Mois : juin 2011

Amitié, faut-il tout dire ?

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Dans le numéro du mois de juin de Psychologies magazine, actuellement en kiosque, il y a un article signé de ma blanche main sur un sujet qui m'a bien secoué les neurones: "Amitié, faut-il tout dire ?".

Instinctivement, moi l'amoureuse de l'amitié, j'aurais répondu oui. En tous cas il y a 20 ans, quand je croyais encore aux toujours et aux jamais. Et puis il a fallu affronter certaines tempêtes, dont certaines si violentes que le fil a rompu.

Et à penser que je pouvais tout dire, voire qu'il le fallait, j'ai perdu non pas une amie, mais deux, puisque son compagnon était comme un frère et qu'en pensant faire ma justicière, j'ai sapé quinze ans de complicité.

Alors écrire cet article n'a pas été si compliqué au final pour moi, parce que la réponse, je la connaissais. Non, non, trois fois non, il ne faut pas tout dire. Se taire peut être d'ailleurs même la plus belle preuve d'affection qu'on puisse donner. Bien sûr, il n'était pas question dans ce papier de me servir de mon expérience pour étayer ma théorie. Mais il se trouve que les thérapeutes que j'ai interrogés m'ont apporté, une fois de plus – écrire pour psycho est en soi une analyse – un éclairage précieux, qui est venu confirmer ce que je supposais, en l'expliquant.

Où je me suis entendu dire que révéler à l'autre ce qu'il ne souhaite pas forcément entendre, c'est une façon, finalement, de se poser en libérateur. C'est aussi, dire ce qu'on voudrait peut-être qu'on nous dise à nous, si on était dans sa situation. Excepté qu'on n'y est pas.

Alors voilà, désormais, je ne dis plus tout. En tous cas, j'essaie. Parce que vous l'aurez remarqué, j'ai comme un léger souci au niveau de la parole libérée. Mais à chaque fois que je suis sur le point d'asséner une de mes vérités bien senties, je me pose cette question: "pourquoi tiens-tu tant à lâcher ce morceau ?".

Souvent, hélas, la réponse n'est pas à mon avantage. Dont acte.

Edit: Sur la photo, la fille de Zaz protège les oreilles de Rose du bruit des pétards du nouvel an chinois. Métaphore, allégorie et tout ce qui s'en suit…

On avance ou on suce ?

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Les deux ou trois premiers mois qui ont suivi ma démission, je me suis posé la question des centaines de fois. Est-ce que j’avais eu raison ? Est-ce que je n’avais pas fait la plus grosse connerie de ma vie en lâchant un job plutôt intéressant malgré tout pour une utopie, un fantasme de vie meilleure parce qu’entièrement centrée sur l’écriture ?

Une interrogation qui m’avait d’ailleurs obsédée durant deux ans avant de faire le grand saut. Comme si cette décision était du même ordre que celle consistant à désamorcer une bombe à retardement. Bleu ou rouge, le fil à couper ? Rouge tu exploses, Bleu tu es sauvée. Ou l’inverse.

Dans mon cerveau manichéen, c’était évident. Je ne pouvais qu’avoir raison… ou tort. Pas de demi-mesure, pas d’entre deux. Echouer ou réussir, me réjouir ou regretter.

Après six mois, j’ai enfin compris que je n’avais… rien compris. Et que je ne saurais jamais si j’avais « bien fait ». A force de répéter à ceux qui s’en enquièrent, que « jusqu’ici tout va bien », je finis par y croire moi même. Et le fait est que tout va plutôt bien. Mais la semaine prochaine, le mois suivant, voire dans un an ou deux, ça ne sera peut-être plus le cas. Ce qui ne signifiera pas que j’ai commis, en janvier dernier, la plus grosse bourde de ma vie. Comment être certaine en effet que dans un an, deux ans ou moins que cela, je n’aurais pas été mise à la porte de mon ancien boulot, que je n’aurais pas fini par m’étriper avec l’un ou l’autre, ou que je n’aurais pas fini tout simplement en burn out, du fait d’un rythme tous les jours un peu plus soutenu ?

