Mères libérez-vous !

photo(63)

Je me souviens très bien de la première fois où j’ai vu Marie-Caroline. Elle a débarqué toute de rouge vêtue – sa « signature » encore aujourd’hui – dans le minuscule bureau que j’occupais tout en haut de ce vieil immeuble du 5ème arrondissement. J’étais arrivée six mois avant dans cette agence de presse encore embryonnaire et voyais plutôt d’un très bon oeil la perspective d’avoir un peu de compagnie. Même si cette compagnie était de celles faisant tourner toutes les têtes et tomber les hommes comme des mouches. Bizarrement – ou pas – ce zeste d’aigreur que je peux éprouver lorsque je rencontre des filles comme Marie-Caroline, tableau parfaitement réussi par une mère nature particulièrement en forme, n’a pas fait long feu. Probablement parce qu’au bout de cinq minutes on s’était découvert mille points communs, à commencer par nos origines lyonnaises, nos mères profs et un peu notre prénom. Surtout, malgré une petite différence d’âge – la pauvre a un peu plus de 29 ans – (hin hin hin), on s’est entendues comme larrons en foire, passant de longs moments à rire comme des dindes. Un peu trop d’ailleurs, notre boss a assez vite flairé l’embrouille et compris que s’il ne nous séparait pas notre productivité risquait d’en pâtir. Mais le fait de ne plus partager le même bureau n’a pas émoussé notre complicité.

Et depuis tout ce temps, un peu plus de dix ans aujourd’hui, nous sommes donc restées amies, partageant non seulement de bons et moins bons souvenirs de notre ancien boulot, mais aussi une passion pour la politique, la bonne chère, les cocktails dans les endroits lounge et aussi, le statut de la femme aujourd’hui, étant toutes deux mamans et chacune à notre façon pétries d’ambitions.

Cette longue introduction pour vous raconter donc que de ce sujet de préoccupation constant – comment être mère tout en s’épanouissant professionnellement – Marie-Caroline Missir a fait un livre, co-écrit avec Louise Touret, également journaliste, mais de radio. Intitulé « Mères libérez-vous », cet ouvrage recense toutes ces injonctions contradictoires que les femmes reçoivent continuellement du moment où l’enfant parait: « Allaite jusqu’à 6 mois, mais ne reste pas trop longtemps loin de ton boulot, dors avec ton enfant pour le rassurer, mais ne tombe pas dans le fusionnel, materne à donf, mais reste une amante pour ton mari, etc, etc etc ». Et de montrer au fil des pages combien les femmes sont souvent seules à assumer les conséquences de la maternité, à se culpabiliser de n’être pas assez bonnes en tout. Prises de tête que l’on ne retrouve en effet que rarement chez les pères, à moins qu’ils n’intériorisent beaucoup ?

Egalement terrifiant, la façon dont les recruteurs anticipent les supposées faiblesses de leurs employées une fois mères. De cette anticipation découlent souvent les inégalités salariales et autres retards de promotions. Avec à la clé, ce fameux tournant des 35 – 40 ans, où de nombreuses femmes décident de lever le pied, de renoncer à cette carrière ardemment désirée. Parce qu’il arrive un moment où perdre sur tous les tableaux, celui du boulot mais également celui de la maternité, ça va bien cinq minutes.

Sur ce point précis, vous pensez bien que j’ai mon mot à dire. Je rentre en effet pile poil dans la case, ayant décidé à 39 ans, après la naissance de ma troisième, de claquer la porte de ma boîte où j’avais un poste de rédactrice en chef adjointe, pour devenir pigiste, = prolétaire de la profession, statut que personne ne choisit à priori, à part quelques illuminées et/ou justement mères rêvant d’une utopie, d’une vie où elles pourraient concilier vie privée et professionnelle.

Il se trouve que je n’ai pas vraiment eu l’impression que ce choix m’avait été imposé par une société machiste. A la limite, j’avais passé le plus dur, l’horreur, je l’ai connue à mon retour de congé maternité, mais quand je suis partie, honnêtement, je parvenais malgré tout à m’en sortir et mes enfants aussi, d’autant que je l’ai souvent dit mais à la maison, l’égalité n’est pas qu’un discours et que je n’ai jamais eu le sentiment d’être seule dans ma galère. Mais il est certain par exemple que mon 4/5è, choisi en accord avec mon patron lors de mon recrutement m’a été reproché ensuite des dizaines de fois. Et que lorsque je suis partie, je n’avais pas été augmentée depuis 4 ans, ce qui en matière de motivation est assez discutable. Bref, personnellement je ne veux toutefois pas voir mon choix comme un repli par défaut, une capitulation, mais vraiment comme une autre voie, un chemin moins ascensionnel mais pourtant épanouissant. Il n’en reste pas moins que c’est un parcours qui reste rarissime pour un homme et que le churros, pourtant donc exceptionnel, m’a récemment expliqué qu’il n’avait pas pu me prévenir de son retard pour aller chercher Rose, au prétexte que « devant dix personnes en réunion c’était impossible ». C’est vrai quoi, quelle honte d’avouer devant d’autres hommes qu’on avait prévu d’aller récupérer sa fille à l’école… Autant se mettre à poil dans l’open space pour montrer que notre femme nous a vraiment coupé les couilles.

Je m’égare et je digresse, mais vous l’aurez compris, ce livre est passionnant et prête à débat et discussion, je vous le conseille VIVEMENT ! Non seulement il y est confirmé que souvent quand même, on se fait un peu avoir, mais en plus les auteurs suggèrent quelques pistes pour parvenir à relever le défi…

mères

Mères, libérez-vous, Marie-Caroline Missir et Louise Touret, Plon, 2014

192 comments sur “Mères libérez-vous !”

  1. CCcC a dit…

    Je relis ce passage et je découvre à quel point ce qui m’est arrivé est en fait un grand classique, merci pour cette belle découverte: « Avec à la clé, ce fameux tournant des 35 – 40 ans, où de nombreuses femmes décident de lever le pied, de renoncer à cette carrière ardemment désirée. Parce qu’il arrive un moment où perdre sur tous les tableaux, celui du boulot mais également celui de la maternité, ça va bien cinq minutes ».

    Répondre
  2. clicou a dit…

    Comment te dire… Après avoir fait sauter des crêpes à 23h hier soir pour la fête de l’école, juste pour donner l’impression d’être working girl ET mère parfaite (et un peu pour voir des étoiles dans les yeux de ma fille)… Ce que tu évoques résonne particulièrement en moi ce matin

    Répondre
    • Kro a dit…

      Très bon exemple de notre volonté (?) d’assurer sur tout les plans et de s’épuiser à la tâche !
      Je crois que ce genre de choses, nous le faisons toutes !

      Répondre
    • Marie Souricette a dit…

      merciiiiiii! malgré mes convictions bien féministes, a la même heure et pour les mêmes raisons je faisais une tarte pour la kermesse de l’école, opportunément planifiée un vendredi soir de week end de 3 jours….

      Répondre
    • Covima a dit…

      Haha clicou comme je me retrouve là-dedans ! Ou comment se lever plus tôt le matin pour préparer avant 7:00 le déjeuner de ma collégienne parce qu’elle rentre à midi avec ses copines… Et que je ne peux quand même pas leur servir de la pizza surgelée, mon statut de mère-(im)arfaite en prendrait un coup 😆

      Répondre
      • La linotte a dit…

        d’où l’intérêt d’avoir une recette de gateau au chocolat ultra rapide (on mélange tout dans la casserole, on verse dans un moule qu’on enfourne) qui tient même quand l’adorable progéniture se rappelle en se levant que c’est pour aujourd’hui le gateau et que l’école commence à 8h30… le deuxième intérêt de ce gateau étant qu’il est super facile à apprendre à faire aux enfants.
        donc les dits enfants le préparent eux mêmes pour leurs copains, et la maman qui a le mérite de leur avoir appris (mère parfaite) peut se la couler douce (mère indigne).
        bon, donc ayant juste passé le fameux tournant d’âge, j’ai trouvé une solution partielle pour les gâteaux, mais pour le boulot, je confirme qu’aux 4/5e je trouve assez frustrant le manque de considération parfois (un chef qui vous avoue tout benoitement que ben oui il vous évalue sur des objectifs correspondant à un temps plein car il ne sait pas faire autrement, mais qu’on ne peut pas avoir la paye qui correspond parce que quand même on est aux 4/5e… pfffff). (à la différence de caro, c’est moi qu’il l’avait « imposé » le 4/5e grace au congé parental de droit, et j’ai quand même été augmentée, même si pas énorme… mais ça ne me console pas pour autant!.)

        Répondre
        • Covima a dit…

          De mes années à temps partiel, je garde surtout le souvenir du chef qui me disait systématiquement le mardi soir, en faisant semblant d’avoir oublié : « ah mais oui, c’est vrai, vous n’êtes PAS LA demain ! » Pas facile tout ça en effet ! Si tu repasses par ici, @lalinotte, tu donnerais ta recette miracle de gâteau au chocolat ?

          Répondre
    • Ava a dit…

      Tout pareil que toi… 40 ans ds six mois, un amour pour mon metier (journaliste aussi) qui s est pris tant de baffes (non promotions, salaire qui stagne, horaires elastiques, precarite generale de la profession), deux enfants, un epuisement de mon energie qui m a ramenee dare dare chez le psy. Je trouve que cet age devrait etre genial mais qu il est juste terriblement frustrant, un bon moment pour apprendre l aigreur (=trop de biere et chocolat compensatoires)
      Je reve de reprendre les renes de ma vie en main.

      Répondre
  3. matinbonheur a dit…

    « Seules à assumer les conséquences de la maternité et culpabiliser de ne pas être assez bonnes en tout. »
    Oulà ce livre est pour moi!
    On a eu la bonne idée de monter notre petite entreprise et de faire deux enfants en l’espace de deux ans. Autant dire que c’est chaud cacao de tout concilier et qu’on tâtonne pour trouver l’équilibre, enfin surtout moi parce que Mister bonheur gère bien de beaucoup s’investir au boulot et de passer pour un Wonder daddy dès qu’il change une couche!

    Répondre
  4. Estelle a dit…

    Voici un post qui me parle terriblement, souhaitant être bientôt maman et trouver l’équilibre travail/études/vie de famille idéal. Voilà vraiment où est le débat féministe pour moi. Pas dans le vêtement (au final chacun porte ce qu’il lui plaît) mais dans tout le reste ! Travail en tête avec ne serait-ce que l’égalité des salaires. J’ai souvent l’impression que la société nous fait nous diviser – nous : les femmes – avec des choses futiles alors que les sujets d’importance passent sous notre nez. Nous devrions tellement plus être dans la soliarité ! L’union fait la force, n’est-ce pas ?

    Répondre
    • cash cash a dit…

      Je suis entièrement d’accord avec toi et je trouve que tu mets le doigt sur un point crucial. Mais alors, à qui profite le crime ???

      Répondre
  5. Crapaud a dit…

    Ce livre je vais me le procurer… Je suis comme beaucoup, à 35 ans, réalisée dans ma famille mais pas du tout professionnellement, je suis perdue. Et le papa, comme beaucoup, tout à son job, qui grimpe grimpe grimpe à l’échelle sociale pendant que la maman reste en bas et heu… tient l’échelle. Bonne journée…

    Répondre
  6. Marje a dit…

    Ce livre me tente terriblement ! Autant vous dire que lorsque PetitPetit s’est levé avec une fièvre de cheval ce matin, personne ne s’est posée la question de qui resterait à la maison à le couver aujourd’hui … Mère, working girl, miettes de femme et surtout prisonnière. Du coup, j’aurai le temps de faire le gateau pour le spectacle de l’école ce soir, de laver et de faire sécher les draps et puis peut-être même de faire le plein de courses. Il faut avouer la vie est pleine de petits plaisirs lorsqu’on est une femme ! Non ? J’inscris tt de suite ce titre sur ma liste d’achat. Merci

    Répondre
  7. Chris a dit…

    J’ai eu la chance d’échanger des mails avec Marie-Caroline suite à un de ses articles parus dans l’Express et avec lequel je n’étais pas d’accord (elle écrivait que la méthode globale n’était us enseignée et je lui ai soutenu que si, ma fille de 12 ans à l’époque l’ayant subie !)
    J’avais découvert à travers ses réponses une personne charmante et je vais m’empresser d’acheter son livre.
    Bonne journée et continue de nous faire découvrir tant de personnes.

    Répondre
  8. Elsa a dit…

    Bizarre comme cela semble à la fois terriblement collectif et terriblement perso comme sentiment… elle est peut-être là la vraie question du féminisme aujourd’hui ; dans un sentiment un peu diffus mais partagé par beaucoup de femme au travail…

    Répondre
  9. Marie Souricette a dit…

    Et as-tu fais le test avec le churros, du nombre de fois en entretien professionnel où on lui a demandé sa situation familiale/s’il avait des enfants/ s’il comptait en avoir d’autres/ etc? pour avoir cherché du travail en même temps que mon mari il y a 2 ans, le déséquilibre est édifiant….

    Répondre
  10. Stéphanie a dit…

    Ca m’emmerde toujours qu’on dise que les femmes ne peuvent pas tout avoir (ie une belle carrière et une vie de famille épanouie) parce que bizarrement les mecs qui ont une belle carrière personne ne leur dit que c’est vraiment trop dommage pour eux de ne pas voir leurs enfants… M’énerve.

    Répondre
    • Smouik a dit…

      Ne t’inquiète pas, il y en a beaucoup qui le découvrent tout seuls un jour ou l’autre, et notamment lorsqu’ils arrivent en fin de carrière…

      Répondre
  11. Katcze a dit…

    Je l’ai suivi à l’étranger, enceinte de Numberone en abandonnant job et ambition. Évidemment, j’avais la ferme intention, une fois accouchée, de trouver un boulot et de me lancer dans une nouvelle carrière. Mais comment s’y consacrer quand lui rentre tard, trop crevé pour prendre quoi que ce soit en charge à la maison. Alors on a mis en route Numérobis… Tant pis, j’ai plongé à fond dans mon rôle de maman et je m’y suis épanouie. De toute façon, ici, l’école termine à 15h30… Et lui s’est fait la malle. « Je suis déçue, tu n’as plus aucune ambition, ce n’est pas comme ça que je te voyais ! Et tu t’es tellement consacrée aux enfants que j’ai l’impression que tu ne m’aimes plus » m’a t-il dit. Euhhhhhhh coucou, moi, je finis mes journée à 23h, après les devoirs, les douches, la bouffe, le rangement, le lave-vaisselle démarré, le linge plié, les chaussettes ramassées, les histoires racontées, les enfants câlinés, les dents lavées, les enfants couchés… Et toi, tu as regardé quelle série à la télé ? J’ai comme un arrière goût d’injustice et d’incompréhension. Oui, je t’aime, mais je n’ai pas le temps de te le montrer !

    Répondre
    • Karine a dit…

      … il me dit que je suis aigrie, que j’ai beaucoup changé ….
      Ben voyons !

      A force de ne plus avoir le temps d’aimer, c’est le désamour qui s’installe …
      Bon courage à toutes
      Karine

      Répondre
  12. leyleydu95 a dit…

    Ca me parle tellement!
    Tout comme les commentatrices avant moi, j’ai l’impression que mon mari travaille à plein temps pour son entreprise alors que moi je n’aurai qu’un « petit job » pour m’occuper…Je rage de cela tout le temps parce que moi, je travaille à 2mns de la maison alors que lui travaille à la capitale!
    Heureusement, il sait se rendre disponible le week-end mais le soir, je mange en tête à tête avec mon fils et je suis la seule à me prendre la tête sur les devoirs, la douche,le coucher…

    Ps: nous avons 250 euros brut d’écart sur nos fiches de salaire;il est cadre et moi employée…Qui se fait le plus avoir à votre avis ??

    Répondre
  13. delle a dit…

    Comme tout ça raisonne, même si je l’avoue je ne suis pas encore tout à fait dans la tranche « 35-40 », je sois être précoce :-)… hier on m’a souligné que mes 2 filles ayant les mêmes difficultés avec les changements et notamment la transition chez la nourrice ça devait sûrement venir de moi (trop proche de ses enfants)et le même jour on m’a souligné que prendre un 80% pour ses enfants et envisager une formation c’était peut abuser… Bref ça raisonne bonne journée

    Répondre
  14. Fred a dit…

    Ca fait un bel écho aussi chez moi… un mois avant le début des grandes vacances, pas de solution de garde pour les mômes, à moins de payer le PIB du Botswana… Et de me demander si au final, je ferais pas mieux de prendre deux mois de congés sans solde… Mais si je fais çà, le congé risque de se prolonger pour une durée indéterminée…

    Répondre
  15. Aurélie a dit…

    Je l’ai lu la semaine dernière, il est très bien… La réalité à souvent corroboré les exemples montrés dans le livre. C’est vrai que la presse (secteur dans lequel je travail) est un milieu de plus en plus féminin… Et honteusement macho! Beuh…

    Répondre
  16. Mariléti a dit…

    Rah la la, le fameux passage des 35-40 ans …. je l’ai pas passé personnellement …. avec un job à 1 h 1/2 de mon chez-moi, 2 enfants (adorables hein c’est pas le problème), un mari obligé de bosser environ 60 h par semaine sinon c’est la porte, j’ai fait un « léger » burnout généralisé dont je ne sors plus, 4 ans après. On en demande trop aux femmes, vraiment trop.

    Répondre
  17. Marion a dit…

    Mon mari et moi: même âge (31 ans) + même début d’études de droit sauf que moi je les ai finies (y’a pas de mal à se faire mousser) + même ambition + même charge de travail = non pas 250€ brut de + par mois (ce qui est déjà énorme) mais 2000€ net de plus par mois. Oui, tous les 2 cadres, mon mari gagne pile poil le double de moi.

    Alors… qui va récupérer Mélimélo qd la crèche finit à 16h30?
    Qui emmène Mélimélo chez la pédiatre?
    Qui prend des jours enfants malade quand arrive la varicelle?

    Bah c’est moi bien sûr, parce qu’en + de ramener l’argent de poche à la maison, j’ai fait le choix judicieux d’être « fonctionnaire » (=glandeur/profiteur/poids à la charge de la Société/gréviste – aucune mention à rayer).
    Alors je ravale ma colère et constate amèrement ce cercle vicieux s’installer. 5 ans d’études, mentions aux diplômes, concours difficile réussi du 1er coup, job hyper prenant, pression quotidienne, réunions à 18h… Tout ça pour ça?

