Catégorie : Les "minute par minute" de la ronde

Jack and I…

Bon, allez, je finis cette histoire. Vous risquez d'être déçus parce que vous le verrez, en fait de Johnny, je n'ai vu… que Jack. Mais pas celui que vous pensez…

 

Sans rire, je ne suis pas partie convaincue et je suis revenue conquise. Un très joli moment de musique, grace à la présence gracile et gracieuse de Vanessa Paradis et au génie de Matthieu Chédid qui se donne sans compter pour celle qui semble être son âme soeur.

 

Allez, c'est parti !

 

 

20h30: La salle est pleine et tout le monde appelle Vanessa. Zaz croit que je l'ai pas vue mais elle a les yeux tous mouillés.

 

20h33: C'est bien gentil toute cette émotion mais moi je suis quand même venue dans un but bien précis. Donc avant que les lumières s'éteignent, je scrute dans tous les coins pour dénicher mon grrrrr… Johnny.

 

20h34: Juste au dessus de nous, il y a un balcon et une petite fille blonde se balance. On dirait un ange. On dirait…

 

20h35: Je vais m'évanouir.

 

20h36: Cette enfant a dans ses veines le sang de Jack Sparrow, j'en suis sûre.

 

20h37: Ok, c'est surtout le portrait craché de sa mère.

 

20h38: Je dis à Zaz que juste au dessus d'elle il y a Vanessa Paradis à 7ans.

 

20h39: Avec Zaz on vient de repérer le petit frère de Vanessa Junior. Jack.

 

20h40: On est conscientes que fantasmer sur un enfant de quatre ans c'est louche.

 

20h41: Ok, c'est passible de prison.

 

20h42: Mais c'est le fils de son père, ça doit se défendre devant un tribunal, non ?

 

20h43: Je ne peux pas m'empêcher de dire à ma voisine que là juste au dessus, ce sont les enfants de Vanessa.

 

20h44: Toute la salle est maintenant au courant que là juste au dessus, y'a la marmaille à Johnny.

 

20h45: Zaz me dit que je pourrais respecter l'intimité de Vanessa. Elle trouve que c'est trop beau ces petits qui attendent leur maman.

 

20h46: Le problème c'est que moi, le côté femme parfaite, maman parfaite, épouse parfaite, je ne marche pas. Jai beau essayer, je ne suis pas émue. Et puis désolée mais je vais voir une artiste, pas une maman, là.

 

20h52: A tous les coups Johnny est derrière ses rejetons.

 

20h53: L'homme me prévient que si je continue à l'écraser comme ça en essayant de voir Johnny, il me vomit ses accras dessus.

 

20h56: Les lumières s'éteignent. Tout le monde se met à hurler le nom de Vanessa. C'est dingue cette hystérie collective. Dommage quand même que je ne sois pas fan. M'enfin je ne vais pas me forcer.

 

20h57: Les cris se font encore plus fort.

 

20h58: Bon d'accord, c'est quand même impressionnant.

 

20h59: C'est pour être solidaire avec Zaz que je pleure. C'est tout moi ça.

 

21h00: Vanessa arrive avec Matthieu Chedid.

 

21h01: Elle est toute petite et lui très grand. On dirait qu'il veut que tout soit tout doux autour d'elle. Je crois que je comprends pourquoi elle m'énerve. C'est parce qu'elle est du genre des filles qui sont encore plus belles quand elles pleurent. Et que les garçons ont toujours envie de consoler.

 

21h02: Comme ma copine Béa en 3ème.

 

21h06: Moi quand je pleurais on me mettait une grande claque dans le dos et on me lançait "pleure ma vieille, tu pisseras moins".

 

21h09: Putain Vanessa est en train de me faire remonter des trucs super forts.

 

21h12: Elle chante Divinidylle.

 

21h14: Elle a la voix qui tremble mais elle y va, la fille. ça m'énerve mais moi aussi je voudrais que ça soit tout doux autour d'elle.

 

21h17: Elle chante "Dis lui toi que je t'aime". Je la connais par coeur.

 

21h19: Tandem aussi.

 

21h22: Joooooooe, vas-yyyyyy Jooooooooooeeee !!! Vaaaaaaas, yyyyyyyyyyy, foooooooooooonce ! C'est toute ma jeunesse qui défile.

 

21h34: Zaz me dit qu'on a compris que je connais tout Vanessa par coeur.

 

21h45: Elle chante "Les revenants" de son dernier album. La voix est grave, assurée. J'ai toujours su que cette fille était une diva.

 

21h55: "Elle chante bien hein ?" je dis à l'homme. "Oh ouais elle a un beau cul !", il me répond.

 

21h58: Leçon n°3 sur le mariage: quand on est mariés on ne parle plus le même langage.

 

22h00: Vanessa n'arrête pas de regarder vers le balcon. Je trouve ça trop beau cette communion de l'artiste et de la mère. ça me rappelle l'épisode de Sissi à Venise quand elle court dans les bras de sa fille et que tous les méchants italiens qui voulaient pas d'elle crient "viva la mamma".

 

22h02: L'homme me demande pourquoi je sanglote. Il me promet que même si elle a un cul d'enfer, je suis son grand meaulnes à lui.

 

22h04: Je préfère ne pas lui expliquer que je pleure parce que je suis une grosse italienne aigrie et que j'ai envie de crier "viva la mamma".

 

22h23: Entre deux chansons, le petit jack crie "Mummy !"

 

22h25: Toutes les mamans que compte la salle sont en larmes.

 

22h27: Avec Zaz on pleure aussi mais c'est parce qu'on n'en peut plus des accras.

 

22h35: C'est la fin. Vanessa fait encore deux rappels. Elle dit qu'elle nous aime mais avec zaz on sait que c'est à son johnny qu'elle pense. Son "because of the why", comme elle dit.

 

22h37: J'avertis l'homme qu'il n'a pas intérêt à se moquer et qu'insinuer qu'elle pourrait prendre des trucs c'est juste pas classe.

 

22h40: Jack et Lili Rose applaudissent à tout rompre.

 

22h42: Quand je pense que j'étais à deux doigts de briser une famille.

 

22h43: Vas-y Johnny, tu peux te montrer. Même pas je te regarde. Juste si je peux… ta… Bon d'accord, je sors.

Vanessa, Johnny et moi

Alors la semaine dernière, ma copine Zaz, l'homme et moi sommes allés voir Vanessa Paradis pour un concert en AVANT-PREMIERE dans une petite salle même pas dans Paris. Bon, j'aimerais bien vous raconter que tout ça c'est grace à ma notoriété mais faut bien se rendre à l'évidence, je ne suis pas encore entrée dans les listings d'Universal et cie. La vérité c'est que ma copine Séverine, celle qui avait eu de gros problèmes de plomberie, rappelez vous, elle travaille un peu dans le show-bizness et que du coup elle avait eu l'info rapport au concert. Après, on a pris nos places comme tout le monde et on les a payées. Même que pour avoir le droit d'y assister il fallait aussi prendre une option pour un autre spectacle. A Marne la Vallée quand même. Juste au moment où on a vendu notre caisse pourrite. Mais bon, vous avouerez que pour aller voir Johnn… heu, Vanessa, rien n'est trop beau…

 

Allez, je vous raconte ?

18h00: Je pars en trombe du boulot, ce soir j'ai rendez-vous avec Johnny Depp.

 

18h03: Bon, y'aura aussi sa femme mais vu qu'elle sera sur scène, elle ne devrait pas trop nous déranger en même temps.

