Mon zizi est plus fort que le pipi

Manneken

Parfois je me demande. Est-ce que les garçons, dès leur plus jeune âge, ont un pacte secret avec leur prostate ? Est-ce qu'ils se répètent toute la sainte journée comme un mantra "mon zizi est plus fort que le pipi, alors non, je n'irai pas aux toilettes, je suis un champion de l'urètre" ?.

Non parce que si ce n'est pas le cas, faudrait qu'on m'explique pourquoi ils ne consentent à aller pisser qu'au moment où la quantité de liquide retenue est telle que s'ils n'y vont pas c'est le pipi qui viendra tout seul.

En tous cas mon grand machin, il peut danser la gigue pendant des heures tout en lisant pour la 567ème fois le numéro 28 de Dragon ball (un must, le n°28) ou en jouant à Pokemon Diamants et Perles sur sa DS. Et tous les "t'aurais pas envie d'aller aux toilettes ?" appellent la même réponse: "non non…"

Pourtant, à mon avis, jouer à la nintendo en se tenant le zguègue comme on pincerait l'embout d'un ballon de baudruche histoire que l'air reste à l'INTERIEUR tout en sautant d'un pied sur l'autre, c'est à mon avis moyennement pratique.

Pas grave, ça peut durer jusqu'au point de non retour, où blanc comme un linge, à la limite de la nausée, on le voit se précipiter dans les dits toilettes pour une vidange qui peut durer une bonne minute.

Et c'est long, un pipi d'une minute.

Bon, on peut pas l'accuser de vider les nappes phréatiques à coup de chasse d'eau, ça c'est sûr. Il n'empêche que ça m'interpelle. Beaucoup.

Ta gueule le chocolat, je Zermate, moi.

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Alors ce zermatage. On me croit, on me croit pas, depuis cette entrevue la semaine dernière, j'ai perdu deux kilos. Qu'on se rassure, je ne saute pas partout en poussant des cris de joie, je me connais assez pour savoir qu'en général pour fêter ça je me paie une bonne part de flan et pof, les deux kilos sont de retour.

Il n'empêche que ça faisait des mois que je n'avais pas vu l'aiguille pencher de ce côté là. Donc j'en déduis que peut-être, quelque chose s'est mis en route.

Il faut dire que tenir un carnet alimentaire, c'est redoutable pour les grignotages. Bien sûr, il y a toujours la possibilité de mentir comme une arracheuse de dents. Mais là, ça va vraiment faire cher la consultation, si c'est pour raconter que je me nourris exclusivement de légumes verts et viandes grillées, à heures fixes et dans des proportions raisonnables.

Du coup, forcément, le chocolat fleur de sel qui me fait de l'oeil à peine une heure après un repas plutôt copieux (= un bagel à mourir de bonheur débordant de cream cheese et d'avocats + une part de tarte aux figues maison), je lui dis d'aller se faire voir. Et en gros, on va dire que l'envie de chocolat, c'est comme la cigarette, ça passe. Ou pas.

Bon, même si j'ai l'impression que je suis gaulée comme une déesse depuis que j'ai donc changé de dizaine (beh oui, ces deux kilos sont plus que symboliques à ce niveau là) rien n'est réglé, parce que ce qui n'est pas normal, c'est de reluquer du chocolat à 14h alors que je viens de me faire péter les sous-ventrières. Je sens que la route est longue pour arriver à la sérénité alimentaire.

Voilà, à part ça aujourd'hui c'est ma vraie rentrée, au travail, j'entends, et je me sens comme qui dirait pleine d'enthousiasme. Une vraie battante qui ira loin.

Lol.

Lizzi Miller, coup de pub ou vraie tendance ?

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"C'est une révolution", "Quand j'ai vu ça, j'ai pleuré de joie", "Enfin une femme qui me ressemble", etc etc etc. Ces effusions de joie de lectrices ébahies sont rapportées par la rédactrice en chef du Glamour américain après la publication de photos de la top Lizzy Miller.

