Ordre et désordres

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"Tu sais maman, Martin adore notre maison. Il trouve ça génial tout ton bazar. Surtout les étagères et l'armoire à pharmacie. Parce que chez lui, les livres ils sont rangés par ordre alphabétique. Et les médicaments aussi. Tu te rends compte ? Les médicaments, ils ne sont pas du tout en tas et quand on ouvre la porte de leur armoire, y'a rien qui tombe ! Alors quand il vient chez nous, il trouve ça trop drôle. En plus il dit que tu es super cool parce que tu n'es pas obsédée par la propreté".

Depuis cette avalanche de compliments, je ne cesse de m'interroger: est-ce qu'il est sain de me réjouir d'être l'idole des copains de mes enfants en raison de mon hygiène aproximative ?

A part ça, c'est tout de même un peu le début des grandes vacances, mes deux grands sont partis en colonie et avec le churros on est au taquet pour ne pas louper le jour de leur retour. Je veux dire, quand les services sociaux se pointeront – et quelque chose me dit que c'est imminent -, si on pouvait ne pas rajouter ça à notre actif, ce serait bien.

Quant à Rose, elle aurait bien voulu partir aussi en colonie. On lui a expliqué qu'avant ça, il faudrait qu'elle se décide à parler. Enfin, dans un dialecte compréhensible par d'autres personnes que sa famille rapprochée.

Pour l'instant on l'entraine de manière intensive à prononcer correctement le mot "copine".

Ah je ne vous ai pas dit ? Elle persiste à ne dire que les dernières syllabes des mots.

Parfois ça prête à confusion.

Je crains le pire pour l'école.

Voilà, bon lundi aux travailleurs de juillet, j'en fais partie, nos vacances ne débutent qu'en août, vous me verrez donc encore trainer un peu par ici dans les semaines à venir…

L’affaire DSK, cet immense merdier

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Hier on m'a demandé dans les commentaires mon point de vue sur l'affaire DSK. Vous remarquerez que sur ce blog je n'en ai pas beaucoup parlé, à peine ici et là.

Pourquoi ?

Peut-être parce qu'en premier lieu, je sais bien que mettre le petit doigt dans cette histoire signifie se faire broyer jusqu'à la clavicule. Quel que soit mon avis sur la question, il heurtera ceux et celles qui ne le partagent pas. Et j'ai pu constater sur twitter que cette affaire est, comme on dit en marketing, extrêmement clivante. Le sujet vient se rajouter à la longue liste de ceux qui sont assurés de faire un carton sur les blogs tout en rameutant les extrémistes de tout bord peu désireux de faire dans la dentelle et la nuance.

Dans le désordre: l'euthanasie, la péridurale, l'allaitement, l'écharpe de portage, le co-sleeping, le foie gras, le pape ou les UGG.

Et maintenant, donc, l'affaire #DSK.

Prudence et volonté de me protéger, donc, mais pas seulement. Dans cette histoire, je suis comme souvent atteinte du syndrôme "je ne suis pas d'accord avec mon interlocuteur". A savoir que si je me trouve face à un défenseur acharné de Dominique, sur le mode "elle l'a cherché, il est victime d'un complot, le pauvre", je sors mes griffes féministes dans la seconde, horrifiée qu'un membre de ma famille puisse avoir de telles pensées.

Si en revanche je suis confrontée à un anti DSK qui en profite qui plus est pour transformer Nafissatou Diallo en madone des femmes violées, n'envisageant même pas une seconde que la réalité puisse être un poil différente de la version donnée par la victime présumée, je me transforme en avocate de la défense, examinant scrupuleusement toutes les incohérences du cas et relevant les contradictions de l'accusation.

Bref, en somme, j'ai la personnalité d'une paquerette.

Et encore.

Aujourd'hui, après ce énième rebondissement, voici néanmoins où j'en suis de mes convictions:

– La victime présumée n'est pas la sainte virginale qu'on nous a présentée au départ. Cela ne signifie pas qu'on puisse du coup la violer sans vergogne ou qu'elle ait aussi menti sur le sujet. Mais c'est forcément déstabilisant, parce qu'on ne peut s'empêcher de se dire que si la vérité sur ce qu'elle est a été travestie à ce point au départ, il est possible que le reste ait aussi été.

– DSK se dirige très certainement vers un non lieu. Pour la simple et bonne raison que le droit américain repose sur cette notion d'unanimité du jury. S'il existe un "doute raisonnable" chez l'un des jurés, l'accusation perd. Or étant donnée la dimension blasphématoire du mensonge aux Etats Unis, même s'il est périphérique à l'histoire, il y aura forcément un juré qui se demandera si, ayant menti concernant les raisons de son arrivée sur le territoire, Nafissatou Diallo n'a pas réitéré par la suite.

