Un mariage charentais

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Le week-end dernier nous étions donc à La Rochelle pour le mariage de Bastien et Marguerite. L'union d'un Français et d'une Canadienne, célébrée en musique, parce que Bastien, en plus d'être – comment l'écrire sans passer pour une vieille perverse, ce presqu'enfant étant malgré tout mon neveu ? – hum… joli, est aussi un jeune chanteur talentueux qui commence à percer chez nos cousins québécois.  (Quand j'y pense, mon admiration n'est pas si déplacée. Je veux dire, on n'a pas le même sang. Techniquement c'est le churros qui est son oncle. Ce qui fait de moi… sa cousine. Si.)

Une belle journée, donc, qui n'avait pas forcément très bien commencé. A dix minutes du mariage en effet, le churros était en jean sale et troué – "oh, merdeuh, j'ai oublié mon costume" (phrase prononcée sur le quai de la gare Montparnasse à 2 mn du départ), le machin avait le sien, de jean, aux genoux – "oh, merdeuh, j'ai confondu mon pantalon, j'ai pris celui qui est trop grand" – (prise de conscience deux heures avant la mairie) et la chérie était en dépression au motif que son combishort en soie bleue et à bretelles avait été remisé au profit d'un jean noir étant donné qu'il faisait 5° et qu'il pleuvait des hallebardes ("et pourquoi Rose a le droit de mettre son tutu, elle ?" (parce que la vie est une truie et que Rose a un pouvoir de nuisance supérieur au tien mon ange, je sais, tout n'est qu'injustice).

Quant à moi…

Quand à moi j'étais en hypothermie dans ma robe ras le frifri (ça va pas que je vais me mettre en baggy pour un mariage ?) et je venais de croiser mon reflet. L'occasion de me rappeler que la dite robe avait un léger défaut. Non pas qu'elle fut transparente – enfin, si, aussi. Non, le problème se situait plutôt de son côté collant. Un aimant à cellulite. Le genre de tenue qui semble crier à la cantonnade: "regarde ma peau d'orange, qui veut son smoothie ?".

Ah ça on était séduisants, tous.

Au final, nous avons dégotté un slim noir chez Jules pour le churros en taille 40 (comment le dire gentiment pour ne pas passer pour une castratrice ?) hum… ajusté. Et une ceinture pour le machin. Et entre la mairie et l'église, on a filé à l'hôtel pour que la chérie – qui avait finalement prouvé qu'au niveau de la nuisance elle se posait là elle aussi – (comme quoi rien de tel qu'un peu de contrariété pour se surpasser) mette son fucking combishort. Ce qui me permit de prononcer LA phrase sans laquelle tu n'es pas maman: "Ne viens pas pleurer quand tu seras malade et ne compte pas sur moi pour te soigner" (aucun effet, je vous rassure et zéro crédibilité).

Quand à moi, j'ai servi des oranges pressées toute la soirée.

Voilà, à part ça, entre les hallebardes, nous avons profité un peu de La Rochelle, de ses plages et de son ambiance si particulière des francofolies. Et j'ai pensé à vous, lectrices charentaises, que j'aurais adoré rencontrer mais pour cela encore eut-il fallu que j'eusse un peu de temps…

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Là elle est heureuse. Si si. Je sens que je vais apprécier les 10 prochaines années.
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Non ce tee n'est pas à moi, j'avais froid et j'ai piqué le mickey de ma fille (et je l'ai tout détendu) (mickey)
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Jean-Philippe Zermati: « accepter ce que l’on est pour devenir autre »

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Chose promise chose due. Jean-Philippe Zermati m'a donc accordé une interview à l'occasion du lancement du site internet Linecoaching. Je précise d'emblée que cet échange s'est concentré sur ce portail et non sur la méthode mise au point par ce médecin nutritionniste. Même si bien évidemment, il rappelle au détour de ses réponses les principes de base de la méthode en question.

Par ailleurs, j'ai essayé de poser toutes les questions que vous aviez suggérées dans les commentaires. Mais certaines d'entre elles étaient très spécifiques ou s'éloignaient du sujet précis de cet entretien.

Ceci étant dit, je remercie monsieur Zermati, alias docteur Z sur ces pages, pour ses réponses qui je pense, devraient vous éclairer.

Avant de vous laisser découvrir le résultat de cet entretien, deux trois mots encore: je crois que monsieur Z et moi avons fait tomber une à une les barrières de la relation patient/médecin. En grande partie de mon fait. Avoir raconté sur mon blog nos séances en prenant parfois quelques libertés de ton a forcément fait bouger les lignes dès le départ. Et maintenant, voilà que je l'interview, en enfilant mon costume de journaliste, tout en ne pouvant faire abstraction que je parlais à mon médecin. Ou devrais-je écrire mon ancien médecin, nous ne nous sommes en effet pas vus depuis longtemps.

Cette relation particulière a nécessairement eu un impact sur notre entretien et rend mon objectivité assez relative. Cela ne signifie pas que je me pose ici en étendard de Linecoaching. Mais j'ai confiance en ce praticien dont j'ai pu juger de l'éthique et du sérieux durant deux ans. Je suis par ailleurs encore étonnée tous les jours par la façon dont sa méthode a bouleversé ma vie. Non que je lui attribue le mérite de mon changement d'orientation professionnelle ou ma capacité désormais à parler en public sans défaillir. Mais comme je le lui confiais récemment, "ça va plus loin que maigrir".

Après ces quelques phrases dégoulinantes de sentiments (oui merci, mon transfert se passe très bien), je passe la parole au docteur Zermati.

