Le corps des femmes…

Depuis quelques jours, la parole circule, comme dirait mon quelqu’un. Entre le #balancetonporc et le #metoo, mon mur Facebook et mon fil Twitter regorgent de témoignages glaçants, de femmes ayant subi des agressions sexuelles ou du harcèlement. Des révélations qui ne se limitent pas aux réseaux sociaux. Difficile d’éviter le sujet dernièrement, dès que l’on se retrouve à plus de deux ou trois dans une pièce. De quoi forcément s’interroger soi même sur son propre vécu. Et de réaliser que ça ne m’est jamais arrivé. J’ai beau chercher, à part un rédacteur en chef qui regardait avec insistance mes seins (mais aussi ceux de toutes mes collègues) quand on venait dans son bureau, je n’ai à déplorer aucune véritable agression, au sens d’attouchements appuyés ou pire. Peut-être un ou deux frotteurs dans le métro, mais c’est à peu près tout.

Je vous rassure tout de suite, je ne m’en plains pas, loin de là (si j’osais faire un peu d’humour sur le sujet, je dirais que c’est presque vexant, mais ça n’est pas trop le moment je crois de plaisanter).

Pas d’agression sexuelle, donc. Mais alors d’où me vient ce sentiment malgré tout de malaise quand j’y pense ? J’ai fini par mettre le doigt dessus hier soir. Pas d’agression sexuelle, non, mais des insultes répétées durant une bonne partie de ma jeunesse, sur mon poids. Je ne compte pas le nombre de fois où, passant à côté d’un groupe de garçons, le redouté « la grosse » est sorti. Le pire étant bien sûr quand cela se passait devant témoin, à la douleur que provoquaient ces mots s’ajoutait la honte qu’ils aient été entendus par un(e) proche. Aujourd’hui encore, ma gorge se serre lorsque je marche dans la rue et que je vois devant moi des hommes arrêtés. Je presse le pas, je regarde par terre et je m’apprête à les entendre. Peu importe que cela ne me soit plus arrivé depuis bien longtemps, c’est gravé de manière indélébile. Plus de deux hommes dans la rue = menace d’invectives.

Pas d’agression sexuelle. Mais un corps traité comme un objet. Un corps encore adolescent, un corps de jeune femme dont les contours étaient encore si flous et fragiles et qui s’est construit ainsi, avec la certitude de mériter ce regard.

Et comme me le faisait remarquer une amie hier, « c’est aussi du harcèlement sexuel en vérité ».

Et oui, c’est ce jugement permanent qui pèse sur les femmes, qu’il soit positif ou dépréciant, dont il faudrait se débarrasser. Un jugement qui dit à quel point, inconsciemment, un nombre considérable d’hommes restent convaincus, intimement, que nous leur appartenons, qu’ils possèdent, à minima, un droit de regard.

Je dois l’avouer, j’ai longtemps cru qu’il devait être moins difficile d’être sifflée comme certaines de mes copines, appelée « charmante » ou « princesse » par ces mêmes hommes qui me tançaient. Quand bien même ces doux noms se muaient en « pute » ou « salope » dès qu’elles s’éloignaient ou refusaient de répondre. Jusqu’à ce que je réalise qu’en réalité, nous étions toutes dans le même bateau et que la finalité était la même. Je ne sais pas si cette parole qui gronde depuis la révélation du scandale Weinstein aura l’impact qu’on espère. Je dois avouer être assez pessimiste, tant rien ne semble vraiment changer en profondeur.

Bref, finalement, donc, pas d’agression sexuelle ni même de harcèlement, mais #metoo quand même…

Edit: et puis je découvre ça…

Edit 2: A aucun moment je ne veux faire penser que se faire traiter de grosse dans la rue = viol. Je sais bien qu’il y a une énorme différence entre les deux et qu’il y a aussi une énorme différence entre être harcelée sexuellement et être violée. (j’ai reçu un mail d’une jeune femme ayant été violée et qui a pris mon billet dans ce sens là, en partie par ma faute parce que je n’avais pas été assez précise).

167 comments sur “Le corps des femmes…”

  1. Valérie de haute Savoie a dit…

    Moi en soixante ans, j’ai tout eu 🙂 les réflexions sur mon poids, les viols, les pelotages non désirés, la trouille dans la rue. C’est vrai que jeune fille, la norme étant que les hommes sifflaient les jolies filles, ne pas être interpellée dans la rue, sauf par des rires sarcastiques en passant devant des groupes de jeunes garçons, j’ai assimilé très naturellement cela à « je suis moche (et grosse évidemment) ». Je ne crois pas vraiment que les choses vont être bouleversées, mais ce qui se dit là sur la toile, va peut être lentement faire évoluer l’attitude des mères de petits garçons. C’est la toute jeune génération qui pourra si on lui donne les clefs, faire changer le comportement des hommes. Hélas, je sais aussi que la publicité, les films pornos, les représentations de la femme objet ont encore de très très beaux jours devant eux.

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      • Tachalili a dit…

        Mais tellement d’accord!!! Encore une façon de mettre le problème sur le dos des femmes. Attention, je ne dis pas que c’est que vous avez voulu dire Valérie. Mais on voit là encore comment certaines représentations sont ancrées profondément. Les pères ont autant à voir dans l’éducation de leur fils et l’apprentissage du respect dû à tous et toutes.

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      • Valérie de haut Savoie a dit…

        Je me suis même étonnée de n’avoir pas associé le père à cela, et puis je réalise que pour moi, les pères s’y associeront lorsqu’ils auront pris conscience de ce fait, et pour cela, il faudra qu’ils y soient sensibilisés dès l’enfance. Il y en a déjà, évidemment, mais il me semble qu’ils sont loin très loin d’être généralité, et qu’ils sont pour l’instant, non pas tous harceleurs, mais pas vraiment concernés.

        rien à voir, mais je trouve étonnant de systématiquement devoir rentrer les informations nom, mail etc pour pouvoir poster un commentaire. Ce n’est pas possible que cela soit enregistré ?

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    • Clover a dit…

      Le même parcours que vous, depuis presque bébé, j’ai tout subi. Le plus gros problème pour moi, c’est la non réaction ou la réaction très bête des gens. Quand j’étais enfant, un homme me suivait dans le magasin type Carr…, et je vais voir une dame qui s’occupait du rayon et lui expliquait la situation (avec mes mots de petite fille de 10 ans) et elle m’a ri au nez. Pour finir, il a laissé tomber.
      Un autre exemple, quand j’étais en secondaire, le soir passait le film, Les Accusés, avec Jodie Foster. Le lendemain, à l’école, tout le monde en parlait. Et une fille sort tout à coup: « tu as vu comme elle dansait, c’est normal ». Voilà c’est pour moi le pire, c’est ce genre de réactions (qui proviennent de femmes surtout) qui me resteront toujours en mémoire.

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  2. Nathalie a dit…

    « c’est ce jugement permanent qui pèse sur les femmes, qu’il soit positif ou dépréciant, dont il faudrait se débarrasser ». Et la route sera longue.
    Ma fille est peintre (pas en bâtiment) vendredi elle a son vernissage à la galerie HVW8 à Los Angeles. C’est une galerie qui jusqu’ici n’a exposé que des hommes. Son inspiration c’est la femme. Le corps des femmes en ce qu’il a de pas idéalisé. Parfois on lui demande de « maigrir » les corps, parfois « on » sont des femmes. Elle dit qu’elle aime souligner les formes charnues oubliées (le bout des doigts, les pommettes) et elle veut montrer que la féminité peut être unique à chacune.
    Ce n’est pas facile de changer le monde. C’est parfois de tout petits pas, comme ceux d’une jeune fille à LA.
    Et moi non plus je n’ai pas de porc à balancer. Peut-être parce que les mecs qui m’entourent sont des mecs supers, ou parce que je vis au trou du c du monde, ou parce que je suis moche, ou parce que je ne suis pas assez finaude pour faire la différence entre drague et harcèlement.

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    • janick a dit…

      La soixantaine, pas de porc à balancer non plus, ni pour moi ni pour mon entourage et du coup je me dis que j’ai eu beaucoup de chance dans ma vie professionnelle ou ailleurs de n’avoir pas été confrontée à ça, juste un peu de drague mais pas de gestes ou de paroles déplacées, le pire ce sont ceux qui ont le pouvoir et qui se croient au dessus de tout, un patron , un père, un beau-père, qui obligent les filles ou les femmes à se taire.

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  3. Fred b a dit…

    #metoo Et malheureusement, quand j’étais gamine, je savais drôlement mieux me défendre que maintenant, à la quarantaine bien tassée.
    La première fois dont je me rappelle nettement, c’est ce porc de prof de sciences physiques au collège, qui venait tripoter les seins des filles. On avait pourtant été plusieurs à en parler à nos parents, mais dans les années 80, personne ne montait au créneau pour si peu. Ma mère regrette à présent de n’avoir pas bougé. On s’était donc organisé entre nous: unn garçon à chaque bout de table qui reculait sa chaise pour faire rempart quand ce pervers s’approchait.
    Puis plus tard, pendant un job d’été, un collègue qui vient se frotter à moi en me murmurant à l’oreille que j’avais des gestes sensuels…j’étais alors en train de mouler des petits pâtés de poissons!!! En le repoussant, je lui ai demandé si sa femme venait le chercher ce soir là, parce que j’avais un truc à lui dire. Je n’avais pas froid aux yeux à 20 ans.
    Alors que l’an dernier, quand ce radiologue s’est « amusé » à laisser traîner avec insistance son petit doigt sur mon sein pendant une échographie, je n’ai rien fait, je n’ai rien dit. J’étais pétrifiée. Avant qu’il ne sorte de la salle d’examen, je l’ai regardé dans les yeux en lui disant une phrase à double sens: « et on fera la même chose la prochaine fois? » Il s’est figé et m’a dit « qu’est-ce que vous voulez dire? ». J’ai répondu : « même protocole? Mammographie et échographie? ». J’espère quand même qu’il a eu peur de ce que j’allais dire…inutile de dire que je vis changer de radiologue la prochaine fois. Mais je m’en veux de n’avoir rien fait de plus. J’en ai parlé à une amie le lendemain , et elle m’a dit: « t’es sûre que ce n’était pas un geste normal? Tu te rends compte, ce type voit des seins toute la journée…. tu crois vraiment qu’il s’amuserait à ça? » Pas eu le courage de me lancer dans une croisade pour « si peu ». On finit par se résigner mais au fond de moi, je ne trouve pas ça normal.

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  4. Jane B. Root a dit…

    #metoo
    ma fille n°1 #metoo
    ma fille n°2 #metoo

    Nous on peut en balancer des porcs, à la pelle.

    Bref, j’ai adoré le billet de Sophia Aram sur France Inter il y a deux jours. Je l’ai réécouté et fait écouter à mes filles.
    Elle, et avant elle Florence Darel, ont tout bien résumé. Si tant est qu’on peut résumer la porcinerie tant elle est insondable et remonte à la nuit des temps.
    On peut réecouter là : https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-sophia-aram/le-billet-de-sophia-aram-16-octobre-2017

    Apostille : j’avoue que mon mec.à.moi, 58 ans, est très très mal à l’aise en ce moment. Il avait découvert l’immonde lors de l’agression sexuelle de notre cadette au collège ! 8 petits cons qui l’ont trainée dans les buissons du collège pour une agression en règle ! 8 + elle toute seule ! + le principal du collège, un mec bien sûr qui pour protéger son petit poste et sa minable petite réputation a remis en question son témoignange, a dit qu’elle n’avait qu’à pas se mettre en robe (si, si !) = TS + boulimie + scarifications + psychiatrie pédiatrique + psychothérapie et c’est pas fini.

    Mon mec.à.moi pensait que c’était marginal. J’avais beau lui expliquer alors que non, que c’était notre quotidien à nous les filles et femmes, ce n’est que maintenant, avec le buzz qu’il mesure enfin l’ampleur du phénomène. Et commence à comprendre.

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    • Gabrielle a dit…

      Merci pour ce partage !!! J’avais loupé ce billet de Sophia Aram et c’était vraiment dommage …
      Pensées pour ta fille j’espère qu’elle arrivera à retrouver une vie apaisée malgré ce souvenir affreux et pensées également à vous …

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      • Chloé a dit…

        Même si ça part sûrement de bonnes intentions, demander aux victimes pourquoi elles n’ont pas porté plainte, c’est les culpabiliser encore davantage alors que c’est un choix qui est toujours mûrement réfléchi. Porter plainte peut avoir des effets aussi lourds et traumatisants que l’agression ou le viol et parfois on ne veut pas revivre ça. C’est également un véritable parcours du combattant. Quelles que soient les raisons et quel que soit le choix, personne ne peut dire à une victime (je préfère le terme anglais de « survivor ») ce qu’elle devrait/aurait dû faire. On peut écouter, soutenir, épauler mais jamais juger.

        http://mashable.france24.com/monde/20171016-femmes-temoignage-balance-ton-porc-porter-plainte-victime

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        • Jane B. Root a dit…

          Oui bien sûr nous avons accompagné notre fille (15 ans au moment des faits) au commissariat pour porter plainte. L’affaire suit son cours. Je sais déjà que la plupart des jeunes garçons impliqués ont subi une première punition sévère de la part de leurs parents. Deux ont présenté des excuses à ma fille. Ils sont jeunes, entre 11 ans et 15 ans. Les 3èmes ayant entrainé les petits sixième du groupe. Sans stigmatiser, ils appartiennent TOUS à une 2ème génération d’immigrés. Et les punitions sont aussi tombées sévèrement parceque dans ce milieu là on ne plaisante pas avec le manque de respect aux filles ! Un père m’a dit : « ça aurait pu être sa soeur ou sa cousine. Je ne le tolèrerai pas ! Je lui ai expliqué ça à mon fils. Là il a compris. »
          Non le vrai « porc » dans l’histoire, celui à qui ma fille n’a pas pardonné, c’est le principal de collège qui a essayé d’étouffer l’affaire. Lui m’a reçu dans son bureau et sachant que nous avions porté plainte et qu’il devait donc relayer l’affaire au rectorat ce qui était mauvais pour sa notation, m’a demandé, sans jamais demander des nouvelles de ma fille : « Mais madame comment pouvez-vous ME faire ça ». J’ai cru que j’allais si non le gifler du moins lui cracher au visage. Je suis sortie du bureau pour pas lui balancer ma chaise. Il n’a pas de chance, je connais du monde. Au rectorat et ailleurs. Je suis en train de lui laminer sa carrière ! Faut pas être mon ennemi…
          Mais combien de filles ne parlent pas ? Combien de parents ne connaissent pas les rouages, ou n’ont pas de relations ?
          Suite à cette histoire ma fille a été déscolarisée. Elle a quitté le système scolaire en 3ème, puis y est retournée en seconde avec l’aide d’un PAI. Elle a à nouveau quitté le système scolaire en fin de seconde. Je ne sais pas ce qu’elle va faire pour s’insérer. Quelque chose est cassé en elle.
          Oui on en est là dans cette société patriarcale de merde !

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        • marieal a dit…

          Je ne suis pas d’accord avec le dernier point, je crois que rappeler qu’un fait peut être poursuivi ,n’a rien à voir avec une injonction et peut être utile justement au stade où la parole se libère.
          J’ai fait très attention à la façon dont je formulais mes mots. Sans jugement.
          Poser la question de la possibilité d’une plainte dans le futur, c’est aussi rappeler cette possibilité à la victime, sans toutefois dire  » tu devrais/ tu aurais ».
          Pour moi , il n’y a pas du tout la même signification entre :
          « est-il trop tard?=tu as la possibilité de le faire un jour  » où tu laisses le choix à la victime de le faire
          et l’injonction tu devrais/ tu aurais du, ou même le « porte plainte ».
          Je pense aussi à l’inverse que ça peut aider d’autres personnes à aller déposer plainte, car si elles ont osé en parler, elles ont fait pour certaines le premier pas. Enfin, moi je vois ça par rapport à ce que j’ai vécu, car le fait de l’avoir écrit ici pour la première fois m’a amené à me poser cette question.

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  5. Nigelle a dit…

    Entièrement d’accord avec toi sur cette histoire du regard qui pèse sur nous, c’est quelque chose que j’essaie de définir depuis longtemps sans y arriver parfaitement…
    Par contre je ne sais pas si ces vagues de témoignages feront changer les choses en profondeur et règleront le problème mais pour moi elles ont déjà un énorme impact : grâce à cela on sait qu’on loin d’être la seule à subir ça et je pense que ça enlève un peu de la culpabilité qu’on peut ressentir dans ces moments là (l’idée du « qu’est ce que j’ai mal fait »).

