Mieux avoir des remords que des regrets. Ou l’inverse.

Il y a quelques mois, alors que je m'apprêtais à reprendre le
boulot, je me suis interrogée sur le sens de la vie et dans quel état
j'erre, si tu te souviens bien.

J'avais dans l'idée de devenir écrivain, rien que ça.

Attends,
je suis prétentieuse certes, mais lucide également. Quand je dis
écrivain, je pensais me hisser des "courges" aux "paresseuses", genre.
Et encore.

Mais tu m'auras comprise, je nourrissais une ambition
certaine. Celle de pouvoir rester chez moi, lovée dans un grand pull
blanc, les chevilles au chaud dans des guêtres en cachemire. J'aurais
maigri et rajeuni pour l'occase, parce que ressembler à Carrie Bradshaw
quand on déborde de son jean en 46, c'est un petit peu compliqué.

Bref,
j'aurais réussi l'amalgame de la réussite et du charme, j'eus été mère
présente et femme active, une amante enfièvrée mais aussi cuisinière
émérite.

J'aurais bien sûr gagné beaucoup d'argent parce que
c'est connu, entre le blog (vendu au grand capital de la publicité) et
les bouquins, on ne se mouche pas du coude, nous.

Oui, j'aurais vécu mon rêve.

Mouahahahahharfaaaahaaaf.

Pourquoi m'esclaffe-je ?

Parce que les rêves qui se réalisent n'en sont plus. Des rêves. Et que celui-ci est voué à rester ce qu'il était, une vue de l'esprit. La crise est passée par là et les promesses enthousiastes des éditeurs se sont quelque peu raréfiées. La pub qui coulait à flot comme le champagne dans une sauterie de blogueuses influentes aussi.

Surtout, j'ai réalisé que j'avais peur.

Peur comme jamais je n'avais eu. Peur que ça ne marche pas, peur de regretter, peur que l'homme me quitte, peur que mes enfants se détournent de moi (bon, ça pas vraiment, mais c'est pour te tirer une larmichette), peur de l'inconnu, de la précarité, de l'inactivité subie. Peur de ne plus pouvoir aller faire mes courses à Monoprix comme toute bonne bourgeoise bohème, aussi.

Je donne l'impression de déconner mais en fait non, crois moi, cette peur ne me lâchait plus. J'étais terrorisée à l'idée de devenir une "femme à charge". J'ai réalisé que certains étaient fait du bois de ceux qui se lancent sans peur et sans reproche. Qu'ils avaient ce qu'on doit appeler l'esprit d'initiative, ou le sens de l'aventure.

Certains ont ce grain de folie que je cherche encore en moi.

Pour ne trouver que du doute et de la peur.

Et puis il y avait mon travail. Que j'appréhendais de retrouver après neuf mois de couch-potatoting.

J'y suis allée en me disant que de toutes façons, je m'en fiche, s'ils me font suer, je me casse.

Et je suis retombée dans la potion magique. J'ai retrouvé le plaisir. La contrainte aussi. Mais surtout, l'envie.

Alors petit à petit, je me suis dit que journaliste c'était malgré tout ce que j'avais toujours voulu faire. Qu'écrire à côté, je le pourrais toujours, mais retrouver un boulot dans la partie, pas forcément.

J'ai compris que de la même façon que je ne serai jamais mince, je ne serai jamais non plus détachée des contingences matérielles, ni légère au point de ne pas me demander de quoi demain serait fait.

Depuis que je SAIS, je suis beaucoup moins effrayée. Je ne vois pas assez mes enfants, Helmut grandit trop vite et je loupe des instants fondateurs. Par exemple, la dernière fois, quand elle s'est retournée, je me suis demandé si c'était vraiment sa première roulade. Et ça m'a fait un pincement au coeur.

L'homme ne va pas me quitter pour cause de dépendance mais en revanche il semble à deux doigts de me planter pour négligence conjugale.

