Mois : mars 2012

La nostalgie sera toujours ce qu’elle était

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Hier, je descendais la rue Jean-Pierre Timbaud, dans le 11ème arrondissement de Paris. Je suis passée devant ce premier appartement que nous avons habité le churros et moi, celui où les twins furent conçus. J'ai eu un pincement au coeur, comme à chaque fois. Les années filent à la vitesse de la lumière alors qu'il me semble que c'était hier que nous appelions mes parents pour leur annoncer qu'il y en avait deux.

Nous sortions du cabinet de ma gynécologue, rue Jean-Pierre Timbaud, justement.

Hier, juste avant moi, elle recevait une jeune femme qui ne cessait de caresser un ventre encore inexistant, avec une fierté non dissimulée. Et juste après moi, c'était au tour d'un couple fébrile, autant que nous l'étions dans cette salle d'attente il y a si peu de temps et pourtant un siècle.

Hier, elle m'a demandé si on gardait ce stérilet, si j'avais d'autres projets. J'ai aimé qu'elle me pose la question, comme une confirmation de cet encore possible. Pourtant, j'ai répondu sans l'ombre d'une hésitation qu'on ne changeait rien, non. Il me semble avoir tant encore à prouver, tant à vivre, tant à découvrir, que cette porte se referme sereinement. Pour la première fois depuis longtemps, j'ai enfin la certitude qu'un bébé ne fait plus partie du tableau. De la nostalgie, il y aura toujours. De la tristesse aussi parce que ces douze dernières années furent si belles et si douces que leur dire au revoir ne se fait pas sans un pincement au coeur. Mais hier, en descendant la rue Jean-Pierre Timbaud, je me suis sentie légère et prête à entamer un autre épisode de cette drôle de chose qu'est la vie. 

 

Panique à bord

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Je sais, je vous ai bien bassinés avec mon conte de fée mauricien. Ce que je ne vous ai pas raconté en revanche, c'est que le retour en avion a été épouvantable. J'en rigole aujourd'hui mais sans exagération, il m'a fallu trois jours pour remonter la pente. Douze heures de panique intense, ça laisse des traces et je ne serais pas étonnée d'avoir perdu quelques points de vie dans l'histoire. Autant vous dire que j'ai regretté de ne pas avoir demandé à Violette un donormyl avant de partir, peut-être cela m'aurait-il évité de pleurer à chaudes larmes les trois quarts du voyage. Hélas, comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, ma peur de l'avion est telle que je refuse de prendre des somnifères, convaincue qu'en cas de problème j'aurais tout à gagner à être en totale possession de mes moyens. Je n'arrive pas à savoir si c'est là le signe d'un pessimisme pathologique ou d'un optimisme ravageur. Allez, je vous raconte.

22h30: Je viens de m'installer dans mon siège quand une dame pousse un cri. Alors qu'elle était en train de mettre sa valise dans la cabine, tous les masques à oxygène de sa rangée sont tombés, d'un coup.

22h31: Je ne prends pas très bien le fait de voir les masques à oxygène pour de vrai. 

22h32: Le churros trouve que c'est plutôt rassurant, "ça montre qu'il y en a". Par contre il espère que ça n'est pas un coup à ce que ça nous retarde, genre que l'avion ne serait pas conforme pour partir avec des masques qui vivent leur vie tous seuls.

22h33: J'estime pour ma part que c'est un très mauvais présage. Je suggère qu'on descende et qu'on attende le prochain.

22h35: Alors que le churros me convainc tendrement de rester calme (en serrant ma ceinture tellement fort que tout plan d'évasion est devenu impossible), deux gars en gilet fluo viennent réparer les masques à oxygène. La dame n'a pas l'air ravie que ce soit sa rangée à elle qui semble merder. Quant aux deux gus, s'ils sont réparateurs d'avion, moi je suis Condoleeza Rice.

22h37: Est-ce que me réjouir silencieusement du fait que ça ne soit pas MON masque qui soit défectueux fait de moi une horrible femme ?

22h38: Le churros confirme que me réjouir silencieusement du fait que ça ne soit pas MON masque qui soit défectueux fait de moi une horrible femme. Il ajoute que je ne me réjouis pas particulièrement silencieusement, en plus.

22h41: Je me fous complètement d'être une horrible femme. Au moins, moi, je ne demande jamais à être assise à côté de la sortie de secours. Enfin, depuis que je m'y suis trouvée une fois sans faire exprès et qu'il a fallu que je lise un papier dans lequel on m'expliquait que s'asseoir là impliquait de s'engager à aider l'équipage en cas d'évacuation d'urgence. Le pire voyage de toute ma vie. Il ne fait en effet aucun doute qu'en cas d'évacuation d'urgence je saute en premier. Horrible, donc, mais honnête.

