Confinement d’une hypocondriaque – J4

Il y a ces pensées obsédantes, incessantes, qu’il est difficile d’arrêter lorsque l’horizon s’arrête désormais à la fenêtre du salon. Il y a ces moments de calme, lorsque chacun des occupants du foyer confiné s’attelle à sa tâche. Il y a la promiscuité quotidienne, l’obligation de temporiser chaque départ de feu parce que l’on sait qu’il n’y a pas de repli possible, qu’il faut immédiatement s’excuser, accepter le compromis, tolérer l’agacement. Il y a, presque, lors des repas, l’impression que finalement, ça n’est pas si grave, pas si différent des jours d’avant. Et puis tu sors, pour la première fois depuis cinq jours, pour acheter ces oranges que tu presses avec l’énergie du désespoir tous les matins en te persuadant qu’après tout, elles ont bien vaincu le scorbut, pourquoi pas le Corona. Tu sors dans cette rue déserte habituellement empruntée par les voitures, tu t’approches du supermarché et tu les vois, les gens comme toi, qui se sont extirpés de leur tanière, par nécessité et peut-être, aussi, comme toi, pour vérifier que l’on est pas non plus complètement incarcérés. Ils sont silencieux, se tiennent à deux mètres les uns des autres et attendent le droit d’entrer. Alors que tu approches, un homme vient en face de toi et vous avez tous les deux ce réflexe quasi animal de changer de trottoir. C’est lui qui fait le premier pas, tu lui souris, petit signe de tête, tu as compris et lui aussi, rien de personnel.

Ce matin, le confinement était finalement plus oppressant dehors. Un sentiment mêlé d’être hors la loi – l’attestation pliée dans ma poche, prête à être dégainée au moindre contrôle qui n’a pas eu lieu – et d’échappée belle sous ce soleil de mars, chaleur presque fraiche, brise légère. Comment faire la part des choses entre l’horreur, ces images qui s’invitent dans ma tête, le bruit des souffles courts, le mouvement des poitrines qui se soulèvent douloureusement, ces morts en solitaire, et cet instinct de survie qui nous fait jouir de ces minutes à l’air presque pur et nous pousse à penser aux lendemains qui chanteront, forcément ?

Je me raccroche à ces presque rien, ce peu de nouvelles positives du monde, les eaux claires dans les canaux de Venise, les dauphins qui viennent jouer sur les quais du port de Cagliari, les oiseaux que l’on a jamais entendu aussi fort et qui me rappellent mon enfance. Comment se fait-il que nous ayons peu à peu oublié qu’avant, les oiseaux chantaient autant ? Et moi si agnostique, si peu sensible aux messages de l’au-delà ou à ce qui soit disant était écrit, je ne peux m’empêcher de me dire que la terre nous en a envoyé un, ou qu’à minima, elle sera sans doute la vraie bénéficiaire de cette planète presque à l’arrêt.

Bonne journée, demain je reviendrai plus légère j’espère.

PS: merci encore à tous ceux qui assurent notre survie, qu’il s’agisse des soignants mais aussi des personnels de caisse, des routiers, des ouvriers de l’agroalimentaire, des agriculteurs, bref, de tous ces gens qui ne peuvent se payer le luxe de se confiner et sans qui cette histoire prendrait un tour bien plus sombre encore…

62 comments sur “Confinement d’une hypocondriaque – J4”

  1. @nne a dit…

    caroline, je me permets de reposter mon commentaire sur votre billet d’hier car il intéressera peut-être les autres copine de lecture de votre « rade ». Encore mille bisous
    Ma Caro, quel bonheur de vous relire. Soignez-vous tous bien. Je voudrais bien un petit selfie de Jiji. Je suis IDE dans la Loire. Ce WE, on nous a volé 1500 masques & du gel hydroalcolique. Je suis bouleversée car dans mon service, nous sommes toutes sur le pont. Une de mes jeunes collègues confie ses petits de 2&5 ans à l’école de son village où ils sont seuls. Une autre a prévu de confiner sa fille chez sa soeur pour ne pas la contaminer dès que les cas avérés nous seront mutés pour désengorger le CHU de St Etienne. Nous attendons la vague. Je pars demain soir avec mon chargeur de téléphone au cas où & deux culottes de secours. Je vous aime. Continuez, les blogueuse, à nous faire sourire & nous tenir compagnie.