J’ai enfin admis qu’il n’y aurait pas de jugement dernier, pas de tribunal à l’arrivée et qu’aucune décision ne peut être radicalement bonne ou mauvaise. Et je me sens enfin libérée de ce poids qui m’oppressait tant par instants. Je n’ai pas commis de faute éventuelle, j’ai pris cette décision et puisque c’était la mienne, c’était, d’une certaine façon, la bonne. Je crois que c’est valable pour tout un tas de chemins qu’on choisit de prendre. Non qu’il n’y ait pas de conséquences et qu’il ne faille pas les assumer. Mais qui pourra jamais nous prouver que malgré tout, l’autre sentier eut été plus aisé ?

Ne jamais se retourner, regarder devant, mettre un pied devant l’autre, et recommencer.

Si cette première moitié de l’année 2011 m’a enseigné une chose, c’est définitivement celle-ci. En lire plus »

Quatre romans américains pour la pentecôte

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Je lis de manière compulsive, avec parfois de longues pauses. J'ai remarqué d'ailleurs qu'en période de forte préoccupation ou d'angoisse, je suis absolument incapable de me plonger dans un bouquin. Ces dernières semaines en revanche, j'ai bouffé des lignes. Il faut dire que le sommeil tardait à venir et qu'à la faveur de quelques trajets en train pour raisons diverses, j'ai eu le temps.

Comme un des seuls week-end de trois jours de cette année clairement patronale se profile, voici quatre pistes au cas où vous souhaiteriez faire une petite provision.

Un été sans les hommes, de Siri hustvedt. Je l'ai évoqué hier, mais je ne peux m'empêcher d'y revenir, tant ce livre m'a emmenée loin. Je l'ai refermé avec l'impression d'avoir hérité d'un petit supplément d'âme, ce qui est rare, je crois. "Tout ce que j'aimais" reste un souvenir merveilleux, lu à NY en plus ce qui lui avait donné encore plus de saveur. "Un été sans les hommes", je l'ai donc dévoré à Barcelone. C'est drôle d'ailleurs comme le titre est trompeur. Pas d'homme cet été là pour Mia, qui à 50 ans vient d'apprendre que son mari souhaite faire une pause. Pas d'homme mais il est partout, tant la séparation lui est douloureuse, au point de l'avoir rendue folle jusqu'à l'internement. Partie se resourcer auprès de sa mère vieillissante, elle se retrouve à donner des cours de poésie à sept adolescentes, sept cocottes minutes blindées d'hormones. Elle se lie aussi avec les amies de sa mère, les "cygnes" comme elle les surnomme. Ce roman parle de filiation, d'amour, d'infidélité, de sororité. Il est d'une érudition incroyable mais jamais prétentieux. A lire, absolument, vraiment, je vous en conjure.

Moonlight Mile, de Dennis Lehane. J'ai déjà parlé ici de mon amour pour cet auteur de polars sombres et engagés. J'étais excitée comme une pucelle de retrouver ses héros récurrents, Angie Genaro et Pat Kenzie. Je n'ai pas été déçue, Pat est toujours aussi nonchalant, angoissé, intègre et drôle. Et Angie, toujours une sacrée fucking bonne femme. En revanche, ça me fait mal de le dire mais l'intrigue est moyenne et cet opus n'est pas à la hauteur des précédents. Ce qui n'en fait pas un mauvais livre, même pas en forme Lehane fait de la qualité. Et puis il y a ce regard social sur une Amérique pourrie jusqu'à la moelle, cet esprit de "gauche", qui reste. Bref, à lire, mais peut attendre la parution poche.

Mary Ann en automne, d'Armisted Maupin. Idem, je n'ai jamais caché mon attachement aux Chroniques de San Fransisco. Je les ai dévorés sur mon canapé au printemps 2000, alors que je fabriquais mes twins et que mes seuls déplacements autorisés étaient ceux me conduisant du salon aux toilettes (et pas plus de trois fois par jour si possible). J'ai tellement aimé ces personnages, cette peinture de la ville des années 70 à aujourd'hui, que je n'avais pu résister à l'achat du tome 7, "Michael Tolliver est vivant". Grosse déception alors. Mais j'ai récidivé avec cet opus, "Mary Ann en automne". Et franchement, il est meilleur. Pas du niveau des premiers, non, mais avec malgré tout une véritable intrigue et surtout, un portrait de femme magnifique, une mélancolie qui prend aux tripes. Michael et Mary-Ann ont vieilli mais leur amitié est intacte. Frisco est toujours aussi merveilleuse et rassurante. Un jour, j'espère, je m'y rendrai. Avec le risque que la réalité n'arrive pas à la cheville de mon fantasme…

