17%

Non mais ça va, 17%, je veux dire, c'est pas si…

Nul ? 

Pathétique ?

Catastrophique ?

Ridicule ?

Non mais franchement, ce qu'il y a de bien quand on vote PS, c'est qu'on croit toujours avoir touché le fond et en fait, non.

Seule et maigre consolation, le score de Danny, même si l'alliance avec le faucheur me laisse songeuse.

En tous cas, manifestement, les gens, ils sont contents du gouvernement. Et ça, c'est bien.

Ou pas.

Allez, je vais me coucher, je viens de voir madame "Va te faire foutre" à la télé, je crois que je vais suivre son conseil, c'est encore le meilleur programme pour ce soir.

Trash de pacotille

Aujourd'hui j'ai envie d'être méchante. Je sais, on me donnerait le
bon dieu sans confession et là, pof, je vous surprends et montre la
dark side de mon coeur.

Mais c'est pour la bonne cause.

C'est
pour vous éviter de mettre de l'argent dans un livre qui n'en vaut pas
la peine. Et j'en suis d'autant plus désolée, qu'il n'en vaille pas la
peine que l'homme, ce joyau, me l'a offert. Comme ça, parce que
parfois, il faut savoir le dire avec des livres.

De quoi parle-je ?

D'un petit bouquin au titre alléchant, "Trash", de Clara Chaal. Promotionné à grand renfort de portrait en dernière page de libé et plus si affinités. Cela aurait à voir avec les 1m79 et vingt ans à peine de l'écrivaine que ça ne m'étonnerait pas. Je sais, je suis mauvaiiiiiiise. En même temps je te rappelle que je culmine à 1m63, que j'ai tuit ans et que mon poids est inavouable. 

Mais crois moi ou pas les amis, rien à voir avec une quelconque jalousie. C'est juste que je n'aime pas qu'on se fiche de moi. Et là, dans le genre fichage de moi, on atteint des sommets.

Je m'explique. Le pitch du livre, donc, c'est que c'est un témoignage du style coup de poing dans la mare d'une jeune mannequin étudiante à ses heures perdues dans une grande école d'ingénieur. Un genre de Lolita Pille, voire, même une Françoise Sagan à la sauce Christine Angot. Avec un zest de Clara Morgane.

Parce que la brillante jeune femme – belle, aussi, est-ce utile de le préciser ? Oui, à priori vu qu'elle même le répète à longueur de pages – est une sorte de messaline des temps modernes, une fille apparemment rangée et habituée des beaux quartiers qui cache bien son jeu. D'ailleurs, dès le préambule de son livre de douze pages et demi que j'ai mis environ 25 minutes à lire (et pas parce que j'étais passionnée) elle avertit son lectorat. Ce qu'elle va révéler est HARD.  Mais elle le fait pour tous les parents qui pensent que leur progéniture est bien sous tout rapport alors qu'en vrai, aïe aïe aïe.

Mais qu'a-t-elle donc fait, cette jolie blondinette, te demandes-tu alléché, hein ? Se cisaille-t-elle les poignets, fume-t-elle du crack dans son appartement du 16ème, organise-t-elle des parties fines avec le gotha politique ?

Tu n'y es pas.

Piiiiiiiire.

Elle baise.

Attends, pas qu'un peu, genre elle a couché avec une dizaine de mecs alors qu'elle a tout juste 20 ans. Sans capotes. Et puis aussi, l'un d'entre eux a fait de la prison. J'oubliais, elle pique dans les magasins.  Pendant un an elle a fumé des joints mais depuis elle a arrêté.

Bon, ok, ce n'est pas franchement ce que je souhaite à ma fille. Mais ce n'est pas non plus ce que j'appellerais la trashitude absolue. Baiser sans capote, c'est franchement con, on est d'accord. Avoir son premier rapport sexuel à 14 ans, c'est tôt. Cela dit, moi qui ai fait zizi panpan pour la première fois à 19 ans je faisais figure de Soeur Emmanuelle y'a vingt ans (et encore, maintenant on sait que Soeurette, elle était pas si sage). Donc 14 ans c'est tôt mais c'est pas 9 ans non plus.