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  6. Caroline a dit…

    Caroline, ne penses-tu pas avoir oublié, enfoui tes souvenirs? Surtout ceux de toi ado?
    Je me rends compte que c’est en lisant les témoignages des autres que certaines histoires me reviennent en tête alors que je les avais profondément enfouies quelque part, comme ce prof de gym qui tripotait les filles en cours de sport (surtout les plus jolies, mais nous le haïssions toutes) ou ce prof de physique qui parlait des fesses des filles de la classe. Yuk.
    Il y a un enjeu de pouvoir là-dedans, se permettre de juger le physique d’une femme, c’est partir du principe qu’elle appartient à votre regard et n’est qu’un objet qui est là pour votre appréciation et rien d’autre.
    Aussi, c’est marquer sa place sur un territoire : la rue appartient aux hommes et ils te le font remarquer dès ton plus jeune âge pour que tu tiennes ta place – c’est pourquoi les agressions arrivent quand on est très jeunes, surtout, cela nous oblige à rentrer dans le rang fissa.
    Bref, c’est bien qu’on parle de tout ça et de tous les mecs aussi vaguement complices, qui ne réagissent pas ou si peu face à ce qui se passe…

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  7. Zazimutine a dit…

    Moi non plus mais moi aussi.
    Pas d’agression, pas de gestes déplacés.
    En revanche, un chef de service lorsque j’étais étudiante qui m’affublait de tout un tas de petits noms doux (chérie, puce, ma petite E…..), souhaitait que je m’installe à coté de lui le plus près possible, et m’avait demandé de venir à un repas de service sans mon copain. Ce n’est pas peut-être pas grand chose mais ce n’est pas non plus rien. Je n’ai jamais vu une femme chef de service se comporter comme ça avec un de mes camarades de promo. Il y’a bien sûr la rue, tellement banal, c’est terrible de s’habituer à ça, de finir par trouver ça « normal ».
    Et franchement j’ai peur pour mes filles. Il va falloir que j’en parle avec mon ainée qui rentre au collège l’an prochain. Elle qui se plaint déjà depuis le CE2 que les garçons de sa. classe ne parlent que de sexe! J’ai peur et je n’ai pas l’impression que ce mouvement va changer quoi que ce soit, il va falloir du temps, tellement de temps!

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      • Zazimutine a dit…

        Je ne sais pas si je minimise. Mais ce qui fait la différence, comme tu le dis, c’est la souffrance. Je n’ai pas souffert de ça. Je trouvais ça lourdingue et ça me mettait mal à l’aise, mais c’est tout. Mais parce que mon stage était court et que je ne le voyais pas tous les jours. Je pense que dans un autre contexte, ça aurait pu dériver vers quelque chose de plus destructeur en effet.

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        • Hemeline a dit…

          alors pour être plus précise, ne minimisons pas les actes subis. Contente que ce harcèlement ne t’ait pas atteinte profondément… Si seulement ce genre de comportement pouvait disparaître!

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  8. marieal a dit…

    Moi aussi, jusqu’à tout à l’heure,en lisant tes mots, je me disais : tiens je suis comme Caro, jamais victime d’autres choses que des sifflements ou de « la grosse ».
    Et puis là tout de suite, en lisant les posts, je me rappelle que j’ai été victime d’un pédophile,vers l’âge de 8 ans, ami de mes voisins, qui m’a mis sur ses genoux et gentiment caressé les cuisses et le sexe sous ma jupe. Je crois que c’est à partir de ce jour là que je n’ai plus voulu mettre de jupe, pour éviter de revivre ce sentiment de terreur qui m’avait envahi et glacé sous les mains de cet homme que je n’ai jamais revu.
    C’est fou parce que c’est clairement un truc que mon esprit veut effacer mais qui revient par moment de manière fulgurante , comme là ce matin.

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  9. Émilie j.... a dit…

    Bonjour à toutes, ce qui m’effraie le plus je crois c’est de lire tous ces témoignages de femmes qui pensent ne pas être concernées et qui se rendent compte à l’évocation de telle ou telle scène décrite par une autre qu’elles aussi ont vécu la même chose… Nous sommes tellement à avoir essayé de minimiser, d’oublier (par honte, par peur.. ) ce qui nous est arrivé.. il me revient ainsi ces jours derniers tellement de souvenirs horribles et surtout de trouille au ventre.. il faut que la honte change de camps ! !

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  10. Divya a dit…

    Ton post est (comme trés souvent) impressionnant de justesse… Tu as raison c’est la même chose… J’ai connu les deux… Toute ma scolarité j’ai été la grosse et la bouboule, terriblement seule… J’ai perdu du poids vers 17 ans et j’ai connu le reste… La premiere fois : 18 ans le moniteur d’auto école qui me pelotait les cuisses en me disant détends toi… Tétanisée j’ai fini par arreter les cours et je n’ai pu passer mon permis qu’à 26 ans…

    Ensuite dans le milieu pro, secrétaire de direction, j’allais chercher à l’aéroport un important partenaire commercial, qui lui aussi s’est permis de me peloter les cuisses dans la voiture…
    Un peu plus tard meme mésaventure, dans une autre société, un client italien qui s’est permis de me plaquer contre un mur me bloquant les bras en essayant de m’embrasser…

    et pour finir, encore une autre société… Un repas d’affaires un soir qui se termine, j’étais la seule femme présente, et la un des ingénieurs de la boite, un peu alcoolisé, qui balance comme une blague aux clients présents, bon allez c’est l’heure de ton deuxieme mi-temps à l hotel avec les clients…

    Autant te dire que je n’ai jamais cesser de détester ce corps et de me sentir mal dans ma peau…

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  11. Cam a dit…

    Comment ça « aucune agression sexuelle (…) à part un ou deux frotteur » ??? Mais ce sont complètement des agressions sexuelles voyons !!! Ne minimisez pas cette violence qui vous a été faite !!!

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  12. Catwoman a dit…

    Non, je n’ai jamais été agressée. Emmerdée, oui, comme beaucoup (j’espère pas toutes). Le pire, je pense c’est d’en avoir certainement beaucoup occulté en pensant que c’est normal ou cette fois où je me suis dit « pourtant j’étais habillée comme un sac » …
    Comme tu le dis, ce qui pèse, c’est ce jugement permanent qui pèse sur nos corps, comme s’ils appartenaient à la société, aux hommes, et non pas à nous qui pèse lourd. Je ne veux pas éduquer ma fille en lui disant de se méfier des hommes, je ne veux pas avoir peur pour elle d’une agression. Je veux croire que mon fils et ses copains seront mieux élevés et que les hommes en général prennent conscience que leur comportement est anormal.

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  13. Sara a dit…

    J’avoue ne plus en pouvoir des hommes et garçons de mon entourage qui débarquent et me disent se sentir tristes. Ah bon tu es triste? Hier j’ai vécu l’enfer de lire des femmes parler en termes dithyrambiques de leur mec ou du père de leurs enfants alors que je sais par leurs victimes que ces mêmes hommes ont violé ou agressé des femmes. J’aimerais qu’on parle de l’éducation des garçons par leur père et qu’on arrête de tout nous demander d’assurer: l’éducation des filles, celle des garçons, la maison le boulot tout en se faisant emmerder sur la route et en sachant que ça sera pareil pour nos filles.

    J’en ai marre qu’à la question « quand est-ce que tu as su que tu n’étais plus une ado » nos réponses soient le souvenir de se faire siffler dès 11 ans pour les malheureuses à vivre la puberté tôt. Où sont les hommes?

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    • Laurence a dit…

      Bravo! Tellement bien dit! C’est aux hommes à changer de comportement. Ne pas penser que ces comportements déviants sont dus à l’éducation reçue par les mères.

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  14. tallulah06 a dit…

    Tout pareil, je n’ai pas de harceleur sexuel a déclarer, mais je me suis toujours sentie jugée par rapport à mon poids; un jour un clodo ma traité de grosse, c’était une énorme honte pour moi.
    Au delà de mon cas personnel je réalise avec cette parole qui se libère combien les hommes sont lourds, dans le meilleur des cas sous couvert de blagues graveleuses. Et si on sourit pas on est coincée. J’aimerais avoir des armes pour recadrer le sexisme quotidien, qui vient aussi des femmes ( genre: pardon je suis blonde).

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  15. camichka a dit…

    Me too. Et ma mère too. Et ma cousine too. Et ma meilleure amie too. Mon mec me disait hier qu’il hallucinait parce que sur sa page facebook, toutes ses amiEs ont mis « Me too », et qu’il n’avait jamais réalisé l’ampleur du problème. Et je lui ai redit que toutes les femmes que je connais, toutes les femmes rencontrées pour une occasion ou une autre avec lesquelles on se retrouve à parler du sujet, et probablement toutes les femmes du monde ont eu un jour à souffrir de la bêtise des hommes. Après, je reste convaincue que les choses évoluent dans le bon sens malgré tout. Que la parole des femmes se libère parce que, justement, on ne considère plus que craindre les hommes et surveiller nos arrières fasse normalement partie de la condition féminine. Et pour se donner courage pour continuer le combat en regardant le chemin parcouru, en se moment on regarde la série « good girl révolt », la volonté d’émancipation d’une poignée de femmes dans le milieu de la presse, sur fond de guerre du vietnam et mouvement hippie aux USA…

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  16. Hemeline a dit…

    Le problème dans tout ça c’est que les victimes sont tellement usées par la parole constante qui dit que c’est pas grave, que c’est des gros lourds, que t’as rien eu physiquement, qu’elles minimisent TOUTES ce qu’elles ont subi…

    On fait toutes ça, car malheureusement nous sommes toutes victimes de violences. Tu as BEL ET BIEN subi des violences sexistes, des injures, et ça c’est puni par la loi (6 mois d’emprisonnement) comme l’indique ce tableau http://www.leparisien.fr/laparisienne/actualites/societe/harcelement-sexuel-chez-viol-femmes-info-le-standard-explose-17-10-2017-7336620.php

    donc oui tu es aussi victime. Comme moi, comme elle, comme toutes les femmes. C’est ECOEURANT ça réveille une énorme colère en moi… et les hommes qui tranquilles te disent « mais on est pas tous comme ça »… ha oui ? vraiment ? aucun comportement violent ou oppressif de toute votre vie ? Oui il y a des hommes bien et j’en connais un paquet, mais j’ai croisé un bon nombre de porcs, comme nous toutes, donc m’est avis que les hommes biens il n’y en a pas tant que ça… les complaisants, les complices, il y en a aussi beaucoup. Notre société doit changer profondément. Un pas en avance aujourd’hui s’est fait. Mais ça va durer encore longtemps….

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  17. Bullette a dit…

    Et quand on quitte son mari après 20 ans de mariage et qu’on s’aperçoit que ce qui le blesse, c’est surtout que SA femme soit partie, qu’elle ait osé détruire SES rêves…. Alors que lui-même est à nouveau en couple et l’affiche sur fb.. Bizarre tout ça. Pardon, je m’éloigne du sujet mais heureusement que mon médecin m’a dit que j’avais le droit de partir, qu’on n’est plus en 1950.. parce que je n’en étais même pas consciente !

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  18. Laura a dit…

    Metoo
    Mon père, mon grand-père, mon beau-père, mon premier boss, mon-ex…
    et bien sur le harcèlement de rue et les commentaires sans fin sur ma poitrine

    Après bien sur TCA, anorexie, boulimie, haine de mon corps, honte de mon corps etc.

    Ca me fascine que des personnes (comme Caroline) n’aient subi aucune agression sexuelle ou attouchement de toute leur vie, ça doit mener à un rapport à soi-même, au monde et aux hommes tellement différent…! Dans mon cas c’est tellement gravé dans mon existence depuis toujours que ça fait partie de moi… long chemin de guérison toujours en cours…

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    • Jane B. Root a dit…

      Laura, envie de vous prendre dans mes bras.
      Tous les hommes ne sont pas comme ça, non, pas tous 😉

      J’ai eu la chance d’être élevée dans un milieu d’hommes « forts », mais dans le sens humain du terme. Deux grands pères modèles, très présents et bienveillants, et un père aimant et structurant. Tous les trois m’ont donné ce bien précieux avec lequel je circule aujourd’hui : un ego gonflé à bloc et une estime de moi inébranlable. Il n’ont jamais considéré que j’étais « une fille ». J’étais simplement une enfant, puis une ado, sur laquelle, malgré ses frasques, ils ont déversé leur inébranlable bienveillance. Et pourtant quelle génération ! J’ai 57 ans. Mes grands-pères à eux deux ont traversé deux guerres et 3 siècles et ne savaient pas ce que « féminisme » voulait dire.
      Alors oui, accrochez-vous, vous le valez tant. Et rencontrez des hommes bien. Ils existent.

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      • Laura a dit…

        Merci Jane, merci beaucoup! La douceur de votre message, et la confiance qui émane de vos mots me font l’effet d’être gentiment prises dans vos bras et cela me fait vraiment du bien!

        Cela prend du temps de pouvoir changer, et de saisir que tous les hommes ne sont pas comme ça. Car quand c’est un schéma intégré, au final on finit par rencontrer des hommes qui confirment le rapport au monde dans lequel on a toujours baigné. En me respectant et m’aimant toujours plus, progressivement, la vie et les relations changent, c’est lent, c’est la vie 🙂 Je vous embrasse!

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  19. Lily59 a dit…

    Si je peux me permettre une petite nuance, il me semble que les petits garçons et adolescents en surpoids subissent beaucoup d’insultes aussi, y compris de groupes de filles, et qu’ils connaissent aussi ce sentiment de honte qui fait baisser les yeux dès que l’on passe devant un groupe… En ce sens, je ne suis pas sûr que ce soit du harcèlement sexuel : de la haine de la différence, de l’intolérance, du harcèlement tout court, oui, mais je ne suis absolument pas certaine, concernant le surpoids, que ce harcèlement touche plus les adolescentes que les adolescents.
    Voilà, sinon, je me réjouis plutôt, moi, de cette libération collective de la parole, qui permet notamment d’engager la conversation sur le sujet avec les hommes de nos entourages, et c’est assez passionnant de constater les incompréhensions possibles… Beaucoup d’hommes m’ont dit s’être demandé, pour la première fois, s’ils pouvaient être concernés par un comportement dit « lourd », s’ils n’ont pas une fois franchi la ligne qui différencie l’humour du comportement déplacé. Cette prise de conscience me semble salutaire.
    Une petite chose m’exaspère tout de même dans toute cette actualité :la tendance à faire des femmes des toutes petites choses fragiles. Face à des comportements déplacés, les femmes peuvent aussi répondre, parler, s’expliquer avec les auteurs sans que tout ne prenne une dimension tragique et traumatisante (là aussi, je ne parle pas de viols ni même d’agressions sexuelles, je parle bien des comportements déplacés uniquement). C’est essentiel de dire aux femmes qu’elles ont cette capacité à réagir, à ne pas accepter, à dire les choses clairement et fermement aux hommes qui franchissent la ligne.

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    • Caroline a dit…

      alors pour les petits garçons, sans doute, oui, la grossophobie est unisexe. Mais en revanche, comme le dit l’une d’entre vous ici ou sur FB, est-ce qu’on voit souvent des groupes de filles attendre que des mecs passent pour les dézinguer physiquement ? Non. Quant au fait de « réagir », je pense qu’on n’est pas toutes égales face à ces situations. Certaines ont la force de répliquer, d’autres ont peur (et j’en suis) d’une réponse violente, d’une agression encore plus poussée. Je suis désolée mais je ne supporte plus ça, que l’on fasse porter la responsabilité de la non réaction à celle qui a été mal traitée. Au départ, il y a une personne qui décide de mal parler ou de mal agir. C’est cette personne là qui est à blâmer. Uniquement.

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      • Amelstos a dit…

        Moi aussi ça m’agace cette injonction à la réaction. Non on n’est pas des petites choses fragiles. Mais perso, un jour, au 3ème « t’es bonne sale pute » de la journée, je me suis retournée pour envoyer un majeur bien tendu à la tête de mon interlocuteur. Qui n’a pas aimé et m’a coursée. Une autre fois, plaquée contre un mur lors d’une fête de la musique par une bande d’inconnus sur une place bondée, j’ai eu beau insulter et être vue par un tas de gens, personne n’a réagit. Alors oui, j’ai préféré opter pour le pelotage en règle que pour le poing dans la tronche en supplément. Alors ça va bien, hein, les « faut réagir ». On ne sait jamais sur qui on tombe et on SAIT que ça peut encore plus mal finir que ça n’a démarré. Les fautifs, les uniques fautifs, ce sont ces connards.

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        • Lily59 a dit…

          D’abord, je suis d’accord, il n’y a qu’un seul coupable. Ensuite, ce n’est pas une injonction à réagir. Et enfin, mon commentaire valait surtout pour les comportements déplacés non pas dans la rue mais au boulot, entre amis et même dans la famille… C’est dommage de ne jamais réussir à discuter sereinement. Je ne pense pas que mon commentaire mérite un « ça va bien, hein ». La prochaine fois, je m’abstiendrai de commenter.

