Le mur du con

Gaddafi
J'avais envie d'écrire un up and down. Je vous aurais parlé de ce foulard merveilleux acheté pour trois francs six sous chez H&M (avec pour l'accompagner un blouson en skaï à capuche à mourir et un jean qui me fait un cul pas dégueu). J'aurais vanté les mérites de ce produit magique de chez Mavala qui fait sécher les ongles en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Je vous aurais confié mon addiction totale aux bagels avocat/turkey/saint moret en cette semaine child free. J'aurais mis un gros down à cette météo de merde qui m'enlève tout courage pour aller courir (j'déconne). J'aurais glosé sur ce pauvre Polnareff dont le message sur facebook annonçant que son fils n'était pas le sien était si pathétique que 98% des internautes étaient prêts à jurer que c'était un fake. Le message, pas le fils. J'aurais enfin mis sur la table un sujet de première importance: les bonbons Arlequins si déicieux mais qui niquent le palais et me collent des aphtes.

On aurait souri (un peu), pleuré (sûrement), fait des oooh et des aaaaah d'émerveillement et on se serait souhaité une bonne journée.

Sauf que je n'y suis pas arrivée, à le rédiger correctement, ce billet.

Parce que je ne parviens pas à caser au milieu de ces légèretés le seul énorme down qui me semble compter cette semaine.

Je veux parler bien évidemment des massacres affreux perpétrés en Libye. Par celui, qui, il y a trois ans encore était l'ami de notre président (attends, vous avez vu cette poignée de main chaleureuse ? On sent presque une tension sexuelle que c'en est gênant).

Cet étron qui appelle le mari de MAM, accessoirement ministre lui aussi, "mon frère". Ce malade mental dont le visage est plus tiré qu'un string, à qui notre grand homme d'Etat de président avait offert en 2007 une petite balade romantique sur la Seine en bâteau mouche, fermant pour ce faire tous les ponts de la capitale. Ce tyran qui soit-disant avait tourné la page du terrorisme ("ayé, je ne mets plus de bombes dans les avions, vous revenez jouer avec moi, mes potos ?") et qui allait permettre à la France de se relever de la crise grâce à tous les rafales qu'il allait nous acheter. Cet homme plus innocent que l'agneau qui vient de naitre auquel la France allait aussi vendre deux ou trois réacteurs nucléaires (civils, hein, bien sûr) (aie confiaaaaance).

Oui, Kadhafi, donc, qu'on a reçu en grande pompe chez nous quelques mois après la sauterie du Fouquets est aujourd'hui l'homme à abattre. Nicolas Sarkozy l'a annoncé hier: il veut que TOUTE L'EUROPE (pas que la France, hein sinon c'est pas du jeu, faut qu'on s'y mette tous, il a dit, le roi du G20) cesse immédiatement toute relation diplomatique et économique avec ce chien. Moi sur le principe, bien sûr, je ne suis pas contre. Voire je plussoie.

Mais franchement, ça ne passe pas.

Je veux dire, comment peut-on être à ce point cynique ? Comment peut-on continuer à affirmer sans ciller tout et son contraire de la sorte ? N'y a-t-il pas un moment où il faut rendre des comptes ? N'avons nous pas notre mot à dire dans la façon dont ce gouvernement et ses sbires souillent notre image à nous, citoyens, pas parfaits, pas toujours honnêtes, mais qui n'avons JAMAIS demandé à ce que cet être immonde vienne planter sa tente dans la cour de l'hôtel Marigny ? Ni voulu que notre bécassine de ministre des affaires étrangères propose ses bons services pour former dans l'urgence au maniement du taser les policiers de Ben Ali ?

A quel moment nos dirigeants devront se justifier et s'amender ? Aura-t-on la chance un jour d'en entendre un s'excuser ?

Jamais, je le crains.

Quand le temps sera venu, on nous démontrera qu'ils sont devenus vieux et séniles et qu'il faut laisser les personnes âgées tranquilles. Si ça se trouve, on sera 62% à les trouver sympathiques, maintenant qu'ils sont tout juste bons à boire une demi-corona au salon de l'agriculture en tapant le cul des vaches.

Ce n'est même pas un grand cri, aujourd'hui, que je pousse, c'est à peine un soupir. Mon souffle est court devant tant d'indécence.

Salam.

Le fils, de Michel Rostain

Rostain

Bon autant vous dire qu'après celui-ci, je fais une pause au niveau des bouquins qui racontent le deuil d'un enfant. Ce n'est pas que je n'aime pas, ne nous méprenons pas, mais on ne sort pas indemne de ces récits.

Je ne l'aurais pas acheté, je crois.

