait faux. Je me surprends au contraire souvent à imaginer la vie derrière les portails en fer forgé, avec un peu d'envie. Comme si dans ces endroits sur lesquels le temps ne semble pas avoir de prise, le danger n'existait pas. Je sais pourtant que c'est un leurre absolu, les murs, tout aussi épais soient-ils, sont perméables au malheur, ni plus ni moins que ceux plus fins des immeubles parisiens. Dans ces demeures aussi le stress a droit de cité, il prend seulement d'autres formes que dans le métro parisien.

Voilà les pensées qui ont traversé mon esprit ce week-end à Nantes, que je découvrais à l'occasion d'un court séjour chez des amis partis y vivre. Il y a dans certains quartiers de cette ville, des rues qui m'ont rappelé mon enfance vécue pourtant bien plus à l'est. C'est étrange d'éprouver cela dans un lieu où l'on n'a jamais mis les pieds.

Il y a aussi, j'ai trouvé, une énergie et un dynamisme communicatifs dans cette métropole à taille humaine. De nouveaux quartiers qui se construisent sur les bords de Loire, une lumière caractéristique des villes de l'ouest, des jeunes couples partout avec des marmots à la pelle. Il serait étonnant qu'on y vive un jour, mais c'est le genre d'endroit où je me suis sentie presque chez moi. Presque.

J'envie, je crois, ceux qui ont la certitude d'être au bon endroit.

Edit: Toutes mes confuses pour ce billet tordu et pas spécialement gai, on pourrait croire que mon enfance fut morose, c'est tout le contraire, j'ai toujours été consciente d'être privilégiée.

Edit2: Je vous laisse avec quelques photos de Nantes, gros coup de coeur pour le plus poétique des manège jamais vus, pour l'éléphant géant de la compagnie de rue Royal de luxe, mais aussi pour les saules pleureurs qui longent l'Erdre et le jardin des plantes qui resplendit en ce doux mois d'otobre. Je reviendrai à Nantes, merci Marie et Didier pour l'accueil aux petits oignons et des baisers à la jolie Lila…

DSC_0001 DSC_0002 DSC_0003 DSC_0008 DSC_0009 DSC_0114 DSC_0118 DSC_0119 DSC_0123 DSC_0125 DSC_0130 DSC_0134 DSC_0143 DSC_0151 DSC_0154 DSC_0172 DSC_0179 DSC_0182 DSC_0183 DSC_0185

L’amour est une île

L-amour-est-une-ile-le-nouveau-roman-de-claudie-gallay-sort-le-30-6921994xfzxq_1713

C'est le troisième livre que je lis d'elle. J'ai commencé comme beaucoup par Les Deferlantes, succès de librairie à mon sens mérité, puis j'ai dévoré "Seule Venise", que j'ai autant aimé sinon plus, bien que très court.

Du coup cet été, quand j'ai déniché son dernier ouvrage de manière totalement inattendue dans la petite maison de la presse du village corse où je me trouvais, je n'ai pas hésité une seconde pour l'acheter.

Je n'ai pas été déçue. Même si l'écriture de Claudie Gallay est tellement réduite à sa plus simple expression que par moments on se demande si ce n'est pas trop facile, ces phrases brèves comme coupées à la hâche. Mais non, qui a tenté un jour d'écrire sait que toute la difficulté réside dans le rythme à insuffler à chaque page, dans la faculté justement de donner cette impression de fluidité et de facilité.

Surtout, en trois lignes, comme pour les deux précédents livres lus, Claudie Gallay attrape son lecteur et le plonge dans une atmosphère qui l'enveloppe jusqu'à la fin. Dans les Deferlantes, c'était le paysage apre et rugueux du Cotentin. Dans Seule Venise, le brouillard de la lagune italienne en plein hiver.

Dans l'Amour est une île, c'est un été en Avignon. Pas n'importe lequel, un mois de juillet 2003, en pleine grève des intermittents, un mouvement bouleversant pour la première fois de son histoire le fameux festival de théâtre. Claudie Gallay sait planter le décor mais elle a ce don aussi très particulier de donner vie et chair à ses héros. Notamment, je trouve, aux hommes, dont on devine qu'elle les aime taiseux et abîmés. Les personnages masculins de Claudie Gallay, j'en tombe systématiquement amoureuse.

La rupture est aussi récurrente chez elle, avec cette fois-ci une nouveauté, l'espoir de faire renaître un amour qui n'aurait pas dit son dernier mot. Il est metteur en scène et propriétaire d'un petit théâtre dans la cité des papes, elle est une actrice devenue star. Ils se sont aimés quand elle n'était rien, quittés lorsqu'elle a pris son envol. Entre eux, un secret inavouable, une histoire de manuscrit réécrit, un mensonge sur le dos d'un jeune auteur suicidé.

