Catégorie : Leçons de mode

Celle qu’on a toujours sur soi

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J'ai lu récemment, je ne sais plus où, que le meilleur appareil photo c'est celui qu'on a toujours sur soi. J'aime beaucoup ce genre d'affirmation qui me déculpabilise totalement de prendre 90% de mes photos avec mon Iphone 4. J'ai en effet un reflex et deux très bons objectifs, que j'utilise dès que je suis en vacances ou que je veux avoir des clichés en bonne résolution, des gros plans ou des images en intérieur. Mais la plupart du temps, c'est donc mon téléphone qui fait la blague, comme diraient les queens des fashion blogs.

Certes on est très loin d'un résultat de pro, mais ne nous leurrons pas, même lorsque je me sers de mon Nikon, il n'y a guère de place pour le doute non plus. 

J'ai aimé cette phrase, donc, qui faisait écho à une anecdote rapportée par une pro justement, venue récemment chez moi pour m'immortaliser (je vous en reparlerai, rien de sensationnel, juste un petit papier dans psycho qui nécessitait mon portrait). Cette photographe, adorable de surcroit (mais que je déteste un peu parce qu'elle a fait le choix avec son mari d'aller vivre en Corse et que j'ai beau être altruiste je n'en suis pas moins minée par la jalousie) me racontait donc qu'il y a quelque temps, elle était partie shooter un procès très médiatisé. Etant du genre petite pas bien épaisse, elle s'était retrouvée complètement coincée derrière une armée de gars de deux mètres auxquels s'ajoutaient trois mètres de matos. Bien qu'ayant négocié de passer devant, il lui était malgré tout impossible de cadrer son sujet, la faute aux caméras qui la dépassaient. En désespoir de cause, elle a alors sorti son Iphone, dégainé son appli Hipstamatic et shooté à la volée à bout de bras, espérant qu'elle parviendrait à avoir quelques images (quand tu es free-lance tu recèles d'imagination pour ne pas avoir fait 2000 bornes à tes frais pour que dalle). Résultat: elle a fait plus de pages que prévu dans son canard, avec des clichés totalement différents de toutes ceux de ses collègues ultra-équipés et hyper testostéronés.

J'aime vraiment la morale de l'histoire, ça me rappelle une fable de La fontaine, je ne suis pas sûre de savoir laquelle à vrai dire, mais quelque chose qui se terminerait pas "on a toujours besoin d'un plus petit que soi, car tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle y trouve un Iphone".

Le rapport avec ma modeste tentative de street staïle (mais en intérieur) du jour ? Mmmm… Pas énorme, si ce n'est qu'il en va peut-être du style comme de la photo. Parfois, il ne sert à rien de chercher midi à 14h. Un jean  qui  pour une fois tombe plutôt pas mal, un tee acheté il y a deux ans chez Primark à London (AVANT QUE TOUTES LES MODEUSES PARLENT DE CE TEMPLE A PAS CHER) et mes bottines de chez Monop (mais qui rappellent un peu celles à 400 boules d'Isabel la pas marrante): je crois que ça, c'est vraiment moi. Rien qui justifierait une érection du sartorialist, rien qui ne révolutionnera la police de la fashion des magazines féminins, mais une tenue qui me fait sentir en phase. Et qui a, faut-il également le préciser, obtenu l'aval du churros: "il te fait un beau cul ce jean". (Je suis consciente que ça ne se voit pas sur la photo).

Parfois, la meilleure tenue, c'est peut-être celle qu'on a quasiment toujours sur soi, si ça se trouve.

Edit: Au cas où certaines se le demanderaient, le jean est de chez Gap et en vrai il est marron tirant sur le mastic. Ça faisait des années que je n'avais pas acheté un fut chez Gap, les jugeant très chers, mais je pense y revenir rien que pour leurs différentes longueurs de jambes. Etant à la limite du cul de jatte (à moins de prendre un bermuda j'oublie les pantalons 7/8è), c'est absolument rarissime pour moi de trouver des jeans auxquels je ne dois pas enlever la moitié.

Boxomodo: quand je joue les stylistes (une box à gagner)

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EDIT de 20h30: LE JEU EST TERMINÉ, C'EST LE COMMENTAIRE 184 DE STEPH QUI GAGNE LA BOX "PENSEES DE RONDE". LE HASARD FAIT PARFOIS BIEN LES CHOSES, ELLE EST UNE DE CELLES QUI AVAIENT CHOISI JUSTEMENT MA BOX ! UN GRAND MERCI POUR VOTRE PARTICIPATION ET DÉSOLÉE POUR LES DÉÇUES… A DEMAIN ! JE FERME LES COMMENTAIRES SUR CE BILLET POUR QUE VOUS NE LAISSIEZ PAS DES COMMENTAIRES POUR RIEN !

S'il y a un truc pour lequel je suis absolument nulle, c'est pour associer des fringues. Du coup, je privilégie les hauts unis que je mets avec des pantalons noirs quand je veux être un peu classe ou des jeans le reste du temps. Mes rares initiatives visant à faire preuve d'un peu d'originalité s'avèrent la plupart du temps désatreuses. Et si chez les modeuses les mélanges d'imprimés font un tabac, chez moi ça fait au mieux ringarde, au pire daltonienne.

Je ne m'attarderai pas sur les chaussures dont je ne sais absolument jamais si elles vont avec le reste, sachant que je ne me pose pas la question, la seule qui vaille pour moi est de savoir si elles vont – ou plutôt dans quelle mesure – me tuer les pieds en cas d'obligation de marcher plus de 20 m.