Il s'est trouvé que par un hasard comme la vie aime à en offrir parfois, j'ai croisé l'auteur brièvement il y a quelques jours. J'avais rendez-vous avec son éditeur et il en sortait.

On ne s'excite pas, cette entrevue ne signifie rien pour l'instant, une porte qui s'entrouvre à peine, on va dire que j'y ai mis le bout de ma chaussure pour qu'elle ne se referme pas mais on est loin du compte.

Mais le sujet n'est pas là.

J'ai croisé Michel Rostain, donc, et il y a fort à parier que si vous le lui disiez – qu'on s'est vus – il ne saurait pas de quoi ou qui vous lui parlez. Moi oui, évidemment, c'est à cela d'ailleurs qu'on voit que lui a plus que le pied dans le chambranle de la porte. Je l'ai remarqué, lui, sûrement pas. Je ne l'ai pas vraiment reconnu et pour cause, ce n'est pas une célébrité, je crois que c'est son premier livre. Mais il est de ces hommes dont l'extrème douceur laisse comme une empreinte dans la pièce qu'ils quittent. Il a un physique d'alpiniste, j'ai pensé. Ensuite, j'ai vu la pile de bouquins sur le bureau de l'éditeur, dont un était retourné, et il y avait sa photo. A ce moment là, précisément, on peut dire que je l'ai reconnu.

C'est donc lui qui a écrit "Le fils". Dont j'avais lu une critique élogieuse je ne sais plus où.

A la fin de mon très bref entretien, l'éditeur m'en a tendu un exemplaire: "vous vous êtes croisés à l'instant (j'ai pas dit que je savais, je ne voulais pas couper son effet) lisez-le, c'est de l'autofiction, un genre qui apparemment vous parle" (oui bon ben je lui avais comme qui dirait vendu ma soupe).

Je l'ai glissé dans mon sac et lundi, en revenant de Lyon, me faisant la réflexion que mon Mulberry-darling était bien lourd, je me suis rappelé qu'il était lesté du Fils.

Alors je me suis plongée dedans et le temps d'un Perrache – Gare de Lyon, j'avais la confirmation que cet homme était en effet une belle personne ET un écrivain.

Le temps aussi de verser toutes les larmes de mon corps (elles ne sont pas chères en ce moment, je confesse avoir pleuré comme une collégienne devant un téléfilm avec Lorie – oui – il y a trois jours ET en écoutant à la radio dans la voiture de mon père la descente de Jean-Baptiste Grange).

Michel Rostain avait un fils, donc, mort il y a six ans d'une méningite foudroyante à l'âge de 21 ans. Il raconte cette histoire, mais en se mettant à la place de Lion, le fils. Lion, donc, parle de la façon dont son père découvre que désormais, il pleurera tous les jours ou presque, plusieurs fois. Lion se moque de son père et l'admoneste gentiment quand ce dernier fouille dans la mémoire de son téléphone pour y lire les SMS qu'il envoyait à son amoureuse. Comme si ces quelques mots pouvaient l'aider à supporter l'insupportable. Lion décrit son enterrement épique, organisé par ses parents metteurs en scène tous deux. Lion fait le récit rocambolesque de la dispersion de ses cendres en Islande, dans le cratère de ce volcan au nom imprononçable qui, cinq ans après, paralysera le traffic aérien du monde entier, pour la plus grande joie de ses parents, convaincus que c'est un peu de lui qui jaillit dans le ciel.

Il y a des passages abominables, des descriptions à la limite de l'insoutenable du corps de Lion criblé de taches noires (la méningite fait exploser les vaisseaux sanguins). Et il y a des moments de grace, ou l'on rit avec Lion des délires de son père, de son extravagance dans le deuil. Je vous invite à le lire parce qu'au même titre que l'ouvrage d'Anne-Marie Revol, l'auteur fait passer un message essentiel: on peut vivre avec ça. Même si "ça" est affreux.

Aimez la vie, la vie est monstrueuse, dit Anne-Marie Revol. "Vive la vie", hurle Michel Rostain en sortant de la morgue.

Bonne journée.

La bohême

Papamaman
J'aime l'idée d'être la fille de ce couple de gamins qui rient dans un resto après probablement quelques verres en trop.

J'ai toujours vu cette photo dans la chambre de mes parents. Elle a été prise je crois lors d'une randonnée qu'ils avaient faite avec leurs copains entre Gap et Nice. Ça je peux vous assurer qu'on en a entendu parler, de ce périple, des squats dans les églises pour dormir et des soirées arrosées. A tel point que je rêvais moi aussi un jour de faire un "Gap-Nice".

