Zen, je suis zen.

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Hier j'ai fait de la ratatouille ET un clafoutis aux abricots. Je crois que c'était ma façon à moi de faire un doigt à celui ou celle qui décide là haut de la météo.

Hier je me suis aussi pas mal énervée devant ma radio, à chaque fois qu'on nous expliquait pour la douzième fois depuis deux jours la fameuse règle du "ni ni" de l'UMP, celle qui consiste donc à ne pas lever le petit doigt pour barrer la route aux candidats du Front national. Ni couilles… ni couilles. En gros. Vous aurez noté au passage l'argumentaire en mode "éléments de langage" de Copé qui a donc rabaché toute la journée qu'après tout pourquoi se désister ou appeler à voter en faveur des horribles socialistes alors qu'eux mêmes sont alliés à l'affreuse et terrrrrrrrrifiante extrême gauche.

Bon par contre pour aller faire battre Ségolène Royal à La Rochelle, les ténors de l'UMP n'éprouvent pas les mêmes scrupules et ne tarissent pas de gentillesse pour Olivier Falorni, lui même encore au PS il y a peu (et donc par extension copain avec Mélenchon, lui même très proche d'Hugo Chavez, lequel frayant avec Fidel Castro, ce dernier n'étant pas bien éloigné idéologiquement de Staline, CQFD) (mais là c'est pas pareil, c'est pour faire chier Royal, donc on peut voter pour les cocos). Je précise que sur ce cas précis, je suis personnellement un peu triste pour Ségolène, je sais bien que c'est irrationnel mais que voulez-vous, je l'aime bien, moi, Ségo. Ceci étant dit elle aurait sans doute du régler son contentieux avec Falorni avant les élections. 

Bref je me suis beaucoup agacée – à mon avis j'ovule mais je ne peux pas le garantir, avec mon stérilet tout ceci se passe très silencieusement. La veille déjà au marché je m'étais également assez vigoureusement énervée contre la dame après moi dans la queue, qui, alors que la maraichère me servait, a choppé la dernière botte d'oignons que je m'apprêtais à demander. ALORS QUE CE N'ETAIT PAS ENCORE À ELLE DE PASSER. Ce genre de geste ultra mesquin a le don de me mettre hors de moi, alors que je SAIS que je ne devrais pas. N'écoutant pas ma gentille conscience qui, en tutu rose sur mon épaule gauche me susurrait de faire comme si je n'avais pas vu, j'ai cédé aux appels à la rébellion de mon mauvais esprit en jean clouté et piercing dans le nez affalé en équilibre sur ma clavicule droite: "fais lui bouffer ses morts à cette batarde". 

J'ai donc assez froidement fait remarquer à la charmante dame que j'allais justement prendre cette botte d'oignons et qu'étant après moi dans la file elle n'avait pas à mettre de côté ce qui lui paraissait en passe d'être acheté par les gens devant elle. Ce à quoi elle m'a répondu pas très gentiment qu'en gros elle n'en avait rien à foutre et que d'ailleurs l'autre vendeuse venait de l'appeler, donc techniquement elle était dans son bon droit. Je me suis demandé ce qu'aurait fait Carole Bouquet dans cette situation, une astuce que m'a apprise ma bonne amie MC pour se calmer. Royale,  je lui ai déclaré que ses oignons je les lui laissais. Ajoutant que je la remerciais pour son amabilité. Une princesse. Dit comme ça on pourrait penser que je m'en suis sortie avec mansuétude et dignité mais il se peut que j'aie en réalité un peu crié puisque la bonne femme aux oignons m'a traitée de folle, prenant la maraichère à témoin, laquelle n'a pas clairement pris mon parti. C'est quand j'ai entendu un gars dans la file, accablé, soupirer que si on en était à se faire la peau pour si peu, on était mal barrés, que j'ai réalisé ma connerie.

Il n'empêche que mince, ça ne se fait pas ou bien ?

Je veux dire, bien sûr que des bottes d'oignons j'en ai trouvé des caisses au stand d'après. Mais ÇA NE SE FAIT PAS. Connasse.

Je vous laisse il y a des messieurs en blanc qui sonnent à ma porte.

Edit: aujourd'hui vous pouvez me lire ici aussi. Et vous pouvez aller lire cet article dans madmoizelle hyper bien écrit je trouve (et je ne le dis pas parce que j'y suis interviewée).

Edit2: N'empêche que je ne voudrais pas insister sur ma gauchitude mais je suis quand même fière que le PS appelle aux désistement dans les circonscriptions où le FN serait en mesure de l'emporter. Tout ça alors que les autres en face ne vont même pas assurer la réciproque. ÇA NON PLUS ÇA NE SE FAIT PAS. 