Bref, je suis l'incarnation de la fille qui aurait besoin d'un personal shopper 24/24 mais qui n'en a pas les moyens. C'est certainement pour cette raison que l'initiative Boxomodo m'a tapé dans l'oeil quand j'en ai entendu parler ça et là. Ce principe de proposer des "packages" de tenues m'a semblé super malin. Ah parce que oui, ce que j'ai dit pour les chaussures est évidemment vrai pour les sacs, les colliers ou les foulards. 

Alors bien sûr, du coup, c'est un investissement, parce que "ça + ça + ça", ça fait un gros "ça" à l'arrivée. Ceci étant dit, je ne compte pas le nombre d'accessoires achetés sur un coup de coeur et jamais portés parce que n'allant avec absolument rien de ma penderie pourtant pas super fournie. Donc peut-être qu'au final, je me serais peut-être moins ruinée si je n'avais pas mis autant de temps à rencontrer Caroline et Anouk, les fondatrices de Boxomodo. Deux femmes culottées qui ont décidé de monter toutes seules avec leurs petits bras cette entreprise. S'il y a bien quelque chose qui m'impressionne, c'est – après le fait de savoir assortir une étole avec la couleur de son vernis ET de son rouge à lèvres, donc – d'oser se lancer comme ça, à deux, sans filet. 

Bref, lorsqu'elles m'ont proposé de composer "ma" box, j'ai dit pourquoi pas, mais va falloir m'aider. Après avoir fouiné dans les armoires pleines à craquer de leur showroom sous les toits parisiens, j'ai opté pour ce top à carreaux (et écru un peu brillant dans le dos, les photos ne sont pas très explicites) et cette minaudière clinquante que je ne me serais jamais achetée. Caroline et Anouk m'ont quant à elles persuadée d'y ajouter ce foulard plein de coquelicots. Franchement j'étais sceptique : des fleurs et des carreaux ? Et bien contre toute attente, ça marche. Même le churros a trouvé ça joli (ce qui n'est pas en soi une preuve irréfutable, on est d'accord).

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(en mode bernadette)

Quoi qu'il en soit, si j'ai accepté, c'est surtout parce qu'elles m'ont proposé de vous faire gagner une box "Pensées de ronde". Pour cela, rien de plus simple: vous vous inscrivez dans "les bons plans de Boxomodo" (en bas à droite de la home page) et vous me dites dans un commentaire pour quel objet ou tenue vous craquez sur le site. Et ce soir, le churros tire l'une de vous au sort. J'ajoute par ailleurs que le site propose des tenues complètes mais que chaque objet peut être acheté séparément (moi j'avais pas compris, hein).

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Edit: les photos ont été prises par la chérie, un jour où il ne faisait hélas pas assez beau pour aller dehors, autant vous dire que les conditions étaient bullshit. Excusez mon langage (pardon my french).
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La box est donc composée:

 # d'un top "Just in case",

# d'une étole "Palme"

# d'une minaudière "Julma", qui peut se porter en pochette ou en sac (il y a une petite chaine fournie avec qui permet de la mettre à l'épaule, histoire d'éviter la pose Bernadette, justement).

Mon manteau bouillu

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Donc ce manteau. Avant tout, il faut savoir que je suis atteinte du syndrome du manteau qui ne va jamais complètement. J'en ai eu une palanquée, soit ils étaient beaux mais pas chauds, chauds mais pas beaux, près du corps mais tellement que je ne pouvais mettre qu'un soutif dessous et que ça ne le fait pas vraiment ou alors pour un trip "bonjour chéri je passe à l'improviste au boulot pour un plan baise et ça tombe bien parce que sous mon manteau je suis à poil". Fantasme assez masculin à mon avis que je n'ai pour l'instant jamais mené à bien. J'ai eu aussi les manteaux très larges dans lesquels je disparaissais, ceux qui me rajoutaient 20 ans (merci le manteau camel), ceux qui sentaient le chien mouillé dès qu'il pleuvait (mais pas qu'un peu, au point que VRAIMENT les gens se mettent à renifler dans le métro en disant "ça sent le chien MORT"), ceux dont les manches m'arrivaient au genou (je reviendrai ultérieurement sur ce point), ceux qui étaient tellement longs que j'avais l'impression de me promener dans mon duvet et ceux tellement courts que j'ai attrapé un rhume des fesses.

On m'aura comprise, je n'avais jusqu'alors jamais trouvé mon manteau mais ça n'était pas faute d'avoir cherché.

Alors qu'en plus dans ma tête, je savais quel était mon dulciné. Au dessus du genou, en grosse laine, qui fasse un peu "boule" surtout dans le dos et genre un peu masculin mais pour femme. Dans l'idéal, chiné. Et ne pesant pas un âne mort. Et chaud. 

Un jour j'ai vu une blogueuse avec un Isabel Marant. Je ne saurais vous dire laquelle de blogueuse mais je me demande en réalité s'il existe encore une blogueuse mode qui n'aurait PAS un manteau Isabel Marant. 

