Catégorie : Les "minute par minute" de la ronde

Plus que cinq minutes et j’arrête…

Hier, Raphaëlle m'a demandé comment j'avais arrêté de fumer. Alors
je me suis dit que j'allais vous le raconter. Parce qu'après tout, on
peut encore rire un tout petit peu de ça, non ?

C'était donc un 31 décembre, il y a quatre ans…

– 20h: Je m'apprête à vivre ma dernière soirée de fumeuse. Je suis
super fière d'avoir pris cette décision, déjà, là, je me sens hyper
bien, c'est incroyable. Finie la dictature. Vade retro ma dépendance.
Ce soir, je reprends ma liberté.

– 20h02: Putain où sont mes clopes.

– 20h05: Jusqu'à minuit, en fait, je me fiche de ma liberté. Je
pourrais décider d'en terminer maintenant, mais non, je tiens au
symbole de la nouvelle année.

– 20h06: Il ne reste que dix cigarettes dans mon paquet, ce n'est
pas assez. Surtout que comme ce sont mes dernières, je vais pas me
gêner. Je file au tabac acheter une cartouche

– 20h10: La cartouche c'est peut-être trop. Mais si je suis frustrée ce soir, à tous les coups demain je reprends direct.

– 21h03: ça fait vingt minutes que je n'ai pas fumé et j'en ai rien
à faire. Demain ça va être du gateau. Je me demande bien pourquoi je me
suis acheté ces patchs qui coûtent un bras et qui sont même pas beaux.
Quand on a de la volonté comme j'en ai, on a pas besoin de ces
béquilles.

– 21h05: A trois euros le paquet de clopes, multiplié par 365, je
vais me faire de ces petits plaisirs… Je me régale d'avance. Quand je
pense que je fous en l'air pas loin de 1000 euros par an en clous de
cercueil, je suis consternée par ma bêtise. Alors que c'est si enfantin
d'arrêter. Franchement, heureusement que j'ai ouvert les yeux. Demain,
c'est Spa au Meurice pour fêter ça.

– 21h12: Si je retrouve la garce qui m'a piqué mon paquet je la tue.
Me faire ça alors que je suis en phase d'arrêt, c'est petit.

– 23h00: Dans une heure je me donne une nouvelle chance de vivre
vieille. Je trouve ça génial. Déjà quand je me regarde dans la glace,
je trouve que j'ai un teint plus clair. C'est dingue. Rien que l'envie
d'arrêter fait de moi une nouvelle femme. En plus quand je vois cette
pauvre Sophie qui fume comme un pompier, j'ai pitié.

– 23h14: Elle me fait pitié mais elle, demain, elle n'aura pas pris
trois kilos. Alors que moi, je sens que j'ai déjà envie de sucre. Je
vais me fumer trois clopes à la suite histoire de me couper l'appétit
pour un moment.

– 23h55: Cinq minutes. C'est le temps qu'il me faut pour en griller
une en entier. En même temps, la soirée est tellement géniale que j'ai
limite envie de ne pas l'allumer. C'est incroyable ce que j'aime ces
gens. Ils sont tous beaux je trouve. Génial, ils passent "Like a
virgin". Moi je suis bientôt virgin de nicotine, trop la classe.
Franchement, je peux tout à fait danser sur la reine Madonna sans
fumer.

– 23h56: Je peux mais j'ai pas envie.

– 00h00: Bonne année. Vive la liberté.

– 00h01: J'me fais chier.

– 00h10: J'ai jamais passé un nouvel an aussi nul. Aucune ambiance.
En plus c'est plein de gens super pas respectueux qui me fument sous le
nez. Si c'est dans ces moments là qu'on reconnait ses vrais amis, ça
fait peur…

– 00h12: La bonne nouvelle c'est que ça ne me donne pas envie. Faut
dire que depuis 22h00 je me suis enfilée 34 cigarettes. J'avais lu que
c'était très efficace pour se dégouter à VIE.

– 01h12: 34 c'était pas assez ou alors chez moi, "à VIE", ça dure une heure.

– 02h12: Personne ne veut me filer une cigarette. J'aurais jamais dû
bassiner tout le monde depuis deux semaines rapport au fait que
j'arrêtais à minuit. Ils ont l'air d'en faire une affaire personnelle,
les cons.

– 03h14: C'est incroyable, je n'ai plus aucun sujet de conversation.
A croire que toute ma légendaire répartie était planquée dans mes lucky
strike. En fait je suis une fille insignifiante et triste. Je veux
retrouver la vieille moi qui savait faire la fête et qui était trop
drôle.

– 03h18: Ils peuvent pas la faire taire l'autre pouffe de Madonna ? Je n'en peux plus de sa voix.

– 04h34: Je ne comprends pas, j'applique à fond les conseils du
livre pour arrêter de fumer sans souffrir. A chaque fois que j'ai envie
d'une clope je bois un verre. Et ben plus ça va et plus j'ai envie.

– 05h56: Peut-être que le monsieur du livre parle de verres d'eau.

– 06h02: S'arrêter de fumer ça craint j'ai vomi tout mon wiskhy.

– 06h12: L'homme me prévient qu'il préfère vivre avec une fumeuse qu'avec Sue Ellen.

A suivre…

Je ne suis pas une courge…et vous non plus

Vous allez trouver que ça commence à faire beaucoup. Vous allez
penser que maintenant ça suffit et que je gonfle avec ma success story.
Mais c'est promis, après cette annonce, c'est fini, plus de
révélations, pas d'autre nouvelle à clamer sur les toits. Mais le fait
est qu'il y a encore un petit truc dont je dois vous parler, un petit
truc qui bien sûr me réjouit. Et qui va vous éclairer sur le pourquoi
de l'apparition ça et là de billets clairement au dessous de la
ceinture. Je vous raconte ?

Un jour d'octobre 2006

18h00: Une petite enveloppe orange me prévient de
l'arrivée d'un nouveau mail. "Bonjour, je suis éditrice chez Hachette
et Hélène de "Mon blog de fille" m'a conseillé d'aller jeter un oeil
sur votre blog. Ce que j'y ai vu me fait penser que vous pourriez
correspondre au type d'auteurs que nous cherchons pour une nouvelle
collection d'ouvrages. Si vous êtes intéressée, contactez-moi"

18h02: Je suis en hyperventilation

18h03: Je fais le petit chien tant que je peux mais
ça ne passe pas. Je vais mourir à la veille de mon destin d'écrivain,
c'est vraiment moche.

18h10: Après plusieurs exercices de respiration
abdominale, l'ingestion d'un lexomil et d'un verre de calvados je
reprends mes esprits.

18h15: Je viens d'être tout simplement contactée pour écrire un livre.

18h16: Je veux me marier avec Hélène.

18h18: Je regarde mes enfants qui jouent devant
moi. Ils l'ignorent encore mais ils sont les descendants d'une
écrivaine. Quelle pression sur leurs frêles épaules et en même temps
quelle chance pour eux…

18h19: J'annonce à l'homme les larmes aux yeux que je suis à l'aube d'une grande carrière.

18h20: L'homme me répond que si je lui refais le même cinéma que pour l'interview à la radio il me quitte direct.

18h23: Une évidence vient de me foudroyer. Je ne
peux pas être écrivain et habiter dans le 13ème arrondissement. Je fais
savoir à l'homme qu'il me faut un studio à Saint germain des prés pour
pouvoir m'isoler. C'est une question d'inspiration et aussi de
crédibilité. Devant l'air abasourdi de l'homme je lui fais remarquer
que ça m'étonnerait qu'Anna Gavalda habite au dessus de Tang Frères. Ah
!