Edit3: la photo n'a rien à voir, c'est juste que j'en suis hyper fière et me prends un peu pour Cartier Bresson.

Là où j’écris un livre pour Cojean

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Je ne parle pas souvent sur ces pages de ce que je fais de mes journées, hormis peut-être de mes articles pour Psychologies magazine*, probablement parce que ma collaboration avec ce journal a en quelque sorte découlé de ce blog. Mais il ne faut pas croire, je ne passe pas mes journées à regarder des séries américaines. Enfin, si, aussi, mais j'ai finalement décidé de ne plus m'en culpabiliser, après avoir bien réfléchi à la question j'en suis arrivée à la conclusion que c'était en quelque sorte aussi du travail (je pourrais tout à fait développer et expliquer en quoi c'est du travail mais ce serait long et fastidieux) (et sans doute de mauvaise foi).

Ce long monologue, donc, pour introduire ce billet quelque peu auto-promotionnel (mais pas tant que ça, je ne touche en effet aucun droit sur les ventes, par conséquent c'est de l'auto-promo désintéressée). Parmi les choses sympas que j'ai été amenée à faire dernièrement, il y a donc ce bouquin pour Cojean.

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Rares sont les parisiens qui ne connaissent pas cette chaine de restaurants, pionnière en matière de fast-fooding "haut de gamme". Leurs restaurants se distinguent par les carrés de pelouse en vitrine et leur désormais célèbre jus d'herbe de blé ou encore leur cake au citron et graines de pavot, dont j'ai maintes fois parlé, avant même qu'on me propose cette collaboration.

D'aucuns ne manqueront pas d'arguer de la chèreté de ces restos et je ne les démentirai pas, les salades et sandwichs sont en effet plus onéreux chez Cojean que dans d'autres enseignes. Mais en préparant l'écriture de ce livre j'ai appris qu'il y avait plusieurs raisons à cela. La première étant la qualité des matières premières, sur lesquels les patrons sont intransigeants. Pas de sous-vide, peu d'additifs, aucun conservateur dans les soupes… Tout ceci a pour conséquence des aliments aux dates de péremption bien plus limitées dans le temps que ce que l'on trouve dans les rayons de Monoprix par exemple et une gestion des stocks bien plus serrée aussi. Les prix s'en ressentent forcément. Autre spécificité, l'engagement humanitaire de Cojean, avec un acheminement des invendus auprès d'associations les distibuant aux personnes dans le besoin.

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Je ne vais pas développer plus avant, je ne suis nullement chargée de la communication de Cojean, mais sincèrement j'ai découvert une entreprise se voulant citoyenne et plus humaine il me semble que ce qu'on a l'habitude de voir dans la restauration. J'ai visité les cuisines et parlé avec des collaborateurs et si je me doute bien qu'ici comme ailleurs il peut y avoir des problèmes (l'avènement des bisounours n'est pas encore d'actualité, même chez Cojean), j'ai été assez impressionnée par la convivialité qui règne dans les équipes et la considération qu'ont Alain Cojean, fondateur des restaurants et Fred Maquaire, son associé, pour toutes les personnes qui travaillent pour eux.

Bref, j'ai vraiment aimé participer, même modestement, à la rédaction de cet ouvrage. Ma contribution s'est limitée à un texte introductif ainsi qu'aux petits "chapeaux" en tête de chaque chapitre. C'était la première fois que j'écrivais sur des recettes et j'ai adoré ça. Et le résultat est visuellement très beau je trouve. Cerise sur le smoothie: il y a la recette du fameux cake citron pavot. Et pour l'avoir testée, on n'est pas bien loin de l'original !

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, j'ai cru comprendre qu'il allait faire un temps de chien toute la semaine à Paris au moins, je nous souhaite donc du courage à nous les parigots pour affronter cet automne en été.

Edit: Dans les jours à venir je devrais être en mesure d'organiser un concours pour vous faire gagner des exemplaires de ce petit bouquin.

* Outre Psycho mag, j'écris aussi pour Cosmo.fr, des articles sexo que vous pouvez trouver en tapant Caroline Desages dans le champ "recherche". Je pige pour d'autres supports également comme Cosmétique magazine (un journal qui s'adresse aux professionnels du secteur) et quelques autres sur mes anciens sujets qui n'ont pas grand chose à voir avec ce blog ce qui explique que je n'en fait pas étalage ici.