Bref, rien n'est parfait, on court partout, je râle le lundi matin comme un putois mais je sens mon coeur léger le vendredi. Et je crois que s'il n'y avait pas le lundi, le vendredi serait plus gris.

Pourquoi je raconte tout ça ? Parce que j'en avais touché un mot à l'époque et qu'il me semblait normal de vous dire où j'en suis, à vous qui me faites le plaisir de faire un bout de chemin avec moi. D'autant que certains d'entre vous m'avaient encouragée et mis beaucoup de confiance à l'intérieur de moi. A tel point que j'avais drôlement peur de vous décevoir en me dégonflant. J'avais d'ailleurs peur de décevoir aussi tous mes amis qui y croyaient. Plus que moi, à l'évidence.

Je voulais aussi vous expliquer que répondre aux commentaires est difficile dans ce contexte. Au boulot, j'ai tout juste le temps de "zapper" pour vous lire mais très rarement les minutes nécessaires pour y aller de mon grain de sel. Je comprends que ça puisse agacer, que ça puisse sembler un peu grossier. Mais pour l'instant, c'est le mieux que je puisse faire. Je pensais ne pas pouvoir continuer boulot + blog, mais arrêter ce journal pas intime, ce serait un renoncement que je vivrais mal. Surtout après avoir eu l'illusion qu'il puisse devenir mon activité à part entière.

Par contre, le fait que ça reste justement une activité "en plus", me donne une liberté que je n'aurais pas si c'était mon gagne-pain. La liberté de ne pas écrire de billets sponsorisés, la liberté de bouffer du curé, la liberté de signer avec une régie "qui débute". ça aussi ça a joué dans ma décision. J'ai réalisé que si j'arrêtait mon travail "régulier", le blog ne pourrait que changer, parce qu'un publi-reportage, ça peut payer les courses à Monoprix, justement.

Voilà. Je pense toujours à ce film, je ne sais plus lequel, dans lequel un couple se demande tous les ans "on s'arrête ou on continue ?". Là, on continue…

Edit: Promis, le reste de la semaine sera un peu moins "regarde moi faire du jogging autour de mon nombril".

Droit à l’image oui…mais

J'ai été prise à partie assez vigoureusement depuis deux jours par
une blogueuse au sujet de cette photo de femme sur la plage que j'ai
mise en ligne pour illustrer un billet censé aller à contre-courant de
l'article du Elle sur de soit-disant rondes qui flottent dans du 40.

On
me dit notamment que c'est "honteux" de me servir de l'image d'une
femme qui n'a rien demandé, on sous-entend même que quelque part je
suis en train de me faire de l'oseille sur son dos, rapport que je suis
vendue au grand capital de la publicité.

J'ai envie de répondre
parce que contrairement à ce qui est insinué par cette même blogueuse,
mon melon n'est pas tel que je suis incapable de me remettre en
question ou d'entendre ce qu'on me reproche.

Sur la photo:

Je me suis posée la question de la diffusion de ce cliché, pas celui de dos que je considère comme irréprochable, rien ne ressemble à une femme en maillot de dos qu'une autre femme en maillot de dos. Mais celui de profil, peut prêter à discussion, je le concède. Cela dit, je persiste à penser qu'une photo prise il y a près de trois ans en Espagne représente peu de risque pour cette femme d'être identifiée. D'autant qu'on n'aperçoit qu'une partie de son visage, l'autre étant cachée par la tête (de dos) de son homme. Surtout, je me dis, cette femme aurait correspondu aux canons en vigueur, personne j'en suis certaine, n'aurait été choqué. Mais là, forcément, on se dit qu'elle pourrait être blessée d'être ainsi exhibée. Rapport à ses poignées d'amour, en somme. Alors que le texte illustrant la photo est tout sauf malveillant et les commentaires unanimement élogieux. Par ailleurs, il ne s'agissait pas d'une relation adultère qui pourrait rendre ce cliché compromettant, à moins qu'on ait l'habitude en Espagne d'aller à la plage avec non seulement le mari d'une autre mais aussi toute sa famille.

