L’amour est une île

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C'est le troisième livre que je lis d'elle. J'ai commencé comme beaucoup par Les Deferlantes, succès de librairie à mon sens mérité, puis j'ai dévoré "Seule Venise", que j'ai autant aimé sinon plus, bien que très court.

Du coup cet été, quand j'ai déniché son dernier ouvrage de manière totalement inattendue dans la petite maison de la presse du village corse où je me trouvais, je n'ai pas hésité une seconde pour l'acheter.

Je n'ai pas été déçue. Même si l'écriture de Claudie Gallay est tellement réduite à sa plus simple expression que par moments on se demande si ce n'est pas trop facile, ces phrases brèves comme coupées à la hâche. Mais non, qui a tenté un jour d'écrire sait que toute la difficulté réside dans le rythme à insuffler à chaque page, dans la faculté justement de donner cette impression de fluidité et de facilité.

Surtout, en trois lignes, comme pour les deux précédents livres lus, Claudie Gallay attrape son lecteur et le plonge dans une atmosphère qui l'enveloppe jusqu'à la fin. Dans les Deferlantes, c'était le paysage apre et rugueux du Cotentin. Dans Seule Venise, le brouillard de la lagune italienne en plein hiver.

Dans l'Amour est une île, c'est un été en Avignon. Pas n'importe lequel, un mois de juillet 2003, en pleine grève des intermittents, un mouvement bouleversant pour la première fois de son histoire le fameux festival de théâtre. Claudie Gallay sait planter le décor mais elle a ce don aussi très particulier de donner vie et chair à ses héros. Notamment, je trouve, aux hommes, dont on devine qu'elle les aime taiseux et abîmés. Les personnages masculins de Claudie Gallay, j'en tombe systématiquement amoureuse.

La rupture est aussi récurrente chez elle, avec cette fois-ci une nouveauté, l'espoir de faire renaître un amour qui n'aurait pas dit son dernier mot. Il est metteur en scène et propriétaire d'un petit théâtre dans la cité des papes, elle est une actrice devenue star. Ils se sont aimés quand elle n'était rien, quittés lorsqu'elle a pris son envol. Entre eux, un secret inavouable, une histoire de manuscrit réécrit, un mensonge sur le dos d'un jeune auteur suicidé.

Des années après, les deux amants se retrouvent, avec, planant au dessus d'eux, l'ombre de l'écrivain spolié, incarné par sa soeur qui veut savoir, comprendre et entendre sur scène les mots de son frère.

Je n'en dirai pas plus, je vous encourage à lire ce très beau roman d'amour. Il m'a donné une furieuse envie de me promener un soir d'été dans les rues d'Avignon, ville dans laquelle je n'ai fait que passer il y a des années de cela.

Ma première fashion week party

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Hier matin, j'ai reçu un mail totalement inattendu qui disait en substance: "bonjour caroline, ce soir il y a la fashion week party de Elle, on a quelques places pour les blogueuses et ça nous ferait super plaiz' que tu viennes". Signé Marion Wyss, community manager de Elle.fr. A savoir la merveilleuse jeune femme qui, il y a quelques semaines, m'avait mise dans les blogs préférés de la rédaction du même Elle.fr.

Minute je me la pète.

Même pas honte.

Bon, sur le moment, je me suis dit que merde, soit tu es invitée depuis trois mois et là d'accord, soit c'est bien gentil, mais les queues de budget, très peu pour moi.

Ok, on repasse en mode honnêteté, j'ai répondu dans l'instant que wouhaou, à bientôt 29 ans, presque 40, je venais d'être invitée à ma première fashion week party, quoi. Merci merci merci, combien je vous dois ?

Après, j'ai appelé ma copine zaz et je lui ai dit que y'avait moyen d'aller boire des coupes dans un bel endroit, le palais de Tokyo. Ma copine Zaz, as usual, elle a dit, banco, je fais péter la scenic et on y va.

J'avoue, je me suis assez rapidement posé le problème de la tenue. Qu'allais-je choisir dans mon dressing pour briller dans cette assemblée pleine de beautiful people ?

Hum.

A vrai dire, la prise de tête n'a pas duré des heures, c'est l'avantage quand dans ta penderie tu as environ deux pantalons corrects et une robe bustier d'été.

Je ne surprendrai personne, c'est le skaï qui l'a emporté haut la main. Avec les violettes vertes qui ont donc fait leur première sortie officielle.

J'ai bien pensé copier Garance et aller m'acheter un trench noir sous lequel j'aurais mis mon body dentelle retrouvé miraculeusement et c'est tout. Problème: zéro créneau possible entre le solfège de grande chérie, la sieste d'helmut (plutôt crever que de ne pas profiter de la seule heure d'oisiveté de ma semaine, moment totalement consacré au visionnage de mes séries préférées), le récitage de la chronologie qui va de  – 8 000 000 avant jésus-christ à l'invention de l'imprimerie pour le contrôle en histoire de la même grande chérie et l'emmenage à l'escalade du machin et de son copain téo.