Chocolat noir versus chocolat au lait: de la connerie du diététiquement correct

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Il y avait cette jeune femme au supermarché, au rayon chocolat. Elle était avec sa fille, quatre ou cinq ans je dirais. Alors que je cherchais l'objet de ma dernière addiction en date – lait amandes et nougatine de Nestlé, I DIE -, son choix s'est porté sur deux tablettes de côte d'or noir. Tout en louchant ostensiblement sur celles au lait, tripotant l'une et la remettant à sa place.

"Maman, j'aime pas le chocolat noir, pourquoi t'achètes tout le temps du chocolat noir ?", lui a fait alors remarquer la petite. "Parce que c'est ce qu'il faut manger", lui a répondu sa mère, sans la moindre hésitation. Et d'égrener toute la liste d'arguments diététiquement corrects, sur pourquoi le chocolat noir "donne des muscles", "fait une belle silhouette" (on sentait qu'elle voulait éviter de prononcer le mot en G, surtout ne pas dire que le chocolat au lait fait grossir, mais tout faire pour l'expliquer quand même).

C'est simple, on aurait dit moi il y a trois ans.

La mère tiraillée entre ses propres goûts qui la portaient manifestement vers d'autres types de sucreries que celles mises dans son caddie et sa préoccupation number one: ne pas être la maman d'une grosse petite fille.

Laquelle, soit dit en passant ne présentait aucun signe avant coureur d'obésité.

Je me suis mordue la langue pour ne pas intervenir (non seulement je ne veux pas devenir l'une de ces dames embarrassantes dans les supermarchés qui s'adressent à tout le monde mais il se trouve que je prendrais sûrement assez mal qu'une inconnue – même blogueuse influente – vienne m'expliquer comment nourrir mes enfants). Je suis parvenue, donc, à ne pas mettre mon grain de sel dans la conversation qui durait, entre cette maman qui tentait de convaincre sa fille "qu'à force d'en manger elle apprécierait le chocolat noir" et une gamine finissant par lâcher dans un sanglot qu'elle n'aimait aucun des goûters que lui préparait sa maman tous les matins, "parce que y'a que des choses tristes dedans". De fait, le reste du chariot regorgeait de tous ces biscuits au son bio et autres compotes sans sucres ajoutés qui s'ils ne sont pas bons ont le mérite de rassurer les parents: on ne pourra pas leur reprocher d'avoir gavé leurs gosses.

Si je ne m'étais pas censurée, j'aurais dit à cette jeune femme que chocolat au lait, blanc et noir ont exactement la même teneur en calories. Que personne n'a démontré que le noir "fait des muscles" pendant que celui au lait donne de la cellulite. Que mieux vaut très certainement deux carrés d'un chocolat au lait apprécié qu'une barre entière d'un autre mangée sans plaisir. Que quand on y pense, c'est tout de même bizarre d'en arriver à dire qu'il "faut manger" du chocolat, fusse-t-il noir.

Qu'il y avait de fortes chances que sa fille, frustrée par cet interdit, mendie à l'heure du goûter des kinder pingui ou autres saloperies très dangereuses pour les muscles et ne les en apprécie que plus, vu qu'à la maison toute production Ferrero est considérée comme un dérivé de drogue dure.

Qu'on ne se méprenne pas, il n'y a aucun jugement de ma part dans cette histoire, je n'ai pas la clé de ce que les mères doivent faire pour éduquer leurs enfants et encore moins sur ce point très précis de l'alimentation. Je ne suis pas non plus en train de dire que les gens qui mangent du chocolat noir sont tous de gros frustrés du nutella. Personnellement je préfère le lait mais ma fille ainée ne jure que par le 70% de cacao. Mais autant je trouve ça bien de faire goûter d'un peu de tout aux enfants, autant je suis convaincue que ce n'est pas en décidant à leur place de ce qui est bon pour eux – même s'ils trouvent ça dégueu – qu'on va les inciter à aimer ça.

Personne n'a envie d'avoir des enfants "trop" gros. Mais il serait bon parfois de se demander réellement pourquoi on veut tant qu'ils soient filiformes. Si ce n'est pour réparer une blessure narcissique quelle qu'elle soit (il ne faut pas croire il n'y a pas que les femmes étant ou ayant été rondes qui vivent dans la terreur que leurs enfants soient gros, la blessure narcissique peut être d'ordre physique mais pas que). J'essaie, tous les jours, de lutter contre cette tentation de faire de mes enfants un prolongement de moi même. De ne pas leur faire porter le poids de mes échecs en tel ou tel domaine et de leur faire comprendre que quel que soit leur tour de taille futur, je les aimerai pareil.

Vous savez quoi ? Je n'y arrive pas tous les jours.