On me dit également, avec une certaine ironie, "pourquoi pas des photos de toi, au moins tu serais dans la légalité". Premièrement parce que j'ai du mal à me prendre moi même en photo de dos et que l'homme est le plus piètre photographe que la terre ait portée. Que je suis loin d'être aussi gracieuse que cette femme de dos en maillot et que l'idée était de montrer une femme bien dans sa peau ce que je ne suis pas et n'ai jamais prétendu être. Deuxièmement, j'imagine la bronca si je m'étais ainsi immortalisée en expliquant que je voulais montrer ce que c'était d'être belle et ronde. Bonjour la grosse tête, me serais-je pris en pleine face. Certaines blogueuses pratiquent l'autoportrait, certaines avec plus de bonheur que d'autres. ça n'a jamais été mon fond de commerce, je ne vais sûrement pas commencer maintenant.

Bref, je respecte le droit à l'image. Je crois qu'en trois ans de blogging, c'est la première fois que se pose le problème. Mais je m'interroge. Si on ne peut plus illustrer le moindre article (et là je m'éloigne du blog) avec un cliché représentant un être humain à qui il n'a pas été possible de lui demander l'autorisation, que va devenir l'art de la photographie, le métier de photographe de presse ? Attention, je ne me mets pas sur le même plan, évidemment. Mais c'est une question qui m'interpelle depuis longtemps et je sais que le débat existe, les photo-reporters ayant de plus en plus de mal à pratiquer leur métier, en raison d'une législation de plus en plus contraignante.

Par ailleurs, revenons deux secondes sur la pub.

Ben en fait, je ne vais pas tenter de me justifier. Je fais ce que je veux, après tout. Je me suis fixée mes propres principes. Ne jamais vanter les mérites de telle ou telle marque qui m'aura au préalable rémunérée pour le faire. En d'autres termes, non au publi-reportage, je l'ai fait une fois, ce n'est pas mon truc. Cela dit je ne vois pas où est le problème du moment où on est clair sur le sujet. Après, que des encarts publicitaires – rares en ce moment – me rapportent un peu de sous, je ne vois pas là non plus où est le problème éthique. La presse n'existerait pas sans la pub et le fait d'en avoir ici me permet de mettre du beurre dans les épinards, je n'en ai pas honte une seule seconde.

Voilà, je sais que je donne un peu le bâton pour me faire battre, forcément il y aura des pour et des contre. Et tant mieux, la polémique je ne déteste pas. Ce qui me hérisse en revanche c'est le ton condescendant des donneurs de leçon. Pour info, j'ai retiré la photo de profil, après y avoir bien réfléchi. Mais je laisse celle de dos, parce qu'elle ne peut absolument pas être identifiable. Et je m'excuse auprès de cette femme si d'aventure elle s'était reconnue et qu'en elle avait subi un préjudice moral.

Rachida elle kiffe l’Europe

Qu'est-ce que la médiocrité ?

ça doit être ça…

 

 

 

A moins que ce ne soient les 8 millions d'euros balancés en guise de bonus aux cadres de Dexia, bien connue pour ses bonnes performances en 2008.

Ou alors c'est la fermeture de la Jungle à Calais, qui s'annonce aussi efficace que celle de Sangatte. Un peu comme quand mon fils range sa chambre le flingue de son père sur la tempe et que dès que le paternel a le dos tourné, il cache tout son bordel sous le lit. A un moment où à un autre, ça déborde. Et il faut déplacer le problème ailleurs.

Ou alors, la médiocrité, ce sont les attaques machistes et vulgaires de Fredo Lefebvre contre Ségolène Royal, qui certes passe un peu trop de temps à genoux à s'excuser mais qui ne mérite sûrement pas de se faire traiter de folle.