– On ne saura jamais ce qui s'est réellement passé. Visiblement, il y a eu rapport sexuel. Alors qu'au départ, DSK disait ne pas connaitre cette femme. Le rapport a-t-il été consenti ? Tarifé ? Forcé ? S'est-il accompagné de violences physiques comme l'affirme l'avocat de Nafissatou Diallo ? Parole contre parole. A moins qu'existent réellement les preuves brandies par cet avocat hier, avec tant de détails sordides qu'ils perdaient en crédibilité. Mais si c'était le cas, comment expliquer alors qu'on libère DSK hier ? Bref, je crains qu'on ne sache jamais.

– DSK pourra toujours parler de rapport consenti, personnellement je resterai toujours très dubitative. Quelle marge de manoeuvre peut avoir une employée noire vivant précairement aux Etats-Unis face à un magnat de la politique internationale ? Même si elle s'était pliée de bonne grâce à ses demandes, est-il possible de savoir si elle ne l'a pas fait par peur de représailles en cas de refus ? Je ne suis pas mère morale, je ne suis pas naïve au point de réclamer pour la France un président fidèle à sa femme (d'autant qu'en la matière les précédents présidents n'ont aucune leçon à donner). Mais savoir que mon président use de sa position pour se taper tout ce qui bouge et de préférence ses subalternes, ça ne me plait qu'à moitié. Par conséquent j'espère bien qu'il ne se présentera pas aux primaires en cas de non lieu avant le 18 juillet.

– J'ai également du mal avec certaines passionarias se réclamant d'un féminisme qui ne me parle pas et qui semblent souhaiter finalement que le viol se soit vraiment déroulé dans les conditions les plus atroces possibles. Tout cela pour alimenter leur discours politique. Je suis du côté des femmes agressées, évidemment. Je ne suis pas néanmoins du côté de la haine des hommes. Et s'il s'avérait, au fil du temps, que rien ne se soit passé comme il l'a été raconté par la victime présumée, je serais assez triste que certaines femmes persistent à défendre leur version à des fins idéologiques.

– S'il s'avère enfin que Nafissatou Diallo a menti sur toute la ligne – je ne sais pas, moi, qu'elle ait pris l'initiative du rapport sexuel, sachant qui était cet homme et prévoyant d'en retirer du fric par la suite – (je ne dis pas que c'est ce qui s'est passé, je dis que c'est un scénario possible), la principale victime dans cette histoire, ça ne sera pas DSK, ni même sa famille. La principale victime, ce sera la prochaine femme agressée. Qui devra porter comme un fardeau ce mensonge et dont la crédibilité sera mise en question. De la même façon qu'aujourd'hui, un enfant qui parle d'agression sexuelle pâtit de ce qui s'est passé à Outreau. Rien que pour cela, cette affaire est un immense merdier.

Je ne sais pas si j'ai été assez claire, j'ai essayé d'être la plus sincère possible. Pour résumer: le fait que la victime présumée ne soit pas ce qu'elle a prétendu être au départ entâche nécessairement sa crédibilité. Ce qui ne fait pas de DSK un innocent. Surtout, pour ma part, je n'ai jamais été strausskhanienne mais le suis encore moins aujourd'hui. Et j'estime que si coucher avec une employée du Sofitel n'est pas un crime en soi, c'est une faute grave pour qui voulait devenir président de la République et savait qu'il serait examiné à la loupe par ses opposants.

Voilà, je me doute que les commentaires iront bon train, dans un sens ou dans un autre. Je compte sur vous pour rester mesurés, sinon je censurerai.

Edit: Ne manquez pas la dernière édition du Delit Maille

Juste avant, bien après…

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Passer deux jours dans une station balnéaire juste avant le top départ des grandes vacances, c'est une expérience très particulière. Bien sûr, certaines familles avaient déjà pris leurs quartiers d'été, avec leurs enfants assez petits pour qu'on leur fasse sécher les derniers jours d'école. Mais les plages et les restaurants étaient encore très clairsemés. Sauf qu'il ne régnait pas comme en septembre cette atmosphère un peu triste, de fin de quelque chose, comme si la joie et l'effervescence n'avaient laissé qu'un vague souvenir.

Là c'était la même langueur que celle d'avant la fête, quand tout est prêt, que les toasts sont tartinés, le champagne au frais et le vin en carafe pour décanter. J'adore ces quelques minutes avant la première sonnerie, la cigarette fumée sur le balcon, un verre à la main, le coeur qui bat un peu plus vite parce qu'on ne sait pas comment la soirée va se dérouler.

Ce juste avant le baiser, juste avant le week-end, juste avant le début du film.