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          • amelstos a dit…

            Excuse moi lily59, je ne voulais pas te froisser mais je suis un peu à fleur de peau sur ces sujets, d’autant que j’ai l’impression d’entendre ça tout le temps depuis quelques jours. Désolée si j’ai mal interprété ton propos. En revanche je ne suis pas certaine qu’il soit plus simple de réagir dans le cercle familial ou professionnel, dans lesquels au contraire la loi du silence est très présente…

          • Marinambule a dit…

            Et ça Lily59 serait vraiment dommage, tes commentaires me manqueraient, sincèrement.
            C’est vrai que c’est difficile d avoir une discussion apaisée sur ce sujet, sans doute parce que ça réveille des souvenirs douloureux, des émotions négatives on parle de honte de culpabilité… Les j’aurais dû répondre ceci, j’aurais dû faire cela, j’aurais dû comprendre plus vite on se les sert déjà toutes seules.
            Alors je comprends ton commentaire et j’adhère, en principe. Mais je comprends aussi la réaction épidermique. Bref. C’est compliqué…

    • Anouk a dit…

      Lily59 je crois que ce que tu as dit met le doigt sur quelque chose dont on ne parle pas assez et qui n’est pas suffisamment pris en compte dans le mécanisme des agression et harcèlement sexuels, c’est la sidération.
      C’est un mécanisme de protection tout à fait naturel. Et j’ajouterai que même pour les commentaires déplacés, cette sidération se met en place: « Ai-je bien entendu? Cette personne de ma famille n’a pas pu me dire ça, non… » C’est tous les jours qu’inconsciemment on se dit qu’on a mal entendu, mal compris. Même pour soi. Encore plus pour soi.
      Donc même pour les commentaires déplacés le processus de protection est le même, encore plus si c’est une personne de l’entourage. Il faut, je pense, marteler encore et encore que la réaction de sidération – qui implique donc une sorte de non-réaction physique ou verbale – dans ces cas-là fait partie d’un mécanisme normal. Il faut expliquer aux femmes, aux hommes ce processus. On ne le fait pas assez. Cela mettra peut-être fin aux « Pourquoi tu n’en as pas parlé avant? Pourquoi tu ne t’es pas défendue? ». Commentaires ultra violents pour la personne qui a subi et qui contribuent à faire croire aux femmes qu’elles sont fragiles ou ne savent pas se défendre. Et qu’il y aurait d’un côté les femmes suffisamment éveillées pour réagir et se défendre, et les autres. Non, ce n’est pas comme ça que ça se passe.

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      • Anouk a dit…

        Je viens de voir dans les commentaires qu’on a déjà parlé de la sidération, my bad… Désolée. Bon une fois de + n’est peut-être pas de trop 😉

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  20. Suzanne a dit…

    Les collègues de boulot qui te font systématiquement des remarques sur ta tenue ou ton physique, mais s’adressent aussi systématiquement à ton chef pour les questions « sérieuses » (alors que je maitrisais la partie technique du projet). Et qui te demandent de te mettre dans le faisceau du videoprojo parce que ton haut est alors transpercé par la lumière.
    Le médecin au centre de santé étudiant qui ôte son gant avant de te faire un toucher rectal.
    Le mec qui m’a suivie jusqu’à chez moi pour me dire que c’était excitant mes fesses qui bougeaient (Et pour ceux qui disent que certaines l’ont bien cherché j’étais en baggy et sweatshirt informe).
    Ceux qui te demandent dans la rue si tu suces, si tu es ok pour une levrette, qui te montrent leur sexe, qui te traitent de salope alors que tu es enceinte, qui te collent, qui te donnent leur numéro de téléphone, qui te traitent de grosse, qui te disent que tu es bonne, qui te suivent dans les rayons du supermarché, qui ne te lâchent pas au parc quand tu veux bouquiner tranquille, qui font des bruits répugnants quand tu cours (heureusement tu cours peu).
    Le pote qui vit en Australie et qui t’envoie des photos de lui nu, alors que tu n’as rien demandé.
    Le prof de sport qui parle de tes seins qui remuent quand tu cours.
    L’oncle qui te fait remarquer que tes seins ont poussé.
    C’est tout le temps, c’est partout, c’est « pas grave » et puis c’est flatteur, de quoi je me plains ??!
    Merci caro pour tes mots, merci aux autres également.
    Et je rejoins Cam, c’est extrêmement agressif des frottements dans le métro…

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    • Zazimutine a dit…

      Je suis scandalisée!! Un médecin qui ôte son gant pour te faire un TR? Ca relève du conseil de l’ordre des médecins et a minima un blâme à l’encontre du médecin! Et encore je suis gentille, c’est une faute professionnelle!

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  21. natacha a dit…

    Pareil, rien de marquant mais de nombreuses remarques sur mes seins qui ont pris 3 tailles durant un été entre la seconde et la première. Ces remarques étaient bien sûr faites par des garçons mais bien relayées par les filles de mon lycée. Bref, j’ai développé un énorme complexe car je n’étais pas la fille qu’on décrivait dans la cour de l’école et j’ai fini par faire une réduction mammaire quelques années plus tard. Comme toi, à plus de 40 ans, quand je passe devant un groupe d’homme, je redoute toujours une remarque sur ma poitrine, alors que je l’aime cette poitrine mais elle est à moi et à mon mari, pas aux autres, pas à ceux que je ne connais pas intimement.

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  22. Fofo a dit…

    J’étais très jolie, et grande, et précoce. Résultat, comme toi, réflexe : à chaque fois que je vois un groupe d’hommes ou d’adolescents dans la rue, je serre mon manteau contre moi, je presse le pas, je baisse les yeux. Non, ce n’est sans doute pas mieux qu’être traitée de grosse.

    Et j’ai aussi pris le métro toute seule tous les jours dès onze ans. Les « frotteurs du métro », je sais aujourd’hui que ce sont des agresseurs sexuels. Je l’ignorais, et même si je l’avais su, je n’aurais bien entendu rien osé faire ou dire, à l’époque. Aujourd’hui, je réalise à quel point ils ont pourri, peut-être définitivement, ma sexualité, et par extension, tout un pan de ma vie. Ne minimisons pas ces « incidents » dramatiques.

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    • Caroline a dit…

      tu as raison. Je me faisais la réflexion en vous lisant qu’il est une chose que les hommes ne connaissent pas. c’est cette peur quasi physique que nous les femmes ressentons lorsque nous nous promenons le soir dans la rue. Cette sensation intégrée d’être une proie potentielle. Ce truc de devoir « faire attention ». On est conditionnées.

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      • mammouth a dit…

        c’est effarant quand on y pense, hein. C’est ça, on est conditionnées à avoir peur et à devoir faire attention. Et je déteste ce « faire attention ». Ce point là est tellement à travailler dans la société.

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        • Cremdemarrons a dit…

          Honnêtement je pense qu’on est toutes concernées, car toutes conditionnées à « faire attention ». Par exemple j’ai remarqué que je portais mon regard à une certaine hauteur dans la rue, ni trop haut, ni trop bas, pour ne pas être trop « fière », mais ne pas non plus croiser le regard des hommes; il me semble que les hommes, normaux ou pervers, regardent les gens, ou peuvent se permettre de regarder les gens qu’ils croisent sur le trottoir ; ou encore je mets systématiquement des écouteurs alors que parfois j’en ai marre d’écouter de la musique + ou alors je me change si j’avais mis une jupe mais que j’ai l’intention de prendre un velib : il faut être digne, ou au moins donner l’apparence de la dignité, et la donner à qui, aux hommes gardiens de la rue. Qu’est-ce qu’on en aurait à foutre d’apercevoir subrepticement un bout de culotte de quelqu’un qui pédale si on vivait dans une société matriarcale? Les hommes ne connaissent pas ce sentiment de contrôle du corps permanent dans l’espace public.

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          • Caro d'ardèche a dit…

            C’est la remarque que je faisais à mon compagnon dimanche soir. Nous avons tous les deux un camion aménagé et nous sommes partis tous les deux, ce we, chacun de notre côté, avec notre camion. Ma fille et moi (12 ans) à la montagne mais en camping et lui de son côté en pleine nature. Nous en parlions et je lui demandé si il se tapait des flipes, il me répondait que non assez rarement. Moi si et il me demandait pourquoi ? que veux-tu qu’il se passe ? Sur le coup je me suis posée la question mais oui pourquoi ?? et puis l’évidence !! Ben seule avec Lou j’ai peur du viol, de l’agression sexuelle. Et il en a conclu effectivement que c’était effectivement une peur qu’il avait la chance de ne pas porter et nous l’injustice de l’avoir ancrée en chacunes de nous.

          • Caro d'ardèche a dit…

            « je lui demandais » voilà sinon je ne me sens pas libre de pouvoir aller me caler en pleine nature comme je le souhaiterais. En fait il y a beaucoup de choses que je m’interdis. Cette été pour la 1ère fois je disais à ma fille que lorqu’elle prenait les transports en commun il était préférable qu’elle ne porte pas tel short….triste

          • Caro d'ardèche a dit…

            Tout ça vient sans doute de l’agression sexuelle que ma mère a subi enfant, dont elle a souffert toute sa vie étouffée par un silence et un secret de famille. J’ai porté inconsciemment dans mon corps (enfant j’avais très peur de mon corps de fille et voulais être un garçon) et mon esprit encore maintenant.

        • Zazimutine a dit…

          Finalement, ça altère tout simplement notre liberté: liberté de s’habiller comme on veut, liberté de sortir le soir seule, liberté d’aller au cinéma seule (tiens, on n’en a pas parlé des mecs qui t’emmerdent au cinéma), liberté de voyager seule etc etc…

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      • MarieLucarne a dit…

        Je trouve ça très juste, ton billet comme les commentaires et ça me touche. Pour rebondir sur ça, je crois que c’est en ça qu’on dit que le patraricat est une oppression « systémique ». Sans citer toutes les discriminations liées au genre (et elles sont nombreuses) : cette peur que connait chaque femme de se faire agresser + les réactions de minimisation souvent de l’entourage ou le fait de vouloir partager la responsabilité avec la victime, c’est vraiment lié à un phénomène sociétal. Bien sûr des hommes se font battre, agresser, bien sûr certains ont peur parfois le soir. Mais ça reste toujours des cas isolés et c’est ce que nous montrent ces mots-dièses #metoo & #balanceton porc : chez les femmes, c’est systématique peut importe le lieu, la tenue, le contexte. Que ce soient des inconnus ou des proches. C’est intégré dans une structure généralisée qui « accepte » ou « tolère » ou « ferme les yeux sur » ces comportements de la part des hommes. Et je trouve touchant autant qu’effrayant de voir toutes ces voix de femmes se lever pour dire moi aussi. C’est un début pourvu qu’il s’accompagne d’actes de la part de l’institution, des médias & de chaque petite personne pour lutter contre la suprématie maculine (et par là je n’entends pas « homme » au singulier mais groupe d’hommes incluant chacun d’entre eux avec des avantages certains)(meme s’ils n’en abusent pas, ils en bénéficient et c’est déjà trop)

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      • Eh M'Dam a dit…

        Travail avec mes élèves, que des garçons de 15-16 ans sur la présentation des personnages dans Amélie Poulain. Le père d’Amélie n’aime pas faire pipi à côté d’un autre homme… ça ricane. Puis l’un d’eux m’interpelle « M’dam, les filles elles y vont toujours en groupe, aux toilettes… Pourquoi? »
        Eh bien, ça a été laborieux pour qu’émerge la notion de sécurité…. discussion riche et utile, à mon avis (mais j’ai pas fait ce que j’avais prévu dans l’heure, hein… )

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  23. CourbesGenereuses a dit…

    je te rejoins tout à fait, Caro !! pas de « metoo » pour moi, evidemment je dis « ouf », mais ça me questionne presque : je suis si moche et grosse que les mecs ne m’insultent « même pas » (ou pire) ? bien sur qu’en aucun cas je n’envie celles qui ont subi insultes, harcelement ou viol !!! pdt qqs secondes, je me sens un tout petit peu plus moche et grosse que d’habitude, avant de prendre une gde inspiration, et me dire que j’ai peut-etre surtout eu de la chance, et que j’ai aussi assimilé les frottements ds le metro et les sifflements de ma « jeunesse » comme une certaine « norme » à l’epoque, ce qui est finalement bien triste.
    Bref, je finis qd mm par me sentir minable, que ça soit par une hypothese ou l’autre.

    Pourvu que cet élan de parole fasse un electrochoc à tous les hommes, qu’ils realisent ce que vivent les femmes au *quotidien* et se sentent peut-etre mieux concernés par le sujet aussi …

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  24. Betty a dit…

    A mon avis, tous ces comportements expliquent aussi le plafond de verre et pourquoi les femmes dans leur grande majorité ne se sentent pas à leur place dans des postes exposés.
    Lorsqu’une femme prend la parole en public, que retient-on d’elle en premier ? son discours ou son physique ? il faut des femmes d’une certaine trempe comme la regrettée Simone Veil pour qu’on passe outre et qu’on l’écoute sérieusement.
    J’y pense parce que je travaille dans une grande entreprise, où les comportements ouvertement sexistes sont réprimandés mais dans les faits, les femmes sont beaucoup moins écoutées et entendues que les hommes. Ce que mon chef a du mal à entendre.
    Et je pense aussi au comportement ouvertement machiste de nos représentants élus au parlement…
    tout cela est d’une telle banalité que ça devient pénible d’en parler, on a tellement l’impression de rabâcher 100 les mêmes reproches.

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  25. mammouth a dit…

    Tes mots sont comme souvent très justes. « c’est ce jugement permanent qui pèse sur les femmes, qu’il soit positif ou dépréciant, dont il faudrait se débarrasser. » Le chemin est long, sera long, mais j’aime à croire qu’on chemine quand même. Il y a toujours le danger de revenir en arrière, bien sûr, mais on chemine et on a pas cessé de cheminer vers plus de liberté et d’épanouissement. Et plus on en parle, plus on chemine. Alors merci d’aborder le sujet.

    Il y a certes une différence de degrés dans les exemples que tu donnes, mais c’est dommage de sentir qu’on doit minimiser un frottement dans le métro en ne l’appelant pas une véritable agression sexuelle parce qu’on veut éviter l’amalgame avec le viol. Ça en dit gros sur ce à quoi on s’est habitué à subir en tant que femme. Ce n’est probablement pas comme cela que tu as voulu le faire passer, mais ça a été ma première impression en le lisant.

    Alors #metoo à plusieurs reprises, à différents âges, dans divers milieux, familial, social, professionnel, scolaire. Je ne l’ai pas toujours raconté à d’autres. Quand je l’ai fait, je n’ai pas trouvé beaucoup d’écoute, mais beaucoup de minimisation voire du mépris. Je me suis défendue comme j’ai pu avec les outils et la force que j’avais à ces moments-là. Et oui, je crains pour mes filles. J’essaie de ne pas. Mais je crains. Et c’est un sujet très difficile à aborder sans leur donner la crainte des hommes, la crainte du transport public, de marcher dans la rue, de se retrouver entourées d’hommes au travail, à l’école… C’est très délicat de ne pas faire passer ses colères en racontant ses expériences, en se remémorant le passé. C’est délicat de ne pas minimiser le moindre attouchement ou remarque déplacée sans passer pour une hystérique ou une aigrie. C’est très difficile de raconter crûment ce qui s’est passé sans les choquer ni les apeurer. En même temps, je me dois de les outiller et je ne peux pas faire semblant
    que ça n’existe pas et que ça ne leur arrivera jamais. Parce qu’on chemine tellement lentement qu’elles subiront le comportement sexiste et agressif de certains, et certaines, pendant toute leur vie. En fait, c’est déjà fait, à leur si jeune âge, par des personnes aussi jeunes qu’elles. Parce que trop de comportements sexistes et l’objectivisation (ça se dit ça?) du corps féminin sont considérés comme normaux, acceptables et donc minimisés. J’espère que mes mots et mes explications leur serviront et les outilleront pour contrer pire. Et pour les aider à changer la perception que les hommes et les femmes ont des femmes et de leur corps afin qu’on continue toujours à cheminer vers plus de liberté.

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  26. Betty a dit…

    Une autre chose que je constate aussi au quotidien dans le métro, c’est que les femmes pour pas mal d’hommes sont quantité négligeable qui doit se pousser pour les laisser passer. Ils ne dévieraient pas d’un pouce, ils sont les mâles dominants. Et je ne vous dit pas le comportement quand on a comme moi les cheveux poivre et sel, on sent vraiment qu’on a dépassé la date de consommation et qu’on est devenue invisible.

