Polanski président des Césars: quand la grande famille du cinéma ferme les yeux sur le viol d’une enfant de 13 ans

C2cZxI1WEAAQklz.jpg_large

Hier je dois bien l’avouer, mon sang n’a fait qu’un tour. Déjà passablement énervée d’apprendre que l’affaire Morandini était classée sans suite, j’avais lu dans la foulée un article expliquant que le père Preynat, le cher aumônier de mon enfance, accusé de violences sexuelles sur des dizaines d’enfants, avait « perdu l’usage de la parole », ce qui allait sans doute mettre en péril son prochain procès. Etant donnée la verve jusque là de l’homme et son âge pas du tout canonique, j’avoue avoir de sérieux doutes. La coupe était déjà bien pleine et puis, bam. L’académie des Césars annonce sa fierté d’avoir pour président de cérémonie… Roman Polanski.

Comme je l’ai lu sur Twitter, hier fut décidément une bonne journée pour tous les amoureux des enfants, n’est-ce pas ?

Je sais, certains me le rappelleront sans doute, il ne faut pas confondre l’homme et son oeuvre. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai fait regarder à mes enfants Le Pianiste, chef d’oeuvre selon moi et que Chinatown ou Répulsion notamment font partie des films que j’ai adorés (j’ignorais à l’époque le passé sulfureux de l’homme). Je peux même accepter qu’il soit primé pour son art. Même si à chaque fois, je dois bien l’avouer, j’éprouve un certain malaise.

Mais que l’on décide de l’honorer au point de lui faire présider la grande fête du cinéma annuelle que sont les Césars, c’est simple, ça me colle la nausée. Bien sûr, on peut essayer de trouver des circonstances atténuantes à l’homme, qui a connu le ghetto, vu mourir sa famille, puis sa femme, enceinte, assassinée aux Etats-Unis. Bien sûr, on peut se dire que tout « ça » date de plus de quarante ans et qu’il n’a à priori pas récidivé. « ça » ? Pas « une affaire de moeurs », comme l’écrivait hier le Monde, dans une démonstration d’hypocrisie exemplaire. Non, appelons un chat un chat: « ça », c’est un viol. D’une enfant de 13 ans alors qu’il en avait 43. Après l’avoir droguée, Roman Polanski a sodomisé la jeune Samantha. Il a reconnu les faits, a effectué 40 jours de prison (pas cher payé), dealé une requalification de ses actes et courageusement pris la tangente craignant d’être un jour rattrapé par la justice américaine. Depuis, l’homme est considéré comme un fugitif dans bon nombre de pays, bénéficiant de la complaisance française, suisse et polonaise pour pouvoir encore se mouvoir dans ces Etats.

Que ce soit bien clair, je ne milite pas pour qu’il soit renvoyé aux USA et enfermé pour le restant de ses jours. Pas certaine que cela servirait à grand chose. Je ne milite pas non plus pour qu’on lui interdise de faire des films ni même pour que la critique cesse de l’encenser.

Mais, juste, en fait, si nous pouvions éviter de passer pour le pays des protecteurs de pédophiles en le propulsant président de la cérémonie des Césars, j’avoue, ça m’arrangerait. Si la grande famille du cinéma pouvait cesser cinq minutes de faire semblant de ne pas voir où est le problème, ça m’arrangerait aussi. Si nous pouvions cesser d’envoyer le message aux violeurs potentiels qu’à priori, « ça » n’est pas si grave de foutre la vie en l’air d’un enfant, d’une femme ou d’un homme (le viol c’est n’épargne personne), ça m’arrangerait aussi.

Mère d’une jeune fille de seize ans, je passe mon temps à trembler dès qu’elle est dans le métro seule ou qu’elle se promène dans Paris, tant elle a déjà eu à subir de nombreux harcèlements de rue, sans compter moult attouchements en toute impunité dans les rames du métro, sans que quiconque ne pense à la défendre. Peut-être que cela me rend un peu sensible sur le sujet. Peut-être. Mais sans doute que si la société cessait d’être aussi complaisante sur le viol, cette propension masculine à penser que les femmes sont des open bar s’amoindrirait. Mais apparemment, ça n’est pas demain la veille. En ce qui me concerne, cette année la soirée des Césars, ça sera sans moi, merci.

189 comments sur “Polanski président des Césars: quand la grande famille du cinéma ferme les yeux sur le viol d’une enfant de 13 ans”

      • Fricel a dit…

        Je suis plus dure que toi Caroline. Depuis que je « sais », je ne vais plus voir les films de Polanski, ni de Woody Allen, ni ceux dans lesquels joue Depardieu (pour d’autres raisons) (Mais c’est aussi un gros porc).
        cela m’est égal que ce soient des génies, je ne veux pas qu’un peu de mon argent arrive dans leurs poches.

        Répondre
  1. MarieP a dit…

    Moi, maman de 2 jeunes filles violées des années par leur beau père mon 2nd mari (homme ‘bien’ sous tous rapports à 1ere vue….), je ne peux qu adhérer avec toi. Bonne journée.

    Répondre
  2. Valérie de haute Savoie a dit…

    Et puis pour la victime, le voir adulé alors que lui n’a jamais fait son mea culpa, c’est sans doute encore plus déstructeur. Je me souviens du moment où celui qui m’avait violé m’a demandé pardon en plein tribunal. Je ne dis pas que j’ai été instantanément reconstruite, pour cela il faut des années, mais au moins ça. Il était coupable et non moi. Alors que là, cette femme est devenue celle qui fait chier le monde merveilleux du cinéma. Pour moi aussi les césars c’est non cette année. D’ailleurs je n’ai plus du tout envie de voir ses films tout comme ceux de woody allen.

    Répondre
    • Nathalie a dit…

      Et Woody Allen, dont je ne vois plus aucun film depuis des années et tous les autres sans doute, ceux qui ne se sont pas fait prendre, ceux qui savent bien manipuler, ceux qui croient qu’un sourire leur a permis ça, ceux qui disent que c’est une chance pour elle.

      Répondre
    • L'Affreuse a dit…

      La victime doit pas vraiment être « celle qui fait chier le monde », parce qu’il me semble que même elle a déclaré il y a quelques années qu’elle voudrait qu’on ne parle plus de cette histoire… c’est dire s’il y a dû y avoir lavage de cerveau…

      Répondre
      • Fred b a dit…

        Que la victime veuille être oubliée, ce n’est peut être pas le résultat d’un lavage de cerveau. Je la comprends, je ne voudrais pas non plus être toute ma vie « celle qui a été violée par Polanski ».

        Répondre
        • Valérie de haute Savoie a dit…

          mais pour pouvoir être autre chose que celle qui a été violée par Polanski il faut que celui ci soit reconnu coupable. Tant que la justice n’est pas faite, la victime est niée et il est très difficile de se reconstruire comme cela.

          Répondre
          • Mélicine a dit…

            J’avais lu son témoignage il y a quelques temps ici : http://www.cracked.com/personal-experiences-2084-roman-polanski-drugged-raped-me-when-i-was-13.html
            Elle raconte son traumatisme, qui a été passablement aggravé par le fait que la plupart des médias de l’époque rejetaient la faute sur elle et sur sa mère. Aujourd’hui, elle se sent personnellement en paix avec cette partie de son histoire, et ne souhaite pas particulièrement voir son agresseur en prison. Pour cette raison, elle est aujourd’hui accusée par certains de faire l’apologie du viol (c’est un comble, non?). Donc je ne pense effectivement pas qu’on puisse parler de lavage de cerveau la concernant, mais plutôt d’un ras-le-bol de voir son horrible histoire périodiquement étalée dans tous les médias depuis quarante ans.
            Mais en même temps comment ne pas en parler quand tant de gens célèbres encensent Polanski et minimisent ses fautes?

  3. aziliz a dit…

    Je commente rarement et je n’ai pas grand chose de pertinent à dire après les témoignages poignants précédents mais merci pour ce post et pour ce « sain » coup de gueule.
    Vue de loin, le monde du cinéma me semble excessivement machiste… C’est dommage par l’émotion et le rêve il pourrait contribuer à changer la société…

    Répondre
  4. proff a dit…

    Tout pareil.
    Je me suis mise à gueuler comme un putois quand j’ai appris qu’il présidait cette cérémonie (j’étais toute seule, j’en ai profiter pour me lâcher).
    Finalement je ne suis pas si seule…

    Répondre
  5. dijodugard a dit…

    Bonjour, pour moi également, même réaction : choc, énervement, malaise. Pas de César pour moi aussi cette année. Cette hypocrisie dans ce domaine est inacceptable aujourd’hui et le sans-scrupule des personnes concernées est incroyable.

    Répondre
  6. DOMINIQUE a dit…

    Surtout qu’à l’occasion de ne je sais quelle remise de récompense, il a parlé de ses années « de prison » si difficiles : un chalet de 300 m2 dans les Alpes, quand il était tricard aux Etats-Unis. Les types qui sont à 3 dans une cellule de 9m2 ont dû bien rigoler.
    Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il ne manque pas d’air. Et que le délicieux monde du cinéma français a une odeur un peu repoussante.

    Répondre
    • DOMINIQUE a dit…

      Un homme qui a vécu, justement, ce qu’il a vécu aurait dû savoir plus que tout le prix de la vie, et ce que la violence peut engendrer comme souffrances.
      Demander à une gamine de 13 ans si elle est vierge… et la sodomiser pour assouvir sa pulsion, c’est deux fois plus dégueulasse justement au vu de son passé.

      Répondre
  7. Daphné a dit…

    Cet article et commentaires me font aussi penser au Dernier Tango à Paris – je me demande comment un film qui en scène un viol réel fait avec la complicité du réalisateur peut encore être projeté et considéré comme de l’art.

    Répondre
  8. Caroline a dit…

    Cette myopie volontaire autour de Polanski et de Woody Allen me rend dingue… Et ce qui arrive à ta fille, aussi. Je me demande si ça empire, le harcèlement de rue, ou bien je fais preuve d’amnésie partielle qui me permets d’oublier tous les emmerdements de ma vie d’ado/jeune adulte (enfin, je me souviens de certains moments bien pénibles, hein).