22h45: Sur Air Mauritius, au lieu de la présentation des consignes de sécurité par les hôtesses, une petite vidéo en images de synthèse est projetée sur les écrans TV. Personne ne regarde, excepté moi. Plutôt mourir que de louper une info qui pourrait potentiellement me sauver la vie durant les 11h prochaines heures de vol.

22h47: Visiblement le gars qui a monté la vidéo s'est fait accompagner par un psy pour le texte. A chaque fois qu'un crash ou une dépressurisation sont évoqués, il répète au moins dix fois "it is unlikely" sur le même ton qu'on emploierait pour proposer une deuxième ration de pâtes. Des précautions vite réduites à néant par les animations en 3D, qui elles donnent dans le concret: et vas-y qu'on nous montre des gens aux têtes de playmobils en train de glisser sur un grand toboggan, et vas-y qu'on mime un atterrissage en urgence avec position de l'oeuf ("embrace") en anglais, et vas-y qu'on t'explique qu'avant d'aider la petite fille en train d'étouffer à côté de toi, il faut d'abord régler ton propre masque. Je préviens le churros que n'étant pas assise à côté de la porte d'évacuation et ne m'étant donc engagée en rien, il devra gérer comme un grand son masque à oxygène.

22h48: La vidéo montre le fonctionnement des gilets de sauvetage mais aussi des tentes gonflables pour y mettre les bébés des fois qu'on dériverait sur l'océan indien.

22h49: La vision du bébé joufflu en 3D allongé dans sa tente gonflable me déclenche un malaise vagal.

22h50: Le churros se marre comme une baleine quand je lui montre le bébé dans sa tente gonflable. "Et pourquoi pas une table à langer à l'intérieur", qu'il dit.

22h53: Je viens de faire mon voyage de noces avec un mec ayant à peu près autant d'empathie qu'Hannibal Lecter.

22h56: PNC aux portes et tout le tintouin, on va décoller. 

22h57: Juste après qu'on nous passe tous à l'insecticide pour mesures sanitaires. Des fois qu'on ramènerait la dengue ou le chikunguya. "les produits vaporisés ne sont pas nocifs", susurre une hôtesse. C'est donc un pur hasard si mes bronchioles semblent se rétracter comme des huitres.

22h58: Si après la dose de sulfates qu'on vient de nous balancer un seul des hommes présents dans l'avion continue de fabriquer des spermatozoides je veux bien devenir nonnne. Tout ce que j'espère c'est que tant qu'à faire, le produit marche sur les lentes. Je ne suis jamais complètement certaine de ne pas en avoir.

23h00: On décolle.

23h01: On fait un virage à 90° alors qu'on rase encore les cocottiers.

23h02: La bonne nouvelle c'est qu'on ne devrait pas avoir à gonfler la tente à bébés vu que le crash, si mes calculs sont bons, est prévu pour dans deux minutes au dessus de Port Louis.

23h05: Je tente de calmer mon angoisse en engageant la conversation avec le churros.

23h06: Qui dort.

23h07: La bouche ouverte.

23h08: Avec un loup vert anis sur les yeux.

23h12: La bonne nouvelle c'est qu'on a fini notre lune de miel.

23h13: La mauvaise nouvelle c'est qu'on a vraiment fini notre lune de miel.

23h14: "Mesdames et messieurs nous allons traverser une zone de turbulences, nous vous prions de rester attachés".

23h16: Je réveille le churros pour lui dire de rester attaché.

23h17: Le churros ne semble pas goûter la plaisanterie. 

23h18: Je dis au churros dans un sanglot que je sens mal ce voyage.

23h19: Le churros me rappelle que je sens mal TOUS les voyages. Et me montre l'hôtesse qui arrive avec le charriot du repas: "tu vois, tout va bien, la routine".

23h20: Soit on vient de traverser un trou d'air, soit le pilote est shooté aux insecticides. L'hôtesse vient en tous cas de s'affaler sur ses plateaux repas et il me semble avoir entendu un cri en provenance des toilettes.

23h21: Je me jette dans les bras du churros.

23h22: Qui dort.

23h23: "Mesdames et messieurs, en raison de la violence des turbulences que nous traversons, nous sommes exceptionnellement contraints d'interrompre le service en cabine. Il reprendra dès que les conditions le permettront".

23h24: On va crever. Cette fois-ci c'est la bonne, ON VA CREVER. 

23h25: J'entends une dame derrière moi chuchoter qu'elle n'a JAMAIS VU UN SERVICE EN SALLE INTERROMPU. 

23h26: L'hôtesse est assise sur son petit siège, arnachée comme si elle s'apprêtait à sauter en parachute.

23h27: Je suis face à ma mort.

23h28: Ma mort a un loup vert anis et un filet de bave qui coule de sa bouche.

