Bon il faut tout de même que je vous raconte cette folle après-midi que j'ai passée la semaine dernière. Ces quelques heures pendant lesquelles je me suis prise pour une candidate de la Nouvelle Star qui aurait eu droit à un relooking, pour une Cendrillon – un peu tapée la cendrillon en même temps – ou encore pour une candidate d'une émission d'M6 genre "J'ai décidé de redonner un coup de fouet à mon salon de coiffure en maigrissant pour devenir une star". Bref, la semaine dernière, j'avais rendez-vous avec… moi. Mais une moi maquillée, coiffée et manucurée. Puis shootée sous toutes les coutures par un photographe. Professionnel le photographe.
Je sais, ça fait un peu conte de fée pour femmes au foyer désespérées.
Pourtant, ça n'était pas gagné gagné…
Pour que vous compreniez mieux, il faut que je vous explique. Et que je vous avertisse de suite, sur ce coup là, je suis allée un peu contre mes sacro-saints principes puisque j'ai accepté de participer à une opération… de pub. On ne va pas tourner autour du pot, autant appeler un Chabal une bête de sexe.
Mais j'avais mes raisons, je vous juuuuuuuuuure. Allez, je vous raconte ?
Un lundi, il y a une dizaine de jours…
12h00: Je reçois un mail d'une certaine Barbara: "Bonjour Caroline. Je m'occupe de la nouvelle campagne Pantène et nous avons pensé à vous pour une opération un peu spéciale. Dans le cadre du renouvellement de son image, Pantène souhaite mettre en avant des femmes de tous les horizons, qui osent être des femmes dans tous les sens du terme. L'idée est de partir de personnalités affirmées pour montrer que la beauté féminine existe dans toute sa diversité. Vous et quatorze autres blogueuses serez ainsi maquillées, coiffées puis photographiées, tout ça dans un vrai studio photo. Un vernissage des photos retravaillées par un graphiste aura ensuite lieu dans une galerie parisienne. Seriez vous partante ?"
12h02: Jamais. Même pas en rêve que je vais faire une pub pour un shampoing. Non mais pour qui me prend-on ? Je ne suis pas à vendre, moua, madame.
12h03: "Chère Barbara, je suis très touchée par votre proposition mais je suis navrée, mon éthique ne me permet pas de…"
12h04: En même temps quelque part c'est politique leur truc.
12h05: Je suis en train de dire non à une campagne hyper subversive, merde.
12h06: Quand mon public saura que j'ai refusé de prêter mon image pour un spot pour la défense des femmes dans leur diversité je crains que le mot déception soit faible.
12h08: C'est quoi mon problème ? Je manque de cran, là. Où est la guerrière, l'amazone prête à toutes les guerres ? Non, là je me cache derrière ma morale petite bourgeoise pour pas me mouiller. Je me déçois. Allez, ma fille, dis non au confort, mets toi en danger !
12h10: J'appelle l'homme pour le prévenir que j'ai décidé de me jeter à corps perdu dans un combat pour le respect des femmes.
12h12: L'homme ne voit pas le rapport entre Rosa Luxembourg et Pantène.
12h15: "Chère Barbara, je vous remercie d'avoir pensé à moi. Je me fais violence pour accepter cette proposition parce que les feux de la rampe et moi ça fait douze. Mais là ce n'est plus à moi que je pense, c'est à ces milliers de femmes spoliées de part le monde auquelles je souhaite rendre hommage. Comptez-donc sur moi".
12h16: "Chère Barbara, heu, y'aura aussi une manucure, ou bien ?"
13h00: "Ok Caroline, rendez-vous mardi à 18h00 au studio Zappa à Paris, 19ème. Pour la manucure, la réponse est oui"
13h01: Mardi. C'est dans super longtemps mardi, jamais je vais tenir, j'ai trop hâte de me lancer à corps perdu dans mon combat pour les femmes. C'est fou ce que c'est valorisant de s'oublier un peu pour une cause qui vous dépasse.
13h02: J'espère qu'ils auront le rouge noir de Chanel.
13h03: Mardi c'est demain.
13h04: Il est hors de question que je me lance à corps perdu dans mon combat pour les femmes dans leur diversité avec mes cinq kilos de loukoumades sur les hanches. Je veux bien faire passer ma fierté personnelle après l'honneur des femmes mais en fait, non.
13h05: J'ai aussi un bouton sur le menton rapport que j'ai mes règles.
13h12: Un début de conjonctivite aussi. Le compte est bon. Niveau diversité ils ne vont pas être déçus chez Pantène.