Pourquoi avez-vous décidé de créer ce site, Linecoaching, en plus de vos consultations et des livres que vous avez écrits pour expliquer votre méthode ?

Jean-Philippe Zermati : La question qui se pose pour moi c'est plutôt « comment aurions-nous pu nous passer d'un tel outil ? » Linecoaching est en effet un véritable prolongement de nos travaux avec le docteur Gérard Apfeldorfer depuis des années. Cela fait plus de quinze ans que je me bats pour faire entendre notre voix. J’ai présidé l'association le GROS dans le cadre de laquelle je m'investis bénévolement, je dispense des formations, j'écris des livres… Mais force est de constater qu'avec ce site nous disposons d'un effet de levier 1000 fois supérieur. Nous sommes, Gérard Apfeldorfer, moi même et tous les partisans de notre méthode, très peu connus. Les apôtres des régimes en tous genre le sont beaucoup plus que nous. Et en n'étant pas présents sur le web, nous avions l'impression de nous battre avec un canif contre les assauts livrés à la bombe atomique par certains nutritionnistes ayant pignon sur rue ! Linecoaching, il faut le voir avant tout comme un outil qui va nous permettre de toucher beaucoup plus de gens.

Ce n'est donc pas un moyen de « faire de l'argent » ou de vous stariser sur le net ?

Jean-Philippe Zermati : Franchement, si j'avais voulu, comme vous dites, « faire du fric », j'aurais changé de métier ou en tous cas je l'aurais pratiqué autrement. Ce site emploie actuellement 10 personnes et ce n'est qu'un début, le suivi personnalisé que nous proposons exige en effet qu'un grand nombre d'experts soient à même de répondre rapidement aux questionnements des abonnés. Dans un monde idéal, bien sûr, on pourrait rêver que tout ceci soit gratuit. Mais la seule solution pour que ça le soit, serait qu'il soit pris en charge par le ministère de la Santé. Aux dernières nouvelles, il n'en est pas question…

Ce qui peut étonner lorsqu'on connait votre méthode et votre discours, c'est la « promesse » de Linecoaching: « maigrir sans régime ». Or en consultation ou dans vos livres, vous insistez toujours sur la nécessité d'accepter un poids d'équilibre et sur le fait que la perte de poids ne doit pas être un objectif en soi. Pourquoi alors mettre l'accent sur l'amaigrissement ?

Jean-Philippe Zermati : Vous avez raison, j'insiste toujours auprès des patients sur le fait que la perte de poids n'est pas un objectif direct mais une conséquence du rétablissement d'un comportement alimentaire normal. Une conséquence réjouissante en général et qui me fait forcément plaisir lorsque mes patients m'en font part. Mais il ne faut pas se voiler la face. Les gens viennent me voir avec l'espoir de maigrir. J'ai rarement en face de moi des personnes en surpoids qui souhaitent en premier lieu réguler leur comportement alimentaire. Généralement la souffrance vient du poids, moins souvent de la compulsion. Si nous pouvions manger plus que de raison en permanence sans grossir, beaucoup moins de gens consulteraient. Par conséquent, nous parlons en effet d'amaigrissement, parce que nous savons que c'est ce à quoi aspirent la plupart des personnes en surpoids. Toutefois, vous ne trouverez nulle part sur ce site une promesse chiffrée. Et la question du poids d'équilibre est abordée très vite, ainsi que celle de l'acceptation de ce poids d'équilibre, même si ce dernier ne correspond pas à celui que l'on souhaiterait. L’acceptation est un concept difficile souvent confondu avec la résignation. Il s’agit pourtant d’un outil psychologique très puissant qui permet d’accéder au changement. On accepte ce qu’on est pour peut-être devenir autre. Encore une fois, Linecoaching est en pleine cohérence avec nos travaux et nos convictions.

Est-ce que toutes les personnes qui suivront votre programme en ligne peuvent maigrir ?

Jean-Philippe Zermati : Effectivement, tout le monde ne pourra pas maigrir autant qu’il le souhaite. Ce que nous pouvons faire pour chaque personne souffrant de surpoids, c'est essayer de la ramener à son poids d'équilibre, sachant qu'on ne sait pas, au départ, où il se situe. On peut aussi l'aider à accepter ce poids. Parce que notre théorie est basée sur l'idée que plus on stresse sur son poids et sur un idéal de minceur, plus finalement on est susceptible de ne pas maigrir ou même de grossir. Nous proposons pour cela aux gens de travailler à la fois sur les sensations alimentaires qui permettent de manger lorsqu'on a faim et de s'arrêter lorsqu'on est rassasié et sur l'impulsivité qui pousse à manger sous le coup des émotions. C'est un énorme pari pour nous de motiver les gens sur cette promesse qui diffère totalement de celles qui sont faites par de nombreux nutritionnistes.

Vous ne pensez pas qu'avec les dernières études qui prouvent qu'un fort pourcentage de gens reprennent du poids après des régimes restrictifs et notamment celui préconisé par Dukan, il y a une méfiance désormais justement vis à vis des promesses du type « perdez dix kilos en trois mois » ?

Jean-Philippe Zermati : C'est vrai qu'enfin, il est dit officiellement que les régimes font grossir. Mais ce qui est assez troublant, c'est qu'en général, toutes ces personnes qui ont regrossi après un régime déclarent vouloir le refaire. Pourquoi ? Parce qu'elles s'attribuent à elles-mêmes cet échec, pas à la méthode ou au médecin. C'est un cercle vicieux qui peut durer longtemps.