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    • Nath a dit…

      Caroline, tellement heureuse de vous relire.
      Merci d’écrire aussi justement cette étrangeté, ou ce qui paraissait hier si normal devient source de malaise et d’angoisse, et en même temps ces moments quotidien qui nous re ancrent dans une certaine normalité. Bon courage à tous et en particulier aux soignants et personnes toujours en contact avec le public.

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    • Karine G-Ly a dit…

      @nne, merci. Juste merci.
      Merci à votre collègue de continuer à nous soigner et protéger tous au détriment de ses enfants si jeunes. Merci à votre autre collègue.
      Merci à vous.
      Des merci qui ne valent pas grand chose, qui sont juste des mots alors qu’il faudrait des actes pour vous aider et vous soulager. Je suis atterrée par ces vols de masques. Certaines personnes sont indignes.

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    • Pastelle a dit…

      Terrible ce que vous racontez @nne. Et on se sent tellement impuissants contre ces connards inconscients et égoïstes. On voudrait vous aider, vous les soignants, mais à part applaudir tous les soirs, ce qui vous fait une belle jambe, que faire… Rester chez soi, oui, mais on se sent tellement dérisoires…
      En tout cas, sûr qu’on pense à vous, on vous envoie plein de force et de courage, et on espère que des jours meilleurs arriveront vite. Au moins sous la forme de masques qui ne seront pas volés.

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    • Sylvie a dit…

      Bonjour
      J ai honte de ces personnes qui osent mettre en danger ceux qui sont la pour nous aider… qui sont ces pourritures capables de voler les masques de ceux qui peut être leur sauveront la peau … aujourd’hui j ai honte pour eux ….
      Merci et bon courage… tenez bon

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  2. @nne a dit…

    Je sors aussi promener mes chiens dans la campagne environnante avec mon Ausweiss en règle. J’ai aussi le sentiment d’être une pestiférée . Les filles, il y a des tutos dont celui du CHU de Grenoble pour se coudre des masques en tissu. https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/coronavirus-tuto-comment-fabriquer-votre-propre-masque-de-protection-1584546258 .
    Il y a aussi des initiatives incroyables qui se mettent en place. Idée pour un prochain billet? Gros bisous

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    • Karine G-Ly a dit…

      @nne si vous manquez de masques, les bibliothèques en possèdent. La plupart de mes collègues bibliothécaires du patrimoines sont en train de faire don des masques qu’ils portent pour inventorier et dépoussiérer les collections. Peut-être pourriez-vous contacter ceux de votre ville/région…

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      • Soa a dit…

        Cette pensée ne me quitte pas : la nature, en envoyant ce virus, reprend ses droits. C’est fou-fou, ou neuneu, mais je vois les choses comme ça. En tout cas, on accepte mieux les choses en le pensant.

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  3. Gazelle26 a dit…

    Merci Caro pour tes mots toujours si justes ! Il y aura des hauts et des bas pour tout le monde.. on a pas le choix et il faut se dire qu’on ne nous tire pas dessus quand on sort de chez nous.. mais je t’avoue que j’aimerais faire un bond dans le temps et être déjà début mai… courage à tous !

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  4. Carole Nipette a dit…

    Tellement raccord sur le sentiment oppressif de l’extérieur finalement… je ne suis allée qu’à la boulangerie mardi matin et je ne pense pas être obligée de ressortir avant plusieurs jours… cette nuit j’ai rêvé que j’allais à Paris et que j’avais oublié mon attestation… que je croisais plein de gens dans les rues et je leur hurlais dessus !