Après j'ai expérimenté UNE fois une nuit en refuge et le calvaire pour y grimper et j'ai laissé tomber l'idée. Mes copains également. Enfin, eux ils n'ont pas laissé tomber l'idée de la ballade, ils m'ont laissée tomber moi. Vous voyez Karine Viard dans les randonneurs ? Et bien vous êtes loin du compte.

Bref.

J'ai toujours vu cette photo, donc, et l'ai toujours adorée. Même si petite, je ne pouvais pas croire qu'elle ait été prise AVANT moi.

Je veux dire, donc, mon papa et ma maman existaient AVANT moi ?

J'étais déjà très autocentrée, en somme.

Depuis, bien sûr, mes parents ont changé.

Ma mère est blonde, par exemple.

Je ne vous la montrerai pas, elle était déjà limite d'accord pour que j'expose cette preuve manifeste qu'à 20 ans ils ne buvaient pas que du schweppes. "A la place tu n'as qu'à mettre la photo de ma pièce montée de meringues de nos 40 ans de mariage avec les vieux santons dessus", m'a-t-elle dit. Alors la voilà. Mais franchement en vrai ils sont toujours aussi beaux.

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Et ils ne boivent toujours pas que du Schweppes.

La lettre aux petits pois

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En deuxième année de SciencesPo, à Grenoble, j'avais envoyé une candidature pour un stage aux "Cahiers du cinéma". A l'époque, j'étais amoureuse d'un garçon très cinéphile. Avec lui j'écumais les CNP lyonnais, salles de cinoches subventionnées qui ne passaient que des films coréens sous-titrés en japonais. Quand il y avait un Godard, on trouvait ça d'un commercial.

A la vérité, parfois j'allais mater en cachette "l'Arme fatale" au Pathé mais j'aurais préféré me faire lapider en place publique plutôt que d'avouer que j'avais aimé un film américain en VF (honte). Il faut dire que notre blague favorite, à ce garçon et moi, était de lancer en public à de pauvres innocents – dont les 3/4 ne percevaient pas la dimension sarcastique de l'allusion - "tiens je t'ai vu, mercredi, dans la file d'attente du Lelouch." L'insulte. On était vraiment sympas.

Sauf qu'une fois il m'avait VRAIMENT choppée devant l'UGC avec mon ticket pour "Itinéraire d'un enfant gâté". Il avait mis trois jours à me reparler et je pense qu'encore aujourd'hui il me méprise un peu.

Tout ça pour dire que ce stage aux Cahiers du cinéma, c'était probablement pour l'impressionner. Mais pas que. Même si je ne comprenais pas toujours les critiques de Serge Toubiana et ses copains, j'avais cette sensation de toucher du doigt l'érudition en les lisant. Les photos, en plus, étaient tellement belles, leurs couvertures, surtout, que je découpais pour les afficher dans ma chambre d'étudiante.

Et puis avoir pour travail de regarder des films pour écrire ensuite dessus, sans rire, est-ce que ça existait vraiment ?

J'avais donc envoyé début janvier cette lettre très naïve dans laquelle je confiais ma vénération pour "All about Eve" et l'adoration que je vouais à Jacques Demy. Ma colocataire l'avait relue, m'assurant qu'elle était parfaite. Je lui avais fait confiance, elle était sur pas mal de point bien plus mure que moi (elle se tapait un architecte de 40 ans aux cheveux poivre et sels) (ce qui n'avait pas grand chose à voir avec la recherche d'un stage mais qui la propulsait directement au summum de la coolitude).

Les semaines passèrent et la boîte aux lettres restait définitivement vide. Je finis par faire mon deuil de cette carrière avortée, n'imaginant même pas deux secondes les appeler pour tenter de les convaincre (tout ce qui est vélléités ET timidité…).

Je n'y pensais presque plus, quand, un jour de juin et de disette dans le frigo, j'entrepris de me faire cuire une boite de petits-pois rescapée au fond du placard.

C'est là que je la vis. L'enveloppe était apparemment cachetée mais en y regardant de plus près, il était probable qu'elle ait été ouverte. Ou pas. Le cachet de la poste indiquait qu'elle avait été envoyée en février. Expéditeur: "Les cahiers du cinéma". A l'intérieur, une lettre de quelques mots, qui, s'ils avaient été lus trois mois plus tôt auraient sinon changé ma vie, au moins l'été qui s'annonçait:

"Mademoiselle, nous avons reçu votre candidature et bien que ne prenant que rarement des stagiaires, nous ne pouvons imaginer passer à côté d'une fan de Mankiewicz. Nous vous proposons par conséquent de démarrer le 1er juillet pour une durée de deux mois".

