Journée des droits des femmes: tenez-bon !

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Non, m’étais-je dit, je ne vous ferai pas de billet sur la journée des droits des femmes parce qu’en soi cette journée me plombe le moral. D’autant qu’elle est chaque année l’occasion pour les médias et instituts de sondage de nous rappeler que les gonzesses gagnent moins d’argent que les hommes à compétences égales. Ce qui est bien sûr une info de première importance, mais qui, non suivie de mesures pour mettre fin à cette injustice, ne sert à rien. Ou si, peut-être, à se donner bonne conscience. C’est bon les gars, on en a parlé, on les a bien plaintes, passons à la journée de l’omelette norvégienne.

Je ne comptais pas en parler, donc, et puis un mot en entrainant un autre, je suis donc en train de l’écrire, ce billet. Vous savez ce que j’en pense, le féminisme revêt des visages variés, pour moi il signifie avant tout se battre pour que les femmes aient accès à leur autonomie, ne dépendent pas de leur conjoint et aient la liberté d’exercer le métier qu’elles souhaitent. J’essaie à mon petit niveau d’élever mes filles – mais aussi mon fils – en ce sens, et comme je crois que l’éducation par l’exemple est probablement la plus efficace, j’espère qu’elles grandiront avec cette certitude: faire ce que l’on aime est la meilleure façon de s’émanciper et d’accéder à une certaine idée du bonheur.

Je précise comme toujours que je n’ai aucun mépris et ne porte aucun jugement sur les femmes qui ont choisi de rester à la maison. Je souhaite surtout à chacune de pouvoir construire sa vie comme elle l’entend, avec des périodes consacrées aux enfants si tel est leur voeu et d’autres plus tournées vers l’extérieur et l’accomplissement de ce qu’elles portent en elles, parce que les enfants grandissent et qu’à un moment, ils ont moins besoin de nous.

La vie a souvent plus d’imagination que nous, avec tout que ce mot imagination peut avoir d’aléatoire. Et avoir au creux de soi la certitude que l’on s’en sortira, c’est ce qui me fait tenir. J’ai été élevée par une mère qui travaillait et un père pour qui il était évident que ses filles aussi bosseraient. Ce que je suis aujourd’hui, la confiance – toute relative – que je peux avoir en moi, je la leur dois.

Si j’étais ministre des droits des femmes, je pense que je serais bien emmerdée, parce que je ne parviens pas à avoir d’avis sur les quotas ou quoi. Je suis en revanche convaincue que l’égalité passe par l’éducation dès le plus jeune âge, des filles mais aussi des garçons, qui seront les maris et les pères de demain. En leur martelant que l’on a le droit de rêver, qu’aucune profession ne leur est interdite et qu’elles doivent jouer des coudes pour devenir ce qu’elles projettent d’être.

Mais aussi et peut-être surtout, par l’instauration d’outils permettant de conjuguer au mieux vie privée et vie professionnelle. Pour qu’une promotion ne soit plus jamais refusée à une femme au prétexte qu’elle risque de s’absenter faute de nounou ou quoi. Pour que les congés parentaux soient raccourcis ou aménagés de façon à ne pas extraire du marché du travail des femmes qui ensuite ne parviendront pas à se ré-insérer. Pour que les hommes aussi envisagent de prendre ces congés, qu’ils ne redoutent pas d’être regardés comme des potentielles petites natures privées de virilité lorsque c’est leur tour d’assurer la garde de la petite qui nous fait une angine.

Si je ne travaillais pas en free lance à domicile, avec tout ce que cela comporte de précarité, je ne vois pas bien comment nous nous occuperions de nos enfants qui ne sont plus des nouveaux nés mais qui ont chacun à leur façon besoin d’une présence parentale. Leur père, pourtant ardent défenseur de la cause féminine, éprouve une difficulté indécrottable à poser une demi-journée pour un rendez-vous chez le dentiste ou une réunion avec la prof principale. Parfois, je me dis que je lui facilite les choses, parfois je me dis surtout qu’il ne sait pas ce qu’il rate. Je crois que mon équilibre actuel ne tient qu’à un fil et sur ce fil, je marche telle une funambule, en priant de conserver cette chance inouie de vivre de ce que j’aime tout en étant là pour ceux que j’aime.

Je vous le souhaite aussi, à vous, mes courageuses, mes fortes, mes guerrières, mes apeurées, mes tendres, mes blessées, mes séductrices, mes amazones, mes maternelles, mes précieuses… Bonne journée.

 

96 comments sur “Journée des droits des femmes: tenez-bon !”

  1. La Ronde a dit…

    J’aime bien la façon dont tu as abordé le sujet ! (Comme toujours tu me diras). Et je suis bien d’accord avec toi : l’égalité passera par l’éducation ! Même si(et surtout parce que) les clichés ont la vie dure !

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  2. La Belette a dit…

    Bon, pour une fois qu’un texte sur la Journée de la femme ne me fait pas bondir. Oui, à l’éducation des petits bonshommes d’aujourd’hui pour que demain soit différent. Oui, faire ce que l’on aime, oui oui oui.

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  3. Marje a dit…

    Merci beaucoup ! Quel beau billet et les remerciements me touchent tous car je crois que plusieurs catégories me concernent.Bonnes vacances sensuelles et ensoleillées…

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  4. Arielle a dit…

    Magnifique , surtout le bouquet final ! Merci à toi, à la fois séductrice et maternelle, courageuse et anxieuse, attentive et distraite, …comme nous toutes sans doute .

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  5. HeLN a dit…

    Je ne suis pas toujours d’accord avec ce qui tu écris, mais j’aime lire tous les jours ton blog. Merci pour le billet d’aujourd’hui, je partage à 10000% ton analyse, probablement grâce à l’éducation que j’ai reçue, parfaitement identique celle que tu décris avoir reçue. Quant à ta dernière phrase, elle me fait monter les larmes (chuis une madeleine.) Bonne journée à toutes,

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  6. agatha a dit…

    Joli billet .
    Tu as raison , le churros manque des moments qui hélas ne se retrouveront pas ,les enfants grandissant inexorablement .Il le fait parce qu’il sait que tu tordras ton emploi du temps dans tous les sens pour trouver le moyen d’aller aux RDV avec tes enfants .
    Certains pensent egalement que leur monde du travail va s’arréter de tourner s’ils prennent ne serait-ce qu’une après midi . Certaines le pensent certainemetn aussi mais n’ont pas le choix et elles prennent cette am qu’on leur reprochera peut-être .Justement je pense que si les hommes et les femmes prenaient du temps chacun leur tour pour les enfants ,on dénigrerait moins dans le monde du travail les mamans qui bossent et il aurait moins d’écart ou de salaire ou de carrière

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  7. mammouth a dit…

    magnifique billet, merci caro. Et merci d’en avoir parlé finalement, c’est important, je crois. Et tu écris si bien.

