La naissance de mes jumeaux ne s'est pas passée comme dans un rêve. Ils sont arrivés trop tôt, en catastrophe, dans un hopital qui n'était pas conçu pour gérer deux prémas. A peine ont-ils été extirpés de mon ventre, que le Samu les a emmenés à l'autre bout de Paris. Je me suis réveillée de l'anesthésie générale, j'ai eu le temps de voir la double couveuse passer devant mon brancart et d'effleurer le poignet de mon fils. Ma fille était cachée par son frère, je ne l'ai découverte que trois jours plus tard, lorsqu'on a bien voulu me conduire à elle.
Au bout d'une petite semaine, ils sont revenus dans la maternité où je me remettais péniblement de ma césarienne (on va dire que les 32 kilos pris pendant les sept derniers mois dont seulement 5 s'étaient envolés pendant l'accouchement ne m'aidaient pas à retrouver une quelconque mobilité. Sans compter l'état de dépression avancé dans lequel je me trouvais, combiné à une montée de lait atomique qu'aucune machine d'avant-guerre ne pouvait soulager).
Je garderai toute ma vie en mémoire ce berceau en plexiglas dans lequel se blotissaient ces deux poupons minuscules et encore tuyautés. A ce moment là, nous avons vraiment cru, le churros et moi, qu'on en avait fini de pleurer. Je n'en pouvais plus de fierté, j'étais enfin une maman comme celle dont je partageais la chambre et non un ventre vide échoué sur un lit d'hopital, cherchant à comprendre ce qui avait bien pu se passer pour que rien ne se déroule comme prévu.
Le premier jour, ça n'a été que de la joie. Premier bain, première tentative compliquée de mise au sein (lequel était sans mentir deux à trois fois plus volumineux que leur tête), premiers calins sans les bruits insupportables des moniteurs de la néonat. Premières visites aussi des grands-parents tout esbaudis de découvrir ces deux cornichons fripés qui venaient d'un coup de créer une nouvelle génération.
Le lendemain, j'ai bien trouvé que mon machin respirait un peu vite, mais la puéricultrice m'a répondu que c'était pas bientôt fini de voir le mal partout. "Vos bébés sont là, vous les avez assez réclamés (sans blague), ils vont bien maintenant, cessez un peu de chercher les problèmes quand il n'y en a pas". Le bon sens près de chez vous et la gentillesse qui allait avec.
N'empêche que mon bouchon, il respirait vite.
Une nuit a passé, et non seulement il continuait à haleter comme un chiot essouflé, mais il ne faisait maintenant que dormir. Las, dans cette clinique adorée de toutes les parisiennes branchées, le personnel à l'époque était probablement plus occupé à louer les vertus du chant prénatal qu'à observer un bébé prématuré.
Il a fallu attendre la relève des puéricultrices et l'arrivée d'une jeunette moins sûre de son fait que son ainée pour qu'on finisse par m'écouter. Quand je lui ai tendu mon Marius à moitié groggy avec son ventre qui se soulevait à chaque inspiration, je n'ai pas eu besoin de mobiliser beaucoup de neurones pour comprendre que ça sentait le roussi.
Sauf que là encore, rien n'a fonctionné correctement. La pédiatre censée être de garde a mis six heures à pointer ses fesses. Pendant ce temps, avec les moyens du bord, le personnel soignant a tenté de soulager le machin, à grand renfort d'oxygène qui ne servait à rien et d'antibiotiques au cas où. Avec le churros et un couple d'amis arrivés en pleine crise (les pauvres), on s'est assis à l'entrée de la pouponnière où nos deux bébés avaient été consignés. Je m'en veux encore aujourd'hui de n'avoir pas été capable de rester auprès d'eux. Voir mon fils ainsi m'était si insupportable que j'étais paralysée, figée sur cette chaise, dans cette salle des pas perdus. Comme coincée dans un espace temps parrallèle.
La pédiatre s'est enfin ramenée, en pestant, en plus, d'avoir été dérangée en plein pont du 8 mai. Elle n'a pas râlé longtemps, remarquez, surtout quand elle a constaté que l'objet de son tourment était tout simplement en train de crever.
A partir de là, c'est le brouillard, le flou intégral. Les sirènes du Samu, des blouses blanches partout, des cris, "il s'enfonce, on intube, tout de suite". Et puis deux infirmiers qui se postent devant l'ascenseur pour retenir les portes, la couveuse qui passe devant moi, dans éclair. "On laisse passer, on laisse passer…". A nouveau les sirènes mais qui cette fois-ci s'éloignent. Nos enfants ne sont plus là. Le churros serre ma main et me fait cette promesse que j'entends encore: "je ne te laisserai jamais tomber".
De cet après-midi, je retiens tout ça, à savoir pas grand chose si ce n'est le vague souvenir de mes tripes en bouillie, comme si j'allais finir par me vomir moi même.
Je revois toutefois un visage. Celui de Cédric Klapisch, assis en face de moi, me regardant avec compassion et embarras. Sa femme avait accouché elle aussi quelques jours plus tôt dans cette clinique au doux nom de fleur et devant laquelle je ne pourrai plus jamais passer sans que mon coeur remonte dans ma gorge. A chaque fois que je vois un de ses films ou que je lis une interview de lui, il me vient à l'esprit que sans qu'il ne me connaisse, on est connectés.
Mes enfants sont restés hospitalisés un mois. Ils avaient attrapé un staphylocoque et mon fils faisait une septicémie. Le diagnostic a été réservé pendant trois jours. J'ai appris cet après-midi là que le monde pouvait disparaitre sous mes pieds. Comme ça, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Je crois que j'ai aussi perdu un peu de moi. Une minuscule part de mon être est restée sur cette chaise, dans cette salle des pas perdus d'une clinique parisienne qui depuis, d'ailleurs, a déménagé.
Edit: Je tiens à préciser que cette histoire remonte à 11 ans maintenant et que depuis, cette clinique s'est modernisée, qu'elle est accolée à un service de néonat et que les futures mamans qui vont y accoucher ne doivent pas s'inquiéter. La seule leçon à retenir c'est que lorsqu'on attend des jumeaux, on va dans un hopital de niveau 3.

Dis donc, heureusement que je sais que l’histoire finit bien, que le staphylo n’a rien détruit, même pas les glandes sudoripares des pieds du grand machin si j’en crois tes comptes rendus réguliers sur l’odeur de ses panards, parce que l’histoire racontée serre tellement le coeur. Le cauchemar est là, notre cuachemar à tous et toutes…
Grosses bises au grand machin tiens (enfin sauf s’il vient d’enlever ses chaussures, je te ermets d’attendre un peu avant de te pencher sur lui. Dans l’hypothése où tu dois encore « te penche » pour lui faire un bisou)
Ah voila! Je me demandais si c etait l annif des deux cornichons frippés mais qui ont grandit… et puis j ai lu le billet d hier! C ets l explication!
Quelle horreur cette journee… et les suivantes ont du etre bien dures aussi!!!
Bizz et bonne journee a toutes!
Ouh là, tant de fautes de frappe, désolée. La prochaine fois je me relis, promis …
Ta plume fait bondir le coeur dans la poitrine aussi sûrement qu’elle déride les zygomatiques, c’est une joie de te lire, même quand ça fait pleurer.
Pour moi, exactement au même endroit mais quelques années plus tard, le sol a fini de se dérober plus rapidement que pour toi, après une ponction lombaire et un traitement antibiotique, mais je me revois lutter pour faire prévaloir mon tout jeune instinct de mère (ou ma parano?) auprès d’un personnel gentiment rassurant qui ne trouvait pas que mon bébé tout neuf était si chaud que ça(« c’est votre chaleur corporelle madame »).
Merci pour ce partage, bonne journée.
La vache…
J’ai haï de tout mon être certains des membres du personnel de santé de ma propre mater, mais rien qu’à te lire, j’ai envie d’aller saigner les tiens.
ah oui, on comprend mieux, pour cédric klapisch, en effet…
Je l’ai déjà lue, cette histoire de naissance, et pourtant à chaque fois que tu en parles j’ai les larmes aux yeux. Je ne sais jamais si je dois commenter sur ton talent d’écriture, ou sur ta souffrance de maman. Les deux sont très frappants et touchants.
Bref. Ils sont grands, ils sont en pleine forme, tout va bien. Et puis avec ce genre de perspectives, la question de la carte scolaire à côté, hein, finalement on s’en fout un peu, non? 🙂
Heureusement que la fin fut heureuse. Des bises.
« comme si j’allais finir par me vomir moi-même »…
Rarement lu sensation mieux décrite…
Plein de pensées rétrospectives …
Merde je m’étais déjà maquillée, tout est ruiné…
Pleurer le matin vant d’avoir fini son café, c’est dur, même en sachant que ça finit bien !
Merci pour ce moment d’émotion partagée. Je regarde ma fille jouer et je mesure la chance que j’ai
très très émouvant , même si je connaissais la fin !
J’ai lu ton histoire le cœur bien serré…
Je pense des milliers de choses pas toujours sympa sur les maternités « à la mode » ou même les accouchements à domicile. (oui, je sais que je vais un peu à contre-courant, mais si je n’avais pas accouché de mon premier dans une maternité, l’un de nous deux, ou les deux y serai(en)t passé(s)… c’était une question de minutes) et ce que tu racontes, Caroline, nous rappelle que donner la vie n’est pas un acte si anodin, et que nombre de nos aïeules y ont perdu la vie, ou perdu leur enfant.
Je comprends ce que tu ressens. On souffre dans sa chair quand son enfant est mal, et ce jour-là, tu as perdu sans doute pas mal de points de vie.
Mais des tonnes d’ondes positives, apportées par tes petits et ceux qui t’aiment en général, voilà qui en redonne, des points de vie…
Oui il y a des jours comme ceux-là où on perd un peu de soi-même. Je vois tout à fait ce que tu décris. Moi c’était le jour où j’ai perdu les eaux à 5 mois et demi…et puis ma bestiole a 12 ans aujourd’hui !
Toujours très beau et bien écrit…Ce jour-là, tu as gagné en humanité, et Cédric Klapisch sans doute aussi…Je vais aller réveiller mon ptit bonhomme, qui ne nous a fait aucune frayeur jusqu’ici et j’aimerais bien que ça continue! Et à lire des tas de témoignages de femmes, je mesure la chance que j’ai eu de tomber dans un mater si attentive!
très émouvant……tu as (es) une maman très intuitive….du moment où l’on sait que l’on est enceinte on a ensuite peur pr eux à vie..moi ça ne me lâche pas, tout le temps j’ai peur…
Je suis secouée par ce récit….
Ouf…
Très très émouvant, je te lis avec mon tout petit bébé à mes côtés et je n’ose à peine imaginer ce que tu as dû ressentir cet après-midi là. Tu es tellement douée pour retranscrire les émotions lorsque tu parles de tes enfants, que ce soit la peur, le rire, la peine, la colère…
Je t’avais entendu prononcer le prénom du machin lors de la pièce de théâtre, et je crois que je t’avais déjà dit à quel point j’aime ce prénom (le prénom de mon filleul également) et de le voir écrit dans ce texte le rend d’autant plus émouvant.
je suis très émue de te lire.
très très émue.
bouh, tu m’as fait pleurer dès le matin. Mais c’est tellement vrai, la vie peut basculer si vite….
C’est très beau et émouvant… Et ca ne donne pas du tout envie de mettre un pied dans cette clinique!
Je crois que c’est après avoir lu que tu avais été séparée de tes enfants juste après ton accouchement que je m’étais renseignée pour choisir un hôpital qui traite les prémas. J’avais trop peur d’être séparée de mon enfant et que le papa soit écartelé entre 2 hostos;
Merci de partager ça avec nous Caroline, même si tu me fais pleurer devant mon ordi. Ca m’a aidé à faire des choix auquel je n’aurais jamais pensé toute seule et ça peut aussi inciter des parents à se « rebeller » face au personnel soignant toujours assez à l’écoute.
Ouah, très intimiste tout ça … une expérienece tellement dure, mais tellement bien racontée !
Tu as réussi à me faire pleurer ce matin …
C’est un récit que j’aurai du lire avant d’accoucher et alors je n’aurai peut-être alors pas fait le choix d’une petite clinique … Quoique … Je n’imaginais pas que mettre son bébé au monde puisse mal se passer. Je massais mon périnée chaque jour pour éviter l’épisio. Je refusais la péri … Et puis la réalité m’a rattrapée : le coeur de mon bébé faisait des pauses. Le col avait à peine commencé à se dilater. L’anesthésiste n’a pas réussi à poser la péri: ce fût une anesthésie générale. Et mon bébé n’a pas respiré suffisamment vite et correctement … Il est parti en néonat à 20 km de là …
J’ai hurlé, pesté … et 70 heures plus tard, je signait une décharge pour quitter la clinique. Flageolante sur mes jambes et plié en deux sur ma cicatrice, j’ai enfin pu voir mon bébé.
