Stéphane, merde, quoi !

 

 

 Bon mes chéris. Aujourd'hui, vers 15h00, il va falloir unir nos pensées et nos ondes positives en direction de ma copine Stéphane, mon copain Cindy, ma grosse, quoi.

Je ne vais pas en dire plus si ce n'est qu'il passe une audition et que c'est pour un truc plutôt important (= je veux pas lui foutre la pression mais c'est énôoooooorme).

Comme je lui ai dit hier: "oublie que t'as aucune chance et fonce ma poule". 

Plus sérieusement, je sais que ce matin il est tout petit dans son slip et qu'il a un sacré mal de ventre. Alors voilà, ma Cindy, je t'aime, que ça marche ou non tu es pour moi la grosse la plus drôle qui soit et ça malgré tes 42 kilos et tes 28 ans et demi.

Un grand big up pour toi.

Edit: Au fait cette audition n'a rien à voir avec La grosse, hein.

Edit2: Je vous parlerai bientôt d'un autre projet de mon Stéphaninouni.

Faut qu’on m’explique

Il faudrait qu'on m'explique quelque chose. Comment se fait-il qu'après
des nuits à chercher à poil et à quatre pattes une tétine sa race
coincée entre le mur et le radiateur (éloignés du lit de plusieurs
mètres, ce qui explique qu'auparavant tu aies mis tout le lit à sac pour rien), à tenter en vain de te souvenir à combien de dosettes de
lait on en est dans le biberon, à effectuer des conversions de folie
entre une pipette de doliprane contenant de l'advil ou l'inverse, à
chercher le mouche-bébé, rangé comme il se doit avec les slips de ton mec ou tout simplement à faire les cent pas en marcel et culotte
dans un salon glacial en chantant inlassablement les trois mêmes
phrases de LA "chanson douce" (im-po-ssible de me remémorer ce qui vient
après "ma maaaaamaaaan" après neuf années de fredonnage), bref, disais-je, comment se fait-il qu'alors
que le fruit de nos entrailles ne fait montre d'absolument AUCUN
respect pour notre précieux sommeil, nous les mères, on ait autant de
scrupules à réveiller notre bouchon lorsque ce ce dernier s'endort
comme par hasard pile au moment où on est censée l'emmener chez la
nounou ?

HEIN ?

Qu'est-ce qu'on nous a mis, damned, à l'intérieur de nous, pour qu'on soit totalement dépourvues d'un quelconque esprit de vengeance ? Voir que même au contraire, non contente de voir l'heure tourner et avec elle s'envoler toute perspective d'augmentation pour les dix années à venir, (tu as déjà vu une femme arrivant à la bourre TOUS les matins que dieu fait avec en prime le reste d'un quignon de pain amoureusement maché par Helmut collé dans les cheveux obtenir une rallonge de salaire, toi ?) on se délecte d'admirer les traits si reposés et sereins de trésor d'amour en train de roupiller ?

Moi personnellement je ne me l'explique pas. Pourtant, franchement, à quatre heures du mat', quand je manque m'estropier sur ma salope de botte qui se retrouve systématiquement sur mon chemin et que je titube jusqu'au lit pour retrouver une Helmut sous extasy en train se se préparer au championnat du monde du petit moulin, je te jure que j'ai beau fouiller, je ne trouve pas l'ombre de la queue d'un vestige d'instinct maternel. 

Et je me jure à chaque fois de lui rendre la pareille. Sauf que chaque matin, quand après un calin sur le canapé, je sens sa tête devenir très lourde sur mon épaule et sa respiration ralentir, je veux juste que la terre s'arrête de tourner et que l'instant se fige pour l'éternité. 

Quelle arnaque quand même, la maternité.

Mille milliards de dollars pour le FMI. Et pour les centres sociaux ? Des clous.

Samedi, à Strasbourg, Michelle Obama, en manteau noir orné de fleurs
rouges d'un jeune créateur albanais très prometteur a offert une
guitare à Carla Bruni. Laquelle était tout en Dior pour la recevoir. Michelle, quand à elle, se
remettait doucement de son royal impair de la veille à Londres. La
gourde avait osé toucher le dos de la queen, sacrilège. Grosse grosse
boulette.
Il fut un temps où pour un tel geste on perdait sa tête.

Que dire de l'autre bévue des ricains, offrir un I-Pod à Zabeth, alors que la reine est évidemment déjà en possession de toute une armada de MP3, on peut être geek et queen, merde, quoi.

