Il y a quelques jours je vous livrais ma définition de la vraie copine. J'aurais pu aussi vous donner celle du vrai copain, parce que j'ai la chance d'en avoir.
Un notamment.
Le genre de vrai copain qu'on traine avec soi depuis des années. Qui vous a vu ronde comme une queue de pelle plus d'une fois et qu'on a souvent soutenu dans la rue au petit matin parce que lui aussi côté bibine, ça y va, parfois. Un copain avec qui on a dormi, dans le même lit, sans que rien ne se soit passé et pas uniquement parce que de toutes façons, on était pas en état.
Le copain qui est du style à vous donner une grande claque dans le dos quand ça va mal ou qui ne trouve comme seule solution à une crise de cafard passagère de vous payer une bière. Avec lui, j'ai traversé le désert du célibat.
On en a passé des soirées à guetter dans les bars l'âme soeur, en priant secrètement – enfin surtout moi parce que je dois l'avouer, côté générosité, je ne suis pas forcément bien parée – pour que l'autre ne trouve pas en premier l'amour de sa vie.
Et puis finalement, l'homme est arrivé dans ma vie. Et bingo, le copain de toujours est devenu pote de l'homme. Pour une chance c'était une chance.
A partir de ce moment là, je me suis mis en tête que désormais ma mission c'était de lui trouver une poulette. Pas parce que ça me gênait de le voir seul, non, pas du tout. Je dirais même qu'au contraire – on en revient toujours à ma pénurie de générosité – c'était drôlement pratique de savoir qu'il était toujours partant quand de mon côté ça me prenait de jouer à "comme avant". Mais voilà, les années passant, il a commencé à devenir triste. Il était seul et ça lui pesait.
Je lui ai alors présenté des copines, sans succès. Il a ramené des filles bizarres, qui ne trouvaient jamais grâce à mes yeux. Un jour, il est même tombé amoureux, mais c'était une méchante, une de celle dont on ne veut pas pour un vrai copain. Dois-je préciser que je ne me suis pas gênée pour le lui dire ? Et que bien sûr, ça n'a servi à rien ? Quand il a réalisé qu'il s'était trompé, qu'est-ce qu'on a fait ? On a picolé pour l'oublier.
Après, a chaque fois qu'il m'annonçait avoir peut-être rencontré quelqu'un, je tremblais à l'idée que ça marche et que je ne l'aime pas. Parce que soyons honnêtes, ce qui menace le plus une amitié de quinze ans comme celle là, c'est l'arrivée de miss chérie du vieux copain.
Et puis un jour, voilà qu'une drôle de petite lumière s'est allumée dans les yeux de mon vieux pote, devenu entre temps parrain de ma fille. Une de ces lumières dont on se dit qu'elle ne brille sûrement pas pour une idiote.
Très vite, j'ai fait la connaissance de celle qui en était à l'origine. Bien sûr, j'avais des tonnes d'à priori. Bien sûr, à la fois j'étais heureuse pour lui et en même temps, mince alors, je n'allais plus être la seule femme de sa vie (toujours de truc avec la générosité). Et puis au premier regard, il a fallu me rendre à l'évidence, sa perle à lui, il l'avait trouvée. Et cerise sur le verre d'eau à moitié plein, elle me plaisait grave.
Voilà, je vous raconte tout ça parce qu'aujourd'hui, c'est grace à elle que je peux vous montrer THE photo de l'homme et moi. Oui, grace à miss F. qui dès le lendemain du mariage m'a envoyé de bien jolies images de ce jour de rêve. La plus récente des amies et non la moindre… Alors je voulais lui dire merci. Pour cette attention, et pour la lumière dans les yeux de qui elle sait.
Edit: Je ne laisserai pas cette photo longtemps, parce que voilà, je trouve ça un brin prétentieux de m'exhiber de la sorte. Mais vous me l'avez demandé et puis il me semble qu'on se connait, alors… Mais une fois de plus, ce sera une image éphémère…
Edit 2: J'ai bien sûr choisi LA photo où le gras de mes bras ne se voit pas. Mais très honnêtement, le cliché est flatteur. Très. Depuis samedi d'ailleurs j'envisage l'ablation pure et simple de mes bras.
Edit3: Comme à priori les billets sur ce mariage vous ont plus, je les ai regroupés sous une nouvelles rubrique, intitulée "Le mariage de la ronde". Comme ça c'est plus facile de les retrouver. De rien, de rien…
Edit4: Et oui, désolée, c'est trop tard, la photo a disparu… Je l'avais dit que c'était éphémère…
"Sheila Levine est morte et elle vit à New-York". C'est le titre d'un livre avalé goulûment ces derniers jours entre préparatifs du mariage et autres réjouissances.
Alors ça y'est, nous y sommes. Depuis samedi 30 juin, la vie conjugale a commencé. Je sais que vous attendez un récit minuté de cette journée. Mais je ne suis pas sûre d'y arriver. J'ai eu la sensation d'être prise dans un tourbillon d'émotions contradictoires sans parvenir à m'en extirper. Je crois comprendre très exactement ce que signifie "vivre les choses de l'intérieur". Et dans ce cas, les raconter devient très compliqué.
Avant de vous laisser pour quelques jours rapport à ce mariage qui parait-il se déroulera donc samedi, qu'il pleuve, neige ou vente, je voulais vous embrasser.
Une vraie copine, c'est quelqu'un à qui on peut raconter ses histoires de caca. Mou, pas assez, trop, qui sent bizarre ou qui fait mal au ventre.
Alors là, je dois intervenir, sinon nous courons de toute évidence à la catastrophe, avec un tel pessimisme!
Alors.
Je ne sais pas vous mais je trouve que ça fait un bail que je n'ai pas poussé un grand cri. Bon, pour tout vous dire, j'avais décidé de ne plus m'attaquer à mes copines de Elle dans l'espoir secret que Valérie Toranian se décide à me passer THE coup de fil, celui que j'attends en secret et à l'occasion duquel elle me supplierait de rejoindre sa rédaction pour dépoussiérer un peu sa vieille équipe. Bien sûr dans un premier temps j'expliquerais à Valoche que bon, elle est mignonne mais que ma déontologie m'interdit de travailler pour un magazine qui piétine mes valeurs. Après elle pleurerait un peu et comme j'ai un coeur d'or j'accepterais. Surtout une fois qu'elle m'aurait promis de me donner un bureau plus grand que celui de Fonelle. J'aurais d'ailleurs convaincu Val' de ne pas virer Soph' au prétexte que mes minutes par minutes sont bien plus percutants que les siens. Même si bien sûr c'est le cas et que c'est limite gênant. Toujours cette histoire d'élève qui dépasse un jour ou l'autre le maître, que voulez-vous.
Pas de temps aujourd'hui pour un long message, encore moins pour quelque chose de travaillé, de drôle ou d'émouvant. D'autant que ces derniers jours ont été assez éprouvants – je me remets à peine de la soufflante de jeudi et de l'effondrement quasi dépressif dans lequel j'ai par la suite été plongée, je sais il m'en faut peu mais c'est comme ça, j'aime pas qu'on me gronde.
Bon, cet enterrement de vie de jeune fille, revenons-y. Etant donné qu'il remonte maintenant à plus d'une semaine j'ai un peu peur que ce soit du réchauffé. Je vais donc me contenter de vous livrer quelques souvenirs marquants, dans le désordre, comme ça.
Aux Bains Montorgueil