    Répondre
    • Chaton masqué a dit…

      Alors… qui va récupérer le daim quand la crèche finit à 16h30?
      Qui l’emmène chez la pédiatre?
      Qui prend des jours quand arrive une maladie ou que la crèche est fermée?

      Bah c’est moi bien sûr, parce que j’ai la chance d’être au CNRS.

      Mais je fais aussi d’autres choses: presque tous les jours, je l’emmène à la crèche vers 10h et vais la chercher (« le daim » est une fille!) vers 18h. Plus tard, je lui donne son repas. Et le bain aussi, souvent.

      Parfois, je suis un peu en colère et crains de voir ce cercle vicieux s’installer. 8 ans d’études, mentions aux diplômes, concours difficiles réussis du 1er coup, job hyper prenant (intellectuellement), pression forte, (mais pas de réunions!)…
      Autant dire qu’au niveau carrière, je n’évolue pas.

      Mais bon, c’est pareils pour la maman, ma compagne: pas d’évolution pour elle non plus (travaille dans la culture, vous pensez bien!).

      Car oui, dans cette histoire, l’homme… c’est moi!

      Ce que vous décrivez, Marion, ne touche pas que les femmes.

      Répondre
      • Nine back from USA a dit…

        Chaton masqué, ça ne va pas te consoler mais dans mon couple, c’est mon mari l’enseignant chercheur et lui aussi est en première ligne pour gérer les imprévus (et le plus gros du quotidien) pour cause d’horaires plus souples et de trajets moins longs.
        C’est un confort « logisitique » sur lequel je me repose au quotidien, j’apprécie ma chance. Mais c’est aussi une source de culpabilité de tous les instants, une frustration énorme de rentrer le soir et d’avoir loupé des moments même brefs, parfois un peu difficile avec l’énervement du soir, la sensation de passer à côté de l’enfance de mes loulous et l’envie quotidienne de tout plaquer pour être à sa place (sauf que matériellement ce n’est pas envisageable).
        Tout ça pour dire qu’en effet, je trouve l’approche de la problématique intéressante mais je trouve également dommage de la réduire à une problématique de femme (perso, le titre sous forme d’injonction alors que les femme sont soumises à déjà pas mal de pression me crispe un peu mais ça c’est mon esprit de contradiction qui se manifeste). J’ai vraiment l’impression que c’est une problématique de société qui nous demande d’être performants dans tous les domaines: famille, travail et même loisirs.
        Bref, je vais lire ce livre parce que j’y trouverai je pense un éclairage intéressant et des pistes de réflexion, mais surtout le partager avec mon mari!

        Répondre
        • Caroline a dit…

          je comprends ton point de vue et moi non plus je n’aime pas trop les injonctions. Comme je m’en confiais à Marie-Caroline, je suis un peu plus nuancée qu’elle sur certains sujets, je ne sais pas si c’est parce que je me suis laissée finalement endoctrinée par la société ou si c’est parce que j’ai vieilli, mais d’une certaine façon même si mon choix par exemple de partir a été en partie contraint par la société – tout en étant bien intériorisé, donc contrainte pas consciente – je ne regrette vraiment pas, parce que j’avais simplement besoin à ce moment là d’être une mère plus présente, d’être moins dans la quête d’une ascension sociale que d’une vie plus « calme ». Et je pense qu’il faut respecter ça aussi, que ça n’est pas « mal » non plus de ne pas vouloir à tout prix être une cadre sup, chef ou je ne sais quoi. La grande question finalement étant, pour les hommes comme pour les femmes: « est-ce que cette voie a été choisie ou est-elle au contraire subie ? ». Et malheureusement, pour les femmes, souvent, c’est subi.

          Répondre
          • Anonyme a dit…

            Enfin moi J’AI CRU choisir , ce baby
            je ne voulais pas le laisser à la crêche , j’avais subi des tas d’interventions pour l’avoir , j’étais infirmière lui ingé , ce fut vite choisi , j’allais m’installer mère au foyer , les autres n’avaient pas su , moi je
            saurais m’épanouir at home .
            Résultat isolement dévalorisation
            déprime . Déménagement loin , vraie
            solitude , le mec qui rentre très tard , qui ne reconnait plus cette femme
            triste et boulimique , l’enfer .
            A y penser longtemps après …. Les filles , ne quittez jamais votre job ,
            de toutes façons les mômes c’est vous qui les élevez ? Autant vous
            epanouir au boulot aussi . Non , ne rêvez pas , de solutions yen a pas….

        • Mimi_Pompon a dit…

          Ici c’est moi le gros salaire chronophage et lui est prof. Pour autant, c’est malgré tout moi qui gère beaucoup. Au prix d’une fatigue intense qui me mène au bord du gouffre. Mais j’ai trop souffert sur les moments où il était en première ligne et où je loupais la vie de mes filles.
          Ce qui est incroyable c’est cet espèce de faussement inné qui fait que la plupart du temps les femmes ont envie de s’investir auprès des enfants alors que les hommes non (clairement que mon mari continue à travailler nous fait perdre de l’argent au vu des frais de garde !).
          Donc là on est en plein questionnement pour savoir comment je pourrais lever le pied sans pour autant devoir déménager dans une tour affreuse en banlieue.

          Répondre
        • Chaton masqué a dit…

          Tout à fait d’accord: c’est au fond un « problème de société ».

          Il se combine avec un autre « problème de société »: la place des femmes dans l’échelle sociale (trop souvent en dessous de celle des hommes, sans que cela ne soit justifié).

          Répondre
  18. bredele a dit…

    Alors s’il y a des pistes je vais peut être envisager de le lire parce que sinon je crois que j’aurais carrément pu écrire un chapitre long de 10 pages sur le sujet … je suis pile dedans : 37 ans, 2 enfants (dont une minucette de 2 mois) et les remarques déplacées sur mon statut de maman pdt les entretiens d’embauches j’en ai à la pelle. On a, j’imagine, jamais demandé à un homme  »s’il comptait avoir un enfant dans les prochains temps » ??!! ou si (sur le ton de la plaisanterie) je pouvais attendre 10 ans pour avoir le 2ème … hum hum je m’énerve rien que de l’évoquer alors je m’arrête là et puis on est des centaines, des milliers à connaître ça non ?

    Répondre
  19. lapetitemaison a dit…

    C’est marrant, je m’apprête justement, à 34 ans, (après quatre ans sans augmentation de salaire, parce qu’avec le tour de magie des heures défiscalisées refiscalisées, ben mon salaire n’a pas augmenté d’un poil et a même diminué en 4/5e) à sauter le pas de la pige… La peur au ventre (et un eczema de stress sur les jambes), mais en me disant que je ne perdrai plus deux heures dans les transports, que, oui, je verrai un peu plus les enfants – qui ont, je suis désolée de le dire, besoin de nous voir le soir, mon cadet très clairement et je ne me soumets à aucun diktat en disant cela (je n’ai jamais allaité…) Même s’il faudra sans doute travailler le soir après, mais n’est-ce pas déjà ce que je fais ? Et sanctuariser mes journées (mon bureau est à la maison mais même si je suis là, JE TRAVAILLE)… Pour le reste, je n’ai jamais eu de plan de carrière (ma plus grande terreur ayant été longtemps de finir seule à 65 ans avec mes affaires dans un carton à un pot de retraite et une plante verte)… Mais je lirai ce livre avec intérêt !

    Répondre
  20. Katell a dit…

    Oh mon Dieu, comme ce sujet m’intéresse !
    Bon, j’ai légèrement dépassé la tranche 35-40 ans (un tout petit peu…) mais je suis une vieille maman ayant eu mes enfants tard. Comme toi, je travaille à la maison. Ce matin, j’ai du travail mais en même temps, je fais cuire des artichauts, du poulet, des pommes pour anticiper le repas du soir de mon petit loulou. Car bien évidemment, je culpabilise dès que je lui donne un petit pot de l’industrie agro-alimentaire et je le fais beaucoup plus que pour la première…
    Mon mari qui est également le père de mes enfants travaille lui aussi à la maison mais se sent moins préoccupé par ce genre de tâche (je ne me plains pas, c’est pas le genre macho mais il y pense moins).
    Tu penses bien que son livre me parle !

    Répondre
  21. Suzie a dit…

    Alors là, voilà un livre que je vais lire… Parce que moi à 39 ans et trois enfants, j’ai aussi craqué, mais pas aussi bien réussi le virage… De manager dans l’édition, je suis devenue assistante maternelle pour être à la maison et avec mes enfants, mais je m’en mords un peu les doigts. Oui, c’est un choix que j’ai voulu… mais quand j’analyse la situation, je me rends bien compte que je me suis fait gentiment poussée dehors de mon ancien boulot à coup de : si vous renouvelez votre congé parental en 4/5e je me mettrai vraiment en colère…dommage que vous soyez une femme… vous allez vous arrêter avant d’avoir 12 enfants j’espère ! … ah non, pas de primes pour vous cette année… à partir de maintenant vous serez seule dans votre bureau… A partir de maintenant vous n’aurez plus le droit de faire des réunions avec votre équipe sans m’en informer d’abord (?!!)… Bref, oui mon statut de femme et de mère m’a jeté dehors après 11 ans dans la même boite… Et maintenant, ben, je ne sais plus comment rebondir… 🙁

    Répondre
    • Mimi_Pompon a dit…

      Suzie ton exemple m’intéresse fortement parce que c’est une hypothèse à laquelle je pense… Mais j’ai bien conscience que je risque très fortement de m’en mordre les doigts à moyen terme…

      Répondre
      • Suzie a dit…

        Honnêtement, parfois j’en ai marre d’être coincée à la maison, sans collègue, à ne parler qu’à des moins de 1m… Mais bon, après j’essaie de me souvenir de ma vie d’avant quand je passais mon temps à courir, que je devais toujours trouver des solutions de dernière minute pour les enfants (baby-sitter qui vous laisse tomber, enfant malade, crèche fermée, enseignants absents…), que j’étais abonnée aux anxiolytiques, somnifères et autres antidépresseurs… Tout ça c’est derrière moi et c’est une vraie joie d’être à la sortie de l’école et présente pour mes enfants… Je ne travaille pas le mercredi ni les vacances scolaires donc je suis vraiment dispo pour eux… mais malgré tout au fond de moi, j’ai le regret des études que j’ai faites pour pas grand chose au final, de mon image sociale écornée (pas toujours facile à assumer d’être devenue l’employée de ses voisines avocates, cadres sup ou prof…), de l’ambiance du bureau, des trucs tout bêtes style s’habiller pour aller au bureau… des petites courses entre midi et deux… Et puis, avant j’avais une femme de ménage,maintenant j’en fais encore plus à la maison… Mais peut-être oui, on en veut trop…

        Répondre
  22. Gilda a dit…

    Ah Caroline ! Tu as le chic pour appuyer là où ça fait mal ! :))
    J’ai décidé il y a 12 ans de quitter mon job : enceinte, on ne me voyait plus, on ne me disait pas bonjour, on me faisait porter des dossiers lourds parce qu’être enceinte, c’est pas une maladie, non ? Lorsque ma seconde fille à eu 3 ans, j’ai dit stop : stop aux sourires à l’envers, stop aux augmentations qui n’arrivaient jamais, stop au manque de considération. Mon mari m’a proposé de travailler avec lui et j’ai accepté avec un énorme soulagement.
    Mais on rentre dans une autre spirale : la fille qui bosse au fond de son jardin avec son mari …. Les gens sympas qui pensent que tu ne bosses pas, les copines qui te demandent des services (« heu, tu peux aller acheter le livre de mon fils, parce que moi avec mes horaires … ») … Et quand j’ose assumer dire que j’aime travailler avec mon mari, que les souvenirs d’emmener mes filles à l’école les couettes au vent, d’aller les chercher à 4 heures avec leurs goûters et que ma disponibilité pour elles sont mes trésors, je sens qu’on me regarde comme un vieux dinosaure … et malheureusement, le regard le plus dur est souvent celui des femmes 🙁
    Bonne journée à toutes.

    Répondre
  23. mimienaquitaine a dit…

    Comme je disais à ma collègue hier encore, j’ai l’impression que notre génération s’est faite un peu avoir…on nous avait tout promis, nos mamans avaient tellement d’ambition pour nous et on croyait qu’on pouvait tout faire dans une journée de 24 heures. Bon, perso, j’avais compris assez tot et on m’a donc reproché doucement mon manque d’ambition. Que j’assume pour être à 17h à l’école.

    Répondre
  24. sophie a dit…

    La trentaine et l’envie de repousser au maximum le fait d’en avoir un, parce que trop attachée à ma carrière, à mon indépendance, pas encore envie qu’on me dise qu’il y aura des renoncements… Tête consternée du médecin, des amis, quand tu dis vouloir un peu plus en faire au niveau boulot, quitte à renoncer à porter un enfant un jour.
    Et puis la réaction, violente, de celui qui sera un peu après un de mes meilleurs amis pourtant, quand je lui ai dit que si j’avais un enfant, je me voyais plutôt le faire garder, utiliser au maximum les moyens de garde s’il fallait, parce que le jour où je serai trop épuisée pour faire les choses que j’aime, pardon, mais même avec un enfant, est-ce que je ne vais pas me perdre un peu? Bilan, ce serait une honte, tu n’en sais rien, dès que tu auras accouché, dès que tu auras eu un enfant dans tes bras, tu changeras d’avis, pas peut-être mais certainement, tu auras du mal à le confier à des étrangers, tu te sentiras honteuse même, tu seras heureuse de laisser tomber ta passion, tes activités, pour la chair de ta chair.
    Dit par quelqu’un qui n’a pas eu d’enfants, et qui n’a aucune sortie sexiste en temps normal, et bien, même des années plus tard, savoir que quelqu’un pense ça, j’en ai le bide en vrac rien que d’y penser.

    Répondre
    • Super a dit…

      Honnêtement, fais ce qu’il te plait. Je viens d’avoir le bébé et j’ai exatement le même état d’esprit qu’avant le bébé (mis à part le fait que je ne réalise pas que j’ai un enfant): envie de faire pleinc de choses (de continuer tout ce que je faisais avant) sauf que maintenant je ne peux plus (en plus j’allaite, là tu es bloquée bloquée)
      Je rêve du moment ou je pourrai laisser mon enfant à une baby sitter et profiter… non pas du bébé mais de mon temps libre

      Répondre
      • EE a dit…

        « envie de faire plein de choses (de continuer tout ce que je faisais avant) sauf que maintenant je ne peux plus (en plus j’allaite, là tu es bloquée bloquée) »

        Bon courage avec cette période difficile…
        Juste une remarque au sujet de l’allaitement: pour ma 2ème, je me suis sentie nettement moins bloquée une fois que j’ai eu une écharpe de portage, et surtout quand je me suis dit que finalement, je me fichais bien que de parfaits inconnus voient quelques cm2 de mes seins (et que donc je pouvais allaiter en public si nécessaire, ce qui permet de sortir sans trop stresser au sujet de l’heure de la prochaine tétée…)

        Répondre
  25. Sarah a dit…

    J’ai souri en lisant le passage sur le Churros en réunion, n’assumant pas son statut de workingman-papa. 🙂
    Je me reconnais aussi dans ce portrait de femme bossant et voulant aussi assurer sa vie familiale (je ne parle même pas de vie amoureuse…). Et séparée du papa, avec une garde alternée, je ne te dis pas la culpabilité pour que le peu de temps ensemble soit le plus possible parfait (= ensemble)… La culpabilité d’être celle qui le dépose le 1er à l’école et le récupère dans les derniers… les semaines sont longues et épuisantes mais je garde le moral et profite de chaque instant offert. En me réjouissant des 2 semaines de voyage en Islande 😉 que je nous offre au début de l’été.

    Répondre
  26. cyann a dit…

    Comme Delle, je dois être précoce … 29, ans, une petite poulette de 9 mois, et une grosse dépression post partum. Pourquoi ? Parce que j’adore mon job, j’aime ma fille plus que tout, je suis follement amoureuse de mon compagnon, mais parce que je n’ai pas réussi à faire face à tout. Faire les petits post (et avant cela tirer mon lait), rester sexy, enchainer les réunion, les comptes rendus, les corrections de bugs ….J’ai l’impression que je n’existe plus. Alors je me dis que cela ne peut pas durer, je vais voir un psy, j’essaie de prendre soin de moi .. et je délègue plein de choses à mon amoureux !! Je suis pas encore sorti du trou, mais je comprends meiux toutes mes collègues (moi la jeune ambitieuse insuportable), et j’ai découvert à cette occasion que certaines d’entre elles sont formidables. Ce sujet me parle beaucoup, et j’ai lu avec attention tous les commentaires. Merci Caroline pour ce post et pour les discussions qu’il sucite !

    Répondre
  27. Manlo a dit…

    Je veux croire que nos fils auront les yeux plus ouverts….que pour nos filles ce sera plus simple! Je veux y croire! On va dire que nous sommes dans la phase de transition hein?
    Surtout, rester vigilante, ne pas ( trop) lâcher prise…
    Hier encore, la petite dernière qui se réveille avec une belle angine…c’est drôle…j’ai appelé ma directrice illico pour annoncer que je ne serai pas là! ( je cumule, instit en plus…feignasse!) . Le soir nous en avons discuté, parceque pour les deux premiers, on se posait la question! Qui de nous deux? Qui s’y colle ? 15 ans après, une différence de salaire…des réunions, un monde d’hommes contre un monde femmes …et la question ne se pose plus? Il a fallu recarder, et ME recarder aussi… Parceque nous n’avons pas le droit de lâcher nous les femmes!
    Lundi , il ira au rendez vous avec le prof d’anglais! Et tant pis si c’est au milieu de la journée!

    Répondre
    • Marion a dit…

      Je pense que c’est ça le pire: on rentre nous mêmes dans ce schéma. Et la question, en effet ne se pose plus.

      Alors que quand on se la pose, en couple, bien souvent, l’Homme est ravi de pouvoir arguer d’une maladie infantile pour rester cocooner avec son/ses héritiers et finalement, ça passe plutôt pas trop mal.

      La femme est l’ennemi de la femme et par extrapolation, nous sommes souvent nos propres ennemies.

      Répondre
  28. Fofo a dit…

    Oh bon sang, le Churros qui ne peut pas avouer devant des collègues qu’il avait prévu d’aller chercher sa fille à l’école, je vais avoir du mal à m’en remettre. C’est le genre de choses qui aurait le pouvoir de me faire grimper dans les ultrasons. (Mais il y a peu de chances qu’une telle chose arrive chez nous, mon Darling a bien plus peur de moi que de ses collègues…)

    A part ça, je vais bien me garder de lire ce livre, parce que ça va me mettre très en colère, et je n’ai pas besoin de ça !