 

18h06: De toutes façons, personnellement, Vanessa, j'ai rien contre hein, mais voilà, quoi. Je connais à peine ses chansons et puis j'ai toujours été Charlotte, moi. En fait j'y vais surtout pour faire plaisir à ma copine Zaz.

 

18h12: Je préviens l'homme qu'il peut venir mais que je ne peux rien lui promettre. Je lui explique que coucher avec Jack Sparrow, ce n'est pas tromper.

 

18h15: L'homme répond qu'il veut bien fermer les yeux si la finale de rugby il peut la voir tranquille avec jef.

 

18h18: En fait un mariage réussi, c'est très facile. Il suffit de faire quelques concessions ça et là.

 

19h00: Nous voilà partis pour Marne La Vallée. Vanessa se produit à "La ferme du buisson". Mmm, Johnny, j'espère que tu n'es pas allergique au foin, parce que toi et moi on va en avoir partout, crois moi…

 

19h04: Ma copine zaz est super émue, c'est la quatorzième fois qu'elle voit Vanessa.

 

19h06: Zaz me prévient que si je fais encore une allusion au fait que Vaness' elle prend forcément des trucs pour être aussi maigre, elle ne se met pas à côté de moi pendant le concert.

 

19h10: Moi je m'en fiche de ce qu'elle prend, je lui dis. C'est pour Johnny que ça me fait de la peine, c'est tout. Avec moi il n'aurait pas tous ces soucis.

 

19h45: On trouve enfin la Ferme du Buisson. Pour les foins faudra repasser mon Johnny. C'est une ancienne halle hyper belle en briques. Il y a des loupiottes partout, on se croirait dans le Grand Meaulnes. Je trouve ça super poétique. Je fais un calin à l'homme et je lui dis que Johnny ou pas c'est lui mon grand Meaulnes.

 

19h50: L'homme répond qu'il a faim.

 

19h55: Le mariage en fait c'est de la merde.

 

19h57: L'homme ne voit pas du tout en quoi cinq gauffres lilloises fourrées à la cassonade et dix chouquettes avalées entre Paris et Marne La Vallée auraient dû lui couper l'appétit. Il dit que les voyages ça le creuse.

 

20h00: Les gens font déjà la queue pour entrer dans la salle et être bien placés. Le public est super fan je le sens. Pauvre Johnny, il doit se sentir complètement dévalorisé.

 

20h03: L'homme prévient que si on ne va pas d'abord à la buvette pour manger, il retient sa respiration.

 

20h05: On réanime l'homme qui n'a jamais eu beaucoup de souffle et on laisse tomber l'idée du premier rang. Direction la buvette.

 

20h06: L'homme est trop content, pour dix euros il a droit à un repas complet. Avec Zaz on commence une dépression nerveuse.

 

20h08: Dans le menu y'a des accras.

 

20h09: L'homme n'a jamais digéré les accras.

 

20h12: Avec Zaz on essaie de trouver un moyen de semer l'homme.

 

20h15: L'homme a mangé la moitié du buffet de la buvette. On peut enfin entrer dans la salle. On trouve des places devant mais sur le côté. Je sens que Zaz va mettre longtemps à pardonner le coup des accras.

 

20h18: Je dis à Zaz que quand même, faire un concert en avant-première avec M à la guitare, c'est la classe.

 

20h20: Zaz, elle dit que pour Vanessa, ça doit être juste normal vu que quand même, elle suce la bitte à Johnny tous les jours.

 

20h22: On est d'accord avec Zaz pour dire que ça c'est vraiment la classe.

 

20h24: En pleine digestion, l'homme ouvre un oeil torve et dit que si ça peut aider il est ok pour qu'on l'appelle Johnny

 

20h26: Zaz répond que ce qui peut aider c'est qu'il mange un chewing-gum

 

A suivre…

Ma journée Pantène…

Donc donc donc… Pour commencer les photos définitives je ne les ai pas parce que la surprise doit être totale pour le vernissage. Mais Barbara, the famousse one, m'a envoyé très gentiment des clichés du making off – comment c'est pas la classe, hein ? – dont celles qui illustrent ce post.

Allez, la suite…

 

 

Lundi soir

 

20h00: J'hésite. Est-ce que je me lave les cheveux pour arriver au top de ma personnalité ou bien je les laisse en totale free-style histoire que le coiffeur ait une bonne marge pour me sublimer ?

 

20h02: L'homme est d'avis qu'il faudrait mieux les laver demain pour être en confiance avec moi même. Il dit aussi que ça fera plus net.

 

20h04: L'homme n'a rien compris au free style.

 

23h00: J'ai quand même hyper peur, heureusement que je fais ça pour une cause humanitaire.

 

23h12: Pourvu que mes ongles soient assez long pour la manucure.

 

Mardi matin…

 

07h30: L'homme me réveille avec une drôle de tête. Il arrête pas de trembler de froid rapport à l'eau chaude qu'on a pas ce matin.

 

07h34: Je tente de ne pas prendre ce coup dur pour un mauvais présage. Le lavage de cheveux à 12° par contre, c'est no way. Sébastien va de suite voir ma personnalité: Sale.

 

07h45: Après une douche froide de 14 secondes pour laver l'essentiel – mon petit endroit, quoi – je me regarde dans la glace.

 

07h47: Il parait qu'à partir de 30 ans on vieillit par palliers, d'un coup.

 

07h48: Pas de bol, mon pallier c'était cette nuit.

 

07h50: L'homme m'assure que je n'ai pas pris dix ans depuis hier. Il dit que j'ai juste l'air fatiguée. Il dit que les orgelet ça aide pas.

 

07h56: Je réalise que mes sourcils sont en jachère et je ne crois pas me souvenir que Barbara ait parlé d'épilation.

 

08h00: J'ose pas l'appeler pour lui demander. Même si elle m'admire pour mon courage humanitaire, j'ai peur quand même qu'elle trouve que c'est abuser de vouloir qu'on me fasse les sourcils.

 

08h12: Tant pis je le fais toute seule.

 

08h14: J'ai un sourcil qui fait deux fois l'autre mais au moins c'est net. J'ai les cheveux gras mais j'ai les sourcils faits, ça compense en un sens. Ou pas.

 

11h00: J'ai du mal à me concentrer au travail. Faut dire que je m'apprête à faire quelque chose de tellement militant que tous ces gens me semblent vraiment petits…

 

17h00: Je m'échappe et prends le metro jusqu'à Colonel Fabien. J'ai envie de dire à toutes les femmes que je croise que je vais me battre pour elles. Ce sont toutes mes soeurs.

 

17h03: J'ai envie de chanter du Julie Pietri.

 

18h00: J'arrive devant le studio, dans une cour intérieure. Je commence à avoir super peur. Si ça se trouve ils croient que je suis plus jeune. Et plus mince. Et aussi plus blonde. Enfin, je veux dire blonde même sur le dessus de la tête comme dirait ma fille. Je n'ai plus du tout envie de me jeter à corps perdu dans l'arène. Je suis grosse et moche et je veux part…

 

18h01: "Bonjour Caroline, ça va ? Je suis Barbara, enchantée". Merde, Barbara a déboulé de nulle part au moment où j'allais m'en aller. Ce qui est sûr c'est que niveau diversité elle fait pas le poids. Je me demande bien pourquoi c'est pas elle qui fait le shooting, c'est simple, c'est un bonbon cette fille. Jolie comme on aime. Et gentille avec ça.

 

18h02: Jolie, comme TOUTES les filles présentes dans le studio.

 

18h04: Qui est un studio photo comme dans les films. Avec des parapluies qui servent sûrement à un truc en rapport avec la lumière. Et un mur tout blanc. Et une verrière au dessus. Et de la musique à fond. Et… ahhhhhhhhh ! Un ventilateur pour les cheveux ! On se croirait dans "Un Dos Tres" le sit-com sur M6 avec la soeur à Penelope Cruz.