Depuis, j’explique à toutes mes copines enceintes combien il est important de choisir un hopital avec une néonat …
Ca me file des frissons à quelques jours de la naissance de ma petite…
Je connaissais déjà l’histoire de tes enfants, notamment celle de ta rencontre avec grande chérie… Ca n’a pas dû être facile, merci de nous donner encore un peu de toi !
Très émue. Dur de commenter sinon que je ne souhaite à aucune mère de vivre ces moments que tu as décris.
Et une fois de plus je pleure au boulot, heureusement que mes collègues ne sont pas encore arrivés !
Ah non Caro, aujourd’hui c’était vraiment pas le bon jour !
Ma mère se fait opérer ce matin, ils doivent lui retirer un petit bout de poumon… Difficile d’être sereine !
Au-delà de ça, ton post fait vraiment froid dans le dos, on n’imagine pas qu’une telle froideur et/ou agressivité de la part du personnel soignant soit possible dans ce genre de situation.
Comme toujours une écriture touchante et poignante, où la douleur transparaît encore de façon très prégnante.
Allez, bonne journée à toi entourée de toute ta petite famille en pleine forme, bonne journée à toutes et tous (oui, je veux croire que cette journée sera bonne !)
Mah-yu et Caro, un jour aussi j’ai du me battre avec le corps médical et tout mon entourage aussi… pour que l’on veuille bien admettre que ce n’était pas moi qui lui transmettait de la chaleur en l’allaitant… et nous avons aussi eu droit à ponction lombaire et prise de sang pour conclure à une infection… et une hospit en néonat… et sans nous parce que déjà sorti de la mater… et là aussi je crois que j’ai laissé quelques point de vie dans cette salle d’attente…
…et tellement d’autre fois encore du me battre sans pour autant que cela soit si grave mais pour qu’on reconnaisse qu’il y avait « un truc » ou « un autre »… même des petits trucs mais qui font qu’ils poussent mieux… c’est chiant d’avoir sans arrêt besoin de se battre pour ne pas être prise pour une hystérique…
Ton récit m’aurait déjà en temps normal mis la boule dans la gorge… Mais là, en plus, étant enceinte de bientôt 7 mois… Ben ce sont les larmes qui me montent direct aux yeux.
Je n’ose imagine l’angoisse, le vide terrible de ces instants…
Quelle joie de savoir que ces deux petits bouts sont aujourd’hui de grands machins qui s’apprêtent à rentrer au collège! (mais lequel? Arf!)
encore encore ! la suite, les jours suivants. On en veut encore. As-tu eu des excuses de la part du personnel hospitalier ?
Je n’ai pas de mots pour te dire à quel point ce post m’a émue. Alors juste : merci.
Et quand, dans la journée, tu croiseras tes deux cornichons qui ont bien poussé, j’espère que tu voudras bien leur faire un sourire de plus, de ma part, pour les remercier, eux aussi, d’avoir été si combatifs.
Bisous.
A te lire on a le coeur serré. Moi aussi on m’a pris mon petit pendant des heures, parce qu’il ne se réchauffait pas. Son petit corps restait gelé même contre ma peau. L’histoire finit heureusement bien pour moi aussi. Mais une chambre de maternité sans enfant à côté de soi, c’est un crève-coeur.
Ouh là… Frissons et larmes aux yeux, comment expliquer ça à mes collègues de bureau?
Samedi soir, mon Attilou de 2 ans a chuté bêtement, et est allée s’éclater contre le bord de la table basse… J’ai littéralement senti mon coeur s’arrêter. Et j’ai attendu très longtemps qu’il veuille bien recommencer à battre…
Au final, le gentil médecin des urgences (oui oui, adorable, ce monsieur) nous a rassuré (un œuf énorme sur le front et une simple égratignure par-dessus), mais je n’ai pas dormi de la nuit qui a suivi: le souci, d’abord, et puis la scène que j’ai revécue 100 fois. Je n’arrêtais pas d’entendre le bruit du choc, et de revoir la bouille de ma petite fille qui s’est mise à hurler en se relevant…
Rien de vital, mais j’ai compris que ma vie désormais serait faite de ça, de joies immenses mais aussi d’angoisse permanente.
Magnifique texte, Caro, qui me donne envie de te prendre dans mes bras.
Mille baisers à tes cornichons…
Oh, c’était mon grand dilemme de début de grossesse: monter aux B**ts ou aller à Necker plus près, mais qui me paraissait tellement (trop!) médicalisé.
J’ai choisi Necker et même si la naissance de Miniboute a été bien moins épique que celle de tes grands, j’ai béni mon choix quand elle a décidé de naitre de manière un peu plus originale que les copains!!!:)
J’ai connu un peu ça avec ma 2ème. Césarienne parce qu’elle était en grande souffrance et n’aurait pas « tenu » un accouchement normal, 9 jours de soins intensifs, hypercalcémie, hypocaliémie, qu’est-ce qu’elle a ? on ne sait pas. Pourquoi ? On ne sait pas.
Alors oui, je comprends…
Je me souviens avoir vu une quelconque série une fois où la maman d’une jeune fille hospitalisée demandait à la femme médecin si elle-même était maman, laquelle répondait par la négative.
Alors la mère de la jeune fille a dit une phrase qui m’a marquée : « quand on devient maman, en même temps, il y a une petite douleur qui naît au fond de soi, et qui restera présente toute notre vie. »
Et, le jour où ma grande est arrivée, j’ai compris qu’elle disait vrai.
Oui tes mots sont durs à lire, oui on imagine sans peine ton désespoir, au fond de nos tripes…
Alors pour te faire, peut-être, un peu sourire je te dirais cette phrase du grand poète JP F. « Aimons-nous vivants… »
Bisous
Je ne peux que frissonner devant une telle angoisse primaire. Oui, primaire car ce sont les tripes qui parlent. Il faut un peu pardonner au personnel médical qui voit tellement de jeunes mamans s’angoisser inutilement pour un éternuement, un mouvement, qu’ils perdent le sens commun.
N’ayant pas d’enfant, je me souvient cependant de ma mère (ma petite chérie qui a maintenant la tête dans les nuages) blanche d’angoisse à la lecture d’analyses qui me condamnaient… « Maman, ça va pas ? » « c’est rien, ma chérie, c’est rien ». Elle avait le regard vide. En fait, ils s’étaient plantés et avaient pris un 1 pour un 9.
Une si belle écriture pour décrire une anxiété si atroce. Vous avez le don de coucher sur papier tout l’éventail de vos sentiments, Caroline.
J’ai été bouleversée par votre texte qui m’a fait pensé à une superbe chanson de Luc de Larochellière (chanteur québécois) « Si fragile ». J’ai pas le talent de Despé pour dénicher les vidéos, j’ai pris le premier sur le bord. C’est la chanson qui compte.
http://www.youtube.com/watch?v=C5jE3_vTM0U&feature=related
C’est en analysant ma réaction à la lecture de ton article que je me rends compte de tout ce que ca change d’être maman. J’ai beau savoir que tout se termine bien, les larmes me sont montées aux yeux… et pour tout dire, je crois que mes collègues me regardent bizarrement.
Et des souvenirs remontent, il y a 18 mois, mon fils et moi sortions de la maternité… 2.7kg, petit bébé… et moi qui pendant 3 semaines ai appelé mon médecin tous les jours pour lui dire que mon bébé ne grossissait pas, que je ne m’en sortait pas de l’allaitement, …
Et nous avons fini 3 semaines plus tard hospitalisés avec un bébé de 2.3kg…
Maintenant, tout va bien pour nous, mais c’est toujours au moment où l’on croit que tout va aller mieux que la prochaine tuile s’envole du toit d’à coté… et nous rate de peu (avec un peu de chance)…
Très beau récit, encore une fois.
Biz
bon, c’est dur le matin.
Du coup, j’ai une pensée pour Arya, la voisine de couveuse de Petit Jumeau, pour qui ils ont sorti le plateau d’urgence de réa, et fait sortir ses parents pendant l’urgence, alors que nous, à coté en peau à peau, on ne pouvait pas bouger. je me suis vraiment dit que je n’avais aucune envie d’assister à ca!
J’ai aussi une question: quand et comment tu en a parlé à tes enfants? je ne sais pas si je dois aborder le sujet avec Alexis, l’emener là bas? exorciser? et d’ailleurs…qui exorcise quoi? Nous ou lui? Comme dit la psy, nous on a vécu l’evènement, lui il n’a fait que le traverser.
Mais à voir le titre et la photo, je pleurai deja, un bisou pour tes stroumphs
Les larmes aux yeux ce matin, c’est malin… Mes jumeaux à mois auront 23 ans dans 8 jours et leur naissance (à 8 mois de grossesse heureusement) c’était aussi stress et service des prémas. Des gens très très gentils et comme partout 2 ou 3 pénibles. Quand tu décris ce premier regard sur tes enfants, je repense au moment ou je suis descendue de ma chambre au service où ils étaient… submergée d’émotion… Là j’ai su que « ça irait » 16 ans plus tard quand j’ai vu ma fille en réa, intubée avec des « prédictions » plus alarmantes les unes que les autres, submergée par la même émotion je me suis dit que c’était OBLIGÉ, « on » allait s’en sortir et c’est ce qu’on a fait…
pour avoir vécu exactement la même chose avec mon fils il y a un peu plus de 4 ans maintenant, je te remercie d’avoir mis les mots sur ce qui m’est encore difficile d’évoquer sans avoir envie immédiatement de serrer mon rejeton dans mes bras.
Alors quand j’ai vu « Paris » de Klapisch, avec Romain Duris malade, je pense à ma fille…
ouah, tu as vécu ça? Le risque de perdre un enfant? c’est le pire film pour des parents et je comprends qu’il reste à jamais gravé dans ta mémoire et que tu y replonges parfois même sans le vouloir: c’est la nature des traumatismes que de revenir nous hanter parfois.
Oui mais tout le reste de toi est bel et bien là avec tes enfants. C’est ce qui compte.
Très beau récit, si réaliste que ça me remue les tripes à moi aussi. « On intube, on dégage » brrr c’est pas slt Greys Anatonmy.
quelle angoisse ! quelle affreusitude 🙁
Oui, on meurt tous un peu à partir du moment où on devient parent, pour de petites ou de grosses angoisses et puis, heureusement, ils nous offrent plein de points de vie aussi chaque jour, pour de petites ou de grandes joies…
On est vraiment peu de choses !!!
ces lignes me remuent parce qu’un jour j’ai accompagné mon fils aux urgences pour un bobo pas grave mais qui m’a rendu si fragile et que ce jour là j’ai croisé une maman comme toi, j’ai été Cédric Klapish… Encore aujourd’hui nos regards échangés avec cette femme sont là, vivants, encore… ♥
♥ à tes enfants !
Ça me remue terrible de lire tout ça.
Je pourrai écrire un livre sur la psychologie toute particulière des personnels hospitalier… mais mon histoire avec eux n’est pas terminée et malgré tout, je croise souvent une ou deux blouses roses qui ont le geste sûr et compréhensif, donc…
Mais je sais ce que tu as laissé sur cette chaise, dans cette salle des pas perdus…
Je t’embrasse.
Bouh, que de frissons… Je viens d’avoir des jumeaux (1 garçon et 1 fille, comme toi, je suis un peu une copieuse!)
Et tu viens de décrire toutes mes angoisses de grossesse…
Heureusement, on a tenu le coup eux et moi jusqu’à 8 mois de grossesse et ils faisaient plus de 3kg et tout s’est merveilleusement bien passé mais j’imagine tes angoisses !
Mona, désolée mais c’est pas le poète JP F qui chantait « aimons nous vivants » mais le poète François V !!!
Dans la série pleurs du matin, les maternelles sur l’accouchement sous X, les larmes partent vite aussi…
Et @ Mona:
J.P. F. t’es sûre?
Nan!!!
Tu ne peux pas avoir oublié le seul, l’unique: F.V.!!
hahaha! On doublonne Sophie!
Que tes récits soient drôles ou tristes, tu écris toujours terriblement bien, les sentiments que tu décris sont toujours si justes…
Mes yeux se sont remplis de larmes en te lisant, vraiment désolée pour vous tous que ça se soit passé comme ça, heureusement que tu as été attentive et que tu ne t’es pas découragée devant un tel manque de professionnalisme…
Entre la pédiatre et la puéricultrice y avait vraiment de quoi péter un câble…
heureusement tes 2 machins respirent la vie et la santé, ils sont magnifiques…
🙂
(juste un gros sourire pour toi et tes bambins et ton Churros).
Bouleversante ton histoire, elle résonne en moi…
J’ai connu différent mais difficile aussi puisque j’ai été opérée enceinte de 5 mois ( j’ai beaucoup souffert), ai ensuite subi une césarienne en urgence et que pour finir, ma fille a du être opérée à l’âge de 6 mois.
Je déteste les hôpitaux et les cliniques depuis !
Vive la vie et nos enfants !