23h30: Si j'en réchappe je lui fais bouffer son loup.

23h51: Après une demi-heure à nous faire secouer comme des pruniers, l'hôtesse se lève et nous sert enfin le repas. 

23h52: Bizarrement, alors que mes pleurs bruyants ne l'ont pas réveillé, la seule odeur du sauté de poulet suffit à faire émerger le churros, qui consent à enlever son loup. 

23h53: Incapable de manger une seule miette de ce qui sera, j'en suis désormais convaincue, mon dernier repas, je lance un regard lourd de reproches au churros. Celui-ci, pas gêné pour un sou, me demande s'il peut prendre mon sauté de poulet. 

00h02: Je tente de me changer les idées en regardant une vidéo sur la prévention des troubles de la circulation. La fille, tranquillement installée dans une chaise longue, à l'ombre d'un palétuvier, montre les mouvements à répéter régulièrement durant le trajet. Je répète consciencieusement ses gestes et effectue des huit avec mes pieds, dans le sens des aiguilles d'une montre, puis dans l'autre. Ensuite je détends mes poignets et roule mes épaules. Le churros se bidonne quand il comprend ce que je suis en train de faire. Marre toi, que je lui dis. Quand tu seras hémiplégique à cause d'un gros caillot qui aura explosé à l'atterrissage, tout ça parce que tu n'as pas fait des huits avec tes pieds, on verra qui c'est qui rigolera le dernier. Il arrête de se marrer et discretos, il fait des huits lui aussi. Il croit que je ne le vois pas mais tu parles.

00h04: "Mesdames et messieurs, nous allons à nouveau traverser une zone de turbulences, bla bla bla".

00h05: Mon collant compensé me scie le haut du mollet. 

00h07: Je suis à deux doigts d'aller enlever cet instrument de torture. L'idée de me protéger d'une phlébite alors que je suis ballotée au dessus du Kenya dans une carlingue qui date de l'avant-guerre à en juger par les bruits monstrueux qu'elle fait à chaque trou d'air me semble être le comble de l'absurde.

00h10: En même temps, en imaginant que j'arrive à me glisser dans une tente gonflable ni vu ni connu et que j'en sorte indemne, ce serait vraiment dommage que pile poil à ce moment là je me tape une embolie. Tout ça pour avoir voulu un peu plus de confort. Du coup je me refais une série de huits.

02h13: L'avion continue de tanguer. Je tente un exercice de pleine conscience. Mon corps est un temple, ma respiration se fait légère et je prends conscience de mon existence au sein de cet avion. Avion qui lui même occupe un espace à lui au milieu de l'immensité du ciel africain. Immensité au regard de laquelle je ne suis qu'un grain de sable minuscule. Je suis un confetti au dessus du Kilimandjaro. 

02h14: Et mon pouls est à 200 pulsations par minute.

02h17: Je n'aurais JAMAIS du démissionner.

02h19: Mes enfants seront orphelins, tout ça parce que papa et maman avaient envie de péter dans la soie chez Maurice. 

02h22: Ce n'est pas comme si "on" ne m'avait pas envoyé quelques signes. Trois fois rien, hein. Des passeports périmés, une erreur dans le nom de mon mari (ex-mari s'il n'arrête pas IMMEDIATEMENT de ronfler), les masques à oxygènes qui tombent AVANT le décollage… Je l'imagine, là haut, mon ange gardien, en train de s'arracher les cheveux et de chialer qu'on lui a vraiment collé une demeurée, sourde et aveugle, à protéger.

03h00: Tous les passagers dorment, alors que les turbulences sont telles que désormais l'hôtesse ne diffuse même plus de message. Genre elle a jeté l'éponge. L'idée que ces gens puissent s'assoupir alors que c'est une question de minutes avant qu'on entasse des nourrissons dans des tentes flottantes me sidère. 

04h00: Un nouveau message est diffusé. La voix est grave: "Mesdames et messieurs, nous vous demandons toute votre attention…". Là c'est bon, le pilote va nous annoncer qu'il a tout tenté mais que c'est terminé. Où est cette putain de tente, bordel ? "… L'état de santé d'un de nos passagers requiert l'intervention d'un médecin de toute urgence. Merci de vous présenter à l'avant de l'appareil".

04h01: On ne va pas mourir. Enfin, "un de nos passagers" va peut-être mourir mais pas tout le monde. Je réveille le churros pour lui annoncer la bonne nouvelle.

04h02: Le churros grogne que le fait qu'un des passagers soit malade n'est pas à proprement parler une bonne nouvelle. Dans l'absolu et aussi parce que ce serait con qu'on doive atterrir à Tripoli pour raisons médicales.