 

18h05: Sur un tabouret, en train de se faire photographier, y'a Caroline Daily. Avec des talons de 12 cm et une robe que ça me ferait un parfait caraco (ndlr: je sais que plus personne dit caraco mais j'ai pas d'autre mot là en fait). Elle tient une pose hallucinante avec une jambe à la verticale. Ouah. Elle a fait ça toute ça vie ou bien ?

 

18h07: En train de se faire maquiller, c'est Mlle E. Dans une robe Carrie Bradshaw rose à pleurer. En 36 parce que le 38 ç'est trop grand pour elle, qu'elle m'explique.

 

18h08:  Elle est où la diversité ?

 

18h10: Je viens de comprendre.

 

18h11: Je SUIS la diversité. A moi toute seule je fait remonter la moyenne d'âge et de poids.

 

18h14: Barbara sent que je suis paniquée. Elle me tend une assiette de macarons. c'est pas des Ladurée mais c'est pas un problème.

 

18h16: Je sens bien que boulotter des macarons ne va sûrement pas m'aider à me sentir mieux dans ma robe noire trop échancrée. En même temps ce qui est fait est fait.

 

18h18: Sébastien le coiffeur maquilleur a fini avec Mlle E, c'est mon tour. Il me fait monter sur un grand fauteuil pour me laver les cheveux. Je m'excuse pour l'état de la crinière et je lui explique pour l'eau chaude qui m'a posé un lapin pile ce matin.

 

18h19: C'est dingue lui aussi ! Même galère, il a dû se laver au studio. On se regarde et on rigole. Tant de complicité ça me donne envie de pleurer. Je sens bien en même temps que je me raccroche à lui comme à une bouée. Mais c'est le seul qui n'a pas une robe rose qui tue, alors ça crée des liens.

 

18h22: Sébastien me dit qu'il ne veut pas en faire des tonnes niveau maquillage. Me voilà rassurée.

 

18h23: Il me fait un massage du cuir chevelu et ça me fait penser à ma copine Julie qui m'a dit un jour qu'elle avait eu un orgasme comme ça. Du coup je prie pour pas que ça m'arrive. Emue comme je suis, manquerait plus que ça.

 

18h25: Je ne veux plus m'en aller du bac.

 

18h26: Je me moquerai plus jamais de Julie.

 

18h27: Sébastien est d'accord pour faire juste un léger brushing décoiffé à la Emmanuelle Seigner. Pour le visage il va tout faire à l'anticernes.

 

18h29: A mon avis Caroline Daily elle a pas eu un travail de la personnalité à l'anticernes.

 

18h32: Sébastien dit que quand même ce serait étonnant que mon pallier de vieillissement ait eu lieu pile la nuit dernière. En même temps il passe sacrément du temps sur ma ride du lion.

 

18h34: Sébastien me dit que pour les yeux il va faire léger aussi. Il m'explique que j'ai des yeux clairs mais petits avec une paupière légèrement tombante et que trop de crayon, ça risquerait d'avoir l'effet inverse de celui recherché. Je lui dis que je suis super d'accord même si la paupière tombante ça me fait pas sauter de joie.

 

18h38: Une jeune fille me fait la manucure en même temps que Sébastien donne du caractère à ma personnalité capillaire. Je suis hystérique elle a du rouge noir. Elle, elle dit "grenat". Mais c'est pareil. Elle dit que mes ongles sont très bien même s'ils poussent en corolle. Quelque chose me dit que c'est moyen le coup de la corolle mais je ne suis plus à ça près.

 

18h41: Je déteste mes paupières. Jusque là je les avais pas remarquées, mais maintenant je vois que ça qu'elles tombent, les trainées.

 

18h43: Je me regarde dans la glace. Dans ta face le pallier. Sébastien est un magicien il a fait sa fête aux dix ans de la nuit dernière. Sébastien me dit que je suis belle. Et moi chais pas pourquoi mais j'y crois. Bon c'est vrai qu'il avait une sacrée marge de progression mais là sérieux je me sens prête à faire la lionne devant l'objectif. Allez hop hop hop le ventilo et tout et tout et tout.

 

18h50: Je sors de la loge et j'ai de nouveau plus envie en fait.

 

18h52: Nicolas le photographe arrive. Il a 14 ans, peut-être 20, maxi. Il me regarde avec un air un peu moqueur

 

18h54: Je préfère commencer assise. Je le préviens que même pas en rêve je lève la jambe.

 

18h56: Nicolas me montre les premières photos sur son appareil.

 

18h57: Plus jamais on me prend en photo assise.

 

18h58: Je suggère de me mettre derrière un pupitre blanc histoire de camoufler les dix bourrelets que je viens de voir sur les épreuves – à ce propos, si je croise un Loukoumades je le tue. Je me penche en avant et je décide de tout miser sur mes seins. Quitte à être vulgaire. Vulgaire c'est mieux que boudinée.

 

19h00: Je vois le résultat sur l'appareil. J'ai peut-être un peu trop misé sur mes seins.

 

19h02: Je souris un maximum. Je me dis qu'à défaut d'être jolie au moins j'aurai l'air sympa. Les pauvres à Pantène ils vont le regretter le coup de la diversité.

 

19h05: Nicolas est super gentil. Il me guide, il m'encourage. Il me dit que je ne suis pas obligée de sourire. Il me demande de refaire ce regard là. Il dit qu'il aime bien parce que là, je montre que je n'ai pas besoin de sourire pour séduire. Je me dis qu'il en a dans le zoom celui là, du haut de ses quinze ans.

 

19h30: Nicolas me demande si je veux tenter avec le ventilo.

 

19h34: On peut plus m'arrêter, je veux me marier avec le ventilo.

 

19h39: Sur les photos, en même temps, le ventilo ça fait Bonnie Tyler.

 

19h45: Nicolas dit que c'est dans la boite.

 

20h00: Je m'en vais après avoir improvisé une danse sur les Rita Mitsuko avec Barbara et embrassé toute l'équipe. Je ne sais pas ce que ça donnera mais franchement, je l'ai fait. I did it et en fait, c'est pas rien.

 

Merci…

 

 

Edit: parmi les blogueuses, il y a Garance, Anne-So, Caroline Daily, Mlle E, Dietcoke, Géraldine et Cé. Désolée pour celles que j'oublie, faites signe je vous rajoute…

 

Edit2: Un grand merci à toute l'équipe pour cette gentillesse et cette délicatesse.

 

Edit3: La première qui dit un truc désobligeant sur mes santiags vertes je la boude.

Le jour où je me suis lancée à corps perdu pour la cause des femmes

Bon il faut tout de même que je vous raconte cette folle après-midi que j'ai passée la semaine dernière. Ces quelques heures pendant lesquelles je me suis prise pour une candidate de la Nouvelle Star qui aurait eu droit à un relooking, pour une Cendrillon – un peu tapée la cendrillon en même temps – ou encore pour une candidate d'une émission d'M6 genre "J'ai décidé de redonner un coup de fouet à mon salon de coiffure en maigrissant pour devenir une star". Bref, la semaine dernière, j'avais rendez-vous avec… moi. Mais une moi maquillée, coiffée et manucurée. Puis shootée sous toutes les coutures par un photographe. Professionnel le photographe.

 

Je sais, ça fait un peu conte de fée pour femmes au foyer désespérées.

