Je ne l’appellerai pas


Pour la première fois depuis plus longtemps que je m’en souvienne, je ne l’appellerai pas aujourd’hui pour son anniversaire. Et le simple fait d’écrire ces mots me déchire le coeur. L’absence est insidieuse, il y a des jours où l’on n’y pense pas. Et puis parfois, elle te prend à la gorge et les larmes se bousculent au portillon, au moment bien sûr où c’est le moins opportun.

Ma mamie aurait eu 99 ans aujourd’hui. Elle est là, souvent, en moi. Elle est là tous les soirs quand je borde  la couverture de Rose, tricotée de petits carrés de laine. Elle est là quand j’étale ma pâte brisée à l’aide de son rouleau à pâtisserie que ma mère a pris soin de me garder quand elle est partie. Parfois, lorsque je prépare une tarte, j’ai l’impression que ses mains fraiches se posent sur les miennes et guident mon geste.

Elle est là lorsque je fais un chausson aux pommes, quand je reprends une de ses expressions fétiches « tu es comme la poule blanche, toujours mal au cul ou à la hanche », quand je cuis ma blanquette, quand je repense à cette coupe de chantilly qu’elle avait dégustée la dernière fois que je l’ai vue ou que j’observe une petite dame dans le métro faire ses mots croisés. Elle est là quand j’écris, elle qui notait tous les jours ce qui s’était passé dans sa journée. Elle n’est plus là et elle le sera toujours. Elle m’aurait sans doute dit aujourd’hui que j’étais la première à l’appeler et que ça ne l’étonnait pas. Je ne t’appellerai pas aujourd’hui mamie, mais tu vois, j’y pense quand même.

103 comments sur “Je ne l’appellerai pas”

  1. Yakadi a dit…

    Ooooh caroline tu me fais monter larmozieu. ..
    Ma grand mere a moi ne cuisinait pas lais cetait une excellente couturière. Je viens dacheter une machine et jy retrouves ses gestes. Que ce post soit un hommage a ma grand mere aussi.
    Mercibizouille

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  2. Daphné a dit…

    Quel joli hommage à ta grand-mère. Ce souvenir qui se construit dans ce qui pourrait être si anodin, c’est terriblement émouvant. Ça m’arrive souvent, d’avoir des bouffées d’enfance qui ressurgissent et me rappellent mon père. Avec le temps, ça devient moins douloureux et j’accueille maintenant ces réminiscences sans sentir ce pincement au cœur.

    Puis je regarde mes garçons et me demande parfois quelles seront les madeleines de leur enfance.

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  3. HeLN a dit…

    ❤️ pour toutes nos mamies qui ne sont plus mais qui sont encore là.
    C’est étrange cette communion de pensées, hier soir justement nous parlions de la mamie de Cheri avec nos filles à table.
    Plein de doux bisous.

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  4. AnneduSud a dit…

    Les larmes se bousculent aussi au portillon de mes yeux… Je pense à ma grand mère partie il y a 25 ans. Et je porte l’Heure bleue de Guerlain pour elle.

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  5. AudeA a dit…

    Moi, je lui ai téléphoné la première année et ce n’est qu’en entendant la sonnerie que je me suis souvenue qu’elle ne décrocherait pas.

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  6. Xochitl a dit…

    Ton texte est très touchant Caroline, tout comme les premiers commentaires.
    Je n’ai pas eu de grand-mère avec qui faire de la pâtisserie ou manger des glaces à la chantilly, ni de grand-père avec qui ramasser les tomates ou acheter des billets de loto au tabac du coin. Quand je lis ce texte je le regrette un peu et je suis heureuse que mes enfants connaissent leurs grands-parents et puissent tisser avec eux une véritable relation qui les accompagnera toute leur vie.

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  7. Morgane a dit…

    Waouh…je suis une lectrice de l’ombre de ton blog, je ne commente jamais mais là…
    Comment te dire que tes mots résonnent parfaitement en moi. Je suis actuellement hospitalisée pour une fracture ouverte à la cheville suite à un accident de la route, j’en ai pour 3 mois de convalescence, et il se trouve que je suis dans une chambre d’hôpital à côté de la chambre où ma propre grand-mère est morte en mai 2016. Je pense à elle très souvent et encore plus ces jours-ci…Elle est dans mon quotidien aussi, à travers les meubles d’elle que j’ai gardé, à travers les attitudes que j’ai pour le personnel hospitalier (ma grand-mère a toujours été la chouchoute du service à chacune de ses hospitalisations), à travers la lecture qu’elle aimait tant et qui est ma passion aussi…
    Chacun de nos proches est en nous, d’une certaine façon.

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  8. Maud tine a dit…

    C’est malin je pleure à chaude larmes… et une grosse boule dans la gorge… c’est l’évocation des mains fraîches qui a ouvert les vannes… j’ai senti ses petites mains fraîches et toutes plissées dans les miennes… ma toute petite mamie… j’aime aussi utiliser des petites choses du quotidien qui ont appartenu à l’une ou l’autre de mes mamies… merci pour ces belles émotions qui fabriquent la vie et que tu mets si joliment en mots… belle journée à toutes

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  9. CristL a dit…

    A nos mamies d’amour qui nous manquent… Et à celles qui sont toujours là mais qui ne se souviennent plus de nous…L’expression de ta mamie est très employée à la maison également ( peut être locale, nous habitons dans le Rhône).