Ah ça y va la gaffe chez nos cousins d'Amérique.

Voilà, à part ça Nicolas tutoie Barack qui l'appelle quant à lui Nicolas et ça, si ça ne prouve pas qu'ils sont carrément copains comme cochons, je me la coupe.

Après, que la banlieue de Strasbourg ait été mise à feu et à sang par des manifestants que les RG suivaient de près depuis des semaines (dixit MAM) parce que tout le monde savait qu'ils étaient dangereux et que les forces de l'ordre aient mis plus d'une heure à débouler sur les lieux, on s'en tape. L'essentiel c'est qu'on ait pu mettre la guitare de Carla à l'abri.

D'autant qu'on ne pouvait quand même pas à la fois poster tout ce que la France compte de flics dans le centre ville de Strasbourg ET encadrer les casseurs dans les bas quartiers. De toutes façons, l'hôtel Ibis ça craint et la banlieue c'est moche, alors on arrête de faire rien que du mauvais esprit, c'est d'un pénible, je te jure.

Qu'est-ce qu'elle disait la Marie-Antoinette ? Le peuple a faim et il n'a plus de pain ? Donnez leur de la brioche, mon ami. Ou y'avait le grand Jules aussi, qui disait "donnez leur du pain et des jeux". Bref, tu vois l'idée, quoi.

Aujourd'hui, la brioche, je me demande si ce ne sont pas toutes ces informations inutiles dont on nous abreuve en marge de sommets dont tout le monde se fout et à l'issue desquels on nous apprend que mille milliards de dollars (ou plus, ou moins, à ce niveau là les chiffres ne signifient plus rien) vont être réinjectés dans l'économie de la planète du monde international. La brioche, ce sont ces petits potins dont on se délecte et qui sont probablement censés nous faire oublier que la crise n'est pas qu'un vain mot. Pendant que le peuple détaille les tenues des first lady, il n'entend pas par exemple que les crédits alloués aux centres sociaux vont être drastiquement coupés, rapport à la crise, ma bonne dame. Un sou est un sou ma chérie.  Et si tu crois qu'on a de quoi financer les cours du soirs ou autres formations linguistiques destinés à des gamins qui de toutes façons iront cramer des voitures un jour ou l'autre, ben tu te fourres le doigt dans l'i-pod que t'as pas et qu'Obama ne t'offrira pas, tu te prends pour qui, la reine d'Angleterre ?

 

D’autres vies que la mienne

Tu voulais du léger ? Tu n'en auras pas. Je suis d'un gaie, moi en ce moment c'est un truc de fou.

Pourquoi tu n'auras pas du léger ? Parce que je viens tout bonnement
d'achever un des livres les plus bouleversants de mon existence. Qui
n'est pas sans rapport avec ma lyophilisation de ces derniers jours.

"D'autres vies que la mienne". D'Emmanuel Carrère.

Difficile d'en parler d'autant qu'il ne s'agit pas d'un récit binaire, d'une histoire bien délimitée mais plutôt du destin de personnages qui à priori n'ont pas grand chose à voir les uns avec les autres si ce n'est qu'ils ont croisé la vie de l'auteur. Parce que bien sûr, tout est vrai. Je dis "bien sûr", c'est un effet de manche, hein, rien d'évident en effet.

Bref. Toujours est-il que ça démarre avec un séjour au Sri-Lanka pendant le Tsunami au cours duquel une petite fille, Juliette, perd la vie. L'auteur et sa femme qui résident dans le même hôtel que les jeunes parents accompagnent ceux-ci durant les jours qui suivent le drame. Une fois rentrés à Paris, Hélène, la compagne d'Emmanuel Carrère apprend alors que sa soeur est atteinte d'un cancer. Maman de trois petites filles, elle a à peine 33 ans.

Tu commences à comprendre, j'imagine, qu'on n'est pas trop dans un roman de Lauren Weisberger. Et tu as raison.

Sauf qu'en vrai, ça va bien plus loin que ces deux tragédies. Qu'on démarre du Sri-Lanka et qu'on termine dans un petit village au fin fond de l'Isère mais qu'entre temps on se trouver plongés dans la lutte de deux juges idéalistes contre les sociétés de crédits à la consommation. Et là ça se lit comme un polar juridique, on se prend à s'enflammer pour des arrêts de la Cour européenne de justice qui permettent à ces deux cow-boys du Palais de justice de Vienne de mettre la patée à ces profiteurs de misère que sont les Cofinoga et cie. L'un de ces deux juges s'appelle Juliette.