Ok, va pour le skaï, le t-shirt noir et les chaussures vertes.

Après, j'ai cuisiné du chou avec des saucisses polonaises, achetées dimanche pour copier Zaz (je m'inspire beaucoup des autres, on l'aura compris, je cherche toujours le fournisseur de personnalité).

A 19h55 j'ai cherché des feuilles blanches pour imprimer l'invit. N'en trouvant pas, j'ai piqué une page dans le cahier du machin. Avec la certitude d'avoir trouvé un concept. L'invit pour la fashion party sur une feuille d'écolier.

Vers 20h30, on est donc parties avec zaz et la scénic, direction le palais de tokyo. Dans la voiture, ça flatulait sévère dans mon ventre et je me suis dit que je serais sûrement la seule fille de la soirée qui venait de se taper du chou braisé.

Une fois arrivée, j'ai rectifié. J'étais la seule fille de la soirée à s'être alimentée avant de venir. Correction: la seule fille à avoir mangé depuis moins de dix jours.

Franchement, ça grouillait d'affamées.

Par contre, les gens étaient très souriants. A peine installées dans la place, avec zaz on s'est pointées au bar pour une coupette. Et là, un jeune homme charmant muni d'un appareil photo de professionnel (bon ça ne voulait pas dire grand chose, le reflex c'est à priori le nouveau sac chanel) et d'un accent américain (enfin, plutôt, il parlait carrément américain) nous a saluées zaz et moi comme si il nous connaissait. Et nous a tendu deux flutes de Piper.

Putain, j'ai dit à zaz.

C'est le sartorialist.

Zaz savait pas trop ce que je voulais dire par là et si il fallait avoir peur ou quoi.

Moi je n'étais pas certaine à 100% non plus donc je n'ai pas osé lui demander "are you scott ? because I'm a friend of garance you know".

Bref, du coup je me suis contentée de bredouiller  "thank you for the champagne".

Ensuite il a disparu, ce qui me fait penser que ce n'était pas lui, sinon il nous aurait shootées, ça va de soi. Nevermind, cet homme était absolument charmant et d'une élégance rare. A nous qui étions d'absolues nobodies, il a donné la sensation délicieuse d'être des ladies.

Après on a vu Frédérique Bel, la fille de la minute blonde de Canal +, qui était un peu perdue mais qui sait très bien prendre la pose devant les photographes, c'est un vrai métier, je peux vous dire. Avec Zaz on n'a pas très bien réussi en revanche. ça m'étonnerait qu'on se retrouve dans les dernières pages de Voici.

A un moment, une jolie blonde m'a fait des sourires de loin et moi je lui ai répondu niaisement en disant à Zaz que j'étais bien embêtée, que j'aurais voulu remercier celle qui m'avait invitée mais que je ne savais absolument pas à quoi elle ressemblait. Que par exemple, genre, ça pouvait être cette jeune femme. Ou pas. Et que j'en avais un peu marre de sourire bêtement au cas où, au risque de passer vraiment pour une demeurée.

Il s'est avéré finalement que Marion était la jolie blonde à qui j'avais fait mes grimaces de myope, un peu gênée parce que je prenais des photos pile poil à ce moment là et que je devais ressembler à ce que j'étais: une spectatrice.

Heureusement on a fini par tailler le bout de gras et ce fut le moment le plus sympa de la soirée.

A égalité avec la pause clope sur la terrasse du palais de tokyo, avec vue de malade sur la tour eiffel qui clignotait. A ma gauche, Valérie Toranian discutait avec Franz Olivier Giesbert. A ma droite, Sophie Fontanel et pas bien loin Nathalie Rykiel. En face, le sosie de Guillaume Canet sauf que ce n'était pas lui.

Voilà, on a bu trois coupes, on a regardé tout ce beau monde, écouté deux trois conversations et on est reparties comme des Cendrillons. Avec la sensation plutôt agréable d'avoir assisté à une fête certes très parisienne, mais de gens plutôt très normaux. Sauf que plus habitués que nous à être perchés sur de hauts talons.

Et qui en fin de fashion week mangent du risotto et des bonbons haribos.

What else ?

Edit: la photo de moi a été prise avant que je parte, par un churros affamé qui avait surtout envie de manger du chou. Ceci expliquant cela. Et si j'ai une pose de prostituée (n'ayons pas peur des mots) c'est parce qu'il n'arrêtait pas de raler que je n'entrais pas en entier dans le cadre. Cet homme sait décidément parler aux femmes. Il n'est pas prêt d'avoir une gâterie.

Edit2: Billet écrit à 00h00 dans un état d'ébriété avancé, on me pardonnera. Ou pas.

Edit3: Je compte concourrir pour le top des photos de soirée les plus pourries de l'année. J'ai à mon avis pas mal de chance d'arriver loin devant.