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  10. Hélène a dit…

    Ton message me touche beaucoup… J’ai les mêmes souvenirs de pâtisserie et de mots croisés avec ma grand-mère qui me manque aussi terriblement. La seule différence c’est que lorsque enfant je chouinais pour un rien elle ne me parlait pas de poule blanche mais de la Tante Cerfeuil qui quand elle n’a pas mal au cul à mal à l’œil ;o)
    Dis toi que tu as pu profiter d’elle au maximum de ce qui était possible, engranger un maximum de souvenirs qui vivront toujours en toi et c’est déjà énorme !

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  11. Luciole a dit…

    coucou ……. je ne commente jamais, je te lis depuis longtemps en sous marin mais aujourd’hui je ne peux pas m’ en empêcher….
    quelle belle émotion ce matin …… je n’ai pas pu retenir le flot de larmes qui est en moi …… tes mots me touchent….. merci ….. j’ai également toujours, tous les jours une pensée pour mes proches qui sont parti trop tôt …….

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  12. DOMINIQUE a dit…

    Mes deux grand-mères étaient des grand-mères à corset. Oui, le vrai, le à baleines et à lacets. J’étais fascinée, quand petite je les voyais enlever cet attirail d’un rose lingerie, et le poser sur une chaise, tout raide/mou. Quand on faisait un câlin, on sentait la raideur des baleines et de la toile sur leur corps.
    Et la fameuse odeur de poudre de riz, on en parle ? Pour ma part, mélangée à de l’œillet.

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  13. Suzanne a dit…

    Ma Bonne-Maman de la Croix Rousse est morte il y a bientôt 2 mois, à une semaine de ses 98 ans. Malgré son âge, ce fût assez soudain, et, j’avais beau ces dernières années me dire à chaque fois que je la quittais que je ne la reverrais peut-être plus, je ne m’y attendais pas.
    Pas plus que je m’attendais au vide qu’elle laisse aujourd’hui : après tout, je ne la voyais que quelques jours par an (jamais assez longtemps). Et c’est tout une série de petites habitudes qui sont parties avec elle, et de lieux aussi (son appartement va être vendu). J’ai du mal à croire que je ne la verrai plus, que je n’irai plus à Lyon qu’en touriste désormais, que je n’irai plus au marché de la Croix Rousse avec son panier sous le bras et ses recommandations (j’en profitais pour lui rapporter des chocolats de chez Voisin).
    [En revanche niveau cuisine, je dois reconnaître qu’elle ne me laisse pas un souvenir impérissable (gratin de macaroni/quenelles/béchamel/semoule…mmmmh colmatage de bide assuré).]
    10 enfants, 33 petits-enfants, 45 arrières-petits-enfants au sujet desquels elle savait tout, pour avoir d’un seul coup toutes les nouvelles fraîches de la famille, on appelait radio BM 🙂
    Je raconte ma vie pour te dire que ton post me touche particulièrement et que je souhaite à ta grand-mère un très joyeux anniversaire. Si elle pouvait donner des cours de cuisine à la mienne, là où elles sont, ça serait pas mal 🙂

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  14. Milky a dit…

    J’ai le même genre de sentiment de présence continue de ma grand-mère, à travers les gestes et les objets du quotidien. Mais je n’ai pas de tristesse, parce que ses dernières années étaient si pénibles que c’est comme si je l’avais déjà perdue bien avant l’année dernière…

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  15. Marjoliemaman a dit…

    Quand j’ai perdu mon papy, une amie qui est scénariste m’a dit : « Je pense encore souvent à mes papys et j’en mets partout dans mes histoires. Ça tient chaud les souvenirs de papy. »
    ça marche aussi pour les mamies. Des baisers doux.

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  16. Cha a dit…

    Ma mamie à moi, elle n’est pas morte. Elle a tout oublié, moi et les autres… Je ne peux même plus l’appeler pour lui souhaiter un bon anniversaire. Elle est là et pourtant on s’est déjà habitué à son absence. Elle est là pourtant, dans les comptines que je chante à mes enfants. On ne meurt que quand plus personne ne pense à nous.

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  17. Zout a dit…

    Si elle a été l’une des personnes à faire de toi ce que tu es aujourd’hui, alors tu as beaucoup de chance d’avoir eu une grand mère comme elle parce que tu es une belle personne Caro. Je t’embrasse et partage avec toi ces pensées douces amères à nos grand-mères, elle sont avec nous tous les jours comme tu l’écris si bien <3 du bisou doux

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  18. lily a dit…

    Ma mamie est morte depuis bientôt 9 ans, et un peu plus car elle n’était deja plus là psychiquement… Mais elle me manque toujours autant. J’ai une photo d’elle (du temps où les numériques et les téléphones portables n’existaient pas, mais en couleurs quand même! Époque fin des années 80-début 90) où elle pâtisse avec son rouleau… Cette photo m’est précieuse.
    Que ces souvenirs sont à la fois douloureux et apaisants…

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  19. Sofinet lov Guisane a dit…

    Quel bel hommage… la force de tes mots me fait sentir jusqu’à la fraîcheur des mains de ta grand-mère.
    Ma mémée n’est plus non plus… depuis de trop longues années mais elle fait toujours partie de moi…
    et je te remercie d’avoir réveillé de nouveau certains souvenirs ce matin.