C'est la soeur d'Hélène.

Juliette, comme la petite fille emportée par la vague.

Voilà, que dire de plus si ce n'est que le style est épuré, que les mots ont tous une importance capitale, qu'il n'y a pas une virgule de trop ni un effet qui paraisse surfait ? Que dire si ce n'est que ce sont d'autres vies que la sienne et que dans ces vies il y a forcément un peu de la notre ?

Si, je citerai ma copine Julie qui jouit du coude cette fois-ci: "Carrère est le plus grand écrivain français vivant".

Elle n'exagère jamais ma copine Julie.

La dernière gorgée de lait

Il
y a deux jours, j'écrivais que j'avais arrêté d'allaiter. Ce que je
n'ai pas dit, c'est ce sentiment de rupture qui m'étreignait depuis cet
instant où sentant la morsure de feu l'iroquoise j'avais compris que
c'était peut-être bien fini. Je crois que par dessus tout, ce qui me
serrait le coeur, c'était de ne pas avoir réalisé pendant, que cette
fois là avait été la dernière. Comme on savoure l'ultime cigarette un
31 décembre à 23h ou le tiramisu dégusté à la veille d'un régime.

 

C'est idiot, parce que finalement, la plus importante c'était sans doute la première fois, quand après trois heures à moisir en salle de réveil et à harceler l'infirmière de garde pour qu'on me remonte en menaçant de ramper jusqu'à la chambre s'il le fallait, Rose s'est ruée sur mon sein et l'a agrippé pour ne plus le lâcher. 

Il n'empêche qu'idiot ou pas, j'étais triste à pleurer.

Et puis avant-hier soir, alors que je tournais dans mon lit, la boule nichée au creux de mon ventre, avec ce besoin d'elle viscéral contre lequel je m'étais jurée de lutter, elle s'est mise à crier. Un pleur aigu, à une heure inhabituelle.

Je suis allée dans la chambre, je l'ai prise contre moi. Dans un demi sommeil, elle a fourré son visage contre ma poitrine. On s'est nichées sur le canapé, peau contre peau, coeur contre coeur. Laquelle réconfortait l'autre, difficile à dire, je suis en revanche persuadée qu'elle avait entendu que tout mon corps la réclamait, que je ne trouverais pas le sommeil sans la tenir encore un peu de cette façon là.

C'était la dernière fois, là je l'ai su et je pense qu'elle aussi.

J'ai avalé son visage avec mes yeux, j'ai gouté chaque seconde de ce rendez-vous clandestin et je l'ai laissée longtemps endormie contre mon sein. J'ai laissé mes larmes couler, au revoir mon tout petit bébé, bonjour ma petite fille. Tournons une nouvelle page, personne ne nous volera cette nuit là, demain est un autre jour et grandir sera merveilleux, c'est promis.

Voilà, cette nuit là je crois qu'on a laché prise elle et moi. Depuis, je vais mieux, en tous cas je n'ai pas ce goût d'inachevé qui laissait au fond de ma gorge une désagréable amertume…

La grenouille Sarko et le boeuf Obama

Je suis régulièrement déçue par Libé depuis déjà pas mal de temps, mais j'aime beaucoup leur une d'aujourd'hui. Je ne reviendrai pas sur les minables et risibles tentatives de Monmari 1er d'exister face à Obama, si ce n'était pathétique ce serait hilarant.

Après, qu'il faille être ferme face aux Etats-Unis en ces temps bien sombres, je le conçois. Mais quand on voit l'hypocrisie du décret sur les stock-options qui vient d'être adopté en France (dans le genre on fait semblant de se facher tout rouge contre les méchants patrons en prenant bien garde de ne pas trop les agacer dans la réalité), on ne joue pas à la grenouille qui promet de retenir sa respiration jusqu'à ce que les Etats-Unis abolissent le capitalisme…

Nouvelle star, à la benne

Bon les enfants je viens de passer trois heures à pondre le plus brillant de mes minute par minute et il vient de passer à la benne sans que j'ai pu comprendre comment.

Je le vis très très bien.

Si si.