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De l’éducation et des compromis

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Tout à l'heure, je revenais de l'école de musique où je venais de déposer ma grande. Cette fois-ci pas de crise d'Helmut, et pour cause on est juste un peu partis deux heures à l'avance histoire que mademoiselle Pinochet puisse y aller A PIED (comme quoi l'éducation ce n'est pas compliqué, tout est affaire de compromis et d'un peu d'organisation) (quoi que je ne suis pas sûre que "compromis" soit le bon mot quand finalement ce sont toujours les mêmes qui cèdent) (à savoir moi).

Je remontais donc l'avenue des Gobelins, la menotte d'Helmut dans la mienne. Il bruinait un peu, on chantait "il pleut il mouille, c'est la fête à la grenouille" et on criait pshiiiit à des pigeons idiots. ça n'a duré que quelques minutes (après elle a voulu que je lui achète un crunch au bureau de tabac et j'ai refusé) (pour faire passer la crise j'ai promis un bout de pain à la boulangerie) (le problème c'est qu'à la boulangerie elle a voulu un millefeuille) (jamais à court d'arguments je lui ai fait miroiter un carré de chocolat à la maison) (comme deux carrés ça ne suffisait pas, je viens de la coller devant cette pétasse de Dora). ça n'a duré que quelques minutes, donc, mais ce bref instant m'a rappelé pourquoi j'endure tout le reste.

Parce que je crois qu'il n'y a rien de meilleur que de courir après des pigeons idiots en serrant fort une petite main qui colle. En chantant "il pleut il mouille" c'est encore mieux.

Edit: Plein de pensées à Lily et son spoutnick qui fait bip-bip.

Edit 2: Zaz a des coeurs à vendre et ils déchirent…

Retrouvailles

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– Vous aviez disparu.

– Oui, on peut dire ça comme ça.

– Qu'est-ce qui s'est passé ?

– Un problème de mutuelle, mon mari, chômage… Et puis j'avais loupé un rendez-vous, j'ai eu honte, pas osé rappeler, je n'étais pas en grande forme, quand c'est comme ça je crois que je fais très exactement l'inverse de ce qu'il faudrait. Mais là voilà, ça va mieux, alors…

– Alors vous venez me voir maintenant que vous n'avez plus besoin de moi ? C'est pas mal. Vous savez que vous auriez pu m'appeler, m'expliquer. J'étais au courant des problèmes de votre mari, nous aurions pu en parler.

– Je… je sais, c'est juste que je ne voulais pas avoir l'air de mendier, et puis surtout j'avais honte de vous avoir posé un lapin. ça n'a l'air de rien mais j'ai pris sur moi pour rappeler, si vous saviez le nombre de médecins qui doivent penser que je suis passée sous un bus…

– Et donc pourquoi avez-vous eu besoin de revenir ?

– Parce que je crois que je n'en ai pas fini avec tout ça.

– Qu'est-ce qui vous fait penser ça ?

– Je… Je veux dire, ça va. Le poids, ça va, l'alimentation, ça va aussi. Mais je crois que je suis vraiment très contente d'avoir maigri.

Trop contente.

….

Je… je n'ai pas envie de regrossir. Et j'y pense un peu. Beaucoup.

– Ah. Je vous avais prévenue n'est-ce pas ? D'autant que votre "je n'ai pas envie de regrossir", à d'autres, hein. La vérité c'est que vous avez PEUR de regrossir. Beaucoup.

– Un peu.

– Beaucoup.

– Ok, beaucoup. Mais c'est que c'est tout de même trop bon, vous ne pouvez pas comprendre.

– Oh si, je comprends. C'est bien plus confortable d'être plus mince. Et puis tous ces compliments… Mais mis à part cet aspect là. Qu'est-ce qui changerait si vous repreniez, je ne sais pas, moi, cinq kilos ? Dans votre entourage, on se moquerait ?

– Oh non, tout de même. Je sais m'entourer de gens aimants, je crois. Mais ils seraient sûrement tristes pour moi, ils auraient pitié.

– Il faut être lucide. Certains, peu, seraient sincèrement tristes pour vous. D'autres, plus nombreux, seraient très contents. Maigrir est un exploit, peu de gens y parviennent sur le long terme. D'où l'envie des uns, l'admiration des autres. Et c'est bien le problème. Plus c'est survalorisé, plus votre stress augmente. Et vous le savez, aussi, ce stress là, ce "problème de poids" est un de ceux qui provoque chez vous des émotions… qui donnent envie de manger. Vous voyez où je veux en venir ?

– Ouu…oui. Non mais je n'y pense pas non plus toute la journée, en même temps. En plus, quand je fais un abus, je me dis que ce n'est pas grave, que le lendemain je ferai att….

– Aïe.

– Non, je… je ne voulais pas dire ça, je ne fais pas attention, ce que je veux dire c'est que je fais confiance à ma régulation, quoi. C'est bien ça, non ? C'est comme vous avez dit ?