La machine à fantasmes a démarré. D'autant que je possède une pièce Isabel Marant depuis une dizaine d'années dont je ne me suis absolument jamais lassée alors même que c'est le genre de fringue improbable. C'est un petit pull gris, en laine épaisse comme du jogging (oui, je sais, depuis le début mes descriptions sont à pleurer de consternation mais que voulez vous je n'ai pas fait l'IFM on s'excuse) à manches courtes et forme trapèze. Acheté par le churros. Un drôle d'épisode d'ailleurs que je ne résiste pas à l'envie de vous raconter. Il avait subi une petite opération sur laquelle je ne m'étendrai pas parce que chacun mérite de garder un jardin secret surtout quand le jardin est situé à cet endroit là. Ambulatoire l'opération. A savoir anesthésie générale le matin, petite opération au fond du jardin et sortie l'après-midi. Accompagnée, normalement, la sortie. A cause que parfois les anesthésies peuvent modifier le comportement d'un homme au demeurant très équilibré.

Sauf que je n'étais pas disponible et que personne ne pouvait aller le chercher. Il était entendu qu'il prendrait un taxi direct jusque chez nous et qu'il m'attendrait sagement. Las, comme il était seul et un peu perturbé par les vapeurs d'ether ou autre produit euphorisant, il n'a rien fait de tout ça et s'est retrouvé comme par enchantement à feu la Samaritaine. D'où il a commencé à m'appeler toutes les cinq minutes sur mon lieu de travail. Avec la voix d'un gars qui aurait mangé une boite entière de prozac. Ainsi qu'un ou deux bonzes tibétains sous acides.

"C'est génial la samaritaine, tu verrais, tout est beau et tout t'irait tellement bien, d'ailleurs tu vas voir je t'ai fait un cadeau". Au premier coup de fil je ne me suis pas inquiétée, j'étais même attendrie qu'après cette opération de l'arrière cour il soit aussi amoureux de moi. Au dixième j'ai pensé avertir le service de sécurité de la Samaritaine. Parce que coup de fil après coup de fil, il m'égrenait des marques totalement prohibitives et m'expliquait que c'était impossible de résister, j'allais être teeeeeeellement belle dedans.

A l'époque, je n'étais pas de ces blogueuses qui roulent sur l'or voyez-vous et lui même, journaliste presque débutant dépassait péniblement un SMIC. Et les twins étaient encore des bébés gardés à la maison. Autrement dit, nous étions fauchés. Et la fringue la plus chic que je devais posséder était probablement un pull Mango.

Au moment où je m'apprêtais à quitter mon poste de travail au risque de me voir licenciée sur le champ (ça rigolait pas le salariat au début des années 2000), il m'a juré avoir quitté ce temple de la consommation et être sur le chemin du retour. En promis qu'il avait été raisonnable.

Raisonnable à hauteur d'un millier d'euros environ (à l'époque ça devait faire 3000 francs mais on sait bien qu'on s'est fait enfler avec Maastricht) (il faut retenir que c'était énorme pour nous). Quand je suis rentrée, j'ai trouvé pas moins de huit paquets. Que des pulls. Isabel Marant, Vanessa Bruno, Bompard, etc. Croyez-moi ou non j'ai (mollement) proposé d'aller rendre tout ça. Mais il était encore sous influence et m'a assuré que non, jetant frénétiquement tous les tickets de caisse au vide-ordure (je pense que le lendemain il est allé les chercher avec l'énergie du désespoir dans le local à poubelles mais c'était trop tard).

Bref, depuis ce jour là, il n'a plus jamais eu besoin d'aller voir au fond du jardin si tout allait bien et résultat, plus jamais je n'ai eu droit à une fringue Isabel Marant. Mais ce petit pull, hormis qu'il me rappelle ce souvenir après-coup hilarant (surtout sa tête au réveil quand il s'est rappelé de son délire samaritain) (bon samaritain en quelque sorte) (hin hin hin), est resté l'un de mes préférés. Quand je suis grosse, il est ajusté, le reste du temps il me donne un petit côté stylé que je ne déteste pas. Et il n'a pas bougé d'un poil. A l'époque en tous cas, Isabel faisait de la bonne came.

Revenons au sujet du jour. Comme il m'était impossible (bien que je sois devenue blogueuse) d'acheter plein pot un manteau d'Isa (environ 400 euros), je suis allée voir sur Vestiaire de copines, un site qui revend des trucs de seconde main, mais des trucs de marque (pas mango par contre). Je me suis dit on sait jamais. Et pan, on sait jamais parfois ça marche. Il était là, la bonne forme, chiné noir/bordeaux, taille 3, tout moi. Moitié prix et encore l'étiquette. Un peu tremblante parce que pour ainsi dire vierge du vide-dressing, j'ai dégainé ma carte bleue en me répétant que je ne faisais rien de mal et que j'avais bien travaillé tout l'automne. Et que certes on pouvait pas rendre ce qui n'allait pas mais qu'au pire je le mettrais sur ebay.

Quand je l'ai reçu, dix jours après, joliment empaqueté, j'ai cru à une blague tellement le paquet pesait le poids d'un rouleau de sopalin. Et puis non, une fois déballé, il avait l'air chaud le bougre. Léger mais chaud, déjà deux bons points. Doublé en molleton à l'intérieur, laine et alpaga à l'extérieur. 3ème bon point. Et bonne longueur. Avec le côté boule dans le dos. Un peu mec, non ? Rah, jouissance.

Et puis soudain, grosse frayeur. Les manches. Pile poil. Tout juste un peu courtes. Y'avait un flou un loup.