– Féroces, de Robert Goolrick: Alors là, c'est du lourd aussi. Un style impeccable, au couteau. Un héros bousillé, qui règle ses comptes avec ceux qui l'ont détruit, il y a longtemps de cela. On pressent tout le long que les révélations seront insupportables et on n'est pas démenti. Mais en même temps, les mots sur l'enfance sont doux, les personnages, jamais caricaturaux sont certes féroces mais si humains qu'on se surprend à leur pardonner leurs terribles offenses. Il y a du Mad Men dans ses souvenirs, du Jay Mc Inerney dans la façon de décrire certaines scènes new-yorkaises. Livre sombre, donc, mais essentiel et prometteur s'agissant de cet écrivain que je ne connaissais pas.

Edit: J'avais il y a longtemps donné une liste de livres pour l'été, je m'aperçois qu'elle est assez cohérente avec celle-ci

Ce qui m'(é)meut

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J'ai toujours été une jouisseuse. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours couru après le plaisir, faisant de cette quête le but ultime de mon existence et de mes journées. Un plaisir n'excluant d'ailleurs pas l'effort ou la souffrance, mon éducation judéo-chrétienne m'a permis d'intégrer très tôt cette idée de devoir "mériter" le réconfort, qu'il prenne la forme de vacances, de bonne chère ou de la chair.

Il n'empêche que l'ascétisme n'a jamais été ma tasse de thé, la mélancolie ne me caractérise absolument pas, ni l'ennui que je ne connais que peu, trop occupée à poursuivre la félicité.

Bien sûr, tout ça passe prioritairement par l'oralité. D'où mon léger problème de poids, on s'en doutera. Je ne connais pas plus grande jouissance que celle de la première bouchée de chocolat, ou, hélas, de la première bouffée d'une cigarette longtemps attendue.

Pour être plus exacte, je ne connaissais pas, de plus grand kiff que ceux-ci avant d'avoir découvert l'orgasme, sur le tard, comme je m'étais d'ailleurs plu à le raconter il y a longtemps de cela – seigneur quand je pense que je pousse le vice à resignaler ce billet, je dois être malade.

Depuis que j'ai commencé ma thérapie avec le docteur Zermati, il m'a fallu trouver d'autres sources de plaisir, d'autres façons de pimenter ma vie qu'en descendant des tablettes de milka ou grillant clope sur clope. Je vous vois venir, il reste la troisième solution qui à priori n'encrasse pas les poumons et ne pèse pas sur les hanches, mais figurez vous que le churros travaille et que l'onanisme a ses limites, tout de même.

Bref, en apprenant à écouter mes sensations, en n'étant plus dans la quête permanente de ces shoots de sucre ou de nicotine, j'ai forcément du trouver non pas des palliatifs mais plutôt d'autres façons de mettre du sel dans mes journées. Ce qui m'a fait m'interroger très sérieusement sur ce qui me meut, sur ce qui peut satisfaire ce besoin insatiable de jouissance.

Les premiers temps, j'ai consommé. Acheté tout et n'importe quoi, avec d'autant plus de jubilation que subitement je parvenais à entrer dans des tenues improbables. Mais je me suis lassée, d'autant plus que ma nouvelle vie me fournit moins d'occasions de me pavaner et avoir une nouvelle tenue qu'on ne peut montrer qu'à son gardien constamment bourré, perd vite de son intérêt.

Il y a eu ensuite les séries télés. Je suis assez lucide quant à ma capacité à devenir accro, et j'avoue, les petites merveilles addictives pensées par les scénaristes américains ont clairement compensé la baisse de mes apports caloriques. Sauf que là, je suis en rupture de stock. Mais également un peu écoeurée. La culpabilité qui te saisit après t'être enfilée d'affilée douze épisodes de Brothers and Sisters est en effet assez comparable à celle éprouvée après un craquage à la boulangerie.

Sans compter qu'à trop se noyer dans ces histoires sans fin, on risque de perdre le fil de sa propre vie, tout au moins c'est ainsi que je l'ai finalement ressenti.

N'existe-t-il donc pas de jouissance qui ne soit nocive ?