Ces petits riens #4

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Je m'étais juré de ne pas regarder un seul match de Roland-Garros cette année, en raison d'une légère intolérance à la défaite d'un Français. Hier soir j'ai dérogé à ma règle, convaincue que Jo-Wilfried Tsonga était trop bien engagé à deux manches contre une et déjà deux balles de match à son actif. Autant vous dire que j'ai à nouveau perdu ma dignité devant mes enfants, hurlant comme une possédée au moindre point remporté par le Français et éteignant rageusement la télé après le tie-break perdu dans le quatrième set. 

Il faut sans doute que je travaille là dessus. 

A part ça, quelques petits riens du tout en cette semaine bien grise à Paris. Après ces deux jours estivaux sur la plage de l'Almanarre près de Hyères, je me trouve fort dépourvue avec cette bise revenue. 

# Mon oncle très Wax, avec cette chemise venue directement du Burkina. Je crois que c'est ce qui m'amuse le plus, ce carambolage qu'il peut y avoir parfois entre la mode du moment et quelqu'un qui se fout comme d'une guigne depuis toujours d'être en conformité avec ce qui se porte…

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# Ce souvenir d'une plage colonisée par ma bruyante famille, dont une bonne partie a pour habitude de se changer sur le sable en s'entortillant dans une serviette qui en général fout le camp au plus mauvais moment. Ou comment ne plus rien ignorer de l'anatomie de ses proches.

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# Hum hum… Je vous jure que je n'y suis pour rien. C'est totalement idiot mais ces ballerines from Ann Tuil ont ce don particulier de me donner le sourire dès que je les regarde. Et je dois dire qu'elles étaient faites pour s'entendre avec mon jean bleu cobalt.

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# Cette maxime trouvée en devanture de la boulangerie Delmontel rue des martyrs, j'aime bien le bon sens près de chez vous.

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# Cette soirée avec Zaz sur les quais de Seine à l'ombre du bateau phare, my favorite spot de juin à septembre. Le chic, c'est peut-être d'assortir son sac  à son cocktail, non ?

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(beau chapeau non ?)

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#last but not least, le sourire de ma Rose, ou quand le chocolat rencontre les dents du bonheur…

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Bonne journée…

Un Week-end à Hyères

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"Haaan, je viens de voir un avion super bizarre avec de la fumée noire derrière lui on dirait qu'il va s'écraser", s'est écriée la chérie alors que nous amorcions notre descente sur Hyères samedi matin.

La pauvre je me suis dit, je lui ai refilé une de mes névroses. Pourvu que ce soit la seule, ai-je continué à pensé. Non que j'en aie des tonnes mais par exemple j'aime beaucoup l'odeur de mon pipi après que j'ai mangé des asperges.

Alors que je recensais mentalement tout ce qui chez moi ne tournait pas rond histoire de ne pas m'attarder sur les soubresauts de la carlingue, le commandant de bord a alors fait une annonce: "Mesdames et messieurs, en raison de l'atterissage d'urgence d'un rafale en panne de carburant nous sommes contraints d'interrompre notre propre descente et de tourner au dessus de l'aéroport pour une durée indéterminée".

Le triomphe de ma fille que j'avais tancée d'un "n'importe quoi !" à la limite de l'aimable dix minutes avant.

Le point positif c'est que je ne lui ai sûrement pas refilé mon fétichisme des asperges. Par contre, on était probablement en train d'être sacrifiés sur l'autel de l'armée française, tout ça à cause d'un caporal imbibé ayant confondu le plein d'un rafale avec celui de son solex.

Après une demi-heure à faire le tour du paté de nuages au dessus de Toulon, on a fini par redescendre. Et m'est avis que le pilote avait piscine ou une envie pressante d'uriner mais je n'ai jamais vécu un atterrissage pareil. A savoir qu'on a ni plus ni moins fait un piqué sur la piste, sur laquelle on s'est comme qui dirait écrasés. Pas totalement, bien sûr sinon je ne serais pas là pour vous le raconter. Mais parole de scout, le gars d'à côté de moi a essuyé une larme alors qu'il était à première vue plutôt du genre à rigoler quand un chaton s'étouffe. Même l'hôtesse, une fois qu'on était sur la terre ferme, a ironisé au micro sur la manoeuvre "toute en douceur" du cinglé aux commandes du boeing (elle n'a pas dit "cinglé", mais je ne serais pas étonnée qu'elle ait depuis changé de métier).

Inutile de préciser qu'une fois parmi mes oncles, tantes et cousins, cette petite anecdote a grossi au fil des versions et qu'à la fin les twins et moi (le churros et rose étaient restés à Paris) étions tout simplement des survivants. 

