Un lundi en pleine conscience

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Comme chaque année, cette dernière semaine avant les vacances s’annonce aussi interminable et difficile que les ultimes mètres d’un marathon (notez que ce n’est qu’une comparaison purement rhétorique, je ne sais pas exactement de quoi je parle, je n’ai jamais réussi à dépasser les 10 minutes de course lors de ma très courte phase d’addiction au running).

Les enfants sont exténués (= « tu comprends jamais rien de toutes façons », « j’ai rien dit », « non mais c’est booooon, là », « t’inquiète », « je vais le faire », « je l’ai déjà fait hier », « c’est pas moi c’est… (lui, elle, toi, eux, etc)), le churros part en sucette tant ses dernières et courtes vacances semblent loin et moi je me détecte une maladie incurable par jour, ce qui me connaissant est le signal imparable d’une nécessaire coupure, notamment de l’internet mondial (j’envisage de me faire volontairement bannir de Doctissimo).

Bref, je vais tenter de tenir le rythme des billets jusqu’à vendredi, sans vous l’assurer – d’autant que dans mon programme bien glam de la semaine il se peut que je passe par la case arrachage de dent (2013 s’achève sur une bonne vieille cuvée dentaire) et là je ne réponds plus de rien – et ensuite je crois qu’une fois n’est pas coutume, je vais fermer le rade le temps de recharger les batteries. Cette année aura été professionnellement l’une des plus riches jamais vécues, ce que je prends comme une bénédiction, mais la contrepartie, évidemment, c’est cette peur de la page blanche qui ne fait paradoxalement qu’empirer. J’ai toujours tapie au fond de moi cette peur que l’inspiration soit comme les réserves de pétrole, épuisable et non renouvelable. Que deviendrais-je alors si soudain il n’y avait plus de mots ? Entendons nous bien, je suis tout à fait conscience que la terre ne s’arrêterait pas de tourner mais c’est que je ne sais vraiment rien faire d’autre que scribouiller à droite ou à gauche (surtout à gauche, hin hin hin).

Ceci étant dit, pour l’instant, j’en ai encore un tout petit peu sous le pied, j’en veux pour preuve ce besoin impérieux de partager quelques pensées ou coups de coeur avec vous. Dont acte.

A part ça, donc… En lire plus »

Dis, tu veux quoi pour Noël ?

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Les Galeries Lafayette m’ont proposé de faire une sélection spéciale Noël sur leur site Internet. Je me suis souvenue que certaines d’entre vous partageaient mon angoisse quand vient le temps des cadeaux pour les hommes. Je ne suis pas certaine de vous aider énormément sur ce coup là, vous remarquerez que mon choix se porte sur des objets assez conventionnels. Mais pour avoir échoué un bon nombre de fois dans des tentatives fofolles – du genre plateau marocain, bracelet et même BD coquine manifestement trop HOT pour ce petit coeur prude – je fais désormais dans le classique, alternant entre le joli pull (les hommes en marinière font de drôles de choses à mes ovaires), la sacoche (ça c’est parce que mon père en a toujours eu, bien avant que ça ne fasse partie de l’uniforme des hipsters, il portait ce qu’on appelait alors avec un certain mépris un baisenville, je le vois encore partir au travail avec son bleu, sa gamelle et sa sacoche, il était classe mon papa), les montres (j’aime bien les hommes à montre, aussi, cherchez pas) et les cheches, parce que ça aussi, don’t ask why, ça me rend toute chose.

Pour le reste, une énième robe noire, celle-ci me semble hyper confortable et avec ses mini sequins, très « esprit de Noël », des bottines et des salomés graou, une blouse un peu sage mais pas que, un tutu pour les petites filles, un sweat pour les garçons et enfin, pour nous parce qu’après tout, hein, ce rouge à lèvres dont la couleur me fait bondir de joie, un vernis qui claque et des ombres à paupières Sisheido, les plus belles du marché parait-il, j’ai sélectionné la nuance qui me convient le mieux mais il y a plusieurs palettes pour tous les yeux.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui !

Partenariat Galeries Lafayette
EDIT: Tous les liens fonctionnent désormais 🙂

 

Encore… une robe noire ?

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Il y a quelque temps j’ai repéré cette robe sur Asos et me suis empressée de l’acheter, après avoir partagé mon petit craquage sur Facebook (j’ai une vie bien remplie vous voyez). Et j’avais promis à celles qui étaient tentées sans vraiment être certaines du résultat de venir vous rendre compte de la bête. J’avoue, ce qui m’a convaincue d’acquérir ma 123ème LBD (little black dress pour les non fluent) c’est ce noeud drapé devant, qui semblait me tendre les bras en hurlant: « tu pourras reprendre du dessert sans que ça se remarque quand tu te relèveras ». J’avais néanmoins un peu peur de l’effet « c’est pour bientôt », les robes « housse » comme on en trouve par exemple pas mal chez COS me font souvent, au mieux ressembler à une femme enceinte, au pire à une commode. Mais finalement, rien de tout ça, enfin, peut-être que si, mais j’aime énormément justement que cette robe ne vienne pas souligner telle ou telle courbe, parfois c’est agréable aussi de ne pas avoir en tête ce ventre qu’on ne saurait voir, cette taille que l’on voudrait ceci ou cela ou ces seins qui n’en finissent pas de se montrer. Et puis ce qu’elle perd en « ajustement », elle le gagne en dévoilement de jambes. Sans parler de cette fermeture éclair qui descend vers les reins, j’aime bien l’idée de demander à mon aimé de m’aider à la dézipper. En lire plus »