Il y a bien évidemment ce que m'apporte l'écriture. Qui porte en elle une dose de souffrance nécessaire à la satisfaction qu'elle provoque. Il y a l'adrénaline de cette vie de free lance, l'excitation d'une nouvelle collaboration, que contrebalance l'angoisse qu'une autre s'arrête. Ying et yang, toujours. Il y a mon homme et nos ébats, moins fréquents, évidemment, qu'il y a quinze ans mais plus… intéressants. Je crois. Il y a mes enfants, leurs étreintes et ce besoin de moi qu'ils ont. Les amis, la famille, les voyages, les découvertes, le moelleux d'un lit d'hôtel, la pression parfaite d'une douche de palace.

Et puis il y a eu, ce week-end, comme une promesse d'une autre jouissance. Cette heure passée dans ce jardin catalan. Allongée sur un banc, un rayon de soleil chauffant mon corps à la température idéale, une légère brise soufflant sur mes jambes, j'ai lu le dernier livre de Siri Hutsveldt, "Un été sans les hommes". Non loin de moi, le mien, d'homme, dormait comme un enfant. Il n'y avait personne dans ce jardin, lorsque je levais les yeux ce n'était que camaieu de vert sur fond bleu. Je ne sais pas si ce sont les mots de cet auteur que j'aime un peu plus à chaque ouvrage, la respiration régulière de mon mari à mes côtés, les effluves de pins et d'eucalyptus, la perspective de ces deux jours à flaner sans contrainte ou encore cette assurance de retrouver, très vite, toute ma portée, mais l'espace de quelques minutes, il m'a semblé que j'avais atteint ce point d'équilibre souvent recherché, sans succès. Tout était à sa place, moi la première.

Et sans manger, fumer ni baiser, j'ai éprouvé du plaisir. Un plaisir inédit, une jouissance non pas du corps mais de mon esprit, quelques secondes de ce qu'on doit pouvoir appeler la sérénité. Et le plus merveilleux dans tout cela c'est la conscience absolue que j'ai eue de cet instant. On dit souvent qu'on réalise à quel point on a été heureux une fois que c'est terminé. Pour une fois, j'ai eu la sensation d'être en parfait accord avec mon ressenti et la réalité.

Le temps de me le dire et le churros s'est réveillé. Je suis retournée à ma vie avec un léger pincement au coeur, l'impression d'avoir vécu quelque chose d'une fragilité absolue mais néanmoins d'une importance capitale.

J'aurai toujours ça, me suis-je convaincue. Un banc, un livre et un rayon de soleil. Et en même temps, je le crains, je n'aurai plus jamais très exactement "ça".

Edit: Rassurez-vous, je ne prévois pas dans l'immédiat de mettre une toge orange et de chanter Hare Krishna dans les rues.

Edit2: Rien à voir mais il y a une interview de moi sur Mon Bazar Vert, l'interview verte du mois. Et toujours sur mon bazar vert, la nouvelle collection de sacs est arrivée. Je craque personnellement sur le "Nouvelle vague". Et je ne suis pas intéressée aux ventes, je précise.

Monte là dessus tu verras les étoiles (Ainsi parlait Zara)

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A Barcelone, les Zara sont aussi nombreux que les boulangeries à Paris. Et je ne parle pas des Mango ou Desigual qui se défendent pas mal aussi. Problème, au moment de la distribution par sa marraine la fée de l'appétence au shopping, le Churros devait être en train de faire caca (ça lui arrive souvent mais ce n'est pas le sujet).

Je savais donc que j'avais en quelque sorte un pistolet muni d'une seule balle et que je n'avais par conséquent pas intérêt à me planter. J'ai choisi la sécurité et désigné le Zara de la place de Catalogne comme étant ma target du séjour.

On m'avait en effet assuré que tout y était moins cher qu'en France, je voulais vérifier (investigation, curiosité journalistique). Je confirme, tout est pareil – color block et motifs navajo, les deux mamelles de la trendytude 2011 – et moins onéreux.

Etant déjà dotée d'un jean vert pomme et d'un tee-shirt rose tagada, je me suis abstenue de me ruer sur les jupons fushias pourtant repérés ça et là. Il faut dire aussi que je suis courte sur pattes ce qui se marie assez mal avec les longueurs aux chevilles.