Il faut que je vous explique avant d'aller plus loin, que j'ai les bras courts. Ça ne se voit pas au premier regard, peut-être même pas au second. Je veux dire, je ne pense pas, que les gens quand ils me rencontrent, ils se disent "mais c'est qu'elle a des petits bras celle là". Pas comme André Manoukian par exemple, qu'une fois qu'on l'a remarqué on ne voit plus que ça et qu'on a envie de lui dire "pas de chocolat". Mais quand même. Ils sont courts. Sinon comment expliquer que TOUT ce que je porte à manches longues ait des revers ? Surtout mes manteaux que je dois SYSTEMATIQUEMENT faire reprendre à cet endroit là ?

Et là, pof, comme par hasard, il m'irait impecc ? Doutance.

Soudain j'ai compris. La fille elle l'avait fait BOUILLIR. D'où le moitié prix. Je me serais collé des gifles d'être aussi cruche. Comme une bleue je m'étais fait avoir.

En bonne pisseuse 2.0, j'ai immédiatement confié mon désarroi sur twitter. Sur le mode "je suis bien fuckée, avec mon manteau Isa Marant tout bouilli et ses manches trop courtes".

Heureusement, twitter n'est pas comme qui dirait peuplé que d'ignares. Et dans la seconde, Géraldine et Cécile m'ont répondu sans l'once d'une condescendance (parce qu'elles sont des modeuses sympas) que je ne devais SURTOUT pas paniquer et ne balancer le manteau sous aucun prétexte. "Tu le reposes immédiatement et tu sors du local à poubelle". Parce que Isa, elle est comme ça, elle aime les manches courtes. Paie ta mitaine en Marant. Passée l'humiliation (apparemment TOUT le monde sait ça) j'ai enfin pu savourer mon bonheur parce que "manches courtes" pour les autres = bonne longueur pour moi et que donc pour une fois je n'aurais pas de revers à mon manteau. Et aussi parce que je ne m'étais pas fait avoir vu que personne n'avait fait bouillir mon manteau.

Depuis, je ne saurais vous expliquer l'impression délicieuse qui s'empare de moi à chaque fois que je l'enfile (je sais). Il est chaud comme si je me trimballais une peau de bison sur le dos, léger comme une plume et il a une allure folle. Sauf pour le churros qui le déteste (- il est trop grand non ? – non, il est oversize – c'est bien ce que je dis, il est trop grand). Mais TOUTES mes copines l'adorent. CQFD.

Voilà,  j'ai réussi à pondre un roman sur un manteau et viens probablement de perdre tous ces nouveaux lecteurs arrivés ces deux derniers jours convaincus d'avoir affaire à une leadeuse d'opinion très crédible. Alors qu'en réalité, je suis complètement… bouillie.

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Et incapable de mettre une photo où on voit vraiment mon manteau. Par contre il est évident à la revoyure que ces bottes en caoutchouc qui m'ont donné l'impression d'être kate moss à glastonburry me tassent aussi sûrement que si j'étais passée sous un bus.

Leçon de séduction

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Samedi soir nous étions invités à l'anniversaire de notre ami J. Rien de très huppé, hein, un repas à huit avec les mêmes et on recommence. Mais depuis que mon bureau se situe à moins de dix mètres de mon canapé (en réalité mon bureau EST mon canapé) (et inversement), j'ai rarement l'occasion de faire des frais de toilette. Je mets certes un point d'honneur à m'habiller tous les jours ET à me maquiller un minimum mais hormis quelques rendez-vous à l'extérieur, je fais rarement péter le chemisier en soie.

J'avais donc une envie subite d'élégance ou tout au moins de mise en avant d'un semblant de féminité. Peut-être aussi en raison de dix jours consécutifs à nettoyer le vomi de Rose. ("moi dans mon ventre j'ai plein de GLAIRES", s'est-elle exclamée dans la file du Monoprix vendredi, sous vos applaudissements)

Bref, trêve de digressions, j'avais envie de faire ma Catherine Deneuve. Et d'en mettre plein la vue au Churros. Histoire qu'il oublie définitivement cet épisode de pyjama-bassine-à-dégueulis.

Je n'ai pas lésiné sur les moyens. Jupe crayon taille haute hyper entravante, bottes avec talons de douze ultra douloureuses et blouse légère noire ostensiblement transparente. Don Draper, reprends un whisky, la nuit va être longue. Même ma culotte et mon soutien-gorge étaient coordonnés ce qui arrive uniquement lorsque la lune est en capricorne et que mars et jupiter sont alignés. Quand je suis descendue dans le salon, non sans avoir pris le temps de froisser – défroisser mes cheveux et de crayonner mes yeux en un smokey eyes à faire pâlir de jalousie les plus grandes beautistas de l'internet, je dois avouer que j'étais sûre à 100% de voir mon époux tomber à la renverse (ses érections ont tendance à lui faire perdre l'équilibre) (oui j'ai beaucoup de chance).

Au lieu de quoi, il m'a jeté un coup d'oeil distrait et s'est replongé sur son fil twitter (on travaille beaucoup sur le sujet mais on a un problème d'addiction).

Rose quant à elle m'a longuement fixée, puis rendu son verdict: "tu es très belle maman. Mais tu fais quand même un peu peur".