Pourquoi tant d'euphorie ? Parce que la demoiselle est soit disant… grosse. "Size plus", comme ils disent, aux states.

Ce que j'en pense ? D'abord que c'est tant mieux que ces photos aient été publiées, parce qu'en effet, la top est moins parfaites que ses congénères, et à priori pas (trop) photoshopée, confère les vergétures qu'on aperçoit.

De là à parier sur une révolution pour les grosses du monde entier, alors là je m'insurge. Parce que si cette femme est l'incarnation du fat power, je veux bien bouffer du slim fast jusqu'à overdose. Ce que je vois en la regardant, personnellement, c'est une bombasse souriante qui semble assumer un ventre flappy. Je suis prête à parier qu'elle a été plus grosse dans une autre vie et qu'elle a maigri sans parvenir à faire fondre cette petite bouée. Résultat, un mini tablier ventral qui n'a cependant rien à voir avec le mien, plutôt Bocuses'style que Cyril Lignac, on va dire, pour tisser la métaphore.

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Bref, un gros buzz, qui une fois de plus va bien servir la cause… des féminins. Et en même temps, si on veut être optimiste, le signe qu'il y a une demande de la part du public. Tout simplement parce que la population mondiale grossit et qu'elle ne se reconnait vraiment plus dans les femmes désincarnées qu'on leur sert à tous les repas. Alors si cette pression fait un peu évoluer la presse et le milieu de la mode, on ne va pas faire la fine bouche. M'enfin j'attends de voir si la tendance est réelle ou si les Lizzi Miller, et autre Crystal Renn ne sont vouées qu'à servir d'alibi fat-friendly à des rédactrices de mode en quête d'une bonne conscience à bas coût.

Quoi qu'il en soit, pitié, qu'on ne dise pas que Lizzi Miller est grosse, ça me donne envie de bouffer mon carnet alimentaire.

T’as qui toi, cette année ?

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D'abord, je voulais vous remercier pour cette gentillesse hier, je n'avais pas mis ces photos pour une telle moisson de compliments mais bien sûr, c'est bon à prendre et je prends.

Une réflexion m'est venue: si vous me trouvez belle ainsi, ça signifie une chose, que d'autres vous trouvent belles ou beaux aussi, sur des clichés qui vous font pourtant pleurer.

Et ça, finalement c'est une bonne leçon, non ?

A part ça, petit post aujourd'hui, c'est la rentrée et qui dit rentrée dit extrême nervosité du côté de grande chérie exacerbée par le flegme outrancier du machin.

Lequel a quand même mis ses affaires de peinture hier soir dans… le sac de plage. Ne voyant pas du tout où était le problème. Ok, un peu grand mais bon, ça fera l'affaire, non ?

Non ? Ah, bon, d'accord. Pas contrariant le machin, en même temps…

Voilà, c'est reparti pour une année de trafic international de tubes de colle, de protège-cahiers indigo introuvables, de bics rouges perdus, de stylo-plume qui fuient, de sacs de piscine auto-nettoyants qui finissent par sentir le rat crevé, de goûters oubliés, de cantine payée en retard, de réunions de parents organisées à 17h15 le mardi histoire d'arranger tout le monde, de ruptures amicales, de cartes Pokemon échangées à contre-coeur après avoir été emportées sous le manteau et j'en passe.

Et ce matin, je vais sûrement pleurer encore un peu de les voir si grands entrer dans ce monde dont je ne suis pas, s'avançant dans la cour de l'école le ventre forcément serré par l'inconnu d'une année qui commence. J'aurai envie de les remettre alors dans le mien, de ventre, même s'il faut se rendre à l'évidence, le grand machin trouverait le moyen d'y perdre quand même toutes ses affaires.

Edit: un petit message personnel à mon ami Jeff, qui m'a envoyé le plus joli mail de rentrée que j'aie reçu. Quelle bonne idée j'ai eu d'en faire le parrain de mes twins…

Et à 12 ans, quel était votre poids ?

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Manger plus lentement et ne rien faire d'autre pendant qu'on s'alimente.