J'ai malgré tout tenté une veste orange mais le churros a viré au vert et failli rendre sa tortilla sur les carrot pants imprimés ethniques (oui, vous savez, ces pantalons Johnny Clegg, symbole s'il en fut des 90s ? Et bien oyez oyez, c'est complètement dans le vent depuis deux semaines).

Je m'apprêtais à ressortir du Zara aussi bredouille que Marion Bartoli du cours central quand je l'ai vue.

LA veste à étoiles.

Attendez, pas LA veste. LA veste, c'est la Claudie Pierlot qui à titre totalement personnel me fait fantasmer depuis trois mois. En général, à chaque saison, j'ai UNE fringue qui me fait baver d'envie, pas vous ? Notez que je ne fais jamais dans l'originalité, la veste en question a été matraquée dans tous les magazines depuis le mois de janvier. Il n'empêche que j'ai poussé la tocade jusqu'à aller la regarder pour de vrai au BHV. Plus de 300 euros, la bête.

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No way, vous pensez. D'autant que les étoiles ça va avec à peu près rien.

Quelle n'a donc pas été ma joie de constater que la réputation de copieuse éhontée de la chaine espagnole n'avait une fois de plus pas failli ! Bon, le motif n'est pas tout à fait le même, on est d'accord. Mais on devine l'inspiration.

Surtout, 59 euros, la petite supercherie.

Contre – j'ai vérifié depuis – 79 euros à Paris.

Je l'ai essayée et les étoiles, elles étaient autant sur moi que dans les yeux du churros (ou alors c'était des larmes de désespoir) (la veste était à deux mètres de la sortie et il venait de voir sa tentative d'évasion réduite à néant).

Ce qui a facilité la phase 2 de mon plan shopping en amoureux. Le moment où tu prends ton air le plus misérable pour annoncer que c'est trop ballot, j'ai laissé ma carte bleue à l'hôtel. "Reste à côté et ne la lâche pas, c'est la dernière dans ma taille. Je vais file chercher ma CB, j'en ai pour… une heure ?".

Il ne s'est même pas débattu. Trop content de voir son calvaire se terminer, il m'a arraché ma merveille des mains et s'est précipité aux caisses. A la sortie je lui ai roulé une pelle. Et touché un peu le zizi, aussi (j'étais d'humeur caline).

Edit: Les chaussures sont donc des Minelli et je n'ai jamais été aussi confortable dans une paire de sandales à talons. L'astuce c'est probablement cette semelle de liège, un peu la même matière que les birkenstock, qui fait comme un cocon pour mes pieds pourtant très cons (carrés, retenant l'eau comme le chameau dans le désert et cornés). Le churros, qui déteste les compensées, les a trouvées canons. "Elles font un peu pute, c'est pour ça". Bac + 5, mate le niveau.

Sans blague, j'ai marché dans Barcelone avec et zéro ampoules. dès demain je vais les acheter en kaki et en chocolat, je crois.

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Oui bon, c'est flou.

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on était coordonnés.

Barcelona querida…

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Je suis une obsessionnelle de la météo. 12 jours avant de partir où que ce soit, je commence à regarder frénétiquement les prévisions, croisant mes informations au gré des sites qui bien sûr n’annoncent jamais la même chose. Je privilégie en général les plus optimistes, même si je suis tordue au point de flipper grave si trop de soleil est annoncé à l’avance, j’ai peur que ça nous porte la poisse. Cinglée.

Autant vous dire qu’avec l’Iphone je suis servie, ma névrose ne s’arrête en effet pas du tout au temps qu’il fera là où je pars. A savoir que j’ai programmé dans l’appli meteo france et celle de yahoo tout un tas de villes, dont je regarde tous les jours les températures et risques de précipitations. A priori, je m’en brosse un peu du taux d’humidité à Stockholm. Sauf que non, je peux ainsi vous apprendre que le week-end dernier, c’est là qu’il fallait être. J’avoue aussi que j’éprouve une sorte de jouissance quand la pluie est annoncée à Bastia ou Marseille. Je n’ai jamais prétendu n’être qu’altruisme et bonté, en même temps. En lire plus »

Luxuriant Parc Guell

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Rentrée tard hier de Barcelone avec des centaines de photos plus ou moins réussies à trier tout en écoutant les histoires minuscules mais fondamentales des trois machins ramenés à Paris par mes saints parents. Billet par conséquent très court et illustré de deux trois clichés (après coup, plutôt une dizaine, essentiellement végétales, c’est ma nouvelle orientation bloguesque) du parc Guell.