18h30: Je ne sais pas pourquoi mais je sens que si
je ne vais pas au Flore tout de suite je vais me sentir mal. Je crois
que c'est le métier qui rentre.

19h00: J'ai l'angoisse de la page blanche qui commence à m'étreindre.

19h12: A en juger par leurs cris d'animaux qu'on égorge, les enfants ont plutôt l'angoisse de l'assiette vide.

19h14: Je ne pense pas qu'on puisse être à la fois mère, épouse et écrivaine.

19h16: L'homme me confirme qu'il doute que je parvienne à assumer les trois fonctions.

19h22: Je réalise avec effroi que je suis prête à laisser tomber ma famille pour Hachette.

19h30: Je décide de commencer tout de suite à
écrire l'histoire de ma vie. Je sens que je vais révolutionner le petit
monde bien tranquille de l'édition, moi.

20h00: Je demande à l'homme s'il préfère San Fransisco ou Nassau pour nos vacances.

20h30: L'homme me rappelle que pour l'instant je n'ai pas écrit une ligne et qu'on a deux loyers de retard.

20h32: L'homme doute que le prix Femina rapporte de quoi traverser l'Atlantique à 4.

20h34: Je ne vois pas du tout pourquoi on partirait
à quatre alors qu'on aura une nanny anglaise à domicile pour s'occuper
des enfants.

20h36: Je lui explique qu'il est primordial que nos
chérubins parlent un anglais impeccable étant donné qu'un jour ou
l'autre on habitera New York, histoire de protéger un peu notre
anonymat.

20h40: L'homme m'annonce qu'il ne pourra pas assumer à la fois son rôle de père et de mari d'un auteur en vue.

20h41: Je suis obligée de lui faire une concession pour lui redonner le sourire (pour ceux qui ignorent ce qu'est "une concession" allez ici)

20h54: L'homme trouve que finalement écrivain ça me va hyper bien.

Quelques jours plus tard…

13h00: Je pars en courant du travail et m'envole vers la mecque des mecques: le siège d'Hachette Livres.

13h30: Arrivée à l'accueil, la vision de tous les
ouvrages récemment sortis m'émeut aux larmes. Dans quelques mois mon
bébé trônera là, lui aussi.

13h32: J'espère que l'éditrice ne verra pas
d'inconvénient à ce que la saga de ma vie se fasse sur plusieurs tomes.
J'ai tant de choses à dire, tant de cris à pousser…

13h35: J'entre dans un petit bureau. Les deux
éditrices sont charmantes. Je crois qu'elle sont impressionnées.
Peut-être même plus que moi. C'est fou ce pouvoir de l'écriture sur les
gens normaux…

13h40: Elles parlent d'une nouvelle collection,
j'écoute à moitié, je m'imprègne de l'atmosphère de ces lieux où
d'illustres artistes ont promené avant moi leurs âmes créatrices…

13h42: J'entends les mots "petit livres", "filles", "futile".

13h43: J'entends le mot "Libido".

13h44: J'entends les mots: "Pimentez votre couple", "insolence du ton", "dédramatiser".

13h45: Je comprends qu'on me demande d'écrire un livre sur le sexe.

13h46: En un tome.

13h47: En même temps heureusement.

13h48: On laisse tomber le Flore et Saint Germain.

13h50: En même temps le cul ça rapporte, je me dis. Y'a qu'à voir Sonia et ses canards.

13h52: Je dis oui parce que c'est ça ou rien.

13h54: J'appelle l'homme pour lui expliquer qu'on
laisse tomber le Flore. Je lui explique que ce n'est pas parce que j'ai
dit oui que je vais à l'encontre de mes principes. Et qu'on peut parler
de sexe en étant subtil. D'ailleurs de nombreux grands écrivains ont
commencé leur carrière en parlant de sexe. Régine Desforges par exemple.

13h56: L'homme me dit qu'il trouve ça drôle et
qu'il a hâte qu'on expérimente les conseils que je vais donner. On
rigole bien. Dire que j'ai failli le sacrifier sur l'autel de
l'écriture.

13h58: L'homme me rappelle et m'avertit que si je parle de son sexe trop petit il me tue.

The END

Bon, bref, voilà, quoi. Pour résumer voici les informations à retenir absolument:

1 – Hélène
est LA fameuse fée dont je vous parlais, c'est elle qui a donné
l'adresse de mon blog à Hachette et c'est grâce à elle que je suis
devenue en un après-midi madame Sexe chez Hachette. Merci md'ame !

2 – Hélène sort dans la même collection le 21 février un livre qui s'appellera "Pas besoin de souffrir pour être belle" qui va déchirer sa race.

3 – Pomme, l'autre drôle de girl sort le même jour un opus intitulé "En finir avec les boulets et les empoisonneurs"
qui devrait nécessairement en intéresser quelques uns parmi vous étant
donné que les boulets… ça court les rues, on le sait bien nous toutes
qui n'en sommes pas !

4 – On va organiser le 21 février une petite sauterie dans un
bar parisien du 18ème pour fêter ça. Les précisons arriveront plus
tard, c'est Hélène qui manage.

5 – Mon livre à moi intitulé "Libido en berne ? Pimentez votre couple" sortira plus tard, le 15 avril.

6 – La collection s'appelle "Nous ne sommes pas des courges"
d'où l'image en tête du post. Ces petits livres s'adressent à nous les
fâaaaames et ont pour objectif de nous faire sourire mais aussi
réfléchir sur des sujets à la fois futiles et fondamentaux.

7 – L'homme n'a pas du tout un petit sexe, c'était juste pour faire une chute drôle.

8 – A l'heure où vous lisez ces quelques lignes – à vrai dire le
post le plus long de la terre, pardon – je suis sans doute décédée sous
les coups d'un homme au sexe énorme.

EDIT: Devant la profusion de billets sur d'autres
blogs faits sur le modèle du "minute par minute" (certes, je ne suis
pas propriétaire du concept inventé par Sophie Fontanel, mais bon…),
je pense que je vais faire une pause en ce qui concerne ce type
d'écriture. Ce qui rend la chose drôle c'est qu'elle soit un peu
originale. Je vais également être probablement contrainte de supprimer
mes archives pour la bonne raison que des âmes peu charitables semblent
être tentées de les piller. Je ne fais pas d'argent avec ce blog mais
je serais assez dégoûtée que d'autres en fassent à ma place. Je n'ai
personnellement jamai copié personne et l'idée même m'horrifie.

Edit n°2: Certains m'ont demandé par mail le lien sur Amazon le VOICI
moi je dis ça je dis rien, j'ai toujours été nulle en commerce. En même
temps, je vous garantis des nuits d'amour à la clé !!! ;-)))

Le jour où je suis devenue miss…

Bon, donc c'est un secret bien éventé, ça y'est, je suis miss. Miss
Canalblog. Et non "analblog" comme je l'ai malencontreusement écrit à
une amie hier. Moi je vous le dis, les billet classés X, ça commence à
me monter à la tête, ou un peu plus bas, d'ailleurs. Bref, voilà, cette
fois-ci c'est sûr, I am famous. Wouahhhhhh… Je peux
vous dire que depuis la nomination, je suis en transe. Je suis même
passée par toute une sorte d'états très proches de l'Ohio. Je vous
raconte ?

