Mois : novembre 2007

Le premier geste

Je ne sais pas toi mais moi ce sont les minuscules gestes, les micro-événements qui m'ont toujours le plus marqués. C'est aussi ce qui me fascine quotidiennement lorsque j'observe les gens. Parfois, au détour d'une rame de métro ou dans un café un peu enfumé, on saisit des instants un peu suspendus, pendant lesquels une larme est écrasée furtivement, une caresse décisive est donnée, ou un baiser coupable échangé.

 

En général, il ne m'en faut pas beaucoup plus pour m'imaginer tout et n'importe quoi, écrire l'histoire dans ma tête de cette jeune fille un peu triste ou de ce vieil homme fatigué. Les petites histoires, voilà ce que j'aime. Et souvent, je me rappelle ma petite histoire à moi, ou plutôt la notre.

 

Tu sais, ce "premier geste", celui qui fait que d'un coup, on bascule. Cet infinétisimal rapprochement qui transforme deux êtres jusque là amis ou à peine en amants.

 

Ce geste là, entre l'homme et moi, ce fut une main posée sur la mienne…

 

Après une soirée relativement catastrophique qui avait commencé chez lui par un whisky coca, LE truc que je déteste, peut-être juste après le pastis. Whisky coca malgré tout avalé en dix secondes, premièrement pour ne pas sentir le goût, deuxièmement pour calmer ma nervosité parce que bien sûr, on brûlerait vifs l'un et l'autre plutôt que l'avouer mais nous avions tous les deux une grosse idée derrière la tête ce soir là. Et que moi, ces idées là, elles me rendent nerveuses. Pas toi ?

 

Le problème c'est que l'alcool, ça me rend bavarde. Et que dans ce genre de contexte, bavarde + nerveuse, ça donne: je pars en live. Et donc ce soir là, je me suis mise à raconter n'importe quoi. Et surtout à aborder THE sujet que normalement tu gardes pour toi dans ce genre de circonstances.

 

L'ex.

 

Qui m'a tant fait souffert. Heu, souffrir. Que c'est pas sûr que je puisse l'oublier. Enfin, heu, si, bien sûr, mais disons que tout de même, il a vachement compté. Bon, pas tant que ça et autant le dire, la place est libre désormais, hin hin hin…

 

Un désastre.

 

D'autant que celui qui devait devenir L'homme ne fut pas en reste et que tant qu'à faire, il se mit lui aussi à vanter les mérites de celle qui l'avait laissé le coeur broyé sur le bitume… deux mois auparavant.

 

A ce moment là je me suis dit que c'était mort, j'était celle qui passe après et qui essuie les platres. Et moi, je ne voulais SURTOUT pas être celle là. Limite je ne lui ai pas proposé d'en prendre une autre, de bien la faire souffir et ensuite de me rappeler pour débuter une vraie histoire. En même temps, bourrée comme j'étais, avant de repartir la tête haute, il valait mieux manger.

 

Le problème c'est qu'après l'apéro au whisky coca, il y eut la première et dernière tentative culinaire de l'homme.

 

Une omelette aux pommes de terres.

 

Crues.

 

Les pommes de terre.

 

Jetées dans la poële deux secondes avant les oeufs battus, sous mes yeux effarés. Sans que je n'ose hurler bien sûr. Je rappelle que nous n'avions toujours pas couché et que c'est seulement APRES l'acte sexuel que tu franchis le pas de la critique, genre "non mais t'es malade ! tu les cuis pas AVANT les patates ?". A ce stade de mon histoire, comme tu es bien gentille d'être restée pour m'écouter, je te livre un de mes fameux conseils de femme mariée: Si tu critiques le mâle avant, jamais il ne te saute. C'est comme ça, les hommes sont en général rebutés par les castratrices. Après ça n'a plus d'importance, ils sont pris au piège, terminé, trop tard. Mais avant, tu ta fermes. Et tu avales son truc dégueu.

 

Je parle de l'omelette aux pommes de terre, espèce de dévergondée. 

 

Du coup, donc, j'ai mangé cette horreur jusqu'à la dernière miette. Mélangée au whisky coca, ça a provoqué de drôles de trucs dans mon ventre.

 

Pas découragés ni l'un ni l'autre, ni par ma loghorrée verbale, ni par les bruits un poil gênants de mes intestins, on a finalement continué à passer la soirée.

 

A écouter Barbara.

 

Plus sinistre c'était difficile.

 

Mais je pense qu'il aurait pu me lire l'annuaire, saoule comme j'étais je l'aurais trouvé hilarant.

 

Et puis est arrivée l'heure fatidique. Celle du dernier métro. Et toujours rien. Pas le moindre effleurement, pas le moindre indice qui aurait pu éventuellement m'indiquer que le metro, on en avait plus rien à cirer.