Il m’avait été recommandé chaudement par une amoureuse de la ville qui se reconnaitra peut-être, friande également de rioja et des premières oeuvres du maitre Pablo P. Un endroit paradisiaque, que ce parc perché sur les hauteurs de Barcelone. Il devait être initialement une sorte de phalanstère, un lotissement utopique à la Corbusier imaginé par le très pieux mais néanmoins déjanté Gaudi. Finalement, seules deux maisons ont été construites, faute d’argent. Tant pis pour les potentiels habitants, tant mieux pour les promeneurs qui peuvent se perdre dans une végétation luxuriante où se cotoient lacivement orangers, palmiers, figuiers de barbarie, ou encore ces fleurs étranges qui se dressent entre les pins sur des tiges immenses et donnent la sensation d’être subitement devenus tous petits. Le parc Guell, c’est aussi cette terrasse bordée de banquettes en mosaïques que repeignent patiemment de jeunes femmes méticuleuses. En lire plus »

Barcelone ou les vertus de la maturité

Espagne
Hier, alors qu'on partait tous les cinq dès potron minet en direction de la Gare de Lyon et que ma frange avait décidé toute seule d'être super wavy (un VRAI problème, la frange wavy), une jolie jeune fille s'est avancée vers moi pour me dire qu'elle lisait ce blog. Passées les trois secondes d'incrédulité (je ne réalise pas toujours à vrai dire que ces pages sont lues par plus de trois personnes), je me suis confondue en remerciements tout en ne parvenant pas à me détacher de cette image de frange sur laquelle pourraient se tenir les championnats du monde de body board. Non sans également regretter amèrement de ne pas avoir passé deux minutes supplémentaires dans ma salle de bain histoire de cacher la misère.

Quand la jeune fille s'en est allée, Rose a demandé c'était qui. Le churros a répondu que c'était une fan de sa maman. Après il a trouvé très drôle sa blague de me traiter de "Caro-Gaga". Moi un peu moins mais ce n'était pas grave, j'étais bien trop occupée à me refaire le film, je dois avouer que ça me colle un melon, ce genre de rencontres. Surtout, j'ai dit, montrant par là toute ma vanité et mon acceptation de ma quarantaine, "elle était très jeune, ça me surprend toujours que des jeunes femmes comme elle me lisent" (en vrai ça ne me surprend pas, je sais bien que je suis restée moi même très juvénile, mais j'aime jouer les ingénues).

"Ben non, c'est normal, maman, ça les aide, sûrement, pour savoir comment elles feront dans leur prochaine vie, tu vois ? Dans leur vie de femme âgée, je veux dire"

Le machin est une source inépuisable d'inspiration. C'est d'ailleurs ce qui le protège d'une émancipation précoce.

Sinon, sachez que je pars à Barcelone avec le churros, alias le sévèrement burné. Trois jours sans enfants, dans un hôtel qui déchire. Un week-end pour fêter mes 40 ans (merci encore à mes amis si chers grâce auxquels j'ai fait péter la junior suite), nos quinze ans d'amour et, avec un petit mois d'avance, nos quatre ans de mariage.

Il n'a peut-être pas tort le bougre, quand il parle de "prochaine vie". J'ai l'impression d'en avoir eu plusieurs, en effet.

Voilà, la météo n'a pas l'air d'être de notre côté, donc la piscine sur le toit ne va probablement pas être d'une grande utilité, mais je crève d'envie de manger du jamon et de boire du rioja. Et aussi du tinto de verano, ce mélange exquis de limonade et de piquette rouge. Peut-être même qu'on ira s'indigner un peu sur la place de Catalogne.

Après on retournera dans notre junior suite.

C'est ça, peut-être, la maturité, non ?

Edit: une grosse bise à la jeune fille du 13e. Ma grande, la chérie (ma préférée), vous a trouvée "très jolie".

Philippe Katerine, un fantasque à l’Olympia

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Vendredi dernier, j'ai été invitée au concert de Philippe Katerine à l'Olympia. Il fait partie des artistes de mon petit panthéon personnel de la chanson française, avec Matthieu Chédid, Louis Chédid, Christophe, Alex Beaupin, Benjamin Biolay, Daho, Julien Doré ou encore Arthur H.