Ce qui a déclenché un fou rire immédiat du churros qui là d'un coup en a oublié son micro-réseau à la con. Je passe rapidement sur le psychodrame qui a suivi ("tu n'aimes pas ma tenue ou quoi ?" – "si si" – "attends, c'est bon, après 15 ans, je sais exactement quand tu aimes ou quand tu n'aimes pas" – "mais si, tu es très bien" – "très bien, mais pas whaou" – "mais si, whaou" – "ok. Comment elle s'appelle cette pute ?" – "mais enfin, tu délires ou quoi, tu es parfaite. Très belle" – "j'ai compris, je vais me changer" – "mais noooon" – "c'est parce que j'ai grossi ?" – "pas du tout" – "ou alors c'est que je suis vieille". "Pfffffffffff" – "Tais-toi".)

Pour la faire courte, je suis allée me changer, ai opté pour une autre blouse, en plumetis noir cette fois-ci et un short, noir également. J'ai gardé les bottes. Et le churros a semblé trouver ça mieux, sans pour autant non plus en faire des tonnes. Je n'étais pas dévastée mais j'ai tout de même vidé deux bouteilles au bas mot à moi toute seule chez nos copains pour noyer mon désespoir. Du coup j'ai ricané grassement pendant une heure quand Frédé a trouvé que mon fondant marrons-chocolat ressemblait à un gros cul. Ou en tous cas qu'un anus s'y était planqué. Classe.

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Le lendemain, vous vous doutez que ma mise fut sommaire. Autant la veille, sur une échelle de 1 à 10, je me serais accordé un 8 (un 8 à mon niveau, je précise), autant là, même un 2 eut été cher payé. Jean pourri, yeux de panda (la couette démaquillante ne marche pas à tous les coups), haleine chargée et t-shirt Petit-Bateau. Propre, par contre.

Et là, pof, le churros me voit et me fait son regard "je vais te faire bouffer l'oreiller". Certes rassurée quant à l'avenir de notre mariage, j'ai tout de même tenté de sonder les tréfonds de son âme pour comprendre en quoi ma gueule de biais et mon allure de pochetrone pouvait avoir le moindre attrait en comparaison de mon outfit ultra élaboré de la veille. "En fait, l'hyper-féminisation te fait peur, c'est ça ? Tu me rabaches que tu adooores le style années 50, les nanas moulées dans des jupes au genou avec talons aiguilles mais je t'ai fait te sentir un tout petit garçon en me déguisant en femme fatale. Tu es comme tous les hommes finalement, tu étais en DANGER. Peur de la castration, c'est tout. A moins que ce soit mon maquillage ? Pas assez naturel ? Je manquais de subtilité, c'est ça ? Et nia nia nia et nia nia nia".

Il m'a laissée soliloquer et quand je me suis tue, il m'a mis une main aux fesses et m'a répondu: "non, c'est juste que ton t-shirt, là, il est un peu trop petit et il me donne envie de te toucher les seins. j'adore".

Mad-Men staïle: 0 – Petit-Bateau: 1.

Moralité, et ce sera mon premier conseil cadeaux de Noël (peut-être le dernier d'ailleurs parce qu'au vu de ma piètre récolte pour l'instant en ce qui concerne mes propres achats je me demande si je vais honorer mes engagements à ce sujet), achetez aux filles que vous aimez des t-shirt petit-bateau. Si possible une taille en dessous de ce qu'elles portent d'habitude. La couleur et la forme du col importent peu. L'essentiel étant qu'ils vous moulent les seins. Ah parce que oui, le mieux c'est de vous en offrir un, les girls. On n'est jamais si bien servi que par soi même.

Froid, moi ? Never.

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La dernière fois, avant un rendez-vous où j'étais en avance, je suis entrée chez Damart à Châtelet. Depuis un moment déjà je voulais essayer ces maillots de corps qui soit-disant tiennent si chaud que froid, moi, jamais.

Et bien laissez-moi vous dire que choisir un Damart c'est drôlement compliqué. Ça m'a rappelé l'épisode du duvet pour le machin qui partait en colo. Où comment être frappée du syndrôme décisionnel : est-ce que je prends celui qui protège du froid niveau 4, au risque de transpirer méchamment ou bien je privilégie une protection moindre, plus confort à Paris mais d'aucune utilité au cas où je m'envolerais de manière impromptue à Stockholm (on sait jamais).

Et au niveau de la coupe, manche longues ou manches courtes ? Et pourquoi pas ce débardeur noir, tout con, si con qu'on dirait pas un damart ? En même temps, avoir chaud au ventre certes ça compte, mais si les épaules ne sont pas couvertes, est-ce que ça marche quand même ? 

Et question style, est-ce que j'y vais à fond en privilégiant les modèles mamie à dentelles – tellement 2012 – (non ?) ou je joue la carte de la sobriété (tellement Ines, mais si, Ines, l'auteur de cette si profonde réflexion, "quand on est au Bon marché, on a l'impression que rien ne peut nous arriver" (euh,si, un découvert ?)).

Mon cerveau a fumé, je me sentais perdue dans les méandres du doute. Finalement, l'heure de mon rendez-vous approchant, je me suis pointée à la caisse avec l'équivalent du PIB de San Marin en tricots de corps. Comme toujours, dans l'hésitation j'avais pris un peu de tout. Ce n'est pas comme si on vivait l'hiver le plus doux depuis 1956 ou comme si on nous prédisait de toutes façons un réchauffement climatique inexorable.