Un mardi, fin janvier

14h00: Je reçois un mail m'avertissant que je fais
partie des trois finalistes du concours Miss Canalblog. Je suis super
étonnée, c'est incroyable, il y a des gens qui sont venus sur mon site
et m'ont plébiscitée pour devenir leur idole, sans que je sois au
courant.

14h01: Ok, j'avoue, il y a une semaine j'ai vu une
petite annonce sur le site de Canalblog appelant tous les volontaires à
se manifester pour participer au concours.

14h02: J'ai répondu à la petite annonce.

14h03: Cinq fois.

14h04: Avec mon numéro de compte et une photo de moi à moitié nue.

14h05: N'empêche que je suis parmi les trois finalistes. Alors qu'on était au moins 2000 à postuler.

14h07: D'accord, 126.

14h12: Je suis vraiment très contente d'être
nominée. En soi c'est une vraie victoire. D'ailleurs je me fiche pas
mal d'être la gagnante. C'est d'un vulgaire de vouloir l'emporter à
tout prix, je trouve. L'essentiel c'est de participer. En plus les
autres candidates ont l'air super sympa, alors elles ou moi, c'est même
combat.

14h15: En fait juste participer ça craint sa race.

14h17: "Monsieur l'organisateur du concours miss
canalblog. Vous ne me connaissez pas mais sachez que mlle X et mlle Y,
deux des finalistes du concours ont des moeurs étranges et sont
soupçonnées d'utiliser leur blog à des fins pas très catholiques. Ce
serait une grave erreur de les sélectionner. Attention, Caroline, de
pensées d'une ronde, en revanche est une femme extraordinaire doublée
d'une amante formidable" Signé: une anonyme qui vous veut du bien,
beaucoup de bien, si vous voyez ce que je veux dire…

14h18: J'ai beau avoir un petit peu envie de
gagner, je préfère cacher à tout le monde que je suis nominée. C'est
tout moi, ça. D'un côté je participe à ce concours et d'un autre rien
ne me fait plus fuir que les projecteurs. Je crois qu'en fait, cette
victoire, je la veux pour moi, c'est tout. Ce sera mon jardin secret.

14h34: En même temps la modestie c'est comme perdre, ça pue. Et ça ne me rapportera aucune voix.

14h36: "Mes chers lecteurs, par un concours de
circonstances incroyable, il se trouve que je suis nominée pour un
petit concours sans importance. Si vous avez cinq minutes, vous pouvez
même voter pour moi.

PS: Je vous paierai."

Le lendemain

08h03: Je sens petit à petit le poids des
responsabilités que signifie une telle distinction. Etre miss ce n'est
pas rien et je sais que c'est tout un peuple que je devrai représenter
sans jamais le décevoir. A partir d'aujourd'hui, je ne touche plus à
l'alcool ni à tous mes autres vices. Il faut savoir ce qu'on veut. Et
moi j'ai TOUJOURS voulu être miss.

09h00: L'homme se réveille avec une grosse grosse… envie. Il me saute dessus direct.

09h02: J'explique à l'homme que c'est inenvisageable et que je viens de faire une croix sur tous les vices.

09h03: Je confirme à l'homme que la fellation aussi c'est un vice.

09h12: Non mais c'est vrai ça. Etre miss ça
implique d'être chaste pendant toute l'année qui suit l'élection.
D'ailleurs, quand je passerai à la télé, je dirai que je suis
célibataire. Ce n'est pas parce que j'ai honte de l'homme ou de mes
petits. C'est juste qu'une miss ça doit faire rêver. Et une miss
presque mariée avec deux enfants, ça ne fait pas rêver.

09h12: L'homme dit que si je mens aussi pour les enfants, il racontera à Geneviève de Fontenay que parfois je taille des pipes.

09h23: Je suis obligée de mettre ma chasteté de
côté dix minutes pour acheter le silence de l'homme. Etre miss c'est ça
aussi. Faire des concessions.

09h34: L'homme me fait promettre de ne jamais faire une concession à Jean-Pierre Foucault

10h00: Je me demande si j'ai déjà beaucoup de votes pour moi.

10h02: Quand je pense à ma petite fille, je me dis que je vais lui donner un bel exemple de féminité.

10h05: En même temps la pauvre ça va être dûr pour
elle de rivaliser avec la perfection faite femme. Si j'étais une vraie
maman parfaite, je laisserais tomber toute cette histoire pour ne pas
même en danger son épanouissement futur.

10h07: Ce qui est bien c'est que je n'ai jamais
prétendu être une mère parfaite. De toutes façons la vie est une
jungle. Préserver ses enfants ce n'est pas vraiment leur rendre
service, croyez-moi.

Quelques jours plus tard…

Jeudi

06h00: C'est aujourd'hui le verdict. Mais depuis le
temps que j'attends je m'en tape complètement. Il est hors de question
que je me lève plus tôt histoire de vérifier si j'ai gagné.

06h12: En même temps, 6h00, 8h00, c'est un peu la même chose.

06h23: C'est incroyable ce que je m'en fiche. A tel
point que là, j'allume mon ordinateur, mais que je pourrais tout à fait
faire autre chose vu comment je suis décontractée du nombril.

06h24: Si internet ne marche pas dans dix secondes je fais bouffer sa free-box à ce crétin d'opérateur

06h25: Soit j'ai un début de Parkinson, soit en vrai je ne m'en fous pas vraiment.

06h26: C'est comme les résultats du bac cette connerie. En même temps je veux regarder et en même temps non.

06h27: Si je ne suis pas élue, c'est la honte sur
moi et toute ma descendance. Je n'aurais jamais dû parler de ce
concours aux 213 personnes que je connais. Plus les deux millions de
lecteurs de la blogosphère. Mais je suis une grande fille. Si c'est pas
moi, j'en ferai pas une maladie.

06h28: J'y crois pas. C'est incroyable. Il m'arrive
un truc de dingue. C'est comme si la terre s'arrêtait de tourner. C'est
moi la miss. La victoire c'est comme un shoot de chocolat putain.

06h29: Quand j'y pense, mes deux concurrentes
étaient pourtant tellement sympas. Et leur blog était largement aussi
bien que le mien. En tous cas pas loin. Je suis vraiment désolée pour
elles. D'ailleurs du coup ça rend mon succès un peu dérisoire. Limite
je leur donnerais mon titre.

06h30: Elles peuvent crever.

Edit: Plus sérieusement, merci à vous qui avez voté, merci à Transs,
qui a tout organisé et qui est resté intraitable face à mes tentatives
de corruption et bien sûr bravo à mon "mister" Canalblog, Judark. Enfin, bravo à mes deux concurrentes, Emilie et Fred, dont les blogs méritent vraiment une visite. Les filles, je ne vous donne pas mon titre, mais le coeur y est !

Jacques Chirac et moi

Il y a quelques jours, dans le cadre de mon métier extrèmement dangereux qui me fait découvrir des contrées inconnues, j'ai rencontré Jacques Chirac. Enfin… je me suis trouvée dans la même pièce que Jacques Chirac. Dans un salon plein de pampilles et d'or. A l'Elysée. Au milieu d'une foule de personnes. Bon, ok, on ne s'est pas à proprement parler rencontrés. Il n'empêche que ça a été une sacrée journée…

La photo, là, est vraiment de moi… si si si…

Lundi

19h00: "Demain tu vas à l'Elysée à 10h00, il y a une conférence à laquelle on doit aller", m'annonce mon patron.

19h01: A… A l'Elysée ? Je rigole trop avec mon patron.