J'ai bien aimé longer la plage près de l'hôtel, toute seule, en imaginant ce que serait cette promenade dans trois jours, quand les vacanciers en auraient pris possession. Il me semblait sentir cette odeur si caractéristique d'ambre solaire mélangée à celle des chichis et de la douche du soir.

Et puis soudain, une tristesse pas désagréable m'est tombée dessus. Je ne suis pas tout de suite arrivée à mettre le doigt sur ce qui me serrait le coeur. J'avais dû voir quelque chose, renifler un parfum, entendre un son familier…

Ce n'est qu'en revenant sur mes pas que j'ai compris. C'était ce couple assis sur ce banc avec un nouveau né minuscule. Zoom arrière, août 2008, le cap d'agde, à quelques encablures du Grau. Même vent un peu chaud, mêmes résidences balnéaires, même promenade le long de la plage. Rose avait alors dix jours, elle était accrochée à mes seins la plupart du temps et lorsqu'elle consentait à s'en détacher, je la baladais sur mon ventre ou dans son landau, sur un chemin semblable à celui que je venais d'emprunter. Le reste de la famille profitait de la plage et moi je savourais ces instants à deux avec cette conscience aigue qu'ils ne reviendraient jamais.

Un ami croisé juste avant notre départ à Paris avait qualifié cet état dans lequel je me trouvais alors de "bonheur fatigué". Rarement expression ne m'a parue si vraie et si douce.

Il y a trois jours, au Grau du Roi, j'aurais donné la balade en catamaran, la chambre 4 étoiles et tout le reste pour éprouver à nouveau même quelques secondes, ce bonheur fatigué.

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Je crois que j'aurai envie jusqu'à la fin de mes jours de promener un nouveau né au bord de la mer. Il y a probablement des femmes qui ferment cette porte sans regret ni remords, la mienne, celle qui mène à la maternité, est de celles dont le chambranle est cassé et qui ne cessent de s'entrouvrir…

Allez, je vous laisse avec quelques photos du Grau du Roi et de la Grande Motte (prises du catamaran), juste avant… ou bien après…

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Dans le genre je craque sur un t-shirt, celui-ci je ne vous dis pas comme il m'a fait de l'oeil. Faut dire qu'il est bien porté par Cécile…

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La belle histoire de Little Marcel (avec du sexe inside)

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Il était une fois une petite boutique de prêt à porter au Grau du Roi, tenue par Eric et Lynda. Un jour, Lynda, jolie femme blonde adepte de l'uniforme jean t-shirt blanc, s'est dit que c'était dommage, tout de même, que dans toutes les collections des marques qu'elle vendait, il n'y ait pas un bête marcel tout con. Alors ni une ni deux, avec son mari, ils font fabriquer une cinquantaine de t-shirts dos nageur. Des noirs et des blancs, sur lesquels ils écrivent "Little Marcel". Genre, "on verra bien et puis si ça ne marche pas, on les filera aux copains".

Le truc c'est que les marcels s'arrachent immédiatement comme des fougasses. Le nom, la forme, le principe du marcel tout con ou tout ça à la fois, le fait est qu'ils ont eu du nez et que les gens ils les attendaient, ces marcels. Même s'ils ne le savaient pas eux mêmes.

Alors Eric et Lynda en ont fait faire d'autres, en couleur. Et puis encore d'autres, à rayures.

 Et puis petit à petit, Little Marcel est devenue une marque de prêt à porter avec, 6 ans plus tard, des corners un peu partout, des points de vente jusqu'en Corée et plus de 40 salariés. Une success story comme je les aime bien, parce que c'est rassurant de constater que parfois, tout peut partir d'une toute petite et minuscule idée un peu folle.

Sauf que là où certains auraient pris le melon, se seraient installés à Los Angeles, parleraient d'eux à la troisième personne et deviendraient les parrains de Joy et Faith Hallyday, les patrons de Little Marcel ont préféré… rester chez eux. Au Grau du Roi, parce que c'est "là que tout a commencé". "C'est là aussi où on est heureux", explique Lynda. Surtout, collection après collection, ils avancent doucement mais sûrement, en bossant, bossant, bossant.

Tout ça, on me l'a donc expliqué pendant ce voyage de presse en Camargue. Un séjour organisé "pour vous montrer l'esprit dans lequel on travaille", nous a-t-on expliqué à notre arrivée. Au départ, mauvaise comme je suis et suspicieuse comme pas deux, je me suis dit "tu parles, ils disent ça mais on me la fait pas " (la fille qui a roulé sa bosse).