– J'ai besoin d'aide je crois, en fait.

– Je pense que vous avez eu raison de prendre votre téléphone…

Bon, vous l'aurez compris, j'en ai repris pour quelques séances avec monsieur Zermati, et je vous avoue ne pas en être mécontente, même si rahh, il m'énerve parfois, quoi.

Ls tuileries ça me botte

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Un billet du lundi, en vrac et surtout pas dans l'ordre, après un week-end qui ne s'est pas passé exactement comme je l'espérais, je vous raconterai, j'aurais normalement dû être sur une montgolfière au dessus du Cantal pour admirer les belles vaches du coin. Au lieu de ça, deux jours dans la douceur parisienne, ce n'était pas mal non plus et cerise sur le gâteau, j'en ai profité pour aller crier dans la rue que "rien n'est à eux, tout est à nous, tout ce qu'ils ont ils l'ont volé !".

Allez, c'est parti pour quelques pensées de ronde…

– J'ai donc manifesté samedi et je dois avouer que ça m'a fait un bien fou. Ensuite j'ai eu la bêtise de regarder trois minutes Eric Woerth à la télévision nous expliquer qu'en gros on était trois dans la rue et qu'en plus ça ne comptait pas, rapport que c'était samedi et que le samedi, c'est bien connu, les familles n'ont rien d'autre à faire qu'aller battre le pavé. ça les amuse, les familles. Sans compter qu'on est des abrutis qu'ot rien compris, vu que cette réforme est d'une équité parfaite. S'il le dit c'est que c'est vrai, je rappelle que c'est l'honnêteté faite homme, Eric Pire.

– A Monoprix ils vendent des bottines rouges de pluie pour les petites filles qui sont je crois l'archétype de ce que j'imaginais un jour mettre aux pieds de mon bébé.

– Après y avoir pensé pendant trois ans environ – typique du genre d'achat pas si cher mais dont tu te dis qu'il n'est pas si indispensable – j'ai acheté une bouilloire électrique. ça plus les bottines rouges, ça m'a fait mon samedi. Et après on dit que le bonheur est une quête impossible. C'est sûr que si j'avais une Rolex, ce serait le nirvana (obsession).

– Je n'ai toujours pas vu Des hommes et des dieux mais ça me ravit qu'un film où ne jouent ni Julia Roberts ni Jenifer Aniston fasse un carton. Je n'ai rien contre ces dernières, notez, mais parfois je me demande ce que deviendraient les féminins si – la pauvre – Jenifer n'existait pas. Qui mettraient-ils en couv ? Ah, si, Angelina.

– Rose ne veut plus ni monter dans une poussette (sauf avec la nounou), ni s'asseoir dans une chaise haute (sauf avec la nounou), ni mettre une couche (avec la nounou non plus mais avec elle, elle fait VRAIMENT pipi au pot). Bref, Rose est à deux doigts de demander l'émancipation. Par contre elle ne semble pas pressée de prononcer correctement le moindre mot de plus de deux syllabes. Et encore. Vélo se dit "lo", compote, "pote", voiture, "ture", etc. Vous imaginez donc notre étonnement lorsqu'hier soir elle a lancé très intelligiblement à son père: "JE VEUX DEUX CARRES DE CHOCOLAT". Au cas où on avait des doutes, cette enfant se fout ouvertement de nous.

– Dans le métro il y a quelques jours, deux hommes manifestement très importants (= habillés en pingouins) se parlaient du boulot. Le premier dit au second: "Moi maintenant, j'ai décidé de ne plus me prendre la tête avec les problèmes mineurs, parce que ça ne sert à rien. Je suis zen". Le deuxième prend un air très concentré et lui répond, compatissant: "C'est difficile, d'être zen". L'apprenti boudha en cravate et costume trois-pièces acquiesce, l'air épuisé: "C'est dur, oui. Et stressant". Pas gagné.

– Hier après-midi, on s'est promenés aux tuileries, le ciel était blanc mais la douceur incroyable. En revanche pour la reconquête de soi même je ne recommande pas cet endroit en pleine fashion week. C'est un peu comme si tout d'un coup tu te promenais dans un enclos de top models. A défaut d'avoir tapé le cul des vaches, remarque…

Je vous laisse avec quelques oeuvres d'art. Où l'on voit que n'est pas Sartorialist qui veut, d'ailleurs.

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La Durance: sa vallée et ses bougies…

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EDIT LUNDI 8H00: C'EST LE COMMENTAIRE 280 DE "VOYAGE A CAPRI" QUI REMPORTE LE LOT. MERCI À TOUS POUR VOTRE PARTICIPATION.

C'est rare que j'accepte de recevoir des cadeaux venant de la blogosphérie. Pourquoi ? Parce que la plupart du temps tu parles d'un cadeau. A savoir qu'en réalité c'est un cadeau dont il faudra parler ensuite sur ton blog pour dire à quel point il déchire même si en vrai la crème elle t'a collé des bubons bioniques.