Tiens maintenant que je suis parfaitement bien réveillée, ça me fait penser que cette nuit, j’ai rêvé que tu accouchais d’une fille et que tu disais : « bon, cette fois-ci, c’est la dernière ! »
C’est bizarre tout de même…
Faut pas chercher, j’ai habituellement des rêves bien plus tordus que celui-là !
superbe… merci 🙂
Je frissonne en te lisant, quels terribles moments 🙁
Et voilà j’ai pleuré parceque oui ton récit il est émouvant et qu’atravers je peux peut-être iaginer 1/10eme de seconde le 1000eme de ce que tu as du ressentir.
Mais maintenant ils sont là, en bonne santé.
Et il faut y penser 🙂 *gros calin*
Je viens de passer un sale quart d’heure à te lire, mais je ne pouvais pas ne pas aller au bout, et ouf, ça finit bien, mais non, on ne ressort pas indemne de ce genre d’expérience.
On sent bien dans ton récit ce que veut dire ce jour. Ce qui ne devrait être que la date d’anniversaire de tes jumeaux fait remonter toute la violence de cette épreuve et ce de façon incontrôlable. Chaque année tu nous livres ce récit que l’on croit connaître et pourtant chaque année on est remué c’était une histoire nouvelle. Bon anniversaire à tes cornichons frippés (c’est très mignon).
Il résonne pour plein de monde ton article ce matin. Moi, ça me rappelle la naissance d’Amélie « mais pourquoi vous pleurez, madame ? on vous annonce qu’on lui a trouvé une anomalie au cerveau, et on l’envoie à Reims en néonat, mais il ne faut pas pleurer », il avait raison le pédiatre, je n’aurais pas du pleurer, j’aurais du lui mettre mon poing dans la gueule.
Je l’ai mis en édit mais je veux préciser que cette maternité a changé et qu’il ne faut pas flipper si vous y êtes inscrits. Je suis toujours suivie par la même gynéco qui y officie et qui est géniale et de nombreuses amies y ont depuis accouché sans problème.
Je voudrais aussi préciser que ce billet n’avait pas pour vocation de me faire plaindre, ils vont bien et je sais que parmi vous, il y a des mères qui ont autrement plus souffert. J’ai écrit ça pour raconter ce lien avec klapisch que j’avais évoqué hier. Je ne veux surtout pas que vous puissiez penser que je cherche à vous tirer des larmes. Mais merci pour vos adorables mots, une fois encore.
Ton récit me bouleverse… mes parents ont vécu le même cauchemar que toi il y aura bientôt 36 ans… sauf que ma soeur jumelle n’a pas réussi à être sauvée et est décédée 3 jours après notre venue au monde.
Quant à moi je me suis battue (je pesais 1,5 kg) et je suis là aujourd’hui pour te lire et comprendre à quel point mes parents ont souffert et souffrent encore aujourd’hui d’avoir vécu cette horreur qu’est la perte d’un enfant et l’angoisse de ne pas savoir si l’autre, moi en l’occurence, allait « tenir le coup »…
Merci à toi de savoir si bien raconter les choses de la vie, qu’elles soient belles ou parfois très moches !
Je t’embrasse,
Céline
Moi aussi, ça me remue. C’est ce qu’a vécu ma soeur il y a qqs années. Bisous à toutes !
céline, je me doute que survivre est difficile aussi, je t’embrasse fort et tes parents, aussi, virtuellement…
Et maintenant comment j’explique à mes collegues les larmes qui pointent? hein?
Heureusement tout s’est bien terminé!
Pour ne pas faire comme tout le monde, j’ai les larmes aux yeux, ce matin 🙂
J’ai connu ces chaises, ce désarroi profond, cette impression que tout allait s’effondrer en une seconde.
C’était moins grave, mais on ne le sait qu’après.
J’ai du perdre un bout de moi sur une chaise devant le scanner, quand je me balançais comme une autiste en me disant que ma fille allait mourir, c’était sûr.
Oui Agnès, on devrait plus souvent leur mettre notre poing dans la gueule, moi yen a un, alors que j’étais au désespoir, qui nous a demandé si on n’avait pas secoué notre bébé de 5 jours… Au lieu de m’effondrer en sanglots j’aurais du lui péter sa tronche 🙂
C’est malin de raconter ça à une femme enceinte: je suis en larmes !!!!
Je vais chercher un container de kleenex et je reviens lire les commentaires…
ah ben voila je fais gaffe de pas chialer 2 jours d’affilés et PAF! tu me fais ce coup la! ;))
je crois que quoi qu’il arrive mettre un enfant au monde, devenir mère ça nous enlève une part de nous même, de cette innocence qu’on croyait infini (enfin evidemment encore plus après ce que tu as vécu)
biz je v me moucher je reviens
Oooh ! Je ne suis qu’émotion en lisant ton récit…
Je ne savais pas que les établissements de santé avaient des niveaux. Il y en a combien des niveaux ? Et dans un hôpital de niveau 1, on y fait quoi ou plutôt qu’est ce qu’on ne fait pas ?
Moi, même pour un simple nez bouché j’angoisse … Je ne sais pas comment je saurai me comporter dans une situation plus grave. Heureusement, c’était il y a 11 ans, tes enfants sont de beaux loulous.
Bonjour,
Ton billet fait écho en moi.
Cette impression de basculement, de ne plus être dans la vie normale.
Quand nos tout-petits sont touchés dans leur chaire, nous découvrons à quel point la souffrance des tripes est terrassante. Et cette sensation ne s’atténue pas au fil du temps, elle reste si vive à l’évocation de ces souvenirs.
Tu en parles si bien…
Magnifique texte, comme d’habitude.
Ce que j’en retiens, outre bien sûr l’énorme souffrance des parents, c’est qu’il ne faut pas hésiter à insister si l’on sent que quelque chose ne va pas, meême si les infirmières disent que tout est normal. Cela fait déjà plusieurs fois que j’entends des histoires où les mamans sentent que leur bebe ne va pas bien, et où elles ne sont pas prises au sérieux.
Bravo Caroline, et, ouf!, tout ça est (loin) derrière toi !
oh je n’en reviens pas de lire ça vous êtes des miraculés
ça me fait une sacrée boule dans la gorge
Je comprends mieux tes lectures maintenant… Je fais les mêmes en ce moment…
Je comprends aussi mieux pourquoi je suis aussi sensible a ton style. Des petites fêlures que je ressentais sans même connaitre ton histoire.
L’angoisse du ventre vide et le fait d’avoir côtoyé la mort changent a jamais le regard que nous portons sur la vie.
Merci mille fois pour ton blog qui me fait sourire quand j’ai parfois envie de pleurer.
ce qui part quand un enfant nait c’est l’insouciance!! que tout se passe bien ou pas!! Je trouve que tu t’en sors super bien après ce qui s’est passé avec tes enfants. Je serais surement devenue une mère hystérique (bon ok je le suis déjà) super protectrice!!
C’est malin je suis en larme! Tu devrais écrire au début de tes billets « attention femmes enceintes aux hormones en ébullition ça risque de vous faire pleurer!!! »
je ne suis pas enceinte et pourtant je pleure aussi ! peut être que Klapish s’en souvient aussi !
Je ne peux pas faire un long discours, mais je suis allée, il y a 4 mois, accoucher dans cette clinique. Et je regrette ce choix. Pendant le suivi, un médecin à qui je disais ne pas me sentir bien dans mon sexe (je ne sais pas comment dire autrement), m’a ausculté, et m’a dit que tout allait bien. 2 jours plus tard, je suis allée chez mon médecin traitant parce que ça n’allait pas. Elle m’a confirmé une mycose et des hémoroïdes.
Le jour de l’accouchement, la sage femme commençait à s’inquiéter, ça faisait 4 heures que le travail avait commencé, le col était ouvert, mais le bébé ne descendait pas, et sa fréquence cardiaque chutait à chaque contraction. Elle a appelé plusieurs fois le médecin de garde, qui passait et trouvait qu’on faisait vraiment beaucoup de foin pour pas grand chose. « Elle dilate… quand vous le sentez Madame, vous poussez ! » Et elle repartait. Je voyais à la tête de la sage femme que c’était pas bon. à force de l’appeler, le médecin est enfin revenue, et là, elle s’est dit qu’il y avait peut-être un pbl. Et pas qu’un peu, mon garçon était retenu par le cordon au fond de l’utérus, et ne pouvait pas descendre. « Bon, on va voir ce qu’on peut faire, mais pour le cas où, on prépare le plateau pour la césarienne » Heureusement, la naissance a pu se faire par voie basse, mais ça a été violent, et ce p** de médecin m’a tellement appuyé sur le ventre sous les côtes avec son poing que j’ai eu une légère déchirure des abdos.
J’ai écrit à cet hôpital pour dire ce qui s’était passé.
Donc franchement, mieux vaut aller dans un hôpital public normal (ce que j’avais fait pour ma fille). j’étais allée là pour la réputation de l’endroit.
Et petit détail à ne pas laisser de côté, la nuit coûte 70 euros, et les couches (pour le bébé et moi) les draps du lit du bébé ne sont pas fournis… (ce que je n’ai appris qu’au moment de l’inscription administrative, à 8 mois ! les boules)
Je sais que mon histoire est bien peu de chose après la tienne. Cet hôpital est attaché à un autre dont la spécialité est l’enfant malade, mon garçon n’a jamais été (enfin je crois) en grand danger.
Mais bon, quand ça arrive, et qu’on se sent pas bien entourée, avec les hormones qui démultiplient le moindre événement, notre histoire prend beaucoup d’importance.
Moi ce n’était pas une chaise dans un couloir, mais à côté d’une couveuse vide, dans la chambre voisine de celle de mon fils : je ne voulais pas qu’il me « voit » sangloter comme ça… connasse de généticienne qui est venue me parler de dilatation dans le cerveau de mon amour de 800g, alors qu’elle n’avait pas tous les résultats de l’amniocentèse et qu’on ne savait pas ce qui nous attendait tous les 3, si notre petit chat allait gagner une bataille ou la guerre.
Le pire c’est qu’on « oublie », au quotidien et qu’on continue à s’emporter pour des broutilles et se pourrir la vie pour rien.
Niveau 3 pour nous aussi et personnel hyper à l’écoute des enfants et de leurs mamans, c’est un grand progrès.
(bon, y’a quand même une infirmière à qui j’en veux bcp, parce que la tête de notre fils sera déformée à vie, malgré des tonnes de séances d’osthéo, parce que mademoiselle avait la flemme de lui mettre un petit oreiller d’eau sous la tête…. ggrr!)
pourtant je n’ai pas d’enfants ( jen veux hein mais ça marche po )…bah j’ai failli en chialer à mon bureau même si je connaissais la fin ! t’as un don pour raconter toi c’est fou ….
Ce sentiment de mort imminente qui affleure au beau milieu de la vie, je l’ai également connu à la naissance de ma fille, même si c’était dans d’autres circonstances. J’ y ai, moi aussi, laissé un part de moi-même. Et la lecture de ton billet m’a replongée dans cette angoisse qui nous saisit aux tréfonds de nous-mêmes.
whouaaa, ça n’est pas mon style de pleurer connement… je viens chez toi pour rire chaque matin. Ce matin… je me sens concernée… je suis maman de jumeaux mois aussi…. la chance ma souri car je n’ai pas vécu ceci mais…. ils sont partis à l’hopital à 3 semaines de vie… j’étais en larmes comme je le suis devant mon PC aujourd’hui… et malgrè tout… je crois que ton histoire m’a ému dé le début parce que tes enfants t’ont été arrachés à peine nés. Mon ainé, a aussi été pris en charge par une infirmière… des soins… de la couveuse qui nous séparait lui et moi… et à cause de ça… aujourd’hui encore j’ai du mal à comprendre que je suis la maman, la mère de cet enfant là; Je suis tout le temps persuadé que la vie va me le reprendre…. certainement parce que la connexion n’a pu se faire de suite…. comme pour les jumeaux qui ont été mis sur mon ventre 1 minute après être né. Alors je ressens le vide que tu as dû ressentir, je mesure aussi la peur que vous avez éprouvé…
1/ oui une grossesse gémellaire doit être suivi dans un hôpital de niveau 2 ou 3. 2/ demandez à tenir votre bébé dans la minute qui suit si cela est possible. ne laissez pas le soin à une autre de s’en occuper en lui donnant un biberon d’eau sucré alors qu’ele pue la clope à vos côtés !
ouais. Niveau 3. Même si y’a pas de chant prénatal et autres accouchements sans fil.
Grossesses de merde. Nous on a eu de la chance tous les 3. Mais le taux de mortalité reste celui d’un autre siècle pour ces grossesses. Et pour avoir une mater très proche et pas du tout de niveau 3, même un hélico, ça sert à rien.
Je pense que je finirai de lire ton billet ce soir, à la maison, parce que là, j’ai la gorge qui se serre, les larmes qui montent, çà va pas le faire au boulot.
On a aussi fait le samu, l’hopital en urgences pour ma poupette quand elle avait 3 semaines, tout c’est bien terminé, elle est se porte comme un charme aujourd’hui du haut de ses 2 ans, mais j’en garde un souvenir glaçant et un terrible sentiment d’impuissance.
