L’intérêt lorsque tu pars avec des amies chères, c’est que tu sais exactement ce que contiennent leurs valises. Des chagrins plus grands qu’un océan, des plaies encore à vif, des coeurs fendillés, des doutes, des projets qui font peur, des espoirs que l’on tait de peur qu’ils ne s’envolent. Pas de faux semblants avec ces quatre là, pas de silences gênés, pas de fausse pudeur. Pas de temps à perdre non plus, on ne sait que trop, toutes, la valeur d’une telle parenthèse enchantée. Tellement pas de temps à perdre d’ailleurs que le train n’avait pas passé Pont Cardinet, que C. a fait sauter le bouchon de la première bouteille de champagne. Il faut dire que ces deux jours étaient placés sous le signe de la célébration du mariage de l’une d’entre elles, dont je tairai le nom parce qu’après tout ça n’est pas parce que je me prends pour Catherine Deneuve que mes copines doivent tirer un trait sur leur intimité. Durant les deux heures de trajet jusqu’à Caen, il est possible que l’ensemble de la voiture 12 ait eu envie de nous dégommer. Parce qu’après la première bouteille, il y en a eu une seconde, puis une troisième puis… oui, quatre. La dernière ayant été ouverte dix minutes avant d’arriver, il a fallu, en plus, la terminer sur le quai désert, avant d’embarquer avec Cédric, le chauffeur de Taxi le plus sympa de la Basse-Normandie. En lire plus »