 

Coups d'oeil pas discrets à ma montre, toujours rien. Alors j'ai fini par lancer un subtil et aviné: "oh, mais dis donc, il est l'heure du dernier métro… faudrait peut-être que j'y aille…" On se serait crus dans le mythique "Voisin-Voisine" (allusion que seuls peuvent comprendre ceux qui connurent feu la 5 et qui en plus à l'époque étaient insomniaques. Ou fans des Nuls).

 

Bon, là, t'es un garçon normal, si tu veux conclure, tu sautes sur l'occase non ? Par exmple, tu dis qu'on s'en cogne du métro, genre ? Ou si tu ne veux pas conclure, tu sautes aussi sur l'occase et tu vas chercher le manteau de la fille. En tous cas tu envoies un signal clair.

 

Et ben Sabre laser, lui, il a répondu: "T'inquiètes, y'a une station de taxi juste à côté".

 

Ah.

 

Là je vais te dire que ça a phosphoré grave dans mon cerveau plein de whisky. Premièrement, je n'avais pas un radis. Deuxièmement, je n'était absolument pas en état de me déplacer. Troisièmement, moi, j'avais envie de sexe. Quatrièmement, est-ce que la réponse sus-citée était plutôt encourageante ou non ? Bref, j'étais perdue.

 

Et puis comme je suis une fille pleine d'orgueuil, je me suis dit: ma cocotte, soit il veut t'attraper et si tu te lèves et fais mine de partir prendre ton métro, il se manifestera. Soit il n'a aucune intention malhonnête – le con – et tu ne vas quand même pas en plus payer le taxi.

 

Alors j'ai rassemblé toutes mes forces et ai amorcé un début de mouvement – pour l'élégance on repassera, j'étais à ce moment là avachie sur son lit, seul endroit en même temps où il était possible de s'asseoir, vive les studios – en bredouillant, qu'il valait mieux que je courre jusqu'à la station de métro. Je peux de l'avouer, onze ans plus tard, c'était un sacré coup de poker. Parce que vu mon état, jamais je n'aurais été plus loin que le pallier.

 

Mais là, justement, il a fait ce minuscule geste. Celui dont je me souviendrai toujours, celui qui fut le premier et qui nous sortit du marasme dans lequel on pataugeait depuis 20h30 à peu près.

 

Il a posé sa main sur la mienne et dit ces quelques mots: "je n'ai pas envie que tu partes". Bon, ok, il a plutôt bégayé un truc qui devait vouloir dire ça, je n'étais pas la seule à avoir gobé du whisky. N'empêche qu'à cet instant, ça m'a semblé super romantique.

 

La suite, bien sûr, je te l'épargne. Mais voilà, en quelques dixièmes de secondes, tout a changé…

L’amour parfois, ça fait mal

Hier, avec mon fils. Fin du repas, l'homme est en train de débarrasser, nous ne sommes plus que tous les deux à table et nous devisons. Soudain mon bonhomme prend son air de conspirateur, l'air de celui qui va me dire un gros secret…

 

 

 

 

– Tu sais maman, je crois que je suis un peu amoureux de Léa.

 

– C'est vrai ? C'est super ça mon chéri (ça me tue, mais c'est super).

 

– Ouais…

 

– Non, ce n'est pas super ? Elle n'est pas amoureuse de toi, elle ? (Elle oserait ? Non mais elle a bien regardé QUI portait son regard sur elle, l'inconsciente ? Prends garde à toi Léa)

 

– Je ne sais pas. Je crois que si quand même. Mais on ne s'est rien dit.

 

– Et bien il faudrait peut-être que tu lui parles ? (A ce stade de la conversation l'homme qui fait des allers-retours dans la cuisine me fait comprendre rien qu'avec les yeux que je suis en pleine ingérence maternelle, ce dont je suis consciente tout en étant INCAPABLE de m'arrêter)

 

Oui, tu as raison maman, demain je lui dis. (je regarde l'homme et sans que je ne dise rien moi non plus on peut entendre un sonore: "AH ! Tu vois !")

 

Puis, après un silence:

 

Tu sais maman, je trouve que c'est dûr l'amour.

 

Oh, mon coeur (à ce nouveau stade de la conversation je suis prise d'une envie irrépressible de le remettre dans mon ventre) … Pourquoi donc ?

 

Parce qu'il y a trop de choses difficiles à esprimer. (C'est décidé, quand je serai grande je me marierai avec mon fils et ne venez pas me dire que c'est impossible).