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  20. emmanuelle (qui va à kiffos) a dit…

    Ah ben c’est malin… j’ai les yeux tout mouillés.
    Dis toi (quand même) que tu as la chance d’avoir connu ça… Moi mes grand-mères n’étaient pas sympas. Je n’étais pas très triste quand elles sont mortes, mais bon… c’aurait été mieux d’avoir cette peine là…

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  21. Marieal a dit…

    Merci pour tes mots si doux pour parler de ta mamie.
    Oui, nos proches sont là avec nous. Comment expliquer que depuis le décès de mon papa, lui qui avait étudié les abeilles toute sa vie pour les sauver, autant d’abeilles se posent sur moi en été depuis son départ?

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  22. Corinne (Couleur Café) a dit…

    Comme je te comprends. J’ai perdu ma grand-mère voilà 16 ans, et aujourd’hui encore, j’ai très souvent des moments de tristesse infinie et un sentiment très lourd de vide en pensant à son absence. Bizarrement, je retrouve un peu d’elle dans les gestes et la façon d’être de mes enfants qu’elle n’a pourtant pas connus. Je te comprends ma belle!

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  23. Tachalili a dit…

    Tu te rends compte de tous ces beaux souvenirs que tu as avec elle ? C’est tellement précieux… Et c’est naturel d’être triste, de pleurer parce qu’elle n’est plus là physiquement. Mais, je peux t’assurer qu’on la sent bien présente à travers tes mots.

    xoxox

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  24. Carson a dit…

    Touchée au cœur comme tous celles qui ont écrit plus haut.

    Je voulais partager avec toi/vous la plaque qui avait dans le cimetière où repose ma grand-mère : « il ne faut pas pleurer les morts, il faut les continuer ».
    Ta grand-mère est en toi et c’est très doux à lire…

    Câlins et soleil

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  25. Stéph a dit…

    Ces premières fois sont toujours si difficiles… Moi je suis convaincue qu’elle veille sur toi, et qu’au moment où tu étales ta pâte c’est bien elle qui guide tes gestes… Je te serre fort contre mon coeur, ma chère Caro. Et même si ça te bouleverse, c’est bien d’y penser. <3 <3 <3…

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  26. Carlotta a dit…

    Coucou Caro comme jet te comprends, la mienne est partie juste au début de l’été, elle venait d’avoir 104 ans quand même ! Il me semble que j’entends encore parfois sa petite voix aiguë et son rire inimitable, on fêtera notre premier Noël sans elle ! Ça va être un peu nostalgique, je pense.

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  27. Katell a dit…

    Merci, merci pour ce joli texte qui m’a fait venir les larmes aux yeux (je ne suis pas la seule, j’ai l’impression).
    La dernière fois que j’ai appelé ma mémée (oui, je l’appelais ainsi), c’était le jour de ses 93 ans mais je n’ai pas pu lui parler car elle était partie à l’hôpital dans la nuit et on l’a enterrée une dizaine de jours après.
    On pense tellement à ceux qui sont partis et qui ont compté pour nous. Je penserai toujours à mon papa qui nous a quittés le 1er janvier cette année en faisant la blanquette car je la fais comme lui la faisait (dans mon cahier, y’a écrit Blanquette papa !). En réfléchissant, je pense qu’il la faisait comme sa mère puisque c’est avec elle qu’il a appris à faire la cuisine. J’aime cette transmission de génération en génération !

    Je t’embrasse très fort en cette journée particulière.

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  28. Nine a dit…

    Quelle émotion douce-amère en te lisant ce matin…(#chialadeauboulot)
    Ma mamie est morte il y a presque 8 ans et mes parents ont pu racheter et conserver sa maison. J’y vais deux ou trois fois par an et pour moi, même si elle n’est pas là physiquement, elle est là partout : je la vois se pencher sur sa couture dans la cuisine, assise sur le canapé à somnoler devant la télé, dans son jardin…Mes parents gardent très souvent mes enfants dans cette maison de Dordogne pendant les vacances et j’aime à savoir qu’ils auront un peu les mêmes souvenirs que moi dans ces lieux et qu’elle est là, avec eux.
    Douces pensées en ce jour particulier…

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  29. Anju a dit…

    Les larmes aux yeux quand je lis ce texte plein d’amour.. évidemment il me fais penser à ma mamie, partie il y a 1 an et qui a voulu suivre mon papy parti 5 mois avant elle. Elle est là, tout le temps, dans notre quotidien.. et encore plus dans ces jours particuliers.. grosse pensées pour toi, qui devait être pour elle une petite fille dont elle était fière.