Bref, en plus d'être écrit avec les pieds, ce livre c'est juste de la publicité mensongère, le journal pas intime d'une pauvre petite fille riche qui voudrait bien être une Belle de jour mais qui n'arrive pas à la cheville d'un tel personnage. Il n'y a aucune intensité, aucun talent littéraire, juste les délires d'une bourgeoise qui se voudrait trainée, qui se rêve en personnage d'un roman de Sade sans y parvenir un instant.

Moi je dis, qu'on la publie, why not. Mais qu'on crie au génie et qu'on la brandisse en dernière page de libé en la bombardant figure emblématique d'une génération de filles perdues, ça sent le plan marketing à fond. Et ça fait mal au coeur d'imaginer tous les manuscrits jetés à la baille parce que le sujet n'est pas vendeur ou pire parce que leur auteur n'est pas photogénique.

Voilà, pour une fois, je vous dis, n'achète pas. Et si tu veux avoir des frissons relis "Baise-moi" de Virginie Despentes. On n'aime ou pas mais on ne peux pas rester indifférent. Alors que là…

Edit: qu'on ne s'y méprenne pas, je ne suis pas déçue que le livre ne raconte pas plus d'abominations. J'ai simplement trouvé pathétique ces efforts dantesques pour se faire passer pour une dégénérée du sexe sans qu'à un seul moment on soit embarqué dans la vie du personnage. Je n'ai pas lu Lolita Pille mais je suis persuadée que dans le genre, c'est mieux. Et arrêtons de faire passer pour subversifs des ouvrages qui ne sont que du vomi narcissique.

Le spectacle de fin d’année

Mardi soir, donc, c'était le spectacle de fin d'année de grande
chérie et machin qui pue des pieds. Je passe sur le tableau affligeant
que j'ai offert à l'assemblée, d'une mère en larmes à peine sa fille
sur scène (au milieu d'une trentaine d'enfants hein, même pas c'était
un solo). Je ne reviendrai pas là dessus, je travaille beaucoup sur moi
même mais la moindre chorale d'école, aussi catastrophique soit-elle me
fout par terre. Alors forcément, là, cette comédie musicale qui en plus
était d'une rare qualité a ouvert les vannes.

Sans rire, je me demande toujours où est-ce que je planque ces litres de flotte salée pour que ça ne demande qu'à sortir comme ça. Surtout, en petite et moyenne section, ça passait encore, je n'étais pas la seule, après tout, le grand plongeon de ta progéniture dans l'aventure de la collectivité, ça émeut, c'est pas complètement incongru. Mais en CE2, normally, t'es blasée de l'éducation nationale.

Sauf moi.

Limite je n'ose plus aller voir les instits dans l'année parce que voir le petit bureau de grande chérie me transforme en guimauve. Même le bouge qui sert de table de travail à grand qui pue me file des sanglots. Alors je ne vous fais pas un dessin de ce qui se produit quand la maitresse commence à me dire des gentillesses sur eux. Les grandes eaux. Bref, j'ai une réputation épouvantable de femme fragile des nerfs pour le plus grand bonheur de mes enfants.

Quoi qu'il en soit, une fois de plus, à l'occasion de ce spectacle,  grand machin m'a prouvé que les garçons et les filles, c'est pas pareil. Mais alors pas du tout.

Depuis deux jours en effet, ma fille était en panique en ce qui concernait son costume de scène. Rapport que y'avait deux représentations, l'une où elle devait être en robe blanche et l'autre en jean t-shirt. Et que dans la journée, elle voulait mettre son short kaki. Me demande pas pourquoi, ma fille elle a un syndrome de la tourette du short kaki. Tous les jours de l'année, qu'il neige ou vente, elle me demande si elle peut mettre son short kaki. La variante étant "est-ce qu'il fait assez beau pour que je mette une robe ?". Robe qu'elle ne met jamais, finissant toujours pas enfiler le short kaki. 