19h02: Comme d'habitude il ne rigole pas du tout. Demain I will meet Jacques Chirac.

19h03: Je suis en transe. Je suis enfin ARRIVEE. Je cotoie les grands de ce monde. J'ai envie d'appeler ma grand-mère. Je suis Rastignac. A nous Paris. A nous la France.

19h05: Je me rappelle que je suis de gauche.

19h06: Je déteste Jacques Chirac.

19h10: Je me dis que c'est pas parce qu'on déteste Jacques Chirac qu'on n'a pas le droit d'être impressionnée.

20h00: Je raconte à mes enfants que je vais aller voir Jacques Chirac.

20h01: Mon fils veut que je prenne une photo de Jacques Chirac.

20h12: Comment on s'habille quand on va rencontrer Jacques Chirac ?

20h20: L'homme pense que je ne suis pas obligée de mettre ma robe "spécial mariages" pour aller voir Jacques Chirac. Surtout que je suis de gauche.

20h22: Je crois que l'homme a peur que je vive une histoire avec Jacques Chirac.

20h23: Je jure à l'homme que jamais je ne le quitterai pour Jacques Chirac.

MARDI

06h12: Je me réveille en sursaut et je demande à Bernadette d'arrêter de me chatouiller les pieds.

06h13: L'homme est très vexé.

06h30: Je ne pourrai plus jamais regarder Bernadette dans les yeux après ce qu'on a fait cette nuit.

08h12: Je suis devant l'Elysée. Avec une heure d'avance. Je vais aller prendre un café.

08h20: Y'a pas un café à moins de deux kilomètres. Le quartier de Jacques Chirac ça craint. J'ai peur que les RG finissent par me repérer à force de passer devant l'Elysée.

09h00: J'entre dans l'Elysée. Je suis très impressionnée. Mais Jacques tu peux crever je ne te serrerai pas la main. Je suis comme ça, j'ai des principes. Et je suis de gauche, entre nous il ne se passera jamais rien.

09h30: Le grand salon est bondé. Très loin là bas il y a Jacques Chirac. C'est quand même bizarre de le voir. Mais je suis de gauche, donc ça ne me fait rien.

10h30: Les discours sont terminés. Jacques Chirac remonte la travée. Il serre toutes les mains qui se trouvent sur son passage. Tu vas te prendre une vraie gifle avec moi, Jacques. Je suis de gauche, figures-toi. Alors dans tes rêves, la poignée de mains.

10h32: Il approche. J'ai les paumes super moites. En même temps je m'en fous parce qu'il n'est pas question que je lui serre la main… Sauf… sauf si vraiment j'y suis obligée. Si ça se trouve on peut être condamnée pour un truc pareil. Je suis de gauche d'accord, mais avant tout j'aime mon pays. Et aussi ma liberté. Et Jacques Chirac, quelque part, c'est mon pays, non ?

10h33: Il est devant moi. Je veux le toucher. On dirait le pape. Droite, gauche, c'est pareil de toutes façons aujourd'hui. Il faut savoir évoluer, un peu. Il est fini le temps des clivages politiques qui ne veulent rien dire. D'ailleurs, franchement, parfois, je me demande qui est VRAIMENT à gauche. Pas forcément ceux qu'on croit figurez-vous. La vraie gauche se cache à droite si vous voulez mon avis.

10h34: Putain c'est le père de la nation quand même.

10h35: Il ne m'a pas vue.

10h36: J'ai envie de pleurer. Il a serré la main de tout un tas de vieilles biques et moi, rien. Il est passé sans me regarder. Alors que pour moi il est comme un père.

10h37: Je viens de crier "Papa".

10h39: Je le suis comme si c'était Marc Lavoine.

10h40: Il est très grand.

10h42: Je me demande ce que ça fait de coucher avec le père de la nation.

10h43: J'y crois pas que ça me fait des trucs rien que d'y penser.

10h45: J'ai envie de coucher avec mon père. C'est très transgressif, ça. En fait je n'ai jamais cessé d'être de de gauche.

10h46: Je reprends mes esprits. Je sors mon appareil photo.

10h50: Je suis juste devant lui.

10h52: Je lui colle mon appareil à dix centimètres du visage.

10h53: Clic-clac Jacques est dans la boite.

10h54: Il vient de me regarder. J'oublie qu'on est à l'Elysée. Tout nous sépare et en même temps, rien.

10h55: En fait si. Quelque chose nous sépare. Un gros molosse plein d'oreillettes.

10h56: Le molosse est de droite ça se sent à plein nez.

10h57: Le molosse me dit que je dois partir maintenant.

10h58: Bernadette vient d'apparaitre. Avec Claude. Ma soeur.

10h59: J'essaie d'expliquer au molosse que je suis de la famille.

11h00: Le molosse est vraiment de droite.

11h03: Je me retrouve sur le perron de l'Elysée sans avoir eu le temps de dire adieu au père de la nation.

11h04: J'appelle l'homme.

11h02: L'homme est super fier que j'ai refusé de serrer la main de Jacques Chirac. Il dit que c'est quand même la moindre des choses quand on est de gauche. Je préfère ne pas lui expliquer que parfois la gauche se cache à droite.

Vol de nuit

A la demande générale de mes milliers de lecteurs de la blogosphère, suite et fin de mon expérience aux limites des portes de la mort…

16h00: Je prends le taxi pour Roissy.

17h00: 69 euros pour faire Porte d'Italie-Roissy. 450 francs.

17h01: C'est décidé, après avoir donné ma démission de mon métier dangereux je fais taxi.

17h05: Je suis à Roissy. C'est comme si quelqu'un serrait très fort ma poitrine. Je prends direct deux quarts de Lexomil.

17h07: Le lexo ne me fait rien. Je respire mal. J'ai peur.

17h12: Je reprends un quart.

17h24: J'enregistre mes bagages. On m'explique que tout ce qui est liquide doit être rassemblé dans un sac de congélation. Rapport à la possibilité de fabriquer une bombe à partir d'un tube de dentifrice. C'est fou comme on perd peu à peu toutes nos libertés. Ce climat de répression est insupportable.

17h30: En même temps je me demande s'il n'est pas mon devoir de signaler que cet homme là-bas, d'origine moyen-orientale, a un comportement étrange. Il n'arrête pas de LIRE son journal.

17h32: Marine Le Pen sors de mon corps.

17h45: On passe au détecteur de métal. Je suis contre la délation mais je ne peux pas faire comme si je n'avais pas vu que la vieille dame devant moi a INTENTIONNELEMENT oublié d'enlever sa ceinture alors que ça nous a été très EXPLICITEMENT demandé. Si tout le monde n'y met pas un tout petit peu du sien, il ne faudra pas avoir l'air surpris quand dans une heure on ira se jeter direct sur la tour Montparnasse.

17h46: Je voudrais bien qu'on m'explique pourquoi cette jeune fille très vulgaire a eu droit à une fouille à corps scrupuleuse par ce beau vigile alors que moi c'est Gertrud qui s'y est collée.

17h50: A y'est, je suis dans la salle d'embarquement. J'achète une énorme barre de Tobleronne. ça fait dix ans que je n'ai pas mangé de Tobleronne. Quand on va mourir on fait des choses folles.

17h52: Le Tobleronne ça déchire. Je me demande s'il foutent pas du lexomil dedans. J'ai plus peur.

17h55: J'ai fini mon Tobleronne. J'ai de nouveau peur. En plus si je survis j'aurai pris un kilo. Au point où j'en suis je vais me taper une autre barre.