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  5. Dom a dit…

    Ouh là oui ton commentaire est sombre aujourd’hui, et cela se comprend Caro mais nous avons aussi besoin de billets légers comme d’habitude qui nous aident à supporter le virus et le confinement. Donc merci pour ces billets. De ma province où il fait très beau, avec tsf jazz en fond sonore, je vais les lire avec les commentaires. Je mesure notre chance de ne pas être en ville, confinés à l’étroit. Ici, les gens ont les moyens de respecter les limites de sécurité. À demain de te lire

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  6. L'IGEENE a dit…

    Bonjour Caro,
    Tu le savais, je suivais ton blog. Par habitude, par goût car, chaque jour, tes mots me faisaient rire, plaisir, réfléchir …
    Mais j’ai fort bien compris que tu arrêtes. Un billet chaque jour, il faut vraiment avoir de l’endurance, du temps et de la ressource.
    Mais en ces temps si difficiles de confinement, je te dis merci d’avoir repris. Vraiment merci. car, plus que jamais, les petits rituels sont importants, ces petites bouffées d’oxygène virtuelles qui nous font tenir. Qu’ils soient gais ou tristes, introspectifs ou chroniques critiques sur notre monde qui déconne, tes mots nous/me font du bien. Alors continue. Question de salubrité publique !
    Et plus que jamais, pensons à ces soignants sur le front. Je leur voue une très profonde admiration. Bises et courage à tous.

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  7. Kate a dit…

    Ce matin, je regardais les photos prises sur mon téléphone d’un concert, prises il y a quoi ? 3 semaines ?
    Du monde, du bruit, de la vie quoi ! Et alors je me suis mise à pleurer….ok ressaisis toi, des concerts il y en aura d’autres, en attendant je me réjouis de vous lire chaque jour les blogueuses, Instagram etc qui nous aident à leur façon à surmonter cette épreuve. Merci aussi aux camarades de commentaires qui partagent toute cette humanité, merci aux soignants, merci aux artistes, merci à toi Caro qui a repris le collier….

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  8. Marie a dit…

    Tellement contente de vous relire, de n’a pas avoir supprimé le lien de mes favoris…mais j’aurais préféré que ce ne soit pas dans ces circonstances. Courage à tous ! Dans les moments d’angoisse, je pense aux fêtes que nous ferons à la fin de ce cauchemar, ça me redonne du courage !

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  9. Batice71 a dit…

    Oui ! Il y a des hauts et des bas. Comme aujourd’hui, jour de marché avec quelques courageux venus dont ma fermière. Quand celle-ci vous dit que certains viennent la nuit leur voler des oeufs (j’habite dans une petite ville de campagne) .J’ai honte d’être française… Comme dit ma mère, si c’était la guerre, il y aurait toujours des collabos et des pilleurs. Heureusement qu’il y a aussi des gens plus « humains » solidaires et j’espère continuer en faire partie…

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    • DOMINIQUE a dit…

      Moi, c’est l’inverse : une poule du voisin vient pondre un œuf près de ma porte d’entrée tous les matins ! J’en ai déjà sept.

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      • Shakti a dit…

        Elle est sympa, cette poule !
        J’avoue que ces temps-ci, la seule chose qui me manque de la campagne (depuis que je suis revenue en ville), c’est mon jardin.
        Bon courage à tout le monde.
        Caroline, j’espère que ta fille ne souffre pas d’une contamination trop sévère.

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  10. Maud a dit…

    Ah moi aussi je fais une journal de bord jour par jour. Je n’étais pas encore revenue sur ce blog et j’ai vu passer un lien de toi dans mon fil d’actualité…. je vais aller lire tous les autres jours….. bisous et courage pour cette période qui n’est simple pour personne.