Haaaan, la rebelle aux goûts complètement iconoclastes.

Je pourrais vous raconter que j'écoute en boucle Prince Miaou, Klaxons ou autres groupes edgy, mais ce serait mentir. Je ne rechigne jamais à découvrir des gens nouveaux, mais le fait est que si je regarde sur mon Iphone les morceaux le plus souvent écoutés, je vois Vanessa Paradis, Benjamin Biolay, Christophe ou encore Katerine.

Hein ? Quoi ?

Ah. Mon IPhone me fait dire que LA chanson la plus écoutée sur mon Itunes c'est "La ceinture" d'Elodie Frégé. Suivie de "J'ai tout oublié". Marc Lavoine.

Très bien, j'assume.

Bref disais-je, je suis allée voir Philippe Katerine.

Le truc marrant à ce propos c'est que dans la rame de métro qui m'amenait boulevard des Capucines, j'étais assise en bout, toute seule, quand j'ai vu monter à Censier Daubenton un gars un peu chelou avec un chapeau, qui s'est assis en face de moi. Comme à chaque fois que je me trouve en présence d'un people, mon radar à célébrités s'est affolé. "Attention c'est du lourd ma chérie, retiens-toi", qu'il me disait.

Et comment.

Du lourd en tous cas pour moi qui le vénère et l'ai tant et si souvent applaudi. Arthur H en personne, avec ses zizi blanches aux pieds. Bien entendu, j'ai pris grand soin de ne pas lui montrer mon émoi, tout en brûlant de lui confier mon idolatrie. Aussi, j'avais le pressentiment que nous allions au même endroit. Mais je me suis dit que ça pouvait me faire passer pour une fille un peu perchée de lui demander s'il se rendait au concert de Katerine, comme ça, de but en blanc.

Pressentiment qui s'est confirmé quand nous sommes descendus à Opéra et qu'il a pris la direction de l'Olympia. Comme il marchait d'un pas plus alerte que moi, j'étais juste derrière lui et je crois qu'à un moment, il a été très excité. Ou bien il a eu peur de cette nana qui lui filait le train. En tous cas il a accéléré.

Bon et Philippe Katerine ?

…étonnant. A savoir qu'il est arrivé sur scène dans une robe très Marie-Antoinette, et a entamé le concert par une savoureuse ritournelle: "Je suis la reine d'Angleterre et je vous chie à la raie". Avec un accent british du meilleur effet, ça va sans dire. Le reste a été à l'avenant, avec la banane, les bisous, Louxor, Marine Lepen (qui prend une tournure bien plus terrifiante encore vu le contexte) et j'en passe.

Tout ça torse poil, moulé dans un caleçon long en lycra bicolore vert et bleu. (il a fini par enlever sa crinoline). Sur la fin, il s'est vêtu d'un improbable micro short en matière maillot de bain immitation jean. Je connais quelques reines de la toile qui auraient pu en faire un AVC. Ou pas remarque. Les voix de la bloguerie sont impénétrables, tu sais.

Bien sûr, il faut aimer l'excentricité assumée et la chanson naïve et excitée. C'est mon cas, même si j'avoue préférer son album précédent à l'actuel. Mais autant d'originalité, d'humour et d'energie sur scène, c'est du caviar. On rit beaucoup, on danse, on réfléchit, aussi. Surtout, ce qu'on se disait avec ma copine Chloé, c'est que très bizarrement, il est manifestement très premier degré. Et c'est pour ça que ça marche. Il a un de ces humours rare qui n'est jamais méchant ou cynique, un peu comme François Morel, je dirais. Il me fait aussi penser à Brigitte Fontaine. En moins fou, peut-être, quand même.

Bref, si vous avez envie d'aller à un concert qui ne ressemble à rien d'autre, franchissez le pas, vous verrez en plus il danse comme personne et qu'il te met le feu comme c'est pas permis. A la fin, on aurait été dans une fuck me I'm famous à Ibiza, ça n'aurait pas été plus fou-fou.

Voilà, c'est tout.

Ah si, je rappelle que vous pouvez acheter vos places pour des spectacles à l'Olympia directement sur le site de la salle, ce n'est pas plus cher que dans les distributeurs.