A part ça, deux jours donc dans cette maison dont je vous parlais déjà il y a deux ans et qui n'a donc toujours pas été vendue (je soupçonne certains membres de la famille, dont un qui vit en Chine et qui m'a toujours semblé très fort pour tout ce qui est coups en douce, de savonner la planche de l'agent immobilier, histoire qu'on puisse continuer à profiter une fois par an des charmes de cette baraque incroyable).

Deux jours entourée d'une vingtaine de marmots âgés de 5 mois à 12 ans, des frères et soeur de mon père, de ma grosse vingtaine de cousin(e)s, pièces rapportées comprises et de notre Grammy à tous.

Deux jours à prendre des nouvelles et à en donner, à rire des histoires cent fois racontées, à couper du melon, des fraises et des patates, à refuser une dixième part de carot-cake pour finir par craquer pour le gâteau chocolat – amandes qui tue. 

Deux jours à passer du jardin à la plage, de la plage au jardin, à se changer derrière une voiture/tente/arbre, à consoler un marmot dont on n'arrive pas bien à savoir à qui il est tant finalement c'est quand même dingue ce qu'ils se ressemblent tous, à croire qu'il n'y a qu'un moule dans cette famille.

Deux jours à ne jamais médire parce que ça n'est pas du tout notre genre, à porter des toasts à tout va, à soulager Prisca de ses jumeaux fraichement nés, détrônant l'unique détentrice que j'étais de ce record consistant à pondre par deux. Je concède avoir passé pas mal de temps avec l'un ou l'autre de ces deux bambins dans les bras, par solidarité bien sûr mais aussi évidemment par mal du pays, cette contrée où pourtant pendant deux ans on ne fait rien d'autre que de se demander à quelle heure, putain, ils vont finir par dormir. Prisca, je te promets, il arrive un jour où on en rit. Mais cela peut prendre dix ans par contre. 

Voilà, dans cette famille tentaculaire, il y a des fermiers, des exterminateurs de criquets à Madagascar, des conseillers en réinsertion, des avocats, un médecin, un spécialiste de la sécurité incendie, une kiné, un aspirant ébéniste, un cordiste qui passe ses journées en haut des buildings à installer les échafaudages, une éditrice, des banquiers qui donnent dans le social, des instituteurs et j'en passe. La plupart de ces joyeux drilles vivent dans un périmètre allant de Toulouse à Montpellier en passant par les Cévennes. Sans compter le gang des Lyonnais évidemment. On est il me semble deux seulement à vivre à la capitale, ce qui nous a valu à Emilie et moi des sarcasmes récurrents, que genre on nage "comme des parisiennes" (j'ai décidé que ça voulait dire qu'on restait élégantes même dans la flotte).

L'heure du départ est arrivée beaucoup trop vite d'autant qu'il s'agissait probablement de la dernière édition réussie de cette cousinade. Ma grand-mère m'a en effet demandé (enfin, "demandé" est une façon de voir les choses, Grammy ne "demande" pas vraiment) de me charger de l'organisation du cru 2013.

En l'apprenant mon père a manqué s'évanouir et prévoit d'ores et déjà l'exil en prévision de l'humiliation sur douze génération que va lui valoir l'honneur qui m'a été confié. Et au vu de l'empressement de mes tantes à m'assurer qu'elles pourraient m'aider, je pense que personne n'est dupe, ça va être un massacre.

D'autant que je n'ai rien trouvé de mieux que de nommer ma cousine Stéphanie premier ministre en chef et je pense qu'à nous deux nous avons autant le sens de l'organisation qu'un cheval nain.

En même temps, le responsable de cette année, Alex, qui produit donc le meilleur jus de pomme de l'univers et accessoirement vend tout un tas de produits de sa ferme, m'a expliqué que tout l'art de ce poste de coordinateur consistait à "s'insérer dans les rouages d'une organisation qui roule toute seule en donnant l'impression que c'est grâce à toi si justement ça se passe si bien". Je crois que ça, c'est à notre portée, Steph.

Bonne journée.

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Vis ma vie de beautysta

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Je ne suis pas qu'une blogueuse mode, loin de là. J'aime aussi beaucoup la beauté.

C'est parce que je ne suis pas qu'un physique, je suis aussi une femme qui réfléchit à sa peau et qui remue ciel et terre pour qu'elle reste un écrin de douceur (et qui envisage de plus en plus sérieusement de combler sa fucking ride du lion à grand coup d'acide hyaluronique).

Sans blague, ce billet a certes pour intention cachée de donner des idées à quelques community managers qui souhaiteraient diversifier leur mailing list de blogueuses mais peut aussi, avec moins de cynisme – qui n'est pas le genre de la maison – être vu comme une preuve d'amour. A savoir qu'étant la détentrice officielle de la peau la plus merdique jamais observée, je me dis que les produits que j'ai fini par adopter sont réellement compatibles avec un combo acné/eczema/peau réactive. 