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  27. Smouik a dit…

    « Bref, finalement, donc, pas d’agression sexuelle ni même de harcèlement… »
    Hein ? Pardon ? Mais bien sûr que ces remarques répétées étaient du harcèlement et tout à fait d’ordre sexuel !
    Dans la vidéo de Juliette, elle le dit très justement : tous ceux qui l’avaient traitée de grosse voulaient la pécho après qu’elle a eu maigri, i.e. ces garçons te disaient bien que tu n’étais pas conforme à leurs désirs sexuels. Si c’est pas du harcèlement sexuel ça !
    J’ai lu l’autre jour quelques posts après ton billet « Omerta dégueulasse » disant que les femmes devraient parler ou pourquoi se sont-elles tues (en l’occurrence dans l’affaire Weinstein) ? C’est faire peser très lourdement la responsabilité sur les femmes je trouve dans une société qui admet ces comportements depuis toujours et qui, lorsqu’elles parlent, les culpabilisent encore plus. Il n’y a qu’à écouter le témoignage de Florence Darel dans l’émission Quotidien, c’est vraiment très très juste :
    http://www.huffingtonpost.fr/2017/10/12/weinstein-emue-florence-darel-denonce-lomerta-monstrueuse-dans-tous-les-milieux_a_23241622/
    PS : #metoo #metoo #metoo #metoo #metoo #metoo #metoo #metoo #metoo #metoo #metoo (et ce ne sont pas des trophées 🙁 )

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  28. Vanessa a dit…

    Moi aussi, il me semblait ne pas être vraiment concernée.
    Et puis j’ai lu ton post, très juste, et les commentaires, dont ceux, super éclairants, d’Hemeline.
    Effectivement, j’avais l’impression de n’être pas concernée, parce que mon vécu du harcèlement n’était pas aussi important que celui de certaines de mes amies (qui vivent un harcèlement quasi permanent). Pour moi, c’était ça le harcèlement, le reste, c’était des broutilles, avec lesquelles il fallait vivre, sans trop faire d' »histoire ».
    Mais entre les exhibitionnistes (non, ce ne sont pas juste des malades), le garçon au primaire qui t’embrasse de force (c’était supposé n’être pas grave, parce qu’il était « bizarre », « fou »…), les mains aux fesses quand tu es à vélo, ça finit par faire bcp quand même.
    Donc je m’en tiendrai à un seul fait : à 14 ans, je pars en colo avec ma meilleure amie. Nous sommes les deux seules filles. Pendant presque un mois, les garçons nous harcèlent : nous devons bloquer la porte, quand nous prenons nos douches, tandis qu’ils essaient de la forcer, ils commentent sans cesse notre physique de façon humiliante et dénigrante, ils nous (comme on disait à l’époque) « passent des mains ». Je vis dans la peur et dans la honte. Mon amie et moi n’arrivons même pas à en parler ensemble. Quant à en parler aux encadrants, ça ne nous vient pas à l’idée ! Je me rappelle ce garçon, l’un des leaders du groupe, que je vais voir pour lui demander d’arrêter, qui me dit en riant, tout en me caressant : « tu veux parler de ça ». Il rit, il est insolent, il a tous les droits. Se rajoute alors la honte de ne pas être capable de « me faire respecter », de ne pas avoir l’autorité pour les faire cesser. D’ailleurs, on me fait bien comprendre que je suis coupable : le garçon dont je suis amoureuse, l’un des rares qui ne me touchent pas, qui partageait mes sentiments, du moins au début, me dit un jour que je suis une pute. Et pourquoi ? Parce que je me laisse faire. Autant dire qu’il ne voulait pas d’une pute pour petite amie et que notre « histoire » s’est arrêtée là. D’ailleurs, il est le frère d’un des harceleurs, mais il ne lui viendra jamais à l’idée de lui demander de cesser.
    Il y a une photo de moi et d’un de ces garçons en train de me tripoter les cuisses : j’essaie de repousser ses mains, mon visage est décomposé. Moi seul je sais qu’il y a cela sur cette photo (il faisait ça bien discrètement, ça l’amusait de faire sans être vu des adultes). Alors qu’on regardait ces photos de vacances, ma mère me disait l’autre fois en riant : mais tu en fais une de ces têtes sur la photo ! Je n’ai jamais rien dit.
    Désolée pour le commentaire fleuve, c’est la première fois que j’en parle à qqn d’autre qu’à mon mari.
    Des bises les filles, tout mon soutien.

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    • bobette a dit…

      Ces petits cons avaient tous les droits et le savaient….Quelle galère vous avez vécu toutes les deux, bonjour les vacances.
      A l’école, l’autre jour, un petit garçon de huit ans est allé toucher la poitrine d’une petite fille de 11 ans. Malgré son retard mental, elle a très bien réagi et est venue me le dire de suite (madame, M. m’a touchée les totottes et ça le fait rire…). Ben moi, j’ai pas trouvé ça drôle du tout. Je lui ai passé un savon et le directeur l’a convoqué immédiatement dans son bureau. Et ç a devrait tout le temps être ainsi. Mais trop souvent, on minimise, parce que nous vivons avec ça depuis si longtemps…

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        • bobette a dit…

          Oui, Smouik. Et vous lire toutes fait remonter ce matin un souvenir terrible, je me permets de le déposer ici…
          j’ai 12 ans, mon père vient de mourir. Mon grand -frère décide de m’emmener dans le sud en Provence pour me faire prendre le soleil, la lumière. La route est longue, pas mal d’arrêts pipi. Dans une station, je reste seule dans les toilettes, il y a quelques personnes devant moi. Arrive mon tour, zut ce sont des toilettes à la turc, j’aime pas ça. Je m’installe et je vois derrière sous le jour de la porte…. Des cheveux et sous les cheveux un visage d’homme. La peur m’envahit. Je crie. Il essaye de rentrer. Je lui claque la porte sur les doigts. Cris de douleur de l’homme. Cris d’épouvante de moi. Je hurle. Il me demande d’arrêter de crier comme ça. Je réponds : seulement s’il me laisse sortir, je le supplie. L’accord est passé. J’ouvre et je cours de toutes mes forces, je rejoins la voiture chancelante. Je ne dis rien (je ne dis rien…).On monte dans la voiture. On roule je ne sais pas combien de temps. Et puis je dis à mon frère ce qui s’est passé. Il me demande pourquoi je n’ai rien dit avant. Et aujourd’hui encore je ne peux répondre. Je crois que j’étais tétanisée et que parler de cela me remettait dans le danger, je ne sais pas. Je ne laisse jamais mes enfants seuls dans un lieu public , on me dit souvent que je stresse trop, mais bon, quand t’as vécu une peur pareille…

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          • Smouik a dit…

            « pourquoi tu n’as rien dit »…
            La sidération empêche la réaction, c’est un processus chimique interne, ON N’Y PEUT RIEN !
            Voilà pourquoi.
            Et moi je trouve formidable que tu défendes les petites filles qui viennent te parler, non seulement elles sont écoutées et défendues mais tu te répares un peu à chaque fois. Bravo !

          • Reine a dit…

            Exactement . La sidération te rend muette. J’ai 8 ans . on m’envoie faire une course toute seule. J’étais fière de la confiance accordée car j’avais une petite somme dans ma poche. Le fils du commerçant , un « grand » de 17 ans environ, m’a amenée dans l’arrière boutique , s’est mis derrière moi , m’a passé le bras autour du coup et a serré très fort, jusqu’à ce que j’en perde presque connaissance. J’étais pétrifiée de surprise. Je ne me suis pas débattue ni j’ai crié, je ne comprenais pas ce qui se passait….Puis il m’a lâchée et a fait comme si de rien n’était .
            Et ben , je n’ai jamais rien dit , ni au père de mon agresseur, ni chez moi…..

          • bobette a dit…

            Oui, sidérée c’est un peu ça en effet. Ben j’ai bien fait d’en parler alors, si longtemps après…Et peut être as tu raison Smouik pour les petits filles qui viennent me parler…
            Quant à Reine : ton témoignage me fait froid dans le dos. Tu sais ce qu’il est devenu ton agresseur?

          • Reine a dit…

            Non, aucune idée de ce qu’il est devenu….après je ne suis plus allée dans cette boutique seule …et j’ai commencé « à faire attention » (= à vivre dans la peur, maintenant , je le sais) alors que nous habitions dans un quartier calme dans une petite ville sans histoire.

  29. Emma a dit…

    Pour la part, je me sens toujours un peu agressée lorsque des hommes, souvent africains (parce que me boulangerie est située dans un quartier où il y a une population importante d’immigrés africains), me saluent en me disant « bonjour belle demoiselle », ou encore « bon appétit mademoiselle » (lorsque je sors de la boulangerie avec mes baguettes).
    Je ne peux pas le prendre pour de la politesse parce que bon,
    1) je suis consciente de ma silhouette (je suis grosse)
    2) je sais que pour beaucoup de personnes, quand quelqu’un de gros achète de la nourriture (même s’il s’agit du pain pour le repas familial du soir), c’est automatiquement pour se goinfrer
    3) je suis consciente que, même grosse, ces hommes ne voient que « un cul » et « des seins » (soi-disant que dans leur culture, les femmes bien en chair sont désirables)
    4) ce genre d’hommes me dévisageaient d’un air malsain lorsque j’avais 30 kgs de moins

    J’essaye de ne pas me focaliser dessus, mais c’est sûr que, grosse ou mince, je me sens plus tranquille lorsqu’il n’y a pas ces hommes près de la boulangerie.

    Je ne veux pas non plus faire de généralités, je ne reçois pas de réflexions de la part de tous, ni tout le temps, mais c’est quand même gênant.

    Je sais que mes kilos en trop sont une carapace, mais parfois ils ne me protègent pas assez.
    Au nom de quoi, quand on est une femme grosse, on aurait l’obligation de se sentir flattée ? Parce que quand on ne répond pas, on se fait bien evidemment insulter…

    Voilà, j’ai essayé de retranscrire mon ressenti. C’est un peu décousu, je suis sans doute très maladroite dans mes propos… pardonnez-moi…

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  30. KS a dit…

    #metoo aussi comme un peu tt le monde.
    Mais moi aujourd’hui, ma quete est de savoir comment expliquer tout ca a mes garcons et faire que jamais il ne puisse se comporter comme ca! Ils st encore petits, le premier a 8 ans et je lui en ai parle un peu hier mais il ne comprenait meme pas ou je voulais en venir:)
    Il a cette innocence qui est de son age et qui est tellement belle. Quand je mettais le focus sur les filles a respecter et proteger, il me disait ben les garcons aussi!! Oui les garcons aussi, il ne voit pas pourquoi une fille serait moins bien traitee qu’un garcon, et il a raison. Tous egaux ce serait bien…
    En attendant, je crois que je vais demander conseil a ma belle-mere, parce que disons le mon mari est une perle:)

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  31. isabelle a dit…

    j’ai 41 ans… et des gros seins et donc pas mal d’insultes et tripotages derrière moi et surtout j’ai toujours peur…J’ai une petite fille de 2 ans et j’ai aussi très peur de ce qu’elle pourrait subir. Je lui apprendrais à se défendre mais je trouve ça scandaleux, de devoir lui apprendre à se défendre au lieu de lui apprendre l’insouciance.
    Aujourd’hui le gouvernement va légiférer mais c’est toujours pareil on n’éduque pas…

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  32. catherine a dit…

    alors moi aussi, me too, donc.

    Acte 1: j’ai 16 ans, je discute sur le trottoir du lycée avec une copine lorsqu’une voiture s’arrête à notre hauteur, la fenêtre s’ouvre, le conducteur ouvre sa braguette, et se met à se carresser en me regardant la bouche ouverte. En 10 secondes, son sexe avait triplé de volume. Ma copine n’a rien vu, elle était de dos. Je lui glisse à voix basse qu’on va rentrer dans la cour du lycée et que je lui expliquerai plus tard. En nous éloignant, j’entends crier:  » de toute facon, vous êtes toutes des salopes! ». Le pompon? C’est quand je raconte mon histoire le lendemain à notre groupes de potes, et que le meneur de la bande s’exclame: « ouais, bon, c’était JUSTE un exhibitionniste, pas de quoi fouetter un chat ». Aucun garcon ne proteste. Ils étaient tous nés en 1979, on pouvait penser que leurs mères (à défaut des pères) les auraient biberonnés depuis la naissance sur la libération, le respect des femmes et l’égalité des sexes, puisqu’elles avaient vécu mai 68. Quoi, je suis naive?

    Acte 2, je suis étudiante en médecine. Dans l’un des sites de garde, il y avait 2 externes chaque nuit, pour une seule chambre à 2 lits. Le tour de garde se faisant par tirage au sort, il arrivait régulièrement que les filles doivent partager la chambre avec un collègue masculin. Lors du tirage au sort, j’ose dire que ce n’est pas normal. Réponse du chef de service: « Mademoiselle, de 2 choses l’une: soit les gardes seront tellement chargées que vous n’aurez pas le temps de vous rendre dans cette chambre, soit vous pourriez en profiter… ». Rires gras des garcons, silence affligé des filles.

    Acte 3, plus grave, je suis toujours étudiante en médecine, toujours une garde de nuit. Il est 5h du matin, les urgences sont -enfin- vides, je prends l’ascenseur avec l’interne pour rejoindre les chambres de garde et dormir 2h avant de refaire le tour des services. A peine la porte fermée, il me plaque dans un coin de l’ascenseur, mains sur mes seins, bouche sur mon visage. J’ai eu le réflexe de le gifler et de lui dire que je ne voulais plus être appelée de la nuit. Et tout le lendemain, je me suis demandée ce que j’avais pu bien faire pour lui laisser penser que j’allais accueillir ses avances avec empressement. Bilan de l’analyse? ben rien, je n’avais RIEN fait qui ressemble à de la séduction. Qu’ai-je fait par la suite? Encore RIEN, je n’ai rien dit au chef de service ni au doyen de la fac, ni à fortiori porté plainte. Je savais bien que c’était sa parole contre la mienne, puisqu’il n’y avait pas de témoin. Par contre, j’ai prévenu toutes les filles de la promo qui allaient croiser ce malotru.

    Je ne parle pas des frotteurs du métro, je ne sais plus si ca m’est arrivé 5 ou 6 ou 7 fois. La preuve que j’ai intégré ca dans l’envirronnement.

    Conclusion: il est urgent de parler de ces comportements aux jeunes garcons. J’ai 2 filles de 7 et 8 ans, et ca me fait peur, parce qu’elles auront peut être à vivre pire que moi. Comment les armer, le plus tôt possible, sans les traumatiser avec des notions qui ne sont pas de leur âge???

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  33. Ariane a dit…

    C’est affreux… Tout me revient….
    – Ce prof d’allemand qui a ricané devant devant toute la classe alors que je m’étirais « alors miss gros poumons, on a envie de nous montrer ses attributs? »
    – Ce gynéco qui juste après l’accouchement, remet brutalement sa main dans mon sexe et, alors que je demande timidement « vous allez retirer le placenta? » me répond « non, j’y étais bien alors j’y retourne… LE JOUR DE LA NAISSANCE DE MON BEBE!
    – Ce mec à 15h en plein centre ville, qui me demande une cigarette et alors que je la lui donne, me TOUCHE LE SEIN! Tranquillement. Et s’en va. Je n’ai pas bougé, tétanisée.
    – Ces 7 garçons de ma classe en 3ème qui m’ont coincée dans les couloirs pour me tripoter et la principale qui ne m’a pas crue…
    – Ce moniteur d’auto école, qui me reproche de trop laisser ma main sur le levier de vitesse et qui ricane « je vais finir par mettre un petit réservoir pour que du liquide sorte dés que tu le tripotes trop ce levier! »
    – Cet ami de mes parents qui est sois-disant amoureux de moi, ALORS QUE J’AI 12 ANS et qui me met terriblement mal à l’aise et ça fait rire tout le monde!

    M’est revenue le pire au final, le plus humiliant…
    Pendant toute ma jeunesse, je ne me sentais tellement jamais sereine, que lorsque je croisais un groupe d’hommes ou même un homme seul, je transformais mon visage en avançant la mâchoire pour me rendre le plus moche possible! En espérant qu’ils me laissent tranquilles avec mon gros menton en avant.
    J’avais oublié que je faisais ça….
    J’ai fait ça jusqu’à mes 40 ans.

    Depuis, on me laisse tranquille.
    Sauf ce collègue, devant sa femme, qui me caresse la jambe sous la table avec son pied…
    Ha mais il était saoul.
    ok alors. Ca excuse tout….

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    • Alexandra a dit…

      Ariane, je ne sais pas quoi te dire à part que tu as tout mon soutien. Comment est-ce possible que toutes ces personnes adultes puissent poser de tels actes sans avoir peur ??? ça me scie et me dégoûte.

      Répondre
      • Ariane a dit…

        Merci Alexandra!
        Le sujet devient tellement dur pour moi ces jours ci, que hier, j’ai pété un câble pendant qu’un collègue disait « je vais lancer le #balanceunetruie » moi! J’ai crié que ce n’était pas drôle une seconde pauvre con. Que si une nana venait à lui toucher le cul, il avait toujours la possibilité de se DEFENDRE! Alors que moi, quand l’autre taré m’a touché le sein, j’ai eu peur de lui en plus. Peur de me faire frapper si je bougeais.
        J’ai tellement gueulé que plus personne dans la pièce n’a osé parler. 🙂
        Il y en a marre merde!

        Répondre
  34. Emilie a dit…

    #metoo

    A deux reprises, des frotteurs insistants, dans des transports publics bondés. Avec cette sorte de honte qui fait qu’on n’ose pas se retourner pour faire une remarque (ou balancer une gifle), par crainte de se faire traiter d’hystérique, et aussi cette peur que le frotteur nous suive lorsqu’on descend.

    Et avant une intervention chirurgicale, l’anesthésiste qui se penche sur moi, pour m’expliquer ce qu’il va m’injecter pour m’endormir, et qui me touche le sein de manière appuyée et prolongée, comme pour me rassurer, mais vraiment pas au bon endroit. Moi, morte de trouille à cause de l’opération, immobilisée dans un lit, lui debout avec le pouvoir symbolique du médecin… Impossible de réagir. Et a posteriori, on se dit que c’était « pas grand chose ».

    Moi aussi, tous ces #metoo m’ont fait réfléchir. Je pensais aussi a priori avoir échappé à « ça ». Mais les expériences ci-dessus sont clairement des agressions sexuelles, même si elles sont incomparablement moins grave qu’un viol, même si elles ne m’ont pas marquées à vie mais provoquent « juste » un frisson de dégoût quand j’y repense.