 

– Mon amour, tu sais, parfois il suffit de dire ce qu'on ressent très simplement et c'est d'un coup moins difficile. Mais surtout, quand l'amour semble trop dur, c'est qu'on est peut-être pas amoureux de la bonne personne, tu comprends ? L'amour ne doit pas faire mal, tu sais ? (surtout pas à toi, chair de ma chair, dégage, garce de Léa)

 

T'inquiète maman, pour l'instant ça ne me fait pas mal parce que je ne me cogne pas.

 

A ce stade de la conversation je me suis évanouie sous le coup de l'incroyable intelligence de mon fils ma bataille. Sans parler de la dimension merveilleusement poétique de ces quelques mots.

 

Je sais, je suis atteinte du syndrome de la mère abusive.

Espèce de féministe !

"Je ne suis pas féministe mais…", "c'est bon, le temps des féministes hargneuses, c'est fini, calme toi", "Allez, remets ton soutif, on n'est plus dans les années 70"…

 

Je ne sais pas vous mais ces derniers temps j'entends très – trop – souvent ce genre de réflexions. Comme si maintenant, il fallait s'excuser avant d'avouer un peu honteuse qu'on est féministe ou comme si ce mot était devenu un juron.

 

Ok, il existe des féministes hystériques qui cultivent une haine de tout être pourvu d'un sabre laser, à la limite du pathologique. Ok, ces dernières n'ont pas redoré le blason de l'anti-sexisme.

 

 

Il n'empêche que lorsque j'entends des femmes de ma génération ou même plus jeunes m'expliquer que tous ces combats sont terminés et d'arrière garde, et bien je suis fumasse. Fumasse parce qu'on a le droit de voter que depuis 1946. Fumasse parce que ma grand-mère devait avoir l'autorisation de son mari pour travailler. Fumasse parce qu'à compétence égale, les salaires des femmes et des hommes ne sont pas près d'être égaux. Fumasse enfin parce que sorties de nos petites frontières européennes, il existe des contrées – pas si éloignées – où la femme est encore considérée comme un sous-homme.

 

Alors voilà, moi je le dis haut et fort, je suis féministe. Sans le "mais". J'imagine qu'aux yeux de pures et dures, je ne le suis pas assez ou pas comme il faut. Mais je n'en ai cure, mon féminisme à moi il me va.

 

Mon idée du féminisme, en quelques mots, le voilà. D'abord, ce ne sont pas que des droits mais aussi des devoirs. Le droit de travailler par exemple, pour moi, c'est aussi un devoir. Attention, je ne suis pas en train de jeter l'opprobre sur les femmes au foyer. Mais en ce qui me concerne, dépendre financièrement de mon homme, ce n'est pas envisageable.

 

Pourquoi ? Parce qu'il n'y a aucune raison, c'est tout. D'autant qu'en plus je suis une souillon doublée d'une faignasse et que les travaux ménagers, c'est zéro pointé. Alors jamais je ne pourrais compenser mon inactivité par une maison bien tenue. En plus, j'adore mes enfants mais voilà, ce n'est pas un scoop, avec eux tous les jours, 24h/24, je m'ennuie. C'est dit.

 

Parce que par exemple, quand je craque comme une écolière devant des love bottes que je ne mettrai en tout et pour tout que deux heures dans ma vie sous peine d'asphyxie de la cheville, et bien la seule personne qui puisse me blamer, c'est moi même.

 

Aussi parce qu'on ne sait pas ce que la vie nous réserve et que je veux pouvoir choisir. Choisir de pouvoir partir. Ou de ne rester que pour de bonnes raisons. Et si c'est lui qui part, savoir que ce sera dur mais possible de me relever.

 

Outre cet élément financier capital, le féminisme c'est tout simplement pouvoir dire non à mon homme lorsque je n'ai pas envie de m'agiter sous la couette. Refuser de faire un enfant. Décider de ne pas le garder. Etre chef d'une équipe d'hommes. Ou de femmes. Et puis aussi m'habiller comme une cagole pour le rendre fou. Le rendre fou et lui faire l'amour. Sans pudeur ni manières.

 

Et puis le féminisme, c'est aussi une grosse pincée de mauvaise foi. Aimer qu'on me tienne la porte même si c'est macho. Trouver évident qu'il porte ma valise tout en refusant qu'il me demande des comptes sur ma dernière soirée en célibataire. Etre soudain très fragile et considérer que lui, en face, ne peut être que très fort. Réaliser finalement que le fort n'est pas toujours celui qu'on croit. Savoir se faire douce et aimante quand c'est son tour d'être plus faible.

 

Etre féministe, c'est enfin élever sa fille en la persuadant que rien ne lui sera interdit sous prétexte qu'elle est une femme. Etre féministe, c'est aussi faire grandir son fils en lui apprenant à ne pas avoir peur des femmes.