A bien y réfléchir, la médiocrité, c'est aussi le Elle qui considère que les rondes sont des femmes qui se sentent un peu serrées dans leur jean taille 40. Et qui colle en une de son magasine spécial girondes, Laetitia Casta, tout ça parce que la demoiselle a de la poitrine. Et que Scarlett Johansson avait piscine, j'imagine. Pourtant, ça avait pas mal commencé, dans l'article Stéphanie aka Bigbeauty était interviewée. Et ça c'était un bon début. Et puis après, pof, j'imagine que la rédaction a eu peur qu'on prenne peur devant une cuisse un peu trop flasque alors elle nous a collé des nanas un poil potelées mais consensuellement jolies et fatly-correct pour illustrer sa bafouille sur les rondes sexy.

Allez, bon week-end les chéris.

Nouvelle Star, on se la fait ensemble ce soir ?

Bon, moi ce soir je regarderai la Nouvelle star et j'aurai mon ordinateur sur mes genoux, il me sert de bouillotte, en fait. (Je sais, si ça se trouve je m'irradie les ovaires et je m'apprête à sacrifier des générations de poissons mais j'aime le danger).

Bref, si ça vous tente, on peut refaire comme y'a deux semaines, prendre deux trois bibines (de la buckler pour les femmes enceintes), un bon paquet de clopes (ou pas, on est pas sectaires), et bavasser sur la shampouineuse, le clito de lio ou le brushing raté de Sinclair.

Allez, à tout' les friends !

Yves Cochet, champion du planning familial ?


Alors dans le genre perle, je viens d'en trouver une pas mal. Et ne
venez pas me dire que j'arrive avec quelques jours de retard, je
rappelle à tout hasard que j'étais en vacances la semaine dernière. Ce
qui au vu de mon teint de bidet et des cernes noirs qui ornent mes yeux
(merci la sinusite) n'est pas évident j'en conviens.

Mais revenons au winner de la semaine.

Yves Cochet.

Qui a trouvé LA solution à la
crise économique et écologique en France: faire baisser les allocs à
partir du troisième enfant, histoire que les poules pondeuses de mon
espèce comprennent que leur attitude est franchement irresponsable. Beh
oui, figurez-vous que les enfants, ça coûte (tu m'étonnes, y'a qu'à
voir ce qu'engloutit grand machin qui pue des pieds pour s'en rendre
compte) et ça pollue. Si si, "l’équivalent de 620 trajets Paris New-York", qu'il dit, monsieur Ogino.

Ecart de langage, gaffe, ou provocation à
deux sous ? Mon coeur balance.

Ou alors c'est pire. Peut-être que le monsieur se fait tout simplement le relais d'une mouvance
écolo radicale qui prône le malthusianisme, considérant que
la planète est bien assez peuplée comme ça et que par conséquent, la
solution, c'est d'arrêter de nous reproduire.

Moi je dis, y'a mieux
comme solution, on se flingue tous et
pan, on respirera mieux. Ah, non, on ne respirera plus, on sera
morts.

N'empêche qu'on pissera plus des hormones. Et que les poissons garderont leurs zigounettes, comme ça.

En
même temps tu vas voir que bientôt on va aussi nous dire que les
squelettes de nanas ça fait changer le sexe des vers de terre.

Où va-t-on, hein ? Nulle part, je le crains.

Je
te laisse, je vais appeler Ségolène pour qu'elle présente des excuses
au nom d'Yves Cochet à toutes les mères de famille nombreuse.

Edit: Il
est pas au courant docteur mamour mais il est à un poil de cul de
trouer la couche d'ozone avec ses conneries. Alors il est gentil et il
va faire sa vasectomie, le garçon

Edit2: Tous les détails sur cette brillante intervention du champion des verts ici.

Cendrillon, pour ses vingt ans…

 

 

Bon, je le sens que vous réclamez à corps et à cris un
photo-reportage. Je le sais, que vous voulez du poids des mots, du choc
des photos.