Ce sont les deux conseils – à première vue triviaux-  avec lesquels je suis repartie après une petite heure de consultation chez le famous docteur Zermati.

Oui, je sais, on pourrait se dire qu'à 100 euros la consultation, ça fait cher la mastication moderato.

Mais il n'y a évidemment pas eu que ça. Et surtout, c'était un premier rendez-vous, une prise de contact, un premier effleurage, oserais-je dire…

Donc comment ça s'est passé, ce Zermati-dating de la dernière chance ?

Dans un premier temps, comme par hasard, j'ai failli être très en retard à force de ne pas partir de chez moi. "Je vais être à la bourre, du coup il ne va pas vouloir me prendre", ne cessais-je de me répéter comme un mantra.

Manque de bol pour madame la grande courageuse, le métro est allé à toute bombe et pile poil à 14h j'étais devant la porte du cabinet tout blanc de la rue de Ponthieu, 8ème arrondissement, oui mesdames, je confirme, nos kilos engraissent les endocrinos.

Je passe sur l'attente de quelques minutes pendant laquelle j'ai eu mal au coeur comme si j'allais repasser l'oral du bac de français. En plus que j'ai fait l'impasse sur Rousseau et que pof, je pioche les rêveries du promeneur solitaire, merci la vie.

Et puis, alors que j'envisageais très sérieusement la possibilité de me carapater, il est sorti, souriant, de son cabinet.

Pour celles qui ne l'ont jamais vu à la télé, je le décrirais comme un homme d'âge moyen, pas très grand, brun à lunettes et mince – mais ça c'est propre au métier, pas sûre que je me fierais à un nutritionniste obèse, je sais c'est con.

"Qu'est-ce qui vous amène ?", m'a-t-il demandé une fois assis en face de moi. J'ai pensé à Nip-Tuck et ses deux bombasses de chirurgiens esthétiques posant cette question rituelle à leurs patients, même quand la raison de leur venue se voyait comme le nez au milieu de la figure.

"Ben, j'ai un panari, et je me suis dit que compte-tenu de votre notoriété…"

Non, bien sûr, je n'ai pas fait ma maligne et j'ai répondu très docilement, parce que j'imagine que c'est aussi le début de quelque chose en thérapie, de verbaliser le pourquoi de la démarche.

"Je voudrais en finir avec mon rapport désastreux à la nourriture".

Il a eu l'air un peu surpris que je ne dise pas tout bonnement que je voulais maigrir.

C'est qu'on ne me la fait plus, moi, hein.

A partir de ce moment là, il m'a posé tout un tas de questions sur ma vie, depuis ma naissance à Toulon en 1971, jusqu'à aujourd'hui. Il a noté les noms de mes frères et soeurs, remonté le fil de mes régimes, établi la chronologie de mon poids.

Un exercice pas si anodin qu'il n'y parait, qui forcément te fait mettre le doigt là où ça a fait mal, sur des souvenirs de goûters qui s'éternisent au retour de l'école, des descentes nocturnes dans les placards de ma copine Béa, 45 kilos au compteur depuis 25 ans mais jamais en reste pour un set "thon à l'escabèche" sur les coups de 3h du mat'.

Bref, entre les régimes qui m'ont fait tranquillement grossir depuis l'adolescence et mon métabolisme marabouté par truie mère nature sa race, il semblerait que mon poids "de forme" se situe aux alentours des 65 – 70 kilos.

Pas d'objection, j'ai dit. C'est à ce niveau là que je me sens en équilibre et que j'arrive à ne pas grossir tout en m'alimentant à ma faim.

Problème: j'ai très légèrement dépassé le poids de forme depuis la naissance de Rose.

Voilà, à partir de là, on va essayer de comprendre le pourquoi du comment de mes fringales, qui sont, pour ce cher docteur, la conséquence d'une difficulté à gérer mes émotions.

Quand il a dit ça, ça a piqué dans mes yeux et je pense que ça ne lui a pas échappé.