    Répondre
  9. lily a dit…

    Merci Caroline… Travaillant en protection de l’enfance, je rajouterais un autre fait hier. Un homme qui a tenté de gifler un ex premier ministre condamné immédiatement à de la prison avec sursis. Ok. Mais en parallèle de nombreuses victimes mineures attendant depuis des années le procès de leur agresseur. Qui bien souvent ne sera même pas condamné à de la prison avec sursis…

    Répondre
    • Fricel a dit…

      Ce n’est pas parce que l’agressé était Valls, mais parce que l’agresseur est passé en comparution immédiate (faits établis, ne nécessitant pas d’instruction, et relevant de la correctionnelle). Les cas dont tu parles nécessitent une instruction et relèvent a priori des assises, même s’ils sont ensuite correctionnalisés.

      Répondre
      • isamag a dit…

        A priori, il a été jugé en « comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité – CRPC ». Et franchement, le rythme est plus que soutenu et le tarif élevé …

        Répondre
        • Fricel a dit…

          Convoqué en CRPC en 48h ? J’ai du mal à l’imaginer. Ce ne sont pas du tout les délais dans mon TGI. On est plutôt à près d’un an !

          Répondre
          • urb321 a dit…

            Dans mon tribunal on pratique le déferrement CRPC, sitôt en GAV, sitôt jugé en CRPC le lendemain.
            Mais je m’interroge là sur l’infraction retenue qui permet de correctionnaliser : des violences sans ITT c’est du ressort du Tribunal de police…

    • Lily59 a dit…

      Il n’a pas été jugé immédiatement parce qu’il a giflé un premier ministre. Il a été jugé en comparution immédiate, comme des centaines de petits délinquants chaque jour… Procédure qui a le mérite d’apporter une réponse judiciaire rapide, mais qui pose souvent beaucoup de questions sur le respect des droits de la défense…

      Répondre
      • Fricel a dit…

        A urb321 :
        Je ne pense pas : les faits ont été commis sur personne dépositaire de l’autorité publique, avec apparemment la circonstance aggravante de la préméditation, puisqu’il est allé sciemment attendre Valls à la sortie de la mairie de Lamballe pour commettre les faits.
        Ceci dit, avec trois mois avec sursis, le JAP et le SPIP ne vont pas beaucoup l’emmerder…

        Répondre
    • amelstos a dit…

      Pour Valls si je peux me permettre c’est un peu différent : tous les jours des jeunes et moins jeunes passent en comparution immédiate parce qu’ils ont déjà un casier ou que les faits sont graves ou les 2, et sont jugés le lendemain de la commission de l’infraction. C’est la procédure « normale » même si elle est critiquable sur bien des aspects. En l’occurrence, 3 mois de sursis si j’ai bien compris, ce n’est pas très cher payé. Et le statut de personne représentant l’autorité publique est une circonstance aggravante (idem pour les policiers, les profs and co). Je crois que le cas Valls a été traité assez normalement pour le coup !

      Répondre
      • Fricel a dit…

        Tout à fait d’accord avec toi amelstos.
        Isamag, si c’est vraiment une CRPC, alors il y a effectivement deux poids deux mesures.
        Mais ce sont peut-être les médias qui ont raconté n’importe quoi. J’entends souvent beaucoup de conneries provenant de journalistes qui ne connaissent rien à ce dont ils racontent. (Evidemment, je ne parle pas pour toi Caro, je ne connais rien au monde de l’enseignement supérieur 🙂 )

        Répondre
  10. Corinne (Couleur Café) a dit…

    Je vais même plus loin, je sais que se films sont des chefs d’oeuvre mais je refuse d’y voir une quelconque excuse à ce qu’il a fait. A mon avis, le fait d’avoir accepté que cet homme évolue normalement dans le monde du cinéma est déjà une chose répugnante. J’aurais aimé que le monde du 7ème art ait fait face à ses responsabilités pour boycotter ses oeuvres depuis la connaissance de l’affaire (des affaires) de moeurs. Je trouve inacceptable cette tolérance à son endroit , et le fait qu’il soit un génie du 7ème art est loin d’être une excuse. Donc, qu’il va présider la cérémonie des Césars est tout bonnement honteux !
    J’ai une fille de 6 ans, et j’ai peur tous les jours pour elle.

    Répondre
  11. Suzie a dit…

    Mêmes hauts-le-coeur que toi en entendant l’issue de l’affaire Morandini et le nom de Polanski, comme président de la cérémonie des Césars…

    Répondre
  12. sirius a dit…

    Je vais aussi boycotter. D’après Le Parisien, il se serait excusé en privé auprès de sa victime, c’est pour cette raison qu’elle demande l’arrêt des poursuites. Je comprends qu’elle n’ait plus envie d’être « celle qui… », ce doit être très dur à vivre de le revivre, justement, dès qu’on parle de lui.

    Répondre
  13. Cec a dit…

    Absolument d accord … Mais aussi, une chose en plus. Une des composantes de la culture du viol, c’est aussi présenter un viol comme la pire chose qui puisse arriver, une chose qui « détruit sa vie » et réduit une personne à être seulement une victime de viol, et rien d’autre. Le viol est une atrocité, à condamner à chaque fois, pour laquelle il n’y a aucune circonstance atténuante. Une victime de viol doit avoir le droit à n’être pas réduite à ça.

    Nb : la culture du viol, ç est entre autres
    – qu il soit admis que les viols soient inévitables, donc on apprend aux filles comment les éviter ( vêtements, restrictions de mouvements selon les lieux, les heures…) sans prendre de mesures pour éduquer les garçons sur comment ne pas être un violeur ( éduquer sur le consentement est un bon début)
    – que la première réaction de la police, des médias, de l’entourage lorsque un cas de viol est reporté par une victime, c’est de d abord rechercher du côté de la victime si elle n’a pas donné des signes « équivoques » : avait-elle bu ? Était elle court vêtue ? Belle ( elle est provocante) ou moche ( elle devrait être contente…)

    Répondre
  14. Virginie a dit…

    J’ai eu le même malaise hier en voyant la nouvelle. J’aime l’artiste mais comme toi, je trouve ça vraiment too much de le désigner président de la cérémonie et donc de fermer les yeux sur ce qu’il représente.

    Répondre
  15. karine a dit…

    Je ne peux qu’adhérer à ton billet. J’ai également une fille de 16 ans mais relativement protégée de harcèlement car le lycée se trouve à 5 min à pied de sa maison mais quand elle prend le RER seule, je ne suis pas tranquille.

    Répondre
  16. Fabignou a dit…

    Je viens de voir que le Monde a modifié son article en ligne, l’affaire de moeurs est devenue « un lourd passé judiciaire ». Comme quoi ça sert (au moins un peu) de s’indigner collectivement. L’académie des Césars ne reviendra pas sur sa décision malgré les appels au boycott du public, des officiels ou des professionnels, ils savaient pertinemment ce qu’ils faisaient en le choisissant, mais si ça peut faire réfléchir quelques personnes en route…

    Répondre
    • Libellule a dit…

      J’ai voulu signé la pétition, mais il faut au préalable se connecter à Change.org, et l’inscription n’a pas l’air de fonctionner si on n’a pas de compte Facebook.
      Alors je me permets de mettre ici le commentaire que j’avais écrit pour accompagner ma signature:

      Quelle honte sociétale et humaine, qu’on en soit encore là en 2017: les violeurs et agresseurs avérés qui bénéficient d’une telle impunité…
      La « Justice » porte bien mal son nom.

      Et pendant que les victimes vont devoir vivre avec le traumatisme du viol pour le restant de leur vie, à essayer de se reconstruire en dépit de cette horreur faite à leur être tout entier, les violeurs, eux, continuent leur petit bonhomme de chemin, sans états d’âme ni conséquences à leur(s) acte(s). Pire, ils peuvent même être portés aux nues par certains milieux d’influence, comme celui du 7e art, dont les missions sont supposées être, au moins pour une part, à visée éducative. Abject!

      Répondre
  17. Anju a dit…

    Merci Caroline de toujours remettre les choses à leur juste place. Son talent ne peut pas tout effacer, et surement pas un viol. Le père Preynat.. ahhh je le connais bien: il m’a fais ma 1ère communion, et je ne peux plus le voir en photo , alors j’imagine qu’en tant que victime de viol, voir son agresseur applaudi et présider les césars…

    Répondre
  18. Sofy a dit…

    Alors oui j’ai plaidé dans un précédent billet pour ne pas foutre au feu l’œuvre d’un artiste au prétexte de sa personnalité ou de son passé trouble, au sujet de Bertrand Cantat et de l’oeuvre de Noir Désir en l’occurrence…
    Mais je suis complètement raccord avec le malaise que tu éprouves sur ce cas précis : moi aussi le combo Morandini + Polanski en 2h hier après midi m’a collé la nausée.
    Parce que oui, si l’œuvre du Monsieur ne devrait pas pâtir de sa vie privée, je trouve ça archi-déplacé de le mettre à l’honneur lui, l’homme, de cette façon [et c’est d’autant plus vrai que, contrairement à Cantat pour reprendre mon fil rouge, Polanski n’a jamais purgé de peine pour ce pour quoi il a été reconnu coupable]
    Bref, moi qui n’ai jamais loupe une soirée des César depuis autant que je m’en souvienne et malgré quelques chouchous que j’aimerais vraiment voir gagner cette année, ben je me tâte assez fort cette fois-ci
    Et je ne peux pas m’empêcher de penser que, pu**in, ce Bolloré salit décidément tout ce qu’il touche !

    Répondre
    • Emma a dit…

      Justement, il ne s’agit pas de la vie privée de Roman Polanski, il s’agit d’un crime qui relève du droit.
      C’est très important de ne pas ramener les violences et crimes sexuels a des affaires de vie privée.