Et je peux te dire que vous avez eu chaud. Un peu
plus et c'était que zib, rien de rien, cette fois-ci ce n'était pas ma
batterie qui était en berne mais ma carte mémoire qui était restée dans
mon ordinateur. Tu me diras, ça s'achète ces choses là et vous avez
raison. Mais un sou est un sou et quand tu vois déjà ce qu'on a lâché
pour payer la première étoile aux deux grands, la location de
chaussures et ski pour faire quatre descentes tout au plus en pleurant
ma mère que mes mollets allaient décéder par strangulation et l'achat
de forfaits plein pot alors qu'en haut dis-donc, pas plus de trois
pistes ouvertes, je peux te dire qu'un sou est VRAIMENT un sou.

Bref, heureusement que ma mère avait son nouveau joujou réflex qu'elle n'ose même pas s'en servir. Du coup j'ai fait tout un tas de photos pas intéressantes juste pour le plaisir de faire des gros plans de petites mains boudinées en train de chopper des oeufs dans les sapins ou autres baies sauvages limites périmées sur fond de ciel bleu.

Tu salives hein ?

Allez, suivez-moi, je vous emmène en voyage à la montagne…

Donc, dans ma montagne, il y avait gavé de neige.

 

 

Immaculée.

C'est d'un reposant la nature vierge de toute empreinte humaine quand même.

 

 

Et puis là bas, les gens ils s'embarrassent pas de tout un tas de choses inutiles du style salle de bain. Bonjour le retour au sources ou je ne m'y connais pas.

 

 

A part ça, donc, les sapins avaient de drôles de pommes de pin.

 

 

 

 

Apparté: Elle a pas un avenir de blogueuse grande chérie ? Tu notes la pose ? Non mais sérieusement je songe à l'utiliser, à tous les coups elle est douée pour les genoux qui se touchent.

 

 

Pommes de pin qu'on a mangées en guise de dessert après des repas scrupuleusement équilibrés.

 

 

 

 

Et encore je t'épargne les clichés raclette, c'est qu'on y a mis du notre pour écluser les deux kilos de fromage achetés discount au super géant de Briançon.

Mais attention, on a mangé des fruits aussi. Et de saison !

 

 

 

Et puis on a fait un max de sport tout en nourrissant nos esprits exigeants. Qu'est-ce que tu crois, on est CSP + nous.

 

 

 

 

Que te dire d'autre ? 

Comme chaque année, on s'est dit en partant que c'était là qu'on voulait vivre. Ok, il y a quelques mois, c'était à Trouville. Et il y a deux ans, à Sifnos. A égalité avec Ajaccio. Tout en ayant un pied à terre à Bormes les Mimosas. Bref, comme à l'accoutumée, on a collé nos nez sur les vitrines des agences immobilières en se disant qu'avec un peu de chance, une fois que le marché se serait bien cassé la gueule, on pourrait s'acheter un chez-nous au pied des pistes. Et puis on a continué notre chemin, on s'est acheté une tarte aux myrtilles et on a pensé à autre chose. L'important, finalement, ce n'est pas tant de passer à l'acte mais d'avoir des rêves d'ailleurs, non ?

Sinon, deux enfants sur trois sont revenus malades sachant que le troisième l'est aussi mais que bon, ça va bien les médecins. Tant pis pour lui, il avait qu'à tousser en même temps que les autres. Je suis moi même poitrinaire et congestionnée de la narine droite, y'a pas, la montagne, ça te gagne.

Edit: Tu le crois que j'ai quand même trouvé des chaussures qui fermaient ? Faut dire que cette fois-ci je n'y suis pas allée par quatre chemins. Je suis entrée dans la boutique et j'y ai dit: "Dis-voir Philippe, t'aurais pas autre chose que des pompes pour anorexiques de la guibole ? C'est pas que je fais ma difficile mais à moins de prendre du 44 je vois pas comment je pourrais boucler le crochet du haut, là , hein !". Et pan, le Philippe, bourru comme un montagnard en fin de saison qui connait ma famille depuis cinq générations, il m'a sorti de nulle part une paire de godiots qui étaient tellement faites pour moi que je me suis prise pour Cendrillon pendant la semaine entière. Bien sûr, ça ne m'a pas empêchée d'avoir un mal de chien, mais le Philippe m'a expliqué que ça n'avait rien avoir avec mes chaussures, c'est juste que je fléchis pas assez et que du coup, j'ai une mauvaise position du pied. "T'as un ski de lyonnaise", qu'il m'a balancé le bougre. Et laisse-moi te dire que ça sonnait pas comme un compliment. Rrrrh, Philippe, si je m'écoutais, je te montrerais comment je fléchis, moi.