Bref, on a frolé le nervous breakdown, aucun des scénarios proposés ne convenait. Pas question de mettre la robe par dessus le jean – "non mais elle est trop looooongue, ça va pas ou quooooooiiiii", inimaginable de la rentrer dans le short et hors de question de négocier avec la maitresse de jouer en short kaki. Au final la nénette est partie à l'école en baggy violet (me demande pas pourquoi là non plus, il y a des moments dans la vie d'une mère où il faut savoir ne pas poser de question) avec une robe blanche dans son cartable, son jean dans un sac ainsi qu'un t-shirt rose à bretelles que j'ai mis trois heures à retrouver, encore un connard de vêtement qui la nuit va se planquer au fond du sac à linge rien que pour faire chier.

Tout ça pour la retrouver à 19h avec le t-shirt d'une copine vu que les bretelles ça n'allait pas du tout dans le spectacle. 

Donc disais-je, son père et moi on a cru devenir chèvres, toute la famille était suspendue à ces problèmes vestimentaires, on a failli appeler M6 pour qu'ils nous dégotent un coach histoire de nous aider dans cette épreuve parentale.

Et pendant ce temps là, machin qui pue faisait des barrages en kapla.

Le matin du D-Day, après avoir résisté à la tentation de trucider la chair de ma chair douze fois depuis son réveil et donc renversé l'intégralité du sac à linge, j'ai battu le rappel pour partir à l'école. Au moment de fermer la porte, je demande incidemment à mon fils (quand je dis qu'il faut savoir ne pas poser de questions, là justement, c'était THE time pour mettre cette leçon de vie à exécution): "Et toi, donc, t'avais pas de consignes particulières pour ce soir ? Pas de costume ?".

Là, sans se départir de son flegme – qui peut aussi devenir assez irritant, trop de coolitude tue la coolitude – il répond l'air de rien: "Ah, si, une chemise blanche, une cravate et un chapeau melon".

Cool, zen, maitrise de soi, visualisation de ce que je pourrais écoper pour infanticide, respiration abdominale.

– Et, heu, peux-tu me dire à quel instant tu avais prévu de m'en parler ? Parce que là vois-tu, ta soeur nous a pété les roustons pendant deux jours, mais au final, elle part équipée. En revanche, mon coeur, le chapeau melon, la chemise blanche et la cravate, en 34 secondes, ça ne va pas être possible, c'est non négociable, y'a pas écrit mary popins sur mon front, d'autant que je ne t'ai pas acheté de chemise blanche depuis deux ans, vu comment tu manges comme un cochon ce serait donner le bâton pour me faire battre. Quand à ton père il a UNE cravate qui remplace actuellement la ceinture de la chaise haute d'Helmut. Et alors le chapeau melon, je crois pouvoir assuré qu'on en n'a JAMAIS eu. Mais alors JAMAIS. Bref, tu te doutes que tu vas aller à l'école sans costume, hein ?

– Non mais calme toi maman. De toutes façons je vais mettre ma veste en jean, ça fera pareil.

Je ne trouve pas les mots pour décrire le regard consterné et lourd de mépris que sa soeur a posé sur lui à cet instant précis.

Quand à moi, je cherche encore EN QUOI une veste en jean c'est pareil qu'une chemise blanche avec cravate et chapeau melon.

Non, vraiment, y'a pas que la barre du Y qui leur manque.

 

Ego, vous avez dit ego ?

Alors aujourd'hui je n'ai pas hyper le temps de poster. Mais je ne pouvais pas ne pas vous signaler que Psychologie.com propose un portrait de ma pomme.

Un grand merci à Fée Chocolat dont la photo m'a sauvée de l'obligation de donner mes nichons en guise d'illustration, beh oui, c'est le dernier cliché de moi que j'ai, c'est ballot hein.

Bref, je ne ressemble plus vraiment à ça rapport que mon hair-designer m'a un peu transformée mais on s'en tape le coquillard, ce qui compte c'est ce qu'il y a à l'intérieur des gens et en l'occurence les réponses aux questions. En plus c'est trop la classe, j'arrive juste après Margaux Motin que je vénère d'amour et Navie que je ne présente plus ici.

A tchao mes crottes.

Up an down épisode 17

Up and down ! up and down ! up and down !