    Répondre
  29. Manlo a dit…

    Exactement ça Marion!
    La question est de savoir pourquoi on tombe trop souvent dans ce travers! Et quand on s’en rend compte c’est juste insupportable!
    Et pourtant… J’ai la chance d’avoir un homme qui adore s’occuper des enfants et le fait!
    Est ce qu’on veut trop? Trop tout? Pas simple de doser….

    Répondre
    • Marion a dit…

      On rejoint le débat initial… Pourquoi on est comme ça? Parce qu’on culpabilise de ne pas être une mère parfaite qui soigne les otites et prépare un powerpoint, qui fait ses petits pots bio et enchaîne sur 2h de piscine, qui fait un gâteau d’anniversaire et achète de la lingerie sexy…

      C est pas gagné!

      Répondre
  30. mireille a dit…

    Oh cela me parle également…dans ma boîte, avec les recruteurs, mon ex mari, sur ma feuille de salaire, à l’école des filles…Merci Caro, j’irai acheter ce livre

    Répondre
  31. Mimi_Pompon a dit…

    Ton post ne pourrait pas mieux tomber.
    37 ans, fin de CDD sur un poste en or de chef de projet très chronophage en fin d’année, et une envie furieuse de tout plaquer pour arrêter d’avoir continuellement cette boule au ventre de laisser le matin mes deux si petites filles (3 et 1 an) en larme. Pourtant à la maison c’est moi le gros salaire. Les conditions de travail actuelles ne sont pas pour rien dans ce ras le bol (à base de « tu n’es pas contente, regarde derrière la porte, yen a 10 prêts à te remplacer).

    Répondre
  32. Blanche neige a dit…

    Comme ce sujet me parle ! J’ai fait le choix de travailler à mon compte enceinte de ma deuxième et ça a été un réel bonheur, même si les premiers temps ont été un peu just financièrement parlant. Depuis, revenue en France j’ai repris un boulot « normal » pour me laisser le temps de me réinstaller mais je compte me remettre à mon compte l’année prochaine. Je sais que financièrement ça va être très dur, d’autant plus que cette fois-ci il n’y aura pas le salaire du conjoint pour compenser. Mais je sais aussi que ça vaut le coup parce que même si j’ai de l’ambition, même si j’adore mon boulot, je n’ai pas fait des enfants pour les voir 3 minutes avant qu’ils aillent au lit comme malheureusement beaucoup de mamans.
    Je pourrais faire le même boulot en agence mais je préfère galérer et peut-être au final gagner moins mais aller aux sorties scolaires avec mes filles quitte à travailler ensuite jusque tard le soir pour rattraper le boulot.

    Répondre
  33. Claire a dit…

    J’ai très envie de lire ce livre. Merci pour cette découverte! Je me sens hyper priviliégié avec mon job de libérale, ma semaine de 3 jours et demi…

    Répondre
  34. Mimi_Pompon a dit…

    Ce qui est incroyable, c’est ce conditionnement qui nous pousse toutes vers la même direction en ayant l’impression de le choisir alors qu’il se fait à l’insu de notre plein gré…

    Répondre
  35. So' a dit…

    « Parce qu’il arrive un moment où perdre sur tous les tableaux, celui du boulot mais également celui de la maternité, ça va bien cinq minutes. » 26 ans, étudiante pour encore 1 an si tout se passe bien, c’est exactement de ça que j’ai peur : j’ai peur de ne pas assurer sur les deux tableaux quand j’aurais un/des enfant(s).
    Je me pose aussi la question de comment réussir à concilier à la fois vie perso & vie pro. ? Est-ce que je vais devoir revoir mes ambitions à la baisse, devoir m’arrêter parce qu’on aura peut être pas les moyens d’avoir un système de garde ?

    Bref, tout ça tourne dans ma tête mais j’espère juste que pouvoir concilier les deux sera pas un rêve utopiste 🙂

    Répondre
  36. mathilde a dit…

    30 ans, un enfant (puisqu’on en est à donner son pedigree..), je devrais être en train de rédiger mon papier mais bizarrement je traîne sur le blog de Caro 😉
    Moi aussi pigiste, et par choix depuis près de 8 ans. Ca résonne effectivement beaucoup cette histoire mais aussi tous ces commentaires qui m’affolent un peu. Combien de mères gentillement poussées dehors du boulot pour cause de grossesse/désir d’enfant / 80 % / simple fait d’être une femme ?
    Je ne gagne pas très bien ma vie (pour une parisienne) mais je fais un boulot qui me plaît et qui à l’avantage de me permettre de pouvoir aller chercher mon fils à la crèche à 18 h sans problème (et encore, il paraît que « ça fait beaucoup pour un petit quand même… »).
    Mon mec est lui aussi journaliste précaire et a plus de mal que moi à se libérer : on enrage tous les deux de se conformer ainsi à des stéréotypes de genre, mais le fait est que je dois avoir consciemment ou pas « choisi » de me rendre plus disponible. Je suis donc sensible aux remarques comme quoi c’est pas juste un problème de femme.
    Merci pour ce beau débat !

    Répondre
  37. Kiliana a dit…

    Je ne sais pas si ce livre me conviendrait… et pourtant je me retrouve dans beaucoup de commentaires et dans ce que tu dis Caro. Toujours l’impression de tout porter sur mes épaules (d’ailleurs mes torticolis ont sûrement une raison d’être) mais en même temps je ne suis pas sûre de pouvoir (vouloir) lui laisser la place. C’est compliqué, très compliqué, d’être une femme…. ou tout simplement d’être moi!

    Répondre
  38. 4ddicted a dit…

    Tu sais quoi Caro, je prends le pari que El Churros n’avait pas particulièrement honte de téléphoner devant les collègues. Je pense qu’il a juste zappé le temps qui passe, et que pour se justifier devant toi le « ça ne se fait pas en réunion » lui a paru plus…. »excusable ».
    L’ironie étant que pour vous les femmes cette tentative d’autojustification sera pire que la réalité.
    Ce que je trouve gênant, c’est que l’on peut y voir une attitude sexiste là où il n’y en avait pas vraiment (à part bien sûr ne pas réalisé dans l’instant le sexisme du propos « ça ne se fait pas devant les collègues »)

    Mais j’en reviens à une intervention que j’avais faite il y a quelque temps sur le même sujet (HoMyGad mais en fait c’est le seul sujet sur lequel j’ai jamais posté, finalement je suis peut être un macho refoulé ?, shame on me, mea culpa mea maxima culpa) : Je suis toujours un peu attristé de voir la floppée de commentaires ou les hommes sont catégorisés comme des salauds dans une très grande généralité….
    J’avais posé la question à l’époque, est ce vraiment efficace d’accuser « l’homme » de sexisme quand il s’agit plus de « pair pressure » ?

    Prenez vous en compte que les quelques uns qui essaient de concilier vie de famille/couple/carrière, et de défendre publiquement leurs positions sont eux taxés de « sous hommes » qui ne savent pas s’investir professionnellement pour assurer l’avenir de leur famille ? (et avec quasi les mêmes freins à la carrière que pour une femme)

    Entendons nous bien, les plafonds de verres et les inégalités sont une réalités incontestable mais je trouve que le manque d’empathie dans le discours n’aide pas à faire évoluer les mœurs aussi vite qu’ils ne le devraient.

    L’ennemi n’est peut être pas l’autre mais un carcan duqel les hommes, et les femmes, doivent se défaire.

    Répondre
    • Caroline a dit…

      alors désolée mais non, il n’avait pas oublié, il n’a vraiment pas osé interrompre la réunion. Là où je te rejoins c’est sur la « pair pressure », oui, les hommes sont également conditionnés et éprouvent des difficultés à sortir du rôle qu’on leur a toujours attribué. Je n’ai néanmoins lu nulle part pour l’instant que les hommes étaient des salauds. j’ai aussi lu des commentaires de femmes admettant d’elles mêmes qu’elle se mettaient peut-être aussi une pression toute seule que personne ne leur demande de s’imposer. Je crois que c’est l’affaire de tous, je n’ai pas vraiment de réponses, si ce n’est celle d’éduquer mes enfants avec l’idée qu’il n’y a pas de cases dans lesquelles ils doivent entrer à tout prix, que les rôles peuvent être interchangeables. Bref, si mon billet vous a paru manquer d’empathie ou accuser les hommes, ce n’était pas le but du tout. Je crois que c’est en effet bien plus complexe que cela.

      Répondre
      • 4ddicted a dit…

        Arf…pari perdu ^^

        Non Caro, ton post ne manque pas d’empathie, et n’accuse pas les hommes, don’t worry.
        Je ne pense pas que le contenu du livre soit « accusateur » (et si il l’est, ce n’est certainement pas sans raison), et je pense que comme beaucoup l’ont dit dans les commentaires, ce n’est pas le moment de lâcher, la société doit continuer à se remettre en question.
        C’est plutôt sur la forme du combat que je me pose des questions, pour les femmes comme pour les hommes.

        Le terme « Salaud » était exagéré clairement, disons que l’idée que je voulais faire passer était que si on voit du sexisme où il n’y en a pas forcément, cela n’alimente-t-il pas justement le sexisme en question par la suite ?
        J’ose espérer que la grande majorité des hommes de ma génération ont la même problématique « Vais je pouvoir tout concilier ? ».

        Pardon pour avoir voulu tenir le rôle d’avocat du diable, sachez mesdames que j’ai le plus grand respect pour vous toutes, et que vous êtes VRAIMENT extraordinaires ;D

        Répondre
        • Melisse a dit…

          C’est fou ces commentaires (le premier mot était « terrifiant » mais je l’ai trouvé trop fort).
          Je rejoins 4ddicted dans le questionnement à propos des hommes en ceci : dans les commentaires ils sont peu évoqués comme « sujets », comme « partenaires » ou « coparents » = ils sont soit « victimes du système » (ah ben oui le job au max et le perso au min), soit « macho » (j’ai censuré ma pensée) pour ceux qui ont quittés une amoureuse devenue bobonne, soit « hypra cool tu te rends compte il m’aide ». Et 2 exceptions de « papa au foyer ou quasi »
          J’ai surement des illusions de nullipares mais … les enfants n’ont-ils pas 2 parents ? J’ai le sentiment que la situation est consternante pour les femmes mais que 1) pourquoi on lit peu de chose sur des « deals de parents », 2) parfois j’ai l’impression que comme des bonnes poires on intériorise trop les injonctions à la perfection multi-tâches.
          Et enfin (je suis bavarde) les qq com’ d’hommes-papa laissent penser que, quelque soit le « parent référent » il se fait toujours avoir par le monde professionnel/social = c’est là que réside l’hérésie non ? Notre société n’a jamais autant sacralisé l’enfant tout en considérant qu’il s’élève « tout seul » sans contraintes qui auraient l’heur d’empiéter sur les sphères professionnelles/sociales.
          ça craint un max, non ?

          Répondre
    • Laura a dit…

      J’aime bien ce commentaire car en effet je trouve que le débat tend à monter les hommes et les femmes les uns contre les autres et c’est dommage, le couple est déjà assez fragile comme ça. Je pense que l’ennemi n’est pas l’homme inconscient de ses privilèges ou mêmes nos conceptions intériorisées de c’est quoi être une femme, c’est quoi la réussite etc, c’est surtout un système global qui presse les gens comme des citrons genre « travailler plus pour gagner plus ». Je pense que c’est la manière dont nous sommes sous contraintes économiques qui est particulièrement en jeu, et cela découle directement des politiques libérales décomplexées d’une poignée de puissants.

      Si on accepte ce système de domination par les riches et puissants, il faut alors faire avec et tenter de voir quelle marge de manoeuvre nous avons en décans les limites étroites qu’il nous impose. Sinon, sortir du système ou au moins tenter VRAIMENT de le faire changer de l’intérieur.

      Répondre
      • 4ddicted a dit…

        Merci Laura d’avoir mis des mots sur ce que j’avais du mal à exprimer clairement (ce qui est bien compris s’énonce clairement, la preuve que je n’ai rien pigé à cette histoire d’homme/femme ;D)

        Répondre
      • cash cash a dit…

        Commentaire très pertinent…
        Finalement, tous nos problèmes viennent de ce que nous acceptons ce système de domination par les riches et puissants, en tout cas nous en jouons le jeu en ne le boycottant pas.
        Mais c’est comme l’industrie agro-alimentaire, on a beau savoir qu’elle nous empoisonne, il est presque impossible de la boycotter car il faut bien manger et tout le monde n’a pas la possibilité d’avoir un potager 😉
        Résultat : on est tous devenu des esclaves volontaires, esclaves dans le sens où on ne bosse plus que pour survivre et volontaires dans le sens où « si on n’est pas content, y’en a 10 qui attendent de prendre notre place ».
        Bref, les riches et puissants ont bien réussi leur coup, vous ne trouvez pas ?

        Répondre
    • Suzie a dit…

      Je ne pense pas que l’on ait dit que les hommes étaient des salauds… Ca n’a rien à voir… mon mari aussi tente de s’investir dans la vie de famille… Mais lui aussi subit cette pression… Comme le Churros, dire qu’on doit partir pour aller chercher ses enfants, c’est mal vu dans l’entreprise pour un homme (peut-être pire que pour une femme d’ailleurs !)… Et puis, avec le choix que j’ai fait professionnellement, il se sent encore plus contraint de travailler plus pour mieux assurer financièrement. C’est le serpent qui se mord la queue.

      Répondre
  39. Amélie a dit…

    Bonjour Caro,

    Je n’ai pas d’enfant mais mon conjoint oui, un petit de 6 ans et demi. Il a toujours été un Papa hyper présent malgré un travail ultra prenant (profession libérale), et plus encore depuis son divorce ou une semaine sur deux il récupère son fils au périscolaire à 18h ou gère pédiatre, anniversaires des copains et activités en tout genre. Je pense que les hommes sont tout autant capables que les femmes de gérer la vie de leurs enfants of course et je sais que mon mec ne changerait cette partie de sa vie pour rien au monde. Toutefois, aurait il été si présent s’il n’y avait pas été contraint ? Je veux croire que oui et nous serons confronté à ce problème si nous avons un enfant (je fais le même boulot en plus). Je ressens avant même d’avoir démarrée cette pression, je culpabilise d’avance par rapport à mon boulot, je sais que je me sentirai coupable de l’annoncer à mes boss et que je jurerais de travailler jusqu’au bout, et de revenir très vite après ? Je sais aussi que si j’ai la chance d’en avoir, mes enfants seront à la crèche des leurs premières semaines, que e ne pourrai pas allaiter à cause du boulot, que ça sera sur quoi. Bref, parfois je me demande à quoi bon…et encore, mon conjoint est un papa poule parfait qui a tjrs donné biberon et changé les couches la nuit. Je ne sais pas comment font les femmes qui gèrent seules ou avec un père moins investi. Très long commentaire mais ce sujet me touche en ce moment 😉 bises !

    Répondre
  40. Meloody a dit…

    Tiens, moi j’ai fait ça un peu avant 35 ans. A 28 ans, titulaire d’un doctorat et maman d’un bout de chou de 2 ans, j’ai remis en question une carrière toute proche d’enseignant-chercheur, intense, passionnante, mais complètement trop prenante. Tiraillée moi aussi entre « est-ce que je quitte le labo avant 18h pour récupérer petit pioc à la crèche » ou « est-ce que j’appelle encore son papa pour qu’il quitte son boulot plus tôt, sachant qu’il a déjà manqué deux jours parce que le petit était malade ». Oui parce que chez nous, c’est papa qui a un temps partiel, et qui est resté un an à la maison avec notre fils ! Mais la culpabilité maternelle est là quand même, surtout dans un boulot où on est attendu au tournant tout le temps…
    Résultat, j’ai abandonné recherche et carrière prestigieuse, pour préparer les concours de professeur des écoles (socialement moins prestigieux, financièrement, c’est kif kif). Nous avons déménagé au bord de la mer, et si je me pose souvent des questions, j’apprécie pouvoir amener mon fils à la plage dès qu’il y a un rayon de soleil.
    Je ne suis toujours pas sûre d’avoir pris la bonne décision, mais comment on fait pour s’épanouir dans son boulot, y passer la journée, les soirées, les week ends, les vacances, et vouloir que son petit ne soit pas élevé par les éducatrices (certes géniales) de la crèche ?

    Répondre
  41. Karine G-s a dit…

    Tellement vrai tout ça ! Ce livre est pour moi aussi.

    J’ai commis la « folie » d’avoir 3 enfants en 5 ans 1/2 tout en étant journaliste (icono chef de service photo en presse magazine). La barre était haute (d’autant que j’ai un petit problème perso de perfectitude) (mais j’y travaille 😉 ) et il m’est parfois arrivé de la prendre dans la figure.
    Notamment quand je suis passée en 4/5e avec une partie en télétravail : le piège total, ce truc. Mon rédac-chef s’autorisait à m’appeler à 22 h en cas de besoin. Et je bossais bien plus que le 1/5e de télétravail prévu.

    Finalement, j’ai tout envoyé balader et j’ai pris un congé parental. Puis on est partis en province où je n’ai pas retrouvé de boulot (la presse magazine est plutôt à Paris voyez-vous…) donc j’ai été pigiste et free-lance durant quelques années, j’ai tenté d’autres pistes professionnelles sans grand succès et finalement qui s’est trouvée fort dépourvue quand le divorce fût venu ?

    Parce que mon ex, lui, avait été muté avec son salaire parisien et il a continué à évoluer pendant que je m’étiolais à la maison entre mes casseroles et mon aspirateur.

    Ne nous méprenons pas, j’ai adoré passer ces quelques années avec mes enfants, être présente pour eux, être à l’école à l’heure dite « des mamans » (tout pour culpabiliser les mères qui bossent…), toussa toussa mais je me sentais un peu seule (on était vraiment en zone rurale, les voisins, c’était un troupeau de vaches) quand il étaient à l’école et que je n’avais pas de contrat d’icono en cours.

    Finalement, au moment où j’avais épuisé mes droits au chômage et que je voyais arriver le RSA avec angoisse, j’ai eu la chance de retrouver un poste dans mes compétences et dans mon métier, et dans un domaine passionnant qui plus est, avec un salaire divisé par deux en revanche… mais on ne peut pas tout avoir. Et puis il y a quelques mois j’ai eu un nouveau bébé avec un nouveau conjoint, à l’âge canonique de 29 ans aussi 😉 (41 en fait). Et la course infernale a repris : réveil à 5h40 pour la tétée du matin, lever à 6h30, départ à 7h15, boulot boulot boulot passionnant mais grosse charge de travail, retour maison à 18h30 et double journée habituelle, bien que j’aie un conjoint qui participe et fait largement sa part. Aaaah le plaisir de lancer une machine de linge à 22h est injustement méconnu !