18h40: "Les passagers du vol Air One 675 pour Turin sont invités à se présenter à l'embarquement, porte 10".

18h42: Je fais une overdose de Tobleronne, je n'arrive plus à me lever. J'trouve pas la porte 10.

18h45: J'arrive péniblement à présenter mon passeport et ma carte d'embarquement. Je fais remarquer l'air de rien à l'hôtesse qu'il fait nuit. Elle me répond qu'elle s'en était rendu compte. Bon, manifestement l'information a l'air de mettre du temps à aller jusqu'à son cerveau. Il fait NUIT putain. Elle me rend mon passeport et m'invite à avancer. Tant pis, j'aurai essayé.

18h47: Je franchis le pas de la porte de mon cercueil. "Buongiorno" me lance un stewart à l'air niais. J'ai envie de lui en coller une. A tous les coups je fais un bad trip de Tobleronne.

18h50: Une hôtesse nous fait la démonstration du gilet de sauvetage. Je prends des notes.

18h52: Je voudrais pas dire mais il n'y a pas grand monde qui écoute l'hôtesse.

18h53: Chacun fait ce qu'il veut mais j'ai dans l'idée que si on s'écrase dans l'Atlantique dans une heure on sera pas nombreux à s'en sortir. En tous cas une fois qu'on sera dans la flotte faudra pas compter sur moi pour expliquer le fonctionnement du gilet. ça sera chacun sa gueule, je vous préviens. D'autant que tout ce bardas m'a l'air assez compliqué à faire fonctionner. J'ose à peine imaginer ce que ça peut donner en pleine panique.

19h00: "Ready for take off".

19h01: J'y crois pas qu'il y'a un type qui écoute un truc dans son oreillette de téléphone alors qu'on va décoller. Le capitaine vient pourtant y'a pas deux minutes de nous prévenir que c'est STRICTEMENT interdit.

19h03: Au point où j'en suis dans ma dérive pétainiste j'avertis immédiatement l'hôtesse.

19h04: C'est un sonotone.

19h06: Il n'empêche qu'avec moi pas un détail n'est laissé au hasard.

19h07: L'avion s'élance sur la piste. J'ai l'impression que c'est moi qu'on propulse à 300 km à l'heure. J'ai pris tellement de lexomil que j'ai super peur mais qu'en même temps mon coeur bat étrangement très très lentement. Je vais mourir, même pas à cause de l'avion. Avec ma chance je fais une réaction au mélange de Tobleronne et d'anxiolitiques.

19h10: On décolle. J'ai 300 tonnes sur le ventre. C'est la fin.

19h15: J'ouvre les yeux. Je suis toujours vivante. Par la fenêtre je vois les lumières de Paris. Et aussi la tour Eiffel. Je vais peut-être mourir mais je n'avais jamais rien vu d'aussi beau.

19h20: Je me sens super courageuse. Je suis une aventurière. Je suis Florence Aubenas.

19h40. Je viens de me remettre du décollage et voilà qu'on "entre dans oune zone dé tourboulences", nous annonce le steward.

19h41: Je fais l'oeuf.

19h45: J'explique à mon voisin que je me mets dans cette position en cas d'atterrissage d'urgence.

19h46: J'explique à mon voisin que si pour lui le fait qu'il y ait systématiquement zéro survivant en cas de crash fait de l'avion le moyen de transport le plus sûr au monde c'est SON problème.

19h48: L'hôtesse a l'air super nerveuse. Il se passe un truc c'est sûr. Elle fait genre "tout va bien" mais on ne me la fait pas.

20h00: Je prends mon I-Pod et je mets Marc Lavoine à fond. Si je dois mourir je veux que ce soit avec lui.

20h12: L'hôtesse me secoue violemment. On est en phase d'atterrissage et soit-disant qu'avec mon I-Pod je mets tout l'avion en danger.

20h13: Le monsieur au sonotone me regarde avec un air mauvais.

20h20: Je ne vois pas comment le pilote peut envisager qu'on se pose dans deux minutes alors qu'on est à quelques mètres du sol et qu'on doit encore dépasser les 450 km/h. On va crever cette fois-ci c'est sûr.

20h22: On rebondit sur le tarmac. Je freine comme une possédée à l'aide de mes accoudoirs.

20h23: C'est un miracle inespéré: on est entiers. Dire que demain je remets ça pour revenir. J'espère qu'ils vendent du Tobleronne à Turin…

Vol de nuit – premier épisode

avion

Hier, j'étais à Turin. En Italie. ça n'a l'air de rien comme ça mais il faut savoir qu'outre ma petite tendance à la compulsion alimentaire et ma très très légère hypocondrie, je suis frappée d'un autre mal: la phobie de l'avion. Autant dire que le moindre déplacement se transforme en épopée pathétique… Je vous raconte ?

MARDI

-14h: Mon patron arrive dans mon bureau, l'air très content de lui. Je connais ce sourire, j'ai peur.

– 14h01: "Tu pars demain à Turin jusqu'à jeudi. Génial hein ?!"

– 14h02: C'est vrai que c'est génial. Je suis une vraie baroudeuse, j'adore l'image de moi même que ça donne: "Mercredi, un ciné ? Ah, non, excuse, je suis à Turin, mercredi". En plus j'adore l'Italie. Les Italiens aussi. De toutes façons, je suis comme ça moi, je ne tiens pas en place. La vie de bureau non merci.

– 14h03: Je demande à mon patron si je pars de la gare de Lyon ou d'Austerlitz. C'est pour m'organiser.

– 14h04: Je pars de Roissy.

– 14h05: J'ignorais qu'il y avait des TGV qui partaient de Roissy pour l'Italie.

– 14h06: C'est pas un TGV c'est un Boeing, se marre mon patron.

– 14h07: Je vais prendre l'avion.

– 14h08: Mes enfants sont trop jeunes pour perdre leur mère. Tout ça pour aller en Italie. Alors que tout le monde sait bien que l'Italien est un voleur. Y'a qu'à voir la coupe du monde.

– 14h10: Je tente le coup du rendez-vous chez le dentiste impossible à reporter. Sans compter que j'ai des dossiers en retard. Mon patron n'a plus l'air content de lui. Encore moins de moi. Je fais genre que je rigolais.

– 14h15: J'appelle l'homme pour l'avertir que je pars à Turin demain. En avion.

– 14h16: L'homme trouve ça super.

– 14h17: Je lui raccroche au nez, je n'y crois pas qu'il puisse trouver super que je risque ma vie.

– 20h00: Je suis prostrée sur mon canapé, je regarde mon appartement avec la détresse d'une condamnée à mort.

– 20h10: Je demande pardon à l'homme de lui infliger une vie pareille. Je lui promets que si je m'en sors je démissionne. Quand on devient mère on ne peut plus se permettre d'avoir un métier aussi dangereux.

– 20h11: L'homme pense que documentaliste n'est pas un métier dangereux.

– 20h12: Le pauvre. Il fait tout pour cacher sa douleur. Je prends une vraie claque, là. S'il devait partir demain à l'autre bout de la planète, je ne suis pas sûre que j'aurais sa dignité.

– 20h13: L'homme me demande de faire le chèque pour le loyer.

– 20h14: Je trouve ça assez mesquin de penser à des choses aussi petites alors que c'est peut-être la dernière nuit que nous passons ensemble. En même temps je dois penser aux enfants. Ils n'auront peut-être plus de mère, la moindre des choses c'est que je leur assure un toit.