Difficile encore aujourd'hui d'exprimer tous les sentiments par lesquels je suis passée en quelques secondes. La joie, tout d'abord, de constater que j'avais touché juste. L'étonnement, ensuite, de ce drôle d'endroit dans lequel sommeillait cette lettre depuis… douze semaines. La prise de conscience, enfin, (je suis longue à la détente et l'étais déjà) que douze semaines justement c'était long et que depuis, ils avaient du prendre une autre cinéphile en herbe dont les missives ne se planquaient pas sous les boites de petits pois.

La colère est venue plus tard. Quand il est apparu évident que cette enveloppe n'avait pas pu se retrouver là par hasard et que malveillance il y avait sans doute eu. Colère transformée en rancoeur à vie quand, après avoir passé un coup de fil sans trop d'espoir, l'assistante du redacteur en chef me confirma qu'en l'absence de réponse de ma part, ils avaient finalement choisi un autre candidat.

Ma colocataire n'a jamais voulu admettre son méfait. Ses dénégations étaient d'ailleurs empreintes d'une telle indignation que je finis par la croire, dirigeant mes soupçons sur son mec (pas l'architecte, le régulier, qui me haissait cordialement, probablement parce qu'il avait fini par comprendre que je couvrais son infidèle de copine dès que cette dernière retrouvait Richard Gere).

Sans surprise, il nia lui aussi et je finis par lâcher l'affaire.

Pas ma mère qui, je le sus bien plus tard, fit le siège du standard des "Cahiers" pour les supplier de me prendre. L'injustice de la situation la rendait dingue (faut pas la chercher). Mais même l'énergie du désespoir qu'elle déploya n'y changea rien (ou peut-être que si, à savoir que mon nom fut probablement mis sur la liste noire des personnes à éviter à tout prix).

Cet été là, j'ai fait mon stage à feu TV5 Europe, pistonnée par un vague cousin de mon père. Je n'avais absolument rien à faire sinon trier les archives dudit cousin. Il faut dire que la chaine à l'époque ne produisait qu'un pauvre bulletin météo, le reste de ses programmes consistant à rediffuser les émissions de France 2 et France 3.

Parfois, je me demande si ma vie aurait été différente si ce jour de mars j'étais allée chercher le courrier. Peut-être que oui, peut-être que non. Sans doute aurais-je trouvé tous ces cinéphiles bien barbants, sans doute aurais-je fait des photocopies comme n'importe quelle stagiaire en 2ème année d'IEP.

Ou pas…

Big up pour BigBeauty

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Quand je pense que j'avais imaginé avoir plus de temps pour ce blog une fois libérée de mes obligations. C'était sans compter toutes ces séries, aussi.

Non, sans blague, c'est vrai que ces deux dernières semaines ont été finalement bien chargées, j'avais définitivement dit oui à trop de gens en même temps.

Du coup, je suis crevée.

Et non, il ne faut voir ici aucune suggestion salace sur une quelconque partouze qui m'aurait laissée sur le carreau.

Bref, ce rythme à trouver, je le cherche, il y a des jours avec et des jours sans et je commence petit à petit à m'habituer à l'idée que tant que je resterai indépendante, c'est le mieux que je puisse espérer (le pire étant qu'il n'y ait que des jours sans, je veux dire).

Voilà, ce n'est donc pas pour aujourd'hui, ce long billet hilarant et/ou poignant. Mais je voulais malgré tout vous faire partager cette réflexion.

Il y a deux jours, Stéphanie, de BigBeauty, a écrit un très bel article, très juste, très sincère, qui m'a pris aux tripes. J'ai toujours beaucoup apprécié le positionnement de Stéphanie, sa façon d'être simplement elle, sans revendication particulière, sans faux-semblant non plus (dans une interview qu'elle m'avait livrée, elle le disait sans ambages: "je suis grosse, c'est tout"). J'ai toujours apprécié donc, que tout en n'étant pas "fat power", elle appelle systématiquement un chat un chat, donnant sa taille de soutien-gorge ou de pantalon avec le naturel dont elle sait faire preuve. Pour l'avoir rencontrée deux ou trois fois, je peux vous assurer sans mentir moi non plus que la première chose qu'on voit chez elle, ce n'est ni son poids ni son look incroyable mais son sourire ultrabrite (je VEUX les dents de Stéphanie) et son regard qui se plante directement dans le votre. Après on réalise qu'elle est super bien sapée, la hyène.

Bref, Stéphanie ne parle pas d'ordinaire de son passif avec les régimes, les kilos et la bouffe. Et puis dernièrement, elle a participé à un concours sur Arte du meilleur look et s'est pris des insultes à pas piquer des hannetons. Des insultes qui dit-elle, lui passent au dessus du cigare mais qui lui ont donné envie de rappeler quelques évidences dont celle-ci: non, ce n'est pas tous les jours faciles, en 2011, d'être "plus size". Tout simplement parce que la discrimination est partout, des rayons de Zara aux entretiens d'embauche en passant par les fauteuils d'Air France que d'aucuns aimeraient bien faire compter double en fonction de la taille de votre fessier.