Et au final…  pas du tout. On n'a vraiment pas beaucoup parlé de la marque, j'ai dû quasiment tirer les vers du nez de la responsable de communication pour avoir des infos. Et quand est venue l'heure de nous montrer la collection printemps été 2012, on s'est entendues dire que "bon ben voilà, c'est dans cette pièce, vous faites ce que vous voulez, si vous avez envie de jeter un oeil, mais rien d'obligatoire". Un peu plus ils s'excusaient d'oser nous faire perdre notre temps. (c'est pas comme si on avait été invités)

Forcément, vu mon esprit de contradiction j'ai tout regardé, du coup. Et vous imaginez bien qu'il y a quelques modèles que j'ai immédiatement reluqués, notamment la gamme enfant et ces petites robes avec des étoiles. J'ai bien aimé aussi qu'ils essaient de dépasser les rayures du début pour aller vers une mode plus "femme".

Le truc c'est que n'étant pas rédactrice de mode et ne possédant pas forcément un goût toujours très sûr en matière de fringues, je ne vais pas me lancer dans une analyse très poussée de leur style. Je suis sûre que Cécile qui m'accompagnait durant ces deux jours – et avec laquelle on a jacassé comme des pies sans discontinuer – le fera beaucoup mieux que moi.

Moi je peux juste ajouter que j'ai vraiment apprécié la façon dont les créateurs de cette jeune marque conçoivent la vie: "rosé, soleil et famille" sont les mots que j'ai le plus souvent entendus. Et ce n'était pas que des déclarations d'intention. Outre des journalistes, étaient conviés durant ces deux jours les commerciaux et les patrons d'usine. Et pour ceux qui n'avaient pas pu laisser leurs enfants, des nounous avaient été réservées. Ça peut paraitre un peu anecdotique, mais je me dis que c'est ça aussi une entreprise qui prend soin de ses collaborateurs.

Bref à part ça, vingt rédactrices de mode qui se baladent en Camargue, ça donne beaucoup de sandales compensées, énormément de jeans à fines rayures blanches et bleues, très peu de cellulite, une multitude de lunettes king-size, des deux pièces noirs minuscules (la taille des maillots est inversement proportionnelle à celle des lunettes en somme) et une dizaine de panama qui vont bien.

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Avec au milieu une fille pas très bien dans ses ballerines, serrée dans son short en jean et réalisant que l'habit fait tout de même souvent le moine. Mais qu'on se rassure, il n'a pas fallu beaucoup de verres de rosé à la godiche en question pour danser sur JobiJoba sur deux planches de bois à la fin d'un repas servi dans une manade. Et encore moins pour réaliser que ces filles presque parfaites n'étaient pas trop les dernières non plus pour aller shaker leur booty au son des guitares.

Il faut dire que ces hommes sur leurs chevaux avec tous leurs taureaux, ça dégageait une quantité de testostérone. Un coup à tomber en cloque rien qu'à les regarder.

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(et là c'était la fin) (imagine)

Le rapport avec jobijoba ? Je ne sais pas bien en fait. Ou si.

Voilà, je vous laisse avec quelques photos de ce coin merveilleux, d'autant plus qu'il n'était pas encore envahi par les hordes de touristes. Et je dis un grand merci à Elise, Anne, Belinda et Linda.

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(on aura compris que j'avais le seul maillot une pièce de couleur)

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(rahhhh, la robe à étoiles) (monomaniaque)

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"très isabelle", j'ai entendu (comprendre "esprit Isabelle Marrant")

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(oui bon ben après les étoiles ce que j'adore moi ce sont les marinières dans des cotons tellement fins qu'on croirait qu'on va les déchirer) (et aussi que tu les as achetés il y a douze ans) (alors que tu viens de lâcher une blinde pour une fringue qui a l'air d'avoir été passée à l'acide) (mais c'est ça qui te plait)

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J'ai mis un short. (tu as vu ?)

Call me Anna Wintour

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A l'heure où vous me lirez je serai dans un train en direction de Montpellier. Un saut de puce dans l'Hérault pour un voyage de presse impromptu. Whoo la guigne… Pas facile la vie.

Allez-y, jetez moi des pierres. D'autant que j'ai eu oui dire que je serais bien logée et que dans ce périple de bagnards une excursion en catamaran est prévue.

Juste après le défilé de mode.

Ah j'ai pas dit ? Je suis invitée à un défilé de mode.

Call me Garance Doré, ayé, j'y suis, I'm in the place, les enfants. Front raw, photo call et catwalk. Autant vous le dire franchement: je ne me sens plus péter.

En plus, j'ai envie d'un headband. Si ce n'est pas la preuve que je suis en train de me transformer en blogueuse de mode, que je sois pendue. Mais avec un headband.

Shourouk, le headband. Merci. Si y'a pas je prends le collier oiseau.

A part ça, je vous laisse avec deux liens chaudement – très chaudement – recommandables. Le premier vous mène à Zone Zérogêne, le site géré par Gaëlle-Marie. Elle y a notamment écrit un billet sur pourquoi et quand dire non à son gynéco. Je le trouve plein de bon sens et d'utilité publique. 