    Deux phrases m’ont interpellée « La vie a souvent plus d’imagination que nous » – c’est très joliment dit. Et « parfois je me dis surtout qu’il ne sait pas ce qu’il rate » – tout à fait vrai, quand on le regarde comme un privilège de partager un moment dans la vie de nos enfants, ça devient tout de suite moins barbant.

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  8. Niña a dit…

    C’est tellement bien écrit que ça aurait été dommage de rien écrire sur la question ! En espérant que cette journée « piqûre de rappel » finisse tout doucement par porter ses fruits et par faire évoluer (à rythme d’escargot ?) les mentalités…

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  9. Chag a dit…

    Bon alors je vais dire un truc aussi gros que moi, mais je le vis bien.

    Ici, on attend que number three veuille bien se décider à ramener sa tronche. Et l’Homme a décidé qu’il prendrait un congé parental de trois ans. C’est un wonderpapa (avec plein de défauts, je vous rassure) (mais moins que moi, quand même), qui voulait déjà le faire pour le grelot mâle. Outre le fait qu’on devra bouffer des coquillettes pendant des lustres, je me dis que c’est une chouette idée, mais… je me dis aussi que du coup, ce troisième m’aimera moins, à moi. Journée de la femme : -1. Je sais, c’est con, mais c’est comme ça.

    Sur ce, je vais préparer mon sac, y’a la neige qui m’attend !

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  10. Mamcha a dit…

    Bonne journée à toi aussi! Superbe article. De mon côté, même si je serai comme toi bien embêtée de prendre des mesures, il me semble qu’il faut qu’on ait une égalité totale lié à la parentalité : mêmes congés à la naissance d’un enfant. Tant mieux si le père est plus en forme que nous pour en profiter. Mais au final, on construit notre vie sur de bonnes bases. Car c’ets souvent pendant ce congé que les mauvaises habitudes se prennent… maman fait tout (et c’est bien souvent elle qui ne lâche pas ce rôle aussi). Et ce congé nous mettrait tous à égalité dans notre vie professionnelle. Je suis un peu bavarde là, mais bon sang avec tous mes ploucs au boulot, ça me fait du bien de parler de cette journée autrement que par son aspect marketing…

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  11. Gabie a dit…

    Pour une fois cette journée me parle:
    J’habite en Allemagne, je suis chercheur, et donc en position précaire (contrats de 2 ans qui s’enchainent). Mon contrat se termine dans 2 mois et je serais alors enceinte de 4 mois 1/2.
    Quelles chances ai-je de retrouver un nouveau boulot (avec un bidon qui commence à se voir) ?
    Et sans boulot avant de donner naissance et grace au système allemand je risque de me retrouver à « la maison » pendant plus d’un an avec pour revenus 400 euro mensuel (un peu notre RSA francais) car en plus il n’y a pas assez de place de crèche et tout ca (et comme t’as pas de boulot, t’es pas prioritaire pour mettre ton gamin en crèche).
    Avoir fait 10 ans d’études pour se retrouver là, hônnetement ca me fait c****.

    Si jamais, miracle, j’arrive à me faire embaucher avec mon bidon, promis je reviens ici et on écrit un article sur les temps qui changent ;)

    Bonne journée à toutes.

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  12. Banane a dit…

    C’est effectivement un joli texte.
    Par contre je suis interpellée par la phrase qui commence par « Si je ne travaillais pas en free lance à domicile… ». Il me semble que ça ne fait pas si longtemps que le free lance est entré dans votre vie, si? Et vous y arriviez avant aussi… ;-)
    J’ai envie de croire qu’on y arrive toujours. C’est plus ou moins confortable, mais on finit toujours par y arriver (je suis limite fleur bleue aujourd’hui, ça doit être toutes ces fleurs qu’on s’envoie en ce 8 mars) :-)

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  13. Audrey V a dit…

    J’aime beaucoup cet article et je partage tes idées.
    J’ai choisi de ne plus travailler pour m’occuper de mes enfants (8 et 2 ans), franchement c’est dur, mais pour moi çà serait plus difficile de confier à une tierce personne leur garde. Leur père est à son compte depuis presque 3 ans et depuis ce moment je m’occupe de tout (enfants et maison) toute seule. Je rale car parfois c’est trop, et même si je sais que je ne resteais pas au foyer toute ma vie, je pense que malgrès tout c’est une chance pour elles mais sourtout pour moi d’avoir ces années de totale disponibilité.
    Bref je n’ai pas d’autonomie financière mais çà ne me gène pas… avec tout ce que je fais je n’ai aucun complexe vis-à-vis de çà. Ce qui me gène c’est que même si je travaillais, çà serait toujours moi qui gèrerais seule les filles et la maison…l’inégalité dans mon cas perso est là pour moi.

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  14. Delphine a dit…

    Excellent billet. Pour ma part, j’ai travaillé plusieurs années avant de m’arrêter pour élever mes enfants et je ne le regrette pas. J’ai recommencé à travailler il y a 2 ans. Cela a été très difficile non pas de reprendre mais de me réinsérer dans le monde du travail, ce qui fait qu’à présent je travaille depuis mon domicile et enfin, a marche vraiment bien.
    Bonne journée.

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  15. Caroline a dit…

    banane, oui j’y arrivais avant, mais mal. nous êtions en tension permanente et j’avais besoin d’une baby sitter le soir. Surtout, à l’époque, mon mari avait un boulot moins prenant, ce qui lui permettait de faire sa part. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Donc si j’étais encore dans mon agence, très clairement ce serait une tierce personne qui s’occuperait des enfants. Je ne rentrais jamais avant 19h45 et mon mari, quand il est là à 20h, on est contents…

    Margot; j’avoue, j’ai cédé à la facilité. Mais franchement, ce qui compte c’est le contenu, non ? Ce qui compte, c’est se battre pour les droits de la femme, pas la sémantique, si ? J’ai du mal avec ces bagarres et ces indignations justement pour de la sémantique. Le vrai combat n’est pas là, je crois.