Et aujourd’hui, nos nuits sont rythmées par son souffle, dès qu’elle fait un bruit bizarre, une respiration trop rapide, trop rauque, qu’elle tousse, on saute du lit et c’est nous qui ne respirons plus.
Bonjour,
C’est mon premier com sur ce blog que j’adore et que je lis chaque jour…
Juste pour dire que ce texte est magnifique et m’a remué jusqu’au fond du coeur ce matin, impossible de ne pas être touchée en lisant ce témoignage…
Je voudrais aussi dire que j’ai accouché de mon fils à la clinique des B**** après une première expérience de césa hyper traumatisante pour ma fille aînée.
Le personnel des B**** a été merveilleux avec moi, ils ont accepté que j’essaie d’accoucher par voie basse, ce qui n’était pas gagné d’avance et j’ai pu bénéficier gràce à eux d’un accouchement de « rêve » et je leur en suis vraiment reconnaissante, c’était en 1998 et effectivement, le service dit d’hotellerie n’était pas génial, mais ce n’est pas pour ça que l’on vient accoucher là.
Ce qui est dommage, c’est que les futures mamans avec des grossesses à risques ne soient pas informées suffisamment et pas systématiquement orientées vers des établissements capables de les prendre en charge avec leurs bébés.
Quel traumatisme de séparer une maman de ses nouveaux-nés…
Tout cela ne raisonne que trop fort dans ma tête et dans mon coeur…J’ai mal de le lire et ce sont mes tripes qui hurlent….
expérience similaire dirons-nous…Ces boites, ces vitres, ce froid, cette solitude, ces bips, ces tubes, cette sensation de ne pas être maman….
Ben bravo ! Je suis en train de pleurer devant l’ordi au milieu de mes collègues maintenant !
C’est pas malin de nous faire toutes pleurer ce matin ! Devenir maman, c’est quand même prendre perpet’ d’angoisse à chaque cri, à chaque bobo … Heureusement qu’on connait la fin de l’histoire et que tu n’hésites pas à oublier ton machin sur le quai d’une gare !
ohhh ! tu m’as fait pleurer…
J’ai vécu ce jour où on est un peu mouru, mais pour moi ça s’est mal fini, mais ce n’était pas mon enfant…
J’ai une petite chérie qui a fait 4 jours d’hôpital en urgence à 1mois 1/2 pour un problème de résultat de prise de sang (jamais élucidé et qui a laissé la porte ouverte aux pires scénarios…).Les 4 jours les plus longs de ma vie où je suis restée à côté d’elle sur une chaise de jour comme de nuit, impuissante et presque incapable d’arrêter ses pleurs. En 4 jours j’ai pris 10 ans sur mon visage et ça m’a tellement stressée que j’ai perdu 10 kilos rapido…A sa naissance j’ai senti cette formidable puissance de Vie presque indestructible , cependant, il y avait toujours le fantôme de la mort tapis dans l’ombre dans chaque respiration anormale; chaque pleur trop fort…etc.Je trouve que la naissance est le moment de la vie où paradoxallement la mort n a jamais été aussi proche .
Sur ce ma petite a 2 ans et se porte magnifiquement bien et moi je me ruine désespérement en crèmes anti-rides 😉
http://journaldunenaturopathe.wordpress.com/
Que de souvenirs … avec un vécu un peu semblable le 11 septembre 2006, jour où mes tours à moi se sont écroulées …
Mais tu sais ce qu’on dit, les préma seraient finalement les plus forts dans la vie! Le mien est un roc 🙂
3 août 1989 St Raphaël (var): accouchement de mon 3ème. La sage femme enchaine une seconde nuit, elle est fatiguée, pas disponible et désagréable au possible.
Salle d’accouchement : Poussez madaame, la tête sort.
La sage femme : Docteur!!
Mon mari : où sont les toilettes, s’il vous plait?
Bébé nait, pas un bruit. Je ne le vois pas, Le médecin, la sage femme sortent avec lui précipitement. Le mari .. parti.
J’ai froid, et…. tout se bouscule dans mon cerveau, Bêtement, je parle intérieurement à mon bébé, je le supplie de se battre, lui dis combien je l’aime.
Le médecin revient, passe à côté de moi sans me regarder ….: votre bébé doit être transféré à Nice, ne vous inquiétez pas, rien de grave.
La sage femme revient : allez, il faut expulser le placenta, et rapidement!!
Mari toujours invisible.
On me ramène dans ma chambre. Une maman allaite à côté de moi. C’est son premier. Je ne veux pas la troubler, Silence.
Un médecin du Samu arrive et m’indique qu’il emmène mon fils. Je craque. Il est fou furieux après la clinique. Il m’amène mon fils, m’explique les complications, me laisse un moment avec lui. Je bénis chaque jour cet homme. Mon mari arrive effondré de peur et de honte de m’avoir laissé seule.
L’après midi, je perds connaissance. La jeune maman donne l’alerte. En fait, tout le placenta n’avait pas été expulsé. Il a fallu me reprovoquer des contractions. Joie!
Je sors, contre avis médical, le lendemain. Et contre l’avis de tous, je vais voir mon fils à Nice. Et je lui parle parle parle, Je le caresse de mots, de douceur. IL ouvre les yeux et me sourit. Début d’un fol amour entre une mère et son fils.
Durant toutes ces années, j’ai rencontré le meilleur et le pire dans le monde médical. Je ne retiens que le meilleur. Mon fils mord la vie à pleine dents, même si cette chienne ne lui fait pas de cadeau, il s’en moque, il avance, et sourit à la vie.
ça me donne envie de pleurer.. surtout en ce moment où on a décidé de sauter le pas. il faut se dire que tout ira bien…
Même si la grande majorité des infirmières et autres pédiatres et personnel soignant sont des gens qui se dévouent vraiment aux autres, parmis eux il y a aussi de vrai connasses comme tu en a croisé. Le souci c’est que quand on se trouve dans ce genre de situation, on pas envie de croiser leur route…. je dis ça « de cette façon » car j’ai vécu une situation un peu comparable récemment losque ma grand mère a été hospitalisée: elle a eu un problème mais l’infirmière nous a jeté parce que ça la gonflait et que « bon ça va, je connais mon boulot.. » elle a failli mourir..
Embrasse fort des cornichons (qui ont bien grandi et qui ne seront bintôt plus des cornichons) et souhaite leur un joyeux anniversaire!
Ouh lou lou, ça c’est un coup à remuer Nenette … bisous ma soeur.
ma belle-soeur, inscrite dans ladite clinique, a fini par accoucher chez elle, sur ses tomettes, renvoyée dans ses pénates parce qu’on n’a pas voulu croire qu’elle accouchait. Alors, hein, bon.
Tiens, autre chose qui me vient : le lien avec l’enfant. J’ai mis plus de temps à me sentir maman de la 2° que du premier, bien qu’il ait passé 13 semaines à l’hôpital.
Dès le lendemain de sa naissance je me présentais au service de réa néonat en disant « je suis la maman de X ». Pour tout le personnel j’étais donc « la maman de X » et pareil pour les médecins ensuite, la nourrice, etc…
Pour la deuxième, j’ai passé presque 9 mois à me protéger, persuadée que ça ne pouvait pas bien se passer. Quand elle est née je n’étais pas préparée je crois. J’ai mis de longues semaines à créer le lien : je crois que j’avais peur que la vie m’enlève ce bébé si parfait (j’ai toujours peur pour être honnête, mais je ne me protège plus, ce n’est pas possible, il faut profiter un maximum de ce bonheur offert)
C’est bien au moment où on devient parent qu’on commence à mourir doucement, d’avoir touché la grâce et d’avoir peur de la perdre.
Avant d’être enceinte (j’ai conscience que les PMettes qui lisent ne vont pas aimer ces quelques lignes) je ne voulais pas mourir avant d’avoir connu cet état. Mais depuis que j’ai mes enfants, c’est intolérable d’imaginer les laisser.
(le sujet Klapisch dérape un peu)
Mon coeur de jeune maman s’est serrée en lisant ton récit.
Oui oui, mon coeur est féminin ^^’ (ou comment sauver son honneur d’une si grosse faute d’orthographe)
Je n’ai pas lu les commentaires et je devine que nous sommes nombreuses à avoir laissé ou plutôt, à s’être fait arracher une partie de nous sur une chaise de couloir de maternité.
C’était il y a 12 ans, je m’en souviens si bien… souvent, je retourne en rêve errer dans le couloir pour retrouver cette partie de moi-même. Que je ne retrouve jamais.
encore plus que d’habitude je me sens proche de toi
Tu as tellement bien fait d’insister pour te faire entendre…
« Décider d’avoir un enfant, c’est accepter que votre coeur se sépare de votre corps et marche à vos côté pour Toujours… »
Très émouvant ton texte qui m’a fait pleurer puisque il me ramène à une histoire familiale.
Le jour de la naissance de son ou ses premiers enfants, c’est notre insouciance qu’on perd! On gagne mille autres choses sublimes mais quand même je pense parfois à l’insouciance de ma jeunesse avec une touche de nostalgie!
Quand aux pédiatres qui râlent quand on les dérange, je les déteste!
La pédiatre de mon neveu chéri est partie alors qu’il était en souffrance respiratoire, pour aller conduire ses enfants à un anniversaire, n’a pas voulu revenir quand on l’appelait (« merde c’est le w-e quand même! »)elle était pourtant de garde. il est mort en fin d’après midi, le cœur épuisé.
La douleur est infinie…
Enfin heureusement ton histoire finit bien!!
Pourquoi tu écris ça aujourd’hui c’est leur anniversaire?
A chaque anniversaire d’un de mes enfants (3) je repense en détail à leur naissance 🙂
Caroline,
moi je me souviens de t’avoir laissé un message sur ce blog (enfin à l’époque c’était mabulle je crois) pour te parler de mes jumeaux qui étaient néonat alors que j’étais rentrée à la maison,complètement déprimée et ton message m’avait fait chaud au coeur, c’était en septembre 2007.
Et je confirme, les jumeaux c’est niveau 3 et c’est tout. Et si je l’avais su avant cela m’aurait aussi évité le transfert de l’un dans le 15ème, l’autre dans le 14ème pour cause de 15 août. Plus de place même pour deux jumeaux monozygotes….
Merde alors, les soignants peuvent pas faire un peu confiance aux parents ? :'(
Maman depuis tout juste un an je n’arrête pas en ce moment de visualiser tous les dangers de notre maison pour notre puce qui va se cogner contre tel ou tel meuble, mais il ne s’agit « que » de bosses potentielles, alors je n’ose imaginer ta douleur…
Je t’envoie des pensées affectueuses.
Bon, suis dans le métro et retiens mes larmes à la lecture de ton billet. S’agirait pas que j’arrive en cours avec des yeux de panda! Cette maternité au doux nom de fleurs, dans laquelle j’étais inscrite pour la 2ème miss, je ne la « sentait »pas, et j’ai rapidement changé pour une autre au doux nom de sœurs…je ne regrette pas un instant. Faut dire, pour la 1ère, j’en avais suffisamment bavé ( c’est normal qu’on te laisse sortir avec un bébé de 2kg500 -2,700 à la naissance en te regardant avec un air de profond mépris et en haussant les épaules quand tu dis que tu n’as pas eu de montée de lait et que tu t’inquiètes un peu quand même ?). Bref, je n’ai évidemment rien vécu de comparable à ce que tu as traversé, je ne peux qu’imaginer ton horrible angoisse, et j’aurai désormais une petite pensée pour toi lorsque je verrai un film de klapisch!
« sentais » bien sûr 🙂
Bon, j’avais réussi à retenir mes larmes.
Mais elles ont coulé en lisant le com de ma fille Vivi (40)… C’est pas gagné…
Zut j’avais laissé un commentaire mais il n’apparaît pas. Alors je rebelote :
Je suis toute émue par cette histoire.
Quel moment terrible et pourtant ces deux bébés fragiles sont devenus de magnifiques pré-ados dont on suit les aventures avec bonheur grâce à tes récits.
Des bisous !
oh ne t’inquiete pas les larmes elles viennent tout seule 🙂
Perso, ça me fait un sentiement bizarre de lire ça parcequ’on le vit 🙂
Mamans prêtes à accoucher, passez votre chemin:C’est dans cette maternité au doux nom de fleur comme tu dis, qu’il y’à 2 ans, lors d’une cesarienne programmée (je précise parce que c’est important, en gros il avaient le temps, ce n’etait pas une urgence), ils m’ont oubliés une compresse de 9cm de long dans le ventre. Lorsque je les appelais pour leur demander si c’etait normal de souffrir autant aprés une cesarienne, ils me repondaient, « ecoutez, on vous a quand même ouvert le ventre et puis vous devez être un peu douillette » Trois mois aprés la cesarienne, je vomissais mes tripes du matin au soir et les hopitaux ou j’ai fini 2 fois aux urgences, me disaient que c’etait probablement le retour de couche…Bref, un miracle, un medecin urgentiste a poussé les recherches et trouvé la cause, le lendemain ils me réouvraient le ventre. C’etait à l’hotel Dieu et je les bénis!…
Une pensée pour toi et tes beaux enfants, Caro, quelle épreuve! Ca doit rester gravé au fer rouge dans ta chair, heureusement que le machin s’est accroché, il est plein de vie cet enfant!