J'étais en train de me demander si je n'allais pas tout reposer et repartir en loucedé (ça m'arrive souvent dans les magasins à vrai dire de laisser tomber à deux secondes de payer, l'angoisse du gardien de but devant la machine à carte bleue, j'imagine) (ou une révélation soudaine: je n'ai pas VRAIMENT besoin de ce quatorzième jean qui en plus me fait un gros cul), quand trois vieilles dames ont commencé à me brancher. "C'est votre premier damart ?" m'a interrogée la première, une sorte d'excitation fébrile dans les yeux. Alors que j'acquiescais, la seconde s'est presque jetée dans mes bras pour me féliciter, pendant que la troisième me faisait jurer de ne surtout pas les repasser, "ça fiche en l'air le principe actif ma petite fille". "Mais à part ça c'est increvable. Et on ne peut plus s'en passer. 23 ans que je viens tous les ans", a-t-elle murmuré comme on livre un secret inavouable. "Et puis c'est ravissant, non ?", a renchéri la plus coquette, entrouvrant, rougissante, sa chemise pour me montrer son caraco en dentelle vintage, cuvée 1978.

Après cette intronisation en grande pompe vous imaginez bien qu'il m'était impossible de me débiner.

Depuis, il fait 22° en moyenne à Paris et je pourrais limite ouvrir une sucursale de vente de thermolactyls dans le 13è.

Mais peu importe, je fais désormais partie du crew Damart et ça je peux vous dire que c'est tout de même autre chose que de posséder des bottes à franges Isabel Marant.

Edit: Photo prise accidentellement par Rose et qui m'évitait de vous en coller une de moi en tricot de corps. La veste sans manches que je porte est une de ces pièces (monop, what else) qui ne servent pas à grand chose (pas assez chaude en hiver et trop le reste du temps, sauf par miracle quand il fait environ 14°, ni plus ni moins) mais dont je ne me lasse pas tant j'ai l'impression qu'elle me donne un style hyper pointu (c'est en général le cas des trucs sans manches, non ?) (surtout quand ce sont des trucs CENSÉS avoir des manches).

Edit2: il me vient à l'esprit qu'on pourrait imaginer que ce billet fusse une commande sponsorisée. Que nenni.

Ça c’est CHIC !

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Hier j'étais donc invitée à une séance de relooking par Cristina Cordula. L'objectif: immortaliser le travail de miss magnifaïque qui soublimait la fameuse petite robe noire sur chaque participante.

Ce que je n'avais pas compris en réalité c'était que moi aussi je venais pour être soublimée grâce au regard affuté de Cristina. Vous pensez bien que si j'avais capté le truc, j'aurais à minima fait quelque chose concernant les poils d'un centimètre ou deux qui s'épanouissent depuis près d'un mois sur mes mollets. A minima. 

Quand on a commencé à me suggérer de passer au maquillage et coiffage, j'ai dans un premier temps poliment décliné: "non, c'est très gentil, je préfère observer, vous voyez ? Je suis journaliste, vous savez". Nadia, qui était là aussi, elle a dit pareil, en plus ferme: "pas question, merci, je suis malade, aucune envie de faire des photos". Aimable, classe, mais sans appel.

Ce qui est étrange c'est que Nadia, personne n'est venu la relancer. Ça doit être ça qu'on appelle l'autorité naturelle.

Qualité dont je suis très manifestement dépourvue.

Mais qui a été généreusement distribuée à bébé cristina il y a quelques années (22 ? 34 ? 42 ? on ne sait pas).

C'est du moins ce que j'en ai déduit lorsqu'elle m'a haranguée alors que je faisais quelques clichés des filles relookées: "C'est ton tour !".

– Nnnnoui, d'accord.

Grande démonstration de fermeté.

Par contre, pas question qu'on touche à mes cheveux, ni qu'on me maquille. Et le photo call, là, c'est niet. (serment solennel prononcé à voix basse) (très basse) (en silence) (après je me suis excusée).

Cristina m'a donc entrainée dans le dressing où une quarantaine de petites robes noires n'attendaient que moi. 

Plus exactement, où 39 petites robes noires en taille 32 attendaient les autres filles, pendant que le seul modèle en 38 – 40 se faisait grave chier, rapport que dans la presse féminine, ça se confirme, on ne mange pas. Ou alors on a trouvé le secret de la minceur éternelle.

Cristina, elle m'a demandé ma taille, j'ai murmuré 40 en pensant 42 et je me suis retrouvée à peu près dans le même état que 30 ans en arrière dans les cabines d'essayage des Nouvelles Galeries, avec ma mère suant sang et eau pour me faire enfiler un kilt qui sur moi ne faisait pas vraiment kilt.

"Elle a une belle poitrine", a dit Cristina, sans que je ne comprenne vraiment à qui elle s'adressait, alors j'ai dit "hin hin hin".

Après avoir bien regardé toutes les robes, elle m'a donc tendu celle qui se tournait les pouces depuis le début de la séance, à savoir la plus grande. Je pourrais être relookeuse, j'ai pensé. (j'ai rien dit par contre parce que Cristina est très grande).

Ensuite, donc, j'ai été gentiment invitée (= METS CES COLLANTS, LES TIENS NE SONT PAS CHICS !) à changer mes bas trop opaques et trop… pas chics, pour d'autres en effet bien plus distingués (= avec des fleurs partout). Mais de deux tailles en dessous de la mienne. "REMONTE LES, ÇA MARQUE LÀ (elle a pointé son long doigt tout fin exactement à l'endroit où non seulement mon collant mais aussi ma culotte avaient trouvé une place pépère)", a incanté Cristina. J'ai obtempéré et miracle, à croire que les collants aussi étaient terrorisés, ils ont accepté de se loger un peu plus haut. Ainsi que ma culotte. Y'en a qui n'ont vraiment pas de couilles.