      Répondre
      • Sofy a dit…

        Disons que je n’ai pas peut-être pas utilisé le bon terme alors
        En effet je ne voulais pas dire que cela relevait de la vie privée au sens « son intimité ne regarde que lui » ; l’idée était plutôt de désigner le caractère personnel et particulier du parcours de l’individu, par opposition au caractère public et universel que peut avoir son œuvre, en gros.
        Et sinon je suis assez d’accord avec Lily59 quant au droit à la rédemption et à une seconde chance mais pour cela, je pense qu’une des étapes importantes est justement de faire face à sa/ses condamnation(s) et de ne pas fuir… Or ce qui provoque le malaise ici c’est bien le flou il me semble [« Quand y’a du flou c’est qu’il y a un loup ! » pour paraphraser Mme Aubry :p]

        Répondre
  19. Alexandra a dit…

    Merci pour ce post, vraiment. Il me reste une question, à laquelle je n’ai pas trouvé de réponse malgré qq recherches : qui sont ceux qui ont choisi cet homme ? Parce qu’il y a qd même bien plusieurs personnes qui se sont réunies, qui ont réfléchi, qui ont proposé son nom et qui l’ont validé. Donc qui a permis ça ?
    J’en profite pour souhaiter aux animateurs de la soirée un bon bon bon courage. Va falloir être balèze pour faire rire la salle ce soir-là….

    Répondre
  20. CorineBT a dit…

    Merci pour ce coup de gueule. Cette « amnésie » est juste lamentable. Boycott évident de la soirée des Césars. Les gens de cinéma auront-ils le courage de le faire ?

    Répondre
  21. nathalie a dit…

    Quand dans la voiture hier j’ai entendu cette annonce, j’avais envie de pleurer. Déjà le 16 janvier avait bien attaqué mon moral, mais je m’efforce toujours de voir les belles choses de la vie et de croire en l’Homme… je m’y efforce jour après jour depuis près de 50 ans… Et parfois avec des nouvelles comme celle là je n’y arrive plus.
    J’espère vraiment que des voix vont se lever contre cette nomination – même si j’entends certains me dire encore mais Nat arrête d’être naïve et de croire que l’Homme est bon. !!!

    Répondre
  22. Françoise a dit…

    Merci pour ce si juste coup de gueule que je partage à 200 %. Faire ce choix c’est 1 peu comme cautionner ce qui s’est passé pour ces gamines et je trouve ça honteux. . . Voilà c’est mon 1er commentaire sur ce blog que je suis depuis je ne sais plus trop quand. Merci Caro et merci à toutes tes lectrices : sur ce blog, il y a un juste mélange d’intelligence, d’humour et de bienveillance. Trois choses vraiment importantes à mes yeux. Et prendre ouvertement position, sans langue de bois, je dis chapeau bas et encore merci !

    Répondre
  23. Lily59 a dit…

    Si je peux me permettre un petit bémol, ou plutôt un petit doute : je ne sais pas si le fait d’avoir commis un crime il y a 40 ans implique forcément que Polanski ne soit jamais mis à l’honneur pour son œuvre, parce que ce crime d’il y a 40 ans aurait sali à jamais l’homme qu’il est…
    Le temps n’efface pas la douleur des victimes, c’est vrai, et je trouve juste que le temps de prescription pour les crimes sexuels soient allongés… Mais qu’on le veuille ou non, le temps change les hommes. Et 40 ans, ça laisse bien du temps à un homme pour devenir quelqu’un d’autre. Alors, certes, il n’a sans doute pas été puni comme il aurait du l’être au moment des faits… mais la médiatisation de son cas lui fait payer chaque jour, à lui (mais aussi à sa famille, ses enfants…) cet acte ignoble… Doit-on payer toute sa vie pour un crime ? C’est une vraie question, quand même, non ? Je ne pense pas que Polanski soit un récidiviste, comme ce prêtre ou ces violeurs qui ont commis de façon répétée des crimes sur des enfants. Il a commis un crime il y a 40 ans. Faut-il toujours le ramener à cette identité de criminel ? Un être humain est-il ce qu’il a été 40 ans plus tôt ? Heureusement non, je l’espère. Je crois qu’il faut laisser le droit aux hommes de devenir autre chose que ce qu’ils étaient, d’évoluer, de comprendre, de s’améliorer. C’est ce qui fait la richesse de l’être humain…

    Répondre
      • DOMINIQUE a dit…

        Lily, son crime ne l’a jamais empêché d’exercer son art. Ce que l’on ne critique absolument pas. Mais de là à le mettre en lumière, lui, c’est autre chose. Quant à la rédemption, en fuyant un procès, ses responsabilités et en se planquant en France ou en Pologne… on peut douter, ou du moins s’éloigner de la personne elle-même.
        Et puis a-t-il besoin de cette « consécration » ? Et nous, le public, avons-nous besoin de le voir se pavaner aux Césars ?

        Répondre
    • Smouik a dit…

      Merci Lily59 de ton post car oui, à mon sens il y a une vraie question (et donc un vrai débat) autour de « a t-il payé sa dette » ‘doit-on payer toute sa vie pour un crime », etc.
      Oui un homme peut changer et il n’est certainement plus le même. Mais de mon point de vue, non seulement il y a une dette matérielle (prison, argent, etc.) mais il y a aussi une dette morale (imprescriptible à mon sens) ; et lorsqu’on est un homme public, de talent de surcroît, et qu’on attend de son public une reconnaissance (en l’occurrence aller voir ses films), on a quelques devoirs/obligations en plus à l’égard des autres. Il aurait pu, par exemple, œuvrer pour des victimes de viol ou d’inceste, ou tout autre geste susceptible de faire comprendre qu’il a réfléchi et fait en sorte de changer.
      Et puis il y a encore à part la question des honneurs… Lorsque Polanski fait un film, libre à nous d’aller le voir ou pas. Mais là, cette consécration de Président du Jury, c’est à mon sens banaliser et oublier le crime, même si celui-ci date d’il y a 40 ans… Demandons aux victimes si, 40 ans après, elles ont oublié…
      Alors, cette année, les César, ce sera sans moi aussi.

      Répondre
      • Vanessa a dit…

        Merci Caro pour ton article, merci les filles pour vos commentaires justes et pertinents. Ca me fait du bien de vous lire après une nouvelle qui m’a fait l’effet d’une gifle.
        Pour la rédemption de Polanski, on peut sérieusement douter qu’elle existe : dans son autobiographie de 2015, il parle apparemment de l’attitude provocatrice de sa jeune victime. Bref, il rejette la faute sur elle : ça manifeste un manque de culpabilité flagrant et la certitude d’être dans son bon droit.
        Pour que la société pardonne à qqn, il faut encore que ce qqn montre des remords et la volonté de s’amender, ce qu’il n’a jamais fait.

        Répondre
    • JourdeCinoche a dit…

      Comme vous avez raison @lily59, sinon Libé, le monde et le nouvel obs aurait disparu depuis longtemps dans la honte et le déshonneur :
      En 1977, c’étaient déjà les mêmes qui signaient des pétitions pour soutenir la pédophilie, au nom de la liberté et du progrès.
      Ainsi, Le Monde publiait, le 26 janvier 1977, une célèbre lettre ouverte aux Parlementaires, relayée, évidemment, par Libération, pour défendre dans « l’affaire de Versailles » pétition de « sommités » à l’appui
      La même année, Libération publiait également un appel à participation pour une réunion afin de constituer le FLIP (Front de libération des pédophiles).

      La mémoire est vraiment à idéologie variable.

      Répondre
    • Anneso a dit…

      Vous avez raison mais je n’ai pas l’impression que Polanski ait beaucoup souffert depuis ce crime.
      Certes,il n’a pas pu retourner aux USA qui était son pays d’adoption à l’époque mais il a refait sa vie en Europe et il a continué une carrière prestigieuse,il a même obtenu un Oscar du meilleur réalisateur (comme quoi,Hollywood n’est pas rancunier) qu’il n’a pas pu aller chercher,évidemment.
      Bref,je pense aussi que tout le monde a droit à la rédemption (enfin,non pas tout le monde ,mais un mec comme Polanski n’est pas Marc Dutroux ou Mohamed Merah,relativisons) mais de là à l’honorer en particulier,de cette façon,c’est vraiment de la provocation!

      Répondre
    • Papang a dit…

      Lily59,
      Je comprends ce que tu veux dire, mais pense à la victime. Mets-toi à sa place. Comment te sentirais-tu si tu voyais l’homme qui t’a sodomisée à 13 ans (et qui n’a jamais réellement payé pour) glorifié, récompensé à la télévision? Bien sûr que les gens peuvent changer et se repentir, toutefois: 1. Polanski ne semble s’être jamais repenti, et n’a jamais eu de punition adéquate pour son crime gravissime. 2. La personne la plus importante dans l’histoire, c’est la victime ou l’ex-victime. C’est à ELLE que nous devons penser en priorité, car c’est elle qui a été lésée, fut-ce il y a 40 ans. 3. Pour cette même victime, crois-le, 40 ans ou non, ça ne change rien à l’atrocité du crime qu’elle a subi et à l’impact que cela a eu sur sa vie. Tu parles des conséquences que Polanski a eu à subir, et j’imagine que tu fais de ton mieux pour lui témoigner de la compassion, ce que je trouve louable. Mais notre compassion en tant que société (société où la culture du viol est toujours un fait) doit aller en priorité aux victimes. Je ne dis pas uniquement aux victimes, mais en priorité. Penses-tu que l’on puisse réellement comparer les « souffrances » vécues par Polanski suite au battage médiatique concernant son crime, et les immenses dégâts physiques et psychologiques qu’il a causés à sa victime? Je pense que non. Polanski s’en est très très bien sorti, ce qui est anormal et injuste. Le simple fait de ne pas lui proposer cet honneur (d’ailleurs, n’aurait-il pas pu refuser de lui-même, ne serait-ce que par égard envers son ancienne victime, s’il avait eu un tant soit peu de remords et de considération envers elle?), tout comme le simple fait de critiquer la dimension symbolique de cette situation, ne sont vraiment pas une punition si terrible comme tu sembles le sous-entendre.
      J’aurais été d’accord avec tes propos si, mettons, on continuait à faire vivre un enfer à un pauvre homme qui aurait dûment payé et expié pour son crime, aurait tout tenté pour se racheter auprès de sa victime et serait néanmoins incapable de mener une vie normale. Mais là, on parle d’un homme célèbre, richissime, nanti et choyé par la société à qui on propose des honneurs médiatiques qui auraient pu être offerts à N’IMPORTE QUI d’autre de façon plus pertinente (pourquoi pas une femme ? La dernière, Jodie Foster, remonte à 2011). Et ce « cadeau » qu’on lui fait a le potentiel de faire énormément de mal à sa victime. Penses-tu que le jeu en vaille la chandelle, que la situation est juste et équilibrée? Penses-tu que le fait de lui « donner une chance » soit plus important que la souffrance que cet événement et sa symbolique vont infliger à sa victime?