Je ne suis pas encore maman, un jour j’espère…
mais en tout cas, comme pour les autres, même en sachant que « l’histoire se finit bien », j’ai des larmes qui ont coulées..
ta manière de nous raconter ça, de nous faire partager ce que tu as vécu.. on ne peut qu’être ému et « vivre » ce moment…
j’espère ne jamais vivre un moment pareil..
Le poète c’est François Valery…lol
Je suis scotchée sur ma chaise, face à mon écran, les larmes aux yeux… Tout cela me renvoie à tellement de choses que j’ai pu traverser aussi… Lorsque j’ai accouché, et que ma fille est partie en couveuse, j’ai fait une hémorragie post partum, un artère de mon utérus a lâché…
Il m’ont récupérée de justesse…
Je me souviens ensuite de la réa, sous perf’, intubée… et l’angoisse de ne pas savoir ce qui c’était passé, ni comment allait ma fille.
Puis les soins intensifs, où l’on s’est retrouvée toutes les deux enfin réunies. J’avais peur qu’ayant été séparées, elle ne me reconnaisse pas, mais dès qu’elle a entendu le son de ma voix, elle s’est mise à gigoter dans la couveuse…
Aujourd’hui, dix ans plus tard, on a toujours du mal à respirer l’une sans l’autre, on fait beaucoup d’efforts, mais il n’est pas un moment où elle parte chez son père et où j’ai l’impression que je suis en sursis…
Le psy m’a dit que ça venait aussi du fait que j’ai failli trouvé la mort, lorsqu’on l’a descendue en pouponnière…
Alors voilà, depuis 10 ans je mène un immense combat, contre moi même, contre ce lien serré trop fort depuis la naissance… Je me bats pour elle surtout, pour la rendre autonome, un peu moins fusionnelle, et surtout contre cette putain de sensation qui me tiraille de l’intérieur, à chaque fois qu’elle s’éloigne de moi…
Je ne te dirai pas que j’ai vécu un semblable évènement à la naissance de mon fils ainé, enfin si, je l’écris …
… de cela j’en ai retiré qu’on reste mère pour la vie, pour l’éternité même, si elle existe, c’est quelque chose de tellement animal, de tellement au-dessus de l’humain, qu’on ne peut pas se l’imaginer vraiment, et pourtant, cela perdure à vie, mon grand fils a maintenant 29 ans (à l’époque il y avait encore fort à faire dans les petites cliniques de province 😉 mais je tremble encore tous les jours, pour lui, pour son frère, pourtant je les sais heureux, du côté de Paname, mais rien n’y fait, je les aime, je les adore, et je tremblerai jusqu’à mon dernier souffle… et c’est rien que du bonheur bizarrement.
J’ai été émue par le récit de la naissance de tes jumeaux, vraiment, et agréablement surprise de voir surgir C. Klapish dans les parages, je te remercie en tout cas, c’est bien beau… et cela me tire une larme des yeux, mais tu as toujours su m’émouvoir, et même si je ne commente pas tous les jours, je lis… sans faillir, sans oubli :)))
Embrasses-les très fort surtout, ainsi que la jolie petite Rose ! Et le Churros aussi, ton homme, ce héros 🙂
Ca me rappelle une interview que j’avais lue, celle de la femme d’Hervé Gaymard (me rappelle plus de son nom…), mère de 8 enfants, fille d’un anti avortement, bref, la fille avec laquelle je ne me voyais AUCUN atome crochu…
Et donc dans l’interview, elle racontait la naissance de son 3 ou 4 eme enfant, qui a eu une gastro sevère et ne s’alimentait plus… elle était en train de errer avec son petit dans les bras de la maternité, et là, une infirmière en chef la regarde et lui dit « encore une primipare qui s’inquiete pour rien » et elle lui a répondu « non madame, c’est mon 3eme et il est en train de mourir ».
A ce moment là de l’histoire, j’ai compris que contrairement à ce que je pensais, oui, j’avais un point commun avec cette femme: nous étions toutes les 2 des mamans et c’est vraiment ce que je ressens quand je lis ton post et tous les témoignages: meme si nous n’avons pas vécu ce que tu as vécu, on comprends exactement ton propos.
Et au final, l’histoire de mme Gaymard s’est bien fini: l’infirmière en chef s’est faite pardonnée en faisant tout ce qui était en son pouvoir pour sauver le petit, et elle a réussi.
Je suis sans mot et pourtant j’ai envie de manifester face à ce comportement « irresponsable » (je ne trouve pas mieux) et face à votre douleur.
On a une notion de l’infini en essayant d’imaginer votre peine, effectivement.
Beaucoup de souvenirs pour moi dans ce post et l’occasion de laisser un mot pour la première fois ici. La même attente dans cette même clinique au nom de fleur, pour les mêmes raisons, et moi aussi au bout de 7 ans je ne passe plus dans ce quartier sans revivre ces moments. Merci pour vos petits mots de tous les jours !
Ce trou qui s’ouvre sous les pieds, cette impression de tripes arrachées, cette peur de perdre un tout petit, je ne la connais que trop. Ce besoin de sortir de la pièce parce qu’on ne peut assister au spectacle de son enfant qui s’éteint, je l’ai vécu. C’était il y a un an pour moi avec ma Fleur de Sel qui a dû naitre au même terme que tes enfants. Et je crois que c’était dans l’hôpital désormais raccordé à la maternité dont tu parles. Je vois que onze ans plus tard, l’émotion est encore là…
Hier, ma curiosité a été éveillée par la mention de Klapisch. Je ne m’attendais pas à une histoire aussi touchante! Il m’a accompagné toute mon adolescence avec l’Auberge Espagnole, lors de mon année Erasmus et plus récemment lors d’une visite à Barcelone… et je serai bien incapable de le reconnaitre s’il était en face de moi.
Hello!
Suis maman de petites jumelles qui sont, elles aussi, nées prématurément. Après mon accouchement (rock’n’roll),je me suis également retrouvée dans une chambre sans berceau, le ventre et le coeur vides. J’ai du attendre 36 heures que l’infirmière veuille bien enlever ma sonde afin que je puisse aller les voir dans leur petite boîte en plexiglas. Le service de néonat était top et nous avons tous les 4 été bien pris en charge.
Mais le papa et moi portons ce début vertigineux dans nos esprits: la peur de les perdre avant de les avoir vraiment est un réel traumatisme.
Bravo pour vos jumeaux Caroline, bravo pour votre blog et votre plume.
Chaque fois que je vous lis, j’ai des frissons!
Magnifique récit. J’en ai les larmes aux yeux. Je me dis qu’évidemment tu te serais bien passée de ce magnifique récit !
Quand ma mère a accouché de ma sœur et moi, elle n’a vu que ma soeur. Elle m’a entre-aperçu, cyanosée et ne criant pas et puis on m’a emmenée dans un autre hôpital, dans une autre ville. Pendant 3 semaines. Elle est rentrée seule à la maison, ma soeur étant aussi hospitalisée mais pas en néonat. Elle et moi n’avons pas passé nos premiers jours à l’air libre ensemble, une chose qui ne serait plus faite de nos jours.
Ca fait 31 ans et ma mère ne peut en parler sans pleurer. C’est un traumatisme qu’elle garde en elle et qui a fortement conditionné notre relation. Heureusement, la médecine a évolué, les services pédiatrie aussi.
J’en ai les larmes aux yeux. Magnifique récit ! Horrible histoire !
Je te lis tous les jours. Depuis des annees. Tu as une force qui s’exprime par tes mots. Jamais, jamais je n’ai trouvé un seul de tes posts approximatifs. Je n’ai jamais commenté. Je le fais aujourd’hui car c’est incroyable de transmettre en qlq phrases autant d’amour. Autant de vie. Bravo et merci.
woh ça remue de lire tout ça. La première personne a être parti de ma vie (je veux dire, pas une mort de façon naturelle, du genre 95 ans et une vie bien remplie derrière) c’etait ma professeur principale en 3eme, mort en donnant la vie… C’est là qu’on se rappelle que c’est pas si anodin que ça…
M’enfin cette histoire là finit bien, avec deux très beaux jumeaux en pleine forme nion? 🙂
Comme ton récit me touche Caroline, il me ramène 18 ans en arrière.Une grossesse magnifique puis à 25 jours du terme, je fais une prééclampsie. Samu en pleine nuit, perte des eaux , tension trop élevée, césarienne, tout va trop vite, j’entends le médecin me murmurer à l’oreille : vous avez un fils. Puis, oedemes aux yeux, à la tête, au cou ,je ne peux plus respirer ,sensation d’étouffement, on m’intube.
Le sourire de mes parents qui se fige lorsque bouteille de champagne à la main et bouquet de fleurs, ils me voient passer sur un brancard pour aller en réa où je resterai 10 jours car mon rein a souffert.
Mon fils est en bonne santé c’est l’essentiel mais je ne l’aurai dans les bras que 5 jours après, et je découvrirai son visage pour la première fois à travers une photo qu’une infirmière a eu la délicate attention de me transmettre.
Aujourd’hui encore, je ne peux me détacher d’un sentiment de culpabilité énorme, j’ai l’impression d’avoir « raté » le début de notre histoire.
Désolée d’avoir été si longue Caroline mais ton magnifique récit me remue trop et m’a donné envie de poser des mots sur ma propre fêlure.
ccil, comme je comprends ce sentiment même 18 ans après, je sais personnellement qu’il sera toujours là, comme une impression de raté, de faux départ. Même si vous savez comme moi qu’on devient mère jour après jour et que même une naissance idéale ne suffit pas à faire de quiconque une maman à 100%.
Quoi qu’il en soit, le fait que ce texte vous ait donné envie de mettre aussi des mots sur votre fêlure (comme c’est bien dit, en passant), me touche énormément. j’ai toujours peur d’avoir l’air de vouloir raconter ma vie sans autre ambition que de me livrer. Alors de vous lire, tous et toutes, apporter votre pierre à l’édifice, me rassure et me conforte dans l’idée que parfois une expérience personnelle peut parler à d’autres. Je ne suis pas très claire, je le sens, mais voilà, merci de prendre ce temps, tous les jours pour certaines, de laisser quelques mots ici. Ils me nourrissent, soyez-en sûres.
Dire que je viens de me plaindre encore une fois de mon 1er accouchement raté, volé et pourtant il n’a rien d’aussi terrible. Lire ces lignes me touche bcp c’est terrible pour une mère de voir ses enfants ainsi. Tu sais tj trouver les mots pour faire partager tes émotions.
chez nous c’est la naissance du ptit dernier aui s’est très mal passée…arret respiratoire, pb cardiaques et rea pendant 15 jours. neonat pdt 10 jours….et maintenant c’est un vrai trubilion..;comme quoi…ils sont forts nos enfants….
Tu as un talent pour nous émouvoir toi ! Comme tu as bien fait de rajouter ton PS pour les futures mamans. Et comme c’est curieux de voir à quel point t’as vie est toujours presque reliée au cinéma. Et tout est dans le presque sans doute.
Caroline, vous êtes en quelque sorte une accoucheuse de mots.
C’était mon premier commentaire mais je vous lis depuis plusieurs années. Comme d’autres, je crois, je suis troublée de me retrouver à ce point, dans vos pensées, vos questionnements. J’aime votre humilité et votre proximité, merci à vous !
Pour la première fois depuis que je lis ton site tous les matins, je ne lirai pas ton billet. Je suis partie en turquie avec vous 2, à Lyon, à Nantes, j’ai connu le chômage du Churros, la mariée de la neige, les colères de Rose, la vente de la maison de vacances, la dém. claquée sur un coup de tête quand même un peu raisonné, la frange, les ongles, Ambre, les coups de colère contre nos hommes politiques, la phobie de l’avion, la perte de l’ordi et que sais-je encore, la douche en plein air, les anniversaires, les virées chez Monop, les palaces arabes et suèdois…J’ai très souvent ri, parfois pleuré. Souvent compati.Mais aujourd’hui, je ne peux pas. J’en ai compris le sens et cela me suffit. Mon ventre se vrille déjà.
Et surtout la médecin de garde qui met 6 heures à débarquer.
Si ça, ça n’est pas scandaleux !…
peur primale, angoisse viscerale … 11 ans après ta plume retranscrit si bien tes émotions qu’on peut imaginer à quel point elles ont été violentes. Un démarrage de vie de maman comme un saut dans les entrailles de l’enfer.
Mais quel rebond, quelle revanche ensuite, la vie était la plus forte
Comme je le commentais dans un précédent billet (celui qui traitait du fait qu’on ne cesse jamais de s’inquiéter pour ses enfants), ce blog et les commentaires, insidieusement, au fil de ces derniers mois, m’ont aidé à porter un autre regard sur ma mère que je trouvais étouffante et avec laquelle j’avais des relations exécrables.