Bien sûr, il est toujours précisé par la community manager qu'avec le colis ils te livrent aussi une cargaison de liberté de penser. Sauf que c'est faux et que si tu n'en parles pas ensuite, a) tu es blacklistée b) tu reçois des mails au départ gentils puis menaçants pour te demander pourquoi, oui POURQUOI ce silence ?

Bref, dans la blogosphérie c'est comme dans la vraie vie, rien n'est gratuit. Ce qui semble en somme relativement normal, je ne vois pas trop au nom de quoi tout d'un coup un tas de gens se mettraient à vouloir me couvrir de parfums et de rolex (oui on est à deux doigts de l'obsession), tout ça parce que je tiendrais un blog même pas très prescripteur en plus.

Ceci étant dit, parfois, il y a de belles rencontres dans la bulle. Alexiane, par exemple, qui avait auparavant un blog, est une belle personne. Et quand elle m'a proposé de me faire essayer les bougies Durance ET d'en faire gagner deux à mes lectrices, j'ai dit oui tout de suite.

J'avoue, c'est parce que la Durance, je l'aime depuis toute petite, je suis un peu de par là-bas, je vous rappelle. En plus, ces petites merveilles sont fabriquées à Grignan, un des plus beaux villages de France, où se tient un festival de littérature épistolaire qui me fait rêver. Et puis aussi, les parfums qu'ils viennent de créer, "Fleur d'eau", "Poudre de riz" et "Feu de bois" personnellement ça me transporte dans un cocon douillet. Et je ne veux pas dire mais avec ce temps d'étron, on en a bien besoin.

Bon, parlons peu parlons bien, donc, moi j'ai reçu "poudre de riz" (la préférée de violette et de moi aussi rapport que j'ai zéro personnalité), "fleur d'eau" (extrèmement frais, un plaisir) et "Citron confit" (acidulé, moins mon truc mais parfait pour une salle de bain par exemple).

Et l'idée c'est d'offrir à l'une d'entre vous deux bougies parmi les trois nouvelles senteurs (pour ceux qui n'ont pas suivi: Fleur d'eau, Feu de bois et Poudre de riz).

Laissez un commentaire en spécifiant votre choix et dimanche soir le churros tirera l'un ou l'une d'entre vous. Il est d'une grande abnégation.

J'ajoute que les bougies Durance sont vendues à 13,20 euro pièce, ce qui n'est pas rien mais une broutille à côté de leurs cousines de la rive gauche qui se la pètent en dyptique.

EDIT: JE N'AI PAS DU ETRE TRES CLAIRE, IL Y AURA UNE GAGNANTE QUI RECEVRA DEUX BOUGIES, IL FAUT DONC CHOISIR DEUX PARFUMS ET DONNER LEUR NOM DANS LE COMMENTAIRE ! CELLES QUI SE SONT TROMPEES ONT LE DROIT DE REJOUER.

Il est 4h00, Caro s’éveille. Ou pas.

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C'est sciemment que je publie ce billet à 4h30 parce que pour une fois ce sera l'heure réelle de mon réveil. Je dois être à 6h00 à Roissy pour aller passer la journée dans la belle ville de Lausanne.

Dire que ça m'enchante serait légèrement exagéré.

En vrai je suis au fond du trou. D'autant qu'il suffit que je sache que je dois me réveiller à l'aube pour ne pas dormir de la nuit. Et rien n'y fait, plus je me dis qu'il faut que je roupille, plus mon inconscient envoie des tonnes d'adrénaline à mon organisme histoire que je reste bien aux aguêts.

Il n'y a pas plus con qu'un inconscient.

En général, mon corps capitule dix minutes avant que retentissent les hurlements de l'alarme.

Grosse envie de mourir.

Puis retour à la réalité: tout ça pour monter dans un avion.

Grosse peur de mourir.

Bref, impossible pour moi de vous offrir un billet digne de ce nom, je l'écris à 21h01 et alors que je ne suis pas encore couchée je n'arrive déjà pas à dormir. ça promet.

Seul rayon de soleil: je vais visiter le centre de recherche de Rolex. Si ça se trouve demain, je vais réussir ma vie. Avant 50 ans.

 

Deux ans et des poussières

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Parmi les joyeusetés de la maternité dont tout le monde se garde bien de te parler avant que tu passes à l'acte, il y a ce qu'on appelle pudiquement "le passage difficile des deux ans".

En même temps, c'est un peu comme l'épisiotomie, les montées de lait, les vergétures ou la perte du bouchon muqueux. Si tu savais vraiment à quel point c'est moche, jamais tu ne te lancerais dans l'aventure.

Sauf qu'à tout casser, la bouée sur laquelle tu t'assieds parce que tu as l'intimité en chantier, ça dure deux semaines.