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  30. silvia a dit…

    Moi aussi les larmes aux yeux… c’est un bel hommage à ta mamie, à nos mamies qui nous manquent toujours…
    De grosses bises caroline et vraiment merci pour tout ce que tu nous fais partager dans ton blog, que je ne retrouve pas ailleurs!
    silvia

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  31. manoudanslaforet a dit…

    Joli hommage… Date qui me touche : c’est mon anniv mais surtout c’est celui de Zach l’amoureux de ma fille mort cet été à 27 ans… J’espère qu’un jour elle pourra vivre cette date sans douleur…mais en compagnie de jolis souvenirs comme toi avec ta grand mère…

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  32. zouzou a dit…

    Oui on ne guérit pas, jamais… Avec le temps on y pense moins, on arrive à en parler sans pleurer. Les accidents biographique, on se construit, on avance avec…
    Il reste des moments où c’est dur, ou l’absence te hurle à la gueule… Bref
    Chez moi on dit « ohhhh quelle mère cerfeuil : quand t’as pas mal au cul t’as mal à l’œil »
    Courage

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  33. Eva au Chocolat a dit…

    Pffiou…

    Ce poste me touche forcément, et me renvoie à mon propre lien avec ma grand-mère, ma précieuse, ma deuxième maman… Une personne incroyable, vive, drôle, aux idées modernes et dont la vie ferait un scénario de film fabuleux…
    En ce moment je la vois décliner, et je panique. Je panique vraiment.

    Je te fais un doux câlin virtuel, Jolie Caro… Quand on a une petite-fille capable d’évoquer de si jolis souvenirs et de manière aussi émouvante, on est vivant pour toujours…

    Des bises

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  34. Nad a dit…

    Quelle émotion…ce texte est très beau, et décrit parfaitement ce qu’on ressent longtemps encore après la perte d’un proche…
    Plein de bisous virtuels

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  35. Karine G-s a dit…

    Évidemment je suis en larmes à te lire.
    Non seulement ta plume est déjà ciselée et talentueuse en général mais là, en plus, tu mets un peu ton cœur au bout. Comment ne pas être bouleversée…
    Quel bel hommage à ta grand-mère. Ils partent mais tant qu’on continue à les aimer et à les faire vivre en nous, ils ne partent pas vraiment.

    Et qui plus est, ton billet d’aujourd’hui résonne en moi parce que j’ai la chance d’avoir encore ma grand-mère paternelle, qui va bientôt souffler 93 bougies et qu’elle habite à 1000 bornes de chez moi (Grenoble->Nantes, une longue diagonale).
    Et que je ne l’appelle finalement pas si souvent. Eh oui, je suis une petite-fille bien ingrate qui téléphone trop rarement et qui reste souvent à l’intention « tiens il faudrait que j’appelle Mamie »… et puis rien, oubli, acte manqué, ou bien c’est plus l’heure. Bref…
    Et je me le reprochais beaucoup jusqu’à ce que je comprenne pourquoi.

    A dire vrai, je pense à elle très souvent, mais il y a eu une époque, il y a une vingtaine d’années où j’appelais très régulièrement mon grand-père (maternel). Je le faisais à l’heure du déjeuner à la fin de ma pause à la rédaction et je le réveillais immanquablement pendant Derrick vu qu’immanquablement il s’endormait devant sa télé allumée.
    Et puis un jour, je n’ai plus eu personne à appeler et ça a été très dur.

    Alors ma Mamie, je préfère ne pas l’appeler plutôt que de devoir un jour commencer à former machinalement le numéro, un des rares numéros que je connais absolument par cœur, avant même de me souvenir que la ligne est désormais résiliée.

    Je me dis que tant que je n’appelle pas, elle reste vivante.
    Oui, je sais, c’est nul.

    D’autant qu’évidemment elle ne se doute absolument pas pourquoi sa vilaine petite-fille est si avare en nouvelles de ses quatre arrières-petits-enfants (qui eux, l’appellent régulièrement depuis qu’ils ont des portables) (sauf le petit dernier, qui a 4 ans mais que je fais téléphoner régulièrement).
    Cela dit, depuis que j’ai mis le doigt dessus, j’ai réussi à travailler un peu sur cette stupidité irrationnelle et superstitieuse et je l’appelle plus souvent qu’avant. Je suis bien consciente qu’il faut que j’en profite avant qu’il n’y ait plus personne au bout de la ligne…

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  36. MissCoquelicot a dit…

    Tant que tu pensera à elle, elle ne sera pas partie vraiment. La mienne est avec moi aujourd’hui, dans ma tête, dans mon cœur et elle y restera toujours.
    Des bisous

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  37. lollipop a dit…

    Bonjour Caroline, ma mamie qui aura 96 ans en novembre prochain, pas bien en forme mais toujours chez elle, affectionne elle aussi la poule blanche mais elle en avait une autre version : « t’es comme la poule blanche, quant tu n’as pas mal au cul, t’a mal à la hanche  » 😉 Elle aussi était une incroyable cuisinière (elle ne fait plus aucune cuisine désormais) : je garderai d’elle ses salades de tomates au gout inimitable avec un œuf dur émietté dedans, sa tarte aux fraises et chantilly démente, son feuilleté aux épinards, son pot au feu géant et sa galette des rois où elle mettait 8 fèves 😉 Je crois qu’en plus, elle m’a donné d’elle dans ce que je suis aujourd’hui, c’est indicible mais je le sais….