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  11. Karine G-Ly a dit…

    Merci Caro d’être revenue. Te lire m’a manqué tout ce temps bien que la « vraie vie » qui nous happe et nous enlève le temps de blogging soit parfaitement compréhensible. Merci de garder à la fois humour et gravité.

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    • Agatha a dit…

      C est vrai qu à l exterieur on se sent stressée et coupable . Je sors une fois par jour promener mon chien dans le quartier dont je vais bientôt connaitre chaque brin d herbe , et mon mari fait la 2 eme balade du chien. Ainsi on s aère tous les 2 . Mais même si le soleil brille , je ne m y sens pas vraiment bien , sur le qui vive , et si je vois quelqu un au loin je change illico de trottoir comme si j avais la peste . Je n ose imaginer ce que cela va faire dans la tête des petits car même si on leur explique ils ont fondamentalement besoin de voir d autres enfants et on est parti vers un confinement long. 15 j ce n est que le debut !

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  12. Marianne a dit…

    Merci, Caro, d’avoir repris ce blog, si drôle, si pas -si-drôle, si nécessaire. J’espère que tes filles vont bien, malgré tout. En confinement solo, je m’organise aussi. Pas si marrant, même si ce confinement est pour la plupart d’entre nous, de luxe : canapés et lits confortables, internet, électricité et eau chaude, Skype et téléphone à gogo. À nous de ne pas nous plaindre, même si on crève de trouille pour nos proches plus fragiles. Merci en tout cas, tes billets sont une bouffée d’oxygène ! Et prends bien soin de toi et de ta famille

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  13. mimi a dit…

    Hello Caro, so good to have you back, même si tout ça ferait un bon scénario, non? (faut bien rigoler !)
    Je suis à côté de Mulhouse, en arrêt/confinement depuis 1 semaine pour ce satané virus (stable, ça va), je travaille chez un médecin sur Mulhouse (mais on a fermé pour une durée indéterminée). je viens de voir qu’Envoyé Spécial se passera à l’hôpital de Mulhouse, ce soir : partagez un max, que les gens réalisent vraiment ce qui se passe. (spoil : c’est HORRIBLE)
    Je ne suis pas inquiète pour moi, mais ça me terrorise de savoir que j’ai sans doute infecté des gens fragiles à mon insu. On a été très vigilants au cabinet depuis des semaines, mais les gens ne voulaient rien entendre, ne nous prenaient pas au sérieux. J’ai peut être tué des gens.
    Les gens, restez chez vous.

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  14. Caro a dit…

    Juste merci pour ces mots si justes. Tu mets si bien en mots cette ambivalence dans nos vies présentement. J’ai personnellement l’impression d’être dans l’œil du cyclone, où tout est étrangement calme temporairement avant que la tempête se déchaîne…
    Merci à tous les invisibles qui font que notre vie quotidienne puisse continuer,
    Enfin un pissant merci aux soignants !

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  15. Edith en Savoie a dit…

    C’est un petit bonheur d’ouvrir à nouveau le lien vers ton blog et de renouer avec ce vieux rituel de lire. Merci; Comment vont tes filles ?

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  16. Biquette a dit…

    Ce matin j’ai dépoussiéré une étagère de
    grands livres de voyages, sur les fleurs, sur les chats, livres d’art… J’en ai redécouvert
    certains, c’etait très agréable de les feuilleter
    et la matinée a filé à toute allure!
    Bonne nouvelle: il y a encore pleins d’étagères de livres, de romans, de guides chez nous, de bons moments en perspective !
    Avec de la musique c’est encore mieux!

    On a la chance d’avoi un grand jardin et du
    travail à faire en ce début de printemps avec
    le chant des oiseaux. Je vous envoie plein de pensées positives…

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  17. Vannina a dit…

    Ton billet du jour décrit tellement bien ce que je vis que d’une part je pleure en le lisant et que d’autre part j’ai l’impression que tu es dans ma tête .c’est vrai que j’angoisse tellement dehors en voyant les potentiels porteurs du virus que je n’arrive pas à faire la plus petite course,je viens de me faire une commande géante sur un site de super marché.je laisse mes fenêtres ouvertes et j’entends les oiseaux en plein Paris et je me dis que si au moins il ne faisait pas si beau ce serait peut-être plus facile.