Est-ce qu'un suivi personnalisé par internet vaut celui que vous proposez dans votre cabinet ?

Jean-Philippe Zermati : Non. On ne peut pas garantir pas la même personnalisation qu'en face à face. Les outils n'ont pas la même portée. Je dirais que le site, c'est mieux que les livres et moins personnalisé sûrement qu'une consultation. C'est certainement moins efficace que le suivi par un thérapeute chevronné mais beaucoup plus que de recourir à un thérapeute non formé au travail sur le comportement alimentaire… Par ailleurs, beaucoup de gens pour des raisons diverses ne disposent pas de cette possibilité de recourir à ces thérapeutes.

Ceci étant dit, nous ne sommes pas les premiers à tenter l'aventure d'un outil thérapeutique en ligne. Et des études prouvent que pour certains, cela peut être aussi performant que d'être suivi par un thérapeute. Nous avons travaillé deux ans pour mettre en place ce dispositif et avons eu recours à des logiciels d'intelligence artificielle. Nous proposons des retours sur expérience, une analyse régulière des résultats, des bilans réguliers. Il y a un groupe d'entraide qui s'est mis en place. C'est du virtuel, mais ce n'est pas dépersonnalisé, loin de là. Nous essayons en permanence de perfectionner le dispositif, pour que chaque personne soit prise en compte avec ses difficultés et son parcours adapté en conséquence.

Paradoxalement peut-être, le « déficit » de relation avec le thérapeute » est formidablement compensé par la solidarité des abonnés entre eux et le soutien qu’ils s’apportent les uns aux autres. Je trouve qu’il y a une très grande richesse humaine dans les échanges. L’écrit et le groupe favorisent beaucoup l’expression. A titre personnel, je vis une très belle expérience.

Qui sont les « coachs » qui suivent les abonnés ?

Jean-Philippe Zermati : Les coachs « méthode » – ils sont quatre pour l'instant mais devraient très vite être plus nombreux – sont des psychothérapeutes formés aux thérapies cognitivo-comportementales et que nous formons à notre méthode. Ils sont joignables tous les jours par mails.

Est-ce que vous avez dans l'idée d'adapter cet outil pour qu'il serve aux médecins également ?

Jean-Philippe Zermati : Oui nous avons pour objectif de développer le site pour qu'il puisse être utilisé par les médecins, de façon à les aider à élaborer des « parcours » pour leurs patients. J'ajoute que nous formons les médecins, une soixantaine par an. Mais nous n'avons pas la maitrise de leur pratique ensuite. Avec Linecoaching, nous sommes sûrs que notre méthode ne va pas être mal interprétée ou détournée de son objectif.

L'abonnement proposé est de six mois, pourquoi ?

Jean-Philippe Zermati : Je pense très sincèrement qu'on ne peut rien obtenir, qu'il s'agisse d'une thérapie « en face à face » ou en ligne, en moins de six mois. Il y a toutefois la possibilité pour les gens de s'engager pour trois mois, pour tester la méthode.

Ce qui est surprenant, c'est que le bilan gratuit proposé sur le site n'élimine aucun « candidat ». A savoir qu'une personne ne souffrant pas de surpoids se voit acceptée dans le programme. Pourquoi ?

Jean-Philippe Zermati : Je n'ai jamais refusé un patient, qu'il souffre ou non de surpoids. J'ai de plus en plus de gens qui viennent me voir non parce qu'ils sont trop gros mais parce qu'ils n'en peuvent plus de vivre dans le contrôle de ce qu'ils mangent. Sachant qu'un jour ou l'autre, cette restriction à outrance peut déboucher sur une prise de poids. Tout le monde est donc en effet « accepté » dans le programme. Nous espérons même toucher des gens qui ne sont encore pas trop « abimés » par les régimes ou les problèmes de comportement alimentaire. Ces derniers ont une chance d'obtenir une perte de poids qui les contentera et qui leur évitera de tomber dans le cercle vicieux de la restriction. Par ailleurs, il faut savoir qu'à taille identique, entre un IMC de 20 et un autre de 25, il y a un écart de 15 kilos. Une jeune femme qui a pris une quinzaine de kilos en peu de temps et qui conserve malgré tout un IMC normal n'est pas pour autant exempte d'un risque de comportement alimentaire déréglé. 16% de la population française souffre d'obésité, mais 70% des gens déclarent avoir suivi un régime un jour. Cela montre bien que la prise en charge ne peut pas concerner que les obèses. Parce qu'encore une fois, faire des régimes fait grossir à terme. Autant prendre le problème à la source.

Et pour les personnes souffrant d'obésité massive, qu'en est-il de Linecoaching ?

Jean-Philippe Zermati : Malheureusement, les résultats pour ces personnes là ne sont souvent pas à la hauteur des espérances. Mais nous pouvons bien sûr les aider. Nous pouvons aussi leur proposer une préparation à la chirurgie lorsqu'une telle opération est programmée. Notre méthode peut aussi les aider pour l'après chirurgie, lorsqu'ils doivent apprendre de toutes façons à manger autrement.

Dernière question, je vous ai souvent entendu dire que le sport pouvait provoquer une prise plus importante d'aliments, en "anticipation" de l'effort qui va être fourni. Or Linecoaching propose un programme d'entrainement physique. Pourquoi ?

Le parcours forme tel que nous le proposons est un moyen de se réconcilier avec son corps, de le dynamiser et d'améliorer son comportement alimentaire (régulation émotionnelle et meilleure perception des sensations physiques, donc alimentaires aussi). Nous sommes assez surpris du succès de cette partie du programme. Les retours sont très positifs. Et les gens ont bien compris qu'il ne s'agissait pas de fabriquer de la dépense mais de travailler d'une façon encore différente sur son comportement alimentaire.