Une fois juchée sur des escarpins noirs de 14 kilomètres de haut (j'avais auparavant essayé des stilettos panthèses – PAS CHICS), j'ai regardé Cristina. Elle m'a regardée. Je l'ai regardée. Et elle a dit:

– Tu es CHIC.

Je crois que le jour où j'ai enfin obtenu mon permis après quatre tentatives infructueuses, je ne me suis pas sentie autant soulagée.

Un peu déçue néanmoins de ne pas avoir reçu le label SEXYYYYYYY qu'elle avait distribué à droite et à gauche avant moi, mais finalement, chic, ça va. C'est mieux que PAS chic.

Je me réjouissais trop vite.

– Maintenant tou vas te coiffer et te maquiller chérrrrrrrrie.

– Mmmm… Mais je suis coiffée et j'ai aussi un peu de fond de t…

– NON. TOU N'ES PAS COIFFEE. PAS CHIC ! ALLEZ VIENS AVEC MOI. STEEEEEVE, CHERRRRI, TU ME LISSES TOUT ÇA LÀ, JE VEUX DU CHICCCC. C'EST OKAYY POUR TOI CHERRRIIEEE ?

– (en pensée: je hais les cheveux lissés, Michel, viens à mon secours, emmène moi au pays de la frange et du soleil). En vrai: Nnnoui ? 

Pendant ce temps, Nadia fusillait des yeux toute personne qui éventuellement aurait l'idée saugrenue de lui proposer un coup de blush. Et ça marchait, putain. 

C'est donc comme ça que je me suis retrouvée brushée, maquillée, moulée dans une robe trop petite qui – je ne l'ai vu qu'après coup – boudinait tellement mes épaules que mes bras étaient cyanosés et perchée sur des talons de 14 me rendant incapable de m'enfuir. Et par conséquent obligée d'accepter le photo-call ET de porter pour l'occase un énorme sac à pouffe en fausse fourrure, qui a manqué je crois de faire mourir Nadia de rire.

Le summum du ridicule ayant été atteint lorsque le photographe, adorable mais manifestement sous acide, m'a visualisée en femme FATALE, bombant le torse, menton en avant, regard assassin et marchant droit vers son destin de croqueuse d'hommes et de diamants.

FATALE. C'est mon deuxième prénom, ça tombe bien. Si vous êtes sages, je vous mettrai la photo en question plus tard. Mais c'est pas sûr, tant que je n'ai pas trouvé comment photoshopper mes bras.

Voilà, ce fut donc mon expérience pretty woman. En vrai c'était très drôle de se retrouver dans cette ruche pleine de filles surexcitées à l'idée de se déguiser le temps d'une photo. La maquilleuse était une magicienne qui m'a fait perdre quelques années en deux ou trois secondes et qui en plus était hyper gentille. Quand au hair stylist, il a été chou, il a fait un brushing pas trooop lisse (alors que ça se voyait qu'il avait peur lui aussi). Et Cristina ? Ben c'est Cristina, quoi !

Les photos ont été prises avec le dernier téléphone Blackberry torch 9860 que l'on m'avait prêté pour l'occase et les petites robes noires étaient mises à disposition par Ebay qui fête actuellement les 85 ans de la LBD ( little black dress). Merci Anaïs, c'était un chouette moment !

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Edit: à la demande générale, voici la photo. C'est une photo de photo en réalité, elle m'a été donnée sur papier. Je crois que l'attitude de winneuse ne me réussit pas du tout, c'est quoi cette grimace, hein ? Et peut-être qu'en réalité, je m'apprécie plus avec des lunettes. Je précise d'ailleurs que j'ai décidé comme une grande de les enlever, non, je ne suis pas un pantin !


Ah et en fait le collant et la culotte en ont profité pour se remettre au creux d'un bourrelet…

Edit2: en fait je l'ai enlevée, je ne l'aime vraiment pas 🙂

The black little dress

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Trop de travail, une visite impromptue hier d'un ami qui vit à tataouine et pof, pas de billet du coup aujourd'hui.

Je suis démasquée, je ne fais pas de marbre, comme on dit dans la presse, à savoir que je n'ai pas de posts d'avance, jamais.

Bref, un non-billet, pour vous dire que tout de même je suis excitée comme une puce vu qu'à midi je participe à un truc de blogueuses – et croyez moi c'est rarissisme, je suis l'arlésienne des "opé" (du nom de ces manifestations où sont invitées les influentrices de l'internet). En général ça tombe mal, ou bien c'est loin, ou bien en fait, j'ai la flemme.

Mais là mes chewies, je ne pouvais pas dire non, c'est pour déjeuner avec Christina Cordula et jouer les tintins petits reporters pendant une séance de relooking (enfin si j'ai bien compris, ce qui n'est pas évident, on ne s'improvise pas professionnelle de l'opé comme ça).

Surtout, la thématique, c'est la petite robe noire. Alors du coup, moi, je suis habillée comment aujourd'hui ? Ben évidemment. Et ce qui me fait marrer, c'est que c'est donc la même que celle arborée il y a genre cinq ans lors de ma brève mais intense carrière dans le mannequinat (part one et part two)

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Si ce n'est pas la preuve que je suis une adepte de la décroissance. Si je vous dis en plus qu'elle vient de Camaïeu, vintage 2004 ?