      Comme plusieurs ici sans doute, j’ai travaillé en tant qu’intervenante auprès de victimes d’agressions sexuelles, de tous genres et de tous âges. Je me souviens d’un homme de 80 ans qui se décidait à chercher de l’aide pour de l’inceste subi dans son enfance; pour les victimes, il n’y a pas de prescription tu sais. Pourtant, je peux t’assurer que beaucoup n’entretiennent même pas de volonté de vengeance vis-à-vis de l’agresseur-e, et veulent juste retrouver et/ou poursuivre une vie normale. Mais la plupart (toutes, je suis prête à parier) ont en commun de ne plus jamais vouloir entendre parler de cet individu. Le voir resurgir et/ou récompensé, glorifié, et médiatisé, même si le viol a eu lieu il y a très longtemps, est une violence épouvantable pour la victime. Et de la part de la société qui favorise ce genre de situation, cela dénote au mieux une grande ignorance, au pire un mépris détestable pour la victime.
      Et tiens, puisqu’il n’y a pas de honte, j’ai moi-même été victime de viol durant mon enfance; je ne souhaite pas spécialement de mal à mon agresseur, et je suis prête à croire qu’il ait pu avoir changé. Je vais très bien et j’ai fait une démarche thérapeutique, il n’y a plus de séquelles, etc. Ceci dit, je peux t’assurer qu’à chaque fois que je vois quelqu’un qui lui ressemble dans la rue, j’ai littéralement l’impression que je vais crever. C’est une réaction parfaitement normale à un traumatisme, même ancien.
      Tu imagines si j’apprenais qu’il préside les César?

      Aujourd’hui, c’est donc à Samantha Geimer que je choisis d’envoyer toute ma compassion.

      (Désolée pour la tartine, je pense que c’est un débat extrêmement important et où il subsiste encore trop de zones grises dans la société française.)

      Répondre
    • Miss Blabla a dit…

      Je t’avoue que je me suis posé un peu ce genre de questions en pensant à la réinsertion sociale des criminels (au sens large) et tout ce qu’en dit Robert Badinter (qui est un peu mon maître à penser en la matière !) et je me disais la même chose. J’ai également pensé à Bertrand Cantat et je me suis dit qu’il avait été puni, qu’il avait en quelque sorte payé sa dette à la société (même si ça ne soulagera jamais la famille de Marie Trintignant) et que, malgré tout, j’avais du mal à entendre parler de lui de façon publique ou artistique mais ce n’est pas juste de ma part…
      Et puis, j’ai réfléchi que Roman Polanski n’a jamais été condamné, n’a jamais payé, il est dans le cas d’une impunité totale et absolue même si les journaux en parlent quelques fois et, pour moi, la différence est là… comme pour Woody Allen d’ailleurs !
      Ces gens-là n’ont pas payé leur dette à la société (à défaut de pouvoir un jour payer leur dette à leur victime) donc on ne peut pas passer au-dessus comme ça…

      Et je viens juste de lire une interview de Finkielkraut sur L’OBS de 2009, qui ressort sur les réseaux sociaux (http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20091009.OBS4087/finkielkraut-defend-polanski-a-treize-ans-ce-n-etait-pas-une-enfant.html) et je me dis que c’est tellement facile de retourner la situation et de faire de Polanski une victime qu’il faut protéger…
      Ces gens-là doivent être punis et tant qu’ils ne le sont pas, on ne peut pas et on ne doit pas les absoudre.

      Répondre
  24. dom2 a dit…

    Mes poils se sont hérissés quand j’ai lu ton passage sur ta fille, qui nous rappelle s’il était besoin que les femmes sont des proies et les jeunes filles n’en parlons pas, et nos compagnons masculins n’arrivent pas toujours à imaginer à quel point, vu que ça se passe (oh le courage) hors de leur présence.

    Répondre
  25. amelstos a dit…

    Quel connerie franchement…je ne comprend même pas comment cela a pu traverser l’esprit d’en l’Academie. A minima, ils auraient dû renoncer ne serait ce que pour la polémique évidente que cela va engendrer. Donc 2 options : soit ils sont totalement à côté de la plaque et ne voient pas où est le probleme mais je ne peux pas y croire, soit ils s’en foutent et alors quelle honte … Le message envoyé par cette élite est vraiment destructeur. Et bien sûr c’esr un moindre mal mais je suis déçue pour J Commandeur qui aurait pu être parfait avec une cérémonie normale…

    Répondre
    • Photine a dit…

      Ils sont totalement à côté de la plaque… cf. Les déclarations sur la gamine de 13 ans, sur la pédophilie à l’époque (liberté). Difficile de reconnaître même maintenant qu’on a fermé les yeux sur un acte atroce… donc on fait comme si ce n’était rien.

      Répondre
  26. SoL a dit…

    Ça me rappelle l’affaire DSK. La complaisance de ses potes de parti, les théories du complot et j’en passe. Gerbant. Ici même je me souviens d’un com qui m’avait outrée et qui disait en substance  » mais pourquoi a – t’il accepté de descendre de l’avion? » Non clairement il y a un gros problėme avec tout ça en France.

    Répondre
        • DOMINIQUE a dit…

          Je ne défends pas DSK, je dis seulement que ce n’est PAS LA MEME CHOSE.
          Ce n’est pas plus glorieux, loin de là, mais entre une femme de 30 ans et une gosse de 13 ans je vois une certaine nuance. Trop facile de tout mettre dans le même panier.

          Répondre
          • Vanessa a dit…

            Je ne comprends pas l’utilité de cette « nuance » et les majuscules n’y changent rien : c’est bien évidemment les mêmes mécanismes : minimisation des faits, solidarité masculine, culpabilisation de la victime, impunité… (cf. mythes sur le viol dont parle une commentatrice plus haut).
            Je ne comprends pas à quoi sert de hiérarchiser les victimes, de faire des distinctions qui ne servent qu’à cacher l’ampleur et la généralité du probl.

          • Frenchie au Canada a dit…

            Alors oui s’attaquer à une enfant et s’attaquer à une femme sont deux choses différentes, mais dans les deux cas il s’agit d’hommes puissants, qui ont l’attention du public, qui ont profité de leur position pour violer quelqu’un. Et dans les deux cas les medias / leur famille politique / artistique les ont défendus et les droits des victimes ont été bafoués.

          • DOMINIQUE a dit…

            Frenchie, DSK est passé devant un tribunal ou du moins a fait une transaction à quelques millions de dollars pour sa victime, Nafissatou Diallo. Donc, lui, a reconnu sa faute et a payé pour cela, dans tous les sens du terme. Les droits de la victime ont été respectés.
            Ce qui n’a pas été le cas pour Polanski.

          • DOMINIQUE a dit…

            Vanessa, hiérarchisé ou pas, chaque cas est un cas particulier, qu’il convient d’examiner non pas globalement, mais individuellement. C’est ainsi que la justice essaie de procéder.
            Autrement, il suffirait d’appliquer un tarif comme au supermarché.

          • Anneso a dit…

            Tout-à-fait d’accord avec Vanessa : l’indulgence de l’intelligentsia française envers les actes de Polanski me rappelle bien évidemment la façon dont Aissatou Diallo a été traitée.

  27. Perrine a dit…

    Loin de moi l’idée de défendre Polanski, je n’étais pas au courant qu’il avait été choisi pour être le prochain président du Jury des Césars, et je trouve ça moi aussi écoeurant… Mais je voulais juste partagé un article de Maitre Eolas expliquant les raisons de la liberté de mouvemant de Polanski en France et en Pologne que j’avais trouvé fort intéressant à l’époque parce qu’il avait répondu à certaines de mes questions :http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/09/29/Quelques-mots-sur-l-affaire-Polanski

    Répondre
  28. Aïssatou a dit…

    Eh bien moi, ça me fait flipper tout ça. Cette banalisation de l’ingnoble, cette minimisation des actes graves. Et aucune personnalité, qui a donc une audience, un écho dans les médias et dont une prise de position pourrait peut-être faire bouger les choses, ne se manifeste. C’est totalement fou quand même, non?
    Mais qu’est-ce qui se passe dans le monde actuel au juste? Qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans ce cercle nauséabond qui arrive à fermer les yeux sur des horreurs pareils et à faire comme si de rien n’était?

    @Lily59: je trouve ta réflexion et tes questions intéressantes. On ne peut pas forcément réduire un homme à l’unique dimension de ses actes d’il y a 40 ans, certes. Mais tu vois, je me heurte à l’impunité. Mon problème, là, c’est que Polanski n’a pas payé pour pour son crime. J’ai lu dans les autres commentaires qu’il aurait « présenté ses excuses en privé » à la victime. Non mais je rêve ou quoi? Il a présenté ses excuses pour l’avoir sodomisée??? Et c’est bon, tout est pardonné?
    Ah non, ah non, ah NON! Non, ça ne suffit pas.
    Sofy parle plus haut de Bertrand Cantat. Qui a fait un temps de prison pour le meurtre qu’il a commis. Il y a eu justice pour moi, là. Il a fait quelque chose, il a payé pour ça, sans passe-droit, comme le veulent les lois qui régissent la société actuelle. Et le voir reprendre sa vie d’artiste ne me fait rien, son cheminement de vie est passé par ce crime et par la peine de prison qu’il a faite pour ça. Mais Polanski n’a pas réellement payé pour son crime. Et c’est totalement scandaleux que cette impunité aille jusqu’à le faire choisir comme Président. Totalement scandaleux.
    Les césars cette année, ce sera sans moi non plus. Et si je trouve un moyen de faire savoir à quel point je refuse d’avaler cette nomination, je le ferai. Je suis allée signer la pétition et franchement, je rêve d’une manifestation de rue pour protester.