    Pour autant aujourd’hui, j’ai vraiment réalisé et j’assume parfaitement d’affirmer que mon travail est non seulement indispensable à mon équilibre personnel, même si je suis débordée et que ça me stresse, mais également que jamais plus je ne cesserai de travailler et ne me mettrai de nouveau en dépendance financière d’un conjoint au risque qu’une nouvelle séparation ne me jette de nouveau dans la précarité. J’ai aussi décidé d’avoir mon 4e baby parce que je savais que le cas échéant, je serais en mesure de l’élever seule.

    Pas facile d’être une mère (qui travaille ou pas) par les temps qui courent…

    Merci pour cette référence de livre Caro, je crois avoir lu tous les livres sur le sujet et je vais m’acheter celui-là dès aujourd’hui.

    Répondre
  42. Plum' a dit…

    Je pense que ce livre devrait être intéressant même si le sujet est à mille lieux de ma vie actuelle…

    J’ai rencontré mon mari nous étions encore étudiants. Moi, des études courtes, lui longues. J’ai été naturellement appelé à travailler en premier alors qu’il continuait son cursus.
    Lorsqu’il a commencé à son tour, nous avons eu notre enfant et j’ai arrêté pendant quelques années (je ne voulais pas que notre enfant subisse ce que j’avais vécu étant jeune : des parents bossant 18h/jour, plutôt une vie professionnelle avec eux qu’ils confondaient avec la vie familiale en nous faisant bosser avec eux dans leur resto. Vacances, we inexistants etc…)
    J’ai repris le boulot ensuite pendant cinq ans et j’ai eu une première maladie qui m’est tombée dessus, puis une autre il y a deux ans. Avant chacun assumait naturellement le quotidien (enfant malade, courses, ménage..) selon ses disponibilités, il n’y avait pas de choix prédéfinis qui disait que ce serait forcément moi…Maintenant, ce qui ne se posait pas comme question n’en sera pas une davantage : il n’y a plus de choix. Je ne peux plus assumer que très peu de choses.
    A quelques mois des 40 ans, j’ai juste l’impression d’être un boulet.

    Alors j’aimerai bien, ne serait-ce que pendant une journée, être dans la peau de celle qui peut tout assumer.

    Bonne journée.

    Répondre
  43. Chag a dit…

    Rha, il est bien, ce billet. Il faut bien avouer que, majoritairement, les mères sont les centres des systèmes autour desquels gravite le reste de leur petit monde. Des centres qui s’oublient trop souvent, pour que le reste continue de tourner. La semaine dernière, ici, sur cinq personnes, il y avait quatre malades. Quand j’ai amené Coin-coin voir ma toubib, elle m’a dit : « Bon, on va tâcher de vous garder indemne, vous, parce que si vous êtes touchée, tout va s’arrêter de tourner ! ». J’ai souri, mais je savais bien qu’elle avait raison. Et ici c’est moi qui gagne presque le double de monsieur (et ouais, même si je suis instit, je ne gagne pas forcément beaucoup, mais lui est smicard) Il n’a pas de pression du côté de son boulot, et ne fait pas d’horaires incroyables. En revanche, il trouve normal d’accumuler les passe-temps sportifs ou intellectuels sur ses heures de libres. Quid des enfants ? La question, il ne se l’est même pas posée, puisque BIEN SUR, je serai là pour m’en occuper. Je me plais aussi à lui répéter que non, nous n’avons pas acheté d’appartement auto-nettoyant, ni de frigo qui se remplit tout seul. Longtemps je me suis dit que tout ça venait de l’éducation des garçons, et que nous, les mères (encore !) devions leur montrer à nos fils que la gestion d’une maison et des enfants était du ressort de tous. Mais quelle crédibilité avons-nous, lorsque nous-mêmes n’appliquons pas cela ? Le discours du « tu ne feras pas comme moi, toi » n’a jamais marché, bien au contraire. Et mes filles, là-dedans, quelles conséquences pour elles, dans leur construction, avec un papa qui ne partage que les bons moments, et une maman qui gère tout ? Est-ce qu’inconsciemment, je le ne leur donne pas l’image d’une femme adulte archaïque, moi qui prône si souvent le contraire ? Est-ce que la société changera ses diktats sexistes de carrière masculine et de maternité féminine ? Finalement, mes enfants, garçon et filles, arriveront-ils à se détacher du schéma familial pour s’ancrer dans les principes éducatifs que je tente de leur transmettre ? Putain, parfois, ça fait chier tout ça.

    Répondre
    • wam a dit…

      Voilà. C’est très exactement ça. Il y a comme un léger décalage entre d’une part que je veux transmettre et le discours que j’essaie d’avoir et d’autre part l’exemple que les enfants ont sous les yeux.
      Et je vois bien que mes enfants ont déjà intériorisé pas mal de choses 🙁

      Répondre
  44. Sarah a dit…

    Voila un livre que je vais acheter ou me faire offrir… En « essai bebe » comme on dit depuis quelques mois, je me pose deja pas mal de questions sur comment je vais gerer enfant et vie professionnelle. Je ne me vois pas du tout femme au foyer et de toute facon on ne peut pas se passer de mon salaire meme si mon mari gagne plus que moi. Je voulais juste dire qu’en France on n’est pas si mal loties, meme si bien sur il y a encore du chemin a faire, que pour beaucoup de couples trouver un equilibre est difficile et que beaucoup de meres bataillent avec un sentiment de culpabilite que les hommes bien souvent n’ont pas. La ou je suis, il n’y a pas d’allocs familales, pas de creches publiques (les privees coutent une blinde et ne prennent les enfants qu’a partir de 18 mois), pas d’assistantes maternelles. Donc si vous voulez ou devez reprendre le boulot a la fin de vos 4 mois de conge maternite, il n’y a pas 36 solutions: votre mere ou belle-mere fait office de nounou, vous gagnez tres bien votre vie et vous avez les moyens d’embaucher une nounou sans que tout votre salaire y passe, ou bien vous ne retournez pas travailler et vous devenez mere au foyer. La derniere solution est bien sur la mieux consideree et on vous y encourage fortemment. Quant aux hommes, on considere que ce n’est pas du tout leur role de participer un tant soit peu aux taches menageres ou a l’education des enfants et vous pouvez vous estimer heureuse si monsieur donne un biberon par mois (et je ne parle meme pas des couches…). Voila, c’etait juste pour mettre les choses en perspective, ca peut etre aussi interessant parfois de comparer avec ce qui se passe ailleurs. En France on a quand meme une certaine variete de choix, meme si bien evidemment cela depend aussi des milieux et des situations et que tout n’est pas rose.

    Répondre
    • La linotte a dit…

      Oui, c’est vrai qu’on a la chance (pas pour toutes, mais souvent) d’avoir plusieurs choix qui s’offrent à nous… et qui ne nous engagent pas à vie, ni ne nous « cataloguent » pas. J’ai trois enfants, en étant maman j’ai déjà travaillé à temps plein, pris un temps partiel complet, je travaille aux 4/5e… eu en mode de garde, ass mat, crèche familiale, des baby sitters pour la sortie de l’école…
      Ma mère n’a repris le travail que lorsque nous étions tous les trois grands, et était agréablement étonnée pour moi que l’on puisse alterner ainsi, à son époque on se retrouvait vite cataloguée maman qui travaille à l’extérieur / maman au foyer et les deux groupes se mélangeaient peu…
      On entend souvent parler de l’Allemagne (et des mères corbeaux), des pays anglo saxons où les mode de garde sont hors de prix, mais j’avais été très surprise d’apprendre qu’en Norvège, alors que je croyais les pays nordiques très ouverts, il est de bon ton que le père s’occupe des enfants, la mère aussi, mais qu’il n’y avait quasi pas de garde prévue pour une maman solo par la force des choses qui aurait voulu travailler ne serait ce qu’à temps partiel quand son dernier enfant était petit… (elle est restée en France du coup finalement d’ailleurs).
      La contrepartie étant aussi que quel que soit notre choix, il y aura « toujours » quelqu’un pour nous le reprocher, ou au moins s’en étonner…

      Répondre
  45. Nine a dit…

    Très très intéressants tous ces commentaires de femmes, mères ou bientôt mères qui ont fait des belles études pour la plupart et se retrouve à un moment ou un autre confronté à des choix, une fois maman.
    « Petits choix » comme partir plus tôt du boulot pour le rdv chez le pédiatre / aller chercher le petit que les maîtresses vous renvoient parce qu’il a de la fièvre ou essayer de demander à son conjoint/sa conjointe de le faire. Ou « grands choix », comme quitter son boulot / changer de boutot, prendre un congé parental, un 80%, un 90%, déménager en province, se consacrer à son boulot en ne voyant ses enfants que le temps d’un repas avalé dans le stress et d’une courte histoire du soir…
    En théorie, les Papa et les Mamans sont confrontés chacun à ces choix…mais qui éprouve plus de culpabilité (ou de besoin ??) et finit par prendre la décision qui arrondit les ambitions professionnelles, infléchit la courbe de la carrière et la courbe du salaire ?
    Nous portons en nous une longue histoire de femmes, qui n’est pas facilitée par notre société qui veut que le nombre d’heures de présence au travail soit un gage de productivité/qualité du travail (alors que bon, pas du tout…)
    Bref, le chemin est encore long et le cercle est très vicieux (les « ennemis » étant autant en nous qu’autour de nous…) : j’ai beau dire ce que je veux à ma fille concernant l’égalité hommes-femmes, mes actes viennent souvent contredire ma parole (qui fait en majorité le ménage, la vaisselle, fait faire les devoirs, des rdv, prend des congés pour les activités de l’école….etc ?) et j’ai bien peur que cela soit ça qui lui restera lorsqu’elle aussi aura 35-40 ans et des choix à faire…

    Répondre
  46. Ce'Nedra a dit…

    Je me reconnais bien dans tout cela, pourtant je n’ai que 29 ans… Mais entre mes deux enfants en bas âge et mon boulot de consultante, ce n’est pas toujours (souvent?) simple.
    J’ai la chance d’avoir un mari très investi auprès de ses enfants, mais qui se retrouve « coincé » par son statut d’homme pour certaines choses, comme moi je suis bloquée par mon statut de femme pour d’autres (quan ton patron te pourrit la gueule pendant des semaines pour avoir osé prendre ton congé paternité, tu hésites à poser des jours enfant malade…).
    Pour que cela change, tout le monde doit bouger, hommes et femmes confondus.

    Répondre
  47. Marie-Caroline a dit…

    Vos commentaire sont passionnants à lire et nous confortent Louise et moi dans l’idée que ce que nous pointons est une réalité pour de nombreuses femmes. Merci à toutes pour ces super témoignages. Et merci à ma chère Caro pour ce super billet. Particulièrement émouvant.

    Répondre
  48. Zenaide a dit…

    Très intéressants, ces échanges. Il y aurait beaucoup à dire. Pour ma part, je pense que cela passe aussi par des changements concrets de la société. Je suis favorable à un congé parternité de plusieurs semaine obligatoire pour les hommes. Là, les hommes et les femmes entre 30-40 seraient en partie à égalité face aux employeurs pour lesquels la question d’une future maternité/parternité se poseraient dans les mêmes termes quant aux conséquences pour l’entreprise. Je trouve que ce serait une vraie réforme de gauche (pour l’égalité), mais on peut toujours rêver.
    Pour le reste (et plein d’autres choses, en fait) et même si une commentatrice a dit qu’il y en avait marre des injonctions faites aux femmes (elle a raison), j’ai envie de dire aux mères et aux pères (conscients du truc) éduquez vos garçons à l’égalité concrète dans le partage des tâches, à la prise en charge de la vie domestique. Par un mystère (parce que pour le reste, c’était pas top), c’est l’éducation qu’a reçue mon frère, et je pense que sa copine peut remercier ma mère tous les jours.

    Répondre
  49. ava a dit…

    Karine G-s, je comprends tellement… l’idée de brutalement se retrouver « sans rien », ou devoir mendier une pension alimentaire, ou je ne sais quoi… c’est pas possible. c’est pour ça que même si tout, tout (ces petits maux qui reviennent sans cesse frapper à la porte pour que je n’oublie pas que « quelque chose » ne va pas, la mauvaise humeur, la fatigue, les pétages de plombs) me crie de lâcher prise, de passer à mi temps par exemple (un demi journaliste ça reste un journaliste? on m’a tellement appris que non!!) pour profiter de l’enfance de mes petits (ça passer, mais, TELLEMENT vite!!), de nos années de « bonne santé » à mon chéri et moi, de mes amis, de la culture, de la vie, quoi… je n’y arrive pas. j’ai besoin de gagner mon argent, j’ai besoin de pouvoir dire « non ce n’est pas une paire de chaussures de trop, c’est celle que je me suis offerte avec MES sous », j’ai besoin de me dire que s’il part, s’il meurt, ou si moi j’en peux plus de nous, je pourrais payer la maison, la voiture et les études des loulous… mes soeurs séparées ont vécu des galères abominables, dès qu’elles ont retrouvé du boulot elles n’ont plus osé refuser des horaires de merde et elles croient leurs enfants une fois par semaine, crevées, lessivées, et même pas riches non plus, hein… y a quelque chose de débile dans tout ça, non? mais cette angoisse qu’on a en nous de redevenir des « femmes d’avant », de l’époque de nos grands-mères ou arrières-grands mères, soumises à la loi de l’homme, nous taraude toutes…

    Répondre
    • Karine G-s a dit…

      Hello Ava,

      Très franchement, un demi-journaliste, je crois que ça n’existe pas. 🙂 Pourtant j’ai essayé, enfin, pour ce qui est de ma petite expérience perso, je crois qu’on ne peut pas faire ce métier à temps partiel, je veux dire que tu serais payée à temps partiel, pour moins d’heures de présence dans ta rédaction, mais il est fort probable qu’on attende de toi la même charge de travail et que du coup, tu ne comptes plus tes heures (non-rémunérées) (mais que tu devrais payer à la crèche ou à la nourrice évidemment).

      D’un autre côté, on dit toujours que l’important c’est la qualité des moments qu’on passe avec ses enfants plutôt que la quantité. C’est vrai. Mais une quantité de moments de qualité, c’est quand même hyper précieux.
      Et puis quand l’enfant est là, parfois il parait tout bonnement impossible de le quitter si longtemps, même si on n’est pas une mère-louve ou une mère-poule. La reprise du boulot aux 10 semaines du bébé, c’est purement et simplement de la torture. J’ai eu la chance tout récemment de pouvoir ajouter le solde de mes congés à un congé maternité déjà super long car c’était mon 4e et quel luxe ça a été de reprendre quand il avait 6 mois ! C’est une chance qu’on n’a ni au premier ni au deuxième ou bien au prix de choix temporels, professionnels ou financiers, ou les trois.
      Je ne suis plus journaliste, mais je dirige toujours un service photo et c’est la même chose : j’ai pris un congé parental à taux partiel et je ne bosse pas le mercredi. J’ai donc perdu 20% de salaire mais pas 20 % de charge de travail avec des échéances inchangées. Ce qui veut dire que je bosse de chez moi le mercredi et le soir (vive internet et les serveurs qui permettent de bosser à distance, c’est quelque chose que je n’aurais pu faire il y a 17 ans, quand mon n°1 est né).
      Je suis moins bien payée pour faire le même boulot en moins de temps. C’est comme ça, je l’accepte, bien que ça soit totalement anormal, car je ne veux pas renoncer à ce précieux jour qui coupe la semaine et m’économise de la fatigue (j’ai 2h30 -2x 1h15- de trajet par jour pour aller bosser, si je n’avais pas le mercredi off, je ne tiendrais pas)

      Sinon pour le plan financier, j’ai remarqué quand même que nous avons la grande chance de vivre dans un pays où quand un enfant arrive, il apporte avec lui la possibilité pour les parents de ne pas (trop) perdre en qualité de vie. Merci le quotient familial. On ne roule pas sur l’or mais on peut assurer un peu de superflu en plus du nécessaire, même s’il est vrai que mon budget fringues est à la portion congrue, au bénéfice de celui de mes kids.

      Bon courage à toi 🙂

      Répondre
  50. Madame H a dit…

    Allez, j’ajoute ma pierre …
    En ce qui me concerne, la question ne s’est pas vraiment posée en termes de choix, et le fameux virage des 35-40 ans a été négocié très durement, puisque à 33 ans je me suis retrouvée seule avec deux enfants de 4 et 2 ans pratiquement à plein temps, sans famille pour m’aider et prendre le relais et un job d’enseignant chercheur qui me laissait certes des disponibilités en termes de souplesse d’emploi du temps mais qui nécessitait un énorme investissement si je voulais y progresser.
    Donc, les sorties d’école, les visites chez le pédiatre, les réunions professionnelles écourtées à 16h30, les cours reportés pour cause d’enfant malade, les réunions parents-profs, les allers-retours entre les activités des uns et des autres, c’était moi, encore moi, toujours moi et forcément moi … puisqu’il n’y avait que moi !
    Ajoutez à cela la culpabilité d’être une maman seule qui pense devoir se démultiplier auprès des enfants pour qu’ils ne sentent pas la différence avec ceux qui bénéficiaient d’une situation de famille plus « normale », et ça donne … 12 ans plus tard une carrière en berne et un salaire relativement modeste compte tenu des études accomplies …
    Est-ce que je suis amère ? un peu certes quand je considère ma carrière que j’essaie désormais de faire décoller. Mais pas quand je vois la complicité qui m’unit à mes enfants et la force du lien entre nous.
    En revanche, j’ai lâché la barre quant à la perfection, je ne me suis jamais vraiment accomplie dans les tâches domestiques, le ménage a toujours été fait à la va-vite, je n’ai jamais fait une tarte pour les fêtes d’école, ni un gâteau pour les anniversaires, je n’ai jamais préparé de petits-pots maison … Et je n’ai jamais culpabilisé sur ces registres …
    En revanche, j’ai lu des milliers d’histoires le soir, j’ai organisé des jeux à n’en plus finir pour les anniversaires des enfants, j’ai passé un temps fou dans les squares, j’ai « fait » « parent accompagnateur » pendant toutes les années d’école maternelle et primaire, j’a été délégué de parents d’élèves, j’ai tenu des stands aux kermesses, j’ai été au bureau de l’association du Clae de l’école, etc …
    Et aujourd’hui je vis avec un homme qui s’occupe de ses enfants, de la maison, des courses, des repas et du ménage pendant que je prépare mes cours et mes articles et que je continue à assumer entièrement mes ados …
    Pardon pour le pavé , mais comme tu le vois, à la lecture de tous ces commentaires, le sujet est sensible …
    « Ce fameux tournant des 35 – 40 ans, où de nombreuses femmes décident de lever le pied, de renoncer à cette carrière ardemment désirée. Parce qu’il arrive un moment où perdre sur tous les tableaux, celui du boulot mais également celui de la maternité, ça va bien cinq minutes. », ça nous parle forcément !