04h03: Je suis tiraillée entre mon envie de poser un pied sur la terre ferme et ma peur de me retrouver à Holms sous les tirs croisés de l'armée libre et des hommes de Bachar el Assad.

04h04: Le churros me dit que Tripoli c'est en Libye et que Holms en Syrie. Et que la Syrie n'est pas sur notre trajet. Il commence à me faire chier à jouer sur les mots comme ça.

05h00: Pas de nouvelles de la chochotte même pas capable de garder ses angoisses pour lui. Est-ce que j'appelle l'hôtesse, moi, pour lui demander de me dégotter un médecin fissa, histoire de vérifier que mon collant n'est pas en train de me provoquer une gangrène du mollet ? Pourtant dieu m'est témoin que ça n'est pas l'envie qui manque.

06h02: Sur l'écran, je crois voir que notre avion semble désormais voler au dessus de l'Italie. Je ne voudrais pas paraitre ethnocentrée mais je suis passablement rassurée d'être dans l'espace européen. Ce qui ne m'empêche pas de continuer à prier pour ma survie.

07h00: On arrive enfin à Roissy, non sans une dernière zone de turbulences, des fois qu'on n'en aurait pas eu notre compte. Je fais le serment de ne pas remonter dans un avion avant que Rose ne soit majeure. La nuit à imaginer tous ses futurs anniversaires dans un foyer de l'aide sociale à l'enfance, séparée de ses frères et soeurs toxicomanes m'a littéralement épuisée. Le churros enlève enfin son loup et me sourit niaisement: "ben tu vois, c'est passé comme une lettre à la poste". Seule mon extrème fatigue me retient de lui péter le nez.

Littérature jeunesse : les conseils de Marje, #2

Loulit
Avec un peu de retard, voici donc la deuxième partie de la chronique de Marje. Cette fois-ci elle nous livre ses précieux conseils pour les ados. Avant de lui laisser la parole, petit apparté. On me demande souvent comment faire pour que les enfants lisent, eu égard à la quantité astronomique de bouquins que s’envoient mes grands. Honnêtement, je ne sais pas vraiment. Je voudrais bien vous dire qu’il y a une recette, mais fille aînée d’une fratrie de quatre, je me souviens que ma soeur et moi étions de véritables boulimiques de livres quand mes frères préféraient les jeux en plein air ou les consoles (préhistoriques) d’alors. Tout juste s’ils daignaient ouvrir des Asterix. L’un de mes frères est aujourd’hui un lecteur plutôt très pointu, l’autre est toujours moyennement porté sur la chose. Pourtant, nous avons reçu il me semble la même éducation. Et nous avions la même mère prof de français, connaissant je pense la carte de France des bibliothèques sur le bout des doigts. En lire plus »

Maurice en Instagram

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Je vous avais dit que c'en était fini de Maurice mais étant un peu dans les choux depuis mon retour et surtout en transit entre Paris et Lyon pour aller chercher mes lardons, je me suis dit qu'en guise de billet, je pouvais aussi vous livrer ces instantanés, plus spontanés que mes photos au Reflex, sans forcément grande valeur artistique (ceci dit les autres ne sont pas non plus très remarquables, j'ai une grande conscience de mes limites en la matière, même si j'adore l'exercice) mais que j'aime parce que bizarrement, je n'immortalise pas la même chose à l'I-phone qu'au Reflex. Je me demande s'il n'y aurait pas matière à thèse universitaire. Non ?

Allez, je reviens demain, ou plutôt c'est Marje qui reviendra avec la seconde partie de ses conseils de lecture, pour nos ados cette fois-ci !

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Que seraient des vacances sans photos de doigts de pieds manucurés au bord d'une piscine ?

IMG_3406 Un soir il y a eu un mariage dans l'hôtel. J'avoue, j'ai trouvé ça romantique à en pleurer. Les amis des mariés chantaient "une maison bleue" de ce cher Maxime et moi j'avais les yeux qui piquaient.
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IMG_3400 Les margharitas étaient salées à souhait. Et chargées à bloc (les Mauriciens ne sont pas radins au niveau de l'alcool)
IMG_3380 Je crois que c'est ainsi que je m'imagine le chateau marmont à L.A. On dirait qu'Ava Gardner va débouler, non ?
IMG_3354 Le churros au matin faisait trois repas en un: d'abord les croissants, ensuite oeuf/bacon/baked beans et enfin assiette de fruits ("ça pousse le caca")
IMG_3353 Vu qu'on n'avait pas pris de demi-pension, on s'est rabattu plus d'une fois sur le room service (en somme nous avons mangé essentiellement des clubs sandwichs. Très couleur locale)
IMG_3342 Les troncs des filaos me fascinent, ils ont quelque chose de… sexuel ? (ou alors je dois aller voir "quelqu'un" vous pensez ?)
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