Pour le prochain rendez-vous, dans quinze jours, je dois tenir un carnet alimentaire (trop facile, mon vingtième du genre au moins) dans lequel il faudra que je dise ce que ça me fait de manger, avec qui et ce que j'ai fait en même temps.

Sachant donc qu'il ne faut rien faire en même temps et que ça, c'est un problème pour moi qui ne sait ni manger ni faire caca sans lire tout ce qui me passe sous les yeux, de la composition du paquet de frosties à l'édito de ce c… de Laurent Joffrin.

Edit: Oui, c'est remboursé, et oui j'ai quelques scrupules à faire raquer la sécu pour "ça". En même temps, j'ai cru comprendre que le surpoids quand on vieillit est cause d'un bon nombre d'emmerdes. Du coup, finalement, c'est peut-être pas si mal d'anticiper, non ?

Edit2: Oui, c'est la fameuse série de photos qui a tout déclenché. Paradoxalement, j'aime beaucoup la joie qui s'en dégage, parce que c'était, évidemment, un moment heureux. Comme quoi…

Miroir, mon salopard de miroir…

Miroir Un moment que j'y pense.

Pour, peut-être, en finir avec tout ça.

"Tout ça" ?

Les régimes, pour résumer.

Parce que de ce côté là, j'ai tout vu. Ou pas grand chose à vrai dire. Des dizaines de kilos perdus au fil des années, remplacés par d'autres dizaines de gagnés. Avec au bout du compte, un solde positif sur la balance, négatif bien sûr en ce qui concerne l'objectif recherché.

Quand je dis que j'ai tout vu, je pense qu'à part l'anneau gastrique, tout y est passé, du coupe faim interdit par la suite, au régime fromage blanc, en passant par les diètes protéinées, les cures d'ananas ou les boissons drainantes qui te font pisser rouge, certes, mais pas gras pour autant.

Depuis l'âge de 15 ans, j'ai rencontré toute une palette de nutritionnistes, du charlatan ayant pignon sur rue et maisons secondaires financées à grand coup de commissions sur les sachets de poudre de pancake à la banane, à la rombière aigrie et castratrice mesurant toutes les semaines mes jambes "gorgées de flotte" d'un air sadique. Il y a eu aussi celle qui m'annonça grinçante – alors que je ne lui en demandais pas tant – que pour la carrière de top model c'était fichu et le non moins délicat quinqua qui me rappela qu'à Auschwitz il n'y avait pas de gros.

J'ai par ailleurs expérimenté diverses balances, certaines ressemblant à des pèse-bestiaux, d'autres tellement perfectionnées qu'elles te livrent bien sûr ton poids – majoré d'un ou deux kilos systématiquement – mais aussi ton pourcentage de matière grasse. Information que j'aurais personnellement préféré ignorer jusqu'à la fin de mes jours.

Bref, si à chaque fois que j'ai été suivie par ces docteurs du capiton j'ai en effet maigri, aucun ne m'a permis de passer avec succès l'épreuve de la fameuse période de STABILISATION.

Ces dernières années, le blog aidant, la maternité aussi, sans oublier l'amour et le regard de mon homme, j'ai pensé que j'avais atteint la sagesse, celle qui me permettait d'accepter ce poids de forme après tout pas si catastrophique.

Seulement voilà, le fameux poids de forme aurait tendance à prendre des libertés. Voire à fluctuer. Lui, la crise, il connait pas.

Et en regardant une série de photos prises de moi sur la plage en maillot de bain par mon piètre photographe de mari, j'ai vu une femme qui me ressemblait vaguement.

Une femme que j'aurais regardé avec la satisfaction de ne pas lui ressembler, si je n'avais dû me rendre à l'évidence. C'était bien moi.

C'est je crois ce qu'il y a de plus difficile, finalement, quand on est grosse. A l'intérieur, on ne l'est pas plus que nos copines taille 38. On sait bien, qu'on ferme difficilement nos jeans. On sent, ce poids, quand on grimpe une côte.