J’aime #43

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Un immense merci tout d’abord pour tous vos commentaires hier, c’était très poétique et réconfortant de lire toutes ces belles choses sur « vos » endroits, qu’ils soient à Paris, Mulhouse, Nantes, Toulouse ou encore Chambéry. Je crois qu’on est chez soi là où on aime, peut importe l’objet de cet amour. Je crois aussi que l’on peut changer de chez soi et même en avoir plusieurs. Une fois posté, j’ai trouvé ce billet incomplet, j’aurais voulu ajouter que la place des Abbesses était pour moi l’un des endroits les plus romantiques de la capitale parce qu’un soir on s’y était dit avec le churros qu’on allait poursuivre notre histoire prématurément interrompue, que je pleurais toujours un peu lorsque je passais rue du Grand Prieuré, là où mes twins furent conçus, que j’aime la rue Jean-Pierre Timbaud où tous les ans je vais voir ma gynéco et que je m’arrête systématiquement à la boulangerie où enceinte j’achetais ma part de flan, que je ne suis jamais entrée dans la Géode mais que j’adore la cité des enfants de la Villette ou encore que certaines rues du 20ème me rappellent des soirées endiablées. Que rue de Charonne nous vécûmes heureux et que ces souvenirs sont aussi doux que douloureux. Et aussi que j’ai comme toute Parisienne qui se respecte un café « madeleine », pour moi c’est chez Camille où tant de choses se sont dites, chantées et pleurées. Et enfin que cette station de métro à Palais Royal inventée par Jean-Michel Othoniel est évidemment la plus jolie de Paris…

Voilà, à part ça deux ou trois j’aime pour la route… En lire plus »

Je suis parisienne ça me gêne, ça me gêne…

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C’est semble-t-il à la mode ces derniers temps dans les magazines ou sur les blogs de dresser le portrait de la Parisienne type. Honnêtement, je ne sais pas qui se reconnait dans ces caricatures, décrivant plus précisément une sacrée connasse qu’une habitante de la capitale. Non parce que guess what, on peut vivre ici et avoir d’autres préoccupations que celles d’entrer au Baron, d’avoir « sa » table au Flore ou d’attendre un an avant de convier une nouvelle amie dans sa maison du Luberon. En fait c’est assez étrange comme à chaque fois que je lis ces papiers j’ai l’impression que ça n’est pas « LA Parisienne » qui est décrite mais une espèce d’hologramme d’Ines de la Fressange, papesse auto-déclarée du bon goût et de l’élégance pour qui sortir du triangle « Louvre – Tuileries – Montaigne » est aussi risqué que de partir en week-end à Bangui. En lire plus »

Dolce vita au café de la Jatte

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La semaine dernière, juste avant de sombrer dans la gastro, j’ai été invitée à découvrir un lieu que je ne connaissais absolument pas, dans un coin de Paris – ou plutôt de Neuilly d’ailleurs – que je n’avais jamais visité: l’Île de la Jatte. Un endroit qui m’a fait penser à Deauville, avec des maisons cossues à colombages et des rues propres comme des sous neufs. Avant d’être ce restaurant italien à se damner, le café de la Jatte fut un manège à chevaux, puis un garde meuble pour les décors de l’Opéra. Un bâtiment comme je les aime, haut de plafond et surplombé de verrières. Un endroit où l’on s’imagine s’attabler à dix ou quinze autour d’une pasta à l’encre de sèche. En lire plus »

J’aime #42

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En quelques jours seulement je me suis enfilé – terminologie particulièrement pertinente, hin hin hin – dix épisodes d’une nouvelle série: Masters of sex. Le pitch ? La croisade d’un médecin, Bill Masters, et de sa secrétaire/assistante/future psy, Virginia Johnson, deux chercheurs hors-normes des années 50, auteurs du fameux et inégalé jusqu’ici, « rapport Masters and Johnson », qui décrypte le mécanisme de la jouissance sexuelle. Au delà de la dimension assez sulfureuse et gentiment cul de la série, les auteurs ont su dépeindre tout l’esprit de l’époque, de l’insoutenable légèreté des housewives au patriarcat du milieu hospitalo-universitaire. Quant aux personnages, romancés j’imagine, même s’il a toujours été dit que Masters et Johnson n’avaient pas ménagés leurs efforts pour mener à bien leur étude, quitte à s’utiliser l’un et l’autre comme cobayes, ils sont d’une complexité assez rare en la matière. Bill Masters, surtout, parvient à être aussi visionnaire et téméraire dans sa recherche que tétanisé devant sa propre femme, incapable d’exprimer le moindre sentiment ou la plus petite fantaisie, alors que le soir il observe scrupuleusement des femmes – et notamment la sublime Virginia alias Lizzy Caplan – se masturber, sans aucune gêne apparente. Bref, énorme coup de coeur, je vous conseille vivement de trouver un moyen de la dégotter. (je vous écris depuis ma cellule spéciale hadopi).