Je ne vais pas la paraphraser, allez la lire, ça vaut mieux. Mais je tenais à dire ici que je m'associais entièrement à son propos. Et aussi que je l'admire. Pour son parcours fulgurant de ces derniers mois, bien sûr, mais surtout pour ce qu'elle raconte sur son corps. Un corps qu'elle a haï et qu'un jour, elle a regardé, touché, carressé, en décidant, ce beau matin, de cesser la guerre.

Ça m'émeut d'autant plus que c'est quelque chose que j'ai été tout bonnement incapable d'accomplir pour l'instant. Je veux dire par là que je me réveille tous les matins, heureuse de sentir les os de mes hanches. Et je sens, au plus profond de moi, que je ne devrais pas.

Edit: ah et pour voter pour BigBeauty sur le concours d'Arte c'est ici: http://fashion.arte.tv/retro-chic-6/?p=1229

De tout, de rien, mais surtout de rien

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Hier dans le cadre d'un article que je prépare, j'ai interviewé une "vlogeuse". Une quoi ? Mais si vous savez, ces filles qui font des tutoriels make-up sur youtube. Ni vraiment blogueuses, ni vraiment vidéastes. Complètement vlogeuses, en somme. Elle m'a confié que pour tourner puis monter une vidéo, il fallait compter plus d'une demi-journée.

Respect. Je n'ironiserai plus jamais sur le sujet.

Ah et non, ce billet n'est pas une façon subtile bien que maladroite de vous annoncer que je me lance dans le business du smokey eyes. On ne serait pas rendues, avec mes paupières auto-tachantes.

A part ça, j'aurais bien des choses à vous raconter mais Rose m'a comme qui dirait siphoné le cerveau hier.

Je crois que rien n'a échappé à son jugement lapidaire favori du moment:

"c'est nul".

Si ça se trouve elle fait une dépression.

Etait donc nul hier: faire un dessin, lire une histoire, jouer avec son bébé, manger ses coquillettes (ce qui confirmerait l'hypothèse de la dépression), faire pipi, prendre son bain, sortir de son bain, me donner la main pour traverser, le ketchup pas exactement à l'endroit voulu sur les coquillettes craignos, s'essuyer les fesses, n'avoir qu'un carambar et pas deux et pour finir, prendre la température (geste ayant précédé l'envoi au coin) (je prends toujours la température quand mes enfants sont casse-burnes AVANT de les punir, on ne sait jamais) (on a l'air con sinon).

J'avoue avoir éprouvé une certaine déception lorsque le thermomètre s'est arrêté à 36,8°.

C'est à dire que ça entérinait un fait déjà maintes fois avéré: non, elle n'est pas malade. Juste super chiante. Et pour ça, le doliprane est totalement inefficace. Pas de bol.

Moi qui pensais avoir finalement traversé sans trop de casse le terrible two, j'avais un poil vendu la peau d'Helmut avant de l'avoir tuée.

Non mais à part ça c'est un vrai bonheur de pouvoir profiter à fond de mes enfants.

Je vous laisse, je vais aller leur mitonner leur gâteau préféré pour quand ils rentreront du centre de loisirs.

J'déconne.

La Virevolte, de Nancy Huston

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Avant de me plonger dans les Harry Potter – non je ne les ai pas encore lus, je sais, je suis une vraie followeuse -, j'ai lu un autre livre offert également pour mon départ du boulot. La Virevolte, de Nancy Huston. C'était bon de relire, à vrai dire. En effet, depuis quelques semaines, ma tête était tellement pleine de questions, de pensées parasitantes et d'émotions contradictoires qu'il m'était strictement impossible de terminer la moindre page.

Le fait d'être arrivé au bout de ce bouquin en une soirée m'a rassurée finalement sur mon état. Je dois commencer à digérer doucement ce grand chambardement, puisque j'ai été capable de me concentrer sur autre chose. C'est là que je vois d'ailleurs la grande différence entre la lecture, pendant laquelle je suis d'une certaine manière active, et le visionnage de séries qui je le crains peut vite devenir pour moi une fuite en avant dans un monde fictif. A petite dose, je me dis que ce n'est pas si grave. Mais ce samedi qui a suivi mon pot de départ et pendant lequel j'ai enchaîné une dizaine d'épisodes de The good wife, je crois que ça revenait à peu près au même que d'avaler un tube de tranxène.