    Répondre
    • Caroline a dit…

      mais non ne t’excuse pas du pavé, il est passionnant, comme tous vos commentaires. Vraiment. Et je me dois de vous dire que je ne suis qu’admiration devant certains témoignages, qui montrent à quel point, bordel, on est des héroïnes…

      Répondre
      • bredele a dit…

        oui, vous l’êtes, nous le sommes et peut être même moi un tout petit peu parfois (ben quoi parfois …) et on peut bien le dire ici, merci Caroline.

        Répondre
      • wam a dit…

        Oui. Des héroïnes. Plus ça va et plus j’en ai la conviction. Les femmes assurent la cohésion sociale et familiale. Et ne déméritent pas sur le plan professionnel. Bref on fait tourner le monde.
        Pour rien, en plus.
        (Je n’ai rien contre les hommes et ne veux pas dresser une gueguerre sexiste homme femme, mais de ce que je peux lire ou voir autour de moi, les femmes ont font plus. Le pourquoi est un autre débat)

        Répondre
  51. vealaure a dit…

    Tout pareil, version Suzie . 4/5e oui mais on peu jamais faire de réunion le mercredi, t’es jamais là ; ah mais je sais pas si je vais pouvoir te redonner ton temps partiel cette année ; tes primes? ah ben non, pas en 4/5; tu pars à 17h30? ben oui excuse-moi, 1h15 de trajet -quand ça fonctionne-, faut relayer la baby-sitter qui peut pas rester plus que 19h. Mari avec un job « du soir »….
    Bref gros virage mais besoin de gagner quelques sous et quelque indépendance . Mais aucun job n’est pas parfait je pense, et surtout pas assmat (si vous êtes tentées, on en parle 😉 (si si j’adore les enfants, mais s’en occuper ne représente qu’1/5eme du job…)

    Répondre
  52. Emmanuelle a dit…

    Il reste une chose dont personne n’a encore parlé. Ce choix d’arrêter de travailler pour élever ses enfants, je l’ai fait. Pour des raisons déjà citées (monsieur gagne plus, et ne peut pas se permettre de prendre des heures pour aller les chercher, voire des jours quand ils sont malade …) mon salaire passait en frais de garde, et je ne supportais plus de les envoyer malade a l’école, certaine que la maitresse m’appellerai dans la matinée, mais au moins j’aurai fait « acte de présence » bref tout ça vous connaissez bien. Ce choix je ne l’ai jamais regretté.
    Mais aujourd’hui j’ai 45 ans, ils ont quitté la maison. Il ne me reste que le ménage pendant que, comme l’a si bien imagé crapaud, il continue de grimper l’échelle sociale pendant que je reste en bas… Car retravailler après un arrêt de18 ans, alors que monsieur a l’habitude d’une certaine qualité de vie, (et moi aussi, il faut avouer ) c’est juste impossible.
    Du coup bravo a caro et toutes celles qui arrivent a s’occuper de leurs enfants en gardant un pied dans le monde du travail. Vous avez la solution parfaite, car les petits, ça ne dure qu’un temps, et le jours ou ils auront moins besoin de vous, vous pourrez vous réinvestir ! Et tant pis si vous n’avez pas fait une « grande carrière » a mon avis ce que vous vivez est précieux.

    Répondre
  53. Audrey a dit…

    Je crois que je n’ai jamais posté malgré le fait que je vienne lire tous les jours. Je prends donc mon clavier car je ne me reconnais pas vraiment dans les commentaires, alors je peux apporter une vision un peu contradictoire.
    Chez nous, à cause du papa, la maîtresse a renommé « l’heure des mamans » en « l’heure des parents », la question se pose à chaque fois de savoir qui s’occupe des enfants en cas de maladie, mon employeur a attendu que je rentre de congés mat pour me proposer la place de mon responsable qui avait démissionné pendant mon absence, je ne déborde jamais de mes horaires de travail car il est hors de question que mon travail empiète sur ma vie personnelle. Je pourrai continuer la liste, mais ce n’est pas là l’important. Je ne crois pas à la chance ni au hasard, je crois juste au mérite.
    Bref, je sais que mon cas n’est pas très fréquent, j’ai parfois des retours critiques sur notre répartition des tâches au sein de la famille (genre, « mais chez vous, vous faites tout à l’envers »), mais ça marche. Je ne sais pas pourquoi, mais je dois être insensible aux injonctions que je lis dans les messages (je n’ai pas eu cet exemple enfant : mon père travaillait tard et tout reposait sur ma mère, mais à l’inverse je crois ne jamais avoir entendu : ah non, ça c’est pas pour les filles).
    Je n’ai pas lu le livre, mais si les femmes doivent se libérer, c’est des freins que l’on se met soit même dans la tête.

    Répondre
    • Caroline a dit…

      je pense que ton cas est sûrement assez rare mais qu’il existe. Encore une fois, dans mon cas précis je ne me suis jamais sentie « entravée » parce que femme, et si j’ai connu un retour de congé mat difficile c’était surtout parce qu’en réalité je n’avais pas envie de quitter ma dernière (et aussi parce que j’avais un chef qui ne me portait pas dans son coeur, mais pas parce que j’étais une femme, enfin je ne crois pas). Donc oui nous devons nous libérer des freins que nous nous mettons dans la tête. Mais on ne peut pas non plus ignorer certains faits. A formation et compétences égales, les femmes restent moins payées que les hommes. Et oui, au départ, il y a « l’heure des mamans ». Ravie que cela ait été rebaptisé dans ton école, mais le fait est que cette appellation en soi veut dire beaucoup…

      Répondre
  54. Audrey V a dit…

    Certaines femmes n’ont peut être pas envie de faire des carrières…
    J’ai choisi de ne plus travailler puis d’accompagner mon conjoint dans son entreprise car pour moi la chose la plus importante reste loin devant nos enfants.
    Je travaille donc bien moins que lui mais je m’occupe bien plus que lui des enfants, de la maison, de nous.
    Nous sommes donc égaux dans notre couple même si aux yeux des gens je suis la femme de…
    A côté de çà je m’occupe aussi de moi et je n’ai aucun problème avec çà sûrement car même avant d’avoir des enfants je n’ai jamais eu d’ambition au travail. J’ai le sentiment que c’est anormal parfois. Que les femmes doivent avoir envie d’indépendance, doivent avoir envie de réussite pro… J’ai d’autre envie, d’autres objectifs, c’est tout.
    Je comprends parfaitement les femmes qui ont envie d’autres choses, car oui être maman au foyer peut être pesant (comme aller au taf tous les matins) mais on peut s’épanouïr dans d’autres choses. Je retravaillerais à plein temps sûrement plus tard. Mais encore une fois on peut voir la vie autrement aussi.
    A côté de çà, je n’ai jamais voulu allaiter (je suis la seule dans mon entourage qui ne l’a jamais fait je crois), ni materner et je suis pour l’égalité entre les hommes et les femmes au travail, mais çà me barbe que l’on mettre toutes les femmes dans le même panier…je me sens rabaissée quand je lis ce genre de message (le titre).

    Répondre
    • Caledonie75 a dit…

      Sans vouloir te vexer Audrey V je crois le débat n’est pas là. Si toi tu n’as pas envie de faire carrière ni même de travailler et que tu t’épanouis autrement, tant mieux. Le problème se situe plutôt pour celles qui veulent être un minimum reconnue et fière de leur parcours pro, sans pour autant être Anne Lauvergeon,, tout en étant des femmes heureuses d’être mères de famille… Et là, pffff, il y a en a des obstacles et des préjugés à faire tomber…

      Répondre
      • Audrey V a dit…

        Évidemment que cette façon de me répondre est vexante et méprisante aussi puisque je ne porte aucun jugement sur les mères qui ont envie de faire carrière et qui ont de l’ambition pro, au contraire il faut que la société encourage ces femmes et que les mentalités évoluent sur çà je rejoins le discours de Caroline.
        Mais oui la reconnaissance je ne la cherche que auprès des gens que j’aime, qui m’aime, mes parents, mes enfants, mon mari, mes amis et çà me suffit, désolé si çà vous agace.

        Répondre
        • Caledonie75 a dit…

          Ah mais non Audrey V, il ne faut pas te sentir vexée !!! Je respecte totalement ton choix !! Chacune trouve son bonheur comme il le souhaite ! Et d’ailleurs toi-même tu rencontres des préjugés. Désolée si tu as mal compris ma position..

          Répondre
    • Caroline a dit…

      Ben non, tu ne devrais pas te sentir rabaissée, d’une certaine manière, si tu es heureuse dans cette vie là et que tu l’as réellement choisie, tu t’es de fait libérée, non ? L’idée de mon post n’est pas de dire qu’on doit toutes avoir envie de « faire carrière ». C’est surtout de se pencher sur les raisons qui font que parfois on renonce à cette envie, malgré nous. Et sur la pression que nous nous mettons mais que l’on nous met aussi, d’être parfaites en tout.

      Répondre
      • Audrey V a dit…

        Oui tout à fait, je me sens libre et je comprends la problématique de la double journée de beaucoup de mère.
        Je comprends qu’il est nécessaire de faire encore et toujours avancer les mentalités ceci dit je pense que la forme ne correspond pas à tout le monde, en tout cas pas à moi.

        Répondre
        • Margot a dit…

          @Audrey : et si ton mari meurt? S’il a un accident? S’il décide de se barrer pour une jeune? Qu’est-ce qu’il se passe? Bien entendu je te souhaite que rien de tout cela ne t’arrive, mais *ca arrive*. Et pas qu’aux autres.

          Répondre
  55. Caledonie75 a dit…

    Tu sais quoi, eh ben je vais le lire ce bouquin ! Pas parce que c’est toi qui en parle (même si je ne doute pas de ton juste jugement ;)), ni parce que tu la connais, mais parce que le sujet me parle… sachant que je suis moi-même en PLEIN BURN OUT familial !
    Je rêve de qq jours de thalasso ALONE (d’ailleurs c’est prévu pour l’automne prochain, qui m’accompagne ?) sans gnomes ni mari que j’adore mais qui exigent beaucoup de la mère et épouse que je suis.
    Sans compter que comme toi à l’époque, je n’ai pas été augmentée depuis 4 ans : tiens c’est bizarre, depuis que j’ai eu ma deuxième et que je suis passée en 4/5è congé parental……………………………
    Et cette putain de suspicion dans le regard du recruteur quant aux possibles grossesses et congés mat qui vont avec quand tu as moins de 40 ans ……………… !

    Et tu vois, ma belle-soeur vient de se faire virer (on l’a poussée à négocier son départ, donc en fait virée) 4 jours après être rentrée de congé mater . 4 JOURS !!! Au motif invoqué, entre autres, que la boîte (une très grosse entreprise où elle était daf) ne la pensait pas capable de manager 10 personnes au lieu de 6 parce que « ça demande quand même de la disponibilité »………………………………………………………………………………………………………….. Ben ouais, avec 2 enfants, c’est sûr que tu es forcément moins disponible et pas organisée et brutalement moins intelligente et moins professionnelle, c’est bien connu…

    Répondre
  56. Sofinet lov Guisane a dit…

    Merci Caro pour ce super article et tous les commentaires passionnants qu’il suscite.
    Compagne d’un homme plus vieux que moi, il est aujourd’hui en inactivité, à la maison. Nous avons 2 filles de 4 et 6 ans, dont il s’occupe souvent, notamment le soir à la sortie de l’école ou de la garderie pour me permettre de faire des journées de boulot un peu plus longues. J’ai la chance de faire partie d’une très bonne boîte où le boulot ne manque pas, où les inégalités salariales sont moindres qu’ailleurs. J’ai la chance d’être à 4/5è et de partager tous les mercredi avec mes filles (pour autant on m’avait bien expliqué que OK pour le 4/5è mais on te laisse la même charge de boulot qu’à 100% !! cherchez l’erreur, ça commence déjà mal !!). A la naissance de ma 2nde fille j’ai fait le choix de refuser une promotion (devenir manager) car je vois leurs journées, leurs contraintes, la pression, leurs horaires et je ne veux pas de cela, pas me tuer dans mon boulot au détriment de tout le reste. Alors je reste dans la technique, j’essaie de donner au max dans le temps imparti pour progresser gentiment sans pour autant viser la carrière. C’est un choix que tout le monde ne comprend pas mais que je ne regrette pas du tout aujourd’hui.

    Malgré cette chance, malgré l’investissement de monsieur, il n’en demeure pas moins que les inégalités et les caricatures de la femme perdurent (pê du fait de son âge, de sa « génération » ?). Pas plus tard que mercredi j’ai craqué. Craqué car monsieur est à la maison, a toute sa semaine à gérer comme bon lui semble, mais fait des activités en groupe, principalement le mercredi AM ou le samedi (bingo, pile poil qd je suis au « repos » et les filles à la maison). Bilan je me colle tous les taxi-activités… Mercredi c’en était trop avec les spectacles de fin d’année à préparer etc, journée dans la voiture sans une minute pour moi, monsieur qui rentre du vélo à 18h au lieu de 16h… et devant mon désarroi me répond « mais c’est ton rôle de maman » ! Prends ça dans ta face ! Les bras m’en sont tombé !!!

    Alors oui je suis perfectionniste, j’ai du mal à déléguer, j’aime m’investir sur tous les fronts pour mes enfants (parents d’élèves, anniversaires, sorties scolaires, médecins…). sans doute un jour lèverai-je pied ? Aujourd’hui je vis pour tout cela et je le fais par choix tout en essayant de préserver mon job…
    Mais par pitié, messieurs (pas tous évidemment !) comprenez que maman ne rime pas forcément avec taxi, avec RDV médecin, avec sortie d’école, …
    Nous essayons toutes de faire au mieux, de tout concilier mais nous ne pouvons pas être des Wondermum 24/24 !
    J’arrête là, je laisse la place mais le sujet m’inspire et me parle… et je lirai les commentaires suivants ce soir tellement les échanges sont passionnants.

    Répondre
  57. Alice a dit…

    Tout me parle, le post et tous les commentaires.
    Un bon job, un très bon salaire, 2 bons enfants, un très bon mari qui s’en occupe aussi bien que moi (voir mieux certains jours). Certes, c’est moi qui repasse ses chemises, mais c’est lui qui s’occupe des courses. Et quand un des petits est malades, on se regarde toujours pour savoir qui reste.
    La perfection ?
    Pas vraiment. Parce que l’envie de faire autrement est là quand même. Pour moi, pour eux, pour lui.
    Pour le moment, je n’ai pas encore trouvé comment faire autrement sans me / nous mettre en péril (parce que ça mange et ça grandit ses petites choses, parce que le risque de se retrouver seule un jour existe, je ne vis malheureusement pas chez les bisounours.).
    Mais je réfléchis, j’y travaille (enfin, c’est plutôt, on réfléchit, on y travaille). Et j’espère bien qu’on trouvera vite.

    Répondre
    • Mimi_Pompon a dit…

      Amen Alice c’est exactement ça. On en est exactement à ce stade (et putain que c’est bon de se sentir une équipe pour le mieux être de tous).

      Répondre
  58. Caroline Day a dit…

    Merci, merci pour ce post. Tout ce qui y est écrit est vrai, à de très rares exceptions près, qui ne viennent que confirmer la règle: en règle générale, l’heure des mamans reste l’heure des mamans, ce sont les mamans qui sont systématiquement appelées, indépendamment de leur lieu de travail et de leurs horaires (l’infirmière de l’école me l’a confirmé un jour où je m’étonnais d’avoir été appelée pour venir chercher un enfant malade pour la troisième fois en 15 jours. A titre de précision, j’ajoute que j’ai déjà reçu l’injonction de venir chercher ma fille à l’école parce qu’elle avait 37, 6).
    Sans compter l’employé de la mairie qui m’annonçait qu’il n’y avait plus de place au centre de loisirs le mercredi, et ajoutant très sérieusement devant mon air déçu : mais Madame, entre travailler et avoir des enfants, il faut choisir…
    Bref, j’ai 4 enfants, je me suis accrochée pour travailler jusqu’à l’an dernier… et puis j’ai jeté l’éponge, à 45 ans. Il faut dire que je travaillais dans un milieu très masculin, l’ingénierie (dans ma société, tous les directeurs sont des hommes et leur femme ne travaille pas…). Je crois sérieusement que tant que la société n’aura pas changé, il nous sera impossible de tout concilier. Bref, je vais acheter ce livre.

    Répondre
  59. Lea a dit…

    Ce sujet me touche et tous les commentaires… Me font très peur… J’ai 26 ans, en couple et sans enfants. J’ai un bon poste pour mon âge, cadre dans une grande boîte, je ne compte pas mes heures. Mon conjoint est indépendant, il gagne bcp moins que moi mais ne compte pas non plus ses heures. Bref les soirées sont très courtes. Nous nous répartissons plutôt bien les tâches même si je garde les courses pour moi, par choix. Tout ça pour dire qu’à l’heure ou l’on commence à penser « bébé », je m’en sens de moins en moins capable, je ne vois que les contraintes, ça me paraît insurmontable et ça me rend triste. Je sais que mon conjoint s’investira autant que moi mais comment on fait quand on ne rentre pas chez soi avant 20h tous les soirs? A quoi ça sert si on est jamais la pour eux?Je ne suis pas prête à renoncer à ma carrière, pour des raisons financières mais pas que. Bref, vos témoignages ne me rassurent pas du tout, c’est vraiment si dur? Si noir?

    Répondre
    • louise a dit…

      Pour Léa : c’est dur mais jouable! et surtout on peut faire les choses à sa façon et mon seul conseil, il faut jouer collectif, avec la papa, les grands-parents et les copines. Le discours médical et psychologique (et sa vulgarisation) a eu un peu trop tendance à enfermer mère et enfant dans un face à face dont il est urgent de sortir. Oui les enfants ont besoin de nous, mais pas que de nous… bref, lisez le livre si vous avez le temps, nous ne sommes pas pessimistes !