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  38. Une ronde aussi a dit…

    J’imagine ta petite mamie à l’atelier informatique du paradis des papis-mamies. Elle doit être sacrément fière et émue en lisant ce bel article. En tous les cas, si j’étais elle, je me la péterai grave devant mes nouvelles et anciennes copines retrouvées.

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  39. Carole Nipette a dit…

    <3 ces mots sont universels quand on a eu la chance d'avoir une mamie qui comptait… je n'en n'ai eu qu'une mais c'était LA mamie… une de mes tristesses de vie c'est que ma fille n'a pas eu la chance d'avoir une mamie, ses deux grands-mères sont mortes juste avant et juste après sa naissance… c'est précieux une mamie !

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  40. Maud a dit…

    Moi mes mamies et papies sont morts…mais j’a plein de souvenirs !
    Les vacances en Normandie avec ma grand mère maternelle et ma grand tante et le fameux soufflet au chocolat que nous mangions à Trouville! les histoires de ma grand tante, nous les appelions « les augustines » et avec ma sœur nous adorions ces histoires farfelues!
    et aussi les rocher suchard de ma grand mère paternelle ! mon père ne voulait pas que nous mangions trop de chocolats et de cochonneries, mais en cachette elle me donnais des tas de rocher suchard et des noix de cajou, à m’en faire péter le bide !

    J’y avais pas repenser depuis un moment …c’est malin j’ai envie de pleurer maintenant. tout ce symbole de l’enfance, du temps qui passe… pffffiuuff je ne te remercie pas 😉

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  41. Floconnette a dit…

    Les larmes aux yeux …
    Ton post est si émouvant …
    L’amour dans toutes ces petites chosez du quotidien …
    L’an dernier à l’approche des vacances de Toussaint, je me suis dit, il serait temps de réserver les billets d’avion pour aller voir mémé…avant de réaliser que non il n’y aurait plus mémé …
    Elle me manque tant et même un an après tout ce qui me fait penser à elle me fait pleurer …

    Un gros calin virtuel à toi et à toutes celles qui pleurent une grand mère chérie …

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  42. Bea a dit…

    Oui, je sais, je sais aussi que ça continue un petit moment. Et que ça revient même très longtemps après, de moins en moins fort mais quand même. Merci pour ce moment.

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  43. Marion a dit…

    Très joli texte très émouvant.
    Ma mamie fêtera en mai prochain ses 100 ans et j’espère que je n’aurai pas à l’appeler. J’espère pour elle. 99 ans quand on est encore valide, c’est tellement chouette. Mais 99 ans quand on ne l’est plus et qu’on profite plus de rien c’est trop triste. Elle qui lisait beaucoup n’ouvre plus une seule page d’un bouquin…elle attends juste que ça arrive..entre deux chutes…Alors j’aurais adoré pouvoir l’appeler ce jour là mais pour elle j’espère que je n’aurai pas à le faire…

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    • Eleanor Rigby a dit…

      Comme je te comprends ! Ma grand-mère maternelle n’est plus que l’ombre de l’ombre de la femme qu’elle était. J’ai le souvenir d’une femme pleine de vivacité, faisant mille choses à la fois, s’occupant en même temps de moi, de mon frère et de mon arrière-grand-mère, faisant des repas pour 15, partant à toute vitesse livrer en 4L les expertises de mon grand-père, frottant la maison pour que ça brille et tout ça en chantant ou en me racontant des histoires de famille.
      Elle qui avait une telle mémoire, c’est tout juste si je vois encore passer dans ses yeux un éclair qui montre qu’elle me reconnait lorsque je vais la voir dans sa maison de retraite où elle ne sort plus de son lit que pour aller sur un fauteuil roulant. C’est dur de la voir ainsi, dur de la voir souffrir, dur de me rendre compte qu’elle n’est plus qu’une coquille vide.
      Alors oui, je te comprends. Cette ombre que je visite, ce n’est déjà plus ma grand-mère et j’ai hâte qu’elle ait fini de souffrir.

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  44. Marilune a dit…

    En fait, si, c’est bien un appel que tu as fait Caro. De ton cœur à son esprit, son âme, ou le souvenir d’elle qui vit en toi, en fonction de ce en quoi l’on croit. Aujourd’hui, jour de son anniversaire, tu lui fêtes. L’amour n’a pas de frontières temporelles, et tous ces petits cailloux accumulés dans ta mémoire te permettent de retrouver le chemin vers elle. Ton post est nostalgique, et très beau.

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  45. Maud a dit…

    J’ai perdu mon pere il y a presque 9 ans 1/2 son anniversaire est le jour du mien (le 29.9) et crois moi c était dur ce 10eme anniversaire commun sans pouvoir l’appeler….. Difficile vie mais pourtant si chère vie….

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  46. Ci-san a dit…

    Et voilà j’ai les larmes aux yeux.
    Toutes les premières fois « sans » sont dures et parfois le souvenir arrive quand on ne s’y attend pas. Le jour où on prépare les cartes de voeux en prenant son carnet d’adresse et s’apercevoir que non, on n’enverra pas de carte à cet être cher cette année et jamais plus en fait.
    L’année dernière, je me suis retrouvée à devoir retenir mes larmes entre la boulangerie et chez moi parce que j’avais achetée une viennoise chose que faisait ma belle-mère une fois par semaine quand elle était encore en vie. Elle la partageait toujours avec les petites mésanges et les écureuils sur la fenêtre de sa cuisine. <3 (et oui, contrairement à beaucoup de gens, j'aimais bien ma belle-mère haha). Dois-je préciser que je n'ai plus acheté de viennoise depuis?
    Du courage et des bises pour cette journée particulière.