Le parcours activité physique reste facultatif dans la mesure où il doit correspondre à un désir de mouvement.

Edit: ouais la photo, un poil tarte à la crème. Mais je n'en avais pas du docteur sous la main et je me dis que la route est longue et blablabla…

 

Lao Thai, Dame de Canton et riz gluant

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Une petite journée encore de labeur et voici que se profile un long week-end. Je vous avoue que l'un des dommages collatéraux de cette vie de free lance, c'est cette relative indifférence que j'éprouve désormais vis à vis des jours fériés. La preuve en est d'ailleurs le nombre d'interviews que j'ai réussi à caser demain, sans compter celles que j'ai proposées à certains qui m'ont regardée comme si j'avais vu la vierge.

Ils étaient salariés, faut dire.

Il n'empêche que le churros fait le pont et que son neveu a le bon goût de se marier à la Rochelle samedi, avec sa chérie canadienne. Ce sera donc un petit week-end charentais pour nous et c'est une bonne chose, j'aime par dessus tout la lumière qu'il y a là bas, à nulle autre pareille.

Si d'aventure vous restez à Paris ou que vous y venez en goguette, je ne saurais que trop vous conseiller de passer une soirée sur les quais de Seine, en face des Batofar et autre Dame de Canton. Des guinguettes y sont ouvertes depuis quelques jours et il y règne une atmosphère de fête tranquille comme je les adore. Je confesse avoir déjà étrenné leurs mojitos, toujours aussi bons.

Voilà, sinon il y a aussi ce petit restaurant Lao, le Lao Thai, rue de Tolbiac, où l'on mange des Lap (viande de boeuf hachée ultra pimentée) et des salades de papaye ou de liseron à pleurer de bonheur. Sans parler du poulet coco-bambou qui vous transporte direct sur les bords du Mékong.

Ce sont mes amis Marc et Delphine qui, conseillés par des amis Lao où il venaient de passer deux ans, nous l'ont fait découvrir. A chaque fois qu'on y mange, je pense à eux.

Rose quant à elle mange son riz gluant avec une dextérité qui me fait penser que nous allons bientôt pouvoir l'embarquer en Asie du sud-est. Et ça, j'ai hâte. Notre périple en Thailande il y a quinze ans reste parmi les meilleurs souvenirs de ma vie.

Voilà, si ce n'était pas du billet décousu, je ne sais pas ce que c'était.

Et dernière chose, un grand grand merci pour l'accueil formidable que vous avez réservé au dernier épisode de Puzzle de cette première saison. William Réjault et moi même avons été touchés plus que nous saurions le dire.

Edit: Une amie cherche de toute urgence une famille qui voudrait partager sa nounou à domicile (super nounou, super copine) à partir du 1er septembre, métro Arts et Métiers. Si intéressés, envoyez moi un mail (cfrancfr(at)yahoo.fr)

Puzzle #8: un mouton à Stokholm (ou quand je rencontre Bjorn, d’ABBA)

 

Bon. Parlons peu parlons bien, je vous ai déjà raconté en long en large et en travers mon épopée suédoise, durant laquelle j'ai eu la chance de rencontrer Bjorn, l'un des quatre protagonistes d'ABBA. Après le 1er épisode de Puzzle où j'ai pu découvrir les coulisses de la comédie musicale à Mogador, voici le second, qui va vous emmener à Stockholm en plen hiver. Quoi, c'est bien, la neige, en juillet, non ?

Blague mise à part, je voudrais simplement remercier Will, JB et Justine, pour tout. Le premier pour m'avoir emmenée, le second pour m'avoir filmée et la troisième pour m'avoir montée (et bien, en plus).

J'espère que ce petit film vous plaira, moi je l'aime, malgré mon accent anglais déplorable et mes quatre mots de vocabulaire, malgré ma peau de mouton moins seyante tu meurs et malgré ma razzia dans la boulangerie. "Bonjour, je m'appelle Caroline, j'ai un blog et je ne pense qu'à manger".

Je l'aime, donc, parce que j'y retrouve la joie de ces deux jours et qu'à chaque fois que je le regarde, je me dis: "ouah, j'ai fait ça, je l'ai vraiment rencontré et je suis tout de même parvenue à lui parler. En anglais en plus. Ou presque".

Pour mémoire, le premier épisode est disponible ici

Et si vous avez loupé les billets sur stockholm: ICI et ICI

Un grand merci à OFF TV.

Voulez-vous en savoir plus sur Linecoaching ?

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Il y a quelques semaines, les docteurs Zermati et Apfeldorfer ont ouvert un site, appelé "Linecoaching". Le principe ? Proposer leur thérapie en ligne à celles et ceux qui ne peuvent pas franchir la porte de leur cabinet, quelles qu'en soient les raisons.

Je vais être transparente, il m'a été proposé de travailler pour ce portail. Ce que j'ai refusé. Pas parce que j'étais sceptique ou que le principe ne m'intéressait pas. Mais autant je fais quelques accrocs à mon incorruptibilité quand il s'agit d'accepter une invitation par ci par là, autant là, je me suis dit que c'était incompatible avec certaines de mes activités. Quand j'écris pour Psychologies magazine par exemple, il peut m'arriver d'interviewer des médecins du GROS. Comment garder mon indépendance en travaillant pour Linecoaching ? Et sur ce blog, où j'ai maintes fois raconté mes séances avec le docteur Z, comment conserver ma liberté de parole – call me Florent Pagny – en étant participant à leur petite entreprise ?