Trois pathologies certes moins graves qu'un bon vieux tenya mais ayant ceci de sérieusement casse-burnes que le traitement de l'une exacerbe en général l'intensité de l'autre. Je m'en voudrais donc de garder pour moi le nom des quelques produits parvenant à respecter l'équilibre précaire de mon épiderme.

Bref, en réalité, je n'ai pas spécialement besoin de faire l'objet d'envois presse dans la mesure où en gros, sortie d'Avène et de Bare Minerals… point de salut. (en revanche ma mère accepte les colissimo).

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Il n'empêche que je m'aventure parfois en Caudalie, pour leur poudre de soleil notamment qui n'a absolument rien à envier à la terracotta de Guerlain (ma préférée mais aussi la plus chiante à dégoter et aussi la plus chère au monde) et leur crème teintée que mets les soirs où je veux être un peu "glowy" (j'ai fait des études de cosmétique, pardon my french).

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Le reste du temps je suis désormais fidèle au fond de teint Bare minerals que je parviens enfin à appliquer sans saloper mon entière et immaculée (mouhahahahhah) salle de bain. Et force est de reconnaitre que je reste mate toute la journée (alors qu'en production de sebum je me défends).

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Mis à part ça le Smoky Lash de Make up for ever est le seul masacar également qui ne me transforme pas en lapin myxomaté dès 10h du matin

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Quant à mon sent-bon, j'y reviendrai (parce que là par contre je suis vraiment ouverte à la corruption en la matière) mais je reste fidèle à Chance de Chanel auquel je ne trouve pas de remplaçant qui fasse le poids. Une histoire qui dure depuis des années maintenant. (c'est mon fantasme absolu, d'être la femme d'un seul parfum).

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Enfin, je ne donne pas dans l'originalité puisque c'est un peu la marotte de n'importe quelle people interrogée dans un féminin sur ses rituels beauté (après l'inévitable citron tiède avalé à jeun avant de poser le pied par terre), mais j'ai définitivement adopté THE démaquillant Crealine H20 (ça mériterait une enquête sur la success story d'une marque anti-glamour et confidentielle, que s'arrachent les plus grandes stars américaines, lesquelles doivent payer leur bouteille au prix d'un magnum de Mumm rosé alors que pour nous les françaises très moyennes, il suffit de se pointer dans une pharmacie pour trouver la came, à un tarif relativement raisonnable. Pour une fois qu'on a l'avantage sur les privilégiées de Los Angeles, on ne va pas se plaindre). En toute honnêteté c'est le seul démaquillant qui parvienne à enlever mon mascara and co sans me provoquer au bout d'une dizaine de jours d'utilisation des plaques sous les yeux.

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Je vous conseille d'aller lire un bouquin de BHL histoire de vous détendre, je sais que j'avais, ce matin, mis la barre un peu haut.

Pauline Chambraud: l’interview

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Il y a quelque temps j'ai donc rencontré Pauline Chambraud, championne d'escrime en fauteuil. Je l'ai interviewée et la vidéo est désormais en ligne sur la page Facebook du club des supporters handisport.

Cet entretien s'est déroulé à un moment où me retrouver dans ce centre d'entrainement de l'hôpital des Invalides, dédié aux sportifs handicapés et autres militaires en convalescence n'était pas vraiment facile. Il y a parfois dans la vie des résonnances étranges.

Je le précise parce que l'on pourrait penser qu'au début de la vidéo je suis fachée ou quelque chose dans ce style, alors que je suis juste absorbée par le spectacle de courage offert par Pauline. Absorbée et très émue. 

Sinon, donc, Pauline attend son deuxième enfant, est championne d'escrime et va tous les jours bosser. En fauteuil. De quoi claquer mon beignet de dilettante qui souvent estime qu'elle en fait déjà un peu trop ou qui pleurniche parce qu'elle n'arrive pas à se débarrasser de son eczema sous le pied.

Je vous laisse donc avec cette petite interview et vous souhaite un bon week-end. Personnellement il va se dérouler dans le midi. Ma grand-mère y organise son Noël annuel. Ben oui, on fait Noël en juin par chez moi et ça n'a pas que des inconvénients. 

 

Come on Girls !

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Il y a cette série, Girls, dont les premiers épisodes ont été diffusés sur HBO aux Etats-Unis. Je ne m'étendrai pas sur la façon dont j'ai pu les regarder à mon tour sans avoir à priori dans mon bouquet de chaines TNT la fameuse HBO, – de la même façon que je ne suis pas très optimiste quant à l'avenir de mes poumons eu égard à mon tabagisme, je ne me fais pas grande illusion quant à mon avenir judiciaire eu égard à certaines de mes pratiques hadopi-incompatibles.