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  16. Margot a dit…

    Ce n’est pas que de la sémantique, malheureusement. « La » femme? Vraiment? Tu valide ça? Ce truc qui nous enferme toutes dans un modèle dont il vaut mieux ne pas sortir?
    Ce n’est pas une journée de valorisation d’un étyernel féminin (pitiééé, bis), c’est une journée internationale qui fait chaque année le bilan DES DROITS DES FEMMES (toutes) à travers le monde. C’est pas un « vive la femme », si douce, si tendre, on l’aime tellement si fort, c’est politique, bon sang !

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  17. Caroline a dit…

    Margot, je ne valide rien du tout et si tu avais lu mon billet tu verrais que bien évidemment, je ne suis pas pour un carcan pareil. Encore une fois, ce genre d’énervements me gonfle, cette agressivité aussi. J’ai écrit ce titre pour qu’il ne soit pas trop long, sans réfléchir. Je vais le corriger parce que ça n’est pas correct, mais en revanche, sache que je déteste les leçons de morale à deux balles et ton sarcasme sous jacent. Je crois que c’est bien pour ce genre de raisons que je ne pourrais pas intégrer un quelconque mouvement estampillé « féministe », la doctrine, je la conchie, l’idéologie aussi.

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  18. Magali a dit…

    L’education, je suis d’accord. Le probleme est avec les sterotypes qu’on se trimballe : maman fait la cuisine te papa travaille.
    Mon fils de 16 ans a eu une discusion en classe avec sa prof de SES sur l’egalite professionnelle. Suite a cette discussion, elle a demande aux gamins lequels aident a la maison pour les travaux menagers (au-dela de ranger sa chambre). Resultat : toutes les filles le fonts et seuls 2 garcons sur 15 le font… le mien etant le seul a endosser toute la panoplie (menage-lavage-courses-cuisine) selon une liste de taches hebdomadaires reparties entre les enfants, chacun devant faire un peu de tout chaque semaine.
    Les droits des femmes, c’est aussi chacune d’entre nous qui les construisons au quotidien en educant nos enfants dans discrimination entre garcons et filles. Apparamment, ce n’est pas tres repandu et je suis au regret de dire que nos filles devront continuer a se battre parce que nous n’auront pas su eduquer nos enfants…
    J’ai oublie de preciser : mon fils m’a remercie et n’a dit combien il etait fier de pouvoir montrer qu’il est en avance sur son temps… et qu’en plus les filles adorent ca !

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  19. Banane a dit…

    Je comprends, merci pour les détails.
    Ca rejoint le terme de « confort » que j’employais : vos enfants n’étaient pas malheureux et/ou livrés à eux-mêmes, mais ne bénéficiaient pas d’autant de « présence parentale » que maintenant.
    C’est effectivement un luxe dont il est bon de savoir profiter (tant que ça convient à chacun : à l’adolescence, ça va globalement moins rigoler). :-)

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  20. lollipop a dit…

    oh cette jolie fin de billet m’émeut…
    et pour le coup d’accord avec Margot puisqu’en lisant le titre de ton billet à l’instant, je me suis dit chouette elle ne tombe pas ds le panneau « journée de la femme », puisque c’est bien de droits dont on parle et non ce n’est pas que de la pure sémantique.
    En outre, tu sais bien que la sémantique cache bien souvent du fond, ce n’est pas à une journaliste de ta qualité que nous allons l’apprendre ;-)

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  21. Caroline a dit…

    lollipop, j’ai en effet corrigé parce que sur le fond, je suis d’accord. mais la manière qu’a eue Margot de le dire… bof. Je crois que ce genre d’agressivité fait le jeu des anti-féministes qui nous accusent d’être de vieilles aigries. On peut se dire les choses gentiment, pas sur ce ton scandalisé et consterné.

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  22. Laurie a dit…

    Bonjour
    personnellement je n’ai pas vu dans le commentaire de Margot de leçon de morale ou de sarcasme. Juste un rappel de la dimension politique de cette journée, parce que les droits de la femme se jouent (aussi) au-delà de la bonne volonté de chacun.
    Par ailleurs, merci pour votre blog.
    Laurie

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  23. Lily59 a dit…

    Moi aussi, j’ai été aussi émue par cette dernière phrase… Alors, c’est vrai, tu t’es un peu attachée à nous aussi ? :-)
    Sinon, oui, bien sûr, journée des droits des femmes, mais on s’en fout effectivement parce que c’est justement ce que tu développes dans ton billet. Cela dit, il y a effectivement trop de monde qui fait la confusion sur le fond. Et… j’adore quand tu te mets en colère ! C’est tellement vrai que la gentillesse rend la vie plus belle, même pour exprimer un désaccord… ! Par contre, même en colère, je ne conchie pas l’idéologie… Je crois que même que c’est essentiel; c’est ce qui structure une pensée, qui donne du sens et construit un monde. L’absence d’idéologie, elle, introduit du vide là où il faudrait mettre un projet, des objectifs,et pourquoi pas, une utopie. Et surtout, l’absence d’idéologie ne nous préserve d’aucun extrèmisme. La plupart des électeurs du FN n’ont pas d’idéologie. Et moi j’en ai une, et je doute quand même, et je suis gentille quand même… ;-) L’idéologie n’est pas une certitude, elle s’accompagne forcément du doute et de la réflexion et ne fabrique pas que des sectaires agressifs qui ne pardonnent pas l’oubli d’un mot…

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  24. ingrid a dit…

    très jolie texte Caroline….!!! merci ! j’aime beaucoup ta dernière phrase…. elle est très bien tournée..et on sent que tu nous aimes !! ;-)…

    allez bon week-end surtout !!!

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  25. Sibylle a dit…

    Juste pour dire que je suis très fière de mon mari, qui, alors que je suis actuellement en congé parental pour 8 mois avant de reprendre un poste de cadre de direction (carrière non anéantie par la maternité, donc, ouf, ça arrive), posera un congé parental dans la foulée jusqu’aux 3 ans de notre deuxième enfant (et il l’avait déjà fait pour le premier). A la maison c’est partage des tâches +++. Il y a juste un truc qui m’énerve, c’est tous ceux qui me disent « mais ton mari est INCROYABLE », alors que personne ne dit aux maris dont la femme reste à la maison qu’elle est incroyable, voyez ce que je veux dire ?
    Ah et puis aussi quand on me dit que j’ai beaucoup de chance, je suis d’accord, mais mon mari aussi a beaucoup de chance :-)
    Merci Caro pour ton billet !