Bref, pour ne pas être juge et partie, j'ai donc refusé.

Ceci étant dit, j'ai reçu de nombreux mails de lectrices me demandant mon avis sur ce service en ligne. J'avoue avoir un a priori positif parce que j'ai confiance en ces deux médecins et que sur moi, leurs principes ont fonctionné. Mais n'ayant pas suivi ce coaching on line, je ne peux pas non plus vous garantir qu'il vous apportera ce que vous espérez. Si à titre personnel je préfère un contact humain en face à face, je suis bien incapable de juger de l'efficacité de cette méthode web 2.0.

En revanche, j'ai la possibilité d'interviewer Jean-Philippe Zermati pour vous éclairer. Mais je voulais m'assurer auparavant que c'était quelque chose qui pouvait vous intéresser. Et si oui, je vous propose de laisser en commentaire les questions que vous souhaiteriez lui poser sur ce nouveau portail.

Si je vous sonde sur le sujet, c'est parce que je ne voudrais pour rien au monde donner l'impression de faire un billet sponsorisé. J'ai toujours payé mes consultations chez le docteur Z et n'ai jamais été rétribuée pour en parler. Et je tiens à ce que ça continue. Ne serait-ce que pour conserver le droit d'émettre des doutes si j'en avais.

Voilà, à vous la parole, en somme.

SOS Elysée Montmartre à l’Olympia

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J'y ai enterré ma vie de jeune fille, j'y ai dansé jusqu'à pas d'heure lors des bals du samedi soir – je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans… – j'y ai applaudi des artistes adorés. J'en suis sortie à chaque fois des étoiles dans la tête et des ampoules aux pieds.

Et puis l'Elysée Montmartre a cramé.

Et puis il a été décidé qu'elle ne renaitrait de ses cendres que pour se transformer en garage à bagnoles.

Une idée qui me rend triste, une idée qui m'est assez insupportable. Il n'y a jamais assez de salles de bal et de concert. Tuer l'Elysée Montmartre c'est flinguer un peu de ce quartier, c'est enlever à ce Paris de la fête un peu de son âme.

Parce que dans ces cas là, la concurrence n'a pas de sens, l'Olympia a décidé d'organiser un concert de solidarité pour soutenir l'Elysée. Cela se passe demain et il devrait y avoir du beau monde sur la scène: Benabar, Bernard Lavilliers et Raphaël. Et peut-être d'autres guests. Tout ces artistes participent gracieusement et la recette sera exclusivement consacrée à la défense des intérêts de la salle.

Alors si le coeur vous en dit, si la défense d'un lieu de culture vous donne envie d'aller shaker votre body, rendez-vous dimanche soir boulevard des Capucines…

Pour réserver: http://www.olympiahall.com/variete-francaise-disco/concert-de-soutien-pour-l-elysee-montmartre.html

Couple: appel à témoins pour un papier dans Psycho

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Bon.

Parlons peu parlons bien. J'ai besoin de vous.

Je travaille sur un papier pour Psychologie Magazine qui a pour titre provisoire: "couple: lorsque l'un bouge et l'autre pas".

L'idée, c'est d'essayer de comprendre pourquoi parfois, sans crier gare, l'un ou l'autre prend une direction opposée à celle de son ou sa conjointe.

Des exemples ?

– Elle veut partir de Paris pour créer un gite dans le Larzac et lui veut rester bosser à la Société géniale (ou l'inverse)

– Elle veut un enfant alors que lui non et que jusque là, ils étaient d'accord (ou l'inverse)

– Il entame une analyse et du coup, avance sur plein de choses qui étaient jusque là un peu bloquées. Mais elle, comme elle n'a pas fait cette démarche, elle se sent laissée sur le carreau (ou l'inverse).

– Elle prend de grosses responsabilités au travail et lui végète dans son boulot (ou l'inverse).

Bref, j'imagine que vous voyez à peu près. Pour ce papier, j'ai besoin de vous. Je cherche en effet trois couples qui accepteraient de raconter ce type d'expérience et la façon dont ils sont parvenus – ou non – à résoudre leur problème. Très important: il faut être ok pour être pris en photo. Sachant que psycho est un des rares magazines à accorder encore une importance réelle aux visuels et travaille donc avec d'excellents photographes (je peux témoigner, j'avais été immortalisée dans ce mag avant d'y travailler et c'est très certainement la plus belle photo que j'ai vue de moi) (ok, on ne distinque pas vraiment mon visage) (ceci expliquant peut-être cela).

Je comprendrai évidemment très bien que certains ou certaines d'entre vous ne soient pas d'accord pour être mis dans la boîte. Mais je vous avoue que je vous serais très très très reconnaissante si vous pouviez faire tourner cet appel à témoin, j'ai en effet besoin de trouver les perles rares assez rapidement.

Je précise une dernière fois qu'il n'est pas question de vous soutirer des témoignages impudiques etc. L'idée c'est de se pencher sur la façon dont on peut vivre une telle période dans le couple et dont on peut, éventuellement, en ressortir encore plus fort.

Personnellement, j'aurais pu témoigner avec le churros sur le thème de l'analyse. Je suis de celles qui supportent trèèèèès difficilement l'idée que leur conjoint aille parler à un thérapeute et refuse de leur livrer un compte-rendu détaillé de ce qui s'y est dit (tu as parlé de moi ? pourquoi ? je la déteste de toute façon ta psy. Je suis sûre qu'elle te dit des trucs sur moi. La truie).