 

Pourtant, ça n'était pas gagné gagné…

 

Pour que vous compreniez mieux, il faut que je vous explique. Et que je vous avertisse de suite, sur ce coup là, je suis allée un peu contre mes sacro-saints principes puisque j'ai accepté de participer à une opération… de pub. On ne va pas tourner autour du pot, autant appeler un Chabal une bête de sexe.

 

Mais j'avais mes raisons, je vous juuuuuuuuuure. Allez, je vous raconte ?

 

Un lundi, il y a une dizaine de jours…

 

12h00: Je reçois un mail d'une certaine Barbara: "Bonjour Caroline. Je m'occupe de la nouvelle campagne Pantène et nous avons pensé à vous pour une opération un peu spéciale. Dans le cadre du renouvellement de son image, Pantène souhaite mettre en avant des femmes de tous les horizons, qui osent être des femmes dans tous les sens du terme. L'idée est de partir de personnalités affirmées pour montrer que la beauté féminine existe dans toute sa diversité. Vous et quatorze autres blogueuses serez ainsi maquillées, coiffées puis photographiées, tout ça dans un vrai studio photo. Un vernissage des photos retravaillées par un graphiste aura ensuite lieu dans une galerie parisienne. Seriez vous partante ?"

 

12h02: Jamais. Même pas en rêve que je vais faire une pub pour un shampoing. Non mais pour qui me prend-on ? Je ne suis pas à vendre, moua, madame.

 

12h03: "Chère Barbara, je suis très touchée par votre proposition mais je suis navrée, mon éthique ne me permet pas de…" 

 

12h04: En même temps quelque part c'est politique leur truc.

 

12h05: Je suis en train de dire non à une campagne hyper subversive, merde.

 

12h06: Quand mon public saura que j'ai refusé de prêter mon image pour un spot pour la défense des femmes dans leur diversité je crains que le mot déception soit faible.

 

12h08: C'est quoi mon problème ? Je manque de cran, là. Où est la guerrière, l'amazone prête à toutes les guerres ? Non, là je me cache derrière ma morale petite bourgeoise pour pas me mouiller. Je me déçois. Allez, ma fille, dis non au confort, mets toi en danger !

 

12h10: J'appelle l'homme pour le prévenir que j'ai décidé de me jeter à corps perdu dans un combat pour le respect des femmes.

 

12h12: L'homme ne voit pas le rapport entre Rosa Luxembourg et Pantène.

 

12h15: "Chère Barbara, je vous remercie d'avoir pensé à moi. Je me fais violence pour accepter cette proposition parce que les feux de la rampe et moi ça fait douze. Mais là ce n'est plus à moi que je pense, c'est à ces milliers de femmes spoliées de part le monde auquelles je souhaite rendre hommage. Comptez-donc sur moi".

 

12h16: "Chère Barbara, heu, y'aura aussi une manucure, ou bien ?"

 

13h00: "Ok Caroline, rendez-vous mardi à 18h00 au studio Zappa à Paris, 19ème. Pour la manucure, la réponse est oui"

 

13h01: Mardi. C'est dans super longtemps mardi, jamais je vais tenir, j'ai trop hâte de me lancer à corps perdu dans mon combat pour les femmes. C'est fou ce que c'est valorisant de s'oublier un peu pour une cause qui vous dépasse.

 

13h02: J'espère qu'ils auront le rouge noir de Chanel. 

 

13h03: Mardi c'est demain.

 

13h04: Il est hors de question que je me lance à corps perdu dans mon combat pour les femmes dans leur diversité avec mes cinq kilos de loukoumades sur les hanches. Je veux bien faire passer ma fierté personnelle après l'honneur des femmes mais en fait, non.

 

13h05: J'ai aussi un bouton sur le menton rapport que j'ai mes règles.

 

13h12: Un début de conjonctivite aussi. Le compte est bon. Niveau diversité ils ne vont pas être déçus chez Pantène.

 

16h00: J'explique à grand chef que j'ai ABSOLUMENT besoin de ma demi-journée demain à cause d'un truc humanitaire impromptu.

 

16h03: Grand chef accepte mais me dit qu'il n'y a pas de honte à avoir un orgelet et que je peux le dire que je vais chez l'ophtalmo.

 

16h15: Au niveau de mes vêtements, je décide que je vais la jouer super sobre un peu genre Angelina Jolie quand elle se met en danger au Darfour. De toutes façons, c'est pas l'enveloppe qui compte. C'est mon combat intérieur.

 

16h30: En même temps je pense qu'il est important de montrer un peu mes seins et ma petite robe noire, là, elle sera parfaite.

 

16h32: En plus c'est la seule qui me va compte-tenu du léger problème de loukoumades.

 

19h30: Barbara m'écrit que je dois appeler Sébastien le coiffeur pour lui expliquer comment je vois ma coiffure et lui parler de moi pour qu'il découvre ma personnalité afin de la sublimer à travers mes cheveux.

 

19h32: En même temps, ma personnalité, en ce moment, c'est surtout du genre qui a des racines de trois bons centimètres. Grasses en plus, toujours rapport aux règles.

 

19h35: Je bredouille sur le répondeur de Sébastien que je vois mes cheveux plutôt en totale liberté et que l'idée c'est de faire communion avec la cause des femmes. De la simplicité et de la sobriété. Maintenant, si il insiste, les photos d'Emmanuelle Seigner pour la pub Gap ne sont pas super loin de l'essence de ma personnalité qui ne demande qu'à être sublimée.

 

19h40: Je veux plus y aller. Je ne vois pas bien comment Sébastien qu'est aussi maquilleur va arriver à sublimer ma conjonctivite.

 

20h00: J'envoie un mail à deux blogueuses qui vont elles aussi se jeter à corps perdu dans le combat pour la diversité pour leur dire qu'en fait je le sens plus trop le coup de la sublimation de ma personnalité.

 

20h02: "Te prends pas la tête poulette, tu vois pas qu'on va avoir une manucure gratuite ?" me répond G.

 

A suivre…

J’ai pas les abdos, que les fessiers.

Donc donc donc, samedi, on a profité de la présence de mes parents à Paris pour leur laisser les deux marmots et faire une séance d’essai au Club med gym d’à côté de chez nous. Quand je dis que je ne m’en suis pas relevée, c’est à peine imagé. Je découvre depuis des endroits de mon corps dont je ne soupçonnais pas l’existence. Sans parler du fait que mon cou est définitivement bloqué rapport au fait qu’il s’est manifestement substitué à mes abdominaux pendant une bonne partie du cours. En revanche le seul endroit où je n’ai pas de courbatures est mon ventre. Cherchez l’erreur…

 

 

Allez, je raconte ?  En lire plus »

Un débat pas comme les autres

Mes chers amis. C'est honteuse et repentante que je vous écris aujourd'hui. Pourquoi honteuse et repentante ? Parce qu'hier, j'ai tout simplement dépassé les bornes, celles après lesquelles il n'y a plus de limites. Je me suis emportée et contrairement à Ségolène Royal, j'ai réellement perdu mes nerfs. Avant d'aller plus loin je préfère prévenir les âmes sensibles ainsi que les personnes penchant encore pour Nicolas Sarkozy que ces lignes seront probablement pénibles à lire, par conséquent mieux vaut peut-être renoncer à poursuivre.

 

Allez, c'est parti.

 

Tout a commencé vers 19h30, heure à laquelle j'ai expédié mes enfants au lit leur jurant les grands dieux qu'il était bel et bien 20h30. Je voulais en effet être sûre d'être prête à l'heure H, ce qui entre les histoires, les bisous, les lavages de dents n'est pas gagné gagné sans s'y prendre longtemps à l'avance.

 

A 21h00, j'étais devant mon poste, beuglant à l'homme resté avec la chair de ma chair qui ne parvenait pas à trouver le sommeil que ça y'était, ça commençait. La classe.