      Répondre
    • Caroline a dit…

      non, ça n’est pas si noir et je ne suis pas certaine que ce soit ce qui ressort de ces commentaires. c’est difficile et il y a des compromis à faire. Je pense que la première erreur à ne pas commettre, c’est penser qu’avoir un enfant ne change rien. Ce serait tout de même étrange. Ensuite, la seconde erreur c’est de mettre la barre hyper haut en tout. Je crois fermement que les enfants ayant mangé des petits pots sont néanmoins heureux, que l’on peut aussi dire à son patron que non, 20h n’est pas une heure normale pour sortir enfin du bureau, enfant ou pas, que si les bodys ne sont pas repassés ce n’est pas grave, qu’on ne va pas se faire virer pour une journée enfant malade, etc etc etc. Encore une fois, je n’ai pas le souvenir d’avoir été brimée. En revanche, oui, je pense qu’il faut peut-être accepter l’idée que durant les 3 années qui suivent la naissance d’un enfant, il faut jongler, que si on est deux à jongler c’est mieux et qu’à un moment on peut à nouveau mettre le paquet pour l’obtenir, cette promotion.

      Répondre
      • Sofinet lov Guisane a dit…

        12 lignes parfaites qui résument tout ! C’est juste exactement ça, mais il faut avancer dans sa tête et sortir de certaines culpabilités pour s’en convaincre certains jours

        Répondre
  60. germaine a dit…

    Un sujet qui me parle énormément! Et un livre que je vais me procurer!
    J’ai 31 ans, un enfant de 2 ans 1/2, et depuis sa naissance, son père travaille loin et ne rentre à la maison que le week end. Alors malgré un job très prenant, pouvant me solliciter jours, nuits, week ends, jours de repos et vacances, j’ai géré le petit et mon boulot pendant 2 ans avec un chef qui m’avait dit « votre vie privée, c’est pas mon problème ». Merci patron.
    Quand j’ai été mutée l’été dernier, j’ai prévenu de ma situation de famille. C’est un job de bureau, j’ai cru que tout serait plus simple. Erreur! Une seule personne m’a mis des bâtons dans les roues : ma chef directe, une femme donc, 40 ans et sans enfants, qui estimait que je n’étais pas en mesure de « remplir ma mission » et a demandé mon départ au bout de 2 mois. Il se trouve, qu’en jonglant entre nounous (2) et babysitters (je compte même plus le nombre), j’ai réussi à la remplir, ma mission (et aujourd’hui elle part et je prends son poste).
    Mais à quel prix…Pression, limite dépression, poids de l’organisation sur mes seules épaules (ben ouais, le papa est loin, et loin de s’intéresser à mes soucis d’organisation!), culpabilité de laisser mon tout petit nourrisson 10 heures par jour, culpabilité vis à vis de l’employeur de ne pas être dispo à toute heure du jour et de la nuit…
    Pas facile de tout concilier. Pas facile d’avoir l’impression parfois de perdre sur tous les tableaux : job, vie familiale, vie de couple. Au final j’ai l’impression d’avoir atteint un certain équilibre, mais tout cela est très précaire.

    Répondre
    • Amélie a dit…

      Ce que vous ditez m’affole, moi qui suis entrain d’essayer et dont la patronne a perdu les eaux, enceintes de jumeaux, sur le parquet de son bureau… Elle même qui m’a dit, quand je suis arrivée, que dans mon boulot on n’avait pas DROIT à un congé maternité parce que quand on est profession libérale, on doit faire tourner une structure etc. J’admire celles qui savent dire merde à tout ça, qui renoncent aussi parfois à l’indépendance financière (hyper importante pour moi, ma mère ayant toujours un peu du dépendre de mon père)…je ne me sens pas capable de le faire à mon âge (29 ans bientôt) et je ne me vois pas non plus renoncer à être là pour mon enfant. Bref, dilemme très difficile, peut être faut il seulement accepter d’être moyenne mais néanmoins heureuse dans tout…

      Répondre
      • Caroline a dit…

        j’ai eu des jumeaux puis une troisième et je n’ai jamais renoncé à mon indépendance financière. Encore une fois, le tableau n’est pas si sombre, je crois qu’il faut justement lutter contre ce fatalisme tout en restant lucide quant aux obstacles 🙂

        Répondre
  61. Jenny Jane a dit…

    Bonjour,

    je trouve toutes ces conversations particulièrement intéressantes. J’organise des conférences grand public pour construire des ponts entre la recherche et la société. La prochaine a lieu vendredi 20 juin à Lyon. L’un des thèmes abordés sera les femmes et la façon dont elles s’engagent dans la compétition professionnelle. Marie Claire Villeval, l’intervenante est passionnante sur le sujet. Si cela vous intéresse, il faut s’inscrire sur ce lien:
    https://www.labex-cortex.com/fr/public-general

    Je pense que si le sujet vous intéresse, vous ne pourrez qu’être enthousiasmée par cette conférence.

    En espérant vous y voir!

    Répondre
  62. Mélaine a dit…

    Bonjour,
    une petite demande de renseignements : quelques jours avant la sacro-sainte fête des mères, j’ai entendu une intervention dans l’émission « Service Public » (je crois) sur france inter d’une auteure qui parlait de ce sujet là.
    Je n’ai pas retenu le nom de l’auteure, mais ses propos m’avaient beaucoup interpellée. Est-ce qu’il s’agit bien de Marie-caroline Missir ou de sa co-auteure ? Ou d’une autre personne parce que le sujet est porteur/d’actualité ?
    merci si quelqu’un a une réponse.
    PS : remarquez j’ai bien le temps de chercher sur le site de France Inter pour vérifier puisque que je suis en dépression, incapable de reprendre le boulot après la naissance de n°2 :))

    Répondre
        • Mélaine a dit…

          ben voilà, aussi commandé, aussitôt reçu, aussitôt commencé dans le cabinet de la gynéco, tant qu’on y est. J’en suis à la première partie sur les « normes et les prescriptions » faites aux jeunes mères…comme je m’y retrouve.. après 2 accouchement assez rapprochés et le choix de ne plus essayer d’allaiter parce que je souffrais le martyre, je suis toujours aussi en colère contre le pool de personnel médical qui m’a fait culpabiliser à mort !
          merci pour cet ouvrage,je vais l’offrir à toutes mes copines enceintes !

          Répondre
  63. Mel a dit…

    Je prendrai le temps de lire les commentaires en détail car ils sont aussi passionnants que ce billet et que le livre dont il est question (que j’ai bien l’intention d’acheter et de lire).
    Juste par rapport à ce choix de se « retirer de la course » à un moment : c’est en effet un véritable problème de société et il y a du chemin à faire. Alors chacune se bricole sa solution avec les moyens du bord pour le moment, parfois ça passe, parfois les conséquences sont terribles. Et même si on décide de quitter un boulot pour devenir indépendante, mère à plein temps, etc., en étant convaincue que ce choix est voulu et non subi, je pense quand même qu’on serait moins nombreuses à emprunter des voies parallèles si les normes en vigueur dans la société et les entreprises évoluaient vers plus de souplesse. Parce qu’en effet, il y a un moment où être sur tous les fronts est usant et qu’on en a tout simplement ras-le-bol de perdre sa vie à la gagner en passant à côté de plein d’autres choses.

    Répondre
  64. Audrey V a dit…

    Je voulais rajouter aussi que les hommes aussi subissent ce genre de chose. Lorsque mon conjoint était salarié un de ses patrons disaient en parlant de ses employés homme qui avaient des enfants « il faudrait les castrer »… Et le dernier patron qu’il a eu avant de se mettre à son compte lui a refusé plusieurs fois des jours au dernier moment lors de l’hospitalisation prévue de notre première fille née avec d’assez lourd problème de santé.
    Je pense que c’est le monde de l’entreprise dans son ensemble qui accepte mal les contraintes de la paŕentalité.

    Répondre
  65. Ju a dit…

    Je crois qu’il y a également, au-delà des difficultés liées à la société elle-même et aux représentations qu’elle véhicule, les choix qu’on peut faire. Chez moi, c’est moi qui travaille. Mon mari… ne fait rien. Cela peut paraître étrange : il n’est pas au chômage, ne cherche pas d’emploi non plus. Il ne travaille pas, c’est tout (et il n’est pas rentier hein). De mon côté, même si je râle en disant que ça me gonfle de bosser, je bosse. Je bosse même pas mal, même si ce n’est pas le bagne. ET nous avons fait le choix de ne pas avoir d’enfants. Choix curieux puisqu’étant à la maison, mon mari pourrait s’en occuper. Mais tout cela est très réfléchi et nous laisse une immense liberté : je m’épanouis dans ma carrière, peux prendre des congés quand je veux sans avoir besoin de me coordonner avec lui ou les vacances scolaires des enfants. Le choix de ne pas avoir d’enfant pour ces raisons là (faire carrière, jouir d’une relative liberté) n’est en fait que rarement abordé. Comme s’il fallait toujours nécessairement viser une sorte d’équilibre : arriver à avoir le beurre et l’argent du beurre dans une société où, de fait, ce n’est pas possible. Pourquoi vouloir ce qu’on ne peut avoir ? On cherche des compromis, des solutions bancales… Mais au fond, pourquoi, tout simplement, ne pas assumer autrement ? En sortant du compromis ? On peut, une fois pour toutes, faire le choix, de s’occuper de ses enfants ou inversement, de ne pas en avoir. C’est sans doute radical, mais je ne crois pas au juste milieu dans le domaine qui nous intéresse : juguler travail et vie de famille. Une journée ne dure que 24h et nous passons les heures utiles, 8h au travail (au moins), 6-7h à dormir, 1h (au moins) dans les transports… Il reste 8h (dans le meilleur des cas) pour la vie de famille et pour soi… Pour les moments de solitude dont on a nécessairement besoin. Voilà, tout cela pour dire que je ne crois pas à la recherche de l’équilibre. Il me semble au contraire que nous sommes contraintes à faire des choix. Radicaux, certes.

    Répondre
  66. natali a dit…

    Moi c’est la deuxième fois que je post. La première c’était suite à un billet sur le cancer. Il y a bien longtemps que je te lis. Bien avant rose. C’est étrange c’est comme une sœur ou une amie dont je prendrai des nouvelles – c’est comme un peu de la vie parisienne -laissée il y a quelques années- que je revis à travers toi. Comme les saisons d’une série -que tu affectionnes tant- qui ne finiraient jamais. enfin bref et pour faire court 🙂 c’est addictif j’ai besoin d’avoir de tes nouvelles.
    c’est surement très étrange pour toi également de se savoir suivie par des inconnus.
    Mais revenons à nous, les femmes.
    Je suis féministe par opposition à mon enfance avec un père Phallocrate dans tous les sens du terme. Elevé avec 3 frères on m’a bien martellé qu’une femme c’est des enfants, la maison et le joug du chef de famille tout puissant. J’ai 3 enfants, un mari et une carrière ou disons plutôt plusieurs j’en ai changé souvent. Je ne me suis jamais sentie coupable de quoi que ce soit, ni envers mes petits de n’être pas assez maman, ni envers mes employeurs de n’être pas assez disponible,ni envers mon mari de lui imposer dès le début de notre mariage une répartition des tâches domestiques. En étant entendu que bien sûr il ne repasse pas – il déteste – et que je ne fais pas de béton – je déteste. Mais une répartition disons en terme de quantité. Pas question qu’un se la coule douce alors que l’autre trime. On fait les « choses à faire » les corvées domestiques, les devoirs, les courses… indifféremment l’un ou l’autre et ensuite on peut partager des moments de détente sereinement sans frustration ni reproches.
    N’allez pas croire que c’est la maison des bisounours, non, comme tous les couples on a nos hauts et nos bas. Mais jamais, jamais depuis 24 ans de mariage et autant de carrière je n’ai pensé être mauvaise mère, épouse ou collaboratrice. En revanche débordée et épuisée oui souvent, mais de moins en moins maintenant que les enfants sont plus grands.
    Et pour finir, vous savez quoi ? Mes grands de maintenant 23, 21 et 17 ans aiment voir leur maman épanouie, dans le coup et prête à devenir mamie 🙂 🙂

    Répondre
  67. marinambule a dit…

    Merci pour ce débat: encore une fois, c’est passionnant…
    Je vais ajouter ma petite pierre:
    Comme je l’ai lu plus haut, je rentre dans la catégorie des longues études, brillamment réussies (je l’ai pas dit souvent, mais crotte, c’est vrai!) pourtant aujourd’hui en congé parental qui étend la troisième lessive de la journée en surveillant les muffins pour la fête de l’école et les devoirs du soir…
    J’avais un bon boulot, un bon salaire, des perspectives de promotion.
    Mais je ne me plaisais pas dans ce que je faisais et quand l’occasion s’est présentée, j’ai sauté dessus. Déménagement pour le boulot de monsieur et pas de poste pour moi: mince, un congé maternité pour numéro 3 puis un congé parental et au bout de qq mois la certitude de ne plus vouloir retourner.
    J’ai profité de la première année de mon troisième comme je ne pensais pas pouvoir profiter (j’avais réussi à me convaincre pour les aînés que ce n’était pas mon truc, que j’étais contente de refiler les couches et les petits pots à qqn d’autre) ( ou peut être qu’à ce moment là ce n’était pas vraiment mon truc?) (toujours est-il que j’ai maintenant une raison de plus de me culpabiliser en me disant que les choses auraient pu être différentes pour eux si j’avais réfléchi un peu avant..)
    A l’heure actuelle je suis toujours en congé parental et numéro 4 doit pointer son nez en fin d’année, le retour au boulot n’est pas pour tout de suite.
    Dans mon cas c’est donc un choix délibéré, qui n’a rien à voir avec le fait d’être une femme j’en suis convaincue: mon mari adore son boulot, je détestais le mien.
    J’ai conscience de ma chance que cette option ait été financièrement réalisable pour nous, je ne regrette absolument pas ces années de break qui m’ont permis d’entrevoir que notre rôle de parents dans notre société est au moins aussi important (sinon plus?) que nos rôles professionnels. (Et si quelques patrons et autres dirigeant pouvaient se mettre ça dans le crâne je crois fermement que nous nous porterions tous beaucoup mieux)
    Je me reconstruis doucement un nouveau projet professionnel, qui n’a plus rien d’ambitieux ni sans doute de brillant mais qui me convient tellement mieux.
    Le plus difficile dans ce changement de vie un peu radical malgré tout a été d’assumer la dépendance financière vis à vis de mon mari, même si c’était convenu longuement réfléchi et discuté: ça déséquilibre complètement les choses dans le couple et ça pose un certain nombre de nouvelles données. Je m’en remets complètement à lui, sacrée responsabilité pour lui comme pour moi. On s’y fait.
    Autre point noir et pas le moindre: le regard des autres: je me suis bien souvent sentie déconsidérée et quelques remarques acides m’ont bien filé le bourdon (Ah bon, t’es débordée, mais tu fais quoi?!). Mais j’ai aussi fait mon mea culpa, je n’ai sans doute pas toujours été tendre avec mes copines mères au foyer avant de savoir ce que c’était.
    Je ne sais pas ce qu’il en restera pour mes enfants: j’ai fait ce choix de rester à la maison bien qu’ayant été élevée par un papa qui rentrait en premier, préparait le dîner et faisait le repassage aussi souvent que sa femme je pense. J’espère qu’ils retiendront que le métier de parents est un métier qui mérite qu’on s’y investisse, chacun à sa façon. J’espère qu’ils sauront donner à leur cellule familiale l’importance qu’elle mérite et j’espère surtout que la société d’iici là aura évolué pour les y aider. (Je ne suis pas très optimiste sur ce dernier point, mais ne perdons pas espoir…)
    Voilà, en fait d’une petite pierre, c’était un gros pavé, le sujet est inspirant!

    Répondre
    • La linotte a dit…

      « toujours est-il que j’ai maintenant une raison de plus de me culpabiliser en me disant que les choses auraient pu être différentes pour eux si j’avais réfléchi un peu avant.. » tu es dure avec toi !
      Est-ce que c’est l’image que tu t’en fais, ou est-ce que tu penses vraiment que les ainés ont été lésés ? ce n’est pas forcément être équitable que de vouloir que les enfants aient exactement la même chose au même moment…
      (et on peut aussi apprécier d’être en tête à tête avec un nourrisson d’autant plus qu’on a aussi déjà des ainés et donc toute l’animation de la vie de famille qui va avec, qui n’aurait pas été là pour le premier… ça explique peut-être aussi – en partie – pourquoi, parfois, on n’est pas tentée par un congé parental pour le premier enfant et qu’on y trouve vraiment plaisir à la naissance du troisième, sans que le premier ait été lésé pour autant…)

      pour ce qui en restera pour tes enfants… en t’ayant vue travailler un gros boulot puis maman au foyer puis nouveau projet professionnel, ils éviteront surement de faire à leur tour les remarques acides que tu as pu subir 😉

      Répondre
      • Marinambule a dit…

        Ta réponse est adorable, merci!
        Peut être en effet que mes grands ne se sont pas sentis lésés, je l’espère. Mais mes souvenirs à moi de ces années sont ternis par un boulot qui était en fait un boulet mais je ne m’en rends compte que maintenant. Mieux vaut tard…

        Répondre
  68. Elsouille34 a dit…

    C’est un problème de couple et de société .
    Nous sommes tous les 2 cadres et nous partageons toute la « gestion » des enfants. Mais je constate qu’il y a une chose qu’il ne fait jamais : prendre des jours enfant malade. Certes il est Responsable ( Ahahah) et gagne 2 fois plus que moi mais je crois surtout que « ça ne se fait pas » et qu’il ne lutte pas … Quand notre premier enfant est né il a pris dans la foulée son congé paternité trop heureux d’en profiter . Étonnement de ses collègues, réflexion du PDG lui soulignant qu’il est le premier des cadres à prendre un congé paternité etc… Pour notre 2ème enfant il a pris les 3 j de base et a attendu 2 mois une période de vacances pour poser les autres. Je crois que pour beaucoup d’hommes et de dirigeants les enfants malades et les naissances c’est une affaire de femmes.
    Quant à moi j’ai voulu montrer a mon boss qu’il pouvait compter sur une femme enceinte : pas d’arrêt, trajets pour remplacer des collègues , réunions tardives… Je suis même allée en formation un moi pile pars mon accouchement. Puis j’ai repris à 80% et là l’arnaque : travailler plus pour gagner moins. C’est mathématique : même boulot à faire en moins de temps donc plus aucun répit … Tu gagnes moins et quand tu demandes une augmentation on te fait comprendre qu’en étant à temps partiel faut pas déconner. Qu’il faudrait avoir de nouvelles missions mais incompatibles avec ton temps partiel… Cercle vicieux. Tu fais autant de chiffre que tes collègues à 100% mais non toi tu mérites pas une augmentation PCq tu sens bien que tu le fais chier avec ton 80%, par principe. Et puis la prime annuelle elle est protatisee PCq t’es à 80% alors que la petite nouvelle elle elle a la prime a 100%..bref y’a encore beaucoup à faire !