Okaaaaaaaay, j'arrive,  pas de panique. Vous en voulez hein mes cochons ? Et bien vous allez en avoir. Du up ET du down.

 

– Down: Le crash de l'A330. D'abord, c'est atroce. Ensuite, c'est un coup dur pour toutes les air-phobiques de mon espèce. Un de plus sur ma longue liste de catastrophes qui justifie à elle seule mon refus quasi-catégorique de prendre l'avion. Le seul point positif d'un tel drame j'imagine c'est le petit coup de pouce qu'il a donné à un revenant de la sphère médiatique: Michel Chevalet. Exhumé pour l'occasion par I-Télé, notre michel national nous a régalés de ses explications légendaires du type: l'avant d'un avion se trouve… à l'avant. Alors que l'arrière est… à l'arrière. Tout ça ponctué de silences évocateurs et d'airs mystérieux sur fond de "on nous cache des choses". On le sentait que le gars, on n'allait pas la lui faire avec un simple coup de foudre. Parce qu'il y avait pas mal de faits qu'il ne s'expliquait pas, Michel. Et je peux te dire qu'il n'est pas né de la dernière catastrophe aérienne. Big up aussi à tous les journalistes des chaînes d'infos qui ont réussi meubler des heures de direct avec trois infos : 216 passagers, décollage à Rio à 20h heure locale et disparition des radars à 3h. Heureusement, l'AFP était là pour distiller au compte-gouttes des précisions des plus sordides du type: "il y avait huit enfants et un bébé à l'intérieur". Bref, tous les médias disent merci à la fatalité, prouvant une fois de plus que le malheur des uns fait le bonheur des autres.

– Down: Le virus de la grippe porcine H1N1 qui n'a vraiment pas rempli toutes ses promesses en ne tuant finalement que quelques centaines de mexicains alors qu'on était sur les starting blocks ici. Franchement, si même les pandémies se dégonflent, on n'est pas prêts de sortir de la crise. Qu'est-ce qu'on en fait maintenant des tonnes de masques et des camions de Tamiflu, hein ? Et tous les experts qui comptaient là-dessus pour leurs cachets d'intermittents ?

– Up: Le prix des poubelles au Touquet. Moi je dis, y'a pas que mère nature qui est une truie. Parce que tant qu'il y aura des gens assez nantis pour mettre 180 euros dans une poubelle pendant que d'autres sont en train de faire la fête du slip en l'honneur du RSA, ce sera la preuve qu'en effet, on nait tous égaux mais certains plus que d'autres.

– Up: La une du Figaro mag avec the old and the "young" first ladies. Une "Une" brandie par Laurence Ferrari en ouverture du 20h, parce que forcément, ça le méritait.

– Up: la future carrière de kick-boxeuse d'Helmut. A l'heure qu'il est, suite à un coup de pied d'une rare violence, je tape sur un clavier auquel il manque la touche V. Obligée d'appuyer comme une malade sur le squelette de la touche pour que ça s'imprime. J'en tire un enseignement: on sur-utilise la lettre V. Que quelqu'un prenne des mesures, putain. Quoi qu'il en soit, j'ai évidemment porté plainte contre l'auteur du délit et à l'instant où je vous parle, Helmut est en garde à vue depuis 12h. On déplore déjà deux policiers à terre en raison d'un attentat à la couche contre lequel aucun masque à gaz n'a eu d'effet.

– Up: Les canelés de chez Baillardran que ma copine Nathy m'a ramenés de Bordeaux lors d'une visite éclair. Je suis fascinée par la consistance du canelé. Limite c'est sexuel. Egalement, les cakamours de Séraphine – que les oiseaux chantent pour elle tous les jours à l'aube – une tuerie aussi chargée en rhum que les canelés dont je vous livre très prochainement la recette puisque la douce et merveilleuse Séraphine – que des pétales de rose ornent son chemin – me l'a envoyée. 

– Down: La fin du mois de mai et donc de ses week-end de trois jours ou plus si affinités. Qu'en plus parait qu'avec les années bisexuelles à venir, on en a pour un bail avant que le calendrier soit de nouveau de gauche.

