Up and down, épisode 18

Kimberly  Salut, c'est Kimberly.

Si tu es sage, je te montrerai mes étoiles.

A
part ça, rien ou presque. Je suis rentrée hier soir tard de week-end donc le
photoreportage ce sera pour demain. Je peux quand même d'ores et déjà
vous confirmer que Chenonceau(x) c'est super beau et que la région dans
son ensemble est magnifique. En plus c'est le pays de ma copine Julie
qui jouit des cheveux et parfois du coude donc je ne te dis pas la
richesse du coin.

Bref, un tout petit up and down en attendant
mieux. En ce qui concerne les super nouvelles que je devais vous
annoncer aujourd'hui, on y travaille, c'est pas easy easy.


Up: Le grand emprunt que notre président va lancer. Moi je trouve ça
sympatoche de nous proposer de participer à l'effort collectif. Et puis
c'est pas comme si on avait déjà plus un rond pour boucler les fins de
mois, quoi. C'est pas non plus comme si je venais de faire du café du
commerce avec ce premier up, on est d'accord.

– Down: La future loi
contre la burka. Non, c'est vrai, personnellement j'en croise une bonne
dizaine par jour de bonnes femmes grillagées et ça c'est un vrai souci
pour la société française. J'en parlais avec mes amis récemment, notre
souci number ouane en ce moment, c'est la burka. Heureusement qu'on a
un gouvernement qui sait prendre les problèmes à bras le corps.


Down: Le premier acte symbolique de Philippe Val, nouveau chef de
France Inter. En deux heures il a viré Frédéric Pommier, qui fait la
revue de presse le matin. Motif: le gars hiérarchise mal l'information.
Selon les syndicats, ce serait plutôt parce que Frédéric Pommier a cité
Siné Hebdo dans sa revue de presse et que ça n'a pas trop plu à
l'ancien rédac chef et actionnaire de Charlie Hebdo. Je ne sais pas si
Pommier hiérarchise mal l'info mais Val a une drôle de façon de
hiérarchiser les priorités dans son nouveau travail que le président
lui a confié. Non parce que bon, qu'en est-il du licenciement de
Stéphane Guillon ? En voilà un scélérat, non ? 

– Up: Le coût du
one man show de Sarko devant le congrès à Versailles: 400 000 euros.
Ben quoi, qu'est-ce qu'on a aujourd'hui pour 400 000 euros, franchement
? Trois sandwichs Daunat et une pizza Sodebo et encore. On va quand
même pas leur faire bouffer du plastique aux députés, hein ? D'autant
que c'est un investissement, cette petite sauterie, vu que grâce à ça,
la France va récupérer tout un tas d'argent rapport à l'emprunt du
siècle. Alors on arrête un peu le mauvais esprit, c'est fatiguant.


Up: le premier mot d'Helmut: "Bam". Prononcé à chaque chute d'objet
devant un père et une mère transis de fierté, poussant la gagatitude
jusqu'à flanquer par terre tout ce qui leur vient sous la main juste
pour entendre l'onomatopée et vérifier que ce n'est vraiment pas un
hasard, non, Helmut parle, elle dit "Bam". A aucun moment en revanche
on ne s'est dit que ce premier mot n'était pas nécessairement de très
bon augure voire annonciateur d'un tempérament de brise-fer…

Allez, à tchao mes crottes.

Chenonceaux parait que c’est beau

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Ok, le titre est naze et je crains que le texte qui suit ne soit pas franchement mieux.

Après
une semaine éprouvante je pars en goguette avec la famille et les
copains pour visiter les châteaux de la Loire. Au programme, lit à
baldaquins, jardins à la Française, balades le long du Cher et
dégustation des trésors du cru.

Dûr, quoi.

Avant
d'arriver à destination, faisage des sacs, oubliage des éléments les
plus importants ce qui entrainera à coup sûr le cherchage à minuit dans
un bled sans arabe du coin de couches 8 – 18 kilos ou de lait 2ème âge,
on s'en fout de la marque. Avec un peu de chance nous ferons également
connaissance avec le médecin local, deux enfants sur trois étant, comme
il se doit, à deux doigts d'arriver à maturation infectieuse.

M'étonnerait
qu'on trouve un kiné respiratoire au débotté, pourtant je peux te dire
qu'Helmut n'est pas toute seule dans ses bronches. 