Je la trouve toujours autant étouffante (lol) mais je me découvre aujourd’hui une patience, une empathie, par rapport à elle, que je dois, je le sais, en partie à la maturité (29 ans, plus une ado révoltée) et en partie à ces tranches de vie que je lis ici, moi qui n’ai pas d’enfants.
J’ai été hospitalisée à quelques mois pour une maladie assez grave, ma mère a cru que j’allais y rester, grâce à vous toutes je comprends mieux ce qu’elle a pu vivre, grâce à ces mots que vous mettez dessus.
Et je comprends mieux le lien qui la relie à moi, qui nous relie.
Aussi mesdames, du fond du coeur, merci.
Ton histoire me fait revivre mon pire souvenir : la naissance de mon aîné dans un hôpital très « côté » de la banlieue ouest. J’ai failli y passer après 12 heures de travail, ils l’on sorti aux forceps, mon mari a été traumatisé et il nous a fallu neuf ans avant de pouvoir concevoir notre second enfant qui est né prématuré mais encadré d’une équipe géniale de sage-femmes attentives et ultra-professionelles dans une maternité du XIIe. Heureusement, la vie reprend le dessus et les voir grandir est notre plus grand bonheur. Mais le soir de la naissance d’Abel, je me rappelle que la jeune femme qui était dans la salle de naissance à côté n’a pas eu notre chance…
le premier ne de mes parents, un petit garcon avec un nom tres doux ( il etait le premier, je suis la derniere, jamais connu, a regret) et mort une semaine apres sa naissance. Le gyneco de ma mere, en vacances au moment de l’accouchement, mais rentre suffisamment a temps pour s’etre informe du drame ne trouve rien de mieux a dire a ma mere, lors de sa premiere visite, « Alors Mme F, on a eu des petits soucis? »
Personnel de sante , vous avez tout mon respect, vous faites un travail difficile mais en plus d’etre ‘techniquement bon’, par pitie, ecoutez vos patients!
Marianne
Merci de mettre si joliment en mots ce que nous sommes plusieurs à avoir vécu…
Il y a 11 ans bientôt j’ai, comme toi, laissé un bout de moi dans un bloc opératoire, après une césa d’urgence à 32 semaines. La seule chose que j’ai pensé la première fois que j’ai vu mon fils en réa, 4 jours plus tard, c’était que ce n’était pas juste que je sois obligée de demander lequel était mon enfant… On en parle beaucoup tous les 2, je crois que connaitre tous les détails de notre rencontre le rassure, surtout quand nous sommes en période conflictuelle, bizarrement.
La différence c’est que j’ai eu autour de moi un personnel adorable, attentif, une infirmière prenant même sur ses heures de repos pour venir parler de son grand, ancien préma et me faire rêver à la tornade que je serait le mien, un jour…
Au fait, quand on est fille Distilbène aussi, il faut absolument choisir une maternité niveau 3, je ne l’ai pas oublié pour ma seconde grossesse!
Caroline, vous êtes une merveilleuse caisse de résonance de tous nos problèmes, nos fêlures, nos failles, nos désirs, et on ne se prive pas commenter, car vous êtes près de nous.
En rien vous n’êtes une personne « moi mon nombril ».
Vous nous faites du bien, voilà tout. Et je prends personnellement un grand plaisir à lire tous les commentaires qui complètent votre texte.
j’espère que tes petits bouts n’ont pas gardé de sequelles et vont très bien maintenant ! un super texte de maman . biz
http://www.tribulationetcupcake.com
Depuis longtemps, je te lis. Depuis longtemps, je nous trouve des similitudes, mais est-ce de l’admiration? de l’envie? (pas malsaine non plus…) ou tout simplement de l’empathie?
Mais là, en lisant ce récit, je me dis que vraiment, il n’y a pas que le prénom que nous avons en commun.
Les jumeaux aussi, et leur naissance cahotique. Les miens sont restés un mois à l’hôpital , comme les tiens, un hôpital éloigné de la clinique où j’avais accouché, mais tout de même dans la ville où j’habitais. J’ai donc pu les voir chaque jour, passer des heures à les regarder, les écouter respirer (même pas tout seuls au début!),plus tard les nourrir, les laver…
Bien sûr ça fait presque 20 ans maintenant. Mais on n’oublie rien. Aucun des détails de l’accouchement, des courses dans le couloir, des bruits étouffés qui m’ont fait comprendre qu’il y avait vraiment un problème.
Il faut dire que même si on ne m’avait rien dit pour ne pas m’affoler (!) j’étais prévenue qu’il y avait un risque: j’ai accouché dans une salle où il y avait une fenêtre aux carreaux en verre dépoli, et à travers ces fenêtres, pendant que je me concentrais -sans trop de réussite- sur mes contractions, je voyais la lumière du gyrophare de l’ambulance qui attendait, tel un vautour devant un oiseau agonisant,et elle attendait pour emporter mes deux petits!
Jamais, jamais je ne pourrai oublier ce reflet bleu… ni la minuscule couveuse dans laquelle on a posé le n°1, mais que l’on n’a pas emporté immédiatement parce que le n°2 avait l’air encore plus mal…
Quelle angoisse, quelle panique.
Je n’y pense pas tous les jours, non, mais là tu m’as remis ça en mémoire avec une telle force… Merci.
Avec le recul, c’était un des moments les plus intenses de ma vie!
Alors merci encore!
Caroline, pas la même, mais pas tout à fait une autre!
Merci de mettre des mots là où je suis incapable de le faire… j’ai vécu à peu près la même chose l’an dernier avec mon petit garçon… loin de tout car je suis expat en arabie saoudite!
beau texte comme d’hab… sur un sujet si délicat…
toujours faire confiance aux mamans… mais p*tain comment une puer n’a pas su ça !!!
j’ai accouché dans cette clinique/hopital… deux fois… tout s’est très bien passé… parce que j’ai eu la chance d’être suivie par une amie sage-femme certainement ! et puis aussi parce que mes loulouttes ont choisi de ne pas me faire de grosses frayeurs à leur arrivée !
y a des souvenirs plus forts que d’autres.
Ma fille est née à 27 semaines et 2 jours… après une pré-éclampsie.. c’est aujourd’hui une jolie pré-ado de presque 12 ans… mais sa naissance fait partie intégrante de notre histoire…. pas un jour ne se passe ou je me demande comment ça aurait été si elle était née à terme… mais bon on ne refait pas notre histoire….
Merci Caro pour te livrer, pour tes histoires, pour tes mots….
Silvia
Un texte très émouvant qui prend aux tripes. Heureuse de lire à travers les commentaires que tes pitchounes vont bien aujourd’hui.
Je viens de lire tous les commentaires, dis-donc, y’a de l’émotion !
Ton texte Caro, nous a toutes touchées, et il a été un peu facile à lire parce qu’on savait que ton Marius allait bien.
Des histoires d’accouchement, on en a toutes, ça en fait beaucoup, mais pour chacune d’entre nous, c’est un des moments les plus forts de notre vie alors, ça copte quand même.
J’ai trois enfants, trois césariennes, dans 3 maternités différentes. La première en 89. Ma fille, je l’ai aperçue 3 secondes à tout casser avant qu’elle soit transférée en pédiatrie. (Vraiment 3 secondes).
Ensuite, avec les agrafes qu’on m’avait mises sur le bide, j’ai pas pu me déplacer (en fauteuil) avant 3 jours … no comment
Le second, dans une maternité privée. Césarienne aussi, mais j’ai pu voir mon fils quelques instants et il m’a été « rendu » le lendemain, après une nuit de surveillance.
Le troisième en 99, autre maternité : m’a été confié dès mon retour dans la chambre après la césarienne. Mais m’a été « confisqué » dans la nuit pour une insuffisance respiratoire. Et là aussi, je n’ai pas pu de suite me déplacer pour aller le retrouver.
Je suis sortie de la maternité sans mon bébé et c’est douloureux. (en y repensant, je ravale encore mes larmes)
Voilà, je m’y suis mise moi aussi à raconter tout ça …
On oublie certaines choses, c’est sur, mais ça, ça reste bien gravé …
c’est la première fois que je te laisse un com alors que je te lis depuis bien longtemps, mais là, ce soir, depuis ma chambre d’hopital (de niveau 3) où la vie de mes 2 loulous pas encore nés est menacée, je ne peux pas m’en empêcher parce que même si toi tu ne le ressens pas, moi et mes tripes en bouillie, c’est avec toi qu’on a l’impression d’être connectés en lisant tes mots. Merci.
J’en ai les larmes aux yeux… Je suis allée dans une mater de niveau 1 « près du parc que tu aimes bien » du 14e car j’habite juste un peu à 800 m au sud donc j’étais bien contente d’aller à mes examens à pied, et d’être tout près de la maison pour rentrer dormir après deux fausses alertes, mais j’avoue qu’en lisant des histoires comme celle-là je pense qu’il ne faut pas jouer avec le feu quand même…
Je ressens chacun de tes mots, j’en suis encore toute chose…
pleins de bonnes zondes pour Julie – je penserai à toi 🙂
cette clinique au nom de fleurs, je la connais, c’est là qu’est né mon neveu en 78 … à l’époque ma mère a absolument voulu que je sois présente pour savoir ce qu’était un accouchement … eh ben, j’ai vu ou plutôt entendu ma soeur qui suppliait qu’on appelle un médecin, la sage-femme qui disait pas encore, il a passé une mauvaise nuit, il faut que l’interne se repose (il était midi)et ma mère qui a failli lui démonter la tête – l’épisiotomie à l’arrache, les forceps … bref, à 20 ans ,j’en suis sortie en disant JAMAIS je n’aurai d’enfant.
C’est mon gynéco ‘enfin celui de l’époque, il est dcd en 2005) qui m’a décoincée en 81 en me parlant de la péridurale!!! entre temps je m’étais mariée en pensant que non, jamais une telle boucherie …
Le reste est une autre histoire …
Des récits comme le votre me font militer de façon inconditionnelle pour les maternités publiques, de niveau 3 des qu’il y a un facteur de risque…mon fils est ne avec le cordon autour du cou, ma fille en siège par voie basse et si tout s’est bien passe a chaque fois c’est parce que j’étais dans un environnement adapte et médicalise…
Alors pardon si je choque par ma position abrupte mais j’ai du mal a entendre qu’il faut accoucher a domicile ou que l’hôpital est trop médicalise car l’accouchement n’est pas une maladie…
SaHa
@ Julie: plein de pensées, de bonnes ondes, de patience d’espérance et de courage.
Je te souhaite que tout se passe le mieux possible.
C’est ce qu’on appelle un temps fort dans la vie d’une mère, d’un couple, d’une famille… Caroline je comprends le désarroi, que nous avons connu, nous aussi, autrement, quand nos jumelles sont nées, et avant qu’elles naissent dans un grand hôpital parisien et une ambiance de catastrophe.
Tu as bien raison de rassurer dans ton ajout final. Cette clinique au nom de fleurs des champs de blé est pour moi un des plus beaux souvenirs de ma vie, un beau soir de 1er mai : la naissance sans aucun problème de notre ainé, et dans un entourage humain irréprochable, c’était il y 21 ans. Branchouille ou pas, j’aurais croisé Catherine Deneuve, encore potable à l’époque, que j’aurais gardé toute mon attention sur cette miniature calme qui changeait mon statut en une seconde. De mari je devenais père.
Des bises Julie…. Pour mes 2 loulous qui auront 23 ans dans 8 jours, je suis restée 3 semaines à la clinique pour un travail qui avait commencé beaucoup trop tôt et qui a été arrêté… 3 semaines à la clinique en laissant à la maison mon aîné qui n’avait pas encore 3 ans… Souvenir là aussi.
Prends soin de toi là, profite, prépare toi…
Des pensées pour Julie !
Julie, je suis un peu avec toi. Ils vont tenir, il le faut. Tu es obligée désormais de venir donner des nouvelles tous les jours, parce qu’on ne va pas arrêter de penser à eux et sache qu’en matière d’ondes, tu t’es adressée à des professionnelles. Je t’embrasse.
Jeune maman d’un bébé de 4 mois, je suis encore à fleur de peau, probablement je le serai toujours dorénavant. Il n’y a que maintenant que je peux compatir, pleurer car je ressens dans mes tripes le cauchemar que tu as dû vivre.
Dire que le 13 janvier en matinée, j’étais assise en face de toi dans la ligne 8 et je n’ai pas osé t’aborder pour te dire que j’appréciais beaucoup ton blog, je me suis dit la honte, je vais l’emm.. Et en + je suis une lectrice non identifiée..tu peux même pas imaginer la taille de ton fan club 😉
Quand j’écris « je suis un peu avec toi », je veux dire que je pense fort, fort à toi, pas que je ne suis qu’un peu… Bref, je m’enfonce, l’émotion. Tiens le coup.