 

Voilà, c'est mon féminisme à moi, sans "mais" et sans honte. Je le tiens de ma mère. Mais aussi de mon père. Oui, de mes parents qui m'ont élevée dans la certitude d'être avant tout un être humain. Grace à eux, je ne me suis jamais demandé si être une fille pouvait être un handicap. Grace à eux j'avance dans la vie avec cette certitude que l'homme est mon égal. Un égal différent mais ô combien aimable.

 

 

Pilules (1)

Alors voilà le début. Si ça vous plait, j'enverrai la suite dans la journée. C'est un truc sans prétention hein, et écrit il y a longtemps. Surtout c'était une tentative de fiction et je m'étais rendue compte à ce moment là que la fiction, e bien ce n'est pas du gâteau…

 

A me relire je réalise aussi que j'ai évolué dans ma façon d'écrire…

 

Elle a reçu son petit paquet banalisé par la poste. Une semaine qu'elle guettait son courrier. Pas un mot n'accompagnait la boîte en carton enveloppée de papier kraft. A l'intérieur, un flacon transparent sans étiquette, rempli lui même d'une centaine de pilules bleues.

 

Fébrile et impatiente, elle a retiré le couvercle en plastique et s'est empressée d'avaler deux gélules. Cette fois-ci, ça allait marcher. Sans aucun doute. Elle s'est ensuite installée devant son ordinateur et s'est connectée sur sa liste de discussion préférée des "Baleines sexy". Après avoir passé en revue les derniers commentaires postés, elle a tapé avec frénésie un message bardé de smileys:

 

"ça y'est les filles, j'ai reçu les magic pilules. J'en ai déjà avalé deux. Combien puis-je en prendre par jour ? A votre avis, les premiers kilos perdus c'est pour quand ? Aujourd'hui en tous cas, je commence une nouvelle vie. Tous les jours je viendrai vous donner mon poids. Je commence de suite: 95 kilos au compteur. Vivement les 90… Je vous embrasse, mes baleines adorées !

 

SarahLove, 18 ans, en début de traitement."

à suivre…

Marchands de mensonges

 Quand j'avais 15 ans, je suis allée voir mon premier nutritionniste. Je ne reviendrai pas sur le peu de considération que j'ai pour cette profession, on pourrait finir par croire que je m'acharne. Non, je ne te dirai pas un mot sur l'humiliation de la pesée, les prévisons alarmistes d'obésité à 30 ans qui te donnent direct envie de t'enfiler une tablette de chocolat ou le fameux carnet alimentaire, my first one, premier d'une longue série de mensonges couchés sur le papier et qui ne servirent qu'à me culpabiliser un peu plus: non seulement je bouffais mais en plus je mentais comme une arracheuse de dents.

 

Non, ce que je veux te raconter aujourd'hui, c'est que lors de ce premier rendez-vous, ce nutritionniste, ami de la famille et à la réputation intouchable, me prescrit un coupe-faim. Isoméride qu'il s'appelait.

 

Autant te le dire, à ce moment là, l'Isoméride, c'était le Viagra des gros. La pilule miracle. Tu en prenais le matin et de la journée, la vérité, tu n'avais même pas l'idée de manger quoi que ce soit de sucré. Un truc de malade. Genre la part de flan, elle te filait la nausée rien qu'à la regarder. Je ne te cache pas que pour une faignasse comme moi, dispensée de sport depuis la sixième au prétexte de règles douloureuses et hebdomadaires – toujours ce léger problème d'honnêteté – doublée d'une gourmande dépourvue de volonté, l'idée de fondre grace à un pauvre médoc de rien du tout, ça m'a rendue béate de bonheur.

 

A mon grand désespoir, ça n'a pas marché. D'abord j'ai manifestement développé assez rapidement des anticorps contre ce coupe faim. Ce qui fait qu'après quelques jours à me vanter d'être écoeurée de tout ce qui ressemblait à du chocolat, j'ai petit à petit repris le goût du sucré. Du jamais vu d'après le nutritionniste. Surtout, j'ai mal supporté la molécule. Entends par là que tous les effets secondaires marqués sur la notice, je me les suis payés. Vertiges, vomissements, état dépressif et j'en passe. Un vrai cadeau la fille. Bon en même temps, vu qu'un comprimé de paracétamol suffit à me faire roupiller et que si tu me donnes un quart de lexomil je ressemble à Amy Whinehouse, on aurait pu s'en douter. Hyperréactibilité aux médicaments que ça s'appelle. Résultat, j'ai jeté le reste de la boîte et me suis enfilé un pot de Nutella pour oublier.