Mais ce n'était pas le sujet.

Le sujet, c'est ce magnifique livre de Nancy Huston, dont j'avais commencé il y a quelques années l'Empreinte de l'ange sans le finir. Je vais, je crois, le reprendre tellement j'ai apprécié le style de la Virevolte. J'y ai retrouvé la sobriété et l'épure de Claudie Gallay, la Claudie Gallay de Seule Venise, surtout.

Et puis cette histoire, cette femme habitée par sa danse, qui ne parvient pas à être mère ET artiste, m'a profondément bouleversée. Non que j'aie fait un quelconque transfert, je ne me vois absolument pas comme une artiste, mais je dois avouer que tout en étant incapable d'imaginer devoir un jour faire ce choix aux dépens de mes enfants, cette femme, par la grâce d'une écriture qui ne juge jamais, je l'ai comprise. Comme j'ai ressenti physiquement le manque éprouvé par ses filles.

Vous l'aurez compris, La Virevolte n'est pas le plus gai des livres et il peut rebuter quelques âmes trop sensibles. Mais c'est une de ces réflexions sur la création et la maternité qui ne pouvait que me passionner. Merci Julie et Nico…

Billet tardif mais génial

Dora
C'est du propre. Une soirée de la saint Valentin et pof, un billet à la trappe. Je ne sais plus où je lisais ça, mais il existe des blogueuses qui programment leurs posts le week-end pour être tranquilles le reste de la semaine.

Damned.

J'ai essayé.

Echec sur toute la ligne. Encore une fois, cela vient confimer ma profonde tendance à la procrastination. Je ne suis efficace que dans l'urgence. Autant dire que je suis crédible quand il s'agit d'engueuler mes enfants parce que bien évidemment, c'est à 19h45 un dimanche soir qu'on va devoir se taper tout le siècle des lampadaires. Des lumières, pardon.

Bref, vous aurez donc un billet du matin cette fois-ci, un vrai, je veux dire, pas un fake écrit la veille au soir et programmé sur les coups de 5h45 histoire d'entretenir la légende selon laquelle je serais de celles à qui l'avenir appartient.

En ce moment, j'aime assez les listes up, down ou on s'en fout, alors c'est parti. Oui, c'est un truc de feignasse.

– J'ai trouvé chez Monoprix (une légère rechute ce we, je crois qu'on ne s'était pas dit au revoir correctement) des gaufres liégeoises qui ressemblent à s'y méprendre à celles qu'on achète dans la gare du midi à peine les escalators menant au métro descendus. D'habitude, ces ersatzs de supermarché sont dégueus et secs comme du vieux pain. Là, il y en a trois dans la boîte et ramené au kilo le prix doit être équivalent à la fortune envolée de Moubarak, mais réchauffées trois minutes au grille-pain, vous économisez le prix du thalys. Il y a même les morceaux de sucre à l'intérieur. Tuerie. En plus je viens de regarder mais visiblement une partie des bénéfices va à l'association "les petits princes". Ça s'appelle "I love la gaufre" (le love est en forme de coeur).

– La brasserie chez Panis quai de Montebello, qui fut ma cantine du temps où mon ancienne agence de presse créchait rue des Ecoles, est un de ces rares endroits dans Paris où on vous sert des vraies frites pour pas plus cher qu'ailleurs. Si en plus on vous donne la petite table pour deux contre la baie vitrée avec vue imprenable sur Notre Dame, franchement, vous passez un joli moment. Un peu bruyant cela dit. Il n'empêche qu'avec C., amie de fraiche date, on a bien apprécié.

– Je ne pense pas qu'à manger.

– Je regarde des séries aussi. J'ai commencé, sur les conseils d'une d'entre vous, The Big C, avec Laura Linney, actrice que je vénère. Elle a une façon de faire passer toutes ses émotions juste avec ses yeux et son sourire qui me terrasse d'admiration (je suis très modérée aujourd'hui). Bref, la série raconte – et c'est osé – les derniers mois d'une mère de famille atteinte d'un cancer en phase terminale. Sauf que le parti pris est résolument du côté du second degré. Parfois on pourrait penser que Loop of Kurland fait partie des dialoguistes. Je n'ai vu que le premier épisode mais c'est prometteur.

– Je tenais à préciser que lors de notre séjour à Istanbul, le Churros est moi n'avons pris aucun avion présidentiel et payé nos keftas jusqu'au dernier centime.

– Je voudrais bien qu'on me dise ce qu'il faut faire quand on est ministre de ce gouvernement pour avoir à démissionner. A part tuer Laetitia, je ne sais pas. Et encore, on trouverait le moyen de nous expliquer que c'est complètement sorti du contexte.