Je donnerai donc uniquement mon tiercé gagnant: Camelia, Yasmina et Damien. Outsiders: Charlotte et Dalé. Voilà, je te jure que je suis à deux doigts de claquer la porte de Baltard et de quitter l'aventure pour de bon.

Sinon quand même le mieux cette année dans la nouvelle star ce sont les meilleurs moments des années précédentes diffusés APRES l'émission. Je veux que Manu Katché et Dove Attia reviennent se chamailler. Parce que le Sinclair nu sous son pull angora je peux plus le saquer. 

Salut.

Helmut elle a la niaque

Attends, tu crois qu'Helmut part en randonnée, là ? Et bien tu n'y es
pas du tout. Elle participe à sa façon à la vie de la maison. Et
accomplit les des tâches ménagères avec son papa. On n'a rien trouvé de
mieux vers une certaine heure de la journée pour pouvoir vaquer à nos
occupations sans l'entendre brailler comme un cochon qu'on égorge.

Enfin je dis "on", vous aurez compris qu'il s'agit de son père. Personnellement je ne range jamais mes chaussettes. Ni ne vaque à aucune occupation. Et puis quand ça m'arrive, de vaquer, et bien Helmut braille et moi je lui réponds, d'une pièce à l'autre des "je suis lààààààààààà, j'arriiiiiiiiiiiive" qui ne la calment absolument pas mais qui forcément la rassurent.

Ou pas.

Disons que ça a en tout cas le mérite de couvrir un peu ses cris et de me donner l'illusion d'être rassurante.

A part ça, en plus des marionnettes, la demoiselle fait désormais le petit moulin qui tourne tourne. Et au revoir, aussi.

Elle a six dents dont quatre en haut et nous avons d'ores et déjà ouvert un compte épargne pour l'orthodentiste familial qui ne devrait avoir aucun mal à financer une résidence secondaire à Cabourg avec tout le mal que s'est donné Truie nature pour flinguer le sourire de mes enfants. Hein, quoi ? A huit mois, difficile de savoir si les dents sont mal implantées ? 

Viens voir la goule d'Helmut et on en reparle. 

En même temps, à côté des 76 dents de grand machin qui pue des pieds, elle fait pâle figure. Je ne rigole pas, grand machin est une sorte d'attraction, ses dents de lait ne tombent pas mais les autres poussent malgré tout. Cela donne un enchevêtrement assez exotique et pourrait nous rapporter pas mal de fric à mon avis si on en était encore au temps où l'on vendait les bêtes de foire aux gens du voyage.

Non mais ne vous offusquez pas, il vit ça très bien, je le soupçonne de se faire payer par les enfants de l'école pour ouvrir la bouche et faire admirer ses deux rangées de canines. Ce qui est sûr c'est que cette bizarrerie lui confère une espèce de renommée, voire de statut particulier. The castor, qu'on l'appelle.

Voilà, sinon tout va bien, je n'allaite plus ma vorace depuis trois jours. Pas parce que j'en avais assez ou qu'elle ne voulait plus de mes nichons. Pas non plus parce que je n'avais plus de lait.

C'est juste qu'elles ont beau être mal implantées, les quenottes d'Helmut n'en sont pas moins aiguisées. Et que mine de rien, mes tétons, j'y tiens. 

Je vis tout ça très bien, ne t'en fais pas.

En plus avec un peu de chance je vais maigrir, non ? Je veux dire, vu qu'allaiter ne m'a pas fait perdre un iota de cellulite, je dois être dans la catégorie de celles qui stockent pendant toute la période où elles "nourrissent"et qui fondent le jour où elles arrêtent, n'est-ce pas ?

Tu parles.

Moi je suis toujours dans le groupe que "ça" fait grossir. Le stress ? ça me fait grossir. Les règles ? ça me fait grossir. L'allaitement ? ça me fait grossir. Le bonheur ? ça me fait grossir. La fatigue ? ça me fait grossir. L'amour ? ça me fait grossir. La dépression ? ça me… Bref.

Sur ce, je te laisse, faut que j'aille aider l'homme à enlever Helmut du sac à dos, il a fini d'étendre le linge.

Edit: En vrai je le vis très mal, de la voir grandir comme un champignon. A ce rythme, dans deux semaines on l'inscrit à la fac. D'ailleurs si ce n'étaient les nuits quand même vraiment merdiques (moins maintenant mais tout de même), j'en ferais encore une demi-douzaine, d'helmuts. Parce que nom d'un chien on n'a rien inventé de meilleur.