 

A 21h03, je me suis aperçue que sur ce blog, il se passait aussi des choses et que Londoncam, ClaireMM, Gawelle, Annedusud, Mamine et bien d'autres avaient décidé de faire de ce débat un grand moment participatif.

 

Dès 21h05, nous y sommes donc allées de nos critiques extrèmement constructives, toujours formulées dans le respect de l'adversaire. J'en veux pour exemple le "pan dans ta face" à 21h23, le "Elle a des couilles p…" à 21h27 ou le sobre et lapidaire "et paf" de ClaireMM à 21h47. Un sommet ayant été atteint avec Fyfe et son désormais mythique "il est zéro la tête à toto".

 

Aux alentours de 22h, j'ai commencé à déraper. C'est en effet à cette heure là que j'ai clairement traité la mère d'Arlette Chabot que je ne connais pourtant ni d'Eve ni d'Adam. Sont ensuite venues des accusations totalement infondées comme quoi PPDA aurait Martin Bouygues dans l'oreillette. J'avoue aussi des pensées discriminatoires contre le même PPD, en rapport avec son état capillaire

 

Vers 22h30, Londoncam et moi même avons considérablement élevé le débat en envisageant respectivement de vomir et de faire caca et d'envoyer le fruit de nos entrailles au siège de l'UMP. C'est à ce moment là que l'homme a commencé à me regarder avec un air quelque peu effrayé.

 

Lorsque vers 22h31 Ségolène s'est mise en colère rapport aux enfants handicapés, j'ai éprouvé du désir pour elle et ça, ça ne m'était jamais arrivé. L'homme a trouvé ça excitant, mais je lui ai expliqué que ce n'était vraiment pas le moment pour une petite "concession".

 

Après sa grosse colère, sur les coups de 22h47, Ségolène a eu du mal a gérer sa respiration. Alors avec London, Mamine, Annedusud, pampil et les autres copines, on a fait le petit chien pour l'accompagner. Du vrai gagnant/gagnant. On a tellement bien respiré par le ventre que personnellement je n'ai jamais été aussi prête pour accoucher.

 

Ensuite, je ne sais plus, tout s'est emballé. J'ai fait la danse du scalp quand Nicolas s'est planté sur l'EPR et je crois me rappeler avoir fait des gestes obscènes dont je ne suis pas particulièrement fière à l'heure où je vous parle.

 

C'est au moment où j'ai commencé à baver un peu que l'homme a appelé de gentils hommes en blanc qui m'ont alors expliqué que soit je me calmais, soit c'était l'internement. En même temps, si Gawelle n'avait pas avalé toute sa boite de tranquilisants sans même m'en garder un, on en serait pas arrivées là.

 

Quoi qu'il en soit, après quelques piqures j'ai pu suivre la fin. Et pleurer à la dernière tirade de madame Royal. Je ne sais pas ce qu'en diront les commentateurs politiques, je veux dire les vrais, mais en tous cas, mes copines et moi, on est catégoriques: "elle l'a eu" (Fyfe) "Il est coincé" (encore Fyfe),  "Je me demande si à la place de Ségolène, je n'aurai pas fini par lui en coller bien ajustée, là" (Mamine), "elle s'en tire bien" (cécé), "chapeau elle maitrise" (Annedusud), "Je vais me faire Arlette" (ça c'est moi, je sais c'était hors sujet), "Vive Ségolène Royal" (Louisemc, simple mais efficace), "cireur de pompes" (Cinnamon), "La classe internationale" (re-moi).

 

Bref, en toute objectivité et avec des arguments imaparables nous avons décreté à 23h30 que la grande gagnante était évidemment Ségolène Royal. J'ai probablement perdu deux ou trois ans de vie avec les accélérations cardiaques que j'ai fait subir à mon palpitant pourtant déjà bien affaibli par mon cholestérol, mais moi au moins je n'ai pas mangé névrotiquement quatre ou cinq bananes. Je me comprends, Annedusud…

 

Un grand merci à toute l'équipe de Pensées d'une ronde sans laquelle rien n'aurait été possible.

 

Edit: Je vous demanderai de rester corrects dans vos commentaires, pour ne pas laisser le ton monter en cette fin de campagne. Je serai par ailleurs dans l'obligation de supprimer tous les comms comparant un des deux candidats à un célèbre dictateur ou se livrant à des attaques physiques ou personnelles. Je sais, ce n'est peut-être pas rock and roll, mais je ne voudrais pas qu'on soit accusés de quoi que ce soit ou que nous passions pour des gauchistes sectaires alors que nous sommes juste des apolitiques légèrement de gauche.

Emmanuelle ? C’est moi (suite et fin)

Avant tout, je vous avoue que je suis carrément émue et flattée par vos réactions enthousiastes d'hier. Je vous le dis en toute franchise, sans rire et tout et tout. Je crois que c'est ce qui est le meilleur dans cette aventure de blog. A côté, les séances photos (ok, LA séance photo), les interviews de bellissimas ou les passages à la radio, ça vaut pas tripette. Non, ce qui me fait grave kiffer comme dirait Ségolène Royal – pour qui je vais voter sauf que je préfère qu'on en parle pas rapport au fait qu'ici c'est un blog apolitique de gauche – c'est l'idée que vous aimiez lire ces billets et que parfois, ils déclenchent un éclat de rire. Alors voilà, merci.

 

Maintenant, puisque vous me l'avez demandé si gentiment, voici la suite de mes aventures.

 

14h45: Je rejoins Fabrice, entièrement orange. Il voulait de la couleur, il est servi.

 

14h47: Je m'excuse auprès de Fabrice pour le trou de mon collant. Je lui demande s'il peut éviter de photographier ma jambe gauche.

 

14h49: Fabrice me propose de prendre encore cinq minutes pour changer de collant.

 

14h50: Je lui réponds que je n'en ai pas d'autre.

 

14h52: En fait j'en ai plein mon tiroir.

 

14h54: Le problème se situe plutôt au niveau de mes bottes. Que j'ai mis trois quart d'heure à enfiler. Par botte. Après avoir graissé mon collant. Et cassé trois ongles. D'accord, j'en ai même pleuré.

 

14h56: Même pas en rêve je les enlève.

 

14h57: Même sous la torture j'avoue pas à un photographe professionnel que je suis comme qui dirait coincée dans mes bottes.

 

14h58: Fabrice qui est vraiment un homme parfait me rassure. Un coup de photoshop et on n'y verra rien.

 

15h00: On commence la séance sur le canapé. Fabrice me demande de regarder vers la fenêtre tout en tournant le visage de son côté.

 

15h01: Je fais exactement l'inverse.

 

15h02: Fabrice a un sourire un peu crispé. Je crois qu'il commence à comprendre l'étendue des dégats.

 

15h03: J'explique à Fabrice que je suis très mauvaise en coordination et que du coup il faudrait peut-être mieux qu'on commence avec des consignes simples. Par "simple" je veux dire une à la fois.

 

15h04: Fabrice redouble de douceur et me dit que le plus important c'est le sourire.

 

15h06: Fabrice m'explique que c'est mieux quand même d'ouvrir un peu la bouche quand on sourit.

 

15h07: Je préfère mourir plutôt que montrer mes dents.

 

15h09: Fabrice fait une blague à deux balles et j'ouvre la bouche. Putain il est trop fort.

 

15h11: Je prends une pose complètement naturelle à l'insu de mon plein gré. Fabrice shoote et me dit que je suis "super mignonne". Je suis tellement fière que je souris bêtement à m'en décrocher la machoire.

 

15h12: Je commence à adorer ça.