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  47. Laure a dit…

    Je pleure aujourd’hui en pensant à ma mamie, partie en 1986. Elle me manque toujours autant, le temps efface un peu, mais pas tout. Vive les mamies!

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  48. charlie a dit…

    Les larmes n’arrêtent pas de couler, je n’ai plus personne à appeler, ma mère et mes grands parents sont partis, mon père est aux abonnés absents… Je ressent souvent un grand vide chaque jour… Surtout quand ma fille me pose des questions. Alors je rappelle a mon mari qu’il est important d’appeler ses grands parents, ses parents, de prendre des nouvelles et soin d’eux, que moi j’aimerai pouvoir encore le faire.

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  49. Val Lao sur la Colline a dit…

    Ooooh, comme c’est doux et tendre !
    J’ai eu aussi cette relation avec ma grand-mère. Enfin, elle n’était pas ma grand-mère généalogiquement parlant, elle était ma grand-tante, mais elle était ma grand-mère à mon coeur;
    Moi aussi quand elle est partie, j’ai eu mal longtemps. Un mal tendre, car tout le quotidien me ramenait à elle, à sa tendresse, son amour, sa présence bienveillante,. Je la retrouvais aussi comme toi, dans certains de mes gestes. Je continue. Aujourd’hui, plus de 15 ans après, j’y pense moins souvent, mais elle est toujours là. Toujours là surtout dans les petites choses, les petits bonheurs qu’elle savait apprécier. Dans des moments de plénitude, c’est toujours vers elle que mes pensées s’envolent, comme si je partageais ces instants avec elle. Aujourd’hui la douleur est partie, ne reste que la tendresse, et une jolie lumière dorée.

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  50. DoMi a dit…

    Un bien joli hommage. Vous avez eu de la chance de l’avoir auprès de vous si longtemps, de la chance que vos enfants aient pu la connaître. Et puis, oui, tant qu’il restera quelqu’un pour se souvenir et parler d’elle, elle sera encore là…
    La mienne, de mamie, est partie au lendemain de la canicule de 2003 (il paraît que c’était sans rapport mais comment vraiment savoir ?), quinze ans après mon papie, et je pense et parle encore souvent d’elle, d’eux.
    Je vous embrasse.

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  51. Dom a dit…

    J’ai trop peu connu mes grands mères, parties quand j’avais presque deux ans pour l’une et cinq pour l’autre. J’ai quelques souvenirs, des photos, l’une avait fait acheter pour moi un ours, elle est décédée trois jours avant noël, l’autre m’avait appris à lire…ce sujet m’a fait pleurer, que nos grands mères disparaissent quand on est petit ou bien avancé dans la vie, c’est la même peine.

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  52. lavieacinq a dit…

    Un si jolie texte avec de si doux mots!!
    Si un jour je suis grand-mère, j’espère que mes petits enfants garderont des souvenirs comme ceux que tu évoques!
    j’ai beaucoup de mal avec ma grand-mère (côté maternelle car celle du côté paternel est partie depuis déjà très longtemps). Une femme qui n’a pas su donner de la tendresse, de l’amour et de la confiance à sa fille (ma mère donc)… Un passif lourd, un héritage qui pèse… Bref, tes mots font du bien! c’est un magnifique hommage à la vie!!

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    • ES a dit…

      lavieacinq: ce que tu dis de ta grand-mère maternelle me rappelle la mienne (morte il y a 7 ans), elle aussi avait manifesté très peu d’amour pour l’aînée de ses filles (ma mère), bien contente qu’elle soit là pour toutes les corvées mais sans lui accorder le moindre merci ou la moindre reconnaissance… Heureusement que son mari, lui, était capable de plus d’affection et moins égocentrique.

      J’envie un peu tous ceux qui, dans les témoignages, évoquent leurs relations privilégiées avec leurs grands-parents. Je n’ai été proche d’aucun de mes grands-parents (grands-pères partis tôt que j’ai trop peu connus, grands-mères avec des personnalités pas faciles, dont l’une était déjà atteinte de la maladie d’Alzheimer quand j’étais ado) et j’aurais bien aimé l’être plus… Mes enfants sont très attachés à leurs grands-parents, je prie pour que ces derniers restent en bonne santé le plus longtemps possible.

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  53. Camille a dit…

    Un bel hommage à nos grands -mères… moi aussi j’aime tant la retrouver au détour des gestes du quotidien. Mon plus bel héritage ce sont ces objets de tous les jours que j’ai conservés ; et lorsque je mets ses belles chaussures à talons, qu’elle a portés si souvent, j’ai une pointe d’amusement pour cette mamie fringante, et je me sens forte de son « mamie power »… j’espère que cette journée ne te sera pas trop dure !