Mais on ne se VOIT pas.

Ou pas souvent. Pour la bonne raison que les stratégies d'évitement sont rodées depuis des années. Pas de miroirs en pied chez soi, l'appareil photo chevillé en permanence au corps pour que personne n'ait l'idée de nous immortaliser, la balance truquée pour que les vrais chiffres ne s'affichent jamais. Les yeux qui se détournent à la moindre vitrine rencontrée.

Et puis patatras, un jour, au détour d'une photo de plage ou d'une glace de cabine d'essayage, on se cogne, pas à la vitrine mais à cette image trop longtemps évitée.

Moi le carambolage a eu lieu hier. Pas mort d'homme, mais des contusions internes.

Et une décision un peu folle, donc.

Je vais aller voir le docteur Zermati. Le zorro des kilos.

A dire vrai, après avoir trouvé le numéro sur les pages jaunes, je pensais que ce serait compliqué et que le rendez-vous serait fixé en mars 2011. Ce qui me semblait raisonnable comme délai. Pendant tout ce temps je pourrais me laisser aller, puisque bientôt, j'allais prendre tout ça en main. Bientôt, mais plutôt dans longtemps.

Sauf que pan, je "profite d'un désistement", m'a annoncé la secrétaire. Et cet après-midi, à 14h, je rencontre celui qui représente un peu ma planche de salut.

Que les choses soient claires, je ne me fais aucune illusion, s'il existait un homme sur terre qui faisait maigrir les femmes sans douleur ni régime, il aurait relégué Obama au rang de vendeur de tuperwares.

Mais la secrétaire a lâché le mot au téléphone hier: thérapie.

Et même si toutes ces années j'ai soigneusement enfoui cette solution sous les tonnes de nourriture avalée, je sais bien que c'est sûrement le passage obligé vers un peu plus d'amour de moi.

Bref, tout ça pour dire que je vous raconterai.

J’ai mis de l’or dans mes cheveux…

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Ce n'est pas un scoop, je suis une très
mauvaise élève de la beauté. Pas uniquement parce que mère nature
a été quelque peu facétieuse avec moi – truie sa race – mais
surtout je crois parce que tout ça m'ennuie prodigieusement.

Attendez, j'ai bien sûr dans mon placard des tubes – entiers – de
crèmes amincissantes, des boîtiers – intacts – de poudre
transparente censée unifier mon teint, des tripotées de pinceaux
pour les yeux refourgués par moultes vendeurs et vendeuses de
Séphora an co (ma cancritude en beauté fait de moi une
cible idéale) et ça va sans dire, une colonie de top-coat,
durcisseurs d'ongles ou autre émolients qui n'ont qu'un effet chez
moi: rendre la pose de vernis encore plus ardue.

Le pire, c'est qu'à chaque achat de la sorte, je
suis pleine d'espoir. Je suis sincèrement convaincue que je vais vraiment
l'appliquer, cette crème miracle anti-rides. J'ai même hâte d'être déjà le soir pour commencer le rituel. Et puis le temps
passant – deux jours -, ça me passe. S'il y avait un bulletin scolaire de la
beauté, il y serait mentionné: « manque de constance dans
l'effort ». Voire « vis sur des acquis pourtant
fragiles ».

Bref, je suis une cancre de la beauty.
Ce n'est pas que je méprise les make-up geek et cie, j'aurais plutôt
un genre de fascination pour elles, un peu comme je vénère les
filles capables d'avoir chaque jour de la semaine des dessous
coordonnés quand moi le jour où culotte et soutif sont de la même
famille, c'est champagne. Mais voilà, même en période de vacances,
alors que je pourrais avoir un peu plus de temps, je suis infichue de
me passer un après-soleil plus de deux jours ou d'utiliser le spray pourtant payé 2997 euros minimum mais qui pour ce prix là te promet des cheveux avec de la douceur et de la brillance, de la racine aux pointes.

D'ailleurs cette année, je ne l'ai
même pas acheté le machin. Pas plus que l'après-soleil.