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  26. Maryne a dit…

    « Ce qui est bien sûr une info de première importance, mais qui, non suivie de mesures pour mettre fin à cette injustice, ne sert à rien. Ou si, peut-être, à se donner bonne conscience. C’est bon les gars, on en a parlé, on les a bien plaintes, passons à la journée de l’omelette norvégienne. » je pense tout pareil… Très belle journée des droits des femmes à toutes !

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  27. isabelle a dit…

    Je lis actuellement
    « Femmes qui courent avec les loups
    Histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage »
    de Clarissa Pinkola Estés
    Debut de la 4e :
    « Chaque femme porte en elle une force naturelle, instinctive, riche de dons créateurs et d’un savoir immémorial. Mais la société et la culture ont trop souvent muselée cette « Femme sauvage », afin de la faire entrer dans le moule réducteur des rôles assignés »…

    Il ne s’agit pas là d’un simple constat, plaignant le sort de certaines femmes. Ce livre décrypte et éclaire, parfois tombe douloureusement juste sur le point qui fait mal, et nous éclaire la route qui nous permettrait à chacune de retrouver la Femme sauvage.

    Je ne saurais mieux conseiller en cette journée.
    Le chemin pour certains médias est encore long, quand on lit « la journée DE LA femme » !…

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  28. UneAutreCaro a dit…

    Alors voilà, je n’ai pas trouvé Margot agressive, mais qu’elle exposait simplement ses arguments de façon affirmée et qu’elle tentait de t’interpeller! Désolée, d’habitude je ne fais pas de comm sur les comms agressifs car je trouve, comme toi je pense, qu’il ne faut pas mettre d’huile sur le feu et donner de l’importance à ce qui n’en a pas, mais là j’avais l’impression que Margot essayait simplement de faire écho à ce qu’elle avait détecté chez toi comme croyances/certitudes/convictions. Imagine que cette conversation ait été orale, elle n’aurait pas nécessairement eu un ton agressif!! C’est le problème de l’écrit et du manque de recul qu’il engendre. Bon, après, c’est vrai que les « pitiéééé » n’étaient pas nécessaire…
    En toute simplicité, hein…

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  29. K a dit…

    Je te lis depuis quelques moi parce que j’aime ton style! Je me permets juste de commenter auj parce que là je comprends pas: raccourcir le congé mat? vraiment?
    Je suis pas spécialement féministe, suis pour l’égalité tout ca mais faut pas se leurrer, on est qd mme différent: les hommes ne font pas d’enfants et c’est aussi naturellement nous nous occupons d’eux au début (sans pour autant enlever la place du père, c’est pas la question mais si on allaite par ex, le père ne peut pas vraiment « remplacer ») bref tt ca pour dire que je ne pense pas que le probleme soit de prendre un congé mat qui est normal à mon sens et je trouve spécialement court en france mais plutot la place qu’on donne aux femmes en entreprises parce que oui ya un risque qu’elles se barrent en congé mat (mais encore une fois, si j’étais chef d’une petite boite est ce que ca ne me ferait pas réfléchir aussi? mettons que ce soit 2 femmes qui se presentent pr un même poste, à compétences égales, est ce que je ne choisirais pas celle qui a déja des gosses que celles qui veut en avoir?…

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  30. Caroline a dit…

    UneAutreCaro, écoute, j’ai peut-être pris la mouche mais je l’ai ressenti comme ça :-) ce qui n’empêche que j’ai obtempéré parce que sur le fond, elle avait raison !

    lily59, l’idéologie vue par toi, j’adhère. Quand je dis que je conchie l’idéologie c’est parce que j’ai énormément de mal avec les gens qui voient tout par un prisme idéologique et du coup te rangent immédiatement dans telle ou telle case si par malheur tu n’adhères pas intégralement à la doctrine. C’est probablement pour cela que je n’ai jamais pu m’engager en politique. En fait, je crois que je préfère les principes à l’idéologie, voire les valeurs. :-)

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  31. Sibylle a dit…

    Caro évoque le congé parental et non le congé maternité.
    Perso je n’aurais envie de raccourcir aucun des deux mais effectivement je la rejoins pour dire que cela vaut la peine de s’interroger sur la longueur du congé parental quand cela signifie la fin d’une possibilité de trouver sa place dans le monde du travail pour certaines femmes.

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  32. Caroline a dit…

    K, pas le congé mat’, le congé parental :-) je trouve que trois ans, c’est long, très long et les stats montrent que la réinsertion dans le monde du travail est souvent très difficile.

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  33. EmiSoRa a dit…

    Je n’aime pas cette proposition sur le congé parental, parce qu’elle ne changera rien et qýelle apportera un problème supplémentaire : je m’explique, si rien ne change sur les salaires et l’accès aux postes supérieurs pour les femmes (ce putain de plafond de verre), ce seront quand même les femmes qui prendront ce conge, et personne pour les 6 derniers mois, et un peu plus de familles seront en plus contraintes de trouver une solution de garde pour les derniers mois restants avant l’entrée à l’école, je rappelle que ce conge n’est rémunèré que jusqu’au mois precedent les 3 ans de l’enfant. Donc le conge pour les hommes bien évidemment, mais il faut que cela reste un choix de chaque famille, parce qu’ils le peuvent grâce à l’égalité des salaires!