 

Sur le coup, je peux te dire que j'en ai sacrément voulu à mon métabolisme. Un vrai boulet celui là. Non seulement il n'était pas fichu de brûler correctement mes graisses mais en plus il était carrément réfractaire à ce qui était censé me transformer en Kelly Capwell – ouais ça va hein, te moque pas, en 1986, Sex and the city ça n'existait pas.

 

20 ans après, mon métabolisme est toujours aussi mou du genou. Mais tu vois, je le remercie, le bougre. Limite je l'épouserais si je n'étais pas déjà mariée. Parce que depuis, l'Isoméride a été retiré de la vente. Beh oui, le labo, il n'avait pas prévu que sa pilule miracle causerait des dommages irréversibles sur certains patients. Pas une bête allergie hein. Non, juste la destruction des poumons et du coeur. 40 morts en France. 150 000 victimes plus ou moins gravement touchées dans le monde. La boulette, quoi.

 

Pourquoi je raconte tout ça ?

 

Parce que vendredi, j'ai lu une dépêche AFP qui avertissait que des scientifiques dénoncent les effets dangeureux des trois médicaments actuellement mis sur le marché pour maigrir. A priori ils déclencheraient chez certains de graves dépressions nerveuses assorties de pulsions suicidaires. Cerise sur le verre d'eau qui déborde: aucun ne permettrait de perdre plus de 4 ou cinq kilos. Moi je dis, merci. Non seulement tu ne maigris pas mais en plus t'as envie de te flinguer. Tout ça en plus sans être remboursée, en général. Et en te chiant dessus parce que sur ces trois là, un au moins a pour effet de te donner envie de faire popo (copyright Sonia) toutes les trois secondes.

 

Bon ben voilà, je crois que c'est tout, si tu as encore envie de te foutre en l'air tout en engraissant des labos qui pendant ce temps là n'essaient surtout pas de trouver un vaccin au paludisme parce que forcément, les gros ça rapporte plus que les noirs, c'est ton problème. Moi j'aurai essayé.

 

Edit: Si vous avez envie de commenter, mettez des astérisques aux noms des médocs parce que mon copain l'antispam, sinon, il va péter une durite.

 

Edit2: J'avais écrit une nouvelle sur ce thème là. C'était assez "noir c'est noir", mais si ça vous intéresse, je vous la mettrai en ligne.

 

Edit3: Je sais, la photo n'a pas grand chose à voir si ce n'est que ça évoque la médecine. Mais si t'as une meilleure idée tu me dis hein !

 

Edit4: Merci pour tous vos gentils mots de ces derniers jours.

Me cherche pas des poux… tu risquerais d’en trouver

Que les choses soient claires, avoir un enfant c'est avant tout du bonheur. Non je le dis parce que je ne voudrais pas qu'il y ait de malentendu, hein, celles qui en ont mis un en route ou celles qui en ont déjà, ne le ramenez pas au magasin, franchement, la plupart du temps, c'est plutôt chouette.

 

Mais il faut quand même savoir que parfois, ça craint.

 

Un exemple ?

 

Quand ton enfant attrape des poux.

 

En fait, les poux, c'est LE truc qui te fait peur du moment où petite chérie – oui chez moi c'est petite chérie qui en attrape, grand loulou lui n'a pas une tête à poux, la vie est une chienne et choisit ses victimes – est scolarisée. D'ailleurs en général, dès le 4 septembre, tout est fait pour alimenter ta névrose étant donné qu'à l'entrée de l'école apparait une énorme pancarte "ATTENTION LES POUX SONT REVENUS". Tu comprendras l'année suivante que cette pancarte est en réalité collée là depuis des décennies et que par honnêteté le corps professoral ferait mieux d'indiquer: "ATTENTION LES POUX NE SONT TOUJOURS PAS PARTIS".

 

La première fois que tu la vois la pancarte, tu es partagée entre la panique que ton enfant soit contaminée – par les autres bien sûr parce que c'est évident que petite chérie adorable ne PEUT pas être celle qui a fait entrer dans l'école ces sales bêtes – et la naïve certitude que "ça" n'arrive qu'aux autres. Surtout les gens de peu d'hygiène. ça bien sûr tu ne le dis pas parce qu'en vrai tu es quelqu'un de très ouvert et de super tolérant et que ce genre de pensée te fait un peu honte. N'empêche que tu repères assez rapidement le ou les enfants qui te semblent un peu moins soignés que les autres et que faisant fi de tous tes principes de gauche, tu suggères gentiment à petite chérie de ne pas trop sympatiser avec eux ou tout au moins de ne pas leur prêter son bonnet/ses chouchous/sa brosse à la piscine. Forcément, tu obtiens l'effet inverse, tu apprendras plus tard que les enfants se font toujours un malin plaisir de choisir justement pour amis ceux que tu aurais souhaité qu'ils évitent.