    Et ce qui fait froid dans le dos, c’est qu’on a probablement TOUTES vécu au moins un épisode comme celui-là, et qu’on l’a relativisé. Le fait même que ce genre de comportement soit banalisé, soit considéré comme « finalement pas grand chose », c’est exactement ça la culture du viol. C’est l’impunité pour tous ces comportements limites (voire dépassant franchement les bornes), tolérés parce qu’on sait que si on parle, on ne nous croira pas, ou on relativisera, « tu t’es quand même pas fait violer ». C’est tout ça qui fait en sorte que le viol est si difficile à dénoncer, à poursuivre, à faire reconnaître, à condamner.

    Et c’est pour cette raison que j’ai finalement publié mon #metoo. Parce que mon expérience d’agressions sexuelles « mineures » n’entre pas en concurrence avec le viol d’autres femmes. Elle s’inscrit dans la même logique et elle appelle notre solidarité.

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    • Eh M'Dam a dit…

      « Parce que mon expérience d’agressions sexuelles «mineures » n’entre pas en concurrence avec le viol d’autres femmes. Elle s’inscrit dans la même logique et elle appelle notre solidarité. »
      C’est exactement ça. Merci pour ces mots si justes.

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  35. Amandine a dit…

    C’est bizarre parce que je vous lis, et je ne me retrouve pas dans vos témoignages. Je veux dire, moi aussi j’ai eu mon lot de frotteurs, de commentaires débiles sur la taille de mes seins, de « tu sais que t’es bonne toi ? », mais je ne me suis jamais sentie franchement agressée. Ou alors j’ai appris à faire avec. J’avais du mépris pour ces pauvres types, mais je ne me sentais pas rabaissée. Enfin je ne sais pas, je réalise que finalement, au fond de moi si, mais ca faisait partie d’un état de fait, c’était comme ça : certains mecs (pas tous, des hommes respectueux, il y en a plein quand même) étaient des gros lourds et il fallait en prendre son parti. Je n’ai jamais été agressée physiquement. Le seul véritable souvenir traumatisant que j’ai, c’est quand, à 22 ans ans et enceinte, j’attendais mon bus à 7h du matin boulevard Ney (coin à prostituées), et que les voitures s’arrêtaient à mon niveau pour me demander de monter. Les premières fois, moi toute naïve, je croyais que le gars voulait me demander l’heure, et je m’approchais gentiment ! Là oui, avec mes 22 ans et mon gros ventre de jeune primipare, je me suis sentie salie…
    Aujourd’hui j’ai 41 ans et 15 kgs de plus, et étrangement je ne me fais plus agresser !…Ma fille a 14 ans, et j’avoue que je ne sais pas quoi lui transmettre. A part que certains hommes sont des porcs (mais ils sont tout de même minoritaires), mais que globalement, être une femme apporte tout de même certains atouts dont il faut savoir user. C’est choquant d’écrire ça ?
    Après, je pense qu’il ne faut pas tout mettre sur le même niveau. une remarque débile dans la rue, ou un pauvre type qui se frotte, ce n’est tout de même pas la même chose qu’un viol; que de part le monde il ya des millions de femmes qui subissent des choses terribles, validées par la société des pays ou elles vivent, et là pour le coup je trouve ça bien plus révoltant. Le gros Weinstein qui pensait que sa position l’autorisait au droit de cuissage n’est quand même pas représentatif de nos sociétés, nous ne sommes pas les plus à plaindre…

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    • Smouik a dit…

      Amandine, je crois au contraire que le droit de cuissage est malheureusement très représentatif de nos sociétés. Dire que nous ne sommes pas les plus à plaindre est vrai, est-ce pour cela qu’il faut laisser les choses en état ? Lorsqu’il y a eu l’affaire DSK, un grand journaliste et patron de presse a osé dire que ce n’était que du « troussage de domestique ». Rien que de l’évoquer me fait encore manquer d’air ! Sincèrement, quand on voit le déferlement de témoignages, on sent bien que quelque chose cloche. A moi aussi, on a dit lorsque j’étais petite : c’est quand on ne te sifflera plus que tu seras malheureuse et j’en ai pris mon parti, comme les autres. N’ayant aucun pouvoir sur le comportement des hommes, perso, ce que je dis à mes filles aujourd’hui, c’est qu’on est là pour elles et qu’on les défendra bec et ongles si on les emmerde. Parce que plus elles se sentiront fortes, moins ça leur arrivera.

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    • Carole a dit…

      J’ai lu tous les commentaires avec attention, j’ai été profondément choquée et triste pour beaucoup d’histoires que j’ai lu ici :(.
      Mais amandine, je me retrouve dans ce que tu dis.
      Je doute sur comment m’exprimer correctement pour que ce ne soit pas mal compris mais surtout mal interprété.
      Mais je pense avoir eu la chance d’être une adolescente assez banale, qui fait que je n’ai jamais eu à subir des choses déplacées sur mon physique.
      Et puis vers 20 ans, je me suis embellie, mon corps, mes seins surtout se sont développés, et j’ai eu des sifflements dans la rue, des « mademoiselle » suivie de choses grasses. Jamais de contact. Alors pour vous avoir toutes lues, je sais bien que ce que je décris est suffisant pour parler de harcèlement. Mais en aucun cas, moi, je ne me suis sentie rabaissée. J’essaie de savoir comment j’ai pu passer à coté de tout ça, et je pense avoir trouvé ma réponse dans mon éducation, mes parents m’ont toujours donné une bonne estime de moi, et j’ai toujours considéré ces mecs comme des loosers finis et ça ne m’a jamais empêché de m’habiller exclusivement en robe depuis mes 20 ans (j’en ai 30). Je n’excuse en aucun cas ces mecs qui se permettent de siffler ou d’émettre un jugement sur une personne sur la base de son physique, pas plus que « moi » serait différente et que vous devriez avoir plus confiance en vous, ce n’est pas du tout ça que j’ai voulu exprimer, juste mon sentiment intrinsèque de ne n’avoir jamais eu le sentiment d’être agressée (j’habite paris et j’ai habité en banlieue) (sentiment qui ne reflète peut être pas la réalité et qui pourrait montrer à certaines que c’est pcq on est est, dès notre enfance, enjointes à accepter des comportements masculins inappropriés. Peut-être la encore. Je n’ai pas de certitudes, juste un sentiment.
      Peut être que j’ai subi du harcèlement et que pour moi ce sont juste des « cassos ». Je n’ai même jamais subi de frotteurs dans le métro (je prends le métro tous les jours pourtant), j’ai pris pendant des mois un bus de nuit pour aller travailler sur paris, que des hommes dans le bus, je n’ai jamais eu ce sentiment de peur. Tout peut arriver. Et en aucun ça ce n’est de votre faute (peu importe votre comportement ou votre tenue, ou peu importe j’insiste!)
      Et si j’ai entendu des paroles sexistes plus que sexuelles en fait.
      Et je vais quand même vous raconter un truc qui va faire que vosu allez vous dire « bah si tu vois, toi aussi », j’avais 18 ans, j’allais à l’internat le dimanche soir, pour pas faire tout le tour du bahut, mon père me déposer, j escaladais la barrière et j’avais une « fôret » de 15 mètres à traverser, et je suis tombée sur un mec qui se masturbait et qui a vaguement commencé à venir vers moi le con. Autant dire que j’ai couru super vite. Et que c’était un méga gros porc…( #metoo) (la fille qui se contredit pas du tt), mais pour moi c’est resté dans ma tête un méga gros porc, et la encore, comment dire, je suis restée choquée parce qu’il était taré, mais pas choquée en mode agressée. Genre c’était impossible qu’il sache que quelqu’un allait traverser ce bois. Donc je l’ai classé en sale porc, mais pas agressée (peut etre tjs la différence entre sensation, sentiment et réalité, allez savoir).
      En tt cas, difficile d’intervenir sur ce sujet très sensible forcément.
      Et chacun a son ressenti.
      Enfin bref, voila mon histoire et je vous soutiens les filles, et en aucun cas, je ne juge vos histoires. Je lis et moi aussi je dois être un peu comme les mecs en mode  » nan mais vraiment, ça vous arrive à toutes?! »

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      • la linotte a dit…

        Amandine, Carole, « un pauvre type qui se frotte » et il faut juste en prendre son parti…
        Moi aussi, pendant longtemps, je me suis dit que ce n’était pas si terrible ce que j’ai subi jusqu’ici : effectivement, un type dans une ruelle quand j’étais ado qui m’a coincée contre le mur et a tenté de glisser sa main, et n’a fui que lorsque j’ai réussi (après un bon moment de sidération) à couiner (je voulais crier pourtant, mais ne sortait qu’un couinement) « au secours » (et pourtant c’était autre chose que au secours que je pensais…) et qu’on a entendu des pas au loin… un exhibitionniste de loin, et un prof de colle de prépa (mais là les garçons nous avaient prévenues de euh, prendre nos distances…. on a toutes vite compris comment se placer près du tableau, tendre un bras avec la craie, l’autre avec une feuille pour juste éviter qu’il se colle à nous)
        mais quand j’ai eu mes filles, je me suis dit que non, même ces « pas grand chose » qui ne m’ont pas traumatisée non plus, je ne veux PAS qu’elles aient à en prendre leur parti, juste parce que certains sont de gros lourds. et pas envie qu’elles découvrent ce qu’est cette fameuse sidération…
        (mes enfants, garçon et filles, je leur ai juste dit dès petits que quand on se fait agresser, on peut être sidéré, ne pas arriver à parler, qu’il faut dans ce cas essayer quand même de faire un geste pour repousser l’agresseur, ou courir se réfugier vers un autre adulte… mais je ne pense pas que ça serve à grand chose de l’avoir juste entendu)
        et je viens de faire lire à mon fils de 11 ans « le féminisme expliqué à mes fils en 25 leçons » (25 points plutôt) tout n’est pas de son âge, mais ouf ça lui parle ! 🙂

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  36. Val Lao sur la Colline a dit…

    En fait, ce dont tu parles, c’est sans doute plutôt du harcèlement sexiste, plutôt que sexuel. Mais un homme gros doit se faire interpeller dans la rue, non ? Je ne sais pas. Du coup, peut-on parler de sexisme ?
    En tout cas, tu as raison sur un point : jamais on ne laisse le corps des femmes tranquille.
    Moi j’ai balancé mon porc tout à l’heure, j’en ai la tremblote d’avoir fait ça. 35 ans plus tard. Lui a sans doute oublié.

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  37. EllaO a dit…

    Tout comme toi, je n’ai pas été victime de harcèlement.
    Sûrement parce que dans le rang des moches, des qui ressemblent à un bon pote, des pas une vraie fille, des qui ont une tronche de bouledogue ou que sais je.
    Est-ce que je m’en plains ? je n’irai pas jusque là, mais le double effet kiss cool de la chosification des femmes, le truc qui est devenu tellement normal, c’est que quand tu ne le vis pas, tu demandes ce qui cloche chez toi, qu’est-ce que te rend si indésirable.
    Pas victime du harcèlement, mais victime de l’image des femmes que nous renvoie cette normalisation du harcèlement dans les rapports homme/femme.

    Du coup ce n’est pas du quotidien pour moi.
    Mais quand même il y a ce collègue qui insistait pour faire la bise, puis la bise avec la main sur le bras, puis la bise avec la main sur la taille : j’ai arrêté de dire bonjour
    Et ce mec qui s’était masturbé à côté de moi dans une salle de cinéma.
    Allez 2 fois en 37 ans.

    Etrangement, je suis plus heurtée dans cette histoire, par le fait d’avoir été de l’autre côté de la barrière ( ou pas ?).
    La différence entre drague et harcèlement, si elle est floue pour ceux qui agissent (sous entendu les hommes) et pas floue pour celles qui subissent), que devient elle si on se met à la place de l’autre ?
    s’il s’agit de sous entendus lourds, à l’occasion d’un pot bien arrosé certes, mais pour la deuxième fois, et entendre un deuxième non finalement est ce que c’était moi la harceleuse ?
    Est-ce que si j’avais été un homme et lui une femme, il aurait écrit #metoo sur son mur facebook… ?

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  38. Marelle a dit…

    Merci pour cette analyse.
    Un rapport au corps et à mon poids également contrarié par des regards masculins non appropriés. Je pense que la clé de tout ce torrent de m…, c’est certainement l’éducation de nos garçons. Je suis nouvellement affectée dans un lycée de banlieue pas top top… J’ai déjà interpelé pas mal de monde (proviseur, CPE…) sur le comportement hallucinant de certains jeunes hommes. Un exemple parmi d’autres, un élève de seconde a traité à plusieurs reprises ses camarades de p*** (le tout devant un enseignant), plus un ensemble d’autres conneries. Résultat des courses de la commission éducative: une heure de suivi hebdomadaire par un assistant pédagogique. Pas une punition, quoi! C’est usant de leur répéter qu’on doit respecter l’autre et d’avoir ces résultats-là. Je ne suis pas lassée, je pense qu’on peut vraiment faire quelque chose en qualité d’éducatrices et d’éducateurs. En commençant par arrêter de fermer les yeux sur la dimension sexiste de mal d’insultes, de déviances scolaires, en retroussant nos manches… (ce bouquin est pas mal https://gc.revues.org/2107). Pour avoir passé une année universitaire à Montréal, c’est le seul moment de ma vie où je me suis sentie respectée dans la rue, dans les rapports de drague ou encore en boite… Bref, un jour la honte changera de camp si nous éduquons correctement nos (les) garçons (j’en ai un, bientôt un deuxième 😉

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  39. Blonde paresseuse a dit…

    C’est curieux les coïncidences, je disais justement à mon mec hier que moi, ça ne m’était jamais arrivé.
    D’un côté, j’en suis ravie, et d’un autre… beaucoup moins reluisant… une pensée nauséabonde me vient en sous-marin en mode « bah forcément, t’es grosse ».
    J’ai aussi écrit aujourd’hui à ce sujet. Presque en même temps que toi, pas de la même manière, pas avec le même sentiment, partant du même constat.
    La douleur des railleries sur le poids, je le ai ressenties. Je n’ai jamais considéré ça comme du harcèlement sexuel, simplement comme de la méchanceté. Du coup, ça me fait réfléchir…

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  40. Claire a dit…

    Me too aussi peut-être, au vu des commentaires Des choses que j’avais banalisées, pas d’agressions mais des petites humiliations.

    Par contre me too aussi du côté des passifs, et ça c’est vraiment dur à avouer. C’était avant que je sois adulte, dans la période adolescente/étudiante.
    -Me too je n’ai rien fait quand un homme a touché devant moi les fesses d’une amie étudiante. Pire j’ai éclaté de rire. Je n’avais pas compris…
    -Me too je n’ai pas cru une des amies d’amis qui accusait un ami cher à l’époque de lui avoir fait des « choses » sans son consentement. Pourtant je n’ai jamais plus voulu laisser une amie dormir avec lui, et j’ai fini par ne plus le revoir. Pourtant on lui avait signalé à cet ami, qu’il allait souvent trop loin. Mais pendant longtemps je n’ai même pas envisagé de ne pas le revoir.
    -Me too j’ai écouté des femmes se plaindre de harcèlement en public en me disant qu’elles en faisaient trop.
    -Me too j’ai écouté pendant longtemps les féministes en me disant qu’elles en faisaient trop.

    Maintenant je suis adulte, je défends les féministes et leur courage à porter en tout temps leur combat. Maintenant je suis adulte, je sais analyser ce qui me gène, ce qui est normal ou non. Et surtout, je sais en parler. Mais plus jeune, c’est tellement difficile…J’essaierai de transmettre à mes enfants des valeurs pour ne pas être harceleur/harceleuse , mais j’essaierai aussi de les aider à ne pas être témoin passif, et presque complice.

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    • Blandine a dit…

      Merci pour ton honnetete, c’est important et doloureux de reconnaitre quand notre comportement permet aux agresseurs de continuer sans etre inquietes. C’est une violence supplementaire qui s’ajoute pour les femmes qui ont vecu une aggression.

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  41. Sibille a dit…

    J’ai 60 ans et malheureusement des histoires comme celles-ci j en ai. Quand ca se passe en famille avec pratiquement l absolution des autres membres (m enfin c est rien du tout, juste un câlin, il ne te veut pas du mal…..), c est pire. J’ai donc vécu en me tassant et en refleurissant seulement à l âge adulte. Ceci dit, le travail de Lea Bordier est formidable, on remet certaines pendules à l heure, vive les corps libres et ronds ou pas. Et que continue le combat de la femme…..

    https://www.youtube.com/watch?v=2o_BOMFyz-Y

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  42. Corinne (Couleur Café) a dit…

    Je pense qu’il n’y a pas de comparaison à faire ente tous les cas, l’important est pour les victimes d’être écoutées, reconnues dans leur souffrance et leur traumatisme et aidées.
    J’avais 18 ans, je devais prendre un acte de naissance à la mairie. Un homme qui travaillait là s’est approché, a murmuré des choses à mon oreille et a mis sa main sur mes fesses. Forte de mon côté sauvage, je lui ai écrasé l’orteil si violemment qu’il en avait le souffle coupé. L’après-midi, mon frère est venu avec moi pour récupérer le document, il a regardé l’homme dans les yeux mais ce dernier n’osait pas lever le regard.
    Je suis donc bien placée pour dire qu’être aidée, écoutée, comprise guérit et si je suis bien consciente qu’il n’est pas donné à tout le monde, et dans bien des cas, l’occasion ne se présente pas toujours de riposter, cet épisode n’est pas resté comme un traumatisme même si sur le coup, je me suis sentie salie et réduite à un simple objet sexuel.
    Il y a des milliers de cas beaucoup plus graves, mais le traumatisme a besoin d’être pris en compte, quel que soit le cas.
    Aussi #balancetonporc, cette parole qui se libère est encourageant !