Le deuxième concerne un site de jolis gâteaux et de déco. Il s'appelle Griottes. Déjà j'aime le nom. Et puis surtout, quand je le regarde, bien qu'étant au bords des larmes parce que JAMAIS mon intérieur ne ressemblera au sien NI mes oeuvres culinaires d'ailleurs, j'ai systématiquement envie de bouffer mon écran. Seigneur, ces mini macarons avec des fraises et de la chantilly dedans. Seigneur. Allez-y, c'est vraiment chouette, en plus c'est bien écrit et tout et tout.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Ah si. Il est tout à fait possible que je ne sois finalement pas partie pour mon défilé. Il faudrait pour cela qu'on soit parvenu à me décoller de mon canapé. Avec les 38 degrés d'hier je me suis comme qui dirait échouée comme un gros cétacé sur mon sofa et je crains que mon épiderme et le velours n'aient fait plus qu'un. C'est ce qu'il y a de bien avec cette histoire de réchauffement climatique. Un jour d'été et tu pries déjà pour que ce soit l'hiver.

Edit: Par contre l'office du tourisme de Namibie ne m'a toujours pas envoyé mes billets pour que j'aille shooter l'air de rien deux trois paysages idylliques, histoire de vous influencer. C'est abusé.

 

Des super héros et d’autres choses

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Samedi, on est allés voir "X Men, first class" avec le churros et le machin.

A la sortie, j'ai eu droit à l'habituel décryptage du film. Sachant que père et fils ont bac + 12 en super-héros. S'il est un dieu que le churros vénère, c'est Marvel et pas un autre.

Dire qu'ils étaient enthousiastes est un euphémisme. C'était à celui qui trouverait le plus de superlatifs pour décrire ce chef d'oeuvre qu'on venait de regarder. Le machin était comme possédé et marchait bizarrement "je ne sens plus mes jambes en fait, j'étais trop dans l'histoire" (= il avait grave flippé et s'était tellement contracté qu'il avait perdu la sensibilité de ses pieds).

Bref, contents et satisfaits, mes hommes. A un détail près.

"J'ai quand même noté une petite incohérence: à un moment, Magneto brise le cou d'Emma Frost avec des chaines en métal alors qu'elle s'est transformée en diamant. Or tout le monde sait bien que le diamant ne se taille qu'avec du diamant."

Approbation du machin qui avait bien sûr relevé ce fail scénaristique.

"Heu, en même temps, pardon les gars, hein, mais le film est un tout petit peu cousu d'improbable. Le fait que Magneto parvienne à extraire des fonds un sous-marin de 18 000 tonnes et à l'envoyer s'exploser sur une plage cubaine par la force de son esprit, dans le genre n'importe quoi, ça m'a limite plus étonnée que ton truc de diamants…"

Echange de regards consternés des deux experts et soupirs suitant le mépris.

"Rien à voir, tu n'y es pas du tout. Il avait tout simplement trouvé le point médian entre colère et sérénité et son pouvoir était donc à son apogée", m'a répondu le machin, avec une condescendance qui m'a donné envie de lui faire bouffer son jogging. "Evidemment ! ÇA c'était cohérent", a renchéri le churros, fort de son doctorat es comics.

Evidemment. Je suis con moi parfois.

A part ça hier il faisait 50° à Paris et nous avons fait preuve d'une originalité folle en allant chercher un peu de fraicheur au parc Montsouris. Malgré la foule et la cagna, c'était bon, comme un avant goût de vacances, grâce à la buvette, sa terrasse et son orgue de Barbarie. Un peu plus loin, sous le kiosque à musique, un orchestre à mille cordes chantait l'amour. Un tour de manège puis de poney, un caprice plus tard parce que même deux ça n'est pas assez, nous sommes repartis en longeant la merveilleuse cité universitaire internationale qui me fait penser à chaque fois que nous sommes quelque part dans un campus anglais. Le bonheur à pas cher, en somme.

Edit: Un coucou à la jeune femme de la Fnac, qui, non, ne me dérangeait pas, et à celle du parc Montsouris qui m'a saluée et gratifiée d'un grand sourire auquel j'ai répondu rapidement, j'étais de poney, voyez-vous… Et aussi, avec une semaine de retard, un clin d'oeil à Caroline de la gare de Bercy, qui, la pauvre, a supporté notre bruyante équipée tout le voyage, de Paris à Clermont, ou presque. En même temps, au retour cela fut dix fois pire…

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Une famille unie. Ou presque

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Billet pas moins décousu aujourd'hui, j'ai passé une bonne partie de mon après-midi d'hier à inscrire mes enfants au collège. Je ne saurais expliquer le stress dans lequel me mettent 56 formulaires x 2 à remplir, avec à chaque fois des questions ultra existentielles comme celles du nom que je mets en ce qui me concerne – sachant que je jongle déjà au quotidien entre mon patronyme officiel et mon pseudo.