Le passage des deux ans, c'est l'inverse du contrat précaire. Si tu n'as pas de bol ça peut facilement s'étendre jusqu'à l'adolescence. Qui elle même est relayée par la post-adolescence. Qui dure, c'est bien connu avec les nouvelles générations, jusqu'à ce que mort s'en suive.

Mais revenons à ce qui nous intéresse. En tous cas moi.

Que se passe-t-il à deux ans et des poussières ?

Je vais essayer de prendre des pincettes des fois qu'il y aurait des femmes enceintes dans mon lectorat. Je ne voudrais pas déstabiliser les plus fragiles.

 A deux ans, pour dire les choses sobrement, ton enfant se transforme… en nazi.

Au début, ça se manifeste par des non à tout – même à ce qui deux jours avant remportait toute son adhésion, genre le bain – qui te font sourire. Tu as même la faiblesse d'en être fière et de parader devant tes copines sur le mode "Helmut a un caractère bien trempé" (= elle ira loin, au moins ce n'est pas une lavette). Et puis le non commence à être accompagné de quelques tapages de pieds, voire de moulinets de bras un poil gênants quand pupuce est en haut d'un toboggan interdit aux moins de 6 ans.

Tu commences à entrevoir que tu n'entres peut-être pas dans la période la plus sympa de ta vie. Mais tu es encore empreinte de tout cet amour qui déborde de toi pour ce petit être qui hier encore tétouillait ton mamelon avec tendresse.

Et puis arrive la première CRISE.

De préférence dans un lieu public. L'enfant de deux ans sait que c'est là que tu es la plus vulnérable. Je veux dire, subir les hurlements d'un cochon qu'on égorge chez soi, ça n'a rien de plaisant.

Mais au beau milieu de la queue des recommandés de l'agence postale de ton quartier, c'est la version 3D. Dans un bus bondé rempli de retraités qui en connaissent un rayon sur l'éducation, c'est encore mieux. Le pire étant le supermarché, sorte d'accélérateur à particules pour l'enfant de deux ans qui trouve dans chaque allée une raison d'exprimer son moi profond. A côté duquel celui de Joey Star est plus inoffensif qu'un bébé phoque.

Dans ces instants de rare solitude, même gavée de tranxène et sous l'influence d'un kilo de canabis, les plus ferventes opposantes à la fessée sentent leurs doigts fourmiller. Voire visualisent très nettement un lancer de chiard contre le mur le plus proche. Parfois, imaginer le bruit sourd de la collision procure même un plaisir coupable.

Et ça, c'est AVANT que l'enfant en plein tournant délicat des deux ans n'embraye sur la phase 2 de la crise.

La mue en une sorte de lamantin de douze tonnes.

Un phénomène très étrange que celui-ci. Ce bambin qui pèse en général 12 kilos grand maximum et qui au vu de sa célérité à se barrer d'un square dès que tu as le dos tourné ne manque pas de tonicité, semble subitement composé à 100% de gelée laxative. Tu le prends par les bras, ceux-ci te glissent des doigts comme des spaghettis trop cuits et tu te retrouves à le tenir par le cou ce qui n'est pas super recommandé si tu n'as pas dix ans d'ostéopathie derrière toi. Et encore. Tu tentes par la taille: le haut du corps part en arrière, te faisant redouter une fracture de la colonne, ce qui sur le moment résoudrait ton problème mais ne serait pas sans conséquence sur ta vie à venir. Reste le portage façon sac de farine sur l'épaule. Relativement efficace mais non sans risque. L'enfant de deux ans n'a en effet pas perdu son réflexe vomitif. Et retrouve instantanément son tonus musculaire pour te cogner avec application les omoplates avec ses kickers en titane.

Dans tous les livres de conseils psy à deux balles, on t'explique que le mieux dans ces cas là, c'est de respirer calmement par le ventre et de prendre un peu de distance, le temps que le nazillon se calme (ils ne disent pas nazillons évidemment mais désolée, personnellement le gremlin qui gesticule au rayon fromages parce qu'elle veut absolument manger là tout de suite de la mozarella (pratique) n'a plus rien d'un enfant).

A priori, les auteurs de ces torchons ne prennent pas en compte la crise au milieu du passage clouté alors que l'enfoiré de petit bonhomme vert clignote névrotiquement (prise de distance pour le moins délicate). Ni le fait que neuf fois sur dix, ton gamin n'en a rien à foutre que tu fasses semblant de t'en aller. Helmut trouve en général la force, en pleine apoplexie, d'arrêter deux secondes ses cris pour me dire au revoir quand je fais mine de m'en aller: "Très bien, rose, maman s'en va, si tu veux rester ici à te donner en spectacle au beau milieu du magasin, c'est TON problème. Tu as vu ? Là, je PARS. Tu vas rester TOUTE SEULE. Avec le vilain monsieur du supermarché qui va être très en colère (clin d'oeil complice au chef de rayon aussi agressif qu'un lapin nain). Au revouaaaaaar…"

"Avoir maman… Ouahiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnnnnnnn".