Edit2: En vrai y'avait pas mal de neige. Et du ciel bleu aussi.

Edit3: Bon anniversaire Manou…

Allez, bien le bonsoir mes crottes.

A moi les pentes vertigineuses !

Les chéri(e)s, je m'en vais. Je vais rouler ma bosse ailleurs, sur les
pentes enneigées de Serre-chevalier en l'occurence. Deux ans que je
n'ai pas reniflé l'odeur de vieilles godasses de ski qui embaume le
vieux chalet familial, je ne vous dis pas comme j'ai hâte.

Un peu moins hâte en revanche de devoir chuchoter mon poids à un vendeur de ski sourd et mal-intentionné qui ne manquera pas de hurler le chiffre en question pour vérifier qu'il a bien entendu. Tout ça devant mes enfants qui croient encore à leur âge que je pèse 45 kilos, ce qui leur semble déjà énorme. Ne parlons pas de leur père qui n'est pas censé être au courant non plus, aussi crétin que ça puisse paraitre, depuis qu'il m'a vue à quatre pattes sur une table d'accouchement ou en train de vomir sur le ballon de relaxation mon cul, je devrais être bien au dessus de ça.

Sauf que non, évidemment, le secret des Pim's a beaucoup plus de chances de tomber dans le domaine public que celui de mon poids.

Bref, peu importe, étant donné que je n'arriverai pas à fermer ces &££$$$$### de chaussures modernes à douze crochets, je renfilerai mes veilles guimbardes des 80s qui elles sont aussi confortables et sécures que des charentaises.

Et puis soyons réalistes, le mieux dans le ski, c'est la terrasse au soleil avec vin chaud et cigarette. Et comme I'm back au pays des alcolos et des fumeuses, je me languis.

Je fermerai les commentaires dans quelques heures, je veux commater tranquille, sans peur des sbires de Benoit XVI… A chacun ses trolls, moi j'ai l'option catho intégristes, ils sont pas mal dans leur genre…

Allez, à dans une semaine mes crottes.

« L’audition », par Stéphane Navarro

Il y a deux jours, je vous demandais de penser très fort à Stéphane Navarro, l'interprête de la pièce tirée de ce blog, "Dans la peau d'une grosse". Il passait en effet une audition importante pour lui. On n'a pas encore la réponse et il ne se fait pas de films, ils étaient nombreux. Mais il a eu envie de vous la raconter, cette audition.

Alors la voilà, pleine de ce je ne sais quoi qui fait qu'on l'aime, notre Cindy.

Qu’est ce qui est important ?

pour l’un ce sera de réussir son examen, pour l’autre de perdre trois, cinq, dix kilos, pour une autre de les aimer, pour un autre de savoir si oui ou non on va le garder ce troisième enfant bordel, pour l’autre si oui ou non on le rappelle ce mec pour lui dire que oui…que non… que merde. Pour un autre enfin, si oui ou non un jour il y aura quelqu’un qui va le rappeler…. Tout simplement.

Pour moi ces deux derniers jours le plus important c’était de la réussir cette putain d’audition. Parce que c‘est la Grosse pièce de la rentrée, dans le plus Gros théâtre de Paris. Avec deux putains d’acteurs que j’aime dans les rôles principaux.

Alors oui, ces deux jours à apprendre et répéter et répéter encore cette scène d’à peine trois pages c’étaient les plus importantes journées de ma vie. Puis d’aller dans ce théâtre, rencontrer Didier Caron, généreux metteur en scène l’écouter me donner des conseils avant de démarrer et avoir juste envie de lui dire que j’ai vu deux fois « Un vrai Bonheur »…

Et penser que c’est ça le plus important. Auditionner pour La Cage aux Folles. Reprise pour la première fois au théâtre depuis Michel S et Jean P.