Voilà, merci.

 Edit: j'ai écrit "il" et "elle". ça peut aussi être "il et il" ou "elle et elle". Evidemment.

Edit2: ça peut également être un "il" ou une "elle" toute seule, si ce changement de direction a débouché sur une rupture…

Edit3: si vous voulez me contacter sans passer par les comms: cfrancfr(at)yahoo.fr

Baba Love d’Arthur H

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Hier, de façon totalement impromptue, j'ai été invitée à venir écouter… Arthur H.

Comme me le dit souvent mon ami Will, karma, quand tu nous tiens (il dit aussi parfois des choses plus vulgaires mais ça n'est pas le propos).

Je veux dire, je me retrouve assise en face de lui dans un métro et trois semaines après, pof, concert impromptu.

Ce qui était cool, c'est que j'ai pu y emmener mes amis Julien et Chloé, or il se trouve que c'est par eux, il y a… au moins tout ça, que j'ai connu Arthur (pardon mais je laisse tomber le H, on est devenus assez intimes) (on prend parfois la ligne 7 ensemble). C'était dans leur studio mâconnais, on écoutait en boucle son premier album en broyant du noir (au départ Arthur H il ne faisait pas forcément dans le zizi panpan) (et Chloé et Julien, quand ils vivaient à Macon, ils n'étaient pas au top du moral. Quant à moi j'étais dans ma période IRM. J'en passais un par mois environ, histoire de vérifier que vraiment, non madame, pas de tumeur).

Mais je m'égare, une fois de plus.

Hier, donc, Arthur H.

La particularité de ce concert que nous avons vu, donc, c'est qu'il se déroulait au 104, un lieu à haut potentiel culturel pointu qui se niche dans le haut 19e. Pourquoi au 104 ? Parce qu'Arthur y est pour ainsi dire en "résidence", pour y répéter sa future tournée (fin de l'année, d'après ce que j'ai compris).

Et l'idée, c'était donc de permettre à son public d'assister à ses répétitions. Moyennant un prix d'entrée modique. D'y assister, mais pas seulement. Parce qu'Arthur H, il fait un peu dans le web 2.0, sauf que c'est pour de vrai. A savoir qu'il demande à la fin d'un morceau si on ne l'aurait pas préféré avec un tempo plus lent, ou alors avec une intro différente, ou bien encore si on a senti que là, il était tendu (tendu comment mon chéri chou ?). Et pour qu'on se rende vraiment compte, il rejoue la chanson, deux fois, trois fois, avec un tout petit truc en plus ou en moins, que si tu n'es pas musicien tu ne vois pas forcément la différence et en même temps, si, quand même.

J'ai trouvé ça extrêmement moderne et innovant. Et surtout, ce n'était pas feint, pas un gadget pour faire genre qu'Arthur H il se met au diapason de ses fans. Parce qu'il était vraiment dans l'interrogation et le doute et qu'il attendait réellement notre retour. Surtout, cela m'a permis d'apprécier l'étendue du boulot que représente une tournée. Pas de place pour l'approximatif ou l'à peu près. Arthur H sait exactement ce qu'il veut.

Ça c'est pour le contexte, donc.

Mais ce n'est peut-être pas le plus important. Le plus important, c'est que nous avons donc eu la chance et le privilège d'entendre avant même la sortie de l'album (en octobre) une dizaine de chansons qui le composent. Dont le titre phare, "Baba love", qui m'a collé les poils comme dirait une vieille chanteuse pop un peu nympho. A moins que ça ne soit une citation de Mia Frye.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j'ai adoré. Cet album, comme le titre le laisse entendre, parle d'amour. Il y a d'ailleurs une chanson qui s'appelle "La beauté de l'amour" qui m'a mis les larmes aux yeux. Cet amour est comme un fil rouge qui m'a transporté, au rythme des mélopées tantôt très rock, tantôt électros et évoquant parfois même certains morceaux du regretté Nino Ferrer. J'ai eu envie de l'écouter sur une plage de Corse, dans les bras de mon amoureux. J'ai eu envie de connaitre déjà les morceaux par coeur, parce que c'est encore meilleur, alors.

Je suis nulle en musique, incapable de comprendre ce qu'est un arrangement, un accord ou un tempo. Mais j'ai un critère imparable pour savoir si un concert m'a plu. Si à un moment mes pensées s'évadent et que je me retrouve en train de recevoir le Goncourt ou de me faire masser les reins par Georges Clooney, c'est que c'était réussi. Rien à voir avec une quelconque appréciation musicologique, on est d'accord. Mais en gros, c'est trivial et probablement très déprimant pour un artiste qui me lirait, mais les concerts qui me restent en mémoire sont ceux qui m'ouvrent la porte des rêves. Comme si durant une heure ou deux, je quittais les contraintes et mesquineries du quotidien et que je baignais dans une félicité douce et mélodique. En gros, un bon concert équivaut pour moi à cet état merveilleux dans lequel je me trouve après le premier verre d'alcool. D'un coup d'un seul, les possibles sont à portée de main.

Hier soir, je ne vous livrerai pas le secret de mes songes, mais ils furent nombreux. Et l'heure passée tout près d'Arthur H a filé si vite que j'ai cru, lorsqu'il s'est arrêté, qu'il n'avait jamais commencé.

Ensuite, donc, le chanteur aux zizis m'a été présenté (à moins que ça ne soit l'inverse).