– Down: Les prévisions catastrophiques d'abstention pour les européennes du week-end prochain. Je ne sais pas si je suis très prescriptrice de vente pour les produits de consommation courante (à priori non, rapport que nom d'un chien, jamais on m'invite en croisière moi ?) mais si je pouvais faire changer d'avis ne serait-que l'un ou l'une d'entre vous et le/la pousser à aller voter, j'aurais l'impression d'être une héroïne de la démocratie. Franchement, vous croyez que je vais aller voter PS avec enthousiasme moi ? Non. Mais comme je suis du genre bornée ET fidèle, je le ferai. Cela dit, l'important ce n'est pas d'aller voter à gauche (quoique) mais d'y aller tout court. Et si, le Parlement européen, il sert à quelque chose. Genre à voter pour l'allongement du congé maternité en Europe. Genre.

– Up: Un mail que j'ai reçu vendredi de la part de Sophie. Je n'en dirai pas plus parce qu'elle n'aimerait pas forcément que je développe mais je crois que jamais je n'avais été touchée de la sorte par un mail venant de quelqu'un que je ne connais pas. Alors voilà, Sophie, pour moi tu es l'incarnation de l'élégance et du courage et je te remercie du fond du coeur pour tes mots si forts.

Les voisins du dessus

Alors y'a Navie, elle m'a envoyé le pilote d'une série appelée "Les voisins du dessus" que ses copains ont fait (même que elle est un peu leur agent ET leur attachée de presse). Je vous mets un extrait de son mail pour être sûre de ne pas me tromper dans les noms: "Le 30 mai est un jour historique pour nous, puisque cette nuit à minuit pile, nous avons lancé le pilote de la série: Fruit
de mois d'écriture, tournage, communication, montage, étalonnage et
autre trucs en -age, cette série créée par Kheiron (ex- Jamel Comedy
club) et co-écrite par un pôle d'auteur dont le brillantissime Navo de
la Bande Pas dessinée est enfin en ligne sur dailymotion".

La vidéo, je l'ai regardée, et j'ai bien rigoulé. Je trouve l'idée extra, c'est super bien joué, mention spéciale à Judas et Moïse dont les chamailleries sur ce que peut ou pas manger Moïse m'ont fait ricaner comme une oie. Bref, je vous invite à la regarder, moi ça m'a fait penser à Kaamelot et j'avoue que je marche à fond avec l'humour un peu absurde. Surtout,on a envie de connaitre la suite. Et puis c'est iconoclaste comme j'aime, ça se fiche pas mal des religions sans tomber dans l'agressivité et comme ça se fout de TOUTES les religions, aucun risque que ce soit taxé de raciste ou quoi…

 

 

 

Super Nanny et le petit Monsieur

Il y a une semaine ou deux, je suis allée au restaurant.

Déconne.

Ben
non, même pas je rigole, en plus.

Les astres étaient avec nous, la lune pile
poil en vénus et les marées au bon coefficient. Bref, tous les éléments
étaient favorables et aucun des trois lardons n'était malade. La
baby-sitter était quand à elle disponible ce qui semble être la moindre
des choses pour une baby-sitter sauf qu'il faut savoir qu'une vraie nanny a en général un emploi du temps digne de celui de Rachida
Dati. C'est simple, si c'est une bonne baby-sitter et que tu es du
genre conne ou débutante dans ta vie de maman, tu refiles son nom à tes copines, lesquelles sont bien contentes que la nana se
soit fait la main sur TES enfants plutôt que sur les leurs. Du coup, le
jour où tu en as besoin, la demoiselle t'explique un peu gênée que non, elle
garde déjà les rejetons de tes voisins. Forcément, ça énerve. Et te
pousse à des conduites mesquines, du style augmenter en douce ta perle
rare sans en avertir tes copines pour que celles-ci passent pour des ratoches. Ou la réserver pour tous les samedis
à venir et la décommander au dernier moment si d'aventure finalement tu
ne sors pas.