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  18. Minouchkaïa a dit…

    Merci vos billets Caroline, comme une bouée, remontée à la surface après presqu un an. Merci, maintenant plus que jamais.

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  19. katy a dit…

    merci caro
    hier en lisant dans mon lit, une pointe entre les cotes du coté droit, du coup je m’affole du coup elle augmente, hop bouffées de chaleur, je me suis retrouvé sur le canapé à écouter de la méditation, pour me calmer et me raisonner. mais ça m’a servi,hier j’étais au taquet sur les serveurs de l’ecole sans cesse, à contrôler ce que mes deux collegiens ont fait ou pas fait, scanner, imprimer. Du coup je me suis dit stop ils sont grands ils vont se gerer et je serais là en secours, sinon je n’y survivrais pas, déjà que tout est angoissant.
    Je prends cette pensée pour mon mari agriculteur, qui est dans ses champs en ce moment même, mais je crois que ça le sauve un peu de toute cette agitation, lui seul dans son tracteur, il fait comme si, il doit juste rester loin de son père qui est un cas a risque.
    courage à tous et surtout à toutes les personnes que tu as cité.

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  20. Anouchka a dit…

    Je suis aussi allée au supermarché hier, dans mon bled proche de Montpellier et je n’ai pas aimée du tout cette expérience. Certains ne font pas attention aux distances de sécurité, les allées sont encombrées de palettes car il faut remplir les rayons et du coup les gens se frôlent et à l’opposé d’autres mettent des masques de fortune qui donnent à l’ensemble une ambiance post apocalyptique.
    En revenant grosse parano et désinfection de toutes les poignées + volant de la voiture et tuti quant. Je suis tout comme toi dans un mood plutôt en down depuis hier soir et les nouveaux bilans annoncés. Autant dans les pays voisins que chez nous. Allez haut les cœurs et oui merci et bravo à tous ceux qui bossent !!

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  21. lilipetitemadame a dit…

    Je partage le même sentiment, je suis allée faire quelques pas en début d’après-midi avec mon petit garçon de 5 ans, première sortie depuis lundi. Dans ma banlieue parisienne à moi, les gens aussi sont disciplinés, on change de trottoir quand on se croise, mais ces rues désertes, ces rares personnes dans la rue avec des masques et/ou des gants, c’est très oppressant. Alors avec mon fils on s’est tenu la main très fort et on a regardé rapidement le ciel bleu, on a écouté les oiseaux chanter et nous sommes vite rentrés rejoindre mon compagnon et mon petit bonhomme de 3 ans qui faisait sa sieste et même si je me sens loin de tout et notamment de mes parents qui auraient bien besoin de moi en ce moment je mesure ma chance d’avoir auprès de moi mes essentiels.
    Je vous embrasse !

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  22. karine sans majuscule a dit…

    Même sentiment pour moi aujourd’hui. Première sortie depuis lundi. Petite promenade dans le quartier pour s’aérer et se ravitailler. Drôle de sentiment. Quelques familles se promènent, beaucoup de gens font du footing. Quelques groupes de « rebelles » égoïstes et insouciants discutent trop près les uns des autres en se tapant dans le dos.
    A l’épicerie du coin, il y a quelques rayons vides (lait, beurre…), et je pense aux soignants qui ne trouveront rien en sortant du travail ce soir…
    Je rentre chez moi et me rends (à nouveau) compte de la chance que nous avons, nous, les confinés. Nous qui ne sommes exposés, comme les soignants, caissiers/caissières, livreurs…
    Merci pour ces mots, Caroline. 🙂

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  23. Fred b a dit…

    Bien décidée à attendre le plus longtemps possible avant de sortir, seul l’ensevelissement sous des tonnes de déchets à recycler pourrait m‘amener à mettre le nez dehors… et je ne suis même pas certaine que ce soit un motif légal de sortie de toutes façons!