Tout compte fait, je m'interroge sur la pertinence d'un tel convoi…

Bref,
je reviens ici mardi, avec je l'espère de quoi vous offrir un
merveilleux photo-reportage princier. Et aussi peut-être des news, du
déménagement dans l'air, du relooking, du recoiffage de moral
bloguesque, de la mutation d'influente.

Tu comprends pas tout ? C'est normal, c'est teasing, c'est in.

Une bise à Manuel Vals, je passerai le bonjour aux white que je croiserai sur ma route. 

Bon
week-end mes crottes, si une envie de ciné vous prenait, je ne saurais
que vous conseiller le Ken Loach, j'ai pleurniché comme jamais, faut
dire que moi, les grands élans collectifs me transforment en guimauve.
Et puis Eric qu'est not a man but a Cantonna, il me rend toute chose
dis-donc.

Cette fois ci je vous laisse, à mardi…

Beth Dito, pas assez grosse ?

Beth-ditto

Elle s'appelle Beth Ditto, c'est une rock-star. J'aime bien le
personnage, excessif, revendiquant son homosexualité et sa fat-itude.
Je l'ai vue en concert à la télé une fois et son énergie m'a bluffée.

Pourtant,
souvent, les unes qui l'exhibent à poil me gênent. Jusque là, je ne
comprenais pas trop pourquoi. Normalement, la vue d'un corps pulpeux en
couverture c'est plutôt le genre de chose qui devrait m'enthousiasmer.
En plus, elle a une élégance incroyable dans ce type d'exercice et son
humour transpire du papier glacé. Mais non, j'avais toujours une
réserve, venue d'on ne sait où.

Et puis hier soir j'ai lu sur un
site à la con qu'elle racontait à propos de cette très belle une de
Love, que la rédactrice en chef l'avait appelée pour l'avertir qu'on
l'avait photoshopée… pour la faire grossir.

Elle n'était pas assez difforme, probablement.


j'ai compris ce qui me gênait jusque là. Le fait que Beth Ditto n'est
montrable nue que dans ses excès, comme un monstre de foire. On ne peut
pas être "juste" grosse pour faire la une. Il faut être hors norme,
énorme.

Moi je dis, c'est pas gagné…

Le sport ça fait mal mais c’est pour ton bien

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Allez, je vous la raconte cette séance de coaching personnalisé avec Gregory Capra.
Et même que pour la peine j’ai fait un minute par minute. Juste, avant
de commencer, à 11h45 je fais une intervention en public, ce qui me met
dans un état pire que prendre l’avion. Alors je compte sur vos ondes
positives, j’en ai comme qui dirait bien besoin.

C’est partiiiiiii…  En lire plus »

Reebok  Alors, au fait, cette séance de coaching personnalisé ?

Oui ben attends, faut que je m'en remette et après je peux en parler. 

Ok, ça fait déjà deux semaines. En même temps, l'état post-traumatique ça peut s'étaler dans le temps, crois-moi.

Déjà je dois t'expliquer comment j'en suis arrivée à décéder de honte dans une salle de gym, – fortuitement
suffisamment éloignée de mon domicile pour espérer n'y rencontrer
personne de ma connaissance, "ma connaissance" incluant le pékin moyen
croisé sur mon trajet matinal, le boulanger, la pharmacienne, le gars
du 18ème perdu dans le 13ème et j'en passe. Limite je pourrais faire
appel au Milieu pour qu'il me liquide tous les témoins de la scène,
c'est te dire
– qui plus est habillée Go Sport des pieds à la tête.

Tout ça, c'est un coup de William.

Je vais te dire, il est chien, Will. Parce que deux jours après m'avoir appâtée avec Amandine,
voilà pas qu'il me proposait, l'air de rien, de me faire relooker
"sport" par la chaine de magasins sus-citée et de bénéficier d'une
heure de coaching avec Greg Capra, le mec qui lui a rendu son corps
d'athlète – je te jure william c'est une de ces bombasses maintenant,
que t'en mangerais.

Forcément, j'ai pas osé dire non. Je te
rappelle que je suis de celles sur qui une inscription exclusivement
visible par les coiffeurs/esthéticiennes/parfumeuses/vendeuses est
gravée sur le front: "Pigeon total, fourguez moi toutes vos merdes
j'achète".