Le problème c'est qu'en plus d'être très demandée, la baby-sitter, a, hélas, une vie en dehors de la tienne ou de celle de tes amies. Si. En tous cas passé 18 ans. L'âge auquel justement tu commences à faire confiance à un tiers pour surveiller la chair de ta chair. Et super-nanny a d'autant plus une vie sociale que tu l'as grassement enrichie depuis quelques mois et qu'elle peut par conséquent aller faire la fête du string au Baron le samedi soir et te planter bien gentiment devant les Enfants de la télé.

C'est sûr, de toutes façons, le baron, tu n'y rentres pas. Et pour une fois c'est pas une question de taille.

Quoique.

M'enfin voilà, dégoutée, tu as tué la poule aux oeufs d'or. Reste plus qu'à attendre qu'elle ait claqué tout ton blé pour espérer ressortir un jour. Ou qu'elle se fasse plaquer. Ou qu'elle s'engueule avec sa bande.

Bref. Il y a deux semaines, y'avait un créneau, ils étaient en train de faire l'inventaire au Baron et la miss était fauchée. Pan, on a pu aller au restaurant. En plus, nos copains eux aussi étaient tombés sur un jour "avec", et du coup, on n'était même pas seuls. La fête, en somme.

Et donc, on est allés dans un chouette endroit dont j'avais envie de vous causer cinq minutes. Ben non, le billet à l'origine, n'était pas sur les baby-sitter. Sinon tu penses bien que je t'aurais aussi parlé des boulets, celles qui te flinguent ton frigo, qui tchattent sur msn à partir de TON ordinateur et qu'après je me tape des "kikoo lol" de prépubères qui veulent parler du look trop délire des BB Brunes, en pleine rédaction d'articles sur le réchauffement climatique. J'aurais aussi pu lancer un débat sur le tarif horaire des nannys qui, pardonnez-moi, n'a plus rien à voir avec les pauvres 23 francs de l'heure de mon époque et qui, s'il est mérité en cas de crise existentielle de number three couplée à une gastro fulgurante de Grand qui pue, est carrément surestimé quand tout le monde roupille à 20h30.

Je n'évoquerai pas non plus la nécessité de faire un casting approprié, histoire que l'homme ne se déclare pas volontaire avec un peu trop d'empressement pour ramener la demoiselle à 3h du mat à six stations de métro alors même que tu viens de te faire rembarrer quand tu lui as demandé d'aller t'acheter de l'eau qui pique chez l'arabe au coin de la rue.

Mais non, je ne m'étends pas vu que j'ai décidé de me lancer dans la critique gastronomique.

T'inquiète, je serai brève, je sens que j'ai déjà pas mal entamé ton capital concentration.

Nous sommes donc allés Au petit Monsieur, rue Amelot, dans le 11ème, pas loin de la Bastoche.

Cosy, succulent, accueil charmant.

J'en dis plus ? Ok. Le menu de base est à 35 euros avec s'il te plait QUATRE plats, dont des desserts à te taper le cul contre la commode. Mais là où le petit monsieur et accessoirement patron est malin, c'est qu'il propose une carte "anti-crise". Là, ton entrée/plat/dessert te revient à 20 euros et des bananes. Et crois moi, ce qu'il propose en low cost est aussi bon que le reste, je le sais, j'ai testé.

Voilà, en plus tu es servi impeccablement, ce qui change des trois quarts des restos du 11ème où le serveur il confond et croit que c'est toi qui dois le remercier d'avoir bien voulu te laisser une place dans son palace et où tu bouffes de la merde pour une addition qui cumulée à ce que tu vas lâcher à Nanny équivaut au PIB du Luxembourg.

Allez, maintenant je te laisse, je vais tenter de trouver quelqu'un pour samedi soir.

Au Petit Monsieur

50, rue Amelot 75011

Tel : 01 43 55 54 04

 

Et entendre le rire de Rose…

Helmut va avoir dix mois. Et j'ai l'impression que je n'ai pas parlé d'elle depuis un bail.

Si.

Trois jours c'est un bail.

Alors pour le plaisir, deux trois choses que je sais d'elle…

– Elle régule sa consommation de nourriture sur 24h en se tapant éperdument de savoir si certains de ses repas tombent à 4h du mat. J'en suis désormais convaincue, ce qu'on fait pendant la grossesse a des conséquences à vie. JAMAIS je n'aurais dû lire Zermati, elle l'a pris au premier degré. 