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  54. marjitj a dit…

    Quel bel hommage à ta mamie… La mienne est partie bien trop tôt… Elle est revenue cet été, lorsque j’équeutais les haricots verts avec mes loulous, alors je leur ai raconté, qui elle était… avec des trémolos dans la voix.
    Et là, et bien j’ai les larmes aux yeux… Pourtant cela fait plus de 17ans…

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  55. zaza des mers du sud a dit…

    oui j’ai changé mon pseudo car j’ai vu qu’il y avait d’autres zaza… alors comme je signe chaque fois en disant bises des mers du sud en hommage à Sète…
    Ton message m’a mis les larmes aux yeux car il me renvoie à ma mamie à moi, 12 ans qu’elle est partie et son anniversaire c’est chaque fois « non je ne peux plus le lui dire » et comme toi tellement de gestes de pensées qui prouvent que non, jamais nous ne les oublions…
    Bises des mers du sud

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  56. matinbonheur a dit…

    La mienne est en moi aussi. Chaque année pour son anniversaire je ne peux m’empêcher de faire un petit plat à sa façon et d’acheter des œillets du poète, elle les aimait tant et elle avait un appartement toujours fleuri.

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  57. Geneviève a dit…

    Tu ne l’appelleras pas mais elle est vraiment là avec toi.
    Ton texte est tendre et me fait sourire aussi:
    Tendre l’évocation des « mains fraîches qui guident ton geste », tendre le coucher de Rose et la couverture en carrés de laine (j’ai la même…)
    Le sourire avec cette expression que j’adopterai volontiers « la petite poule blanche qui a toujours mal au cul ou à la hanche » J’ADORE !
    Chez nous c’était « Merci mon ange, qui boit qui mange »…

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  58. une Steph a dit…

    Rhalala Caro, je ravale mes larmes pour te dire tout le bien que ton billet m’a fait. Ma Simone à moi est partie quelques années plus tôt que ta mamie, son rire, sa voix et ses expressions inimitables résonnent encore en moi et me mettent en joie, même si c’est aussi douloureux. Ma grand mère déclamait à chaque dîner familial après sa première gorgée de champagne : « je suis saoule comme une p’tite poule ! » Merci d’avoir ravivé ces souvenirs heureux en partageant les tiens.

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  59. Violette.b a dit…

    Hommage tendre et triste ..

    J’aime utiliser les objets simples de ceux qui ne sont plus , ils nourrissent ma mémoire quand mes mains s’activent ,ils m’ont transmis un geste , une connaissance que je perpétue et ainsi ils sont toujours là, un peu.
    Et je me dis que ceux qui n’ont pas pu, pas su, partager ,enseigner, disparaissent tout à fait ,ou se figent dans notre mémoire .

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  60. Vero Bisontine a dit…

    Ma mamie est partie en 1990, dans mes bras des suites d’une longue maladie.
    C’était une 2e maman pour moi et j’ai eu beaucoup de chagrin, mais j’étais un peu (je dis bien un peu) préparée et surtout il me restait une digue, un barrage en la personne de ma maman…
    Dans quelques jours, cela fera 1 an que ma maman est partie sans crier gare.
    Depuis je revisite sans elle toutes les dates importantes et j’ai tellement de chagrin, tant nous étions proches.
    Il y a quelques jours c’était mon anniversaire (changement de dizaine de surcroît) et j’aurais donné n’importe quoi pour entendre sa voix me souhaiter mon anniversaire et sa bouche sur mes joues pour m’embrasser.
    Du coup, pour me donner du courage, ce jour là j’ai porté sa montre et son collier de perles; elle était près de moi ainsi.
    J’ai décroché sa chemise de nuit, pendue à la salle de bains quand elle est partie et depuis, elle est placée sous mon oreiller.
    Je la serre contre mon cou quelques fois.
    Demain je vais préparer une de ses spécialités pâtissières (des sèches) et en pétrissant la pâte ce soir, j’avais le sentiment de l’avoir à mes côtés, dans ma cuisine et ça m’a fait du bien.

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  61. Anne So Catherine a dit…

    Mon « autre » grand-mère est morte à 103 ans.Elle adorait la vie. Elle nous a laissé un livre de cuisine où toutes « ses » recettes étaient écrites à la main à l’encre violette un peu passée, de sa belle écriture avec pleins et déliés, recettes commentées par grand-père qui notait soigneusement en bas de page les dates de fête où on avait dégusté la 1ère fois le plat, quel vin il avait choisi, assorti parfois d’une réflexion, d’une anecdote. Entre les pages de ce livre relié avec soin par elle-même d’un cuir bleu patiné, des fleurs, des brins de romarin séchés, deux marques pages en toile rugueuse de patronage brodés de fruits (elle était brodeuse dans la haute couture), une photo d’elle d’elle-même, en train d’être décorée par le général de Gaulle, sa plus grande fierté. Grand-mère Jeanne, jeune engagée volontaire lors de la seconde guerre mondiale. Brancardière sur le front, les Ardennes, le chemin des Dames…elle allait chercher  » ses  » blessés sous le feu. Blessée deux fois. Bien des années après, c’est chaque nuit qu’elle entendait dans son sommeil l’appel qui la tirait des tranchées :  » Brancardier par ici ! Brancardier par ici ! « .
    Grand-mère Jeanne.