 

Et puis vient le jour où tu ne peux plus faire semblant de ne pas voir ta fille s'arracher le cuir chevelu à force de se gratter. Voire pire, le jour où devant cette chipie de Marie-Catherine, mère vénérable de Sidonie, très propre sur elle mais il faut bien l'avouer beaucoup moins gentille que les copines souillons de petite chérie, la maitresse te suggère d'une voix de stentor d'examiner ta fille dont la tête démangeait et sur laquelle il semble se mouvoir quelques bestioles.

 

Ce jour là tu pars honteuse, apercevant Marie-Catherine en train de murmurer quelque chose à sa peste. Et tu te doutes de ce qu'elle lui ordonne. La prunelle de tes yeux est devenue celle à qui on ne prête pas son bonnet/chouchou/brosse.

 

Qu'à cela ne tienne te dis-tu, on va régler ça très vite d'autant qu'il est évident que la maitresse se trompe. 

 

Une fois chez toi, tu installes alors confortablement la chair de ta chair sur tes genoux et commence, telle une maman guenon, à lui chercher des poux. Au départ, tu es même un peu attendrie par ce geste ancestral qui te rappelle celui de ta mère, il y a bien des années. En plus, à première, vue, rien. Tu en étais sûre, il n'y avait aucune raison de s'inquiéter, pas de ça chez nous.

 

Et puis tu regardes derrière les oreilles. Et là, elle est là. La garce. LA lente. Celle qui en son sein cache un foetus de pou. Accrochée telle une moule à son rocher au cheveu fin et délicat de ta princesse et à priori inoffensive. Accompagnée d'une autre. Et puis d'une autre. Ah, et là… Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii. Un pou. A ce moment là, il te faut rassembler tout ce qui te reste d'instinct maternel pour ne pas envoyer valdinguer petite chérie et te précipiter dans ton armoire à pharmacie afin de vider l'intégralité du produit anti-poux acheté un jour "au cas où" sur… TA chevelure.

 

Oui, à ce stade je dois bien te l'avouer, quand tu trouves des poux sur la tête à ta fille, c'est en général à ton propre crâne que tu penses en premier. C'est moche mais c'est humain.

 

Bref, comme tu es malgré tout une mère exemplaire, tu en laisses un peu pour ta fille. Qui se met à hurler que ça sent mauvais et qui finit par fondre en larmes parce que dans ton grand énervement tu la préviens que dès demain c'est coiffeur et carré au menton parce que tout couper c'est la seule solution, surtout si elle fait des histoires pour une petite odeur de rien du tout.

 

En général le produit en question est irritant et sent en effet le suppositoire à l'eucalyptus qu'on aurait laissé tremper dans un bain de purain. Tout le monde se réveille avec une migraine à se taper la tête contre les murs et des cheveux… en carton.

 

Vient ensuite l'étape du shampoing à l'issue du quel il te faut affronter le spectacle immonde des poux qui, étouffés par la mixture qui d'ailleurs a bien failli exterminer du même coup toute la famille pendant la nuit, tombent un à un dans la baignoire. Un conseil, tu ne te mets surtout pas à penser que quelques heures plus tôt ces bébêtes étaient bien vivantes en train de caracoler sur le duvet de soie de petite chérie. Surtout ne pas chercher à visualiser.

 

Je passe sur le peigne à pou que tu as d'ailleurs en général perdu. A ce moment là, tu n'en peux plus et chouchoute non plus. Tout le monde hurle et ce n'est plus le carré dont tu la menaces mais la boule à zéro.

 

Voilà, théoriquement, après toute cette prodédure standard, tu es censée avoir la paix. Sauf que non. Parce qu'une tête à poux est une tête à poux et qu'il y a fort à parier que tu doives renouveler l'opération régulièrement jusqu'à la puberté de petite chérie. A qui tu ne couperas évidemment jamais les cheveux.

 

Encore un détai et je te laisse. Le plus cool dans l'histoire c'est que pendant les mois qui suivront tu n'oseras plus aller mettre un orteil chez ton coiffeur. Parce que pire que d'apprendre de la bouche de la maitresse que pupuce a des poux, il y a l'air horrifié de la shampouineuse qui arrête séance tenante le délicieux massage du cuir chevelu qu'elle venait d'entamer pour te murmurer sans aucune discrétion que hum, la maison n'accepte pas les poux…

 

Je te laisse, ça me gratte et il faut que je file à la pharmacie.