Ce n'est jamais SON problème.

Sachant que RIEN de ce que tu ne feras ne t'estampillera bonne mère. La fessée ? Très mal vu, très guantanamo, très vilain. ça te vaut immédiatement des regards consternés et lourds de reproches de personnes en ayant sûrement donné à tour de bras mais qui sont trop heureuses de se venger à l'instant présent de ceux qui en leur temps les ont qualifiées silencieusement de tortionnaires. Cercle vicieux, je crains qu'on ne puisse jamais cogner nos gamins en toute impunité. Moi même je ne résiste pas à la tentation de juger hâtivement une mère un poil nerveuse quand Rose est dans un bon jour.

Céder au caprice ? Parfois, ça peut retarder le problème, surtout si l'objet du courroux est le refus d'entamer le paquet de granola à 18h45 avant le pasage en caisse (mais il faut savoir que c'est à court terme, une crise non aboutie signifie une autre crise plus violente dans la journée. C'est prouvé.) Céder est par ailleurs plus compliqué si pupuce a tout bonnement décidé qu'elle ne voulait plus porter ses chaussures par moins 15 et sous la flotte. Carrément inenvisageable si mademoiselle refuse de monter dans sa poussette alors que tu dois emmener sa soeur ainée au solfège à une heure de métro de là et que tu es de toutes façons déjà en retard avant même d'être partie.

Hurler ? ça soulage et à tout prendre, j'ai la faiblesse de penser qu'une agression verbale laisse moins de traces qu'une torgnole. En tous cas c'est toujours ça que l'aide sociale à l'enfance ne pourra pas détecter. Totalement sans effet cependant. Si ce n'est de passer pour une alcoolique.

Détourner l'attention en proposant tétine, doudou, gâteaux, calins, deux heures de tchoupi à la télé ? Peut fonctionner en cas de crise mineure. Mais si la machine est lancée, l'enfant n'entend plus et n'a plus aucun sens commun. Si tant est qu'il en ait eu un jour.

Parler calmement, ouvrir ses chacras et lui montrer que tu l'aimes toujours malgré toute l'energie qu'il/elle déploie à se faire haïr ? Nécessite une force intérieure que seules les meilleures d'entre nous possèdent. Et hélas ne marche quasiment jamais non plus.

On m'aura compris, la crise d'un enfant de deux ans, c'est un peu comme le programme "spécial blanc" de ta machine à laver. Une fois enclenché, tu dois attendre les deux heures réglementaires et que l'essorage soit totalement terminé pour ouvrir le hublot.

Là, tu attends que ton rejeton, certes bionique, ne trouve plus assez de jus pour continuer à t'essorer toi.

A ce moment là, en quelques dixièmes de secondes, tu te retrouves avec dans les bras une poupée de chiffon collante et parfois puante (le vomi ou la merde de chien dans laquelle elle avait élu domicile lors de la phase "étoile de mer" de la crise) qui se recroqueville contre toi en marmonnant un truc qui ressemble vaguement à "pardon".

A moins que ce ne soit: "t'es trop con".

Ce qui serait d'une grande clairvoyance en l'occurence. On n'a pas idée de pardonner aussi vite, aussi.

Il faut croire que la survie de l'espèce humaine tient à deux choses. L'amnésie des femmes quant aux douleurs de l'enfantement et l'absence totale de rancoeur que les mères éprouvent vis à vis de la cause même de ces douleurs. Et ce, quelque soit les sévices qu'elles endurent.

Et encore, s'il n'y avait que le fait de pardonner. Une fois sur deux tu t'abaisses carrément à t'excuser pour toutes ces choses affreuses que tu as dites ("maman va te laisser là tout seul au milieu de la route et n'en a rien à foutre") ou pensées ("Non seulement j'en ai rien a foutre mais j'attends avec impatience le 38 tonnes qui va te passer dessus") pendant la crise. Voire faites (un léger serrage de bras qui laisse hélas deux bleus de chaque côté qui pendant une semaine te plongent dans des affres atroces sur le mode "je suis la femme de Michel Fourniret"). Ce qui, évidemment, ne fait qu'alimenter le sentiment de toute puissance de chouchou. Et prépare donc le terrain pour la prochaine salve…

Non mais à part ça, c'est cool.

Apocalypse Bébé

Despentes

Si j'ai aimé le dernier Despentes ?

Oui, incontestablement. Les trois premiers quarts. La fin m'a un peu déstabilisée, trop radicale, trop no future pour moi. Mais j'ai envie de dire que ce n'est pas l'essentiel et que même peut-être, on s'en fout.

Parce que l'intérêt d'"Apocalypse Bébé" est ailleurs.

Dans l'expression d'un désespoir qui me parle. Dans la dénonciation des mécanismes qui broient les âmes fragiles. Dans les portraits sans concessions mais sans jugements non plus d'une brochette de personnages hauts en couleurs. Dans un road movie tragicomique, dans la relation qui se noue entre une détective tricarde et une mercenaire lesbienne à laquelle personne ne résiste.