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  34. Moon78 a dit…

    je pensais qu’en Allemagne ce serait différent….mais c’est illusoire!
    Je te souhaite rapidement d’écrire un billet sur les temps qui changent :-)
    Moon…dans une position similaire…

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  35. Caroline a dit…

    merci sybille :-) moi non plus à la base je ne serais pas pour le raccourcir. mais les études de suivi des femmes qui choisissent de le prendre font froid dans le dos tant ensuite c’est la galère…

    Isabelle, il a l’air chouette ce livre…

    Ingrid et Lily59, vous en doutiez que je vous aime ? :-)

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  36. DOMINIQUE a dit…

    Merci Caroline pour cette dernière phrase si affectueuse.
    Ma mère (qui a 81 ans) gérait les sous de la famille, mais elle était bien la seule de son entourage. Ses copines… recevaient une enveloppe de leur mari avec laquelle il fallait « qu’elles fassent le mois » : habiller tout le monde, nourrir, etc…
    Sans compter la demande d’autorisation au mari pour ouvrir un compte en banque, de même pour travailler.
    Des batailles ont été gagnées, mais pas la guerre.
    La seule chose qu’elle m’ait dite « fais en sorte de toujours travailler pour être indépendante ». Et elle avait raison.
    Bon, après comme le dit Caroline, cela dépend de choix profonds, et vouloir élever ses enfants sans travailler (bon, le mot « sans travailler » est relatif, quand on sait ce que cela représente !), c’est un choix respectable. Mais c’est un choix. Pas une obligation.
    Donc cette journée est la bienvenue, non parce qu’elle précède celle de l’omelette norvégienne, mais parce qu’elle permet de réfléchir à nous.

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  37. Caroline a dit…

    EmiSoRa, je serais plus pour une multiplication des modes de garde que pour un maintien de ce congé de trois ans en l’état. Mais encore une fois, ce n’est qu’une piste de réflexion. c’est juste que je trouve terrible toutes ces femmes qui au terme de ces 3 ans ne parviennent pas à retrouver leur place. et en même temps je comprends que pour une entreprise, réintégrer quelqu’un parti si longtemps soit difficile.

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  38. isabelle a dit…

    j’ai élevé mes enfants tout en travaillant pour le côté alimentaire, mon job ne me plaisait pas vraiment mais je pensais que le mieux était de pouvoir le concilier avec ma vie de mère. Tous les soirs, j’étais présente à l’heure « des mamans » (cela aussi a la vie dure) et je ne travaillais pas le mercredi pour assurer la garde, les devoirs, les allers et retours aux diverses activités. Tout cela évidemment ne favorise pas une carrière. Je me suis réveillée vers 45 ans en me demandant si j’avais le bon choix : un sacrifice total de ma carrière. Puis, j’ai repris les rênes de ma vie professionnelle, au moment, où ils se sont envolés tous les 2 vers de belles carrières professionnelles. Aujourd’hui, j’ai 54 ans et la chance de pouvoir enfin me sentir épanouie dans mon travail.
    J’oublie de dire que le papa, lui, a mené sa carrière professionnelle telle qu’il l’entendait…
    Je n’ai toujours pas la réponse et bien sûr je ne l’aurai jamais. Est-ce que mes enfants se seraient aussi bien épanouis avec une mère moins présente ? Je penche pour le oui car finalement, cela devait être pesant, une maman présente certes mais aigrie (sans en être totalement consciente)par cette abnégation.

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  39. reine a dit…

    Tous les 8 Mars , je dis MERCI à toutes les femmes(et aux hommes) qui se sont battus (et parfois sont morts), pour que je puisse faire des études, choisir mon métier, faire l’amour quand je l’ai voulu, choisir mes compagnons librement, diriger une équipe d’hommes et j’en passe….
    Je suis fière aussi d’avoir élevé mes garçons et filles dans le respect des droits de chacun qu’il soit homme ou femme…
    Mais à ma grande honte et colère , je me surprends à être quelquefois dans les représentations et les clichés sexistes….alors le 8 mars, c’est aussi le jour pour réfléchir à tout ça.
    Les filles , je vous souhaite une bonne soirée de meuf libre et joyeuse…moi, je vais boire et danser avec les copines !!!!

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  40. Margot a dit…

    J’aurais du mettre des smileys partout, alors. Parce qu’il n’y avait aucune agressivité dans ce que je disais (un léger agacement tout au plus). On peut aussi percevoir de l’agressivité là où il n’y en a pas. Je ne suis pas douce, j’écris comme je parle, imagine ça avec des mouvements de bras, sur un ton outré mais pas agressif. plutôt genre « rhaaa, mais c’est pas possib’, ça! Même caro dit « journée des femmes?? grmbl grmbl ». tu vois? :-)

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  41. Caroline a dit…

    alors ça va, margot, je suis bourrin moi aussi parfois :-) et puis surtout, je tiens tellement à ça, aux droits des femmes qu’imaginer que je me la joue julien clerc, noooooooon !

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  42. Margot a dit…

    C’est justement parce que je sais, depuis le temps que je te lis, que tu y tiens, que je me suis dit « misèèère, nooon, pas la journée de la femme, pas Caro!! ». :-)
    Et puis je corrige cette « faute » tous les ans depuis des années, partout, et depuis ce matin ça n’arrête pas, comme d’hab. En fait, le 8 mars, je crois que je vais arrêter d’allumer mon ordi, de lire la presse, d’allumer la télé, tout ça.
    Voilà voilà.

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  43. Tournikette a dit…

    je suis nulle en réthorique alors…

    Moi zaussi je t’aime sister Caro !

    ceci est ma modeste contribution aux commentaires que je n’ai pas tous lus… et aussi carpe diem… ok je vais tout lire juré !

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  44. Sifi'net lov' Guisane a dit…

    En même temps on n’est pas obligé de prendre 3 ans. J’ai personnellement pris 1 an pour chacune de mes filles et ai retrouvé ma place sans encombre…

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  45. gaelle a dit…

    D’accord avec Magali. les parents de fils ont une responsabilité encore plus grande je trouve et la tache est bien plus difficile. même éclairés il faut lutter contre les penchants « naturels » d’exiger des filles plus pour les taches d’intérieur.
    je trouve génial que ton fils te remercie… et qu’il réalise qu’il emballera bien plus de filles en étant égalitaire, sans perdre son statut de « mec » ;)

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  46. Gabie a dit…

    Merci Moon78. Il y a plein de bonnes choses en Allemagne, dont un congé parental pour les 2 parents, mais c’est majoritairement un pays conservateur où il est bien vu que la maman reste à la maison pour s’occuper des enfants et où l’on manque cruellement de places en garderie et crèche. Mais je vais pas me laisser faire ;)
    Bon courage à toi aussi

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  47. ES a dit…

    Je suis plutôt d’accord avec EmiSora sur le fait que raccourcir de 6 mois les congés parentaux risque de poser problème si ça côté de ça on n’augmente pas le nombre de possibilités de garde d’enfants (mais en période de vaches maigres budgétaires, ce n’est pas gagné…) Déjà, à l’heure actuelle, il y a des situations assez absurdes pour les enfants nés en début d’année (par exemple dans certaines crèches qui ne prennent plus les enfants après leur 3ème anniversaire, d’autant plus qu’il y a peu d’écoles qui acceptent de nouveaux enfants en cours d’année).