– 20h15: L'homme m'assure que ça n'a rien à voir avec Turin, c'est juste qu'on a deux semaines de retard pour le loyer et qu'on va payer une majoration.

– 20h16: C'est fou comme tout semble dérisoire quand on va mourir. Je lui fais son chèque quand même. Je sens une grande sagesse s'emparer de moi. Je suis complètement détachée des contingences matérielles.

– 20h20: L'homme me rappelle que c'est mon tour de lave-vaisselle.

– 20h22: C'est lui qui a raison. La vie continue. Il est d'un courage, je suis bluffée. J'espère malgré tout que quand on est mort on ne vide plus le lave-vaisselle.

– 2h00: Je me réveille en sueur. Je mets dix minutes à réaliser que je ne suis pas enfermée dans la soute.

– 2h15: Je respire avec mon ventre.

– 2h30: J'ai trop respiré avec mon ventre, j'ai envie de vomir.

– 4h00: Je vais regarder mes enfants dormir. Il sont tellement beaux. Ils ne se doutent de rien en plus. Je n'ai pas le droit de leur faire ça. C'est dégueulasse.

– 6h00: Je prie.

– 7h00: Le réveil sonne. Je ne veux pas partir. Je veux ma maman.

– 7h30: L'homme me serre fort il m'assure que tout va bien se passer.

– 8h00: Je dis au revoir à ma famille et à ma maison. Je m'envole ce soir à 19h00, je ne les reverrai pas.

– 8h01: Je réalise qu'à 19h00 il fera NUIT.

– 8h12: Alors là ça change tout. Il est hors de question que je monte dans un avion qui va décoller A L'AVEUGLE. Casse-cou d'accord, suicidaire, non.

A suivre…

La ronde sur les ondes – Making off (suite et fin)

jetsetVoici donc la suite de ces jours où j'ai failli faire mon entrée dans le monde impitoyable de la jet set. Au cas où certains penseraient qu'il s'agit d'une interviouve à venir, je me dois de démentir, il est bien question de la chronique déjà passée sur Inter la semaine dernière. Je fais une sorte de flash back, quoi… Zoom arrière sur un instant fondateur, you see ?

Allez, repartons dans le temps…

Mardi

– 8h00: J'achète mon journal au kiosque à côté de chez moi. Je me demande si je continuerai à faire ce genre de chose, après. Le kiosquier me regarde à peine. Le pauvre, quand il saura, il regrettera sûrement de ne m'avoir pas plus prêté attention.

– 8h25: Je monte dans le 47.

– 8h26: Ce qui est sûr c'est que je prendrai toujours le bus. Je ne veux pas me couper des vrais gens. C'est dans cette réalité quotidienne que je trouve toute mon inspiration.

– 8h35: Une vieille dame vient de se planter devant moi, l'air mauvais. Elle veut la place assise. Vivement que j'aie mon chauffeur, les vrais gens c'est tout de même très chiant.

– 9h00: J'arrive à mon bureau, tous mes collègues sont là, à travailler, comme si de rien n'était. Mon patron me fait remarquer que je suis à l'heure et que ça se fête. Le pauvre, quand il saura.

– 9h45: A quoi bon continuer à travailler ? Dans quelques jours je n'aurai plus qu'à choisir entre la télé et la presse féminine. Je sens que ce sera difficile de départager ce petit monde. Tout ce que je sais c'est que TF1, jamais. Mougeotte, pas la peine de batailler t'auras jamais mon âme. Non, de toutes façons, je me suis toujours sentie très Canal. Daphné, Mlle Agnès et les autres, va falloir se serrer un peu sur le banc de la notoriété. Caro arrive…

– 11h00: Je crois que je vais aller me faire masser, là, tout de suite. Je n'arrive plus à regarder mes collègues en face, leur cacher la vérité c'est trop dûr. Et puis j'ai plein de tensions dans mon corps. Vivement que j'aie mon coach. Il parait que celui de Sophie Marceau fait des merveilles.

– 15h00: Mon patron voudrait me parler. Se doute-t-il de quelque chose ?

– 18h00: Je file en rasant les murs. Il faut que je me trouve une tenue correcte pour l'interview.

– 20h00: L'homme n'a pas l'air de comprendre qu'il me fallait ces ballerines Repetto à 120 euros pour l'interview. Il hurle les mots "téléphone" et "radio" comme s'il y avait un rapport.

– 20h30: "Mais bien sûr qu'il y a un rappooooooort!" vocifère-t-il.

– 23h00: Je tourne et retourne dans mon lit, je répète mon texte dans ma tête, j'ai peur.

Mercredi

– 6h00: C'est le grand jour. La gloire m'attend.

– 7h00: Mes toilettes aussi m'attendent. Je suis malade à crever. C'est ça aussi devenir une star. Après tout, Adjani vomit bien avant chaque entrée en scène…

– 7h00: Ok, la diarhée c'est moins glamour.

– 8h15: Je préfère ne pas trop me maquiller, je sens que D. aime les femmes au naturel.

– 13h00: Je m'éclipse du bureau et attends chez moi LE coup de téléphone qui changera ma vie.

– 15h00: D. n'a toujours pas appelé.

– 15h30: Je vérifie pour la 30ème fois que le téléphone est bien branché. Si ça se trouve c'est Free qui est en carafe. On n'aurait JAMAIS dû choisir le dégroupage total. C'était une erreur.

– 16h00: J'appelle l'homme et le remercie d'avoir très judicieusement choisi d'abandonner France Telecom quelques mois avant qu'on ne m'offre la chance unique de percer dans le monde des médias. Je l'avertis que je ne lui pardonnerai jamais de m'avoir fait rater la chance de ma vie. Tout ça pour économiser quelques malheureux centimes. ça manque de grandeur tout ça. Oui, parfaitement. Va falloir arrêter de jouer petit.

– 16h01: Double appel.

– 16h02: Je n'arrive pas à prendre ce putain de double appel.

– 16h03: Avant R1 et R2 ça marchait, merde. Je prépare mentalement une expédition punitive chez Free.

– 16h04: Je perds la ligne.

– 16h06: Je n'ai plus aucun ongle. Alors que je m'apprête à attaquer les phalanges le téléphone re-sonne.

– 16h07. C'est lui. D.

– 16h08: Je suis essouflée. Je suis assise, je n'ai pas bougé depuis trois heures et je suis essouflée.

– 16h10: Il faut dire que mon pouls dépasse allègrement les 150 pulsations minute. Alors forcément je manque d'air.

– 16h12: Je respire avec le ventre.

– 16h13: J'arrive finalement à m'exprimer. Plus je parle de moi, plus je me trouve intéressante.

– 16h15: J'adore ça. D. a l'air passionné par ma vie. C'est mille fois mieux que ma dernière séance chez mon rabat-joie de psy. Et en plus on paie pas à la fin. J'ai beau chercher je ne vois aucun mauvais côté à ma nouvelle vie.

– 16h16: On n'arrête pas de rire avec D., c'est incroyable ce qui se passe.

– 16h17: Il me dit que j'ai une voix de radio. Je meurs d'envie de lui demander de me pistonner. Mais je ne le ferai pas, j'ai ma dignité et puis ça gacherait tout.

– 16h18: "Embauchez moi. Je vous paierai. J'ai un codevi".

– 16h20: D. m'explique un peu gêné qu'il est lui même pigiste et qu'il ne connait pas personnellement le patron.

– 16h22: D. me demande d'arrêter de pleurer.