Miss S, c’est drôle parce que je me souviens d’une jeune femme dans le métro me regardant, un jour de janvier je crois, je ne saurais te dire où, mais je me souviens m’être dit, « tiens, c’est peut-être une lectrice ». Après, je me suis engueulée en silence en me disant qu’il fallait que j’arrête de me prendre pour catherine deneuve… la prochaine fois, ose ! je suis toujours très niaise quand on m’aborde, mais ça me fait vachement plaisir, la vérité…
Tu l’as écrit avec tes tripes celui-là, en tous cas, ça a pris les miennes (de tripes). La naissance d’un enfant est déjà un moment inoubliable et gravé à jamais, alors j’imagine que ce que tu as vécu est marqué au fer rouge dans ton cœur de maman. Tu dois d’autant plus savourer leur présence aujourd’hui.
Premier commentaire sur un de tes post.. ça fait pourtant deux ans que je te lis, mais voila suis pas une bavarde moi…
Bref aujourd’hui tes mots m’ont ramenés 5 ans en arriere, sur une de ces chaises en plastique dnas un couloir de maternite… Une puce qui ne s’alimente pas, qui respire mal, un pediatre qui s’en fout (et le mot est faible) me disant que c’est rien il lui faut juste un peu d’oxygene et le samu qui part avec sa petite couveuse et que j’entands du fond de mon trou dire que non decidement y a autre chose et que c’est pas normal…
Une puce hospitalisée a 200km de chez nous et opérée en urgence le lendemain…
heureusement comme pour toi tout fini bien mais j’ai toujours cette boule au fond du ventre et je crois bien qu’elle y restera toujours…
Avant de partir de grosses pensées pour Julie en esperant que tout se finisse aussi bien pour toi.
voilà, cette fois je chouine …
Oui Julie, Caro a raison, pour les zondes on est des super pro ; la chaîne des femmes, voire des mères ou des mères en devenir est de celle qui fait que si on avait le pouvoir, il n’y aurait plus de guerre, que de l’amour.
Ah l’amour … le nerf de la paix, de la vie 🙂
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je m’endors sur mon clavier… mais je voulais aller au bout des commentaires et je ne veux pas fermer la boutique sans envoyer une bonne grosse dose d’ondes à Julie +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
et voilà j’ai tout cassé le blog mais c’est l’enthousiasme des ondes qui veulent te joindre…
Ma belle Caroline, comment vous expliquer encore une fois que vous n’avez pas besoin de vous justifier?
Votre sensibilité dans ce texte si profond parle pour vous. Ça transparaît entièrement que vous ne l’avez pas écrit pour vous plaindre! Notre douleur et notre souffrance nous est propre et ne tient pas comparaison.
Nous venons ici pour vous écouter parce que quelque part nous nous retrouvons dans vos propos, ou plus simplement, nous nous sentons bien. Nous vous connaissons suffisamment pour ne pas vous juger sur un simple texte, que l’on soit d’accord avec les propos ou non.
Sur ce, je vous souhaite à toutes une bonne semaine. Je prends l’avion demain avec mes trois loupiots. Souhaitez-moi bonne chance. Non, non, aucune peur de l’avion. Juste peur de ma petite dernière qui est dans une période de crises régulières, interminables et infernales. Je n’ai pas connu de grosses crises en public, mais là maintenant, l’idée de traverser la grande flaque avec une beuglante ça ne m’enchante guère.
Juste avant de fermer pour la nuit, un tas d’ondes pour Julie. J’essaierai de venir faire un tour au cas où il y aurait des nouvelles. Bon courage!
Plein d’onde positive pour Julie +++++++++….+++++++
Bonsoir, je fais partie des (nombreuses) lectrices silencieuses. Je ne commente jamais ou quasi, mais je savoure chaque billet quotidiennement depuis quelques années. Mais ce soir, ce billet résonne
un peu plus que les autres. Maman depuis presque trois ans d’un préma arrivé trop tôt, dans un hôpital de niveau 3, j’ai retrouvé en vous lisant toutes les émotions d’alors, bonnes et moins bonnes. Mais au moins lui et moi étions hospitalisés au même endroit, j’ai connu d’autres mamans qui n’avaient pas cette chance et aujourd’hui encore mon cœur se serre quand je vois passer une ambulance de l’ourson bleu… Merci de mettre si bien des mots sur des émotions qui nous touchent toutes.
Tu trouves toujours des mots si justes.Ton récit est très émouvant.
Et j’envoie plein d’ondes à Julie !
Ah et plein d’ondes pour Julie +++++
Trop émue pour dire des choses intelligentes… Je vais aller embrasser ma fille c’est sûr ! Plein d’ondes pour Julie, donne-nous des nouvelles !
Bonne nuit à toutes.
frissons… Et envie de vous envoyer des baisers…
Waouh… Une fois de plus Caro tu écris ce que j’aimerais pouvoir écrire ! Comme toi, j’ai accouché aux B., quelques années après toi et moi aussi j’y ai laissé quelque chose. L’histoire aussi s’est bien terminée pour moi et ma fille mais une césa d’urgence mal accompagnée, ça laisse des traces.
Et en te lisant je me dis cela : dans ces moments où on est tout petits face à la vie, une parole, un geste pourraient vraiment changer complètement le vécu.
J’ai laissé des bouts de moi dans plusieurs lieux et je comprends très très bien de quoi tu parles.
J’ai bien évidemment les larmes aux yeux de te lire. Témoignage si émouvant. Merci pour cette intime confession. Et pourtant je ne peux m’empêcher de ne pas approuver du tout la toute fin de la dernière phrase du PS.
Sans doute parceque je n’attendais pas des jumeaux mais une petite poupée toute seule, même pas arrivée en avance, au contraire. Sans doute parceque j’avais une grossesse sans aucun souci, mais que cette maternité de niveau 3, classée médicalement souvent la meilleure de mon pays, était tout simplement celle à laquelle était rattaché mon domicile (dans un arrondissement de Paris SANS maternité, lui) et que en bonne ignorante primipare, je me suis pas posée de question et j’ai été m’inscrire là où on m’a dit qu’il fallait s’inscrire. Et se faire suivre.
Sans doute parceque mes tripes à moi elles sont restées là-bas, et ma fille aînée aussi. A jamais.
Sans doute parceque tout ce qui s’est passé durant les pires 72 h de ma vie n’a été qu’une succession de gestes médicaux très maîtrisés avec des équipements et équipes de pointe… mais sans humanité. Sans la considération simple que je n’étais pas une machine mais un être vivant, faite de chair et de sentiments, d’os, de sang et d’intuition… Sans doute parcequ’il n’y avait que la technique, justement, dans cette maternité de niveau 3.
Un accouchement n’est pas technique et ce qui a fait tout autant défaut dans le tien que le mien ce n’est pas la technique, mais bel et bien l’entourage humain. Remettre l’humain au coeur, au centre, à la place principale, et tout le reste n’est que moyen à lui asservir.
J’ai commencé par une maternité de niveau 3 puis j’ai fui loin de l’hôpital. Et le meilleur conseil que je me sois donné c’est d’accoucher chez moi, tant que je sentais que c’était possible.
Je t’imagine avec ces 11 ans de bonheur (et petits malheurs 😉 ) que tu regardes tendrement, là… Je t’imagine avec ce coeur qui re-tente une sortie absoluement pas naturelle quand tu repenses à 11 ans en arrière…
Ca fera aussi 11 ans en juillet que j’ai été amputée à vie d’un morceau de moi. Je sais ce que veux dire vivre avec un morceau de son coeur en moi et très sincèrement, je ne vous souhaite qu’une chose (à toi, le churros, tes deux grands dadais et ta petite princesse) : mourir très vieux avec un coeur entier ! 😉
Bises tout plein
11 ans pour toi, 6 ans pour moi, mais même si on ne pleure plus en en parlant (j’ai mis un an pour ne plus pleurer lorsque j’en parlais), on n’oublie pas.
Je pourrais écrire un roman de ce que nous avons vécu ma fille et moi (je n’oublie pas son papa et son frère), deux (très) gros problèmes, deux transferts dans un autre hôpital, deux opérations en catastrophe (je bénis celui qui l’a opérée, il l’a sauvée), 3 mois aux soins intensifs, la mort toute proche que j’ai été seule à voir, tout ça en me tenant le ventre césarisé puisque je l’ai suivie, le lendemain de mon accouchement, en voiture faute d’ambulance, sans soins dans l’aute hôpital car « je prenais la place d’une autre », les petits moments où ça va mieux puis les rechutes, plus graves que les remontées, et j’en passe…
Un an d’enfer, on vit dans un autre monde, mais qu’est ce qu’on est fort, une force dont on ne soupçonne même pas l’existence, mais qui est tellement importante pour ce petit être qui ne demande qu’à vivre et qui se bat.
Ce n’est que quand son enfant va bien qu’on s’écroule soi-même, qu’on a le contre-coup, mais avec une force de caractère énorme on peut éviter le pire.
Ce qui m’a sauvée, ce sont des petites choses qui semble connes ou inutiles ou risibles, comme de refaire la route aller et retour comme si elle y était toujours, de nuit comme de jour, alors qu’elle dormait paisiblement dans son lit à la maison, ou tout simplement choisir sa voiture JUSTE parce que le bruit d’oubli des phares est le même que le bip bip du monitoring… c’est con je sais, mais entendre ce bruit me rassurait (et me rassure encore).
Aujourd’hui ma fille a six ans, elle garde deux grandes balafres mais est en pleine forme et est une petite fille formidable, aimante et vivante.
Bisous à toi <3
Je lis souvent tes billets et souvent je suis en accord. Mais aujourd’hui encore plus que d’habitude…
il y a bientôt 7 ans, dans une clinique privée, sans service de néo nat, j’ai mis au monde ma fille (mon premier enfant) et rien ne s’est passé comme prévu. Ce jour censé être le plus beau de toute ma vie est devenu le pire de mon existence, en quelques minutes seulement.
Je l’ai vu partir dans un vaisseau (couveuse) avec des types en combi blanches avec écrit SAMU dessus. Infection pulmonaire due à l’inhalation de méconium. j’ai pu dès le lendemain aller la voir dans l’hôpital voisin, tout le service de réanimation pédiatrique était réuni dans sa petite cellule vitrée, j’ai compris ensuite que plus il y a d’invités dans ce genre de circonstance pire c’est. Deux jours sans savoir si elle allait survivre. Elle a vécu !
Je passerai les détails sur le personnel hospitalier, les mots et les phrases qui laissent des traces à jamais. Mais surtout le non accompagnement dans ce genre de circonstance. J’étais transparente, on ne me parlait pas, je me souviens seulement de cette aide soignante de 20 ans qui trouvait les mots justes. Mon instinct de survie pendant ces deux jours ma dicté de me préparer au pire… j’ai commencé un deuil. Il est compliqué ensuite de revenir en arrière, même si cette histoire à une fin heureuse j’y ai laissé beaucoup de plumes…
Je me suis retenue de pleurer en te lisant… parce qu’on m’a arrachée ma fille au bout de quelques secondes… Tout de suite après l’avoir découverte, émue, elle et ses petits bras potelés, le portrait craché de son père, je me suis dis « tiens elle est grise, elle ne pleure pas »… les SF l’ont immédiatement emportée, je ne l’ai revue que qq heures plus tard, cachée sous tous ces tuyaux. Finalement tout est bien qui finit bien, mais les deux jours qui ont suivi sa naissance, oui, j’ai perdu un bout de moi. Ou comment être bombardée dans l’angoisse de la maternité en moins de 48h…!
Y’a longtemps que je n’avais pas chialé en te lisant, c’est chose réparée …
Mon chameau à roulette fait SA sieste… Je me retiens d’aller lui faire Le Grand Câlin comme un gris-gris existentiel pour protéger son futur et remercier son passé tant que je le pourrai(et qu’elle le souhaitera).
C’est important les pères, aussi.
J’avais lu le billet et les commentaires d’hier, je viens de rattraper mon retard en lisant tous les autres. C’était bouleversant.
Je pense fort à Julie à qui j’envoie une cargaison d’ondes !
Petit ajout, quand on est fille DES on ne va pas non plus à cette jolie clinique au doux nom de fleurs… On s’inscrit à Saint vincent de paul… Moi ils n’ont pas relevé le fait que perdre un bouchon muqueux à 5 mois de grossesse était un signe d’accouchement prématuré. je suis arrivée en catastrophe à Saint vincent avec perfusion pour stopper les contractions. Bref, on ne choisit cette clinique que si on a entre 20 et 35 ans et qu’on est super en forme…
Et bon anniversaire à tes jumeaux, la vie est la plus forte 🙂
Moi je suis une petite nouvelle lectrice de ton blog, et je ne connaissais pas la fin de l’histoire, alors j’ai eu un coup de stress en lisant ton billet, et j’en pleure presque …
J’ai vécu un moment d’horreur pendant ma grossesse quand au 5ème mois on m’a dit qu’on allait m’enlever mon bébé à cause d’un problème de rein. J’ai cru que le monde s’écroulait autour de moi, moi qui avait eu tant de mal à tomber enceinte.
Heureusement ils ont découvert le problème très tôt, et ont pu aider mon bébé. Il est grand aujourd’hui et il va bien. Mais je n’ose imaginé ce qu’il se serait passé s’il ne l’avait pas vu avant l’accouchement …
Pour avoir vécu une situation similaire dans une clinique de la région parisienne en 1998, j’ai eu l’impression en te lisant de le revivre et partager, du coup, le périlleux accouchement de mon ainée…. .Biz
j’ai la flemme de commenter sur le concours, pas celle de commenter ici, j’en ai les larmes aux yeux.