Résultat, ma salle de bain regorge de masques pour
cheveux sec/gras/bouclés/afro (alors que les plus exotiques de mes
ancêtres sont normands), de crèmes anti-rides/pour peau jeunes/contre
le psoriasis/la variole (alors que je souffre uniquement d'acné) ou
d'une tripotée de robes dans lesquelles je n'ai jamais rentré un bras
mais qui "si si si ça vous va supeeeer bien madame".

Je ne
reviens pas sur les épisodes cuisants de coupes ratées de chez ratées
pour lesquelles j'ai remercié chaleureusement la coiffeuse avant de
fondre en larmes dans le métro.

Bref, tu as saisi, j'ai dit oui
pour faire plaisir à william rapport que lui m'avait fait plaisir avec
Amandine. Et que je suis une tarte

Aussi.

Et puis parce
qu'au moins, les fringues de sport, je me suis dit que je trouverais ma
taille. Quand aux baskets, je rentre encore dedans, merci.

Bref,
j'ai été accueillie très gentiment par la dame du go sport de
montparnasse, lieu dans lequel vient d'être inauguré le premier spot "Miss go sport".
Un endroit fort plaisant au demeurant où tu trouves du XL et même du
XXL. Ne nous voilons pas la face, quelque part, j'ai été CORROMPUE. Et
sache donc que mon intégrité vaut en gros un pantalon de jogging, un
t-shirt adidas noir et une paire de Reebok montantes noires qui sont,
il faut bien le dire, mortelles. Il n'empêche que j'ai trouvé le
concept plutôt sympa (oui, le fait que ce soit gratos a bien aidé la
chose) et que le principe du pantalon sans bouton ni fermeture éclair
(oui, on peut appeler ça un survêtement ou un legging) est décidément
fait pour nous les filles à problèmes au niveau du pantalon.

Donc,
j'ai été gentiment accueillie. Et alors que j'errais dans cet espace
(la dame de chez go-sport a eu la délicatesse de me laisser tranquille
pour shopper les modèles dispos en grande taille), voilà que je tombe sur Deedee.
Si. Elle aussi avait décidé de vendre son intégrité. Pour la même paire
de baskets. On a discuté cinq minutes (de quoi ? Ben tu sais, quand une
blogueuse rencontre une autre blogueuse, elle parle… des autres
blogueuses) et de fil en botte de foin, on s'est dit: pourquoi qu'on
ferait pas l'heure de coaching toutes les deux, ça serait moins chiant,
non ?

Trop géniaaaaaal, j'ai acquiescé.

Après je suis
rentrée chez moi et je me suis rappelé que Deedee pesait 23 kilos et
mesurait 1m80. A quelque chose près. Et que malgré ses promesses selon
lesquelles elle est une burne en sport, elle serait forcément meilleure
que moi. Si. C'est scientifique. Tu prends le pire des boulets et bien
je suis toujours un cran au dessous. 

Je sens que je suis longue, je me demande si je vais pas te raconter la suite demain. Non ?

Si.

Edit:
Bon, on est d'accord, ce billet est à haute teneur en publicité. Vous
avez le droit de vous indigner, j'avoue que sur ce coup j'ai décidé de
ne pas me culpabiliser plus que ça. Depuis que j'ai lu que certains
blogueurs gagnaient près de 1000 euros en "nature" tous les mois, je me
dis qu'une paire de baskets ça va pas tuer ma mémé. Et puis
franchement, ils ont été plus que correct chez Go sport. D'abord j'ai
mis des lustres à rappeler, ensuite j'avais UN créneau horaire dispo et
d'environ 10 minutes. Après, ça fait genre un mois qu'on y est allées
et pas une fois j'ai été relancée pour en parler. Donc no pressure.
Surtout, je ne suis jamais sollicitée par les marques de fringues.
J'imagine que "pensées de ronde" ça se marie pas avec "Comptoir des
chiffoniers" ou autres. ça me fait une belle jambe vu que je ne suis
pas modeuse. Mais là j'ai trouvé cool que mon "profil" ne soit pas
moins intéressant que celui d'une Deedee. Et en plus, la marque go
sport, elle est vraiment très abordable. Ce qui n'est pas négligeable
actuellement. bref, j'ai honte mais pas tant que ça.

Des vertus pédagogiques du Sopalin

Dire qu'on s'échine à leur acheter des jouets qui te coûtent un rein.

Alors qu'avec un rouleau de Sopalin tu as la paix deux heures. Et c'est bien plus qu'il m'en faut pour dîner tranquille.