J'ai en effet gardé mon nom de jeune fille au grand dam de mon époux. Je ne me vois pas m'appeller madame churros. De 1) c'est ridicule, de 2), madame churros pour moi c'est ma belle mère. Seulement dès qu'on entre dans les méandres de l'éducation nationale, il ne faut pas s'illusionner, être un tantinet attachée à sa propre identité nuit à la fluidité du quotidien (= pour l'école je suis madame churros) (pour le médecin aussi) (pour les activités extra-scolaires également). (pour ma gynéco par contre, non).

On rajoute à ça cette particularité gemelesque qui complique absolument tout et mon incapacité à écrire correctement dans les cases de l'administration et on a à la fin des gribouillis informes et des informations erronnées sur un questionnaire sur deux ("et merde, j'ai mis le numéro de mon ancien boulot et c'est du stylo". "Aïe, ils ne sont pas nés à Toulon, c'est moi". "C'est ma date de naissance qu'ils veulent là ou la leur ? Département de naissance… Je mets 75 et puis c'est marre. Ah. En dessous ils demandent le code du département. Donc au dessus fallait écrire le nom en toute lettres. Fuck. Non, Fuck ça ne rentre pas")

Bien évidemment en prime, mes dossiers n'étaient pas complets. Je n'avais pas le numéro de sécu du churros, or les enfants sont sur SA sécu. Je n'avais pas vraiment non plus – pas du tout en réalité – l'attestation CAF pour le tarif de la cantine.

Quant aux dates des vaccins, je ne vais pas y aller par quatre chemins, j'ai carrément inventé. Parce que bien que munie de la photocopie des carnets de santé, j'ai été bien incapable de déchiffrer mon honorable médecin – je ne veux pas imaginer la gueule des fiches d'inscription en 6è de ses propres gamins – et quelque chose m'a dit en outre que la date du dernier rappel DT Polio – aux alentours de 2002 – n'allait pas faire marrer l'infirmière scolaire.

J'ai donc inventé, honteusement. Il me fallait déjà avouer l'omission de la CAF et du numéro de sécu, c'en était trop d'admettre que si mes enfants venaient à malencontreusement marcher sur une vieille punaise, ils se retrouveraient paralysés en moins de dix secondes, rapport à l'ancienneté du dernier vaccin – dont je ne suis même pas convaincue qu'il ait existé.

Dire que mon estime de moi même au niveau de tout ce qui est maternité ne s'en est pas trouvée grandie est bien en deça de la réalité.

Résultat, histoire de me défouler, j'ai pourri le churros ou du moins sa messagerie. Quatre coups de fils en une heure avec l'espoir qu'il daignerait décrocher pour me cracher son numéro de sécu. Ça m'aurait fait ça en moins à mon actif. Que dalle.

Du coup ça a donné ça.

– 13h45: Salut c'est moi, je suis en train de remplir les formulaires, là, et c'est tout con, j'ai oublié de prendre ton numéro de sécu, c'est de ma faute, désolée. Tu me rappelles ? J'en ai pour douze heures de toutes façons, j'ai tellement écrit notre numéro de téléphone que je ne suis plus tout à fait sûre que ce soit le bon. Gros poutous.

– 14h15: Dis, j'ai bien avancé, là, mais ton numéro de sécu, je ne vais pas l'inventer, j'ai déjà pas mal mythonné à vrai dire (les vaccins, je te raconterai, ils sont paranos dans cette école) mais je me vois mal improviser sur ton numéro de sécu. Merci, à plus.

– 15h12: Heu, je te préviens que si je viens de me cogner 312 formulaires à la con pour rien, tout ça parce que tu n'as pas DAIGNÉ me laisser les infos nécessaires avant de partir et que je suis manifestement QUANTITÉ NEGLIGEABLE vu ton empressement à décrocher ton PUTAIN de téléphone, tu peux te brosser pour que je me retape la queue lundi. Limite on pourrait penser que c'est normal, hein. Mon boulot tu t'en fous, en fait. Si j'avais su que je signais pour faire la bonne, j'aurais réfléchi à deux fois. Bye.

– 15h45: Encore moi. C'était juste pour te dire qu'à la case "représentant légal", j'ai barré ton nom. J'ai également coché "vit avec sa mère" pour la situation familiale. N'y vois rien de personnel, c'est pour gagner du temps pour l'inscription de l'année prochaine.