"Bonjour, vous ne me croirez pas mais nous étions assis dans la même rame de métro, un soir où nous allions tous deux voir le concert de Philippe Katerine", lui ai-je dit d'un trait, tout en suppliant mentalement mon ange gardien – ce con – de m'achever immédiatement. Dans le genre "bonjour, je suis psychopathe, veux-tu être mon ami ?", je ne pouvais pas trouver mieux comme entrée en matière. Ensuite j'ai enchainé sur comment ce concert de Katerine était génial d'ailleurs. Pour bafouiller dans la foulée que le sien, de ce soir, il était évidemment génial aussi, je veux dire.

hin hin hin.

Connasse.

Bref, je pense qu'à l'heure où j'écris ces lignes, Arthur H est en train de demander une interdiction d'approcher auprès du tribunal correctionnel. Glenn Close, sors de ce corps, s'il te plait.

Voilà, mon histoire avec Arthur a été comme qui dirait tuée dans l'oeuf alors qu'en plus j'avais préparé tout un tas de questions complètement inédites, du genre "à quand remonte ton dernier fou rire" ou encore "si tu étais un film (un pays, une ville, une voiture, etc)". C'est vraiment ballot.

Il n'empêche qu'il reste la musique et c'est tout ce qui compte. Ça et Georges Clooney me massant les reins. Ou me matant les seins, d'ailleurs.

Edit: Arthur H, j'en ai déjà parlé: ici (par l'homme) et ici

Edit: quelques photos de ce lieu incroyable qu'est le 104, les gens s'y entrainent pour la danse, réfléchissent à leur art, se promènent, boivent des coups. On se croirait à NY.

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Ah et comme promis un coucou à Céline qui avait une belle robe à pois et à sa blondinette de copine dont j'ai, à ma grande honte, oublié le prénom…

Et un énorme merci à Coralie et W.

Non je n’ai pas changé…

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On dit souvent que lorsqu'on perd du poids, on met du temps à se réapproprier son image, à se voir telle qu'on est devenue. Ce n'est pas faux, j'ai mis plus d'un an à essayer en premier des pantalons en taille 40. Et six mois de plus pour ne pas embarquer dans la cabine du 42 et du 44, "au cas où".

Mais ce qu'on dit moins, c'est que ce regard qu'on porte sur nous même, les autres l'ont également. On ne change pas facilement dans la tête des gens.

Hier soir, j'étais invitée à un raout par mon ancien boss. L'occasion de recroiser quelques collègues de mon ancienne vie. Pas si ancienne que cela, je ne suis finalement partie que depuis six mois.

Six mois pendant lesquels je n'ai pas perdu un gramme, je crois que je me suis stabilisée, oscillant à plus ou moins deux kilos de mon poids de forme.

Mais là n'est pas la question.

J'ai donc revu des collègues et ils ont été nombreux – je veux dire par là que ce n'était pas une remarque isolée – à s'exclamer que j'avais fondu. Voire que j'étais vraiment très épanouie – il en est même un qui pourtant ne m'a jamais dit un mot gentil en cinq années sous sa responsabilité – qui a prononcé le mot "resplendissante".

Je ne vais pas mentir, c'était très agréable, les compliments il faut toujours les prendre sans mégoter.

Mais je me suis tout de même interrogée.

Comment se fait-il qu'ils aient eu cette réaction, alors que cette "ligne" là, je l'avais bien avant de partir ? Et cette robe que je portais, mon increvable portefeuille noire de chez Monop, cuvée 2006 environ, ils avaient dû la voir sur moi des dizaines de fois. Je n'étais pas plus maquillée qu'un autre jour, pas plus apprêtée, et je me trainais une migraine épouvantable, de celles qui rétrécissent mes yeux et me donnent un teint gris.

Je veux dire, je n'étais pas spécialement vilaine, mais ni plus ni moins la même qu'il y a six mois. Bien sûr, on pourra m'objecter que cette nouvelle vie me réussit, que la sérénité à l'intérieur de soi se voit à l'extérieur. Mais bien que sûre désormais d'avoir fait le bon choix – ou en tous cas un choix qu'il faut assumer – je suis tout sauf sereine, en proie à des questionnements et des doutes quotidiens. C'est ma nature et je crains qu'il faille me la trainer jusqu'à la tombe.

Bref, j'aimerais être l'héroine de eat, pray, love, mais qu'on me laisse ma cartouche de cigarettes, mes bêtabloquants et mes prises de tête.

Tout ça pour dire que je pense que la seule raison de leur "surprise" réside dans le fait qu'ils ne m'avaient pas vue pendant un long moment. Et que par conséquent, ils s'étaient débarrassés de leur persistance rétinienne (trois jours que je veux placer cette expression, je trouve que ça fait très sérieux) qui les faisait me voir comme j'étais "avant". Peut-être aussi que tout simplement, ils ne me regardaient pas avant, je faisais partie des murs, le boulot ce n'est pas un catwalk non plus, hein.

Toujours est-il que je pense que ça explique aussi pourquoi soi même on ne parvient pas à poser un regard différent sur un corps qui peut avoir changé. On se voit tout de même beaucoup par le prisme de ce que nous renvoie l'autre.

J'ajouterai que si ces compliments m'ont touchée, ils m'ont aussi un peu interpellée. Le lien entre mon amaigrissement et ma supposée "plénitude spirituelle" était visiblement évident. Le "tu as maigri", je l'entendais comme un "tu es heureuse, ça se voit ".