Apocalypse Bébé ne ressemble à rien de connu. Le style est violent, mais moins que la société de consommation dont la perversité sue à chaque page. L'obscénité n'est pas toujours où on le pense.

J'ai aimé aussi les descriptions hyper crues d'une partouze saphique dans un squatt à Barcelone. J'ai été émue par la fuite désespérée de Valentine, l'adolescente fugueuse recherchée par les deux enquêteuses. Parfois un peu agacée par certains raccourcis sur le mode "l'hétérosexualité est aussi naturelle que les enclos électriques dans lesquels on parque les vaches" (phrase citée de mémoire, on m'excusera).

Mais surtout, je crois que ce que j'apprécie le plus dans le dernier Despentes, c'est… Despentes. Son interview dans Grazia est d'une sincérité rare et chère. Elle y avoue sa difficulté à être heureuse, parle de son métier sans fausse pudeur ou modestie. Une grande fille trop sensible et qui ne minaude pas. Quelqu'un de bien, il m'a semblé.

Alors voilà, je ne saurais que vous encourager à lire Apocalypse Bébé, ne serait-ce parce que lorsqu'on lit Despentes, on a la sensation de croiser le chemin d'un écrivain.

Pas celui d'une de ces moultes trentenaires au minois délicat dont les oeuvres insipides et immédiatement oubliables encombrent les Fnacs et autres librairies. Franchement, ça ne vous interpelle pas, vous, le fait que désormais, les auteures aussi, doivent être baisables pour être vendables ? Et je parle des auteures, mais la gent masculine n'échappe pas au phénomène. La majorité des jeunes écrivains ressemblent à des jeunes premiers.

Je ne dis pas que pour avoir du talent il faut être un tas. Mais je ne peux pas croire non plus que subitement, ceux qui ont ce don sont tous devenus des canons. Je crains hélas que désormais il soit plus que conseillé de glisser une photo avantageuse de soi avec son manuscrit pour éveiller l'intérêt des éditeurs. Qu'est-ce que tu veux, bébé, pour vendre, il faut ce qu'il faut…

De la mode

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Dimanche, après la soirée, le churros et moi on a eu une vraie conversation comme un couple devrait en avoir plus souvent. Je veux dire, un mari c'est bien sûr un amant, mais aussi un ami, un confident.

ça donnait à peu près ça:

– Je me demande si tout de même ce pantalon en cuir me va si bien, tu vois. Je veux dire, j'ai l'impression qu'il me serre au ventre et que je ne devrais pas le porter avec un truc court au dessus. En plus, ils le disent dans les magazines, il faut décaler les fringues. Genre un fut en cuir, tu le portes avec un haut un peu classique, une chemise blanche. La chemise blanche, Garance elle dit que c'est la nouvelle robe noire. J'aurais du twister mon pantalon, en somme. Et au lieu de ça, qu'est-ce que je fais ? Je le mets avec un tee-shirt rock. N'importe quoi. C'est là que tu vois les filles qui en sont et les filles qui essaient d'en être. Je vais acheter une chemise blanche, c'est tout. C'est un investissement sur l'avenir, en plus. Un basique. J'en manque, de basiques. Or c'est la base. Base, basique, c'est pourtant évident. Je suis dégoutée, j'étais à ça de cartonner et pof, je gâche tout avec ce tee-shirt complètement premier degré. C'est d'autant plus con qu'à part ça, je ne veux pas dire, mais il déchire mon cuir. Même si j'aurais du le twister, on est d'accord, merci. Bon, il est un peu trop long, aussi. Ou ce sont mes jambes qui sont trop petites. Je suis hypotrophiée des jambes. Et ça, je ne peux rien y faire. Quoi que j'essaie, je fais cul de jatte, c'est tout. Je vois bien que tu le penses aussi mais que tu n'oses pas le dire tout haut. Tu sors avec une courte sur pattes. Dommage pour toi. J'aurais du mettre des talons de 12, quitte à souffrir comme une chienne toute la soirée. Là j'aurais eu tout juste. Des talons de 12 et une chemise blanche. Tu crois pas ?

Hein, tu crois pas que ça serait mieux ? Tu dis rien parce que tu t'en fous ou parce que tu n'oses pas me dire que c'était super moche ma tenue ? Tu aurais préféré avec une chemise, j'en étais sûre.

– Non non, mais mon truc, moi tu sais, c'est surtout les seins.

Dimanche, en fait, je rectifie, j'ai fais un grand pas dans ma vie de couple. J'ai enfin compris qu'un mari c'est tout SAUF une copine. Et aussi, accessoirement, que du moment que je fais open-bar au niveau du décolleté il s'en tamponne de ce que je porte en dessous du nombril. Vu comme ça la mode c'est un jeu d'enfant.