– 16h23: On finit par raccrocher, je sens que pour D. ce n'est pas facile de me quitter. Je lui promets de le rappeler très vite. Il me dit qu'il préfère qu'on laisse passer du temps. Le pauvre. Il sait au fond de lui que je suis déjà loin. Je n'oublierai jamais qu'il a été le premier à me donner ma chance.

– 16h24: J'envoie un mail à D. pour le remercier pour cet instant magique. Je lui demande de me prévenir du passage de l'émission.

– 20h55: Message de D.: "OK, vous prévient. Pas avant deux semaines. D'autres chroniques prioritaires avant. D."

– 21h00: Cet homme est brisé.

Deux semaines plus tard…

Jeudi

– 10h00: Mesage de D. "Vous passez demain. A plus. D."

– 10h10: Cet homme est d'une élégance… Revenir vers moi alors qu'il est en pleine souffrance. Chapeau bas.

– 10h12: Les 122 personnes que je connais sur cette planète sont au courant de mon passage à la radio demain. Demain c'est la consécration.

Vendredi

– 6h12: Le réveil sonne une heure plus tôt que d'habitude. Dehors il fait nuit. On dirait qu'on part en sortie de ski. L'homme met la radio.

– 6h18: Dans deux minutes je vais être mondialement connue. Pour l'instant je me sens exactement la même qu'avant.

– 6h20: J'ai ma tête collée contre la poitrine de l'homme alors je n'entends pas très bien. En même temps, c'est bon, un calin. Même quand on est célèbre.

– 6h21: A y'est. C'est à moi. Je ne reconnais pas ma voix. Je me sens toute drôle.

– 6h24: La présentatrice du journal va lire un extrait de mon blog. Woaouh. C'est "Apostrophe" ma parole.

– 6h25: Je n'y crois pas. Je suis mortifiée. 345 billets sur mon blog. Et il a fallu qu'elle choisisse ce texte sur les pompiers. Sur le cul des pompiers plus exactement. On ne devient pas célèbre en parlant du cul des pompiers. Personne n'est JAMAIS devenu célèbre en mattant le cul des pompiers. Si, Dave, peut-être. Adieu, veau, vache, cochon. Le pot au lait de la notoriété vient de se fracasser en mille morceaux qui font pin-pon en tombant par terre.

– 6h26: L'homme me sert fort. Il peut plus s'arrêter de rigoler à cause des pompiers. Il me dit qu'il est fier. Il dit qu'il m'aime. Il dit qu'il reste 14 minutes avant que le réveil ne se remette à sonner…

La ronde sur les ondes – Making off

starBon, ce n'est pas que je veuille absolument revenir sur cet épisode incroyable de mon interviouve téléphonique mais il faut tout de même bien reconnaître qu'en quelques jours tout a failli basculer. Je vous dois bien un petit compte-rendu de ces jours où je suis devenue une star.

Ou presque…

Dimanche

– 19h00: On revient d'une balade dans Paris. Pendant que l'homme est en train de baigner les enfants – c'est un père modèle en plus d'être un amant formidable mais je n'en dirai pas plus parce que depuis que j'ai parlé de lui ici il aurait une légère tendance à se la péter grave – je me rue sur mes mails. Trois heures que je n'ai pas pianoté sur mon ordi et je commençais à ressentir les premiers tremblements du manque.

– 19h10: Il est là. LE mail. LE mail de LA personne censée me repérer parmi les miliers de blogs du net. Ce mail attendu l'air de rien, sans  en parler sous peine de passer pour une pintade prétentieuse. Bon, je vous arrête tout de suite, ce n'est pas Valérie Toranian, faut pas déconner non plus.

– 19h11: C'est un journaliste de la radio. Il fait une chronique sur les blogs à genre cinq heures du matin. N'empêche c'est le début de quelque chose. Il me demande si je ne vois pas d'inconvénients à ce qu'il m'interviouve.

– 19h14: Je débarque en hurlant dans la salle de bain. L'homme est tout blanc il a cru que quelqu'un était mort.

– 19h16: Mon fils voudrait comprendre pourquoi sa maman est toute rouge et qu'elle crie.

– 19h18: Je sens que j'en ai pour deux jours pour faire comprendre à mon petit garçon ce qu'est un blog et pourquoi je suis hystérique parce qu'un journaliste de la radio va m'interviewer.

– 19h20: "C'est rien en fait mon chéri. C'est juste que Maman va devenir célèbre. Comme Dora exploratrice, tu vois ?"

– 19h22: Ma fille se met à pleurer parce que Dora n'existe pas et qu'elle ne veut pas que sa maman devienne un dessin animé. Je laisse l'homme trouver les mots, pour l'instant je suis trop bouleversée moi même.

– 19h25: J'efface pour la dixième fois mon mail de réponse, je voudrais avoir l'air naturelle et enthousiaste mais néanmoins digne et pleine de recul.

– 19h45: "Cher D., je me prêterai avec plaisir à votre petite interview. Je n'ai pas énormément de temps dans la journée mais je peux tout à fait poser ma semaine de façon à ce que vous puissiez me joindre à tout instant. Le mieux est que je vous laisse mon numéro de portable, ma ligne professionnelle et le téléphone de la maison. Merci mille fois d'avoir trouvé de l'intérêt à ma prose, je vous en serai éternellement reconnaissante. S'il faut d'ailleurs vous rétribuer pour cette chronique n'hésitez pas à me le faire savoir."

– 19h50: "D., je reviens vers vous pour vous donner également les coordonnées de ma mère ainsi que ceux de ma meilleure amie, au cas où vous ne soyiez pas parvenu à me joindre sur les autres numéros".

– 19h52: "D., encore un mot, je m'aperçois que j'ai omis de vous préciser à quel point j'aime ce que vous faites. Et très sincèrement, je vous le dirais même si vous décidiez finalement de ne pas m'interviewer. Tout en espérant bien sûr que ce n'est pas le cas."

– 20h00: J'ai peur d'avoir été trop distante ou trop détachée.

– 20h10: Je fais lire à l'homme ce que j'ai envoyé, il n'a pas l'air de penser que je suis trop détachée. Il me demande avec un drôle d'air si c'est néanmoins possible de récupérer les mails avant que D. ne les lise. Je lui dis que c'est trop tard. Je suis un peu inquiète.

– 20h40: J'ai appelé l'intégralité de mon répertoire pour annoncer la nouvelle. Je ne suis pas sûre que tout le monde saisisse l'importance de ce qui m'arrive.

LUNDI

– 04h12: Je me réveille en sueur, j'ai peur d'avoir rêvé. Je rallume mon ordinateur, le message est toujours là.

– 08h14: Je vérifie à nouveau mes mails

– 10h00: D. m'envoie un nouveau message dans lequel il me demande de lui faire un petit topo sur le pourquoi et le comment de mon blog.

– 12h00: J'en suis à la quatrième version de mon topo, j'ai beau vouloir faire bref, je ne vois pas comment ne pas remonter à l'époque où en CM2 ma mère m'a forcée à porter un kilt marron. Sans cet épisode il n'y aurait peut-être pas de blog. Dans la vie d'un artiste il y a des instants fondateurs à côté desquels on ne peut pas passer.

– 12h30: J'ai manifestement dépassé le nombre de signes autorisés par mon logiciel de mails. C'est incroyable tout de même, en moins de 30 000 caractères on ne peut rien dire, en tout cas pas l'essentiel.