– Elle est dotée d'une capacité de regénération hors du commun. Dix minutes de sieste et elle repart pour trois heures de fiesta. Je cherche encore le bouton off. Et je me réjouis pour son avenir de clubbeuse. En attendant, je compte mes rides.

– Elle maitrise à fond le "au-revoir". Par contre, dans un train il peut lui arriver de disjoncter, se sentant obligée de dire au-revoir à tout ce qui défile par la fenêtre.

– Elle maitrise aussi à fond les marionnettes, le "tape tape tape petite main" et le "tourne, tourne, tourne petit moulin". Malheureusement pour elle, ses démonstrations nocturnes nous laissent de marbre. Une carrière est probablement en train de se briser pour cause de valorisation parentale inexistante.

– Elle est ultra-réactive à la cortisone mais ça on n'y revient pas, il est des souvenirs douloureux.

– Elle a sorti huit dents en deux mois à peu près mais que le premier qui vienne applaudir en disant que "ça c'est fait", je le baffe. Chaque canine nous a probablement coûté deux ans de vie et la perspective qu'il en reste une vingtaine à sortir, c'est simple, ça me plonge dans le désarroi le plus total.

– Elle dit parfaitement maman. En revanche, elle s'acharne à appeler son père "nien-nien". Ce qui rend les aînés hilares. Ainsi que tous les enfants de leur école. Nien-nien ne le vit pas forcément très bien mais il survit.

– Elle aime énormément le pain. Et en laisse un peu partout, pour le plus grand bonheur de nos convives. J'en retrouve aussi parfois dans mes cheveux aux instants les plus opportuns et je crois pouvoir affirmer que ce n'est pas sans rapport avec la stagnation de toute promotion professionnelle depuis six mois.

– Quand elle s'assied, elle croise ses petits pieds. ça lui donne un air très convenable, malgré l'odeur souvent assez persistante qui s'échappe de sa couche. On ne serait pas étonnés un de ces jours d'ailleurs de voir la poubelle de la salle de bain décoller, à mon avis, une fois macérées les pampers doivent pouvoir servir de carburant. Il est d'ailleurs totalement interdit de craquer une allumette à proximité en raison des gaz qui s'en échappent.

– Compte-tenu de la négligence parentale dont elle est régulièrement victime, on peut affirmer sans crainte que son fessier est en titane. Jamais une rougeur, on mangerait dessus. Ou pas. 

– Quand elle est en robe, elle ressemble plus à Mike Tyson qu'à Suri Cruise. Ce qui consterne sa soeur, fille spirituelle de Katie Holmes.

– Elle a mis pour la première fois ses pieds sur le sable le week-end dernier et a semblé le trouver très à son goût. Au sens propre du terme. Je me languis d'être à la plage cet été, la perspective de tous ces mégots, capotes et tampax déterrés puis mis en un temps record à la bouche me rend très impatiente. On peut me dire pourquoi les bébés n'ont pas à la place de leur radar à saloperies un bon vieux détecteur de métal ? Non parce que s'ils flairaient avec autant de perspicacité les bracelets et bagues égarés que les restes de sandwichs de l'été 2005, on pourrait se payer des transats tout l'été, quoi.

– Ses pieds sentent à peu près la même odeur de saint félicien que le derrière de ses oreilles. Par contre, son cou exhale le petit beurre. J'envisage de faire breveter le parfum pour quand je serai vieille.

– Elle ne pleure quasiment jamais et est toujours à l'affut d'une connerie de son frère pour éclater de rire. Et ce rire est le son le plus merveilleux qu'il m'ait été donné d'entendre. Il me fait oublier la nostalgie de ses premiers instants de vie, mon ventre qui n'en finit pas de ne pas disparaitre, mes kilos qui refusent avec une grande fermeté de se faire la malle, la vie qui court, la fatigue qui s'accroche. C'est simple, son rire me donnerait envie d'en faire encore douze, des Helmuts.