– C'est assez plaisant de voir tomber les têtes des dictateurs les unes après les autres et de sentir l'odeur de la peur sur les photos de ceux qui restent en place. C'est assez déplaisant en revanche ce sentiment d'impunité de certains de nos propres dirigeants qui n'ont sur certains plans pas grand chose à envier à ces pourritures déchues. La condescendance avec laquelle ils regardent leurs compères à terre me donne envie de fabriquer ma pancarte à moi aussi avec un gros "DEGAGE" écrit en rouge.

Le comble du ridicule et de la bêtise a été atteint par le Elle de cette semaine (j'ai hésité avec celui consacré à la médecine esthétique mais il y a un très bon article sur le sujet par ici, dont acte) qui tente de nous fourguer une idée à la limite de la perversité: le régime un jour sur deux. Au cas où tu n'aurais pas de compulsions alimentaires, vas-y lance toi, le concept devrait d'aider à tomber la tête la première dans la boulimie.

Bon, à vrai dire, à bien y regarder, c'est une fumisterie totale, un jour sur deux tu t'affames et le lendemain du crèves de faim. A savoir que les jours "on" (ou "off", ça dépend de quel côté tu te places), tu manges un émincé de loup avec sa sauce d'eau de mer et deux cuillères à café de consommé d'algues du Japon. Le lendemain, tu te pètes la ventrille avec 30 g de filet de dinde agrémentés d'un dé à coudre de purée de topinambours ET the FAMOUS carré de chocolat noir et maigre.

Rien de nouveau sous le soleil en somme.

Ah, si, sous le soleil, bien installés dans leurs transats et planqués dans leurs hôtels cinq étoiles, se marrent les nutritionnistes qui n'ont pas trop de souci à se faire pour leurs vieux jours.

Edit: la photo montre que dans une autre vie j'ai du être une very very very bad girl. Non parce que supporter cette peste de Dora à la télé, je veux bien. Claquer 10 euros pour une Dora grandeur nature (elle a des problèmes avec la nourriture elle aussi) (elle est américaine), ça m'agace, mais passe encore.

MAIS DORMIR SOUS LE REGARD BOVIN DE DORA SOUS PRETEXTE QU'APRES S'ETRE ROULÉE PAR TERRE POUR L'AVOIR, ROSE LA TROUVE "NULLE" ET NOUS L'IMPOSE DANS NOTRE CHAMBRE, COMMENT VOUS DIRE ?

Sans blague elle me fait peur, merde !

Edit: j'oubliais, j'ai créé une page Facebook spéciale "Pensées de ronde". Je ne suis pas sûre que ça serve à grand chose mais peut-être que si, on sait jamais. Si vous voulez en être les "likers" officiels, c'est par ici

Valentine’s day my ass. (avec un peu d’Amber and the dude inside)

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On est donc le 14 février. Le jour des coeurs partout, de l'amour, amour, qu'on aime tant.

Problème: depuis quinze ans qu'on se fréquente le churros et moi, le 14 février est en général un jour de sacrées engueulades.

A savoir qu'El churros est un rebelle. Il est contre la saint-valentin. Ce qui en soi ne me pose pas un problème majeur, j'avoue ne pas être non plus une afficionada de la cause. Tout ce qui est commercial, réjouissances imposées et patin coufin…

Mais, je vous le demande, est-ce bien nécessaire, sous prétexte d'affirmer haut et fort son originalité et sa différence, d'être particulièrement infect tous les 14 février ?

Non. Nécessaire, ce n'est pas.

Bref, je ne surkiffe pas la saint-valentin parce qu'au fil des années, je redoute tellement le clash que je dois admettre avoir été parfois à l'origine de quelques uns d'entre eux. "J'ai vieilli, c'est ça ? Dis-le. Dis-le que je suis trop grosse. Je le savais. Va mourir".

Je crois, si je veux être honnête, que si je prends aussi mal cette application du Churros à ne PAS me fêter mon valentine's day, c'est parce qu'avant de le rencontrer, j'en ai grave chié sur le parcours sinueux de l'amour.

Attends, attends, attends. Je t'entends, toi, là bas, me dire que tout le monde a eu sa petite traversée du désert et qu'on ne va pas non plus s'apitoyer.

Je tiens à éclaircir ce point, quand même. Ce n'est pas une banale traversée que j'ai fait. Non. c'est le désert qui est venu à moi. J'étais le désert. Je veux dire, à un moment j'ai eu peur que ça se REFERME.