– 16h00: "Chère Caroline, merci pour votre topo. Je pense qu'avec ces 20 pages j'ai assez d'éléments. Je vous rappelle qu'il ne s'agira que d'un interview de quelques minutes. Ne m'écrivez plus jusqu'à ce que je vous contacte. Je vous en prie. D."

– 16h10: Je sens qu'il est en train de se passer quelque chose de très fort entre D. et moi. C'est tellement violent qu'il préfère prendre un peu de distance. L'homme sera triste, probablement, mais si nous devons vivre une passion lui et moi il n'y pourra rien. Mon dieu, que vont devenir les enfants ?

– 17h00: Je commence à comprendre la souffrance des gens célèbres. La notoriété pousse à faire des choix cruels et rend fragile. D'ailleurs je me sens fragile. Heureusement que j'ai ma famille, ils restent mon point d'ancrage. Dire que j'ai failli les quitter.

– 17h10: J'appelle l'homme pour lui dire que jamais je ne partirai pour un homme connu. Jamais je ne sacrifierai les fruits de mes entrailles. Je lui promets que je saurai rester la même. Je lui jure qu'entre D et moi il n'y a que de l'admiration réciproque et une complicité entre deux professionnels qu'il ne peut pas comprendre.

– 17h12: L'homme me demande de ne pas oublier le pain.

– 20h00: L'interview a lieu demain. J'ai peur. Je sens qu'il y aura un avant et un après.

– 21h00: Je me demande s'il n'est pas encore temps d'arrêter la machine infernale de la célébrité. Une fois que je serai passée à la radio, finie les soirées tranquilles au restaurant, terminées les balades incognito.

– 21h10: L'homme m'annonce qu'il ne va peut-être pas me supporter encore très longtemps.

– 21h30: Je le savais, ça ne sera pas facile pour ma famille. Quelques jours à peine que j'ai fait mon entrée dans le gotha et mon couple vacille déjà.

à suivre…

La robe pull

 

robepullIl n'aura échappé à personne que cet hiver, l'accessoire de la hype qui tue c'est la robe pull. Dans un premier temps, je me suis réjouie. Pourquoi ? Parce que très sincèrement, depuis six mois c'était le bermuda et que forcément ça a été sans moi. Non pas tant parce que le bermuda m'évoque plus l'uniforme des scouts qu'une parure sexy, mais vous imaginez bien qu'il est hors de question – et ce même sous la torture – d'envisager un seul instant d'exhiber mes mollets, ceux-là même qui refusent d'entrer dans quelque botte que ce soit.

Donc, disais-je, la robe pull. Au départ, je me suis dit, "facile la robe pull". Pas de boutons, pas de coutures rigides, un jeu d'enfant quand on a des formes. Il suffira de choisir une grande taille pour ne pas avoir l'air saucissonnée et cet hiver, pour une fois, je serai branchée. C'est donc avec un optimisme de possédée que je me suis lancée à la conquête du graal.

15h00. Je prends le metro direction les Halles. Je vais m'acheter une robe-pull. Rien que d'y penser je me sens hyper sexy. Je m'y vois déjà avec mes cavalières. Emma Peel, tu peux t'accrocher. La leçon de mode que je vais te donner, tu vas pas t'en remettre.

15h10: Chez Zara il y a des tonnes de filles super élégantes et à peu près autant de robes pull. S'il le faut je tuerai mais j'en aurai une aussi. Je veux entrer dans ce club hyper select.

15h45. C'est bien ma veine. Une demi-heure de queue aux cabines pour essayer un banal chandail. Merci à la mal élevée qui l'a remis au milieu des robes, tout ça uniquement par flemme d'aller au rayon pull. Il n'y a plus aucun respect de qui que ce soit.

15h48: Autant pour moi, c'est une robe. Sur le cintre c'est une robe. Sur moi c'est un pull.

15h57: Zara ce n'est pas fait pour moi c'est une évidence. De toutes façons toutes ces filles formatées qui se ruent sur ces robes – qui n'en sont pas – sont pathétiques et dépourvues de personnalité. Je vais aller dans un endroit plus pointu.

16h20: J'entre chez C&A.

16h23: Celle-ci avec ses rayures horizontales, elle est faite pour moi. On dirait une Rykiel. C'est à l'évidence le must have de 2007. Et puis il est temps de faire un sort à la réputation honteuse qu'on a toujours collée sur le dos des rayures.

16h24: Que celui qui a eu l'idée de mettre des rayures sur une robe en laine meure dans d'atroces souffrances.

16h26: Même verticales les rayures sont une tuerie. Ecoute Sonia, sur ce coup là je me permets de te dire que tu t'es plantée. C'est comme ça, c'est sûrement difficile de le reconnaitre quand on est une grande dame comme toi, mais laisse tomber les rayures. Concentre toi sur les canards.

16h30: Je me casse de chez Camaïeu en sueur. Le dernier modèle m'a permis de constater que j'ai des bourrelets dans le dos. Il me semble également avoir recensé quatre seins ce qui, à l'évidence, n'est pas totalement normal.

16h45: Chez Comptoirs des chiff… heu des cotonniers, ils ont des robes-pull en laine ajourée.

16h50: J'essaie de convaincre la vendeuse que la robe était à ce point ajourée avant que je l'essaie. Elle est extrèmement désagréable et me certifie que ce modèle n'a JAMAAAAAAAIS été ajouré sous les bras. Je la prend de haut et je pars en courant. De toutes façons, "comptoir des trucs", tes fringues elles puent.

17h20: Chez Zadig et Molière les robes-pull sont à 450 euros. Dans la taille 3 je suis aussi à l'aise qu'une saucisse de morteau en string.

18h00: J'ai dû essayer 38 robes-pull. En laine qui gratte, en jersey qui fronce, en coton qui baille. Avec ou sans rayures, en doré bling bling et en gris souris très chic. Pas une seule, entendez-moi, pas une seule, ne m'a fait ressembler à autre chose qu'à de la charcuterie alsacienne.

18h20: J'achète un bermuda.

Pour conclure, la robe-pull c'est la fausse bonne idée de cet hiver, surtout si vous avez, au choix, des seins (surtout avec les rayures horizontales, qui du coup ne le sont plus), du ventre (effet grossesse assuré, place assise dans le bus garantie) ou du cul (la robe remonte alors très gracieusement par dessus les fesses et pendouille devant). Sachez qu'en plus c'est extrèmement difficile à entretenir et qu'à moins d'y mettre 500 euros ça bouloche.

Au moins le bermuda, c'est pratique et ça va avec tout.

Ok, je rigole pour le bermuda, c'est juste que je ne trouvais pas de chute.

Plus que 36

poolpontoiseDonc lundi soir je suis allée à la piscine. Mon corps s’en souvient et le premier qui me dit que « la brasse ça ne sert à rien » je lui en colle une. Comme promis, j’ai pris des notes pendant cette heure de gloire. On y va ? Allez, que ceux qui m’aiment plongent avec moi.

8h00 je m’apprête à partir de chez moi pour aller bosser.

8h05: Merde, c’est vrai, je vais à la piscine ce soir.

8h10: Après avoir renversé mon tiroir à culottes, le sac de linge sale et le tiroir à slip de l’homme je finis par retrouver dans la penderie de l’entrée (???) mon vieux maillot de piscine.

8h15: Après avoir vidé la penderie, les tiroirs à culottes des enfants et mon tiroir à soutiens-gorges je finis par retrouver au fond du sac de linge sale (???) mon bonnet de bain en silicone.

10h00: Tout le monde à mon travail sait que je vais à la piscine ce soir. En lire plus »