L’Heure Zéro

Bon bah les enfants, aujourd'hui, je n'ai pas d'inspiration. Je sais, si c'est juste pour vous dire ça je peux aussi m'abstenir d'écrire quoi que ce soit. Mais qu'est-ce que vous voulez, je suis accro, addict, l'idée de ne pas poster me rend morose, je me dis que du coup je n'aurai pas de vos nouvelles, que si ça se trouve vous allez m'oublier, que mon blog il est foutu et que sans lui, je ne suis plus rien.

 

Nan, j'exagère, je le sais bien que je survivrai à Mabulle.

 

Heu… j'espère.

 

Bref, voilà, pas beaucoup d'inspiration, faut dire qu'en ce moment, je fais surtout que travailler, travailler, travailler.

 

Allez, si, maintenant que j'y pense, ça fait un petit moment que je veux vous conseiller d'aller voir "L'Heure Zéro". Je ne sais pas vous, mais personnellement, les romans d'Agatha Christie ont marqué mon adolescence. J'ai toujours aimé en regarder les adaptations cinématographiques, celle de l'Orient Express restant ma préférée. Et bien là, dans l'Heure Zéro, on se retrouve subitement à jouer au Cluedo avec les copains un soir un peu grisou. François Morel fait un Hercule Poirot aux petits oignons et tous les acteurs sont jubilatoires. Je ne parle pas des paysages bretons à tomber à la renverse de beauté.

 

Seul bémol, Laura Smet, fifille de, qui certes est elle aussi à tomber à la renverse de beauté mais qui comment dire… joue comme un kouignaman.

 

Je sais, le kouignaman n'a jamais eu pour vocation de jouer la comédie. Ben à mon avis, Laura Smet non plus. Et puis là tout de suite, j'ai envie d'un kouignaman, et rien que de l'écrire ça me fait du bien.

 

Bref, voilà, si vous faites partie des petits veinards qui ont pris une RTT aujourd'hui et qui n'habitent pas trop loin d'un cinoche, moi je dis, allez-y, c'est parfait pour se changer les idées.

J’ai pas la grosse tête

Tu vois ma chérie, dans la vie, y'a les it girls et puis y'a les autres. Les it girls, elles sont par exemple sollicitées par les Inrocks pour couvrir leur festival et prendre tout un tas de photos super trendy de gens qui ont du staïle que si tu t'habillais comme eux on t'appellerait "Zézette épouse x".

 

Les it girls qui bloguent, on leur fait des propositions marketing qu'elles ne refusent pas parce qu'il s'agit par exemple d'aller visiter les anciens appartements de Coco Chanel et que du coup, ce n'est plus du marketing, c'est du buzz tendance et pointu.

 

Pendant ce temps là toi on te fait l'honneur d'un partenariat avec les 3 Suisses grande taille pour lequel en fait tu gagnerais rien.

 

Les it girls, elles achetaient des low boots alors que toi et moi on en était à peine à comprendre que les jeans moulants ça s'appelait désormais des slims et que donc on pouvait y'aller sauter le pas. Sauf que non en fait rapport à tout ce qui déborde du slim quand tu n'es pas une it girl. Beh oui, la it girl est plutôt du genre svelte, tu ne seras pas surprise.

 

Les it girls, elles mettent des keffieh autour du coup et ça leur donne une classe incroyable alors que si toi tu en mets un tu fais baba cool qu'aurait perdu son sac US et qui en serait encore à défendre Yasser.

 

Les it girls, elles sont élégantes même quand elles pleurent, elles ne ballonnent pas quand elles ont leurs règles ET quand elles ovulent et elles ne connaissent pas les tracas de la peau grasse.

 

Les it girls ont laissé tomber la robe housse depuis que justement toi tu t'en es acheté une bonne dizaine à Monoprix, vu qu'elles ont compris que désormais, c'est le jean large the must have.

 

Ben moi, vois-tu, je ne suis pas une it girl.

 

La preuve ? Aujourd'hui, je passe à la radio.

 

Une it girl, elle passerait sur Nova, le Mouv, ou à la limite France Inter. Pour parler de la fourrure qui remonte en flèche, du dernier film de Sofia Coppola ou de la tendance des face hunter – si tu sais pas ce que c'est, clique sur face hunter, moi je ne peux plus rien pour toi je t'ai déjà tout expliqué, faut pas charier.

 

Bref, moi, tu vois, cet après-midi, je passe… aux Grosses têtes sur RTL.

 

Si.

 

Interviewée par Philippe Bouvard himself.

 

A propos de mon chef d'oeuvre, THE livre que j'aurais préféré qu'on oublie que je l'avais écrit un jour, le très chic et tout en retenue "Comment baiser en cachette".

 

Voilà.