    Répondre
    • Sofy a dit…

      Ah ben je viens juste de reposter une réponse un peu plus en rebondissant sur ce que disais Lily59 et en y apportant la même réserve que toi, sur le fait qu’il est nécessaire d’avoir « payé sa dette » pour pouvoir prétendre à ce pardon. Complètement raccord donc 😉

      Répondre
        • Sofy a dit…

          J’ai déjà lu aussi des choses dans ce sens (et Caro l’avait évoqué d’ailleurs)… Mais j’ai pas envie de m’étendre sur ce sujet épineux, pour tout un tas de raisons et en particulier le fait que je considère que je ne dispose pas des éléments qui pourraient me permettre d’émettre un « jugement » pertinent. Je pourrais me contenter de donner mon ressenti personnel instinctif là dessus, qui est plutôt bien complexe d’ailleurs, mais je ne veux pas ouvrir le sujet et ne pense pas que ça y apporterait grand chose.
          En revanche, j’avais lu l’article et l’avait trouvé fort intéressant. Et le fantastique (on la sent bien l’objectivité là hein ;-D) Guillaume Meurice a d’ailleurs repris plusieurs fois cette idée sur le mode « Michel Fourniret et Emile Louis auraient dû bosser dans l’audiovisuel ; ils auraient pu y assouvir leur penchants peinards! »

          Répondre
    • Caroline a dit…

      totalement d’accord avec ta réponse à Lily59, dont je trouve aussi les questionnements intéressants. Mais le problème c’est qu’il voudrait l’absolution sans avoir payé pour sa faute. Et encore une fois, je ne demande même pas qu’il arrête de tourner hein, juste qu’on en fasse pas un personnage honorable alors que le gars fuit la justice depuis 40 ans…

      Répondre
      • Anneso a dit…

        Cela dit,je comprends qu’il ait fui les Etats-Unis à l’époque car le juge voulait absolument le faire tomber pour redorer son blason (il est élu,je crois) en donnant une lourde condamnation à une star.
        Il risquait 25 ans de prison,à sa place, même archi-coupable,j’aurais fait pareil ,bon,ça,c’est humain.
        Ce documentaire (primé) « Wanted and desired » est vraiment bien fait et recontextualise parfaitement en décrivant le milieu californien artistique des années 60.
        Ca ne m’empêche pas juger sévèrement Polanski pour ce qu’il a fait,ça apporte juste une nuance.

        Répondre
        • Photine a dit…

          « le juge voulait absolument le faire tomber pour redorer son blason (il est élu,je crois) en donnant une lourde condamnation à une star. »
          C’est ce que dit Polanski pour justifier sa fuite, on n’est pas obligé de le croire. Il a fui, un point c’est tout. ça va, il avait de quoi se payer des avocats.

          Répondre
  29. Dorcha a dit…

    Bonjour,
    habituellement je ne commente jamais (à part pour les concours…) mais là je voudrais revenir sur la possibilité des circonstances atténuantes. Ça me rappelle, quand j’étais au lycée, j’avais lu l’archipel du goulag. Et dans le 3e tome je crois, Soljénytsine disait (je ne me souviens plus mot à mot, et et je ne retrouve pas la partie sur google) à peu près : quand des victimes deviennent bourreau ,elles perdent leur possibilité de se faire plaindre.
    Et je me dis que c’est exactement ça. Avoir souffert (et pour lui, je n’imagine pas à quel point) ne donne pas un blanc-seing pour torturer une gamine.

    Répondre
  30. marinette a dit…

    Et j’ajouterais qu’on fera la différence entre l’homme et son œuvre le jour où justement, la justice et la « grande famille du cinéma » seront capables de faire de même, et de ne pas pardonner des crimes parce qu’ils adulent leur auteur.

    Répondre
  31. Frédeborêves a dit…

    Je partage ton indignation et suis écœurée à chaque fois que je constate que la notoriété ou le pouvoir permettent à certaines personnes d’être au dessus des lois…
    Je change de sujet (quoique) pour savoir si quelqu’un ici a vu le reportage d’hier soir sur le business de la pornographie. Je ne suis pas abonnée à la chaîne qui diffusait ce reportage (je me garde bien de ne pas engraisser Monsieur B) mais j’ai entendu Ovidie hier matin sur France Inter et ce que j’ai entendu m’a fait froid dans le dos… La condition de la femme est définitivement un des sujets qui me touche le plus et pour lequel j’aimerais pouvoir agir…
    Cela rejoint aussi ces actes dont ta fille est victime qui peuvent paraître anodins aux yeux de certains mais sont tellement révoltant et n’échappent malheureusement pas à la banalisation..
    Belle journée malgré tout !

    Répondre
  32. Edith (de Savoie !) a dit…

    je me souviens qu’à l’époque des faits, Roman Polanski bénéficiait d’une immense indulgence, et d’avoir lu à l’époque des textes qui m’avaient indignée, présentant d’emblée la mère de la jeune fille comme intéressée par l’argent, doutant qu’une jeune ado puisse résister à la séduction de Polanski et par conséquent lui déniant son statut de victime. Il me semble que c’est dans le Hara-kiri de l’époque que j’ai lu que ce viol paraissait aussi crédible que celui d’une groupie par Jagger…

    Répondre
    • Dorcha a dit…

      Pas uniquement à l’époque des faits. Je me souviens il y a quelques années, où justement il avait demandé à se rendre à une cérémonie, et que c’était ressorti, j’avais lu beaucoup de commentaire du genre c’est la mère qui a « vendu » sa fille, donc il n’est pas coupable. Genre, si la mère (forcément la mère, hein) est défaillante, ça autorise tout. Ça m’avait bien soulevé le coeur à l’époque.

      Répondre
  33. Libellule a dit…

    Passez-moi un seau que je vomisse….
    Toute jeune maman, je me pose cette question chaque jour:
    Comment faire de mon fils une belle personne alors que le monde entier fait l’apologie du pire de l’humanité….? Et puis heureusement le susnommé fils, cri, vomi ou se réveille et j’arrête de penser…. pour un temps.
    Caroline, ce blog m’accompagne depuis maintenant un sacré bail, il me fait du bien à plus d’un titre, et pour ça merci!!!!!!!
    kiss à tous!

    Répondre
  34. DOMINIQUE a dit…

    Mais n’oublions pas le business : Polanski est en train de tourner un film avec Eva Green (cf Télérama). Un peu de pub ne peut pas nuire, alors la présidence des César, hein, c’est bien, non ?

    Répondre
  35. delphine a dit…

    Merci Caroline de dire tout haut ce que je pense et il y a deux mondes:celui du génie de cinéma et l’autre(peu glorieux);on a toutes cette réaction « épidermique »et c’est un peu comme si on effaçait cette histoire ou tout du moins comme si elle devenait peu importante;même si la jeune victime a pardonné,ce n’est pas une raison pour le monter en héros;
    son passé horrible ne fait oublier le reste et si toutes les victimes devenaient ainsi….Non,c’est peut-être du passé mais ce grand cinéaste n’a pas à tenir ce rôle;
    bravo pour votre courage d’exprimer cela et je trouve avec tous vos témoignages une forme de solidarité qui fait du bien;
    bonne journée à toutes;
    delphine

    Répondre
  36. Pastelle a dit…

    J’ai signé la pétition et suis allée lire l’article sur l’impunité des hommes célèbres. C’est hallucinant, mais le pire c’est Klaus Kinsky, qui a violé sa fille de l’âge de 8 à 19 ans ! Comment se fait il que personne n’ait rien vu rien dit pendant tout ce temps ?
    Et la liste donnée par Mirion Malle est épouvantable longue. Et non exhaustive. 🙁
    En tout cas, boycott pour les César !
    Et merci pour ton article et les commentaires aussi.

    Répondre
    • Anneso a dit…

      Kinski était un monstre d’un autre tonneau que Polanski,faut avouer.
      Lui méritait la tôle pour de nombreuses années d’après les témoignages de ses propres enfants.

      Répondre
  37. Anonyme a dit…

    Violée à 12 ans, j’ai aujourd’hui 44 ans et je me débats toujours pour garder la tête hors de l’eau.40 ans plus tard pour les victimes c’est pareil. En France on est complaisant sur le sujet. Quel mauvais signal… Pauvre de nous.

    Répondre
  38. La fille au pull prune a dit…

    Tu appartenais aussi au groupe Saint Luc ? Je ne suis pas beaucoup venue sur internet ces derniers mois tant j’avais du boulot et des trucs à régler. Du coup, j’ai zappé la plupart de tes billets. Le père de mes enfants appartenait lui aussi au groupe Saint Luc. L’affaire révélée l’a dévasté. A l’époque, peu étaient les parents qui prêtaient foi aux dires de ces pauvres jeunes. C’est effroyable.

    Répondre
    • Anneso a dit…

      Ils y seront tous.Polanki est très apprécié dans ce milieu non seulement pour son talent,sa longue carrière de plus de 50 ans mais aussi il doit exercer une fascination de par sa vie semée de drames (faut avouer) et de scandales.
      En plus,il ne doit pas être le seul dans l’assemblée,à avoir eu des rapports sexuels avec des mineures sous l’emprise de substances illicites,ne soyons pas naïfs.
      Du coup,sans vouloir caricaturer le milieu du cinéma,leur échelle d’indignation doit être bien différente de la nôtre.
      On n’est pas du même monde,ils sont plus « tolérants » surtout envers ceux de la génération de Polanski (Bardot a eu des relations avec Vadim à 16 ansCatherine Deneuve aussi).

      Répondre
  39. isabelle a dit…

    Bonjour,
    Personnellement, je ne vois pas en quoi le fait d’être un artiste auteur de chefs-d’oeuvre peut autoriser une personne à commettre un crime et justifier une dispense de peine ou de déclaration de culpabilité. Qu’ont à voir ses chefs-d’oeuvre avec d’éventuels crimes ? Après tout, Hitler a bien construit des autoroutes…Ce que j’estime révoltant, c’est le consensus quasi général autour du fait que ses films sont excellents et que (par conséquent ?) on occulte des faits qui seraient condamnables (condamés) chez quelqu’un de moins brillant. La victime de M. POlanski aurait pardonné. Très bien, cela ne regarde qu’elle. Mais l’action publique ne se confond pas avec les intérêts de la victime. Il ne s’agit pas aujourd’hui de réclamer une réclusion à perpétuité mais au moins de ne pas lui proposer de fonctions honorifiques …La justice et l’éthique sont les mêmes pour tous. (en principe)

    Répondre
    • DOMINIQUE a dit…

      Entièrement d’accord, Isabelle. Je ne lis que rarement les bios des écrivains, qui en fait ne m’intéressent pas. Soit leurs livres sont bons, soit non, mais de leur vie, je m’en balance. Peut-être que Michel Ange ou Vinci étaient de beaux salauds, on n’en sait rien, ce qui reste d’eux n’a rien à voir.
      Le talent n’absout pas les fautes. Après, on verra bien dans 50 ans ce qui restera de Polanski, mais de son vivant notre société n’a pas à lui pardonner ce qu’il a fait au prétexte qu’il est un artiste.
      Pardonnerait-on le même crime à un citoyen lambda ?