Pendant tous ces longs hivers de famine sentimentale, j'ai dégueulé sur ces connards de couples débiles qui se léchaient la pomme dans les restos tous les 14 février. Alors que y'avait fort à parier que bobonne, là, avec son air réjoui devant son baba a rhum frelaté, était cocue comme cochon. Et que ces deux là, qui semblaient si joyeux, n'avaient pas baisés depuis trois ans. Tu parles d'une fête de l'amour, tiens.

Comme je les haïssais, ces couples, qui me rappelaient que j'étais seule. (note pour plus tard: je tiens peut-être une bonne chanson).

Bien évidemment, je ne pensais pas un traitre de mot de tout ça. Je ne faisais, à l'intérieur de mon coeur déshydraté (métaphore filée), que rêver au jour béni où moi aussi, la main dans la main et les yeux dans les yeux, je boirais le coktail maison au litchee et manquerais m'étrangler avec ma bague Maty cachée dans le fond de ma coupe par l'élu de mon coeur.

C'est comme le reste, en somme, on est contre jusqu'à ce qu'on ait la possibilité d'y goûter. Je veux dire, les femmes enceintes, ça gonfle sévère jusqu'à ce que le test soit positif. Les récits d'accouchement, on jure que jamais on n'y participera, sauf qu'après avoir vécu l'enfer, on en crèverait de pouvoir le raconter avec détails savoureux du sol au plafond. Comme les squares, avant d'avoir son nain, on retient sa respiration quand on passe devant, alors qu'après…

… Non, les squares ça marche pas, en fait.

Bah, vous m'aurez comprise, derrière ce sujet apparemment futile, mon message du jour c'était que les convictions résistent rarement à l'épreuve de la réalité.

Toujours est-il qu'aujourd'hui, j'ai décidé de prendre les choses en main. Il ne veut pas de la saint valentin ? Ok, chacun sa merde. Ça ne m'empêchera pas de prendre une baby-sitter et de lui filer rencard au Floors (au churros, pas à la baby-sitter), où parait-il les burgers sont à mourir de plaisir. Même qu'on en profitera pour admirer les photos de Zoé Kovacs. Zoé qui ? Si, en vrai vous la connaissez un peu. C'est elle qui shoote Amber and the Dude et dont les flyers et affiches ont souvent attiré votre attention. Cette filles, je ne la connais pas très bien mais quelque chose me dit qu'on va en entendre parler. Elle a un univers, comme elle dirait, Lio. Ce soir, elle expose au Floors et dans la foulée, Amber et Dude vont chanter. Moi je dis, c'est encore la meilleure façon de la fêter, cette journée. Entourée de gentilles, jolies et joyeuses personnes et en musique. Si en plus y'a moyen de lécher la pomme du churros et qu'il ait le goût de cheesecake, c'est royal au bar.

Bonne journée aux amoureux, aux déçus de l'amour et aux laissés pour compte de ce batard de cupidon. A ces derniers, je souhaite que la roue tourne et que demain, après-demain ou l'année prochaine, ils aient une pomme à lécher. 

Billet à caractère informatif

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Un petit post en passant. Premièrement pour vous dire que cinq gagnantes de la dégustation de champagne Corbon le 30 avril ne se sont toujours pas manifestées auprès de moi ou d'Agnès.

Il s'agit de:

Léa, Nep, Anne, Alix et Blandine.

Si ces demoiselles pouvaient m'envoyer un mail pour confirmer (ou infirmer) leur présence, ce serait bien sympatoche.

Par ailleurs, ce n'est pas sans une lichette de fierté (= mes chevilles n'entrent plus dans mes UGG) que je vous donne le lien vers ma page "auteur" sur le site de Psychologies.com. En cliquant sur "les contributions de Caroline Desages" (oui… c'est moi ?), vous avez accès au papier sur le maquillage paru en début de mois (y'en a qui me l'avaient demandé) (ma mère).

Voilà, hier il faisait bon et beau, hier on y a presque cru. Comme j'avais un rendez-vous dans le marais, j'en ai profité pour jouer les Garance Doré. Problème: n'ayant pas osé accoster les jolies gens croisés, j'ai shooté les immeubles. Ensuite, j'ai pris un jus de pommes pas bio au Sévigné, terrasse à recommander, à l'angle d'un des plus jolis squares parisiens. Et à quelques mètres de la nouvelle patisserie MEERT, où se vendent parait-il les meilleures gauffres lilloises du monde. (je n'aime pas trop perso le mélange cassonade – beurre qu'ils mettent à l'intérieur mais quelques food-fashionistas se sont fait pipi dessus de joie quand elles l'ont appris, alors…)

Bonnes vacances à la zone C…

Personnellement si ma zone T pouvait un peu aller voir du côté de Courchevel si mon sebum y est, ça m'arrangerait.

Je sais, n'importe quoi.