Voilà, à part ça, j’aime… En lire plus »

Et si on parlait beauté pour changer ?

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Aujourd’hui on va faire léger, on va faire dans la beauty, parce que certes comme disait un vieil ami, « je ne suis pas qu’un physique », mais tout de même, il faut ce qu’il faut. Parmi les nombreux avantages d’être à la fois blogueuse et journaliste, il y a celui de recevoir de temps en temps des nouveautés à tester. Honnêtement, je suis une toute petite joueuse au regard de pas mal de collègues qui sont à deux doigts de faire leur vie avec leur postier tellement celui-ci connait leurs codes d’entrée par coeur. Mais malgré tout ces derniers temps j’ai été assez gâtée. Problème: ayant développé ces dernières années une allergie à quantité de crèmes (d’une manière générale souvent ce qui est trop parfumé mais aussi les produits bio qui contiennent des huiles essentielles), difficile de vanter ces petits trésors. Ceci étant dit, j’ai découvert quelques petites merveilles récemment qui ont passé le test de l’eczéma haut la main. En lire plus »

Pénalisation des clients de prostituées: suite et fin de ma réflexion

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Je fais rarement du « follow-up » comme disent mes confrères anglo-saxons, mais sur ce sujet ô combien brûlant et complexe, je me dis que ça ne serait pas complètement inutile. Les échanges d’hier et les lectures que les unes et les autres m’ont conseillées m’ont amenées à réfléchir et sinon à changer d’avis, à infléchir mes convictions déjà branlantes. Voici donc où j’en suis ce matin après une bonne nuit de réflexion. J’en profite pour remercier toutes les personnes ayant eu l’intelligence et la sagesse hier de donner leur point de vue sans agressivité ou aveuglement idéologique. Je ne dirais pas qu’il n’y a pas eu quelques dérapages – j’ai supprimé deux ou trois salves désagréables – mais dans l’ensemble il me semble qu’il y a eu une circulation d’idées et c’est ce que j’essaie de favoriser ici. A celles qui ont reproché la superficialité de ma réflexion, je répondrai que je n’ai jamais prétendu avoir assez de connaissances sur le sujet pour écrire une thèse et qu’en outre, je ne suis pas certaine qu’une thèse eut été lue. Je trouve toujours terriblement méprisant – paradoxal venant de personnes dans ce cas précis se réclamant d’un féminisme irréprochable ou d’une « vraie » proximité avec les prostituées – cette façon que peuvent avoir certains militants de refuser le droit d’exprimer un avis ou une pensée si l’on a pas dix années de recherche universitaire dans sa besace pour étayer ses arguments. Dommage également que ce sujet ait tant cristallisé de ressentiment entre les pour et les contre qu’il n’y ait finalement plus de place pour les hésitations, atermoiements et autres contradictions.

Ce petit préambule terminé, voici ce que j’en pense donc aujourd’hui, de cette loi sur la pénalisation des clients de prostituées. En lire plus »

Prostitution: pourquoi je suis pour la pénalisation du client

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Le mois de novembre s’est achevé chez nous par une gastro, rien de très extraordinaire, c’est la saison, mais ce sale virus est également tombé pile poil le jour où je devais me rendre au salon du livre pour la Jeunesse, sur le stand de l’Epicerie de l’orage pour y dédicacer « L’amour, l’indispensable », l’ouvrage auquel j’ai modestement participé. Double frustration, celle de ne pas avoir pu rencontrer ceux et celles qui étaient venus pour une dédicace et d’avoir également loupé cette occasion d’enfin voir pour de vrai les tauliers de l’Epicerie. Ce ne sera j’espère que partie remise, mais je vous présente à tous mes plus plates excuses pour ce rendez-vous manqué.

Voilà, à part ça j’ai pas mal réfléchi ces derniers jours à cette loi sur la pénalisation des clients de prostituées. J’en ai beaucoup parlé, notamment avec ma copine C., mon baromètre personnel en matière de féminisme. Je ne sais pas trop si j’ai raison de coucher sur mon clavier le fruit de cette réflexion, le sujet étant explosif, il ne manquera pas j’imagine d’attirer quelques trolls en manque de sang frais. Mais tant pis, prenons ce risque, après tout, un peu de fight pour commencer la semaine, rien de mieux non ? En lire plus »