      Répondre
  40. StephanieGab a dit…

    A 14 ans, j’ai été victime d’un viol lors d’un séjour de colo à l’étranger. Les adultes référents ont fermé les yeux. De retour en France, j’ai eu honte, personne n’en a parlé à ma mère, ni moi ni les adultes responsables de cette colo. Jusqu’à ce jour où j’ai compris que j’ai été enceinte. Où ma mère m’a traité de pute, m’a retiré du lycée et envoyé chez des amis à elle, loin d’elle, pour y vivre une grossesse, un accouchement puis un abandon d’enfant. La rentré scolaire suivante, j’ai eu le droit de revenir chez la mère, retourner au lycée pour redoubler et me taire. Pendant 30 ans. 30 ans où j’ai nié jusqu’à l’existence de ce qui m’était arrivé, 30 ans où j’ai entendu ma mère me dénigrer, dire que jamais je n’aurais dû avoir d’enfant lorsque j’étais enceinte, de mon mari cette fois-ci, 30 ans où je me suis fait beaucoup de mal, où j’ai consommé médecine, alcool comme pour m’engourdir et vivre dans une éternelle torpeur… Jusqu’au jour où les démons m’ont rattrapé où j’ai hurlé mon désespoir… au travail… j’étais alors éducatrice dans un service s’occupant de jeunes « à problèmes », de familles « déviantes »… Amusant non ? Cela fait 15 mois maintenant que je tente de me réparer, que je suis en arrêt maladie, reconnue en « longue maladie » et où je rencontre plus que très régulièrement des professionnels du psychotraumatisme qui m’aident mais… cela fait aussi 15 mois que je ne dors plus, que j’ai envie de tout bazarder famille, vie, tout. Alors, effectivement, l’idée même qu’un monstre que Polanski puisse représenter la créativité, l’art, la France aux yeux du monde… j’ai envie de vomir.

    Répondre
  41. Marie des Landes a dit…

    Bonjour ! J’ai vu que certaines avaient mis le lien de la pétition de change.org, il y a aussi celle d’Avaaz :
    https://secure.avaaz.org/campaign/fr/pas_dimpunita_pour_polanski/?cliGuab
    « À Alain Terzian, Président de l’APC qui régit l’Académie des Césars et Maxime Saada, Directeur Général du Groupe Canal+:
    Revenez sur la nomination de Roman Polanski comme Président des Césars. Nous n’acceptons pas que quelqu’un qui fuit la justice soit honoré de la sorte. »

    Répondre
  42. Pétunia a dit…

    Je suis soulagée, Caro que tu mettes en mots le malaise que j’ai ressenti hier. J’ai lu tous les commentaires (certains me serrent la gorge), et je me sens moins seule dans mon indignation.

    Hélas la non-prise en compte des victimes ne concernent pas uniquement le cinéma, la politique, la télé, mais notre socété dans son ensemble, comme tu l’indiques à la fin de ton post.

    Pourquoi une victime serait responsable car elle porte des escarpins de 12 / une jupe courte/ un décolleté plongeant / se déplace seule / la nuit / dans un quartier peu fréquenté ou fréquentable ? Quel que soit le contexte une victime doit être considérée comme telle et un agresseur n’a pas de circonstances atténuantes. Je ne ressens jamais la culpabilité d’un violeur, comme s’il n’avait pas conscience de la gravité de son acte (je généralise hein).

    En tant que maman je me demande comment faire passer le message : quand c’est pas oui, c’est non. L’inverse du ‘qui ne dit mot consent’.

    Répondre
  43. Jour de Cinoche a dit…

    Roman Polanski est encore aujourd’hui visé par une notice rouge d’Interpol et reste considéré comme un fugitif. La France, la Pologne et la Suisse sont les trois seuls pays où le cinéaste peut circuler librement sans risquer d’être extradé.

    Mais que fait Normalito 1er ! ? Il a voulu faire revenir Léonarda, a amnistié partiellement J. Sauvage pour assassinat, il pourrait quand même écouter son peuple (pas celui des sans dents) et remettre à la justice américaine ce criminel, non ?
    In blogo veritas…

    Répondre
  44. Lily59 a dit…

    J’avoue que je suis très gênée par l’outrance de certains commentaires, les mots « monstre », « pire crime contre l’humanité », … Qu’on s’entende bien : le viol d’un(e) mineur est un crime passible de la cour d’assises, et il doit être puni à la hauteur de l’horreur de l’acte. Un viol est un meurtre d’où l’on ressort provisoirement en vie : je ne minimise en aucun cas l’acte. Mais il y a forcément des échelles dans l’horreur. Il y a des criminels en série, il y a des criminels qui séquestrent, torturent, il y a des génocidaires aussi… Et Polanski n’est pas de ceux là. Je ne crois pas non plus qu’il ne soit qu’un privilégié sans conscience. Ce type a été un gamin qui a grandi dans le ghetto de Cracovie (attention d’ailleurs aux contresens quand il parle de ces années là), sa mère est morte enceinte à Auschwitz, sa femme enceinte de 8 mois a été massacrée par un fou… Les noirceurs de l’âme humaine, il connaît. Cela pourrait rendre son crime encore plus inexcusable, sauf qu’en général, on ne devient pas meilleur quand on a subi plusieurs traumatismes consécutifs. Il aurait dû payer pour son crime à la hauteur de son crime. Mais je pense que c’est mieux de garder un peu de mesure. La cause des enfants et des femmes abusés n’avance pas avec l’amalgame et l’outrance. Le cas de Polanski, ce n’est ni celui de Cantat, ni celui de DSK.

    Répondre
    • Caroline a dit…

      personnellement je ne pense pas avoir utilisé de termes outranciers et de toutes façons le propos n’est pas de savoir s’il est plus atroce que cantat ou DSK. Juste, le mec a fui la justice, n’a jamais payé pour ses actes et a pu exercer son art sans jamais être inquiété. Et comme si ça ne suffisait pas, il est donc honoré par sa belle famille du cinéma. Moi personnellement ça me pose un problème. Et oui je crois à la résilience, au pardon, aux secondes chances. Mais non, je n’ai pas envie que dans mon pays on puisse faire passer ce message aux victimes de viol: « votre bourreau peut tout à fait un jour parader sur la scène d’un grand théâtre parisien sans jamais être passé (ou quasiment pas) par la case prison. Je le redis, ce qu’a fait Polanski n’était pas une erreur de jeunesse, le mec avait 43 ans. Il a drogué la gamine et l’a sodomisée (pour pas qu’elle tombe enceinte, a-t-il expliqué). Ce n’est peut-être pas un crime contre l’humanité mais quand même

      Répondre
      • isabelle a dit…

        Le viol est un crime tout court et c’est bien suffisant.
        Quant au fait que M. Polanski ait pu s’amender, c’est tout le mal qu’on lui souhaite. On peut en douter, vu son attitude en Suisse…

        Répondre
        • Anna Chiara a dit…

          Je suis d’accord pour dire qu’il y a des échelles dans l’horreur : mais il n’y a que la justice qui peut statuer sur d’éventuelles « circonstances atténuantes » non ? Et le fait qu’il ait drogué cette jeune fille implique quand même une sacrée préméditation. Donc il faudrait qu’il soit jugé et que sa peine soit à la hauteur des horreurs commises…

          Répondre
  45. Clao a dit…

    Vu sur twitter il y a peu une comparaison entre l’argent mis en oeuvre (et à raison) pour les débuts de la lutte en faveur de la sécurité routière, avec des résultats significatifs à la clé et l’absence totale de politique publique contre les abus, agressions et violences sexuelles bien plus nombreux commis envers les enfants, jeunes filles, femmes… C’était juste et extrèmement écœurant.
    Nos vies ne valent pas grand-chose 🙁
    (oh et la « pétitiion » d’intellectuels français pour protester contre les menaces d’extradition, parce que bon il y a prescription, hein…)

    Répondre
  46. Berengere a dit…

    Merci pour ce billet

    Les césars ce sera sans moi aussi…

    Et la perte de parole de paroles du Père Preynat. ..non mais on touche le fond…..
    Comme écrivait Marge plus haut les mauvaises infos la pire semaine de l’année. ….

    Répondre
  47. lillejenny a dit…

    Je ne comprends rien… Ici au Québec, nous avons aussi une cérémonie pour honorer les films québécois. Jusqu’à l’an dernier, cette cérémonie s’appelait « Les Jutra », en l’honneur du réalisateur Claude Jutra. Suite aux accusation posthumes d’attouchements de M. Jutra sur des enfants, la cérémonie a décidé d’enlever le nom de Jutra de la cérémonie.

    Pour ce qui est des problèmes d’attouchements et de violences verbales envers les femmes en France, je crois que c’est un problème de culture. Je travaille dans un milieu où il y a énormément de Français et de nouveaux arrivants en provenance du Maghreb, les hommes comprennent vite que ça ne fonctionne pas comme ça ici au Québec. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’incidents, mais nous sommes bien loin des problèmes que vous rencontrez en France.