Et je ne m'en suis pas portée plus mal,
merci. Enfin, là tout de suite j'ai un très net lien de parenté avec Loana. Mais si, tu sais, Miette.

Quoi qu'il en soit, j'ai fini par accepter ce trait de
caractère, j'assume désormais le fait de toujours préférer passer un
quart d'heure de temps libre à lire/mater une série/surfer/bloguer/appeler une copine.
Et je n'en tire aucune fierté, je peux sans scrupules gober un
épisode des feux de l'amour, donc qu'on ne se
méprenne pas, ce n'est pas du snobisme à deux balles. Le fait est
que je compte sur les doigts d'une main – pas manucurée – les
après-midi passées à me gommer le corps, m'épiler les sourcils ou râper ma corne des pieds.

Résultat tu me diras, elle a un panari
la fille.

Ouais. Et à cause de quoi ? A cause
que j'ai voulu couper mon ongle du gros pouce. ça m'apprendra à
m'occuper de mon corps.

Pourtant, pourtant, pourtant, dans ce
désert de féminitude, il y a une lueur d'espoir.

Parce que quinze jours par an, je me prends
au jeu. Je veux parler de ces moments l'été, après la douche du
retour de plage, où chacun se fait beau pour la soirée. L'odeur du
déodorant même bon marché de mon homme, celui des shampoings au
monoï achetés à la hâte dans les boutiques des stations
balnéaires pour cause d'oubli de la trousse de toilette à Paris, le parfum de l'huile prodigieuse or de Nuxe, cuvée
2003, seul indispensable de mon été (ok, là je l'ai AUSSI oubliée
mais quand même), toutes ces essences annoncent pour moi la
fraicheur du crépuscule, l'apéritif, la cigarette grillée sur la
terrasse en attendant la merguez et sont indissociables des vacances.
En cas de sortie, moi la carmélite du maquillage, je n'hésite pas à
me coller des paquets de far indigo sur mes paupières et du rouge bien
rouge sur ma bouche comme un
gigantesque pied de nez au bon goût selon lequel entre les lèvres
et les yeux il faudrait choisir. Et on ne parle pas de la Terracota appliquée généreusement alors que
plus after the tendance, y'a pas, en dehors du nioude, point de salut
pour les professionnelles de l'esthétique, je vous le rappelle.

Oui, il y a de l'espoir,
puisqu'ue poignée de soirs dans l'année, je deviens une cagole, robe
portefeuille qui s'ouvre sans vergogne sur un soutien-gorge qui ne
demande qu'à participer aux conversations et talons si affinités.
Toujours aussi mauvaise élève de la beauté, toujours de celles qui
pas même passé le panneau de Montélimar ont déjà du sable dans
les fesses, les jambes en croco et le cheveu paillasson. Mais femme
quand même après tout, non ?

Edit: Bonne rentrée à tous et toutes, je suis personnellement revenue – contre ma volonté – de Corse mais encore un peu en congés, on va dire que je fais une reprise en douceur…

Somewhere over the rainbow

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Hier soir, après une journée de plomb au ciel gris, typiques de la fin du mois d'août et annonciatrices d'orages fracassants, la pluie est tombée, mais finalement très timidement. De la terrasse, alors que je buvais mon panaché glacé, je l'ai vu, là, à portée de main. L'arc en ciel. Comme j'aime par dessus tout voir des signes partout, je me suis dit qu'il était là pour me rassurer, me dire qu'après l'été la rentrée ne serait pas forcément si difficile.

Alors j'ai respiré un grand coup et j'ai ravalé cette petite angoisse sourde au fond de mon ventre depuis que le nombre de jours qui me séparent du retour peut se traduire par un après-demain trop proche…

Edit: Le titre m'évoque la chanson bien sûr, mais la version reggae, celle de l'enterrement de Mark Green dans cet épisode d'urgences, l'instant de télé le plus lacrymal qu'il m'ait été donné de voir un jour. Si quelqu'un connait le chanteur de cette version, je prends…