    Mais effectivement, les 3 ans de congé parental peuvent être un gros problème en termes d’emploi, surtout pour celles qui étaient au chômage avant de le prendre…

    Caro, comme toi j’ai été élevé par une mère qui travaillait (et toutes mes tantes, et mes 2 grands-mères, travaillaient aussi), quand j’étais enfant ou ado il ne me serait jamais venu à l’esprit de rester au foyer. Ni maintenant, d’ailleurs: il y a des moments où mon boulot me gonfle, et où j’aimerais avoir plus de temps pour mes enfants, mais quand je vois certaines connaissances de ma mère qui ont divorcé à la cinquantaine après des années au foyer, pour se retrouver au chômage ou avec des emplois pénibles et mal payés (femme de ménage par ex.) et qui vont toucher une retraite de misère, ou d’autres dont le conjoint s’est retrouvé au chômage ou avec de gros problèmes de santé l’empêchat de travailler pendant des années, je me dis que l’indépendance financière est vraiment cruciale… et d’ailleurs la grande majorité des hommes ne se pose pas la question.
    Au passage, on peut regretter qu’avec les diverses réformes récentes des retraites, il est probable que les retraites de beaucoup de femmes diminuent (les personnes aux carrières incomplètes seront pénalisées par la décote, par l’augmentation du nombre d’années de cotisations…) et je n’ai pas l’impression que les médias s’en soient beaucoup préoccupé.

    Dans ma belle-famille, beaucoup de femmes ne travaillent pas, parfois la communication est un peu difficile…

    « Leur père, pourtant ardent défenseur de la cause féminine, éprouve une difficulté
    indécrottable à poser une demi-journée pour un rendez-vous chez le dentiste ou une réunion avec la prof principale.  »
    Mon père était un peu du même genre (à croire que tout s’effondrerait à son travail s’il n’était pas là…) Au fil des ans, ça a surtout créé pas mal de rancoeurs chez ma mère (c’est maintenant que j’ai des enfants que je réalise à quel point elle a dû galérer à certains moments avec un travail à temps plein, un mari peu disponible et deux enfants !)

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  48. Corinne a dit…

    « International Women’s day », c’est comme cela que l’on nomme cette journee aux USA entre autres, aussi je ne vois pas en quoi l’appellation « Journee internationale de la femme » peut etre reductrice?
    Embrassons notre feminite mais continuons de nous battre pour plus d’egalite et le respect de nos droits les plus fondamentaux en tant qu’etre humain.
    Je ne te l’ai jamais dit Caroline, mais je prend beaucoup de plaisir a te lire!

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  49. laurencemilan@gmail.com a dit…

    Bonjour,

    je lis régulièrement ce blog sans commenter(je l’ai fait une fois et ça a pas marché alors va savoir…)
    Bon j’adore, mais là y’a un truc qui me heurte: « pour un congés parental plus court » 0_0
    Je vis au Québec. La mère à 18 semaines, le père 5 et les deux ont en plus 32 semaines, partageables comme ils veulent (et payés)
    Je me suis désolée de laisser ma fille de 11 mois en garderie, et je me désole de devoir le faire pour la future qui va arriver dans deux mois.
    Mais il me semble que suite à un congés parental, on retrouve sa place au boulot, c’est la loi, en France aussi non?
    Et je vois tellement d’amies françaises se désoler de laisser leurs enfants en garderie au bout de 3 mois, (et je compatis) que votre phrase me heurte… en quoi profiter des premières années de la vie de ses enfants est une régression pour la femme… être mère et avoir envie de l’être à temps plein, pendant quelques temps, et avoir le droit, et les moyens de le faire (grâce aux congés parentaux payés)… ça peut aussi être un désir de femme féministe. Pour moi il était évident que je n’arrêterais pas de travailler quand j’aurai des enfants… Avec l’ arrivée de la première, mes idées reçues sont parties en fumée.
    Que le père ou la mère reste au foyer,par choix, pendant que l’autre subvient aux besoins de la famille, sans que ni l’un ni l’autre ne se sente redevable de quoi que ce soit,ou au contraire supérieur, pour moi, c’est basé sur un respect mutuel… c’est la base de l’égalité.
    En tout cas, il me semble que le congés parental n’est pas obligatoire, tu peux revenir bosser quand tu veux, alors pourquoi le réduire encore. C’est si important pour les droits de la femme de se débarrasser de son enfant au plutôt?
    Il en pense quoi lui?
    Bref, le combat pour les droits de la femme quand il renie le rôle de mère et me donne l’impression qu’à peine né, le rejeton est un boulet, j’avoue, je ne comprends pas.
    Je suis maman et je travaille. Et je crois que sans ce dernier élément, je serai encore Femme,être humain à part entière, dans ma tête et celle de mon homme… ceux qui pensent le contraire ont peut être oublié d’évoluer avec leur temps. L’Égalité, que tout le monde ait les mêmes droits. Un droit n’est pas une obligation… et le plus important, c’est que cette égalité soit dans la tête de tous, pas dans le bilan financier de la famille (franchement, je comprends que ça ait commencé avec ça, mais encore une fois, un homme ne devrait pas se sentir obligé de ramener le plus gros salaire et de ne pas prendre quelques années pour s’occuper de ses enfants… et une femme non plus)

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  50. mammouth a dit…

    Les mots ayant un poids certain, je suis d’accord pour dire que la sémantique a son importance. N’empêche que dans ce cas-ci, l’ONU l’appelle la Journée internationale de la femme. C’est aussi le titre que j’ai employé.

    @Magali: je suis bien d’accord avec toi là-dessus, et ça revient à l’éducation dont parlait Caro. Ça commence à la maison. Je dirais quand même qu’avant de pouvoir éduquer nos enfants à l’égalité, il faudrait commencer par nous convaincre nous-mêmes. Par exemple, quand je lis les commentaires de plusieurs sur le partage des tâches domestiques, entre autres de femmes qui travaillent, de femmes indépendantes, je me dis qu’on a encore pas mal de boulot à faire pour se défaire du monde paternaliste dans lequel nous évoluons. Ce monde est aussi ancré dans les mots, pour revenir à eux.