    Répondre
    • Papang a dit…

      lillejenny, c’est intéressant ce que tu dis car je me faisais plus ou moins la même réflexion 🙂
      Ceci dit (pour avoir vécu + étudié et travaillé dans les 2 sociétés sur la question de la violence sexuelle), je pense qu’il y a hélas autant de crimes sexuels au Québec qu’en France, du moins « derrière les portes fermées ». Il est vrai cependant que la société québécoise est bien plus en avance sur le plan de la reconnaissance et de la prise en charge des victimes, et de tout le débat social qui l’entoure. Et que l’espace public y est beaucoup plus sécuritaire.
      Une de mes amies, juriste dans un département français, avait été outrée d’apprendre qu’au Québec, la prescription de 10 ans après les faits n’existait pas. Pour elle, comme pour la loi française, au bout de 10 ans « l’individu est censé avoir trouvé les moyens de surmonter le préjudice » ou un truc comme ça. Moi, j’étais choquée qu’elle puisse penser ainsi et j’avais été émerveillée de découvrir que dans la belle province, cette prescription (qui m’a empêchée de porter plainte contre mon agresseur) n’existe pas.
      Ah, j’mennuie du Québec! 😉

      Répondre
  48. Fabienne a dit…

    Ah merci de relever dans ton post d’une part l’affaire Morandini classée sans suite (Le gars doit savoir un paquet de choses compromettantes pour s’en tirer si bien…) et enfin la nomination de Polanski aux Césars…j’ai moi aussi été choquée ! Jamais compris d’ailleurs qu’on fasse de ce type une icône…

    Répondre
  49. Madile a dit…

    Ecoeurée je suis…..je pense à toutes ces victimes de Preynat qui attendent tant de ce procès. Va-t-on leur enlever cela ? A quoi joue-t-il, il n’a que 72 ans et mérite de répondre de ses actes…c ‘est inadmissible. On ne perd pas la parole comme cela, tout d’un coup…A moins d’ un AVC, mais cela n’est mentionné nulle part.
    Quant à Polanski, c’est une honte pour notre pays. Je ne comprends pas, non, je ne comprends pas. Je suis anéantie par le témoignage de Stephanie Gab, il mériterait en effet d’être lu par tous ces bien pensants du cinéma qui ne voient certainement rien à redire à ce choix.
    J’ai signé la pétition et ne regarderai bien sûr pas la cérémonie !

    Répondre
  50. Estelle 13 a dit…

    Je partage ton écoeurement..Quand j’ai entendu ça ce matin, je me suis dit  » mais c’est pas possible… Ils sont complètement cons ou quoi??? » .

    Répondre
  51. violette.b a dit…

    TOUT EST DIT et avec justesse . Merci , en effet la perversion devient banale et ce n’est pas avec autant de mollesse d’esprit et d’action que cela va s’arranger.

    Répondre
  52. Danielle a dit…

    Comme presque toujours lorsque je te lis Caroline j’ai envie de te dire merci, à toi et à la communauté ici. Merci de toujours garder les yeux ouverts sur le monde….

    Répondre
  53. wam a dit…

    Je suis sans voix…
    Un des commentaires parlait de la culture du viol. Je recommande en sujet connexe, le très bon documentaire passé sur France 5 en début de mois, »le harcèlement sexuel, le fléau silencieux »
    d’Olivier Pighetti, ainsi que le débat qui a suivi. On n’est pas sorti d’affaires… (n’est plus dispo en replay. Mais se trouve en fouillant la toile)

    Répondre
  54. Marion a dit…

    Quel bon article, qui résume tout à fait ce que je pense…
    Certes la France n’est sans doute pas le seul pays qui a un problème à voir la réalité en face en ce qui concerne les viols sur mineurs, mais là ça fait quand même beaucoup. Pour rajouter une couche, au lieu de voir des intellectuels protester, on entend Fienkelkraut affirmer qu’à 13 ans on est pas mineure (????), au secours!

    http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20091009.OBS4087/finkielkraut-defend-polanski-a-treize-ans-ce-n-etait-pas-une-enfant.html?xtref=https%3A%2F%2Ft.co%2FnOYIrJsr83#https://t.co/nOYIrJsr83

    Répondre
  55. Kerblonde a dit…

    J’ai l’impression qu’à une certaine époque c’était plutôt tendance pour certains adultes de se « taper » (violer) des petites jeunes non ?
    J’ai découvert « l’oeuvre » de David Hamilton lorsque Flavie Flament a raconté son histoire. j’ai été sidérée. c’est clairement pédopornographique.
    Et en creusant un peu le sujet je suis tombée sur l’article de Libération dont le titre était « Apprenons l’amour à nos enfants », la création du FLIP (Front de Libération des Pédophiles), la tribune de soutien à 3 pédophiles dans le Monde, et toutes les déclarations des intellectuels français sur le sujet … Je suis née en 1971, et les moeurs de l’époque me semblent si loin de ma candide jeunesse …
    Je n’avais pas entendu la nomination de Polanski comme président des César avant de lire ton article, et je ne suis pas très calée en cinéma, mais ceux qui l’ont nommé là cautionnent forcément d’une certaine manière ses actes passés. c’est dégueulasse …

    Répondre
  56. isabelle v. a dit…

    J’ai signé sur Avaaz et Change. Je ne sais pas si c’est suffisant, mais il faut le faire, il ne faut pas que l’on puisse penser que l’on s’en fout, que ça ne nous concerne pas. Etre un personnage public ne donne aucun droit supplémentaire. Le viol commence doucement à être reconnu et condamné. Il ne faut rien lâcher.

    Répondre
  57. Anneso a dit…

    Eric Mettout ,rédac chef de L’Express a pondu un article HALLUCINANT :

    http://www.lexpress.fr/culture/cinema/les-feministes-contre-polanski-vous-vous-trompez-de-combat_1870706.html

    Je me suis coltinée avec lui sur Twitter mais il n’en démord pas.
    Je lui ai précisé que j’aime l’oeuvre de Roman Polanski ,que je comprends qu’il soit primé pour ses films et que j’ai vu le (super intéressant) documentaire « Roman Polanski Wanted and Desired » qui était plutôt à décharge d’ailleurs,et donc,contrairement à ce qu’il me disait,je connais un peu l’histoire.

    Voilà,selon Eric Mettout,ce sont « les aigris,les pisse-froid,les médiocres » qui cherchent encore des noises à Polanski alors que ce brave homme n’a MEME PAS récidivé (trop aimable) mais ne se retient pas de dire des conneries d’un autre âge sur la condition féminine entre autres,l’an dernier chez Yann Barthès,qui était gêné.
    Ah oui,et c’est à cause de ses relations, sa fortune et de la mort tragique de Sharon Tate que les méchantes féministes lui en veulent.
    Apparemment,se taper à 45 ans,une gamine de l’âge d’être en 4ème après l’avoir droguée ,ne serait pas un viol (sous-entendu,il ne l’a pas frappée etc).
    Moi je dis que mettre du GHB dans le verre d’une (ou d’un) adulte pour le faire coucher avec vous ,est bien un viol,non?
    Alors un enfant?

    BREF: comme le « troussage de domestique » de DSK vu par Jean-François Kahn il y a 5 ans,quand un homme puissant et talentueux fait du mal à une fille,d’autres hommes lui trouveront toujours de bonnes excuses,et pas que chez les beaufs machos,chez les intellos de gauche qui sont censés être « humanistes » ,non plus.

    Répondre
    • Papang a dit…

      Anneso, je partage ton indignation à 1000%.

      Merci tout de même de m’avoir fait rire (jaune, noire, mais rire quand même) avec ton:

      « ce brave homme n’a MEME PAS récidivé (trop aimable) « 

      Répondre
    • Toctoc13 a dit…

      L’article de M. Mettout me fait vomir … Contrairement à ce qu’il pense, ce n’est pas une cabale de féministes enragées contre le pauvre Monsieur Polanski mais plutôt l’indignation de personnes contre l’absence d’une justice supposée s’appliquer à tous …
      J’aimerai bien que ce Monsieur précise ce qu’est pour lui une relation sexuelle illégale sur une mineure de 13 ans ? Au-delà du qualificatif juridique, ne jouons pas sur les mots, à part un viol, je ne vois pas trop …
      Après les Césars, je crois que je vais boycotter aussi l’Express

      Répondre
    • SoL a dit…

      Eh oui en France on s’offusque parce que ces ploucs d’amerloques votent pas bien mais quand on a l’occasion de condamner un délinquant sexuel célèbre on regarde ailleurs, on regrette qu’il se soit fait gaulé (dsk), on accuse ceux qui dénoncent de pudibonderie (l’express). Et donc c’est quoi le bon combat des des féministes ? Rajouter un e à écrivain??.

      Répondre
    • mammouth a dit…

      On s’en fout s’il a récidivé ou non, là n’est pas la question. Ce n’est pas un argument pour la clémence! Ça n’a rien à voir avec ce viol précis que le cinéaste a commis. Et puis, qu’est-ce qu’il en sait le journaliste qu’il n’a pas récidivé?

      Répondre
  58. bmf a dit…

    J’ai lu tous les commentaires, voilà ce que j’en retiens de façon totalement primaire soyons bien claires..
    Liste des précautions données en permanence à mes filles ( 8, 17 et 19 ans) à adapter en fonction des âges bien sûr..
    – Tu ne bois JAMAIS un verre qui n’a pas été servi devant toi
    – Tu ne parles pas aux inconnus
    – Tu ne suis personne que tu ne connais pas
    -Tu pars avec quelqu’un que tu connais si j’en suis avertie
    – Un « non » est un « non » même si au départ c’était un « oui »
    – Si on t’emmerde dans la rue tu demandes de l’aide
    -Si on t’emmerde beaucoup dans la rue que tu as peur tu hurles, tu demandes de l’aide tu appelles les flics
    – Si un garçon insiste en te disant que tu n’es qu’une pauvre sainte nitouche ( si tant est qu’il connaisse l’expression) tu maintiens ta position et tu t’en vas
    – Si on te touche contre ta volonté, si on te fait du mal, si on te menace, tu en parles pas forcément à moi mais surtout tu en parles
    Si un adulte que tu ne connais pas te propose un bonbon tu dis « non »
    ……
    Je vais hélas devoir rajouter à cette liste aussi non exhaustive qu’anxiogène
    Si un homme célèbre, brillant ayant une histoire douloureuse te viole, prépare toi à ce que d’autres prennent sa défense, à ce qu’il échappe à la justice, à ce qu’on nie ce que tu mettras des années à réparer, à le voir un jour consacré par ses pairs …
    Comment ça tu ne veux pas tu ne veux plus sortir de la maison??????

    Répondre
    • sibille a dit…

      Oui et on n est jamais à l abri de l horreur. J avais dit la même chose à ma fille, elle était bien au courant. Et lorsqu’une voiture s’est arrêtée en pleine journée pour lui demander le nom d’une rue, elle a répondu avec fierté qu’elle connaissait bien cette rue et ils l’ont happée, etc….. On ne devrait jamais avoir à avoir peur pour eux, ce monde baigne vraiment dans la folie. Des exemples, il y en a trop, des victimes à foison….. On ne sait pas quel monde leur sera donné ! StéphanieGab, j espère que vous avez pu parler à votre mère et qu’elle s’est abondamment excusée.