16h00: J'explique à grand chef que j'ai ABSOLUMENT besoin de ma demi-journée demain à cause d'un truc humanitaire impromptu.
16h03: Grand chef accepte mais me dit qu'il n'y a pas de honte à avoir un orgelet et que je peux le dire que je vais chez l'ophtalmo.
16h15: Au niveau de mes vêtements, je décide que je vais la jouer super sobre un peu genre Angelina Jolie quand elle se met en danger au Darfour. De toutes façons, c'est pas l'enveloppe qui compte. C'est mon combat intérieur.
16h30: En même temps je pense qu'il est important de montrer un peu mes seins et ma petite robe noire, là, elle sera parfaite.
16h32: En plus c'est la seule qui me va compte-tenu du léger problème de loukoumades.
19h30: Barbara m'écrit que je dois appeler Sébastien le coiffeur pour lui expliquer comment je vois ma coiffure et lui parler de moi pour qu'il découvre ma personnalité afin de la sublimer à travers mes cheveux.
19h32: En même temps, ma personnalité, en ce moment, c'est surtout du genre qui a des racines de trois bons centimètres. Grasses en plus, toujours rapport aux règles.
19h35: Je bredouille sur le répondeur de Sébastien que je vois mes cheveux plutôt en totale liberté et que l'idée c'est de faire communion avec la cause des femmes. De la simplicité et de la sobriété. Maintenant, si il insiste, les photos d'Emmanuelle Seigner pour la pub Gap ne sont pas super loin de l'essence de ma personnalité qui ne demande qu'à être sublimée.
19h40: Je veux plus y aller. Je ne vois pas bien comment Sébastien qu'est aussi maquilleur va arriver à sublimer ma conjonctivite.
20h00: J'envoie un mail à deux blogueuses qui vont elles aussi se jeter à corps perdu dans le combat pour la diversité pour leur dire qu'en fait je le sens plus trop le coup de la sublimation de ma personnalité.
20h02: "Te prends pas la tête poulette, tu vois pas qu'on va avoir une manucure gratuite ?" me répond G.
A suivre…
Je ne sais pas vous mais je suis du genre qui pleure. Mais pas au bon moment bien sûr, sinon ce serait trop simple. Non, moi je pleure essentiellement devant la télé et de préférence devant les niaiseries les plus improbables. La petite maison dans la prairie bien évidemment, même au 35ème visionnage avec une mention spéciale pour l'épisode où Marie découvre sa cécité, Rémi sans famille ou même "Sous le soleil" et là il faut le faire. Il faut le regarder aussi, je suis d'accord.
Je ne sais pas vous mais personnellement, un des trucs qui me faisaient tenir le coup en septembre depuis une bonne dizaine d'années, c'était de savoir que ok, c'était la rentrée mais que le dimanche soir, du coup, y'avait Urgences.
La scène se passe le soir dans le salon. Il et elle regardent pour la centième fois "Conte d'été" de Rohmer. Elle se souvient que c'est le premier film qu'ils ont vus ensemble, il dit qu'il s'en rappelle mais rien n'est moins sûr.
Il y a quelques jours, j'étais en face de trois jeunes filles dans le métro. Trois copines qui profitaient de leur dernier jour de vacances avant la reprise de l'école. Trois lycéennes qui entraient en terminale. Leurs joues étaient encore rebondies, vestiges de l'enfance encore récente, mais elles étaient maquillées comme des voitures volées pour bien montrer que bon, tout de même, on est plus des bébés.
Récemment, j'ai reçu une proposition de Wonderbra pour recevoir une "parure" de leur nouvelle collection à condition d'en parler ensuite ici – forcément hein, rien n'est gratuit en ce bas monde, faut pas rêver.
Lundi, c'est le jour du grand cri. Ah ! Vous l'attendiez hein ? Pauvres chouchoux, des semaines que mon cri n'est plus qu'un râle, que dis-je, un murmure. Que voulez-vous, la bête s'était endormie. Faut dire qu'à force, c'est pas que je me lasse hein, mais enfin, c'est tout juste si j'arrive encore à m'émouvoir lorsqu'un magazine titre sur genre "Scarlett Johansson, la revanche des filles à gros cul", ou encore, "Liv Tyler: je m'assume en ronde". Beh ouais, elles ont raison en fait d'insister, les rédactrices. Parce qu'il arrive un moment où on abdique. Totalement.
Hey les girls. C'est moi ou cet homme est une bombasse qui sent le sexe ?
Aujourd'hui c'est vendredi et vendredi, c'est culture.