Je ne m'étendrai pas donc, mais en revanche je ne saurais que trop vous inviter à tenter par tous les moyens de l'obtenir, du moins si vous êtes friand(e) de séries américaines (qui sont après la cigarette ma deuxième addiction).

Le pitch ? Quatre jeunes femmes, vivant à New-York, ou plus précisément Brooklynn, se lancent dans la vie et tentent de mener leur barque professionnelle et amoureuse. Ça vous rappelle un truc ? En effet, on est pas loin du remake de Sex and the city, sauf que. Sauf que bien que Carrie Bradshaw soit l'idole de l'une des quatre girls, on est très loin de l'univers des quatre quadras déchainées du string. D'abord parce que dans le cas précis, il s'agit de filles de vingt ans et des poussières. Qu'elles ne nagent pas dans un bain de dollars et qu'aucune d'entre elles n'a encore rencontré mister Big.

Que si leurs problématiques sont proches de celles de leurs grandes soeurs, je leur trouve un côté beaucoup moins conservateur. On sent en effet que THE target n'est pas nécessairement de se trouver un homme ou de pondre deux enfants, un garçon et une fille si possible.

Surtout, dans cette nouvelle production de Judd Apatow, c'est le casting qui déchire. Parce que c'est probablement en cela que Girls s'émancipe totalement de Sex and the city. Là où nous avions quatre bombasses sapées en Dior ou Chanel et perchées sur des talons de douze pas toujours si chics, on voit débarquer des nanas dont trois sont vraiment jolies sans peser 13 kilos non plus, et la quatrième, héroïne de la fiction, réincarnation s'il en faut une de Carrie, trimballe ses bourrelets, ses petits seins et ses cheveux filassons avec une aisance qui m'en a bouché un coin.

Qu'on ne se méprenne pas, elle n'est ni obèse ni vilaine. Mais je ne suis pas certaine que beaucoup auraient misé un centime sur cette actrice pour un premier rôle de cet acabit. Et ce qui m'a encore plus séduite, c'est que c'est un non problème dans l'histoire. Ça n'est pas une série sur les rondes, quoi. Je veux dire par là que Hannah galère ni plus ni moins que ses autres copines quand il s'agit de tomber sur des mecs biens, qu'elle évoque de temps à autre ses kilos mais avec un détachement salutaire et qu'elle parvient par un humour, une intelligence et une chiantitude assumée à imprimer la pellicule d'une manière évidente.

Une sorte de fille cachée de Bridget et Carrie, avec quelques neurones en plus.

Alors bien sûr, une polémique n'a pas manqué de gronder après la diffusion des premiers épisodes aux Etats-Unis. La cause ? Pas de personnage incarné par quelqu'un "issu de la diversité" dans l'histoire. Ce qui compte tenu de l'ADN new-yorkais est en effet bien regrettable. Je crois qu'il est prévu de mixer le casting l'année prochaine et je ne peux que m'en réjouir un peu plus.

 

Voilà, tout ça pour dire que s'il n'y avait pas autant de scènes crues de baise je montrerais cette première saison à ma fille, tant le propos et la finesse des situations me séduisent. En attendant, elle regarde Glee et ma foi c'est pas mal aussi.

Sinon, vous pouvez me lire ici aujourd'hui aussi, il est question de transmission entre mère et fille et de la manière dont parfois on croit avoir élevé ses enfants pareil, alors que pas du tout…

Edit: une gentille lectrice me signale sur Facebook qu'il est possible de voir cette série sur la chaine télé de Orange, catégorie "séries américaines 24 h après diffusion aux US, en vo".

Ces petits riens #3

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Dans mes petits riens de ces derniers jours, il y a cette femme qui me devançait dans le métro. L'imprimé wax est aujourd'hui au rayon trendy des magazines, mais je crois que je ne l'avais jamais trouvé si beau que sur elle, comme un soleil dans ces couloirs qui ne voient jamais la lumière. J'ai dégainé mon Iphone trop tard et n'ayant pas le culot des chasseuses de look, je n'ai pas osé la suivre et l'interpeler pour la photographier plus joliment. En même temps j'aime cette impression d'apparition furtive de ce cliché, même si je regrette qu'on n'y voit pas le tatouage qu'elle arborait dans sa nuque, une constellation d'étoiles qui partaient du creux de sa nuque pour mourir au milieu de ses omoplates.