      Répondre
  59. mardep a dit…

    Merci Caroline. Comme d’habitude, tu trouves les mots justes, et ton blog est un lieu d’échanges sains et respectueux assez inégalé.
    Pas de César non plus pour moi cette année…
    et la women’s March dans le froid de Seoul demain….

    Répondre
  60. sylvie a dit…

    Bonjour….

    Il y a bien longtemps que je ne suis plus l’autocongratullation des Césars…

    Par contre, quelques réflexions me sont venues au fil des lectures…

    Dans ce monde de célébrités et de paillettes, personne n’a évoqué le paramètre de l’argent, l’argent( je rappelle qu’il y a eu une transaction financière de la part de Polanski) qui fait que certains parents acceptent l’inacceptable…

    La justice américaine, contrairement à la justice française, permet de régler de nombreuses affaires, et bien entendu les viols en font partie en signant un très très gros chèque….Polanski a violé cette gamine c’est un fait et c’est inexcusable, mais est ce normal que sa mere l’ai emmènée dans une soirée ou drogue et alcool coulaient à flot, et petite question, que faisait la maman de la gamine pendant qu’il la sodomisait….Cette jeune femme qui par ailleurs ne veut plus entendre parler de cette histoire et a elle meme pardonné à son violeur, va t elle vraiment souffrir de la présidence de Polanski, je ne pense pas, sachant qu’en dehors de l’hexagone cette cérémonie ne doit pas être vraiment connue…. la bd évoquée dans plusieurs posts me gene également beaucoup pour cette raison…Quand il y a du fric à la clé (et on parle de millions de dollars) la vérité peut vite être déviée…je ne mets pas forcément les affirmations des femmes en doute, mais objectivement, nous n’avons qu’une face du miroir…..

    J’ai pour les memes raisons été très choquée par l’accueil reservé aux revelations de Flavie Flament….Elle a quand meme été trainee dans la boue par sa propre famille….pourquoi d’après vous ? Au nom de fric ou de la « pseudo célbrité » combien de gamines ont été violées par D. H. ? Comment des parents ont ils pu livrer en pature à un photographe des gamines de 13 ans, n’ont ils rien observe à leur retour ?

    Une autre réflexion m’est venue également, hélas dans les années 70, la pédophilie semblait être plus admise qu’aujourd’hui. Les photos de David Hamilton, ne choquaient personne. Au contraire, tout le monde appréciait Bilitys et les posters de « ses jeunes filles en fleur », toujours très dévétues ornaient nombre de chambres d’enfants ou d’adolescentes. j’ai eu l’occasion de revoir son « travail » il y a peu de temps et comment dire, j’ai ressenti un malaise certain ! J’ai l’impression (mais j’étais très jeune dans ces années là et pas confrontée à ce genre de milieu) que l’effet « peace and love » avait instauré une permissivité et une acceptation de certains actes qui heureusement aujourd’hui sont consideres de façon différente…

    Bon c’est un peu en vrac…désolée (et désolée aussi pour les fautes mon PC est en anglais….)

    Répondre
    • Photine a dit…

      Que la mère de la gamine soit « stupide » n’excuse ni ne justifie le viol. La gamine n’avait rien demandé à personne et n’a pas être jugée à cause du comportement de sa mère. Il l’a violée, et même sodomisée après lui avoir demandé si elle avait déjà ses règles, pour éviter de la mettre enceinte, il n’y a rien à y ajouter : c’est juste un acte dégueulasse.

      Répondre
      • Sylvie a dit…

        Bien sûr que cela ne justifie pas le viol d.une gamine, je m interroge juste sur « l intérêt de la mère »….comment peut on livrer en pâture sa propre fille de 13 ans à un homme de 43 ans. Cela n excuse ni ne justifie l acte bien entendu ….

        Répondre
    • DOMINIQUE a dit…

      Ce qui est le plus critiquable n’est pas tellement l’attitude de la mère et de sa fille, mais plutôt l’attitude de Polanski face aux conséquences de ce viol. Et aussi de l’intelligentzia française.
      Pour D. Hamilton, les jeunes filles se sont tues, et ce mutisme, ce déni sont fréquents dans ces cas-là. Même, pour certaines victimes, il y a une amnésie traumatique (le « voile noir » d’Anny Duperey à propos de la mort de ses parents en est un excellent exemple).
      Quant à cette histoire de laxisme dans les années 70, je l’ai découverte lors d’une émission de France Culture sur Tony Duvert, écrivain qui ne cache ni son homosexualité, ni sa pédophilie. En effet, à cette époque, il y a eu un courant qui prônait cette « libération » du sexe. Vite abandonné…

      Répondre
    • Anneso a dit…

      Oui,c’est vrai quand même que les mentalités étaient différentes dans les années 70 dans le milieu artistique de Los Angeles et même ailleurs ,car effectivement,je me souviens que,gamine j’avais des posters de David Hamilton avec des jeunes filles quasi nues et mes parents,pas du tout hippies,n’y trouvaient rien à redire.

      Répondre
      • DOMINIQUE a dit…

        Toi aussi, Anneso ! Enfin, moi c’était un livre de photos. Mais il était partout, Hamilton, dans toutes les revues. Un gros succès à l’époque. Quand on pense à ce qui se passait en réalité, ça colle le cafard.

        Répondre
  61. Photine a dit…

    bein, ça me rassure de voir les réactions… peut-être que l’on va un peu moins encensé Polanski à l’avenir. Perso, le dernier film que j’ai vu de lui était The ghost writer et j’avais trouvé ça assez nul (la fin en particulier n’était absolument pas crédible).
    S’il avait fait de la prison, peut-être que l’on pourrait cesser d’y penser, mais là, c’est vrai que j’ai envie de vomir à chaque fois que j’entends parler de lui…

    Répondre
  62. Cécile a dit…

    Bonjour Caro et vous toutes, je m’excuse par avance de ne pas avoir pris le temps de lire tous les coms, mais je suis tellement d’accord!!!!!!!!! Maintenant je pense que l’on est nombreux, mais qu’est ce qu’on fait de nos sentiments, on les garde ici et on laisse faire ou on essaye de lancer « une pétition » ou toute autre action collective visant à montrer notre désapprobation?!? Même si cela peut paraître vain, je pense que c’est important de se dire ces choses plus fort encore!!! Alors est-ce qu’on lance quelque chose?

    Répondre
  63. L'IGEENE a dit…

    Bonjour Caroline,

    Je commente très rarement. Mais je pense que ce billet est d’une grande importance. Qu’il faut savoir réagir comme l’a fait La Parole Libérée pour le Père Preynat.
    Ces crimes ne doivent jamais rester impunis. Car ils peuvent avoir des répercussions immenses et bousiller des vies bien au-delà d’une seule génération. Et je suis d’accord avec toi que cette nomination est une ignominie.
    Nous n’avons pas d’autres armes que celle de signer la pétition en ligne. Ce que j’ai fait immédiatement.
    Voilà. Il faut le faire. Sans rentrer dans des débats un peu inutiles. Il a commis un crime qu’il n’a jamais payé. Point à la ligne.
    Je boycotterai les Césars une fois de plus car je trouve cela de plus en plus malsain, mercantile. Est-ce l’odeur du soufre qui mobilise les gens du cinéma en manque d’argent cette année ?

    Répondre
  64. Marianne a dit…

    Bonsoir, c’est la premiere fois que je commente bien que votre blog soit le seul que je lise aussi assidument , cet article fait Du bien, merci beaucoup!
    Voici le blog d une dessinatrice géniale qui a dessiné sur l impunité des hommes célèbres, entre autres, http://www.mirionmalle.com/2016/09/limpunite-des-hommes-celebres.html?m=1
    En espérant que cela vous plaise aussi!
    Au plaisir de continuer a vous lire, merci, pour tous vos écrits, et celui ci en particulier!

    Répondre
    • Kaylee a dit…

      Fort intéressante, cette bande dessinée !
      Personnellement, cela fait très longtemps que je boycotte Woody Allen, je ne regarde jamais aucun de ses films, même à la télé.

      Répondre
      • Anneso a dit…

        Moi,je ne boycotte pas,en revanche.
        Sinon,l’Art est mort…Picasso était une ordure, et Mickaël Jackson,et Elton John et Clouzot,Chaplin,n’en parlons pas ( il séduisait des mineures de 15 ans alors qu’il était quinquagénaire) etc ,sans parler de tout ce qu’on ignore,les gens 100% « bien » ,est-ce que cela existe?
        S’il faut vérifier les CV des artistes avant d’aller découvrir leurs oeuvres,je ne vous dis pas la société bien-pensante et aseptisée…
        A part des cas ultra-extrèmes (soutien au nazisme,appels à la haine envers des communautés,y compris les femmes,mais c’est rare finalement),je vais voir un film,lire un livre qui me font envie même si l’auteur est un sale type ,selon mes critères.

        Répondre
  65. Beatrice a dit…

    Article parfait. Rien a rajouter. Si, en fait, il serait bon d’éduquer certains parents. Nombre de gamines de 13 ans ont déjà une vie nocturne et autonome les plus intenses, adoubées par leur mère. Ces pauvres mères qui on l’impression de vivre à travers leurs filles la jeunesse qu’elles n’ont pas eu. Alcool, cigarettes, joints, baises, boites… tous les soirs de la semaine… comment savoir à 13 ans être à sa place et ne pas en faire plus qu’il n’en faut… avec des parents qui ferment les yeux. NDLR : pour exemple le Gucci gang, une des jeunes filles, la plus jeune dès 13 ans a déjà tout vu tout fait… bref mesdames vos filles sont précieuses et méritent toutes vos attentions. Je n’ai pas de fille mais j’essaye d’éduquer mon fils dans le respect des femmes.

    Répondre
  66. Swiixou a dit…

    Tout ça me file tellement la gerbe, et je ne sais pas comment je fais pour garder cet espoir fou que nous trouverons des solutions, que nous n’aurons un jour plus à nous battre et à lutter sans relâche pour faire reconnaître le droit des victimes, qui qu’elles soient.

    Répondre

Vote commentaire

  • (ne sera pas publié)

Vous pouvez si vous le souhaitez utiliser les balises HTML suivantes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>