 

15h14: Les crépitements de l'appareil photo me font des trucs bizarres, je suis limite excitée.

 

15h17: Il est en train de se passer un truc très fort je le sens.

 

15h20: Il n'y a plus que lui et moi, je lui donne énormément, là.

 

15h23: Je joue avec l'objectif comme si j'avais fait ça toute ma vie.

 

15h26: C'est incroyable, j'ai ça dans le sang. Fabrice arrête pas de shooter. Je crois que la magie, c'est ça. Quelque chose de très simple et en même temps de très compliqué.

 

15h30: Là, tout de suite, s'il me demandait de me déshabiller, je le ferais. Comme ça, comme une offrande.

 

15h32: En même temps il ne me le demande pas.

 

15h33: Ce n'est pas grave, on est au delà de la nudité et je crois qu'en réalité c'est avec l'objectif que je fais l'amour.

 

15h33: Je viens de pousser mon fils pour qu'il ne soit pas dans le champ de la photo.

 

15h35: Il est temps qu'on s'arrête, Fabrice et moi, on perd tous nos repères.

 

15h37: Fabrice a l'air super pressé de partir, je crois que ce qu'on vient de vivre lui fait peur. C'est trop d'un coup, le pauvre.

 

15h40: Je n'ai pas le temps de lui dire au revoir qu'il a disparu. C'est fragile un homme…

 

Edit: Pour la photo, faudra acheter "Bien dans ma vie" parce que je ne tiens pas à mettre ma trombine sur le net. Surtout, les photos ne sont pas libres de droit, en tous pas pas tant que le magazine n'est pas sorti.

Edit 2: Les photos, je dois le dire, m'ont bluffée. Surtout, je crois que ça devrait être instauré comme thérapie de se faire photographier comme ça. Parce qu'au bout d'un moment, je vous jure, on oublie qu'on ne s'aime pas.

Edit 3: Je tiens à préciser que je ne me suis pas déshabillée. ça c'est pour l'homme qui parfois est très "1er degré".

 

Emmanuelle ? C’est moi.

Alors voilà, j'ai vécu la semaine dernière une expérience incroyable. Un photographe est venu chez moi pour me shooter.

 

Ouais.

 

Là, honnêtement, je crois qu'on peut dire que ça y'est, je suis devenue une célébrité. Bon, ok, c'est pour un article dans "Bien dans ma vie". Que personnellement je ne connais pas. Vous non plus j'imagine. M'en fous complètement, un professionnel de l'image, un photographe confirmé, est venu chez moi, payé pour m'immortaliser. C'est simple, je ne m'en remets pas. Je vous raconte ?

 

09h00: Ma fée Babou, baby-sitter mais aussi coach beauté, coiffeuse officielle pour mon futur mariage, habituée du Baron – rien à voir avec la choucroute mais je suis TROP TROP fière d'avoir une amie de moins de 25 ans qui en plus fréquente le Baron, la boîte la plus hype de Paris – et cinquième membre de la famille, arrive pour garder les enfants.

 

09h02: Ben oui, aujourd'hui on me photographie et là, mes cheveux "noirs et blonds" dixit ma fille, ce n'est pas envisageable. Donc je file vendre un rein avant de courir chez mon coiffeur pour qu'il redonne un peu de dignité à ma crinière.

 

09h12: Je n'ai pas du tout honte de laisser mes enfants un mercredi, jour de 4/5ème théoriquement consacré à la chair de ma chair.

 

09h14: En fait j'ai super honte.

 

09h17: J'ai super honte mais en même temps, je fais ça pour eux. Parfaitement. A votre avis, c'est bon pour des enfants que leur mère soit prise en photo avec des racines noires ? C'est le genre d'humiliation qui se transmet ensuite sur plusieurs générations.

 

10h00: Arrivée chez D….,  je montre au dieu David une photo d'Emmanuelle Seigner et je lui dis que elle, là, c'est moi dans deux heures.

 

10h02: David ricane.

 

10h03: David ne ricane plus, il comprend que ce n'est pas une plaisanterie.

 

12h04: Plus jamais je demande à un coiffeur de me transformer en rockeuse blonde et fatale.

 

12h05: J'ai exactement la même coiffure d'Emmanuelle Seigner.

 

12h06: Sauf que je ressemble à Courtney Love.

 

13h00: La fée Babou tente de me rassurer et m'assure que la frange me va très bien. Elle tente de me changer les idées en me demandant comment je vais m'habiller.

 

13h01: Je rigole, elle est trop drôle. Comme si elle avait pas vu que je porte MA robe noire mythique.

 

13h02: Babou trouve que ce n'est pas une très bonne idée de rester en noir, surtout que le photographe m'a demandé hier de mettre une robe d'été colorée.

 

13h03: Je suis désolée mais ma robe noire EST une robe d'été.

 

13h05: Babou me demande si je suis sûre que je n'ai pas un truc à fleurs.

 

13h06: Pourquoi pas un combishort à rayures ? Même sous la menace je mettrai pas un truc à fleurs.

 

13h07: J'explique à Babou que dès que je mets un truc à fleurs je ressemble à Maïté.

 

13h08: Je viens de trouver une robe tunique super estivale et colorée, noire à points blancs.

 

13h12: Babou n'est pas totalement convaincue par l'aspect coloré mais trouve que c'est quand même mieux.

 

14h00: L'interphone sonne. C'est Fabrice, le photographe. Dans ma précipitation je m'accroche à la table et je file mon collant.

 

14h01: Je laisse définitivement tomber Emmanuelle Seigner. Même Courtney Love à mon avis ne file pas son collant juste avant un shooting.

 

14h04: Fabrice entre chez moi et inspecte le salon pour décider de l'endroit où je vais me mettre.

 

14h05: Je regarde le salon en même temps et le bordel m'explose en pleine face.

 

14h06: Je tente l'air de rien de dissimuler un trognon de pomme qui traine sur la table basse et j'ordonne en chuchotant aux enfants de jeter leurs pots de yahourt du petit déjeuner.

 

14h08: Fabrice me jure que ce n'est pas grave qu'il y ait "un peu de vie" dans l'appartement

 

14h10: Fabrice est un gentleman.

 

14h12: Personnellement je pense quand même que le fait qu'un soutien gorge traine dans le couloir  à côté de ma paire de santiags montre surtout que je suis une souillon.

 

14h15: Fabrice m'explique qu'on va y aller doucement, que je ne dois pas m'inquiéter, et que je peux prendre deux minutes pour changer mon collant et me maquiller.

 

14h16: Je SUIS maquillée.

 

14h17: Babou me propose de repoudrer le nez. Dans ses yeux il y a de la pitié.

 

14h20: Dans la salle de bain, Babou prend les choses en main et me demande de lui donner ma trousse de maquillage.

 

14h21: Je lui donne ma terracota.

 

14h22: Babou me demande calmement le reste de mon maquillage.

 

14h23: Je la regarde avec un air probablement désespéré parce qu'elle me dit tout doucement que ce n'est pas grave si je ne retrouve pas mon ombre à paupières et mon rouge à lèvres. La seule chose dont elle a besoin c'est un crayon de khôl.

 

14h24: Je n'ai pas de khôl.

 

14h25: Babou devient très pâle.

 

14h26: J'appelle Fabrice pour qu'il m'aide à réanimer Babou.

 

14h28: Babou se reprend mais dans ses yeux quelque chose est mort.

 

14h30: Je console Babou en lui promettant que dès demain j'achète un khôl. Babou ne me parle plus, elle me badigeonne frénétiquement de Terracotta. Je crois qu'elle est dans un état post-traumatique.