Ok, ce n'est pas franchement développement durable. Pardon Dany. En même temps, pardonnez-moi, comme dirait le mythique Devoise, mais j'ai voté PS.

Oui, c'était moi.

Et puis il ne faut pas oublier que j'ai en boutique trois enfants qui ont choppé perpète au niveau du rhume. Et que suivant le vieil adage selon lequel il n'y a pas de petites économies, les chutes de Sopalin sont immédiatement utilisées comme mouchoirs. 

C'est du deux-en-un, c'est du recyclage, c'est la décroissance à mort, c'est trendy, c'est VERT, quoi.

Non ?

En tous cas c'est pédagogique. C'est avec le Sopalin qu'Helmut apprend le fameux et indétrônable:

– "Cachée ?"

– "Plus cachée !!!!"

ça vaut bien un rouleau d'essuie-tout, non ?

Edit: Non on ne parle pas de ses cheveux. Merci. Julie, je t'entends d'ici et je te rappelle que tu fais un brushing sur une coupe à la garçonne TOUS les matins. Tu seras donc gentille d'avoir des pensées un peu plus chrétiennes.

Avantages, un journal qui ose

Oui, pour une fois, je ne vais pas hurler contre la presse féminine.
Ok, je ne lis pas souvent Avantages. Ok, c'est pas vraiment edgy à mort
Avantages, ou alors c'est before the before. N'empêche que là où ils
assurent chez Avantages, c'est de faire un dossier à quelques semaines
du maillot pour parler des femmes qui disent non aux régimes. Et en
interrogeant des femmes qui ont VRAIMENT des problèmes de poids.

Après,
je ne suis pas forcément ravie de voir mes mensurations étalées dans un
canard. En même temps c'est moi qui l'ai dit hein, on m'a pas mis un
flingue sur la tempe. Surtout, ahem… bon voilà quoi, en ce qui
concerne l'honnêteté, j'ai pris quelques libertés. M'enfin y'a de
l'idée.

A part ça, tout est vrai, archi vrai. Pas de scoops,
juste le parcours banal d'une fille qui n'aurait jamais du commencer.
Et dans le journal, d'autres témoignages intéressants.

Coupe ta crotte et tais-toi

Donc on en était que le machin devait rester en observation une nuit
à l'hôpital. Après une négociation qui a duré environ douze secondes,
il a été décidé que c'était moi qui m'y collerait.

Qui n'a jamais dormi sur un fauteuil en skaï des hôpitaux de Paris ignore ce que signifie "ne pas fermer l'oeil de la nuit".

Tu ajoutes à ça la peur panique qu'à un instant ou à un autre le clou se plante dans la paroi de l'estomac de chouchou et tu peux oublier toute velléité de roupiller. D'autant que le machin, lui, tenait une forme que c'en était indécent. Je ne te dis pas l'oeil réprobateur des parents des gamins VRAIMENT malades quand ils l'ont vu se carapater à quatre pattes dans les couloirs en poussant des cris de victoire. Normal, un couloir pareil il n'en avait jamais eu à disposition. A lui l'ivresse des grands espaces, quoi.

En plus, le charmant bambin s'est découvert une passion pour le Lansoyïl, cette espèce de gelly rose censée accélérer son transit tout en enveloppant le clou. Ils avaient jamais vu ça à l'hosto, il en redemandait le bougre. A croire qu'on lui donnait rien à bouffer chez lui. Par contre, ça, pour pondre sa crotte fissa histoire qu'on puisse rentrer dans nos pénates, je pouvais toujours courir. Cet enfant qui chiait comme une pendule depuis sa naissance avait manifestement décidé de faire la grève de l'anus. J'ai eu beau mater la couche toutes les deux heures – fallait bien tuer le temps, hein – rien, nada, on aurait pu manger dessus.

Bref, après une des pires nuits de mon existence, il a fallu se rendre à l'évidence, le clou prenait son temps pour se faire la malle.

Et le personnel hospitalier semblait peu enclin à garder dans ses murs un gamin avec une telle santé de fer. Hin hin, tu notes, clou, fer, dieu que je m'impressionne parfois.

Quoi qu'il en soit, à midi le lendemain, on m'a gentiment renvoyée chez moi avec mon fakir et ma parafine.

Non sans m'expliquer qu'il me faudrait scrupuleusement examiner les selles de mon bébé jusqu'à temps qu'on trouve l'objet du délit.

Oui oui, que j'ai dit, no soucy.