    Répondre
    • wam a dit…

      Beaucoup à faire auprès de nous même aussi. Je suis toujours surprise (doux euphémisme) d’entendre des collèges femme dire « Machine a eu une toute petite augmentation / prime, c’est normal, elle était en congé maternité une partie de l’année »
      Bon non, ce n’est pas normal. Le congé maternité est un dispositif légal. Les femmes n’ont pas a être pénalisées (par une augment’ ou une prime moindre) parce qu’elles appliquent la loi. Ce n’est pas qu’elles travaillent mal, c’est quelles ne sont pas censées travailler DU TOUT.
      (Je m’énerve toute seule, là, tiens)
      🙂

      Répondre
  69. Cg a dit…

    Ben dites donc ça fout un peu les glandes de vous lire les jeunettes …

    Née en 60 j ai vécu les luttes féministes de ma mère et de mes grands mères Et rien n aurait donc changé ? Mazette !! Elles se retournent dans leurs tombes les mamies !
    Alors comment je me suis démerdée moi à 53 ans et qui ai tout eu : job (prof agrégée – multiples concours), enfants (fabriqués et adoptés) et vie de couple avec le même spécimen toutes ces années ( j ai aussi eu une carrière sportive bien remplie jusqu’il y a peu) Euh précaution oratoire : je ne suis pas une super héroïne et je ne prétends rien, juste vous donner 2 ou 3 trucs qui ont marché 😉

    – Prétendre qu’on peut TOUT avoir est un leurre : il faut faire des choix ! C est la fatalité de la biologie C’est nous qui portons les enfants Soit ! Faisons donc avec puisque nous ne pouvons le modifier (quoi que … L ´adoption m’a livrée un deuxième bébé clé en mains, qui faisait ses nuits, et souriait tout le temps…)

    – dialoguons et déléguons. Sans relâche ! Surtout à la maison ! Le projet « enfants » est un projet de couple! « Tu veux essaimer Homme de ma vie, et tu as choisi mon utérus pour cela, alors sache que tu assumeras toi aussi ! Non négociable » (pour moi ce fut le cas)

    – tu m’as voulue avec mes ambitions, mes chevaux, mon emploi du temps de ouf, et ma carrière ? Tu assumeras ! Ce qui signifie qu’on fera moitié-moitié quand les enfants seront là. Non négociable !

    – si maintenant, là, tout de suite, ça te convient, t’es le mec qu’il me faut !

    Parfois (souvent même) il faut des piqûres de rappel, je ne le nie pas. Je ne dis pas que je n’ai pas jeté des choses par les fenêtres toutes ces années (tiens encore vendredi dernier je rentre à la maison après une semaine de déplacement pro et TOUTE la vaisselle sale de la semaine trainait dans la cuisine – j ai pris une douche et j’ai mis un mot sur un ton neutre disant que je filais me détendre à la piscine et que lorsque la maison serait vivable je revenais- éventuellement ), je ne dis pas que je n ai pas fait mes valises une ou deux fois, que je n ai pas ravalé des trucs professionnels parfois, ( tiens encore cette semaine j’ai ai remis en place mon inspecteur sur une réflexion sexiste à la con ) mais ça a rendu ma vie vivable 😉

    Et puis pour les p..ain de gâteaux de la kermesse y’ a des mecs compétents qui savent les faire ! Ça s appelle des boulangers C’est leur métier !! Jamais fait de gâteau de kermesse moi Manquerait plus que ça …

    Répondre
    • Margot a dit…

      Clap clap clap !
      Exactement !
      J’ai l’impression que souvent, à force de ne pas vouloir mettre un peu de pression sur leurs mecs, beaucoup de femmes se retrouvent à tout faire pour en râler ensuite. Oui, le partage des tâches n’est PAS négociable. Et si ça ne convient pas à monsieur, ben c’est ptêt que c’est monsieur qui ne convient pas.

      Répondre
    • EE a dit…

      cg, ton dynamisme fait plaisir à voir (enfin à lire), mais il me semble tout de même que tu ne peux pas forcément donner ton propre parcours comme exemple universel:

      -tu dis que tu es prof agrégée, il se trouve que je le suis aussi, et donc je suis bien placée pour savoir qu’une partie des problèmes évoqués dans plusieurs témoignages ne t’ont probablement sans doute pas concernée: pas de risque de perdre son poste à cause d’un congé maternité… Quant aux augmentations, elles sont liées aux échelons (et au point d’indice, enfin par les temps qui courent on peut se brosser) et donc soit à l’ancienneté, soit éventuellement aux inspections (une fois toutes les X années en général), soit à une notation vaguement absurde quand on est affecté dans le supérieur, mais de toute façon, un congé maternité n’a pas d’impact à ce sujet.

      -je suis bien d’accord avec l’importante du partage des tâches ménagères (j’ai bien vu à quel point c’était un sujet récurrent de conflits avec mes parents, et aussi à quel point ma mère finissait par être épuisée et aigrie de devoir quasiment tout gérer à la maison alors qu’elle travaillait aussi à plein temps, alors que mon père faisait systématiquement passer le boulot en premier, et souvent aussi les services à rendre aux collègues…) Mais le problème, c’est qu’il y a aussi des hommes qui au départ sont, sur le papier, d’accord pour tout partager, et puis qui, avec le temps, et surtout avec l’arrivée des enfants, en font de moins en moins…

      Par exemple, j’ai une amie qui a été confrontée à ce problème: son mari était « sur le principe » d’accord pour partager, sauf qu’en quelques années, la répartition a évolué et c’est elle qui s’est retrouvée à en faire de plus en plus, lui s’investissait de plus en plus dans son boulot, et quand il était censé s’occuper des enfants faisait plus ou moins n’importe quoi… Et quand il y a de jeunes enfants, il est nettement plus difficile de dire « je ne m’occupe plus de la maison, débrouille-toi » puisque ce sont les enfants qui risquent d’en pâtir. Au final, elle a demandé le divorce (et aujourd’hui, elle a un nouveau compagnon qui s’occupe plus des enfants que ce que leur propre père a jamais fait, et elle est cent fois plus épanouie). Mais franchir le pas n’a pas été facile (et aux yeux d’une partie de sa propre famille, elle est considérée comme « l’égoïste qui a abandonné son mari et prive ses enfants de leur père », d’autant plus qu’elle a déménagé à des centaines de kms pour retrouver du boulot).

      Bref, il me semble qu’il y a hélas pas mal de cas où rétablir l’équilibre n’est pas facile…

      Répondre
      • Caroline a dit…

        merci de ce commentaire qui vient un peu éclairer celui de CG que j’applaudis évidemment mais en effet, sans tomber dans la caricature et le dénigrement des fonctionnaires en mode « vous ne pouvez pas comprendre », il semble assez évident que le fait de ne pas avoir peur de perdre son emploi permet en général d’être un peu plus détendue du slip… Et aussi, que parfois on a beau vouloir fixer les règles à la maison, s’il n’y a pas de répondant, difficile de s’en sortir…

        Répondre
      • Cg a dit…

        Merci pour ta réponse 🙂 je suis évidemment d’accord avec toi concernant la sécurité de l’emploi en tant que fonctionnaire, mais pas tout à fait en ce qui concerne l’avancement.
        En tant que prof tu peux faire ta carrière plan-plan, tes 18 ou 15 heures cool toute ta vie, en attendant d’improbables inspections pour avancer.
        Ou tu peux foncer, faire ta carrière au grand choix en un temps très court, en t ‘investissant à fond dans des commissions, travaux de recherches, travaux sur des réformes etc. Ce qui implique beaucoup de déplacements, de la mobilité, énormément de disponibilité etc. Or là encore, dans les différentes structures de consultation de l’EN auxquelles j’ai participé et auxquelles je participe encore, j’ai souvent rencontré bien moins de femmes que d’hommes, alors que l’enseignement est une profession plutôt féminine. Pourquoi ?

        Répondre
        • EE a dit…

          Je pense que ça dépend vraiment de pas mal de choses (même en s’investissant, si on n’est inspectée que très irrégulièrement, les notes stagnent… J’ai l’impression que ça a pas mal été le cas pour la carrière de ma mère, par exemple.)

          « Or là encore, dans les différentes structures de consultation de l’EN auxquelles j’ai participé et auxquelles je participe encore, j’ai souvent rencontré bien moins de femmes que d’hommes, alors que l’enseignement est une profession plutôt féminine. Pourquoi ? »

          On en revient souvent au même point, non ? J’imagine qu’il y a plus d’hommes qui sont disponibles pour ce genre de choses en bonne partie parce qu’à côté de ça c’est leur femme qui s’occupe d’aller chercher les enfants, des tâches ménagères, etc. que le contraire.

          On peut aussi remarquer que la majorité des inspecteurs sont des hommes (voire la grande majorité dans certaines disciplines).

          Bon, à côté de ça, il faut avoir envie de se lancer dans ce genre de choses, ce n’est pas forcément pour ça qu’on choisit l’enseignement (en ce qui me concerne, j’aurais tendance à m’investir plus auprès des élèves plutôt que d’empiler les réunions où souvent on brasse du vent, ou on avale des couleuvres…)

          (Attention, gros aparté technique…)
          Pour le déroulement de carrière, en ce qui me concerne, c’est un peu différent car je suis affectée dans le supérieur (école d’ingénieurs): il n’y a pas d’inspections, et juste une note administrative, et il y a tellement de gens qui ont la note maximum ex-aequo que pour la plupart des échelons, la différence entre grand choix et choix, voire avec ancienneté, se fait sur divers critères successifs (ancienneté dans le corps, dans le grade, etc. et en dernier lieu l’âge) sans aucun lien avec le travail réel effectué. J’ai toujours eu la note maximum de l’échelon, et je ne suis jamais passée au grand choix, n’ayant pas assez d’ancienneté dans le corps (de l’inconvénient d’avoir passé l’agreg avant ma thèse et d’avoir été titularisée après celle-ci, et c’est la date de titularisation qui compte…) C’est grosso modo pareil pour le passage à la hors-classe. La grande majorité de mes collègues s’investit dans son boulot (et même s’investit beaucoup) et fait bien son travail, mais ce n’est pas avec l’espoir d’en être récompensé d’une quelconque manière en termes de carrière…

          Bon, ça ne concerne pas tout le monde, heureusement ! (Mais parfois c’est un peu décourageant).

          Répondre
          • Cg a dit…

            Merci pour ta réponse.
            Tu as mis le doigt exactement là où ça fait mal dans ta réponse : les mecs sont aux postes décisionnaires parce que à la maison quelqu’un assure l’intendance ! Dans l’immense majorité des cas c’est leur … Femme ! Sauf si on occupe le poste très convoité de Reine d’Angleterre, là on a du « petit personnel » 🙂
            Aparté technique : en se faisant remarquer, en sautant comme un cabri, en ayant les canines qui rayent le parquet, on peut, même dans le supérieur, faire carrière rapidement. J’étais à la hors classe dernier échelon à pile 50 ans. Mais … Faut être dispo. !
            Ma question aurait aussi pu être formulée différemment en effet et tu le soulignes bien. Outre le corps d’inspection, combien de femmes recteurs, combien de femmes ministres de l’EN ?

            Cependant je ne suis pas d’accord avec toi pour dire que dans les réunions on ne brasse que du vent. J’ai remarqué que lorsque les réunions se féminisent elles gagnent en efficacité. J’ai fait partie des réunions de réforme des bacs techno et de mise en place des CAPET RÉSERVES, nous avons été plutôt efficaces 😉 surtout les femmes !

          • EE a dit…

            Au sujet des réunions: j’aurais dû préciser que c’est le sentiment que me donnaient beaucoup de réunions dans mon établissement, ce n’est pas forcément généralisable ailleurs…

  70. Cg a dit…

    Apostille « enfants malades » : j’ai toujours systématiquement mis SON numéro de téléphone sur les feuilles à rendre en début d année scolaire, d’abord à l’école, puis au collège, puis aujourd’hui au lycée.
    De toutes façons j’ai un job où je ne suis pas joignable, portable interdit dans les labos. C est donc parfaitement acquis. D ailleurs spontanément aujourd’hui hui nos filles s adressent à lui pour leurs problèmes de santé, même les règles douloureuses n ont plus aucun secret pour lui 😀

    Répondre
  71. Cgsuite a dit…

    Apostille « enfants malades » : j’ai toujours systématiquement mis SON numéro de téléphone sur les feuilles à rendre en début d année scolaire, d’abord à l’école, puis au collège, puis aujourd’hui au lycée.
    De toutes façons j’ai un job où je ne suis pas joignable, portable interdit dans les labos. C est donc parfaitement acquis. D ailleurs spontanément aujourd’hui hui nos filles s adressent à lui pour leurs problèmes de santé, même les règles douloureuses n ont plus aucun secret pour lui 😀

    Répondre
  72. Tite_bulle a dit…

    Je mesure ma chance en vous lisant. Lors de mon premier entretien d’embauche (certes dans une profession quasi exclusivement féminine) on ne m’a jamais demandé si j’avais des enfants, si je comptais en avoir, si j’étais en couple, si…
    Et, comble du comble, j’ai été engagée et 4 jours après j’apprenais que j’étais enceinte ! (grossesse surprise).
    Là encore mes employeurs ont été au top, ils m’ont dit qu’ils étaient ravis pour moi et qu’ils me gardaient ma place et qu’ils me retrouveraient avec plaisir dans quelques mois avec un petit bout en plus.
    J’ai donc été engagée le 1er août et j’ai été écartée le 7 août !
    J’ai ensuite recommencé à travailler 1 an plus tard et ma période d’essai à commencé à ce moment-là.

    Je sais que c’est exceptionnel mais c’est bien la preuve qu’il y a encore des gens humains dans le monde du travail 😉

    Des bises

    Répondre
  73. Claire a dit…

    Bonjour Caroline, bonjour à toutes,
    Premier commentaire en des années de lectures, faut bien se lancer!
    Sujet qui me tient à cœur comme beaucoup d’entre vous! J’ai 32 ans, 2 enfants en bas âge et nous avons tous les 2 (monsieur et moi) des postes « à responsabilités » et avec beaucoup de déplacements. On partage tout: les jours enfants malades, trajets etc. La clef pour nous: on travaille en Belgique (pour moi) et aux Pays Bas (pour lui). Ici personne ne nous juge si on adapte nos horaires à nos choix persos (enfants, sport ou autre). Nos chefs sont hyper compréhensifs mais je crois que surtout nous l’avons imposé à nos employeurs car pour nous c’était une évidence. On peut être de top performers tout en étant parents et malgré 2 congés mat en 4 ans j’ai aussi eu 3 promotions.
    Ou ça coince le salaire: lors de la dernière négociation salariale on m’a expliqué qu’avec la flexibilité que j’avais fallait pas non plus trop en demander hein!
    Aie premier grain de sable à 32 ans donc… L’écart des salaires se creuse avec mon chéri donc et ça me fait un peu peur pour le tournant des 35-40 ans à venir… Je m’en vais donc lire ce livre au plus vite! Merci!

    Répondre
  74. Margot a dit…

    Une seule fois en 25 ans de carrière j’ai vu un collègue masculin imposer des départs plus tôt pour aller chercher ses enfants. Une seule fois. Mais il a été parfait, très ferme : « de toutes façons c’est ça ou rien, si vous, patron, vous ne vous occupez pas de vos enfants c’est votre problème, moi j’y tiens et c’est comme ça : le lundi, mardi et jeudi, je pars à 17h. Le mercredi et le vendredi je resterai plus tard pour compenser ».
    Résultat des courses il a juste suscité l’admiration de toute la boîte.
    Quand on est cadre, on bosse souvent en dehors des heures de travail (parfois le week-end, de chez soi) : ben ça ne va pas à sens unique, il faut aussi *imposer* des retours d’ascenseurs. Et quand on a quelques années d’expérience dans une boîte, dites-vous bien que la direction, ça l’emmerderait bien plus de retrouver quelqu’un et de le former (sans aucune assurance qu’il fasse un aussi bon taf que vous) que de vous accorder une meilleure libert-é sur vos horraires de présence.