 

14h32: J'ai de la terracotta partout.

 

14h33: Je demande timidement à Babou si c'est indispensable de me mettre de la terracotta sur les oreilles.

 

14h34: Babou me lance un regard sans vie et me répond qu'elle refuse de se justifier auprès d'une femme de 36 ans qui n'a pas de khôl et qui ressemble à Courtney Love.

 

A suivre…

La petite robe noire

Alors voilà, difficile de dire plus et mieux sur la soirée chez
Ginette que ça ne l'a été fait chez Hélène. En plus, pour ceusses et
celles qui n'étaient pas là, c'est limite pas cool d'en rajouter. En
même temps, bien sûr, c'était si bien que j'ai envie de vous le conter
à ma manière. Mais comme vous savez déjà comment ça s'est passé, je
vous raconte le before, d'accord ?

– 15h00: Je reçois le 57ème mail d'Hélène en deux jours pour me dire
qu'elle a trouvé en plus de la robe de ses rêves à 193 euros, une paire
de bottes de motard qui s'enfilent trop facilement et qui tuent leur
race. Elle en est à plus de trois cents euros et n'est pas sûre que ce
soit raisonnable. Je fais ce qu'il faut toujours faire avec ses amies
quand il s'agit d'achats inconsidérés. Je mens et je dis que c'est
super raisonnable.

– 15h03: Julie ne sait toujours pas comment elle va s'habiller, ça l'inquiète.

– 15h05: Pomme a prévu une tunique super sexe avec maxi décolleté. En même temps elle hésite.

– 15h08: Moi je sais trop bien ce que je vais mettre. Ma robe
magique de Promod achetée en soldes à 29 euros. Avec mes santiags
vertes qui font pas l'unanimité mais que je suis dedans comme dans des
pantoufles.

– 15h15: C'est trop trop bien d'avoir prévu ma tenue depuis une
semaine. Comme ça pas d'angoisse, pas de prise de tête. Quand je vois
les filles qui se font un mourron pas possible, je me marre. En même
temps, les pauvres. ça doit être super dûr d'aller à la rencontre de
son public sans avoir LA tenue dans laquelle on est au top.

– 15h18 Je l'aime trop ma robe noire. Elle moule un peu mon ventre
mais maintenant je suis une fille qui assume alors je m'en bats les
nichons.

– 15h30: Hélène a la migraine elle ne sait plus si elle va venir à sa propre soirée.

– 15h34: C'est pas pour copier mais j'ai mal à la tête aussi.
Heureusement que je sais ce que je vais mettre ce soir sinon j'en
mènerais pas large. Déjà qu'aller à la rencontre de son public c'est
super flippant, alors sans THE small robe noire, c'est no way.

– 16h00: Je ne suis pas sûre qu'on fera un discours mais dans le
doute j'en prépare un petit. Surtout ne pas oublier qui que ce soit
dans les remerciements.

– 16h12: J'ai peur de ne pas savoir quoi mettre sur les livres qu'on me demandera de signer.

– 16h16: Je téléphone à l'homme pour lui dire que j'ai peur pour
tous les autographes et aussi d'aller à la rencontre de mon public.

– 16h18: L'homme me rappelle que mon livre n'est pas sorti.

– 16h23: C'est fou ce que la jalousie masculine peut rendre méchant.

– 16h30: J'espère que ce ne sera pas trop l'hystérie quand même.
Devenir une star c'est quand même super déstabilisant
psychologiquement. Mais je dois tout à mon public, alors je suis prête
à me jeter à corps perdu dans la foule.

– 16h45: Là normalement je devrais commencer à m'habiller. Mais
comme je sais exactement ce que je vais mettre, du coup je suis trop
trop zen. Je vais me faire un épisode de Desperate Housewives pour me
détendre. Il faut que je sois super calme pour aller à la rencontre de
mon public.

– 17h30: Bon, allez, hop, je vais aller enfiler ma robe magique, une touche de terracota et je suis prête pour le show.

– 17h45: J'ai PERDU ma robe noire.

– 17h47: C'est un truc de fou, j'ai cherché partout.

– 17h48: J'annule tout. Adieu mon public.

– 17h49: Je veux mourir.

– 17h52: L'homme me dit de mettre autre chose.

– 18h00: Je n'ai RIEN d'autre. En plus je ne rentre pas dans mon
jean depuis trois jours. A cause des hormones des règles. Et aussi
peut-être des m&m's. Et QUI a acheté les m&ms ? Hein ? Ouais.
Parfaitement.

– 18h04: L'homme me dit que je peux bien y aller en salopette il en a rien à foutre.

– 18h08: Je lui fais une concession par téléphone pour arranger les
choses. Ben oui, je suis prête à tout. C'est comme ça, une Caro sans
son sabre laser, c'est comme une Ségo sans son François. (ouais, je sais, c'est un message subliminal. Même en salopette je suis de gauche)

– 18h12: Les filles me disent de mettre ma tunique verte.

– 18h14: Elle est au sale.

– 18h16: Je vais aller à la rencontre de mon public avec une tunique verte qui sent la culotte.

– 18h19: J'extirpe ma tunique verte du sac à linge. C'est bizarre, y'a un chiffon noir tout entortillé accroché à la ceinture.

– 18h23: "Les filles pas de panique G retrouvé ma robe noire. Tout va bien elle était dans le placard de l'homme. Le salaud".

– 18h27: Je sais c'est pas joli joli mais plutôt crever que d'avouer
que je sors chez Ginette faire l'amour avec mon public dans une robe
qui pourrit depuis dix jours au fond du panier avec les chaussettes et
les slips. De toutes façons, un coup de fébreze et le tour est joué.

– 18h30: J'ai plus de fébreze.

– 18h33: Je balance la moitié de mon parfum sur ma robe et je la repasse ensuite.

– 18h38: C'est super, "Chance de Chanel" et la vieille chaussette,
ça donne un truc proche de la tartiflette. Je mets vraiment toutes les
chances de mon coté ce soir.

– 18h40: Je suis tellement nerveuse que j'explose ma terracota par
terre. Je suis obligée de passer mon pinceau sur le carrelage histoire
d'en récupérer de quoi me maquiller.

– 18h46: Je pars à la rencontre de mon public dans les conditions idéales.

Voilà, après un début pas facile facile, la soirée s'est déroulée
comme si je flottais. Je ne vous ai pas toutes vues, je n'ai pas parlé
à tout le monde, mais j'ai adoré rencontrer ClaireMM, Karine, Sofiso,
Fanny, Dola, Yasmina, Laurenn, Annelise, Lilo, Delphine, La fée
Daubette, Estelle, Lili, LN75, Lovepink, Marion, PetiteLouise and so
one. Pardonnez moi les oublis, j'avais beaucoup bu alors qu'évidemment
on s'était juré de ne pas toucher à une goutte d'alcool histoire de se
tenir correctement. Vous êtiez beaux et belles, vous êtiez exactement
comme je voulais que vous soyez. J'ai lu ailleurs qu'il y avait de
jolies âmes et je ne vois pas quoi ajouter.

Voilà, je ne sais pas si on méritait toute cette chaleur mais je
m'en fiche, j'apprends en vieillissant à prendre ce qu'on me donne sans
me poser de questions et à profiter, profiter, profiter…

Edit: Si vous en êtes d'accord, on remet ça le 25 avril.
Même lieu, même cause, même punition. Et cette fois-ci je pourrai
signer des autographes, parce que mon livre aussi sera sorti…
Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !!!

Edit(2): A vous mes amis de la vraie vie d'avant le blog, merci d'avoir été là. Ces choses là comptent.