– 15h48: Juste, si j'étais à l'hosto, là, ce serait même tarif, je pourrais CREVER – ou un de tes enfants, tu sais ceux qui sont sur TA SECU ?

A 16h13, il m'a rappelée, il était dans une salle qui ne captait pas. Tout miel. Il n'avait pas eu mes messages. J'étais tellement contente d'avoir finalement réussi à fourguer tous mes papiers et n'avoir écopé que d'un gros soupir pour la CAF – merci à la dame devant moi qui n'avait ni photos, ni photocopie du livret de famille et qui n'avait pas l'air convaincue d'avoir un enfant -, que j'ai été toute guillerette. Genre "c'est pas grave".

Bon, depuis il a écouté mes messages.

Voilà, sinon je suis à la recherche d'un ingénieur en logistique.

Pour la liste des fournitures.

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Là j'avoue, je ne pense pas pouvoir relever le challenge.

Edit: La charlotte orange – chocolat, la recette elle est chez Zaz. Une tuerie super facile à faire. Juste, Zaz ne le précise pas mais il faut faire prendre la mousse au choc avant de monter le gâteau.

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Elle était super bien montée, non ?

Un rouge pupute et ça repart

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Un peu fatiguée ces derniers jours, inquiète pour une personne que j'aime, légèrement débordée et censée m'occuper des procédures d'inscription diverses et variées à l'école, au tennis, à la colo et j'en passe. Je sens que la chérie va se retrouver à l'escalade et le machin au modern jazz. Tant que Rose n'apparait pas sur les listes d'admission en 6e, tout ira bien.

Par conséquent, un billet sans queue ni tête, à l'image de mon état d'esprit, on s'en excuse. On étant un con, hélas.

– Soit je suis en train de devenir malgré moi une adepte de la décroissance, soit je suis en pré-dépression, mais je n'ai aucune envie de dépenser un centime pour ces soldes, alors même que ma penderie est en souffrance de tenues d'été. Je ne rêve en réalité que d'une seule robe, vue sur ma copine L. à mon anniversaire, une tuerie marine à pois blancs avec dentelle noire dans le dos, cintrée à la taille et évasée comme celles des bombasses de Mad Men. Marque "Ange ou Scarlett Roos", m'a dit ma copine. Pfff, c'est vague. Avis de recherche, en somme.

– Je suis tombée à pieds joints dans une nouvelle série, après avoir fait genre ici que franchement, c'était terminé cette fuite fictionnelle addictive. Il s'agit de The Wire. Au fil des saisons (j'en ai déjà avalé presque trois), sur fond d'enquêtes policières, se dessine un portrait en creux de la ville de Baltimore au début des années 2000. Où l'on découvre la misère de cette métropole américaine gangrénée par le trafic de drogue et la corruption. C'est intelligent, brillant, même, les acteurs sont géniaux et on apprend plein de choses. Il faut s'accrocher un peu par moment, c'est en effet parfois plus proche du documentaire que de la fiction. Mais ils sont forts ces ricains, décidément.

– Je maintiens mon avis bof bof sur le Vargas, toujours pas terminé alors que je suis du genre à bouffer les livres qui me plaisent avec autant de rapidité qu'une barre de chocola Milka. Au lait.

– Je rêve de la possibilité d'une plage et du bruit du ressac.

Le machin est parait-il amoureux. "Il s'y prend mal, t'as pas idée", m'a glissé sa soeur, jamais avare d'une médisance (c'est à nouveau ma préférée).

– Pour l'anniversaire du churros, je lui ai préparé une tortilla, des poivrons marinés et une charlotte orange chocolat.

– Christine Boutin va se présenter à l'élection présidentielle de 2012. C'est pas qu'elle en ait envie, hein. C'est que l'état de la France l'y oblige.

– Je n'arrive pas à trouver quelque chose de drôle à dire au sujet de Christine Boutin qui va se présenter à la présidentielle de 2012. Elle a mis la barre trop haut en fait.

– Je kiffe à mort l'eau de mousse nettoyante micellaire pour le visage aux trois roses de chez Nuxe. Ça me fascine cette texture mousseuse (d'où le nom, en même temps, hein) avant même qu'on l'émulsionne. Et puis ça sent bon et ça laisse ma peau douce. Et je l'ai achetée, au cas où vous vous le demanderiez.

– J'ai acheté aussi un nouveau vernis Mavala, "french cancan". C'est un vrai rouge qui claque, j'adore. Ainsi qu'un rouge à lèvres coco chanel, "Scarlett".

– Je ne suis pas encore totalement dans la décroissance à bien y réfléchir.

– Je suis au taquet pour tout ce qui est propositions de voyages, je prends tout, la Creuse, le Val de Marne et même les Seychelles. Si on insiste.