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  62. Julie a dit…

    J’appelle la mienne ce matin… comme toujours le coeur serré. Parce que j’ai la chance inouïe de pouvoir le faire encore, dialoguer, lui faire partager ma vie. Et je ne sais pas pour combien de temps. L’idée qu’inévitablement cette relation prenne fin un jour à venir me terrifie. Cela fait des années que je fais régulièrement le cauchemar de la perdre, sans doute parce que c’est une figure centrale mais aussi la plus âgée autour de moi et que c’est dans l’ordre des choses. Je suis toujours fascinée de voir à quel point les grands-parents jouent un rôle fondamental dans l’éducation de leurs petits-enfants…

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  63. nadine a dit…

    aaarrrgghhh …. ça fait 3 ans que je n’appelle plus. Mais que je connais encore leur numéro par coeur… me suis fait cueillir ce matin et je braille. (en même temps… j’ai besoin d’évacuer le trop plein)… en écho à un commentaire précédent, mon quelqu’un m’a rappelé récemment que j’avais toujours eu peur que mes grand-parents s’en aillent, ou plutôt « m’abandonnent »… parce qu’ils étaient les figures centrales de mon enfance, les bienveillants, les rocs. Alors , pfffioou…. parfois régulièrement, j’ai ce sentiment d’abandon que je cherche à faire disparaître de mon existence.
    Mais moi, j’ai le saladier en porcelaine, la roulette en bois pour découper proprement la pâte à tarte, le moulin à café, l’exemplaire de « mein Kampf » offert à mon grand-père quand il était déporté du travail en Autriche…. et dont il est revenu amoureux de la langue… je suis devenue prof d’allemand 😉 – et je rassure les grincheux et les trolls, je leur fais étudier autre chose !!! j’ai les cadres qu’elle a fabriquées avec des illustrations de vieux « jours de France « au-dessus de la vieille signer qu’elle m’a léguée…. et tellement d’autres choses encore
    Merci Caroline, pour ces larmes du matin, et ces merveilleux souvenirs qui remontent plus fort que le chagrin.
    C’est précieux de se rappeler les branches qui tombent de l’arbre mais ne disparaissent jamais.

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  64. Nathalie a dit…

    Merci caro pour ce bel hommage qui peut s’adapter à nos mamies à nous les lectrices ❤️
    Ma mamie d’amour à moi est partie depuis près de 20 ans, mais cela faisait des années qu’elle nous avait effacés de ses souvenirs elle aurait eu 101 ans cette année et elle me manque toujours autant ; mais j’ai un petit truc pour faire remonter rapidement les souvenirs.
    Sa chambre était imprégnée d’odeur de camphre, de syntol et de pastilles de sucs des Vosges ; l’air, les lourds rideaux, le couvre lit, tout sentait le propre et ce mélange…..et dans sa table de nuit, gardé religieusement ,un écrin de bijou en velour, totalement imbibé lui aussi de cette odeur. Donc de temps en temps, j’entre ouvre mon trésor et je respire à plein poumon et ma petite mamie est avec moi douces pensée à toutes ces mamies qui veillent sur nous du haut de leurs nuages

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  65. nostrovia a dit…

    J’ai interrompu ma lecture vendredi parce que je commençais à pleurer au bureau …Je reprends ce matin devant mon petit café et c’est reparti , l’émotion qui monte à travers l’évocation si juste de l’absence mais aussi à la lecture des commentaires des lectrices .Belle et douce journée à toutes.

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  66. Gigi la m. a dit…

    Les mains fraîches de ma Maman , partie il y a 7 ans , et que je tenais dans mes bras cette nuit dans mon rêve .Ca m’a fait du bien et dévastée en même temps .
    Bises.

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  67. Camille Legoline a dit…

    Bouffée d’émotion en te lisant ce matin …
    Je vois que ta mamie était aussi importante que la mienne l’était pour moi.C’est si précieux une grand-maman (c’est comme ça que je nommais la mienne), une relation bien particulière qui nous construit.
    99 ans ça donne le tournis… comme la mienne, elle était à l’aube des 100 ans. Nous y rêvions secrètement… la voir souffler ces 100 bougies. Mais elle a pris son envol juste un peu trop tôt…

    J’espère au fond du cœur que mes filles auront le même attachement à ma maman… ma belle mère ayant pris son envol bien trop…
    Douce pensée pour ta mamie, et pour toi,
    Camille

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  68. Philomène a dit…

    Je suis toute émue à la lecture de ce petit mot. Ma grand mère est morte à 99 ans l’été 2014 et je suis sortie un peu vite ce week-end d’un endroit où les gens dansaient sur « le temps des cerises » parce que la gorge me serrait…..

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  69. La semaine d'une gourmette a dit…

    Ma grand-mère adorée est morte il y a 17 ans, bientôt 18, et je pense encore très souvent à elle. A chacun de ses anniversaires, je calcule quel âge elle aurait… Elle aurait eu 110 ans cette année ! Mes enfants l’ont connue, mais ils étaient si petits qu’ils ne s’en souviennent pas, ce qui me navre. Le petit avait un an et demi quand j’allais la voir à l’hôpital les dernières semaines – il l’adorait, je l’asseyais sur son lit et ils babillaient gaiement ensemble…

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