Edit(3): J'ai oublié mais il y avait aussi Esme. Et
franchement, je m'en veux comme c'est ps possible de ne pas l'avoir
citée alors que j'étais vraiment, vraiment heureuse de la voir, cette
charmante et douce jeune fille. Tu me pardonnes ?

Edit(4): Voilà la preuve des ravages de l'alcool. Joëlle.
Joëlle était là. Et l'oublier c'est en soi la preuve qu'il ne faut plus
JAMAIS boire. Plus JAMAIS. Quoi qu'il en soit Joëlle, je pensais tout
ce que je t'ai dit, même si j'étais probablement exaltée par le
champagne. Il faut que tu continues ces interviews.

Les louboutins de Ségo

Bon, pour vous raconter ma dernière aventure avec nos grands de ce
monde, je suis un peu obligée de vous avouer que je ne suis pas
vraiment documentaliste. Disons que mon métier se finit en "iste" aussi
et que je n'ai pas totalement menti parce que je fus tout de même dans
une vie antérieure documentaliste. Par ailleurs, je précise que je suis
"iste" mais pas à proprement parler dans Libé ou le Monde. Plutôt une
"iste" du pauvre, de celles qui écrivent des choses très très sérieuses
et barbantes pour des gens eux aussi très très… sérieux et dans des
publications que personne ne connait vraiment.

Je suis par ailleurs une "iste" sur le tard et donc pas vraiment
admise dans le sérail de la profession. Du coup, j'ai souvent
l'impression d'être, comme dirait ce cher Ron, la Bridget des salles de presse…

Bon, tout ça vous vous en moquez je m'en doute. Ce que je voulais vous raconter c'est que j'ai rencontré… Ségolène Royal.

Si.

Je vous raconte ?

Un mardi de la semaine dernière…

10h00: Mon patron demande qui est volontaire pour aller écouter Ségo dans le 13ème à Paris.

10h02: J'ai trop envie d'aller voir Ségolène Royal.
En même temps c'est normal parce que je suis de gauche. Je lève le
doigt super vite comme à l'école.

10h03: Mon patron a l'air tout content que je veuille y aller. Lui aussi est de gauche mais il vote plutôt Bayrou.

10h12: Je dis à ma collègue que je suis super contente d'aller voir Ségolène rapport au fait que je suis de gauche.

10h13: Ma collègue me dit qu'elle est de gauche aussi mais qu'elle préfère Sarkozy.

10H14: J'appelle ma mère pour lui dire que je vais
voir Ségolène. Vu que ma famille est de gauche depuis des générations
je sens qu'elle va être super impressionnée.

10h15: Ma mère me répond qu'elle va voter Marie-Georges Buffet rapport au fait que la famille est de gauche depuis des générations.

10h16: Je me demande si Ségolène ne va pas avoir un léger problème avec les gens de gauche.

10h17: Qu'importe après tout. Je vais faire mon
vrai travail de journaliste et écouter ce que la mère de tous les
Français à a nous dire. De toutes façons, le fait que je sois super de
gauche ne doit pas intervenir dans la façon dont je rapporterai les
événements. L'Objectivité coco, l'objectivité… Qu'on ne compte pas
sur moi non plus pour des détails sur sa jupe ou son maquillage. Je
suis une journaliste de contenu moi. La peopolisation de la politique
ne passera pas par moi.

16h00: J'ai hâte de voir Ségolène Royal. J'espère quand même qu'on pourra la regarder de près.

16h01: Je me demande si elle a fait du botox.

16h03: J'espère qu'il y aura François Hollande.

16h04: ça doit être d'un compliqué, de gérer son
couple quand on est candidate à la présidentielle, n'empêche… En même
temps, moi j'y crois à leur amour à Ségo et François. N'en déplaise aux
mauvaises langues.

16h05: De toutes façons la presse est complètement
vendue et ne s'intéresse qu'aux histoires de culottes pour brouiller
l'image de Ségolène. Heureusement que certains tentent de faire leur
métier autrement.

17h03: Mon chef me rappelle qu'il veut quelque
chose de super précis et documenté et que j'ai intérêt à revoir en
détail le programme du PS avant d'y aller.

17h12: ça craint le journalisme de contenu. Faire son métier autrement c'est super chiant.

17h34: Je me demande si elle sera en blanc. Je
trouve ça hyper fort comme symbolique, moi. En fait quelque part, la
forme, ça joue sur le fond. Je veux dire, faut arrêter, Ségolène, c'est
un tout. C'est à la fois des propositions mais c'est aussi un style,
une femme. Je crois qu'on peut faire son métier autrement tout en
restant la même.

19h02: A y'est, je suis dans la place. J'adore le
fait d'avoir un badge "Presse", je me sens super sexy du coup. En même
temps je préfère mettre ma féminité de côté dans ce genre d'endroit. Je
ne suis pas Marie Drucker, moi. Va falloir un peu plus que quelques
oeillades d'un cadre du parti pour me faire oublier ma déontologie. Non
mais c'est vrai, faut pas s'étonner que la démocratie foute le camp si
les journalistes couchent avec les politiques.

19h03: Hiiiiiiiiiii y'a Strauss Kahn !

19h04: Mon voisin de droite me regarde avec un
drôle d'air. Je lui explique que j'ai toujours trouvé Dominique trop
craquant. En plus c'est la première fois que je le vois en vrai. Il
dégage un de ces trucs, ça me donne carrément chaud.

19h05: Mon voisin de droite travaille au Monde et il a pitié de moi.

19h07: Hiiiiiiiiiiiiiiiii c'est Jack Lang !

19h08: Haaaaaaaaaaa, c'est Montebourg. Il est super grand

19h10: Si jamais j'étais vraiment obligée de
coucher avec un homme politique, par exemple pour le bien de la nation,
c'est lui que je choisirais.

19h11: Il a un de ces charme. Ses cheveux iraient super bien avec les miens.

19h13: Le pouvoir c'est super attirant en fait. En
plus quelque part, je vois pas trop comment faire correctement son
métier sans connaitre parfaitement ce milieu.

19h15: On devrait leur donner le Pulitzer à Marie
D. et Béatrice S. Elles ont donné de leur personne pour le droit à
l'information. Je ne vois pas ce qu'il y a de plus courageux
personnellement.

19h30: A y'est c'est elle. Elle est carrément
belle. Nan mais c'est sûr elle fait un truc. La voir s'avancer comme ça
fièrement sans peur de son destin, ça me donne les larmes aux yeux.
Qu'est-ce qu'on se sent bien quand on est de gauche quand même. C'est
super fort.

19h32: A tous les coups sa veste c'est une Paule K. Quelle classe.

19h40: Qu'est-ce qu'elle parle.

19h43: Faut que je prenne des notes. Sinon je vais tout oublier.

19h44: Ben oui, je suis désolée mais j'ai beau
avoir une mémoire assez exceptionnelle, si je n'écris pas tout de suite
dans mon calepin qu'elle a une jupe taupe à petits volants assortie à
un chemisier ivoire et à une veste en soie sauvage couleur champagne,
je risque de confondre. Je ne suis pas sure en revanche pour les
escarpins. Louboutin ou Free lance ?

19h46: Mon voisin de droite est catégorique ce sont
des Louboutin. Au Figaro on penche pour des Jourdan. Ah, à Libé ils
sont formels, ce sont des Manolo Blahnik.

20h34: Elle s'en va. Ségolène rapport à ma déontologie je ne peux pas vraiment te le dire mais quand même, tes chaussures, ouah.

Edit: 36-15 je fais ma pub: Joëlle m'a interviouvée personnellement moi même et c'est ici que ça se passe. J'adooooooooooooore les interviouves de moi même.