– Rose va rentrer à l'école en septembre. Et mes grands en 6e. Et j'ai eu trente-dix ans.

Je vais bien, tout va bien. La preuve, je mets du rouge pupute partout.

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T'as vu, j'ai aucune ride. Je veux épouser Toycamera.

Happy birthday, El Churros

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15 ans d'amour et son anniversaire qui tombe en même temps. Enfin, moi je date de ce jour là le début de notre relation, parce que le premier mois fut un peu cahotique. Monsieur sortait d'une histoire difficile, il n'était "pas certain de vouloir s'engager" (= si tu m'envoies un micro signe qui pourrait me laisser imaginer que tu vas t'installer chez moi, je déménage et je change d'identité). On a cassé, donc, et puis à grands renforts de stratagèmes grossiers ("Allo, je sais que c'est terminé, mais j'ai 'oublié' une bague chez toi, j'y tiens à mort, elle appartenait à mon arrière-grand mère qui la tenait elle même de son aïeule (cadeau Blancheporte, 1992) on se retrouve ce soir, tu me la rends et adios, ok ?"), je suis parvenue à le récupérer in extremis. (apparté: merci mère nature d'avoir fait les garçons un peu cons)

S'en est suivie une quinzaine de jours pendant lesquels on était ensemble, d'accord, mais on le garde pour nous. "Mais tu viens tout de même à ma fête d'annif, juste pour l'instant je préfère que mes amis ne sachent pas, trop compliqué avec mon ex".

Et moi, partagée entre l'envie de l'envoyer chier une bonne fois pour toutes – être la fille qu'on cache, mon ego ne s'en remettait pas trop – et celle d'écouter cette petite voix qui me murmurait qu'il y avait moyen de faire un bout de chemin avec ce garçon aux cheveux longs, j'ai finalement rappliqué à sa sauterie.

Je me souviens de cette première partie de soirée à se reluquer, à se frôler, tout en prenant garde à ne pas se faire pincer.

Et puis sur les coups de minuit, dans ce studio où la fête battait son plein, alors que j'étais plantée au beau milieu de ses copains, El Churros m'a roulé le plus long patin de l'histoire du patin.

Voilà pourquoi je date nos débuts de ce moment là. Aussi parce qu'en vérité, je ne suis pas sûre du jour où on s'est embrassés pour la première fois. Mais ça, merci de le garder pour vous, ça fait quinze ans que je le pourris parce qu'il est infichu de s'en souvenir, alors que moi, bien sûr, je SAIS.

Bon anniversaire, Churros chéri.

"Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? Maintenant ? On voyage…"

Il reste des portes à ouvrir

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Ces derniers temps, j'apprends. J'apprends une autre forme d'écriture, pour un projet dont je ne sais pas vraiment s'il se concrétisera un jour mais qui m'accompagne depuis un bon bout de temps déjà et qui me tient pas mal à coeur.

Je ne suis pas seule sur ce coup là, il y a une belle personne, "tombée" – du ciel – sur ce blog par hasard, qui m'accompagne, me porte même parfois et qui, je crois, y croit.

La preuve en est qu'elle m'a permis de travailler à cette écriture différente avec une personne dont c'est le métier. Et cette dernière m'apprend, donc. On ne se voit pas beaucoup, mais nos deux trois séances ont été plus profitables que n'importe quel cours magistral.

Quand je suis ressortie la dernière fois d'une de ces sessions studieuses, je me suis sentie comme nourrie. J'avais, il me semblait, compris des choses, ouvert des portes de mon esprit, structuré des idées.

Au delà de mon espoir infini que ce projet puisse voir le jour, je suis surtout ravie de cette opportunité qui m'est offerte d'explorer ces terres inconnues.

Heureuse aussi d'avoir l'occasion de bosser ces derniers temps – qu'il s'agisse de ce dossier classé top secret ou de mes collaborations journalistiques – pour des personnes inspirantes que j'ai envie… d'épater.

J'ai bien conscience de ce que cela peut révéler de mon côté "petite fille qui veut plaire à la maitresse", mais j'ai toujours eu besoin de me trouver des mentors. A l'école et à l'université comme au boulot. Quitte à les idéaliser d'ailleurs. Ou pas. Ceux qui ont joué ce rôle depuis 15 ans que je bosse ont en effet rarement dégringolé de mon panthéon personnel, alors que ceux avec lesquels j'ai dans l'instant su que ça ne collerait pas, n'ont jamais gagné ma considération.

L'idée du billet, au cas où ça n'était pas clair, c'était de me réjouir qu'à 40 ans on puisse encore éprouver cette vertigineuse sensation de bénéficier d'une certaine marge de progression. Je découvre probablement le fil à couper l'eau tiède mais il se trouve que je n'en étais pas certaine jusque récemment.