J’ai grandi avec le sida, comme toutes les personnes de ma génération. Je me souviens encore, lorsque j’étais en 5ème, de mon prof de français qui détonnait un peu dans l’école catholique où je me trouvais et qui avait évoqué une nouvelle maladie qui sévissait dans les milieux homosexuels. J’avais été intriguée, autant par la menace que par le terme même d’homosexualité, complètement absent jusque là de mon vocable. Et puis il y eut Les nuits fauves, véritable choc cinématographique, film d’une génération qui découvrait que l’on pouvait aimer différemment et en mourir. Et puis il y eut le baiser de Clémentine Célarié, Philadelphia, autre choc cinématographique et lacrimal. Il y eut les marches d’Act-Up, les amis qui firent leurs coming-out, dont je ne mesurais pas, je pense, à l’époque, le courage qu’il leur avait fallu, dans le contexte conservateur lyonnais des années 90. En lire plus »