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  24. Céline a dit…

    Oh là là!!! Mais quelle bonne surprise de vous retrouver Caroline!!!!!!
    Ca faisait si longtemps!!! J’ai vu apparaitre votre J-1 sur FB et je n’en revenais pas!!!! Mais je n’ai pas eu le temps de vous lire avant aujourd’hui (je vais partie de ceux qui ne sont pas confinés, je suis infirmière hygiéniste)… Je suis contente de vous retrouver et je suivrais de mon mieux les post suivants!!!!
    Courage à vous… En effet, pour les hypochondriaques les temps sont très difficiles… Je pense à vous…

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    • Leyleydu95 a dit…

      Comme je n aime vraiment pas le lemon curd,je suis ravie de te retrouver avec ces petites chroniques journalières pendant ce confinement qui risque de durer un petit moment!
      Merci pour ces bons moments de détente!

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  25. Magali a dit…

    Merci d’être revenue par ici…
    Très beau texte, qui résonne beaucoup, ce sentiment d’être devenue hors la loi en sortant de chez moi, cette sensation en entendant les oiseaux au dehors, leur chant si sonore qu’on entend enfin beaucoup plus qu’avant, toutes ces sensations d’étrangeté et d ‘irréel, si bien décrites.
    Bon courage à vous et votre famille, prenez soin de vous.

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  26. Sylvie a dit…

    Merci Caro ! De mon côté aujourd’hui en dehors de cette peur de choper ce satané virus il y a aussi la,peur de demain … comment allons nous faire alors que cette épidémie en dehors de tuer des etres chers en dehors de nous enfermer chez nous ce qui est un moindre mal va laisser ses gens sur le carreau… partout dans le monde les gens sont cloisonnés ne sachant pas finalement ce qui les attend…
    Vraiment merci de ce billet quotidien….take care

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  27. Géraldine a dit…

    Quel plaisir de te relire !! Je n’irai pas jusqu’à dire vive le covid19 non non mais que dans cette période un peu particulière (je serai au chômage « technique » à partir de lundi… (pas j’espère que ma boîte n’en profitera pas…) et bien lire tes posts me procure toujours autant de plaisir et me fait sourire / rire parfois.
    Contente de te retrouver Caro ♡ même si je te suis aussi sur IG, ici c’est « particulier », une sorte « d’entre nous ».

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  28. Caro.B a dit…

    Chez moi aussi beaucoup d’ambivalence aujourd’hui. Il paraît que le processus de confinement nous fait passer par les mêmes étapes qu’un deuil, déni, colère, désarroi puis reconstruction…
    J’ai fait un gâteau de crêpes arc en ciel pour braver mon moral en berne (et occuper aussi une petite fille de 9 ans …)
    Courage à tous et principalement a ceux exposés!

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  29. Tan a dit…

    D’habitude je suis plutôt positive et je relativise, puis hier soir gros coup de flippe, pleurs… Merci d’exprimer tout ça si bien Caroline.

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  30. Loriot a dit…

    Merci Caroline

    Merci d’être revenue. Il est 00h24, demain je retourne servir des clients qui visiblement n’ont pas entendu le même message que moi, qui continuent de venir avec la famille entière ou pour acheter 3 kiwis, et un lot de bodys pour leur fille enceinte de 2 mois…. et les autres qui font des courses raisonnables, qui nous disent merci et qui nous payent des petites douceurs pour que l’on continue à venir ouvrir le magasin même avec la boule au ventre et aucune protection pour nous, les petites mains de la grande distribution. Il est 00h27 maintenant et je préfère dormir dans le canapé plutôt que d’aller dormir dans le même lit que mon chéri, plutôt que de risquer de contaminer la poignée de porte de ma grande ou les barreaux du lit de mon tout petit.