    Répondre
  75. Karine a dit…

    L’article et les commentaires sont passionnants.
    Chez nous,c’est un peu particulier car je mon homme est saisonnier. A fond dans toute la France de Pâques à la Toussaint et à la maison l’hiver. Du coup cette alternance nous oblige depuis déjà 12 ans à être maman solo l’été et lui papa au foyer l’hiver. Alors bien sûr les réajustements à la Toussaint sont difficiles. J’attends avec impatience qu’il me seconde enfin et lui veut aussi se poser sans ne plus rien gérer (il est le patron de son entreprise) .
    Dans les com’, j’ai lu quelques fois, les inquiétudes financières dues à la dépendance de l’autre. Ca me parle d’autant plus qu’on n’est pas marié. Son entreprise fonctionne très bien, mon salaire d’instit à mi-temps n’est pas fameux mais ensemble tout va bien. Mon inquiétude est pour « et si jamais … il décédait, on se séparait « … et bien je serais dans la mouise. Et ça il ne veut pas l’entendre ! Du coup, c’est source de conflit car il a l’impression que  » j’en ai après son argent » N’empêche c’est bien moi qui ai pris un temps partiel pour les 3 loulous et qui du coup cotise moyen pour la retraite. Quant à lui, il se met de l’argent de côté pour sa retraite, pour ses indemnités journalières si accident (oui, il est très prévoyant … pour lui) . Mais si l’un de nous décède, lequel financièrement sera coincé pour continuer avec les enfants ?
    Pour l’instant, ma vie professionnelle est en sourdine pour avoir du temps pour les enfants. Et puis un peu plus grands, je prendrai un grand plaisir à reprendre un plein temps.
    Alors oui, jongler avec les contraintes de la vie, au fur et à mesure que les enfants grandissent et puis réajuster ça demande du dialogue, afin de ne pas se laisser enfermer dans des non-choix.
    Bon courage à tous et à toutes

    Répondre
  76. Mâle en point a dit…

    Bonjour,
    Je consulte de temps en temps les onglets restés ouverts et donc les blogs que ma femme « fréquente » et évoque parfois lors de nos discussions histoire de ne pas m’en tenir qu’à mon seul ressenti de mari/papa forcément incomplet voire partial.
    Attention, je suis loin d’être parfait avec une sorte d’aversion pour la cuisine qui m’étonne moi- même (la faire, pas la consommer…), un lourd passif de famille patriarcale (père dont les immenses qualités sont à la hauteur des défauts), un semblant de bonne volonté dans la promptitude à passer un coup d’aspirateur en se convaicant que cela suffit à la propreté du logis et une belle imposture de super papa en me débrouillant pour récupérer la gosse 2x par semaine, en gérant la pistoche du lundi et en fréquentant le parc régulièrement mais cela plus par plaisir de papa que par obligation.
    Et c’est là le nerf de la « guerre » selon moi mais je tiens à préciser que je ne parle que des papas dans mon genre et des pires, pas des mieux que moi que j’espère nombreux.
    Bref, encore à ce stade de notre évolution, quel que soit l’infime contribution du papa elle est saluée alors que de la mère on attend tout (et de la femme aussi, même enceinte du 2ème!).
    Quel est le but de mon post? Je ne le sais pas vraiment mais je tiens juste à vous dire que les gens qui n’encourage pas les mères a s’épanouir au travail en leur facilitant la vie (en conciliant au mieux leur rendement à leur poste de travail et leur statut de mère) et en niant ses difficultés sont soit des ennemis de l’espèce, soit de monstrueux hypocrites, une mère au foyer méritant déjà une médaille.
    Alors si je peux me permettre de vous donner un conseil (bien que que tant que je n’aurai pas appris à cuisiner de façon à pouvoir gérer plus de 2 repas à base de pâtes ou de soupe de légumes, je devrais plutôt la fermer), continuez à vous élever contre toute discrimination et/ou pression, ne vous sentez jamais moyennes et encore moins nulles et encouragez, de la facon qui vous semblera la plus appropriée, votre entourage (mari, patron etc…) à tenir de manière moderne son rôle face à une mère..

    Répondre
    • Mâle en point a dit…

      « N’encouragent », « à », etc…Désolé pour les fautes et la prose que j’aurais voulu meilleure mais le temps me manque car je suis quand même un mari/papa et surtout je voulais « poster » en toute discrétion pendant le petit sieston de mes deux chéries.

      Répondre
    • Mâle en point a dit…

      PS: l’ironie relevée plus haut sur la « fellation/disponibilité sexuelle » sans faille requise en toutes circonstances ne m’aide pas à me sentir un mari idéal non plus quand je veux bien réfléchir à la question…

      Répondre
  77. Caroline - une autre a dit…

    Bravo à la compagne de Mâle en point ( com 82) : joli le coup des onglets laissés négligemment (ou pas ?) ouverts : une astuce à exploiter ?
    Mais surtout, super articles et coms, j’avoue la parole de Monsieur 82 me touche en son honnêteté et son aveu d’imperfection, meme si niveau partage des tâches, ça m’a l’air pas mal
    Et d’accord, la guéguerre, c’est pas la solution, et la communication, ça aide, un bon bouquin à l’appui si besoin…

    Répondre
  78. Suzie a dit…

    Je ne sais pas pourquoi le débat s’oriente vers la répartition des tâches au sein du couple… Moi, je pense que le problème initial, il est dans la place de la parentalité dans la société et surtout dans l’entreprise… parce que la pression que subissent les mères au travail, les pères l’ont aussi, mais différemment. Tant que les temps de vie des enfants et ceux des parents ne seront pas mieux accordés, les soucis perdureront et tant que les femmes gagneront moins que les hommes, ce seront toujours elles en première ligne pour laisser tomber leur boulot et rester à la maison…

    Répondre
    • Cg a dit…

      Car c’est dans la répartition domestique que se situe le fondement du problème Depuis la nuit des temps C est là que la répartition des rôles s est faite, bien avant l’existence même de l’entreprise Le monde de l’entreprise n’a fait que reproduire le schéma structuré et unanimement induit et admis par le choix d’un mode de reproduction sexué par notre espèce, puis l’évolution vers le chasseur cueilleur puis vers l’agriculteur éleveur . L entreprise à tout simplement suivi le même schéma sans se poser de question.
      Je dis souvent (à mes filles) et sans rire que si LA première femme(lle) Erectus violée par LE premier mâle sur cette planète, lui avait coupé les couilles et les avait mangées en brochette, la face du monde en eut été inévitablement changée !

      Répondre
      • Suzie a dit…

        Je suis bien d’accord sur cette histoire de partage des tâches et des schémas ancestraux qui nous poursuivent. Néanmoins, je ne pense pas que ce soit le fonds du problème évoqué dans cet article. A mon sens, le monde de l’entreprise s’est considérablement durci à l’égard de tous et plus personne ne peut s’opposer à son patron sans prendre le risque de se retrouver à la porte… les hommes comme les femmes…

        Répondre
  79. Anne T a dit…

    Bonjour,

    Je vous suis depuis toujours mais n’ai jamais envoyé de commentaire. Le sujet que vous évoquez me questionne beaucoup en ce moment. Je me permets donc de vous communiquer le lien vers un article (en anglais) salvateur, déculpabilisant (pour moi en tout cas) et à contre-courant de ce qu’on entend souvent sur les femmes et le travail:

    http://www.theatlantic.com/magazine/archive/2012/07/why-women-still-cant-have-it-all/309020/

    Bonne lecture!

    Répondre
  80. Elisabeth a dit…

    Je l’ai lu dans certains commentaires et je pense aussi que la solution est là : le combat que nous devons mener (mères ou pas, pères ou pas) est un combat commun (hommes et femmes) contre le système économique en place qui insidieusement augmente la pression au niveau de la performance au travail et édicte des normes de « réussite » sociale.
    Plus nous serons divisé(e)s, moins nous aurons de chance de gagner.
    D’où mon étonnement à propos du titre de l’ouvrage qui, à mon avis, est très réducteur dans la mesure où toutes les femmes sont loin d’être des mères et où même celles qui ne sont pas mères subissent les injonctions d’une société gouvernés par des diktats économiques (sous entendu, celles qui ne sont pas mères n’ont pas besoin de se libérer).

    Répondre
    • EE a dit…

      Il me semble que le problème est à plusieurs niveaux:
      -d’une part, comme tu le dis, un système économique qui met la pression sur les salariés et a tendance à les presser comme des citrons…
      Il y aussi certains aspects qui me semblent assez spécifiques à la France: en particulier, une tendance au « présentéisme » dans beaucoup d’entreprises, en particulier pour les cadres (plus on reste tard au boulot, mieux on est considéré). Ce n’est pas le cas d’autres pays européens, en particulier en Europe du Nord (par exemple mon mari est ingénieur et travaille pour une entreprise néerlandaise, il y a va 2 ou 3 fois par mois et constate qu’il n’y a pas grand-monde avant 9h, ni après 17h, partir pour aller chercher ses enfants ne choque personne, et ça n’empêche pas que le travail soit bien fait et que l’entreprise marche très bien. Celui qui reste très tard au boulot, hormis dans les cas où il y a vraiment un problème urgent à résoudre, est plutôt mal vu, perçu comme quelqu’un de peu efficace…)

      -mais d’autre part aussi, la répartition des tâches entre hommes et femmes: je ne pense pas que ce soit le système économique à lui tout seul qui fasse qu’en moyenne les femmes consacrent en moyenne beaucoup plus de temps aux tâches ménagères et aux soins des enfants que les hommes (d’après une étude de l’INSEE en 2012: 4h par jour en moyenne pour les femmes, 2h13 pour les hommes), qu’elles aient en moyenne moins de temps libre par semaine que ces derniers…
      L’éducation y est pour beaucoup, d’une part directement en ce qui concerne la manière d’envisager les tâches ménagères (par exemple beaucoup ont tendance à considérer que le repassage, la lessive ou la couture sont des tâches exclusivement féminines…), d’autre part en ce qui concerne les choix d’études et de métiers: les emplois féminins restent en moyenne beaucoup plus concentrés sur certains secteurs (éducation, santé, aide à la personne, vente, emplois administratifs…), et beaucoup de jeunes filles ont tendance à anticiper dès leurs choix d’études les futures contraintes liées aux enfants alors que c’est nettement moins le cas des jeunes hommes (même si ça évolue- d’ailleurs, je ne dis pas que ce soit forcément une mauvaise chose d’anticiper, simplement il ne me semble pas normal que ce soit à sens unique, les enfants ont aussi besoin d’un père…)

      -par ailleurs, il me semble qu’il y a aussi pas mal de choses, en particulier sur le plan professionnel, qui fonctionnent encore comme si nous étions dans les années 1950 et les femmes étaient au foyer (enfin, du moins les femmes de cadre: même dans les années 1950, il y avait pas mal de femmes qui travaillaient comme ouvrières, agricultrices, conjointes de commerçants, etc., d’autant plus que vivre avec un seul salaire n’était pas forcément possible). Par exemple, dans certaines entreprises (ou pour les métiers de la recherche dans certaines disciplines), l’expatriation est parfois nécessaire, mais le fait que les conjoints aient eux aussi un emploi et que celui-ci ne puisse souvent pas être exercé à l’étranger est rarement pris en compte- et ça peut mal tourner, voir post #12 de Katcze…

      Bref, désolée pour ce long message un peu confus, mais il me semble qu’on ne peut pas tout résumer à des questions économiques (et puis cela me fait un peu penser, toutes proportions gardées, à ce qu’écrivait par exemple Benoîte Groult dans les années 1970: une partie des militantes féministes étaient au départ dans des mouvements de gauche ou extrême-gauche, mais au bout d’un moment elles en ont eu marre de s’entendre dire que leurs préoccupations concernant l’avortement, la contraception, le travail des femmes, etc. étaient secondaires et qu’on s’en occuperait le jour où le capitalisme serait abattu, et ont fini par fonder leurs propres mouvements féministes pour défendre leurs revendications…)

      Répondre
  81. LeaTutette a dit…

    Complètement en phase avec Elizabeth, mais je voudrais ajouter ma petite contribution au débat. Je suis DRH (ouille…pas la tête !…) et suis souvent, à ce titre en contact avec le tournant des 35-40 chez les femmes ET les hommes. Il me semble que cette période est critique pour les 2 sexes (avec et sans enfant d’ailleurs). Une expérience conséquente, une envie de changement ou un brin de lassitude…..Ce qui est différent, c’est la façon de « gérer » cette période. Les hommes, dans la majorité des cas, cherchent une issue professionnelle : un autre poste, une autre entreprise, et pourquoi pas à l’étranger….Les femmes (avec des enfants jeunes) « choisissent » (…vous les avez vus mes guillemets ?..) leurs enfants. Pas toutes, bien sûr….Voilà c’était juste histoire de relancer le débat. Merci à Caro et à vous toute pour les échanges très intéressants.

    Répondre
    • Elisabeth a dit…

      C’est marrant ce que tu dis parce que c’est exactement ce que nous avons vécu. La quarantaine passée et désirant un changement au niveau professionnel, j’ai proposé à ma petite famille de s’expatrier.
      Nous avons quitté la France pendant 7 ans et ça m’a fait beaucoup de bien (devenir soi-même immigrant permet de comprendre beaucoup mieux certaines choses).
      L’expérience a été positive pour toute la famille !! Mais, effectivement, comme tu le dis, ça a été un moyen de passer la « crise » de la quarantaine !!

      Répondre
  82. Cg a dit…

    Je rejoins certains commentaires qui, sans vouloir porter de jugement bien sûr, chacune faisant du mieux qu’elle peut dans sa situation, appuient là où ça coince : la tendance féminine à se placer (un peu) en victime. Je l’ai bien un peu lu ici et là dans quelques posts… C’est la faute aux salaires trop bas, la faute à la double journée, même la faute à l’agroalimentaire j’ai lu…

    Je le répète, j’ai 53 ans et j’observe. Je côtoie trois générations de filles : des ados à la maison, des vingtenaires en cours comme étudiantes, des trentenaires comme jeunes collègues. J’avoue être parfois perplexe !

    – Mes ados, je les arme contre la complexité et les schémas débiles et préétablis du monde, ça roule. On verra l’avenir, je fais au mieux. Mais je leur dis qu’on construit le nid (on a un job) avant de couver les œufs. J’espère qu’elles intègrent le message.

    – Chez mes étudiantes j’ai remarqué ces dernières années un retour vers la maternitude. Je n’ai jamais eu autant de naissances et de grossesses parmi des gamines de vingt ans faisant des études que ces cinq dernières années. Repli vers la cellule familiale en temps de crise ? Là où ma génération commençait à songer à la maternité après trente ans …

    – Chez mes collègues trentenaires j’observe le retour à un schéma classique. Là où ma génération tapait sur la table (au vrai sens du terme) quand ça n’allait pas, j’observe qu’elles subissent plutôt en râlant.

    Répondre
    • Caroline a dit…

      Oui je te rejoins complètement sur ces évolutions. Mais comment les expliquer si ce n’est par la crise et les échecs de notre génération à instaurer une véritable égalité ?

      Répondre
      • Elisabeth a dit…

        Je pense qu’on (et dans le on je mets tout le monde, moi y compris) a un peu tendance à vivre sur nos acquis, acquis que nous avions nombreux en France et qui sont progressivement en train de disparaître par manque de mobilisation et par une surabondance de désinformation.
        Nous devons nous réapproprier le débat politique, le vrai, celui sur les questions fondamentales de démocratie, pas celui où l’on nous donne l’illusion d’avoir du pouvoir en choisissant entre des bacs à fleurs dans la rue principale ou la réouverture d’un petit magasin de quartier (petit magasin qui avait fermé quelque temps avant parce que nous n’avions jamais été consulté lors de l’implantation d’un hypermarché en périphérie !).

        Répondre
      • Cg a dit…

        On pourrait les expliquer par le petit bout de la lorgnette, mais qui est souvent parlant.
        Regardons l’image de la femme véhiculée par la presse féminine par exemple. Quand j’ai commencé à lire cette presse, tout début des années 80, les femmes représentées étaient des guerrières, cheveux courts, jambes écartées campées dans le sol, prêtes à bouffer le monde. J’ ai été nourrie de cette image : YES WE CAN !
        Avec mes copines on allait à la plage seins nus avec les copains, on avait acquis la liberté du corps qui induit la liberté de l’esprit. Ça peut paraître anecdotique mais ce fut fondateur. Ça m’a permis de choisir naturellement un métier d’homme, et de choisir la seule discipline sportive où hommes et femmes se mesurent, l’équitation. Laquelle de nos ados possède aujourd’hui cette liberté du corps ? Même pas les miennes ! Le verrou de la société est passé par là ! Regardez la presse féminine aujourd’hui : gerbant. Faut être belle, jeune, maternante et tailler des fellations au mètre en plus. Il n’y a de star (sic) intéressante qu’enceinte ! Ou à la rigueur cocue, le mieux c’est si elle est à la fois enceinte ET cocue ! La presse se délecte. Cool l’image féminine renvoyée à nos filles !

        Et qui possède les grands groupes de presse ? Hein, qui ? Des hommes 🙂

        Élisabeth a raison, il est temps de se lever, politiquement. Oui mais, quand tu te bats contre les emmerdes de la vie, avec 2 enfants en bas âge, si possible enceinte du 3ème, tu trouves le temps quand pour t’engager en politique ou en syndicat ?

        Je vais être cash, mais le mot d’ordre à la maison c’est : « les filles, on est gouverné par son cerveau, pas par ses ovaires ! » Je le leur répète sans fin ! Le monde idéal n’existe pas. Alors on lit obligatoirement la bio de Sophie Scholl, Angela Davis, Aung San Suu Kyi, ou Malala Yousafzai, avant de lire Garance Dore ou Elle.

        Et le plus triste ? Ma génération a une grande part de responsabilité dans tout ça ! Je ne sais pas ce que nous avons raté. Nous avons manqué de vigilance, nous avons vécu sur nos acquis pensant qu’ils étaient acquis. Nous devons battre notre coulpe plus que d’autres.

        Répondre
  83. loutre a dit…

    je viens ajouter moi aussi mon petit caillou…
    j’ai grandi selon le précepte « fais des études et sois indépendante financièrement ma fille ! »
    et j’ai suivi ce chemin, imaginant mon épanouissement tout en haut de l’échelle sociale …et un jour, un bébé surprise.

    je travaille dans un milieu très masculin je suis ingé en informatique), je voulais être l’une d’entre eux, je me suis battue pour me faire ma place.

    mais la maternité m’a apporté quelque chose d’incroyable :
    en devenant mère, je suis devenue femme.

    aujourd’hui, à 35 ans, j’ai 2 filles de 7 et 4 ans, et je suis, même si le chemin est sinueux, sur la voie de l’épanouissement.
    j’essaie de laisser de la place à toutes ces femmes qui sont en moi, la maman, l’artiste, l’écolo, l’amoureuse…
    mon travail ne correspond plus du tout à celle que je suis devenue et à ce que j’attends de la vie.
    et c’est avec mon homme que je construis un projet de vie, le projet de partir dans quelques années vers quelque chose qui nous ressemble.
    nous réfléchissons à ce que nous voulons leur transmettre.

    et pour finir, mon homme participe à toute la gestion du quotidien : ménage, cuisine, enfants même malades…mais jamais vous ne le verrez dans un magasin de bricolage 😉

    Répondre
  84. EE a dit…

    Il y a un article au sujet de ce livre dans « Le Monde »:

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/06/17/menace-sur-les-acquis-du-feminisme_4439573_3232.html

    Il est en éditions abonnés, mais en tapant le titre dans Google on peut arriver à le lire directement.

    Bon, il va falloir que je lise ce livre, parce que je suis assez perplexe au sujet de ce que dit l’article au sujet de la dénonciation du « maternage proximal » et du « cododo »: pour moi, ça n’a rien d’anti-féministe (le terme « maternage proximal » est en fait une traduction plutôt mauvaise de « attachment parenting » en anglais, ça ne fait pas spécifiquement référence à la mère, par exemple le père peut tout aussi bien porter le bébé, faire du peau à peau, etc. et par ailleurs le cododo est parfois la seule solution permettant de ne pas tomber d’épuisement avec un bébé qui se réveille plusieurs fois par nuit, ça a été mon cas…)

    Répondre

Laisser une réponse à Suzie

  • (ne sera pas publié)

Vous pouvez si vous le souhaitez utiliser les balises HTML suivantes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>