 

Le pire, c'est que pour le coup, je suis sûre d'avoir une sacrée audience. Mais pour avoir enregistré ça hier "dans les conditions du direct" au téléphone, je peux te dire que je viens définitivement de faire une croix sur une éventuelle invitation chez Taddei.

 

Crois, moi, c'est du lourd. L'amiral, Jean-François Derek, Sim, ça te dit quelque chose ? Oui ? Ben t'as pas de quoi être fière.

 

La vérité ? Ils ont réussi à me faire marrer.

 

Je crois que mon cas est désespéré. Le tien aussi en même temps.

 

Voilà, t'es prévenue, si t'as envie de te cogner les deux heures de contreétries et calembours à gogo pour m'entendre vaguement ricaner – vu que ma voix est couverte par les blagues à deux balles des copains à philippe – tu peux, c'est de 16h à 18h je crois. Personnellement je n'aurai pas le temps, je viens d'être contactée par Carlos, il adore ce que je fais et me veut absolument dans son prochain clip. Qu'est-ce que tu veux, on est before ou after the tendance, moi j'ai choisi mon camp.

Sapho et moi

D'aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie hétérosexuelle. Enfin… non, ce n'est pas totalement vrai, en 5ème, j'étais fascinée par ma prof de français, à tel point que je m'en sentais un peu amoureuse et que je m'étais un peu inquiétée de ce penchant. Oui, inquiétée parce qu'en 1983, dans mon collège privé, autant vous dire qu'on n'était pas hyper aware sur les adeptes du broute-minou. D'ailleurs à l'époque je sentais juste qu'il n'était pas nécessairement normal d'être amoureuse d'une femme lorsqu'on en était une, point. Je venais à peine d'apprendre pour les choux et les roses alors imaginez plutôt.

 

J'ai également eu, quelque temps après, en quatrième ou troisième, une amie un peu spéciale. Le soir, lorsque nous dormions l'une chez l'autre, nous nous faisions des carresses à l'intérieur des bras, vous savez, là où la peau est fine et presque électrique lorsqu'on l'effleure ? Je me souviens, ça me faisait des frissons. Preuve que ça n'était pas aussi innocent que je tentais de m'en convaincre, lorsqu'un de nos parents entrait dans notre chambre, nous retirions brusquement nos mains et faisions semblant de dormir.

 

Bon, d'accord, à treize ans, donc, j'étais un peu portée sur les filles. Ou pas. Disons qu'en pleine découverte de mes sens et dans l'absolue impossibilité d'envisager de séduire un garçon – dois-je revenir sur l'apparition subite du jour au lendemain de ma poitrine 95 D et de tous les désagréments lambda de l'adolescente type ? – je me suis naturellement tournée vers mes semblables, qui probablement me rassuraient.

 

Mais où veut-elle en venir, vous demandez-vous, n'est-ce pas ? Qu'est ce qu'elle nous fait avec son revival lesbien de quand elle avait douze ans ? Après tout, on s'en bat la moule – hu hu hu – de ses préférences sexuelles !

 

Où je voulais en venir ? Je ne sais plus trop à vrai dire. Si. En fait je voulais en venir au fait qu'en regardant la série "L Word", j'ai découvert que l'amour entre deux femmes ne me faisait en aucun cas horreur. Voire même que c'était assez excitant. Et ces guilis au zizi que me provoquent certains de ces ébats saphiques – surtout quand l'une des deux protagonistes est Shane, androgyne boudeuse et fascinante – me poussent à m'interroger.

 

Est-ce qu'en reluquant ces femmes – magnifiques au demeurant, on est loin du cliché "camionneuses" qu'on nous vend à loisir, peut-être même un peu trop loin – je me comporte comme un bon vieux mec macho devant un porno mettant en scène des filles ? Est-ce que TOUT le monde est excité par des scènes pareilles parce que TOUT le monde a en soi une part d'homosexualité latente ? Est-ce que je cède à une mode qui je le sais insupporte les "vrais" gays, parce qu'après tout, une inclinaison sexuelle ce n'est pas comme un it bag, on n'en change pas tous les deux mois et surtout on ne s'en sert pas pour se donner un genre ?

 

Franchement, je n'ai pas la réponse. Je ne sais pas non plus comment je réagirais si j'étais un jour confrontée à ce désir dans la réalité. La seule chose finalement que je sache, c'est que je suis addict à L-Word. Pour ce délicieux émoi mais aussi pour la ligne politique de cette série, pour son esthétisme et surtout parce qu'excitation malsaine ou pas, on finit par oublier très vite que les couples qui se forment et se déchirent au fil des épisodes sont des couples de femmes. A bien y penser d'ailleurs, c'est peut-être pour cela que je n'y suis pas indifférente. Parce que je n'y vois que des corps attirés et attirants. Juste ça.