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  43. Madeinamandine a dit…

    c’est bizarre, parce qu’à lire tous ces témoignages me revient ce souvenir glaçant que j’avais complètement occulté…
    à 22 ans, enceinte de mon premier enfant et vraiment naïve (et je n’ai pas changé 15 ans après) et surtout habitant dans une nouvelle ville et n’ayant donc pas de contacts comme médecin, je suis allée chez le premier docteur qui se trouvait à côté de chez moi, je ne sais plus la raison, mais genre un simple suivi de début de grossesse.

    Ce Monsieur s’est visiblement pris pour un gynéco, puisque j’ai tout eu : toucher vaginal, palper des seins… ce qui en soi n’est pas incroyable, mais d’une, venant d’un docteur que je ne connaissais pas du tout, de deux, sans un mot de sa part avant l’examen, et de trois, surtout, son regard insistant, son toucher sans gants, et son absence de distance et de regard professionnel que j’ai toujours ressentis avec les autres toubibs que j’ai pu voir…

    Dans un autre genre, mais ça c’est plus drôle qu’autre chose, j’ai réussi à me prendre une réflexion des mois plus tard, genre enceinte de 8 mois dans la rue par un mec que je croise (jamais vu) : « La mère est belle, l’enfant sera beau » N’importe quoi ! *smileymortderire

    Mais je ne compte plus les « ‘planche à pain » ou  » Ta mère est tellement plate qu’on pourrait la faxer » que j’ai pris durant mon adolescence…

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  44. Stéphanie a dit…

    Réecoutons-donc un peu Anne Sylvestre pour se donner du cœur à l’ouvrage https://www.youtube.com/watch?v=f6wq8UVy94s Je suis sidérée de voir à quel point nous avons toutes à raconter… Moi le dernier en date c’est le garagiste qui m’a dit qu’on pourrait envisager de faire baisser la facture en fonction du nombre de boutons de chemise que j’étais prête à ouvrir (mais ouf, mon mari n’en saurait rien). J’étais seule avec lui dans le garage, on se connait pas. Je suis repartie toute con, en me demandant vaguement à quel moment il s’était produit un truc qui avait ouvert cette porte à ses yeux. Et en colère contre moi de pas l’avoir envoyer chier. Je me sentais comme une gamine inexpérimentée qui ne sait pas faire face… Bref c’était très nul, je n’y suis pas retournée seule et je culpabilisais, alors que je vais vraiment très bien et que ça ne me renvoie « qu’à » plein d’autres trucs du même genre, rien de physique.

    Ah si aussi, un viol conjugal il y a longtemps (j’emploi ce terme parce qu’il décrit parfaitement ce que j’ai vécu d’horrible mais ouf, c’était dans une autre vie).

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  45. sophie caroline de Montreuil a dit…

    #metoo. Plein de fois. Tant et si bien que mon stress principal au moment où ma fille est entrée dans l’adolescence était que ça lui arrive aussi. Tant est si bien que maintenant qu’elle a 17 ans passés et des « premières fois » joyeuses plein son jeune passé : je respire mieux. Je suis genre fière de moi comme si j’avais fait ce qu’il fallait pour que son entrée dans le monde des femmes ne soit pas traumatisante. Comme si je n’avais pas failli à une mission imposée : c’est aux mères de prévenir, et « tenir » leurs filles. Parce que les gars hein … on peut pas grand chose, nan hein …contre la testostérone. Savez-vous quoi ? Sibille (au-dessus) a tellement raison …Ma fille, la seule fois où elle a du affronter le désir brut d’un gars venu à elle juste parce qu’elle était « consommable » ben c’était le fils de la nouvelle femme de son père. Qui une nuit est entré dans la chambre de ma douce et gironde ado, à moitie nu pour « dormir » avec elle parce que il se sentait seul et qu’il voulait un « câlin ». Et savez-vous quoi ? ni le beau-père de ce jeune mâle (qui est donc aussi le père de ma gamine) ni sa mère n’ont trouvé ça inadmissible. Nan … Collaboration ordinaire. Fallait pas en faire « toute une histoire ». Le jeune mâle n’avait pas « d’intentions déplacées » et le seul fait que mon ado dise « il m’a mise mal à l’aise et j’ai du le pousser dehors » … pfff pas de quoi fouetter un chat ou un jeune con … prédateur en devenir au delà des tabous de base en plus ! Merci pour cette fenêtre d’expression. Beaucoup.

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  46. val de bruxelles a dit…

    Je suis presque gênée de lui dire mais moi non plus je ne me suis jamais fait ni harcelée ni agressée. Heureusement d’ailleurs, un ou deux frotteurs dans le métro, pas mal d’interpellations dans la rue(« princesse! jolie! hé mad’moizelle tu viens prendre un verre, … etc..; ) J’ai beaucoup d’empathie pour toutes celles qui ont vécu. Je vois aussi beaucoup de désarrois dans le regards des hommes biens qui ne comprennent pas et se disent qu’eux ils ne font jamais ça et qui espèrent qu’on ne va pas les mettre dans le même sac que les gros porcs. Parce que le gentlemans ça existent encore, des dragueurs lourdingues aussi qui ne sont pas des porcs pour autant mais juste des cons. C’est terrible ce mouvement Metoo, terrible parce que tout ce que ces femmes racontent est encore un signe que nos vies ne sont pas égales non. Et terrible parce que ça risque encore de placer les femmes contre les hommes…. en opposition, or vivre ensemble harmonieusement c’est quand même un idéal. J’espère que toutes les mères se disent là que vraiment, plus que jamais elles doivent tout faire pour élever leur fils en gentleman, qui s’adresse à l’autre sexe avec respect et égalité, sans jamais oublier qu’on ne touche pas (même un peu) quelqu’un qui ne le désire pas… L’éducation ne fait pas tout malheureusement mais c’est déjà une piste !

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    • Hemeline a dit…

      Pour tous ceux qui n’ont pas harcelé, combien ont été complaisants envers des copains lourdingues qui mettaient les filles mal à l’aise ? combien d’entre eux qui n’accepte pas tout de suite quand leur copine dit « non pas ce soir » ? ou qui se jette sur elle quand elle dort juste parce qu’ils ont envie sans même s’être posé la question de lui demander son avis ? Combien se sont permis de se moquer d’une fille sur un détail physique ? Combien ont détourné les yeux alors qu’une fille se faisait harcelé ou agressé en public ?…

      ces beaux anges tous blancs, vraiment, combien sont ils ?…

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    • Sophie202 a dit…

      Mais purée des frotteurs, des insultes dans la rue ce SONT des agressions. Elles ne vous ont pas traumatisées ok moi non plus, vous ne vous êtes pas senties en danger ok moi si.
      Mais ce SONT des agressions. En les minimisant – nous tous – nous créons le terrau pour que certains se sentent assez confiants pour passer à l’acte.

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  47. Rachel a dit…

    Bonjour, je suis dans le même cas que beaucoup d’entre vous (traitée de laideron toute mon adolescence). Mais, c’est pour mon fils que je commente. A plusieurs reprises, la même toute jeune fille (13 ans) l’a touché, tripoté, serré contre elle alors qu’il avait répété clairement NON. Il a fini par la repousser brutalement (elle a juste reculé déséquilibrée par une bourrade). Qui croyez-vous qu’on a puni? A qui l’institution scolaire a-t-elle dit que c’était une gentille plaisanterie, que c’était normal ? A mon fils. Rien n’est jamais gagné.

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  48. Saha a dit…

    Moi aussi j’ai eu mon lot de remarques déplacées et même harcelée lors de mon premier stage par…un commissaire de police qui me proposait d’être sa maîtresse en m’expliquant qu’il aimait beaucoup sa femme. J’en ai parlé à mon responsable de stage et cela s’est arrêté, merci encore à lui.
    Je suis mère de 2 ados, un fils et une fille. Ce qui m’interroge c’est que ces harceleurs, violeurs, gros lourds…ne sont pas des générations spontanées ! Ils ont des parents, un
    entourage. En tant que mère je me sens responsable des messages que je fais passer à mon fils : je ne dis pas qu’il ne fera jamais de remarque déplacée à une fille mais j’essaie au moins de lui inculquer que ce serait déplacé ou irrespecteux. Quant à ma fille de 12 ans, je rejoins beaucoup de témoignages, je ne veux pas lui faire peur mais il faut aussi qu’elle ait conscience qu’elle peut se faire « embêter » et même pire, que ce n’est pas de sa faute et qu’elle peut en parler…bref pas très réjouissant mais finalement ces affaires feront peut-être que « la peur change de camp » comme je l’ai entendu dans une émission de radio

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    • Cam a dit…

      Merci. J’hallucine devant le nombre de femmes persuadées de ne jamais rien avoir subi « à part quelques insultes et toucheurs »… ça en dit long sur l’intériorisation de cette violence.

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  49. martille a dit…

    C’est flippant tous ces témoignages, de se rendre compte de cette généralisation et banalisation de la violence faite aux femmes, au quotidien, sur le ton de l’humour, ou juste un peu comme ça qui « n’est pas grave », alors que si c’est grave !! comment on peut continuer à laisser passer ?

    Je fais partie du me too pour les insultes, les attouchements, les remarques déplacées, les blagues lourdes pleines de sous-entendus, les sollicitations plus qu’insistantes, et une agression qui m’a traumatisé et a irrémédiablement changé mon rapport aux hommes. Quand tu réfléchis à tous les actes ou remarques lorsque tu étais pré-ado, les mecs qui s’arrêtent en berline pour te raccompagner, qui se garent près du parc où tu as cours d’EPS et observent toute une bande de jeunes filles en shorts (imposés) parce qu’il fait beau en cette fin de printemps, toutes ces remarques très limites que des hommes la trentaine bien passée font à des tout juste jeunes filles d’à peine douze ans sur leur corps… ça aussi c’est répugnant, et je les avais un peu occultés jusqu’à lire tous ces témoignages…

    il y a d’ailleurs un blog ( paye ta shnek, je vous recommande d’y faire un tour) qui énumère l’ensemble des agressions verbales ou physiques que les femmes, filles, ou enfants entendent ou subissent dans la rue… c’est tout aussi flippant que ces tonnes de témoignages, et je crois que tous les hommes devraient lire un peu tout ça, pour bien prendre conscience qu’il y a une manière d’aborder les femmes et qu’à aucun moment nos corps ne leur appartiennent, et que leur avis sur notre personne n’a pas à être formulé de quelconque manière que ce soit à partir du moment où cet avis n’a pas été sollicité.

    Ces témoignages me mettent en colère au final, espérons que cet élan fasse bouger les choses, et oui la parole doit se libérer, toujours, sans restriction, ni peur, aucune femme doit avoir honte de ce qui s’est passé…Ce n’est pas à nous d’avoir honte.

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  50. Michaela a dit…

    En pleine réflexion également sur le sujet, j’ai remarqué, non sans un amusement certain:

    1. la campagne pub sexuée à l’envers: ce sont les corps des hommes (assez beaux, d’ailleurs) qui deviennent les « objets censés vendre le produit » : http://www.dailymail.co.uk/femail/article-4974004/Women-s-suit-company-leaves-men-NAKED-ads.html

    2. Une petite vidéo de Huffingont post (??, je n’arrive pas mettre la main dessus) filmant une scène de déposition de plainte « à l’envers »: un homme agressé (vol de portable je crois) devant les policières de mauvaise volonté, avec des remarques que vu comme il est fringué (costume), il a quand même un peu cherché…etc.

    Bref, je ne sais pas si c’est la bonne méthode, mais je constate un légère repositionnement sur ma perception de « normalité ». On est quand même assez conditionné(e)s, hein?

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  51. Carole Nipette a dit…

    Les seuls exemples qui me sont venus viennent de mon enfance et ce n’était « que des voyeurs »… et pourtant je m’en souviens 40 ans après… et même si je n’ai pas eu affaire à des choses dures hormis les frotteurs du métro et les harceleurs de rue, j’ai toujours pensé que j’avais de la chance et j’ai toujours eu peur donc j’ai toujours agi pour éviter de me retrouver dans des situations où j’ai peur : rentrer seule tard le soir, prendre les transports tard, éviter le parking la nuit, bref avoir toujours peur… et finalement j’ai adapté ma vie à cette société où le corps des femmes est malmené… je prends conscience de ça aujourd’hui et ça fout les boules… Oui on est toutes dans le même bain… et je pense à ma fille, l’espoir est mince mais j’ose espérer que beaucoup de parents éduquent leurs fils ou vont le faire…

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  52. DOMINIQUE a dit…

    Je n’en rajouterai pas aux situations décrites ci-dessus, j’ai eu mon petit lot, sans plus. Mais prendre de l’âge écarte ce genre de problèmes, et m’en rendre compte a été une grande satisfaction… on se console de ne plus avoir 20 ans comme on peut ! Les rapports avec les hommes changent, dans le bon sens.
    Bon, maintenant on me proposerait plutôt de m’aider à traverser la rue.
    Cependant, à propos du fait que l’on juge les femmes sur leur image et leur corps, le jour où ça changera n’est pas encore arrivé. On est les premières, nous les femmes, à critiquer les autres femmes. Que celle qui n’a pas pensé ou dit « t’as vu, celle-là comme elle est moche ? » se dénonce.

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  53. patounettechatte a dit…

    Moi aussi je fait partie des agressées et je peut dire que cela à commencé tôt ! C’était un ami de mon père et j’ai eu le courage de le dénoncer, cela a pris un certain temps mais je l’ai fait ! Du coup j’ai toujours était méfiante envers les hommes, j’ai souvent eu droit aux « exhibos »… a croire que j’avais un abonnement…. Plus des remarques sur mon physique : seins, fesses soit-disant des « compliments »…. aujourd’hui, encore, ça arrive mais je me sent plus forte et je passe « impériale » en ignorant le malotru !

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  54. sarah a dit…

    A 27 ans il m’est arrivé un truc hallucinant: je suis partie vivre à Berne (en Suisse donc), une ville assez tranquille à majorité germanophone où les femmes se font MILLE FOIS MOINS EMMERDER que dans la région francophone d’où je viens. Différence culturelle entre les germanophones plus « nordiques » et la culture latine dont je suis issue? ça me semble un peu réducteur… mais le fait est qu’après des années à subir des remarques sur mes seins dans la rue, me faire au mieux traiter de « charmante » et au pire de « sale pute » une fois par semaine, d’avoir eu des collègues qui me disaient sans aucune mauvaise intention que j’étais jolie ou même me caressaient la jambe sous la table en séance (beurk!) – je vis et travaille dans un endroit où je ne me sens presque jamais menacée par un homme. Mes collègues hommes préfèreraient mourir que de faire le moindre commentaire sur mon physique ou même regarder mes formes, on ne me dit jamais « Mademoiselle » mais « Madame », et parfois même je me surprends à croiser des groupes d’hommes sans sursauter. Après je ne me fais pas non plus d’illusions, ici aussi la discrimination existe, etc. Mais je me suis dit que ça serait intéressant de relever cette différence de lieu.

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    • Zéphine a dit…

      Cette différence de lieux, elle existe belle et bien, crois-moi Sarah!
      Je suis Belge, je viens d’un petit village perdu dans la forêt ardennaise. Dans ma jeunesse, j’ai subi quelques cas de harcèlements, essentiellement des garçons de mon ages ou plus vieux qui se permettaient des propos déplacés. Mais dans ma vie de jeune adulte, je suis partie habiter à Namur et je travaillais à Liège, toutes deux « grosses » (tout est relatif) villes Belge. Là, le harcèlement était quotidient: insultes, « compliments », invitations à la fellation/baise/autre, « main innocentes » dans les transport en commun,… Heureusement (c’est horrible d’écrire ça), je n’ai rien vécu de pire. Mais au quotidien, même ces « presque rien » minnaient vraiment.

      Depuis 3.5 ans, je vis à Auckland, plus grosse ville de Nouvelle-Zélande. J’ai mis longtemps à comprendre pourquoi je m’y sentais si bien… C’est pourtant simple: je n’ai JAMAIS vécu AUCUN cas de harcèlement/violence sexuelle depuis que je suis ici (enfin si, un seul cas de catnaming par un touriste Allemand bourré, je l’ai vertement rabroué).
      La première fois que je suis allée m’entrainer à la piscine, je n’avais qu’un bikini et pas un maillot une-pièce, et j’appréhendais un peu: pas un regards, pas une remarque! Je peux porte des jupes/shorts à ras du pli fessier (oui, j’aime porter des vêtements courts, où est le problème?), personne ne fera aucun commentaire… En fait si, des commentaires j’en ai souvent, mais ce sont des remarques vraiment gratuites et bienveillantes sur mes cheveux bleus, ou mes tenues colorées qui font sourire les passants. On pourrait argumenter que ce sont des commentaires sur mon comportement/physique fait par des inconnus et que je ne désirais pas forcément, mais les gens ici sont tellement ouverts, bienveillants et chaleureux qu’il est normal d’adresser la parole à un.e inconnu.e à un feu rouge ou dans la file d’un magasin, chose qui est moins bien perçu en Belgique ou en France.