    J’ai lu les 4 jours d’une traite et j’espère que tes filles vont bien, que nous nous en sortiront bien, moins égoïstes et plus humanistes.

    Merci d’être présente malgré tout, c’est une grande joie de te lire à nouveau.

    Merci

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  31. La semaine d'une gourmette a dit…

    Sortie hier soir pour nous aérer et passer à la pharmacie, la plupart des gens tiennent bien leurs distances mais sur la grande place près de laquelle nous sommes passés, il y avait deux ou trois petits groupes qui faisaient comme si de rien n’était, c’est dommage.
    Un message que je voudrais faire passer est celui-là : ceux qui, comme moi, sont payés pendant toute cette période (je suis en télétravail, j’ai la chance d’avoir un métier pour lequel c’est facile) devraient payer les autres. Je m’explique : ma femme de ménage ne vient pas, bien sûr, mais je vais la payer comme d’habitude. Mon rendez-vous de coiffeur a été annulé, quand je pourrai y retourner, je le lui paierai. Nous allons souvent au restaurant, j’ai décidé que nous allions commander 3 fois par semaine en take-away (ici en Suisse c’est possible). J’avais des billets de théâtre pour samedi passé, la représentation a bien entendu été annulée, je ne vais pas me les faire rembourser. Si touts ceux d’entre nous qui ont cette chance de ne pas souffrir économiquement de la situation actuelle font comme moi, ça aidera, non ?

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    • @nne a dit…

      C’est exactement ça : à la fin , je pense qu’il faudra qu’on ai juste l’impression d’avoir fait le maximum à notre mesure .
      Merci, les filles, pour vos petits mots d’amour.
      J’essaierai de venir donner des nouvelles.
      Ici, on s’organise dans toutes les unités de soin, même nos cliniques sont préparées .
      Par contre, ma petite belle-fille est IDE en EHPAD sur la région parisienne & c’est compliqué & triste .
      L’essentiel, c’est de garder bien connectés nos neurones miroir .

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  32. béné a dit…

    Allez, hauts les coeurs !

    Hier je travaillais sur mon balcon (en pyjama, j’ai renoncé à m’habiller…) et j’ai entendu un doux son… Mon voisin s’était mis à jouer du saxophone sur son balcon, le soleil commençait à descendre… Et comme toi, j’ai soudain réaliser que les oiseaux chantaient si fort et que je ne prenais jamais le temps de les écouter. J’ai fermé les yeux et je me suis bizarrement sentie très sereine. ça a duré quelques secondes, c’était un instant de grâce mais qui me fera peut être penser à écouter les oiseaux plus souvent, après…

    Répondre
  33. Cm a dit…

    Merci pour ces posts réguliers, je redécouvre avec délice la joie de vous lire et je me joins à vous pour remercier outre les soignants tous les salariés qui assurent le ramassage des poubelles, le fonctionnement des stations d’épuration ou encore travaillent dans les commerces qui nous permettent de nous approvisionner en nourriture (un bon dîner, cela remonte qd mm sacrément le moral). Merci, merci, merci

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  34. 69110 a dit…

    Cet après-midi, cherchant à réaliser enfin la réalité de ce moment irréel bien que depuis trois semaines nous vivions au triste rythme italien à la maison…, je me suis dit que tu aurais, toi :
    1. La capacité d’écrire cela
    2. L’envie de reformer un groupe autour de cette expérience
    Gagné. C’est chouette. Merci ! Vraiment !
    Et pensées pour tous les parents âgés (parents au sens large) que nous ne pouvons voir mais que nous aimons.
    Et bravo à nos enfants et adolescents qui encaissent cela avec toute leur humanité connectée et courageuse.
    Et merci à tous ceux qui déploient avec dévouement leurs talents pour notre société, en présentiel ou à distance (je pense aux enseignants).
    Et merci, immensément, aux soignants.

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