    Le côté positif (parce que je ne suis pas supposée râler ces temps-ci), c’est qu’il y a toujours des améliorations à notre condition, si infimes soient-elles. Parfois, ça nous touche moins car ce n’est pas en occident, mais ailleurs. Mais on avance quand même.

    Ok, j’arrête de tartiner.

    Répondre
  51. insofa a dit…

    Sur l’éducation, une petite anecdote: juste avant-hier, je cherchais un cadeau pour les 2 ans de ma fille. J’étais rentrée dans une boutique adorable et un peu différente de jeux en bois surtout. J’explique à la vendeuse que je cherche des idées pour le-dit anniversaire. Elle s’extasie sur 2 produits géniaux que les fiiilllles adooorent : la machine à laver (avec sa pastille et tout et tout) et la table à repasser avec le fer comme Maman ! NO WAY. Elle me réponds, je sais, je sais mais elles adoorent ça ! Je lui réponds oui oui ma fille adooore le nutella aussi, c’est par pour ça qu’elle en mange à tous les repas, l’éducation que ça s’appelle… Mon mari mort de rire d’ajouter « bon et bien on va aller chercher des soutifs et des briquets pour ses 2 ans…merci madame, au revoir madame »

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  52. berengere a dit…

    je surkiffe ce beau billet Caro et je kiffe Michalak egalement !!!
    et merci pour la conclusion de ton billet dans laquelle je me reconnais à plusieurs niveaux !
    coté boulot j’ai repris hier ! 7 ans que j’avais pas travaille (je compte pas le benevolat ou je suis superactive !) un job qui me ravit chez ekyog (je kiffe trop cette marque !) et hier soir alors que j’etais si contente de cette reprise…vlan la babysitter laisse un message pour dire qu elle se desiste pour cet aprem…grrr …du coup ce matin (je recherchais une bs acitvement) mon mari m’appelle pour me dire qu il prend son aprem et annule ses reunions pour que j’aille bosser sans soucis ! ouf ! et mes filles sont fieres de moi car elles aussi veulent travailler finalement plus tard oui pour faire comme les copines (toutes mes copines bossent !)
    bon ça n’a rien à voir avc le sujet, oups !

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  53. ES a dit…

    Argh, j’avais posté une longue réponse à Laurencemilan, mangée par Pépère…

    Pas le courage de tout retaper, mais:
    comment sont indemnisées les congés parentaux au Québec ? Les durées que tu mentionnes, est-ce que c’est pour le congé maternité, ou le congé parental ?

    En France, pour les 2 premiers enfants, le congé maternité est de 16 semaines, celui de paternité de 11 jours consécutifs. Les deux sont indemnisés avec un montant qui dépend du salaire, jusqu’à un certain plafond (il y a des cas où l’entreprise complète jusqu’au salaire antérieur).

    Le congé parental peut être pris jusqu’aux 3 ans de l’enfant. Il y a une aide de la Caisse d’ Allocations familiales qui est d’environ 560 euros, pour 6 mois si c’est le premier enfant, jusqu’au 3ème anniversaire de l’enfant pour les enfants suivants.

    Une femme qui a un contrat à durée déterminée retrouve son emploi à la fin de son congé (ou un emploi similaire: par exemple, pour une enseignante dans le public, si le congé dure plus d’un an il y a perte du poste, ce qui veut dire qu’il faut parfois changer d’établissement, et dans certaines disciplines, parfois changer de ville…)
    Mais on a aussi droit aux indemnités lorsqu’on est au chômage mais qu’on a cotisé pendant une certaine durée avant la naissance de l’enfant, ou lorsqu’on est en contrat à durée indéterminée. Ce sont les femmes qui sont dans ces situations qui sont beaucoup plus touchées par le chômage après la reprise du travail (ou les temps partiels subis).

    Répondre
  54. ES a dit…

    PS: les hommes aussi peuvent prendre des congés parentaux, mais en pratique, 96% des congés parentaux sont pris par des femmes.

    Répondre
  55. FredlaProf a dit…

    Un bien joli marronnier !
    Merci pour ce témoignage. Nous travaillons dans le même sens à l’école malheureusement les mentalités sont bien ancrées dans la tête de nos petits mômes. A nous les mamans de poursuivre l’oeuvre de nos « prédécétrices » à moins de préférer « prédécesseuses ». Même la langue nous fait obstacle ! Heureusement à nous les femmes, il reste un pouvoir incroyable : le choix…

    Répondre
  56. Nathalie a dit…

    Moi je dis qu’il n’y aura plus besoin de journée de la femme quand on arrêtra de demander aux femmes d’avoir une taille de guêpe, un pubis de petite fille pour rentrer dans de la lingerie liliputienne, quand on arrêtera de dire d’une femme chef d’entreprise que de toute façon elle est trop con (vécu) alors qu’on ne l’a jamais rencontrée, qu’on ne dira pas d’une femme qui tombe amoureuse d’un homme plus jeune qu’elle que c’est une cougar (dans le sens inverse un homme qui tombe amoureux d’une jeune femme reste un homme, et en plus il a de la chance!), et d’une femme qui demande le divorce que c’est une salope. Que tout ça changera quand les femmes qui travaillent (moi) accepteront que d’autres restent à la maison, que les femmes qui ont des enfants (moi) accepteront que d’autres n’en veuillent pas, et qu’elles se regarderont d’abord avec bienveillance et non avec une lueur de jalousie dans l’oeil. Voilà c’était mon coup de gueule contre cette hypocrisie de la journée de la femme.Bonne journée à toutes. nathalie

    Répondre
  57. Lza a dit…

    Ce billet me donne envie de pleurer. Tu dis si bien la complexité de la vie d’une femme. J’ai été élevée par un Papa et une Maman qui ont pensé que je pourrais tout faire, que avant d’être femme, j’étais une personne mais en ayant peur un peu pour moi. Alors, aujourd’hui, je crois que c’est un peu pour ça que j’ai peur de tenter d’accomplir mes rêves (et aussi à cause du reste du monde qui va pas super bien). Je n’ai pas encore de bébé et tout ça me questionne. Lire ton billet me donne de l’espoir. Merci.