Des années après, les deux amants se retrouvent, avec, planant au dessus d'eux, l'ombre de l'écrivain spolié, incarné par sa soeur qui veut savoir, comprendre et entendre sur scène les mots de son frère.

Je n'en dirai pas plus, je vous encourage à lire ce très beau roman d'amour. Il m'a donné une furieuse envie de me promener un soir d'été dans les rues d'Avignon, ville dans laquelle je n'ai fait que passer il y a des années de cela.

Ma première fashion week party

DSC_0006

Hier matin, j'ai reçu un mail totalement inattendu qui disait en substance: "bonjour caroline, ce soir il y a la fashion week party de Elle, on a quelques places pour les blogueuses et ça nous ferait super plaiz' que tu viennes". Signé Marion Wyss, community manager de Elle.fr. A savoir la merveilleuse jeune femme qui, il y a quelques semaines, m'avait mise dans les blogs préférés de la rédaction du même Elle.fr.

Minute je me la pète.

Même pas honte.

Bon, sur le moment, je me suis dit que merde, soit tu es invitée depuis trois mois et là d'accord, soit c'est bien gentil, mais les queues de budget, très peu pour moi.

Ok, on repasse en mode honnêteté, j'ai répondu dans l'instant que wouhaou, à bientôt 29 ans, presque 40, je venais d'être invitée à ma première fashion week party, quoi. Merci merci merci, combien je vous dois ?

Après, j'ai appelé ma copine zaz et je lui ai dit que y'avait moyen d'aller boire des coupes dans un bel endroit, le palais de Tokyo. Ma copine Zaz, as usual, elle a dit, banco, je fais péter la scenic et on y va.

J'avoue, je me suis assez rapidement posé le problème de la tenue. Qu'allais-je choisir dans mon dressing pour briller dans cette assemblée pleine de beautiful people ?

Hum.

A vrai dire, la prise de tête n'a pas duré des heures, c'est l'avantage quand dans ta penderie tu as environ deux pantalons corrects et une robe bustier d'été.

Je ne surprendrai personne, c'est le skaï qui l'a emporté haut la main. Avec les violettes vertes qui ont donc fait leur première sortie officielle.

J'ai bien pensé copier Garance et aller m'acheter un trench noir sous lequel j'aurais mis mon body dentelle retrouvé miraculeusement et c'est tout. Problème: zéro créneau possible entre le solfège de grande chérie, la sieste d'helmut (plutôt crever que de ne pas profiter de la seule heure d'oisiveté de ma semaine, moment totalement consacré au visionnage de mes séries préférées), le récitage de la chronologie qui va de  – 8 000 000 avant jésus-christ à l'invention de l'imprimerie pour le contrôle en histoire de la même grande chérie et l'emmenage à l'escalade du machin et de son copain téo.

Ok, va pour le skaï, le t-shirt noir et les chaussures vertes.

Après, j'ai cuisiné du chou avec des saucisses polonaises, achetées dimanche pour copier Zaz (je m'inspire beaucoup des autres, on l'aura compris, je cherche toujours le fournisseur de personnalité).

A 19h55 j'ai cherché des feuilles blanches pour imprimer l'invit. N'en trouvant pas, j'ai piqué une page dans le cahier du machin. Avec la certitude d'avoir trouvé un concept. L'invit pour la fashion party sur une feuille d'écolier.

Vers 20h30, on est donc parties avec zaz et la scénic, direction le palais de tokyo. Dans la voiture, ça flatulait sévère dans mon ventre et je me suis dit que je serais sûrement la seule fille de la soirée qui venait de se taper du chou braisé.

Une fois arrivée, j'ai rectifié. J'étais la seule fille de la soirée à s'être alimentée avant de venir. Correction: la seule fille à avoir mangé depuis moins de dix jours.

Franchement, ça grouillait d'affamées.

Par contre, les gens étaient très souriants. A peine installées dans la place, avec zaz on s'est pointées au bar pour une coupette. Et là, un jeune homme charmant muni d'un appareil photo de professionnel (bon ça ne voulait pas dire grand chose, le reflex c'est à priori le nouveau sac chanel) et d'un accent américain (enfin, plutôt, il parlait carrément américain) nous a saluées zaz et moi comme si il nous connaissait. Et nous a tendu deux flutes de Piper.

Putain, j'ai dit à zaz.

C'est le sartorialist.

Zaz savait pas trop ce que je voulais dire par là et si il fallait avoir peur ou quoi.

Moi je n'étais pas certaine à 100% non plus donc je n'ai pas osé lui demander "are you scott ? because I'm a friend of garance you know".

Bref, du coup je me suis contentée de bredouiller  "thank you for the champagne".