C'est là qu'a commencé une période peu reluisante de notre vie de parents. Au premier caca, on était bien excités, genre chasse au trésor.

Au dixième, on tirait au sort pour savoir qui allait s'y coller.

D'autant que chez tout enfant normalement constitué, le lansoyïl a des vertus plutôt laxatives. Pas chez le machin.

Qui nous a pondu à cette époque les merdes les plus compactes qu'il m'ait été donné de voir. Ah ça on était beaux à voir avec notre couteau et notre fourchette en train de découper les excréments de notre cher enfant. 

En vain.

Une semaine après l'ingestion, toujours pas la queue d'un clou à l'horizon.

En revanche, nous, on était au bord du divorce. En cause la mauvaise foi crasse dont chacun faisait preuve à chaque livraison de grosse commission (depuis l'animal avait repris ses habitudes, toutes les cinq heures environ, pof, vous avez un colis madame).

Ah, ça, ça y'allait les excuses à deux balles ou les manoeuvres plus retorses les unes que les autres: "Je peux pas j'ai piscine", "Non mais là il faut absolument que je m'occupe d'arroser le yucca, c'est fragile ces trucs là", "Je t'échange douze nettoyages de chiottes contre une couche à examiner", "J'ai compté je m'en suis tapé quatorze et toi douze", "Ok, combien tu veux, je suis prêt à PAYER pour ne pas m'y coller". "Non mais promis la prochaine c'est moi, là il se trouve que j'ai une envie très pressante", "Ah, merde, le téléphone sonne, je crois que c'est ma mère. Alors à moins que tu veuilles lui parler…". Et j'en passe.

Au bout de deux semaines, on s'est quand même dit qu'il fallait peut-être en parler à la pédiatre, bizarre tout de même qu'on fasse chou blanc de la sorte. On est arrivés super zen, faut dire que nous, le clou, on vivait avec depuis un bon bout de temps, on s'habitue à tout que veux-tu.

Pas la pédiatre.

Qui est devenue verdatre quand on lui a raconté, un peu goguenards, que le machin, il arrivait pas à expulser son clou.

"Non mais c'est très graaaaaaave, vous êtes inconscients, le cou s'est peut-être nécrosé, c'est un coup à faire une septicémie, c'est insensé de ne pas vous êtes manifestés avant, vous retournez immédiatement faire une radio, s'il est toujours là c'est l'opération, on ne laisse pas un enfant avec un objet en fer dans le corps".

Et ça fera 70 euros pour le savon.

Et pan, retour à la case départ. Cette fois-ci le radiologue il a pas fait la blague. Il te l'a pris direct et sans se marrer.

Pour ressortir triomphant.

Y'avait plus rien.

Le clou avait disparu. 

C'est sûr, on était contents.

Mais la première pensée qu'on a eu c'est que ça faisait probablement dix jours qu'on jouait à la dinette alors que le salopiaud avait chié son clou depuis un bail.

La seconde pensée c'est que l'une des fouilles avait dû être moyennement scrupuleuse.

Bizarrement, aucune accusation n'a été proférée.

Signe probable qu'on avait chacun quelques souvenirs d'examens baclés.

Le pire, c'est que d'après la pédiatre qu'on a quand même rappelée pour lui raconter, c'était tout à fait possible que le machin il ait dissous le truc avec l'acide de son estomac.

Tu te rends compte ? Mieux qu'un sani-broyeur, quoi.

Bouffeur de clou


Helmut est à l'âge où il faut commencer à faire gaffe à tout ce qu'elle
arrive à chopper, étant donné que la phase orale – &*###&$xµ de
phase orale – signifie que pour apprécier les qualités du moindre
objet, il faut le mettre à la bouche. A moins que ce ne soit juste
parce qu'on sait jamais, des fois que ce soit sucré…

Toujours
est-il qu'il faut être super vigilant, d'autant plus que notre maison
n'est pas à proprement parler vierge de toute saloperie négligemment
laissée à portée de main. Disons pour faire simple que pour la
certification ISO9001 faudra repasser. Par exemple, à l'heure où
j'écris, j'ai un sacré doute sur l'endroit où se trou la fameuse touche
V, celle-ci ayant mystérieusement disparu après avoir été kick-boxée
par number three.

Faut dire que niveau ingestion spectaculaire, on a déjà donné…

L'histoire remonte à environ huit années. Grand qui pue des pieds n'était alors qu'un petit machin tout rond du style pas dégourdi, à l'hygiène moins douteuse qu'aujourd'hui.