    Répondre
  58. Caroline a dit…

    Laurencemilan, je n’ai jamais écrit que l’enfant était un boulet. je n’ai jamais renié le rôle de la mère. Je me base uniquement sur des chiffres effrayants qui montrent qu’il est extrèmement difficile de retrouver un poste équivalent après un congé parental. Bien sûr la loi oblige un employeur à reprendre la personne. Mais on sait tous combien il est facile de décourager quelqu’un, surtout quelqu’un de fragilisé après des années de déconnection du monde du travail. Cette étude, totalement objective, montre la complexité du dispositif: http://www.caf.fr/sites/default/files/cnaf/Documents/Dser/PSF/108/psf108-1-paulinekertudo.pdf et celle-ci montre donc que près de la moitié des femmes ayant choisi le congé parental renoncent d’elles mêmes à l’emploi, et pas vraiment par choix: http://www.caf.fr/sites/default/files/cnaf/Documents/Dser/PSF/108/psf108-1-paulinekertudo.pdf

    Donc je trouve que raccourcir le congé (un an ou deux par ex) et mieux le rémunérer n’est pas une mauvaise idée. Ou alors la solution qui a été esquissée et qui consisterait à conditionner l’attribution des allocs au fait que le père prenne six mois sur les trois ans. Bref, des mesures pour que ce ne soit pas dans 97% des cas la femme qui choisisse de s’extraire du monde du travail.

    Après, que celles qui ne veulent plus travailler du tout le fasse, c’est un choix que je ne discute pas. Mais j’ai vécu le chomage de mon père et c’est ma mère qui a fait bouillir la marmite toute mon enfance. J’ai aussi vu des amies de ma mère qui ne travaillaient pas se faire plaquer à 50 ans par leur mari et se retrouver complètement démunies. J’ai vu des femmes perdre leur mari, aussi. Et celles qui avaient travaillé, forcément, s’en sortent mieux. Financièrement mais aussi psychologiquement. Parce qu’on ne m’enlèvera pas de l’idée qu’exercer une activité autre que celle d’entretenir le foyer permet de s’épanouir, de ne pas TOUT miser sur la cellule familiale. Les enfants grandissent, et plus vite qu’on ne le pense. Et il ne faut pas rêver, ils ne vous remercient jamais de vous être « sacrifiée » ou pas sacrifiée d’ailleurs. Mais chacun voit midi à sa porte, juste, il faut que ce soit un CHOIX. Et ça ne l’est pas pour tout le monde, loin de là.

    Répondre
  59. Marje a dit…

    Tu n’es pas dans l’avion Caro ? Je t’imaginais dormir plaisiblement la tête posée sur le bord d’un hublot … Ton commentaire est vraiment pertinent et construit le débat !

    Répondre
  60. anael a dit…

    perso, je trouve cette journée d’une hypocrisie totale …

    ceci dit, ton billet est très joli :)

    pour le congé parental, n’oublions pas qu’il est renouvelable tout les six mois et aménageable, donc pn peux parfaitement être en congé parental sans pour autant se couper du monde du travail.

    ce n’est pas tant le congé parental qui bloque le retour au marché du travail, c’est surtout le manque de systèmes de garde et la mentalité de pas mal de chefs d’entreprises (hommes ou femmes).

    le choix du retour au travail s’indexe principalement sur le moyen de faire garder les enfants, et c’est là que beaucoup de femmes n’ont pas le choix : quand vous ne trouvez pas ou que cela vous coûte plus cher de travailler que de rester à la maison, bah, le choix est loin d’être facile, quand il y a un choix.

    le congé parental comme ils le préparent est une imbécilité totale : obliger les père à prendre ce congé pour bénéficier des aides de la caf, c’est ruiner plein de famille, la supériorité du salaire parental est une réalite, et perdre six moix de cette supériorité, je doute qu’il y ait beaucoup de famille à pouvoir se le permettre.

    Répondre
  61. laurencemilan@gmail.com a dit…

    Pas mal d’Accord avec Anael
    Réduire le congés parental (adaptable d’Après ce que dit Anael, donc où est le problème??)c’est un peu jouer le jeu des mauvais bosses (résitant à l’idée d’égalité jsutement) qui disent « soit une mère ous oit une travailleuse, mais les deux, tu peux te gratter! »
    Il vaudrait mieux travailler sur cette difficulté à ce réinsérer après ce congés parental, sinon c’est se plier à la mentalité qui veut que les femmes doivent se laisser pousser les coucougnettes si elles veulent l’égalité, et donc nier ce qui fait leur féminité (le besoin de rester près de son enfant quelques années en fait parti, entre autre, chez certaines femmes)
    Égalité oui, avec respect des différences aussi.
    Ben oui, plus de femmes prennent un congés parental, certainement aussi parce qu’elles en ressentent l’envie, plus que les papas, c’est un fait, c’est triste mais c’est une différence homme-femme (meme si certains papas ont cette envie aussi, je ne le nie pas)
    Bon et puis entre prendre 3 ans de congés et demeurer femme au foyer, y’a un graaaaand pas.. disons un grans écart. Il ne faut pas tout mélanger, ni extrapoler
    D’ailleurs la difficulté dans laquelle se trouve une mère au foyer lorsque son conjoint disparait(pour une raison ou une autre) n’a rien à voir avec l’égalité homme-femmme. Elle serait la même pour un homme au foyer, tant plébiscité par certaines.
    En ce qui concerne l’accomplissement personnel, je pense qu’il dépend de chacun et chacune. Etre femme au foyer ne signifie pas uniquement faire la popotte et attendre le retour de la famille à la maison, en s’oubliant complètement.
    En ce qui concerne la reconnaissance des enfants:O)… comme je pense qu’être parent, c’est être prêt à donner et uniquement donner, Je suis d’accord. Par contre si le choix que l’on fait, est réellement vécu comme un sacrifice… alors ce n’était surement pas le bon choix… quand on l’a.

    Répondre
  62. NuNue a dit…

    Dans ma boîte, la journée a été célébrée

    – par un mail demandant aux femmes de chaque pôle de faire une JOLIE photo de groupe
    – par une rose à chaque femme (hooo c’est pour quoi ? Parce que j’ai un utérus ?? Hoo ça me fait tellement plaisiiiir)

    Dieu merci (je sais, il n’y est pour rien) j’avais posé ma journée sinon je serais passée pour une féministe poilue et aigrie :)

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