      Donc oui, il existe des endroit sur notre planête où les femmes ne connaissent pas le #metoo, et c’est rassurant.

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      • ES a dit…

        Zéphine: ton témoignage donne envie de déménager en Nouvelle-Zélande (c’est juste un peu loin…)
        Il me semble avoir lu le même genre de témoignage au sujet du Canada.
        Ca montre bien que les comportements harceleurs dans la rue ne sont pas une fatalité, et qu’avec une éducation et un contexte culturel différents, les choses peuvent mieux se passer…

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    • M. a dit…

      Je confirme pour la différence de lieu. La France est un beau pays de m… pour les femmes. 10 ans à l’étranger, en Europe puis en Afrique, et je ne me souviens presque plus de ce qu’était le harcèlement de rue/les agressions etc, j’hallucine juste en lisant les témoignages.
      Quand je rentre au pays pour les vacances je ressens parfois à nouveau ce malaise ambiant, mais je me sens tellement forte à présent que plus personne n’ose la moindre remarque déplacée.

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  55. FidèleS a dit…

    Hooo… Tous vos commentaires me laissent sans voix et me glacent le sang.
    Aujourd’hui, je me porte pas mal (au prix de beaucoup de travail, d’étapes difficiles), mais cela me ramène au souvenir de cette grosse enfant/ado que j’étais, de ces réflexions du tonton à la con, des sobriquets qui pleuvaient sur mon passage au collège, de ces non-dits familiaux autour d’un parents incestueux, d’une affreuse estime de moi, etc… Quand je dis aujourd’hui ce que j’étais alors, parce que j’ai toujours en tête ce chemin parcouru et qu’il est maintenant source de bien-être, les gens ne me croient pas: mais être juste avec soi, à sa place parmi les autres, ancrée dans sa vie, belle à l’intérieur et à l’extérieur, cela peut être un point de départ mis à mal par un gros con sur son passage, mais cela peut aussi arriver un jour alors qu’on ne l’a jamais connu avant.
    Mon commentaire est décousu, j’espère juste que chacune d’entre vous, chacune d’entre elles, avec sa propre histoire, trouvera de l’apaisement un jour en portant un regard bienveillant sur soi.
    Enormes pensées pour toutes

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  56. Cha a dit…

    Je suis assez émue (mais pas au sens positif du terme, j’ai plutôt envie de chialer) de voir que nous sommes TOUTES touchées par cette main mise sur nos corps féminins. Ne serait ce que parce que, même sans avoir été agressée, nous nous sentons toutes des victimes potentielles. Cette vulnérabilité qui nous colle à la peau, c’est tellement injuste. J’aimerais tellement que ma fille ne ressente jamais ça.

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    • HeLN a dit…

      C’est tout à fait ça. Et pourtant, je suis totalement consciente du fait que mes filles ont beaucoup de chance d’être nées en France, n’oublions pas que dans d’autres États la condition des femmes est tellement pire 🙁
      Bien triste constat au 21eme siècle….

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  57. Summertime a dit…

    Oui , il faut espérer que les choses changent pour nos filles … Du moins pour les vôtres parce que pour moi c’est trop tard : j’ai perdu ma fille, en grande partie à cause de ce harcèlement permanent. Je vous rassure , elle est en vie et elle va bien . Mais elle vit à Séoul depuis plusieurs années et n’envisage pas de rentrer. Sa passion première était pour le Japon et lorsqu’elle est revenue de son premier séjour à Tokyo , elle m’a dit qu’elle ne voulait plus jamais vivre à Paris où elle se faisait continuellement harceler alors que là-bas personne ne se permettrait ce genre de choses. Ce que j’ai pu constater lorsque j’y suis allée à mon tour : oui, à Tokyo une femme seule peut prendre les transports en commun à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit en se sentant en parfaite sécurité . Et ça pour ma fille ça n’a pas de prix ! Je l’ai encore mieux compris l’année dernière lorsque je suis allée la chercher à l’aéroport et qu’en descendant du RER en banlieue sud chic nous avons été suivies par un quadragénaire présentant bien qui nous a abordées pour « faire connaissance » !!! avec ma fille et qui a insisté alors même que je lui disais de nous laisser tranquilles . Un tout petit exemple parmi tant d’autres … Mais ma fille restera certainement en Asie où elle n’a plus à affronter ce genre de comportements (et pire évidemment!) qui la traumatisaient au quotidien . Alors oui , il faut se battre : apprendre à riposter , ne rien laisser passer et éduquer nos garçons ! Et bien sûr je fais moi-même largement partie des #metoo sinon ce ne serait pas drôle !! 🙁

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    • Fred b a dit…

      Comme je comprends son choix! Je vis en Chine depuis presque un an à présent et il n’y a jamais ici aucun geste ou comportement déplacé de la part des hommes. Parfois des regards appuyés, mais c’est seulement de la curiosité parce que nous sommes européens. Et lors d’une visite au Japon, j’ai vu dans le métro de Tokyo qu’il y avait même des rames de Métro réservées aux femmes aux heure d’affluence, afin d’éviter de se retrouver involontairement collée sur un passager de l’autre sexe. ( mesure qui s’explique par le fait qu’aux heures de pointe, il y a un employé du métro qui est payé pour « bourrer » (je ne vois pas d’autre mot, désolée) les passagers dans la rame afin d’en faire rentrer le maximum. (Je n’ai jamais été aussi serrée de ma vie dans un transport en commun). Bref, j’aimerais bien comprendre pourquoi en Asie c’est possible et pas chez nous!

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  58. Lilie a dit…

    Moi non plus !

    Et puis en fait… un maître de stage très insistant quand j’avais 20 ans… Un homme en érection contre ma fesse dans le bus qui me suit quand je me déplace. Et puis un osthéo qui me met la main dans le soutien-gorge pendant une séance. J’ai osé (mollement) lui dire que ça me mettait mal à l’aise, il m’a répondu avec assurance que c’était un geste normal. Non ça ne l’était pas.

    Ma fille a 4 ans et je suis consternée.

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  59. Agnès à Téhéran a dit…

    Bonsoir, quand tu écris « Peut-être un ou deux frotteurs dans le métro, mais c’est à peu près tout », pour moi, c’est déjà trop et le fait que tu minimises ainsi ce geste est très symptomatique de ce que, nous, les femmes, subissons au quotidien.

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    • Cam a dit…

      Complètement d’accord. Mais vu le nombre de fois où « rien du tout ne m’est arrivé » est répété, ça ressemble surtout à de l’auto-persuasion… 🙁

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  60. CristL a dit…

    Dès la puberté, tu commences à te confronter à de gros lourds .

    Mais un peu de douceur dans ce monde de brute, je voulais juste ajouter qu’au milieu de tous ces hommes, tu en rencontres certains qui embellissent ta journée sans rien demander:
    – un charmant garçon croisé sur le pont de l’Université un soir de 8 décembre qui te sourit gentiment . Il part dans une direction et toi dans l’autre. Ce sourire t’était bien destiné ( non pas d’autre fille derrière moi!)
    – un autre qui te croise dans la rue en te soufflant que tu as beaux yeux et qui s’en va sans faire le lourd et te quémander un numéro de téléphone.
    – celui qui ose t’avouer après des années qu’il te kiffait grave au collège et qu’il n’a jamais osé tenter quelque chose.

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  61. Jane B. Root a dit…

    J’ai une pensée affolée et terrifiée pour toutes ces femmes, africaines, asiatiques, qui n’ont aucun #, aucun moyen de s’exprimer, ni aujourd’hui, ni demain, ni même après-demain tel que les choses se présentent. Et qui elles aussi subissent au centuple brimades, harcèlements, viols, marchés aux esclaves, ventes au plus offrant, mariages forcés, mutilations.

    Mon corps tremble et mon coeur saigne pour ces soeurs de corps, que l’on nie, que l’on avilie, que l’on consomme et que l’on méprise. Pas de #, pas de net, pas de forum pour leur donner la parole.

    Alors gardons notre parole comme un bien précieux. Que nos voix soient aussi (un peu) les leurs.

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  62. Anonyme a dit…

    Me TOO
    Harcelée verbalement et physiquement en 6è, violée en 5è.
    X fois apostrophée depuis…
    Résultats: revival brutal depuis 3 ans, suivi psycho, pensées suicidaires, grosses difficultés dans ma vie familiale et au travail…
    C’est l’horreur de revivre tout ça au gré des derniers scandales à chaque fois…
    J’ai quand même réussi à dire à un collègue que ça me dérangeait qu’il me caresse en me faisant la bise. Depuis, il fait profil bas.
    La sidération empêche souvent la réaction.

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  63. Banane a dit…

    Je suis prise aux tripes par tous ces témoignages.
    J’ai l’impression de vivre dans un autre monde : jamais vécu un geste déplacé, une remarque dans la rue, etc… ça ne m’empêche pas d’avoir peur quand, très rarement, je suis seule la nuit dans la rue.

    Par contre, je rebondis sur un point de ton texte, sans plaisanter : il y a une part de moi qui se remet en question en se demandant si je ne suis pas trop moche pour être harcelée.
    C’est complètement tordu, d’en arriver là, non?
    Je ne souhaite évidemment jamais connaître cette situation, mon coeur saigne pour toutes ces femmes qui ont eu/auront à en souffrir. Mais il y a cette putain de pointe de jugement qui arrive quand même. C’est de la folie pure, ce formatage de pensée (je n’arrive pas à être claire sur ce point, j’espère ne choquer aucune victime, c’est juste pour dire que c’est insidieux cette façon de faire, comme si c’était la norme finalement…. bref, je m’embrouille en essayant de comprendre, désolée)

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    • Banane a dit…

      Le jugement il est envers moi-même et il dit « décidément, t’es trop moche, heureusement que t’as un cerveau opérationnel ».
      Je précise, je ne veux vraiment blesser personne.

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    • ES a dit…

       » il y a une part de moi qui se remet en question en se demandant si je ne suis pas trop moche pour être harcelée. »

      Ca montre à quel point on a fini par considérer que le harcèlement c’est « la norme »… J’imagine qu’en Nouvelle-Zélande (voir témoignage plus haut), les femmes n’auraient pas ce genre de réaction, puisque là-bas c’est le non-harcèlement qui est le cas le plus courant pour tout le monde.

      Plus généralement, il y a aussi la tendance (dans l’éducation, les médias, la pub, etc.) à pousser les filles et les femmes à toujours se préoccuper du regard masculin sur elles et à se juger elles-mêmes en fonction de ce regard.

      Alors que finalement, l’avis d’un parfait inconnu sur notre physique (et d’autant plus si c’est un parfait inconnu qui ne nous attire absolument pas et dont on n’attend rien), on devrait s’en moquer absolument…

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      • Nora a dit…

        Nous vivons dans une société hypersexualisée et qui tend à le devenir de plus en plus. Nos cerveaux sont de manière précoce confrontés à des images de convoitise en tout genre et bien sûr le corps de la femme est offert en pâture. Cela contribue aussi à la perte de repères chez les jeunes. Il y beaucoup à faire pour amener davantage de sérénité et de sécurité psychique. Bonne fin de semaine à tout le monde.

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      • Banane a dit…

        Merci d’avoir compris ce que j’essayais de dire.
        99% du temps je me réjouis fortement que des étrangers dont je n’ai pas sollicité l’avis se gardent d’en émettre un sur mon physique, je parlais bien de cette petite pointe qui surgit au fond de l’esprit, furtivement, et qui prouve à quel point le formatage (je me dois d’avoir un corps attirant) est ancré en nous.
        Et c’est plus compliqué qu’il n’y paraît de réussir à élever nos enfants loin de toutes ses idées (pour le principe de base OK mais toutes ces petites choses qu’on fait, sans penser à mal, et qui sont connotées « malgré nous »)

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  64. Xochitl a dit…

    Pas d’agression trop traumatisantes mais, depuis l’adolescence, dès que je suis dans la rue l’impression d’être un petit lapin le soir à l’orée du bois plein de loups !!

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  65. nouche a dit…

    alors j’ai lu tous les commentaires et je suis mélangée entre la tristesse sur notre monde ou la colère…on se rend compte que l’on a toute connue quasiment une situation de harcèlement ou d’agressions sexuelles et à tout âge.
    je travaille dans un milieu très masculin, plutôt macho mais réellement je ne me suis jamais retrouvée en situation difficile; par contre ME TOO mais au collège.
    un groupe de jeune garçon de ma classe trouvait intelligent de me tripoter les fesses en 3eme dès qu’ils le pouvaient; j’ai fini par aller voir ma prof principale qui a recadré tout ce petit monde et globalement ça s’est arrêté. mais ça m’a valu une défiance envers les jeunes de mon collège et surtout, aujourd’hui à 35 ans je ne supporte pas que l’on me touche les fesses…20 ans après, ce geste m’hérisse toujours le poil, même si seul mon mari le fait aujourd’hui…
    je vis bien, je n’ai pas un traumatisme marqué mais ce fait souligne qu’un geste que des gamins de 15ans trouvaient anodins peut marquer à vie.
    Courage à toutes et battons nous pour que nos garçons respectent les femmes , tous les hommes ne sont pas comme ça et l’éducation est primordial pour éradiquer ces comportements.

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  66. Reine a dit…

    La team « petits seins » dont j’ai fait partie toute ma vie, n’échappe pas non plus aux tentatives de pelotage , aux insultes, aux gros lourds, etc…. ma vie de femme, comme beaucoup d’entre vous a été jalonnée d’histoires plus ou moins navrantes, parfois d’amis proches , mariés avec des amies, etc…bref, navrantes, pathétiques, rageantes et pas prises en compte, ignorées …
    Comme Dominique l’a évoqué, je vais dire, tristement, que l’âge fait qu’on est de moins en moins en butte aux prédateurs et harceleurs, qu’on gagne une sorte d’apaisement dans nos relations pro, notamment. Je ressens aujourd’hui une liberté que je n’ai jamais connue .On n’est plus un objet désirable pour les hommes et menaçant pour les femmes . Et là on a une révélation: on se rend compte que toutes ces années à vivre dans la peur, à faire attention constamment à la manière dont on s’exprime, à nos gestes ou comment on s’habille (pour ne pas éveiller des désirs, des frustrations ou des rivalités !!), et bien ça nous a fait perdre du temps , de l’énergie, et de la crédibilité dans notre vie professionnelle et personnelle. Et on s’en veut de s’être laissée avoir …
    @Caroline, je salue ton courage dans ton post. Je salue les copines du rade, aussi, bien sûr, mais nous sommes protégées par l’anonymat. Toi tu t’exposes. Hug.

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    • DOMINIQUE a dit…

      Reine, tu exprimes exactement ce que je ressens dans mes rapports pro et perso avec les hommes, maintenant. Et le soulagement que cela représente !

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  67. Ehyana a dit…

    Ces metoo qui nous concernent quasi toutes, ça a été ma plus grosse angoisse lors de ma grossesse, ma plus grosse peur, je REFUSAIS de portais une fille car je savais qu’elle serait forcément un jour confrontée à ça…
    J’ai eu un fils, un fils que je veux éduquer dans le respect de SON corps, de celui des autres, hommes ou femmes.
    On s’efforce de ne JAMAIS lui dire de faire un bisou, pour quelque raison que ce soit, on ne l’embrasse pas quand il dit « NON » même s’il n’a que 13mois et qu’il dit NON à presque tout.
    Et j’ai l’impression d’être une extraterrestre quand je dis que non, mon fils n’a pas besoin de faire un bisou ou un câlin pour dire bonjour ou merci aux gens de la famille ou aux autres, que la politesse n’inclut en aucun cas un acte physique.
    Obligerait-on un adulte à embrasser sa grand-mère s’il ne le souhaite pas?
    Il faut commencer par apprendre à nos enfants qu’ils disposent de leur corps comme ils l’entendent et que personne, pas même nous parents, n’avons le droit de les forcer à toucher/se laisser toucher.
    C’est un travail de longue haleine que de lutter contre ça, un travail qui TOUT LE MONDE doit mener, parent, éducateur, figures d’autorité…un travail et une remise en question que tout être humain devrait faire…

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    • Geneviève a dit…

      Complètement d’accord avec toi. Je travaille dans 2 familles et je suis très sensible à ces petits « signaux » qu’envoient les enfants: une petite fille dont je m’occupe se cache derrière moi quand, à l’école, elle voit le grand-père d’une copine de classe.
      Ce mec me met moi aussi terriblement mal à l’aise, je fais confiance à… mon instinct…

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  68. cash cash a dit…

    J’avoue que toute cette parole qui se libère, c’est consternant mais salvateur.

    Personnellement, ce que je retiens de tout ça, c’est que toutes les femmes, sous toutes les latitudes, ont en commun d’être considérées comme des OBJETS, sinon par les hommes, du moins par la société -combien de femmes à poil pour vendre un gel douche/un yaourt dans les pubs depuis que la pub existe ?- et que le scandale Weinstein permet à la femme occidentale d’enfin secouer son joug, et c’est tant mieux.