J’ai accouché les 2 fois de bons gros poupons sans soucis particulier (bon, OK, par césarienne). Mais pour le 1er bon gros poupon de 4,5 kg, arrivée au terme + 4, j’ai passé 2 jours et 2 nuits à la maternité à attendre que le loulou se décide à sortir.
Deux jours et deux nuits à regarder le berceau vide dans ma chambre et à être jalouse de ma voisine de chambre qui elle tenait son bébé dans les bras, à ce que les puéricultrices passent dans la chambre en cherchant mon bébé. (j’ai eu une césarienne à J + 6 en désespoir de cause, sinon j’y serais encore à attendre qu’il sorte…)
Bref rien de grave, mais encore 3 ans après, le souvenir d’une vraie frustation, d’une attente…
Alors quand je compare…. Je n’y arrive pas. Mais ce berceau vide, cette attente, ça a dû être horrible.
Bises à Caro, à Julie…
Connasse de puéricultrice (la première), connasse de toubib…
Tu me tires les larmes sur ce coup-là
Le genre de situation qui me ferait vivre ensuite avec des SI : SI la puéricultrice avait pris tes angoisses au sérieux, SI la pédiatre s’était radinée tout de suite… tu n’aurais peut-être pas vécu tout ça
Et puis, SI ç’avait été vraiment trop tard, comment survivre ? comment faire avec ?
Julie, des pensées vers toi Tiens-le coup, chaque minute qui passe est une petite victoire. ça a l’air con cette phrase mais elle m’a permis de tenir 7 semaines de plus et d’avoir un bébé de 2 kilos !
Comme quoi, on évite aussi les adresses fashion et on se concentre sur l’accueil et le suivi. J’ai franchement pas trop envie d’accoucher en France avec tout ce que j’entends sur les hôpitaux et autres cliniques. C’est déplorable !
Allez, une vague de belles ondes pour toi Julie!!!
Accroche-toi!!!
OUahou … je peux imaginer l’angoisse…n’être pas entendu c’est vraiment l’horreur j’imagine!! C’est fou comme des fois le personnel peut se sentir tout puissant… Heureusement tes loulous sont en forme 🙂
Je ne jure aussi plus que par les mater de niveau 3 aussi…
Moi c’était le 19 février dernier, le juste où je suis presque mourru…
Mes résultats sanguins du 18 sont mitigés, j’appelle les urgences de la maternité du CHU qui me disent de venir faire un bilan complet le soir même. On y va, le personnel est zen, nous aussi… on patiente 1h…2h… il est 23h on se dit qu’il va nous rester que le macdo d’ouvert à notre sortie ! Et 23h30, le staff rentre dans la chambre, le visage fermé, grave… je me liquéfie…
– « Madame, nous avons eu vos résultats, je ne vous cache pas que c’est préoccupant, votre état est en train de se dégrader d’heure en en heure. Le seul moyen que vous alliez mieux et que votre bébé ne souffre pas. C’est de stopper immédiatement la grossesse. » – « immédiatement ? ca veut dire quoi ? »
– « dans l’heure… nous allons vous faire une césarienne sous anesthésie générale. Le point positif est que vous êtes à 8mois de grossesse. On vous laisse avec votre mari 10mn et on vous vient vous chercher »
Dans les faits, ils nous ont laissé 3mn… on ne savait pas si on attendait un lutin ou une lutine, on ne l’apprendra pas ensemble… le peau à peau je ne le vivrai pas… le pire son premier cri ni lui ni moi ne seront là pour l’entendre et pour l’accueillir…
Mon mari a fait le peau à peau avec notre puce (le papa devrait toujours penser à s’épiler le torse à la fin de la grossesse ! on sait jamais ce qui peut arriver ! 🙂 ) on hésitait encore sur le prénom, du coup elle s’est appelée « Fille » sur plusieurs papiers et ses bracelets 😉 Moi j’ai passé plusieurs heures en salle de réveil… tachycardie… j’ai découvert ma Joséphine 4 heures plus tard… je la voyait sans la voir… j’étais épuisée et pour cause je me vidais de mon sang… mon état continuait à se dégrader… retour au bloc en fin de matinée… J’ai bien cru que cette descente serait la dernière… Perdre la vie le jour où on la donne, C’est pas possible … on m’a réopéré… transfusé… et je suis finalement remontée, j’ai retrouvé mon mari avec notre fille blottie dans ses bras (qu’elle n’a pas quitté de la journée)… Y avait mes parents émus aux larmes et moi complètement groggy…
L’histoire se termine bien mais quelle angoisse, quel stresse… Nous en revanche on a été bien entouré. J’ai évidemment eu la fameuse réflexion d’une des sages femmes quelques jours après, j’avais le contre coup de la journée et du fait que je devenais maman pour la première fois aussi sans doute, donc moral un peu à plat :
« mais tout va bien maintenant, vous êtes là, vous allez bien, votre fille aussi donc … »
en gros « arrêtez de vous chouiner ! » Ah ben oui tiens je vais dire à mes hormones d’arrêter de me chatouiller, pis tout ira mieux !
Bon ma miss se réveille, je vais passer l’aspirateur… ça la rendort ! :)))
Toujours super ton blog !
Bonjour
Une femme qui vous connait (Stéphanie) m’a prévenu de votre blog qui cite ma présence dans ce moment intime et dramatique dont je ne me doutais pas à l’époque. les gens se côtoient, se croisent et finalement on ne sait rien des émotions que chacun vit devant les autres.
C’est souvent ces petites choses qui font des grands drames qui font le sujet de mes films…
Ce qui est étrange c’est que je viens d’être contacté cette semaine par la sage femme des Bluets qui m’a prévenu du fait que le personnel de la maternité est en lutte pour tenter de sauver l’établissement qui est victime du libéralisme (par soucis d’économie et d’efficacité ils cherchent à tuer l’esprit humaniste des Bluets…)
Je voulais juste vous laisser un petit message amical.
Bien à vous
Cédric Klapisch
C’est malin… je pleure…
Moi aussi, j’ai remué ciel et terre à la maternité parce que ma fille dormait tout le temps, ne mangeait pas, ne pleurait jamais. On m’a rassuré, mais je voyais bien qu’on me la gardait à l’oeil. Au cas où… Finalement rien de particulier à priori elle avait été fatiguée par le travail très très très (je pourrais en rajouter mais ça va être lourd) long, ajouté à un ictère et une légère prématurité… Mais quand je lis ton histoire, je me dis que malgré tout j’ai bien fait d’insister. Au cas où…
Cet article est douloureux,il me ramène 25 ans en arrière, où mes bébés,ont menés un dur combat contre la vie, et le temps, durant le premier mois de mai de leur vie. Arrivés en avance, un joli matin de mai, n°3 et 4, de la fratrie, n’ont pas fais les choses à moitié, Mademoiselle a trouvé bon de jouer avec son cordon, quand à Monsieur, lui il trouvais sans doute sa soeur très drôle avec son petit cordon, alors il en a fais de même, une césarienne plus tard, on nous annonce avec la froideur du monde hospitalier de l’époque, que les petits sont en route pour Angers,et que mon transfert il n’en ai pas question.
Monsieur le père fera la route, tout en s’occupant des deux aînées (2 et 3 ans à l’époque), et en priant pour que moi je me remette vite. Un mois plus tard, des nuits sans sommeil, des convulsions, des alertes,des pleurs, et malgrès tout des moments de douceurs, le premier jour (et sans mauvais jeu de mot), du reste de notre vie est arrivé, la pédiatre, celle qui a trouvé les mots, pour nous rassurer, et enfin nous annoncé le retour à la maison. Mais je pensais qu’on oubliais pas, jamais,pourtant quand je les vois, elle si gracieuse dans cette famille masculine, lui si solide,capable de porter sa soeur à bout de bras, si fusionnel avec leurs deux aînés. Heureux, en bonne santé, et par dessus tout, avec une force pour affronter les épreuves de la vie. Peu de gens peuvent comprendre,d’où ils la tiennent cette volonté.
Dans 23 jours, ils auront 25 ans. Et définitivement ils resteront mes bébés, mais définitivement, ils ont grandis, et les jours où ils se sont battus pour rester en vie, il est loin, très loin.
Le bonheur de maintenant, de toute ces années, a effacé ce foutu moi de mai 1986, et m’a fais pardonné, à ce personnel hospitalier, qui il faut être honnête n’est pas forcément formés au naissance multiples, qui plus est, compliqués.
Aujourd’hui j’ai lu dans tes mots, les maux que j’avais vécu, et que seule une maman peut comprendre.
Je t’embrasse
vecu 1 peut des mom comme toi avec mon 2eme garcon.
Cetait la rentree des classes, la 1ere du plus grand, il hurlait ne voulait pas y aller, le plus jeune a lhopital et moi au milieu en pleine deprime , limpression detre 1 mere indigne.
Quand jai recupere Marcelin j’ai eu 1 sensation bizarre,le lien fusionnel avec lui netait pas fait puisqu’il avait passé 3 sem a lhopital.iL a fallut quelques jours pour qu’il se cree.Mais qu’elle honte j’ai ressentie, encore plus doublement ce sentiment de mere indigne. je nen ai pas parlé de honte et je n »ai compris que plus tard que c’etait normal.
Que de peur nos enfants nous font mais que de joie ils nous apportent.
Mon Dieu…
J’attends ma première, elle doit naître dans 1 mois, et j’ai choisi dès le début de m’inscrire dans une maternité bien connue (sise à Clamart), pour la néonat, pour l’unité kangourou, et aussi pour la façon dont on entoure la naissance. Il y a là-bas un vrai souci des mamans, une sage-femme viendra me voir tous les jours pour causer baby-blues et petites angoisses, par exemple, et elle est formée spécialement au dépistage des dépressions post-partum. Alors je me dis que là-bas, on se soucie des mamans autant que des bébés.
Quoi qu’on prétende, maternité de niveau 3 ne signifie pas qu’on va être livrée à des obsédés du bistouri ou de la « surmédicalisation », comme le veut le cliché à la mode en ce moment.
Autour de moi, beaucoup me trouvent flippée parce que malgré mes 40 ans tout neufs, je suis dans une forme olympique, aucun maux de grossesse etc, alors j’aurais dû m’inscrire dans une clinique, ou en tout cas, ne pas rechercher de niveau 3.
Et bien sûr, j’ai régulièrement droit au couplet sur la soi-disant « surmédicalisation » de la grossesse qu’on va forcément m’imposer. Sachant que je connais 2 femmes qui ont eu des grossesses et accouchement sans problème là-bas, qui n’ont eu affaire qu’à une sage-femme et à l’anesthésiste, ça me fait sourire.
Moi, je ne me sens pas flippée, justement, parce que je sais que si tout ne se passe pas comme je veux (j’ai un voeu très simple : arrivée – péri qui tue sa race – on pousse 3 fois et un beau bébé me saute dans les bras – se met à me téter illico ;-)), ils savent gérer, que ma petite fille sera bien prise en charge, que si c’est possible, on sera toutes les deux en unité kangourou…
Merci à toi Caroline de nous rappeler qu’au-delà des clichés, il y a tous les jours des bébés sauvés par les vilains hôpitaux, et des parents qui peuvent souffler après avoir traversé l’enfer.
Et merci aussi de m’avoir réconciliée avec Klapisch.
Je n’arrête pas de repenser à ton post, et à toutes ces tripes…
Bonjour Caro,
C’est le premier commentaire que je poste sur ton blog depuis plusieurs mois que je te lis…
J’ai accouché des jumeaux garçon-fille moi aussi,prémas eux aussi, et ai connu ces sentiments mélés de fierté et d’angoisse quand on te reprend ta petite de qq jours et qu’on t’explique « qu’elle a attrapé un germe nosocomial et qu’on ne peut se prononcer dans l’immédiat, rentrez chez vous au revoir madame! »…
Une fois de plus, tes posts font écho à mes joies, mes angoisses, mes amours, mes emmmerdes…
fsqhkjf
juste un petit mot pour dire que mes loulous sont arrivés dimanche dernier, à 28 semaines, ils sont bien sur minuscules et resteront en néonat jusqu’au terme prévu mais ils vont bien, et la première semaine passée est encourageante, grâce notamment aux 5 semaines passées à l’hôpital. Merci Caro et toutes tes lectrices pour le soutien 🙂
Mince….. j’aurais ptêt pas dû relire ce post maintenant…. par quelle épreuve tu, nan vous avez dû passer, oh mon dieu…. je suis tellement, tellement désolée et aussi tellement heureuse de savoir comme tes jumeaux sont devenus ces grands ados merveilleux !! J’espère d’ailleurs que Lou se remet petit à petit…. J’angoisse aussi petit à petit…. Je t’embrasse et je suis toute émue par ce post que j’avais déjà lu à l’époque et que j’ai recherché ce soir… <3