Il était gardé, ainsi que sa jumelle, à la maison par une nounou ("han, t'as entendu, mais c'est que c'est une privilégiée, la blogueuse, nourrice à domicile et tout le tralala! Et après ça se dit de gauche. Caviar ouais !" Non, vous n'y êtes pas, on a juste été interdits de crèche pour cause de bronchiolites à répétition et contraints de liquider un PEL entier dans trois années de garde à domicile, fin de la parenthèse).

Bref.

Un jour, l'homme m'appelle, à moitié rigolard, voire même assez détendu du gland, à vrai dire:

"Ouais, c'est moi, je viens de recevoir un coup de fil d'Elvira, elle est en panique, elle dit que le machin a tiré sur le tissu accroché au dessus de son lit et qu'en voulant le remettre, elle a beau compter les clous, y'en manque un".

Moi, très à l'écoute: "Heu, tu m'appelles en pleine réunion pour me faire part des angoisses de la nounou rapport qu'on a perdu un clou ? Rassure-là, il était pas en or, on est fauchés ok mais pas à ce point, on rachètera un clou, tout va bien".

"Non mais tu n'as pas compris, Elvira est SÛRE qu'il l'a bouffé, le clou".

Respiration abdominale, faisage de vide dans ma tête, interdiction mentale de visualiser le clou dans le ventre de mon trésor, puis reprise de la conversation dans le plus grand calme. "Putaiiiiiiiiin, mais qu'est-ce que tu fous là à me téléphoner, file le chercher, faut l'emmener au Samu direct, il va mourir, ses intestins vont se perforer, c'est atroce, viiiiiiiiiite". 

Apparté: la respiration abdominale ne sert à rien quand ton enfant a avalé un clou.

Ne se départissant pas de son flegme, l'homme consent à quitter son job – plus près que le mien de notre domicile – pour aller faire passer une radio au machin, non sans me faire part de sa perplexité: "Comment veux-tu qu'il ait gobé un clou, en plus c'est des pointes de trois centimètres de long. Je te rappelle qu'il s'étrangle avec une miette de pain. Le clou est sous le lit et c'est tout. Elvira est au taquet, c'est bien, mais là, c'est trop. Mais comme je sais que tu ne vas pas me lâcher, j'y vais, ok".

Une demi-heure après, il arrive chez le radiologue qui lui rit gentiment au nez: "hin hin hin, si votre fils avait avalé un truc pareil, croyez-moi, il hurlerait à la mort et cracherait du sang. Je vais vous la faire la radio, si ça peut rassurer votre dame. C'est votre premier, c'est ça, hein ?". Et les voilà partis à se fiche de la mère hystéro de ce pauvre gosse par ailleurs pétant la forme.

Trois minutes après, le radiologue ressortait livide de sa cabine. Et les deux joyeux drilles faisaient moins les malins. . Parce qu'aux rayons X, crois moi, un clou de QUATRE centimètres de long, dans l'estomac d'un gosse de 12 mois, on voit un peu QUE ça.

L'homme est reparti avec son machin clouté sous le bras, direction l'hôpital Trousseau où ils nous connaissaient déjà bien. Il m'a appelée sur le chemin et je suis partie comme une furie de la Défense en ne parvenant pas vraiment à chasser les images d'hémorragies internes qui me venaient en tête. Quant à respirer par le ventre, comment te dire…

A Trousseau, bien que total blasés de l'ingestion d'objets en tous genre, ils ne nous ont pas trop rassurés. Le clou était tout de même vachement long et pointu. En même temps, parait qu'on avait du bol, le pire c'est les épingles à nourrice parce qu'elles peuvent s'ouvrir et je te fais pas un dessin. Les piles boutons, aussi, c'est moyen, ça n'a l'air de rien mais ça peut te transformer ton gosse en ogive nucléaire. Sans rire, à les entendre, en vidant les intestins des gosses qu'ils reçoivent chaque jour, tu montes facile un Bricorama.

En attendant, le machin, l'allait falloir le garder toute la nuit en observation. Parce que le clou il était trop bas pour aller le choper par le haut et trop haut pour tenter le repêchage par le bas. Conclusion, on allait lui faire bouffer de la parafine et espérer que "ça" ressorte naturellement.

Je vous raconte la suite demain si vous le voulez bien…