Si je devais un jour céder à cette envie récurrente de me faire tatouer, je crois que c'est exactement ce dessin que je voudrais. Seulement je n'ai ni cette couleur de peau magnifique ni ce grain parfait et je crains que sur moi cela n'ait pas le dixième de la grâce que je lui ai trouvé.

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Autre petit rien qui est plutôt un grand quelque chose, cette paire de chaussure qui réussit l'amalgame du beau et du confortable, ce qui lorsque l'on connait mes légers soucis plantaires relève de l'exploit. Le churros n'en finit pas d'applaudir l'apparition dans ma penderie de talons non compensés, en bon gars bien sadique il honnit cette invention pourtant salutaire. Qu'il ne se réjouisse pas trop vite, bien que parfaites, ces chaussures ne sauraient à mon avis souffrir de battre le pavé des heures durant. J'envisage donc de les doubler pour cet été avec des sandales… compensées. Voire des ballerines, genre celles-ci, un peu chères mais qui me font de l'oeil depuis un bail. En plus que je voudrais bien garder la semelle violette un peu longtemps, j'aime bien l'idée d'avoir quelque chose de Louboutin… ou presque.

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Ce sont des Ann Tuil et il y a une réduction de 10% sur ce site avec le code CARO, en plus des promotions déjà en ligne. Je le précise à nouveau, je ne touche aucune commission sur les achats. (par contre les chaussures m'ont été offertes) (et les talons ne sont pas si haut qu'il l'est indiqué sur le site, ils font 7 cm) (mon max).

Et puis mon troisième petit rien consistera à glisser qu'une fois de plus Laetitia Casta s'y colle pour faire la une du Elle spécial régime. On dira ce qu'on voudra mais on ne peut pas accuser ce magazine d'inconstance. 

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Voilà, c'est tout, merci pour vos commentaires d'hier, ils m'ont drôlement touchée, il y a bien sûr des billets dans lesquels je mets un peu plus de moi et celui-ci en faisait partie. On me l'a demandé hier par mail, j'avais en effet écrit un texte sur cette amie, il y a longtemps déjà, et il est là. Il y a aussi celui-ci.

Ah non, c'est pas tout, je ne résiste pas à l'envie de poster aussi cette photo avec cette adorable poupée dont j'ai flouté le visage au max mais dont je suis certaine que vous percevez le degré de mignonnitude avancé. Du genre à vous faire friser le stérilet.

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Et entendre son rire, à Bordeaux

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La première fois que je suis allée à Bordeaux, j’avais 25 ans et je venais de rencontrer le churros. J’étais une fille de l’Est mais mon mec à moi ne jurait que par l’Ouest et l’Aquitaine, en bon Rochelais qu’il est. Ce jour là, à peine sortie de la Gare Saint-Jean, j’ai découvert que dans certaines contrées les pains au chocolat s’appelaient des chocolatines et qu’on demandait des poches au supermarché pour y mettre ses courses. Là bas, aussi, on fait de l’essence et quand on quitte le boulot le soir, on débauche.

J’ai surtout vu cette lumière si particulière qui n’existe que vers l’Atlantique, humé l’odeur des pins qu’on devine si proches et admiré les facades des immeubles donnant sur les quais, cette perspective qui fait la fierté des Bordelais même si à l’époque les murs étaient noirs de suie, donnant à l’ensemble un aspect bien plus dramatique qu’il n’a aujourd’hui.

Bordeaux fut surtout pour moi cette année là la ville d’une rencontre, celle des amis de mon nouvel amoureux d’alors et plus particulièrement de Nath, sa soeur d’adoption, qui nous accueillit dans son petit appartement pourri du quartier Saint Michel qui n’était pas encore un repère de bobos kiffant le bio. Nath et ses cheveux noirs qui tombaient jusque ses reins, ses saris flamboyants et surtout son rire qu’on entendait des Quinconces à Nansouty. Plusieurs années durant nous avons passé des week-ends enfumés avec elle et la bande, partant l’été à Montalivet, louant tous ensemble des bicoques à pas cher et promenant, c’était selon, nos séants à poil chez les naturistes ou nos deux-pièces du côté des textiles.

Nous avions 20 ans et des brouettes et ne doutions pas une seconde de la pérennité de ces amitiés ni de notre insouciance. Au sein du groupe chacun trouva sa chacune et des enfants pointèrent leur nez, mais au gré des étés, nous continuions à nous retrouver, que ce soit pour un jour ou deux ou tout le mois d’août. Pas d’obligation, rien de formel, la certitude, seulement, de pouvoir frapper à la porte des uns et des autres et d’y trouver un bout de canapé, un verre de vin ou un reste de pâtes. En lire plus »