    Car ce que je trouve vraiment excitant dans tout ça, c’est le puissant sentiment de solidarité et de bienveillance qui est en train de se tisser entre les meufs sur les réseaux sociaux…
    J’espère qu’il va continuer à peser lourd IRL à l’avenir, car je crois plus en ça qu’en une vaine et stérile guerre des sexes.

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  69. Geneviève a dit…

    Je pensais, comme toi Caro, ne pas avoir été « agressée » réellement…
    J’ai lu vos témoignages et le constat est terrible tout de même.
    « Me too aussi peut-être, au vu des commentaires Des choses que j’avais banalisées, pas d’agressions mais des petites humiliations. » Je cite je ne sais plus laquelle d’entre vous, elle ne m’en voudra pas d’oublier son prénom.
    Me reviennent en mémoire de nombreuses situations qui m’ont fait peur, qui m’ont gênée qui ont certainement et durablement changé mon rapport aux autres , aux hommes et qui ont largement contribué à un manque de confiance (en moi; en l’autre)

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  70. Raphguyane a dit…

    Salut Caro,
    #metoo, et je vais lister les agressions dont je me souviens, parce que finalement peut-être que ça va me faire du bien. Compliqué sur facebook je trouve, trop de proches, twittter ca serait trop long, donc j’en profite, ici, sur ton espace, notre espace. Je te préviens, ça va être long 🙂
    Ca a commencé au lycée je pense, des remarques déplacées, et surtout une bande de mecs dans ma classe de 2nde, qui se permettaient de nous caresser les cuisses, de faire des commentaires sur nos corps, nos fesses, nos seins, à ma copine et moi. Un jeu, ils trouvaient ça drôle… Et nous, bêbêtes de 15 ans, on disait juste d’arrêter mais pas vigoureusement, en riant, gentillement, parce qu’ils étaient sympas ces mecs la, en fait. Y’en a même un dont j’étais amoureuse, c’est dire !
    En vacances, 15/16 ans, je sors d’un centre commercial, toute seule, pour retourner chez ma grand-mère, un mec, la trentaine (vieux pour moi à l’époque !), me suis et m’assure que je porte un string sous ma jupe (longue). Pas de bol, c’est un shorty, voila ce que je lui réponds et je me casse.
    Une autre fois, un mec (plus agé encore), qui me demande de retirer ma culotte alors qu’on partage une pizza dans une brasserie quelconque. Je ne me rappelle même plus si je l’ai fait…mais maintenant je prends conscience de la portée que des demandes en mode « oh mais ca va t’inquiete c’est rien, c’est pour rire hahaha » peuvent être compliquer à refuser quand tu es ado, et que tu veux être « cool ».
    Ne parlons même pas de ma première fois, ou le mec a voulu refaire un scénario de film porno.. alors qu’il savait très bien que j’étais vierge. Ça a pourri ma sexualité quelques années !
    Plus tard, pendant mes études, à la piscine à Reims avec une copine, une piscine avec un toboggan, je me lance pour glisser, des jeunes mecs s’élancent derrière mois et en profitent pour me tripoter de partout (et quand je dis jeune, c’est jeune hein, 12/13 ans à tout casser !). Ils ont fini par se faire virer de la piscine, mais je me rappelle m’être sentie salie.
    Encore à Reims, je rentre en bus vers mon studio d’étudiante dans une cité avec plusieurs barres d’immeubles, après mes cours. Un mec d’une petite trentaine d’année m’aborde et discute avec moi, tranquillement. Pas de soucis, je suis une fille sympa et j’aime bien les gens. Le mec a une femme, un enfant, il sort au même arrêt on fait le chemin vers les immeubles ensembles. S’ensuivent des heures (je pense bien 2h) d’échanges et de demandes de sa part: le mec est rentré derrière moi dans mon hall, m’a suivi dans les étages (j’avais fait un faux étage pour pas qu’il sache ou j’habitais exactement). Il voulait absolument rentrer chez moi, qu’on fume un joint tranquillement, « allez, ca va quoi », le bras contre moi, et moi qui essayais de ne pas l’énerver « non mais franchement la je suis juste fatiguée, je veux rentrer chez moi, allez, laisse moi stp… » finalement j’arrive à m’échapper et cours vers un autre immeuble dans lequel une connaissance de cours habite, je sonne chez le mec, qui m’ouvre, ouf ! l’autre me rattrape et me taxe juste mes cigarettes… ouf encore !
    je l’ai recroisé une fois dans le bus, et il a voulu me parler !!! je me suis énervée et j’ai parlé hyper fort dans le bus pour dire que plus jamais il ne devait m’adresser la parole, que c’etait un connard etc.
    Autre fois, encore à Reims, mais en centre ville cette fois, et ça c’est ma pire histoire. Je rentre de soirée étudiante vers 1h/2h du matin, en semaine, seule et complètement ivre. J’y suis allée sans mes amis proches et me retrouve donc bêtement seule dans la rue. Je marche vers le centre ville quand tout d’un coup j’entends un mec courir derrière moi, il arrive sur moi et passe sa main sur mon entrejambe (j’étais en pantalon), en appuyant bien. Puis de longues longues minutes, il me menace avec un couteau, de quoi de ne sais pas. De loin je vois un mec (mon sauveur) et je crie (je crois, j’avoue que cette soirée reste très très floue…l’alcool et le temps sans doute). L’autre mec se barre, et celui ci appelle les flic mais finalement on me ramène chez moi avant qu’ils n’arrivent. j’ai juste eu une bonne coupure sur la main mais beaucoup plus de peur que de mal.
    Depuis évidemment je fais toujours hyper attention, je marche vite et fais semblant de téléphoner, ou je mets mes écouteurs mais toujours sans musique, et surtout après j’ai commencé a rentrer avec une bombe lacrymo dans ma main/mon sac le soir (je ne le fais plus depuis 3/4 ans, mais je sors aussi beaucoup moins).
    Le reste des histoires sont les frotteurs du métro, la dernière fois je l’ai rembarré « ca va, je te gène ?  » et la le mec qui juste ne te regarde plus dans les yeux, mais plus du voyage quoi – pauvre type!
    Les mecs qui te laissent pas passer dans la rue, en ne disant rien, tu vois le truc ? tu passes a gauche il passe a gauche, a droite, il passe à droite, bref il te bloque le passage, « pour rire », toujours. Ben c’est pas drôle.
    Les mecs qui te disent bonjour ma belle, tu réponds pas t’es une connasse, tu réponds t’es une salope.
    et surement d’autres que j’ai oublié/ occulté !
    La dernière fois, petit anecdote encore une fois banale, mais tellement représentative : je sors du métro 19h, je suis contente, croise une bande de jeunes (18 ans environ) dans la rue qui rigolent, ils ont l’air eux aussi content et inoffensifs ! un des jeunes me barre la route en ouvrant grand les bras vers moi, je souris et me détourne. Et la il me dit Quoi, t’as souris, tu me veux, mais toi t’es pas mon style de go, t’as pas assez de fesses bla h blah blah et éventuellement 1 /2 insultes au passage… c’est rien en soi, mais qu’est ce que ça m’a gonflé ! tu es sympa ca va pas, tu es pas sympa ca va pas, tu es indifférente ca va pas.

    c’est drôle parce que je me suis toujours gausser de savoir bien choisir mes mecs, en fait je me rends compte que après mes 19 ans, oui, j’ai choisi des mecs gentils (pas des neuneus, hein, mais globalement des mecs gentils et bien élevés). Mais avant j’étais encore trop naive pour faire la part des choses, trop bienveillante, trop sociable?
    C’est pour ça que l’éducation des hommes est primordiale… en attendant, et comme j’ai une petite fille de 1 an, je vais tâcher de l’armer en confiance en elle, en sa force et son intelligence, parce que c’est aussi comme ça que tu arrives à dire NON, à te débattre, à te savoir « worth it », à faire la distinction entre les gros nazes et les autres, entre les situations de drague et les autres..
    J’imagine que tu dois être en plein dedans avec ta grande ..

    voila, merci Caro et désolée pour le pavé, c’est ici que j’ai choisi de contribuer 🙂

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  71. LA a dit…

    #metoo Un souvenir parmis tant d’autres harcelements de rue que j’ai subi à Paris : Quand j’avais 18 ans dans le rer le soir, trois hommes imposant se sont assis à cote de moi, en m’encadrant, et je me suis retrouvée comme bloquée sur le siège contre la fenetre. Je me souviens avoir ete tétanisée tandis qu’ils me parlaient (« alors tu fais ta timide ») et me fixaient en rigolant, tous les trois. Je me suis dit à ce moment là que, ca y est, le moment que je redoutais tant du viol allait m’arriver. Puis des policiers sont montés dans le rer, et les 3 mecs sont partis. Je suis toujours aussi glacée d’effrois par le souvenir de ce trajet en rer, meme plus de 10 ans apres.

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  72. Laure a dit…

    Bonjour Caroline,
    Je lis régulièrement tes posts, je ne commente pas d’habitude. J’ai failli le faire sur celui-ci car si tout l’article m’a interpellé, une ou deux lignes l’ont fait un peu différemment : « je n’ai à déplorer aucune véritable agression (…) peut-être un ou deux frotteurs dans le métro, mais c’est à peu près tout ». J’ai été très surprise qu’on en soit au point où des frotteurs ne constituent pas une « véritable agression » (réflexion que je me suis moi-même déjà faite, mais la voir écrite ici m’a choquée, alors que ça n’avait pas été le cas plus tôt). Je voulais écrire que même ça, c’est une agression, que c’est triste qu’on se mette à penser que ce n’en est pas une. Puis je me suis dit que ça passait trop à côté du message principal de l’article, je n’ai donc rien dit.
    Pourtant, en marchant l’autre jour, j’y ai repensé. Je me suis dit que c’était « marrant » mais je ne me faisais plus trop embêter depuis que je porte des lunettes : le nombre de sifflements, de « je t’aime… sale pute ! », étaient devenus très rares. J’ai repensé à cet article et me suis dit que j’avais de la chance parce que ces agressions verbales, ces mecs un peu trop tactiles, étaient les seules formes de harcèlement dont j’avais pu souffrir.
    Je me suis creusée la tête pour savoir si, vraiment, rien d’autre ne m’était arrivé.
    Et là, je me suis rappelée d’un stage « découverte » chez Ikéa, à 20 ans, 3 semaines comme vendeuse en « expérience terrain » dans le cadre de mes études. J’étais sous la responsabilité d’un vendeur, un gros dégueulasse. Le premier jour, il m’a demandé si j’avais un copain ; quand j’ai dit oui, il m’a dit espérer qu’il n’était pas jaloux. Les jours suivants, je ne m’en suis rendue compte que plus tard avec le recul, il semblait prendre plaisir à me « dominer » en me donnant une charge de travail bien trop élevée et en me « grondant » de ne pas réussir à tout faire. Un jour où je me suis baissée en tenant mon pantalon, il m’a dit « t’inquiète pas, je louche pas sur ta petite culotte ». Il a reproché à un client, devant sa femme, de me regarder avec trop d’insistance quand il n’y avait pourtant rien d’ambigu. Et, pire du pire, le jour de mon départ, il a dit devant une collègue qu’il n’irait pas au pot de son supérieur car il ne l’aime pas puis, après une pause bien appuyé, a ajouté « sauf si Laure vient. En minijupe. Sans culotte ». Je m’en voudrai toujours mais j’ai été si déstabilisée que je n’ai rien trouvé d’autre à faire que d’avoir un petit rire gêné, puis je l’ai laissé me faire un câlin d’au revoir avant de partir. Quand je l’ai notifié à mon école, quelques semaines plus tard, on m’a simplement rétorqué « qu’en cas de harcèlement sexuel, c’est à la victime de prendre les mesures nécessaires ». J’étais estomaquée mais il m’a fallu cela pour réaliser que c’était bien du harcèlement sexuel.
    L’autre épisode réellement horrible est celui où je me suis fait suivre par trois gars, en pleine nuit (à 19h, mais en plein hiver), que je les entendais murmurer – ils semblaient être en désaccord et j’en ai entendu un dire « mais non, attends, il est 19h, si on fait ça là quelqu’un va remarquer qu’elle rentre pas, genre sa mère qui lui envoie un texto, sa soeur… ». J’ai accéléré le pas jusqu’à ce qu’une dame arrive en face et regarde derrière moi alors que nous étions sur le point de nous croiser, lâche ses courses, se mette à courir vers eux en hurlant « mais ça va pas la tête ? ». Je n’ai pas osé regarder derrière moi et j’étais toujours persuadée de m’être fait des films.
    Bref. Je me suis rendu compte que oui, moi aussi j’avais connu des situations vraiment horribles, et que ce qui les rendait peut-être encore pires, c’est que je les avait OUBLIEES. Quand elles me sont revenues en tête, j’ai hésité à les poster aussi, à utiliser ce #MeToo.
    Tu sais pourquoi je n’ai pas osé le faire ?
    Parce que l’an dernier, une bande de connaissances de mon mec ont eu toute une discussion sur le fait que j’étais « correcte mais pas ouf ». Parce qu’un mec, en entrant un jour dans le RER, a posé ses yeux sur moi et s’est exclamée « ouh, elle est pas belle elle ! ».
    C’est horrible, mais j’ai l’impression que si je raconte ce qui m’est arrivé à d’autres personnes que des amis proches ou des personnes de confiance, je vais me faire juger parce que je ne suis pas assez jolie, pas assez désirable, que je dois l’inventer ou vouloir faire l’intéressante pour qu’on m’accorde un peu d’attention. J’ai peur que certaines personnes se disent que décidément, les personnes dont j’ai été victime devaient avoir de la merde dans les yeux pour me faire ça à moi.
    Alors voilà, je suis désolée, ce pavé est vraiment long, mais j’ai trouvé ta conclusion si juste.
    « Et oui, c’est ce jugement permanent qui pèse sur les femmes, qu’il soit positif ou dépréciant, dont il faudrait se débarrasser. Un jugement qui dit à quel point, inconsciemment, un nombre considérable d’hommes restent convaincus, intimement, que nous leur appartenons, qu’ils possèdent, à minima, un droit de regard »
    Cette conclusion m’a beaucoup aidée à mettre dans l’ordre dans mes idées, sur ce que ces épisodes me font ressentir, sur cette pression qui vient de tous les côtés, sous plusieurs formes.

    Répondre
  73. Delphine a dit…

    « J’ai beau chercher, à part un rédacteur en chef qui regardait avec insistance mes seins (mais aussi ceux de toutes mes collègues) quand on venait dans son bureau, je n’ai à déplorer aucune véritable agression, au sens d’attouchements appuyés ou pire. »

    J’ai mis quelques années à comprendre qu’un boss qui regarde tes seins avec insistance (pendant des années), C’EST du harcèlement sexuel. Bien sûr que ce n’est pas une agression physique comme tu le dis ensuite, mais c’est quand même une agression et cela (peut) entraîne(r) chez les femmes les mêmes conséquences : repli sur soi, retrait littéral de l’espace physique (vêtement ample, renonciation à la prise de parole en réunion, …) et perte de confiance en soi sur le plan professionnel, car on ne rêve que de disparaître pour échapper à ces regards/agressions. Certaines en développent par la suite des complications gynécologiques, car c’est l’essence même de leur féminité que l’on agresse. Je l’ai compris en assistant à une conférence sur le sexisme, en écoutant des spécialistes (juristes, psychiatres et gynécologues). J’étais sidérée à l’époque, et puis j’ai réalisé que c’était vrai. Et je n’ai rien dit, jusqu’à ce que le harcèlement moral vienne s’ajouter au harcèlement sexuel, comme si là, je pouvais témoigner sans honte. Comment dire à son DRH : machin me regarde dans les seins depuis 4 ans ?

    Alors oui c’est moins grave qu’un viol, mais c’est grave quand même. Et c’est parce que c’est subi par les femmes que l’on a tendance à minimiser ces actes. Aujourd’hui, je ne laisserai plus faire, pour moi, et pour toutes les autres, surtout les plus jeunes. J’ai d’ailleurs signalé un cas en interne (sans perdre mon job).

    Donc oui, #youtoo et #metoo.

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  74. Lilibreizh a dit…

    J’avais 20 ans et je consulte un médecin pour une angine. Il me dit de me mettre en sous-vêtements. Je lui demande pourquoi ? Il me répond offusqué ‘vous n’allez pas être pudique à votre âge !!! Du coup, je m’exécute. Le lendemain, mon copain le consulte pour les mêmes symptômes. Lui est resté en jean et pull à col roulé pour l’examen.
    Enervée, je lui ai déposé un paquet avec les excréments de mon chat dans sa boite aux lettres. Ca m’a soulagée et on a changé de médecin !!!

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  75. Marie a dit…

    Bonjour Caroline

    votre blague, qu’en effet vous n’auriez pas dû faire, m’a mise dans une colère telle que je n’ai plus envie de vous lire. D’ailleurs, j’ai dû chercher l’article parmi les nouveaux que je n’avais pas lus, parce que je n’étais pas revenue depuis,alors que je vous lis très régulièrement depuis des années.

    C’est tout. Votre blague est une insulte à toutes celles qui se débattent avec leurs démons, qui ne feront jamais la paix…

    -_-

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