Ensuite il a disparu, ce qui me fait penser que ce n'était pas lui, sinon il nous aurait shootées, ça va de soi. Nevermind, cet homme était absolument charmant et d'une élégance rare. A nous qui étions d'absolues nobodies, il a donné la sensation délicieuse d'être des ladies.

Après on a vu Frédérique Bel, la fille de la minute blonde de Canal +, qui était un peu perdue mais qui sait très bien prendre la pose devant les photographes, c'est un vrai métier, je peux vous dire. Avec Zaz on n'a pas très bien réussi en revanche. ça m'étonnerait qu'on se retrouve dans les dernières pages de Voici.

A un moment, une jolie blonde m'a fait des sourires de loin et moi je lui ai répondu niaisement en disant à Zaz que j'étais bien embêtée, que j'aurais voulu remercier celle qui m'avait invitée mais que je ne savais absolument pas à quoi elle ressemblait. Que par exemple, genre, ça pouvait être cette jeune femme. Ou pas. Et que j'en avais un peu marre de sourire bêtement au cas où, au risque de passer vraiment pour une demeurée.

Il s'est avéré finalement que Marion était la jolie blonde à qui j'avais fait mes grimaces de myope, un peu gênée parce que je prenais des photos pile poil à ce moment là et que je devais ressembler à ce que j'étais: une spectatrice.

Heureusement on a fini par tailler le bout de gras et ce fut le moment le plus sympa de la soirée.

A égalité avec la pause clope sur la terrasse du palais de tokyo, avec vue de malade sur la tour eiffel qui clignotait. A ma gauche, Valérie Toranian discutait avec Franz Olivier Giesbert. A ma droite, Sophie Fontanel et pas bien loin Nathalie Rykiel. En face, le sosie de Guillaume Canet sauf que ce n'était pas lui.

Voilà, on a bu trois coupes, on a regardé tout ce beau monde, écouté deux trois conversations et on est reparties comme des Cendrillons. Avec la sensation plutôt agréable d'avoir assisté à une fête certes très parisienne, mais de gens plutôt très normaux. Sauf que plus habitués que nous à être perchés sur de hauts talons.

Et qui en fin de fashion week mangent du risotto et des bonbons haribos.

What else ?

Edit: la photo de moi a été prise avant que je parte, par un churros affamé qui avait surtout envie de manger du chou. Ceci expliquant cela. Et si j'ai une pose de prostituée (n'ayons pas peur des mots) c'est parce qu'il n'arrêtait pas de raler que je n'entrais pas en entier dans le cadre. Cet homme sait décidément parler aux femmes. Il n'est pas prêt d'avoir une gâterie.

Edit2: Billet écrit à 00h00 dans un état d'ébriété avancé, on me pardonnera. Ou pas.

Edit3: Je compte concourrir pour le top des photos de soirée les plus pourries de l'année. J'ai à mon avis pas mal de chance d'arriver loin devant.

DSC_0003 DSC_0014 DSC_0017 DSC_0023 DSC_0029

De l’éducation et des compromis

DSC_0040

Tout à l'heure, je revenais de l'école de musique où je venais de déposer ma grande. Cette fois-ci pas de crise d'Helmut, et pour cause on est juste un peu partis deux heures à l'avance histoire que mademoiselle Pinochet puisse y aller A PIED (comme quoi l'éducation ce n'est pas compliqué, tout est affaire de compromis et d'un peu d'organisation) (quoi que je ne suis pas sûre que "compromis" soit le bon mot quand finalement ce sont toujours les mêmes qui cèdent) (à savoir moi).

Je remontais donc l'avenue des Gobelins, la menotte d'Helmut dans la mienne. Il bruinait un peu, on chantait "il pleut il mouille, c'est la fête à la grenouille" et on criait pshiiiit à des pigeons idiots. ça n'a duré que quelques minutes (après elle a voulu que je lui achète un crunch au bureau de tabac et j'ai refusé) (pour faire passer la crise j'ai promis un bout de pain à la boulangerie) (le problème c'est qu'à la boulangerie elle a voulu un millefeuille) (jamais à court d'arguments je lui ai fait miroiter un carré de chocolat à la maison) (comme deux carrés ça ne suffisait pas, je viens de la coller devant cette pétasse de Dora). ça n'a duré que quelques minutes, donc, mais ce bref instant m'a rappelé pourquoi j'endure tout le reste.

Parce que je crois qu'il n'y a rien de meilleur que de courir après des pigeons idiots en serrant fort une petite main qui colle. En chantant "il pleut il mouille" c'est encore mieux.

Edit: Plein de pensées à Lily et son spoutnick qui fait bip-bip.

Edit 2: Zaz a des coeurs à vendre et ils déchirent…