Commencer LA SCENE et réaliser que Clavier et Bourdon sont là, dans la salle. Bafouiller. Ou plutôt avoir une absence. Alors oui là c’est sûr c’est ça le plus important. Se dire que j’ai raté « mon rendez-vous ».  Bourdon a quand même écrit un de mes films préférés « 7ans de mariage » – que j’offre en cadeau à mes amis quand ils se passent la bague au doigt. Caro pourra confirmer ! 😉 – Et Clavier ben… Clavier quoi. Alors j’ai 8 ans, ridicule.

Mais tout le monde est gentil et je recommence. J’oublie que c’est important et je me lance. Je vais au bout.

Maintenant il n’y a plus qu’à attendre. Ou plutôt arrêter enfin d’y penser et continuer de faire ce que je fais, la seule chose pour laquelle je crois avoir un peu de talent, jouer. Peu importe s’ils me rappellent finalement. Non, pas peu importe, en fait. Mais juste que ce jour là finalement, le plus important, c’est que j’ai réalisé que j’avais trouvé ma place.

Que j’en ai compris le sens.

Et le soir en rentrant chez moi, j’ai lu le blog de Caro et vos commentaires. Et ça c’est sûr, c’est le plus important de ma journée. Y’a pas photo.

Alors Merci du fond du cœur pour vos pensées. Et c’est promis on se reverra bientôt. Ici ou ailleurs…

Lipstick for the girl…

Il ne t'aura pas échappé que mon corps et moi on n'a jamais été à
proprement parler en harmonie. Forcément, après deux césariennes, dix
arrêts infructueux de la cigarette – qui se sont soldés à chaque fois
par une rechute quasi systématique ET une prise de poids – le cap des
35 ans et la fatigue chronique qui – c'est confirmé pour de bon je m'en
porte garante – te fait prendre des kilos proportionnellement aux
heures de sommeil perdues, l'harmonie s'est définitivement fait la
malle. Très loin. Avec ma self estime, elles vivent des jours heureux
en se marrant bien de m'imaginer en train de croiser mon reflet dans la
rue et de tourner la tête pour éviter la confrontation.

Bref, mon body et moi on a jamais été en bluetooth (special tribute too Gad Elmaleh) mais là, y'a carrément plus de réseau, les ondes sont brouillées à jamais, pour continuer dans la méthaphore.

Pourquoi je te dis ça ? Parce que cette semaine, après m'être pour la énième fois réveillée avec la ferme intention de ne pas ingurgiter quoi que ce soit qui ne fasse pas partie de la famille des légumes pendant les dix années à venir et avoir finalement craqué deux minutes plus tard sur le pain beurré, ayant ainsi la confirmation de mon absence totale de volonté (partie à la Barbade avec cette garce d'estime de soi et cette salope de mademoiselle harmonie), j'ai eu l'agréable surprise de me voir complimentée à mon arrivée au bureau par une collègue.

Tu sais, ce genre de petit compliment qui ne mange pas de pain, qui ne coûte rien à celle qui le fait et qui rend celle qui le reçoit aussi heureuse que le jour où Samuel, 1ère B, est venu lui taxer une clope avec le sourire. Ce qui, toutes les looseuses de l'amour le savent, était immédiatement interprété comme les prémices d'une grande histoire.

Qu'est-ce qu'elle m'a dit ma collègue adorée que j'aime ?

"Quelle bonne mine ! Et puis ce rouge à lèvres, ouah, c'est fou comme ça te va bien"

Ouais, d'accord, on s'emballe pour pas grand chose. Faute de grives on mange des merles, tu sais. Mais quand même, trois minutes après, même genre de réflexion de la part de ma deuxième copine du travail. Puis regard appuyé de grand chef.

Tout ça pour une bouche plus rouge que d'habitude.