Je crois que j'ai plus que jamais compris ce que voulait me dire le docteur Zermati, quand il parlait des dangers de la survalorisation de la perte de poids. C'est une sacrée pression, je crois, cette association du bien être et d'un corps svelte. Si j'étais arrivée hier, souriante et pomponnée, mais lestée d'une dizaine de kilos, mes anciens collègues en auraient ils déduit que j'avais fait une énorme erreur et que j'étais une looseuse ? Si je venais à regrossir, devrais-je supporter, en plus des désagréments liés à la reprise de poids – ne serait-ce que le renouvellement de ma garde robe – les regards désolés des proches et moins proches, qui en déduiraient que je vais mal, voire que je suis tricarde ?

Je n'invente pas le fil à couper la margarine en écrivant ces mots. Mais l'obésité est de plus en plus et irrémédiablement assimilée à tout un tas de traits de caractère négatifs: le laisser aller, la paresse, la déprime, etc. Et c'est d'autant plus injuste que je ne connais pas plus volontaire qu'une personne au régime.

Je suis partie un peu dans tous les sens, ce billet a été écrit un peu tard. Qu'on ne se méprenne pas, je n'étais évidemment pas fâchée contre ces personnes qui n'étaient que pleines de bonnes intentions. Je confesse même avoir joui de cet instant, qui ne rêve pas de faire un tabac en revenant sur les lieux du crime ? Mais au final, ce que j'en retiens, c'est que je vaux – et ce "je" est à prendre comme un "nous" – plus que quelques kilos en moins. Et que ce qui m'a le plus touchée, c'est A., avec laquelle je n'ai pas si souvent parlé durant ces années à la cotoyer et qui m'a confié me lire et rire, souvent.

Bonne journée…

La photo ? non, rien à voir, c'est juste "notre" petit resto de Corse auquel on se rend systématiquement le premier soir des vacances. Et j'avoue que j'en ai une énorme envie…

Parfois j’aimerais avoir plusieurs vies

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Je ne sais pas si c'est le mois de juillet, le fait que les enfants sont en vacances ou tout simplement le besoin de souffler après ces derniers mois riches en rebondissements mais je suis comme un iphone en fin de batterie.

Alors un petit billet dans l'air du temps, plein de pensées un peu vides…

– J'ai traversé Paris hier pour me faire ajuster la frange et bien que consciente du ridicule, j'assume totalement. Il n'y a que Michel désormais qui a le droit d'approcher ses ciseaux. Il avait besoin de parler le pauvre, en plus. Figurez-vous qu'il est à deux doigts de la dépression. Depuis que Kate Middleton a décidé de se marier sans chignon, voilà que toutes les futures mariées veulent l'imiter. "Elle a tué la profession", ne décolère pas Michel. Il mise tout sur Charlene. Même si on était bien d'accord qu'elle semblait aller au bucher la pauvre. Enfin la pauvre, façon de parler.

– Du coup j'ai pris quelques photos du quartier, ces quelques rues qui se nichent sous Pigalle. Un endroit où je vivrais bien, je crois. Même si je suis la seule godiche, je pense, à ne pas avoir trouvé Rose Bakery. Ce n'est pas faute d'avoir descendu et remonté la rue des Martyrs trois fois. Dites moi que la boutique a déménagé. Parce que sinon on a un grave problème, Houston. Je me le rêvais, mon cheesecake.

– J'ai dévoré en trois jours "La couleur des sentiments". J'en reparlerai je pense dans un billet "bouquins pour l'été", que je prévois pour la semaine prochaine. Mais vraiment, parfois, il y a des livres qu'on voudrait avoir écrit. Il en fait partie.

– Quand on lui demande ce qu'elle va apprendre à l'école, Rose répond: "ordinateur et faire des photos". Je rêve ou elle est à deux doigts de créer son blog ?

– Aujourd'hui, une amie a besoin de pensées. Les miennes vont donc vers elle.

– Je me demande s'il existe quelque chose de meilleur que les fraises à la crème. Mais pas n'importe quelle crème. Celle de ma fromagère qui vend sur le marché cette tuerie presque jaune tellement elle flirte avec le beurre.

– Je rêve de siestes crapuleuses. Je me demande pourquoi faire l'amour l'après-midi reste, même après des années de vie commune si délicieusement transgressif.

– Le churros a oublié, le 30 juin dernier, notre anniversaire de mariage. Je n'arrive pas à savoir si le fait que ce soit la troisième année consécutive doit me rassurer ou non.

– Je ne quitte plus mon vernis "Waikiki Orange" de Mavala. Il est un peu fluo et me met de bonne humeur. J'ai aussi acheté sur Monshowroom un pantalon kaki qui va très bien avec. Mais qui a déjà un trou au cul et ça, ça me le troue. Le cul.

– Hier, Rose m'a fait tout un cinéma pour qu'on lui change ses yeux. Ceux du petit garçon avec lequel elle est gardée sont bleus. "C'est nul, le marron", pleurait-elle. Quand je pense que petite je voulais des iris noisette, je trouvais que le bleu ça donnait un air méchant. Pourquoi, mais pourquoi faut-il qu'on trouve toujours à redire à ce qu'on est ?

Voilà, c'est un peu tout pour aujourd'hui. Ce soir je remonte un peu le temps, à la faveur d'une soirée où seront présents d'anciens collègues. Parfois, je me dis que j'aimerais mener plusieurs vies, sans avoir à choisir l'une ou l'autre. Dans l'une d'elles, qui sait, j'aurais les yeux marrons ?

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Non je n'avais pas particulièrement envie de faire caca. "si tu ne te penches pas je ne t'ai pas en entier", répétait le churros. J'ai renoncé à lui expliquer qu'il peut reculer dans ces cas là.

Après ça l'excite.