Un geste de trois secondes effectué dans le tram après avoir remis la main par hasard sur ce vieux tube de gloss lancôme au fond de mon sac.

Un rien du tout. Un non événement.

Qui m'a donné l'impression d'être Scarlett Johansson toute la journée.

Ah mais tu peux te marrer si tu veux ma chérie. Il n'empêche que c'est la pure vérité. Il m'a semblé que le wifi était reconnecté entre mon esprit et mon body, tout ça par la grace d'un peu de couleur sur mes lèvres. Et je t'assure que ce n'était même pas le fruit de mon imagination.

Conclusion: être belle n'est pas donné à tout le monde. Mais s'autoriser à jouer à la belle, si. Et certains détails permettent parfois de cacher l'énormité de nos complexes. Je pense à des ongles peints, à un soutien-gorge neuf et outrageusement sexy, à des talons de plus de 5 centimètres ou même à un string dont personne ne peut savoir qu'on le porte mais qui nous fait marcher autrement et qui pourtant fait grimper notre température intérieure. Et extérieure par le même coup. 

C'était ma leçon de vie. Qui peut se résumer ainsi: ce n'est pas parce que tu n'as pas tout les atouts en main qu'il faut baisser les bras.

Bonsoir.

Débaptisation, le retour

Alors que je viens de lire cet article édifiant de Rue 89 sur une contribution de Benoit le seizième à une revue autrichienne nationaliste aux côté de tout un tas de gens peu recommandables et négationnistes, je me dis qu'un petit retour d'expérience de ma copine Pomme – Pomme reviens ! – sur l'apostasie ou plus communément appelée la dépabtisation, peut être utile à ceux et celles qui le souhaitent. J'ajoute que j'ai reçu beaucoup de demandes de médias pour parler de notre manifeste à Dom et à moi. Mais comme je n'ai pas forcément envie d'aller à la téloche, je n'ai pour l'instant pas donné suite. Cela dit, si des journalistes passent par là, je pense que ce témoignage peut leur servir.

Allez, assez parlé…

"Je me suis dit qu'un petit retour d'expérience pourrait être utile…

 

Alors donc, j'ai créé ma lettre de demande à partir de ce lien http://www.subsociety.org/debaptisation.php

 

Je l'ai envoyée à la paroisse où j'ai été baptisée (en précisant
bien la date de mon baptême), et j'ai aussi envoyé une copie de la
lettre à l'évêché dont dépend cette paroisse.

 

Quelques jours plus tard j'ai reçu une réponse du secrétariat de
cet évêché : il s'avère en fait que ce sont eux qui s'occupent de cette
formalité. Il semble donc inutile d'envoyer la lettre de demande à la
paroisse de baptême.

 

Dans cette réponse le secrétaire de l'évêché me demandait tout un
tas de photocopies et de renseignements complémentaires, selon lui pour
éviter tout problème d'homonymie. Il se trouve qu'ayant été baptisée
dans une petite ville où ma famille connaît les trois quarts des
habitants, je le saurais, si j'avais un homonyme. Et surtout, je
n'avais pas envie de me laisser mener en bateau par un membre du
clergé. Mue par mon esprit de contradiction, je me suis donc lancée
dans une discussion houleuse avec le secrétaire (un abbé) qui a fini
par me dire que j'étais tenue de prouver mon identité dans le cadre
d'une demande par correspondance. J'ai vérifié : c'est en effet la
vérité.

 

Je lui ai donc renvoyé une demande, en ajoutant la photocopie de
mon passeport et en lui précisant que c'était le seul document que
j'étais tenue de fournir pour obtenir ma radiation des registres de
baptême.

 

Une dizaine de jours plus tard, j'ai reçu une photocopie du
registre avec mon nom rayé, le tout portant la mention "A renié son
baptême par lettre en date du 11/03/2009". Et basta !

 

Je précise que j'ai envoyé le tout en lettre simple. Certains
sites préconisent le recommandé, mais au prix où c'est, je vous
conseille de commencer par une lettre simple."