I know. Un-be-lea-ve-ble

Je préfère ne pas m'étendre sur les conditions de cet auto-shooting. Je me contenterai de vous indiquer pudiquement que je manquâs mourir. (le siège du piano de ma fille n'a pas nécessairement apprécié ma charge matinale).

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(ohhh, mais où sont passés tes yeux, les as-tu perdus dans la pile de linge à repasser ?)

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Quant aux bottes, elles sont signées H&M, elles sont en plastique ou pas loin, m'ont coûté quelques 40 euros et ont été achetées avant tout parce que pour la first time of toute my life, je rentrais dans un modèle non extensible et non calibré pour mollets rondouillets. Aussi j'ai l'impression d'être Diane Keaton avec. Par contre je ne sais pas marcher plus de cinq minutes quand je les porte. Toujours cette histoire de cambrure sa mère.

Voilà, c'était un billet qui ne devrait pas manquer j'imagine de faire réagir toutes celles qui en ont marre des commentaires à la oui-oui et qui disent un grand non à la censure politiquement correcte. Non ?

En attendant dès demain je vous raconte ma rencontre avec celle qui est une de mes idoles absolues de l'univers télévisuel…

Des chaussures très Marant(es)

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L'autre jour j'ai vu Violette et direct elle a checké mes chaussures. C'est un peu à ça qu'on reconnait les professionnelles de la moderie.

"Non mais je rêve que tu te la racontes en boots Isabel Marant – ou pas loin", elle a fait.

Elle sait me parler Violette. Je le sentais confusément que j'étais très très proche du bon achat malin en raflant ces low-bottes à Monoprix la dernière fois.

Je le sentais mais à dire vrai, j'aurais été bien incapable de dire de quel modèle sooo fall 2011 elles se rapprochaient.

Et bim, les Marant, qui doivent toucher dans les 300 euros si tu es sage. Ou plus, si ça tombe.

Les miennes ? 55 euros. Et ma foi elles font bien la blague, si ce n'est que mon slim brut de chez Monoprix aussi a légèrement déteint dessus.

Du coup ce sont des Isabel mais vintage (marrons tendant sur le bleu). 

Il n'empêche que ma coach en bloguerie de mode m'a suggéré d'en faire un billet malgré tout. J'ai du la regarder avec mes yeux naïfs de bébé faon parce qu'elle a soupiré: "les gens attendent de toi que tu les guides spirituellement, mais pas que". 

Je suis un peu embêtée parce que j'ai confusément senti qu'elle attendait aussi quelque chose de moi mais je n'ai pas su quoi. Ou alors je fais un transfert.

Enfin voilà, étant donnée ma personnalité de pétunia, j'ai obtempéré dans les heures qui ont suivi, demandant à mes enfants accablés de shooter mes chaussures jolies. Que voici.

Bon week-end.

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Avant déteinte du jean

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Niquées les drôlesses. Quant tu penses qu'à 300 euros elles auraient probably la même tronche sauf que je serais personnellement dans un Etat proche du Minesota, du coup.

Edit: Pas sûre que ma coach valide ce billet en fait. Lino + chaussures décolorées + photos ratées = pubs pour protèges slips jusqu'à la fin de ma vie, je le crains. Je peux me brosser pour du Burburry.

Agnès B ou le fantasme de la marinière

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Je crois que mon premier objet de désir fashion remonte à mon arrivée au lycée. Je venais de quitter le collège très familial où enseignait ma mère et dans lequel toute vélléité modesque était sévèrement réprimée par la surveillante en chef. Laquelle nous inspectait le matin et nous envoyait manu militari aux toilettes nous démaquiller lorsque par malheur on avait « les yeux faits ».

 Le lycée, ce fut une sorte de pays de cocagne pour cela. Nouvelle indépendance, mobylette à la clé, établissement en plein centre ville dans les quartiers bourgeois de Lyon. Avec du coup, des filles branchées comme je n'en avais jamais vues. Je me souviens, ma copine Béa et moi avions eu l'impression d'être deux paysannes en goguette le premier jour avec nos pulls roulés autour de la taille sur des jeans tex mal coupés. 

Les it-girls de l'époque portaient des 501 ou des jean cimarron et arboraient toutes des marinières Agnès B.

 

THE marinière Agnès B. Pas des fake comme on pouvait en trouver au Leclerc pour pas cher, non, des vraies, avec le tissu qui allait bien et les rayures piles à la bonne dimension. Ma préférée c'était la rose et grise. 

 

Il était évidemment hors de question de nous en procurer pour Béa et moi, nous ne venions pas de la fange, loin de là. Mais pour l'ainée de quatre enfants que j'étais, dans une famille au revenu divisé par deux avec le plan de licenciement qui avait foutu mon père dehors, acheter une marinière griffée qui à l'époque devait valoir dans les 200 francs (un monde), c'était à peu près aussi envisageable que d'avoir la permission de sortir en boîte.

 

C'était sans compter le marché noir de la marinière. Une copine, délurée comme pas deux et reine des bons plans avait en effet un filon de cardigans à petits boutons et autres must have Agnès B pour trois fois rien. Seule concession à la trendytude: les étiquettes coupées. Ce qui n'était pas rien dans ce milieu bien pourri où il n'était pas rare qu'une chipie retourne le derrière de ton tee-shirt pour vérifier la provenance de tes sapes.

 

Autant vous dire qu'on s'en tapait le coquillard, avec Béa. Et qu'on y a écoulé tout notre argent de poche, pour pouvoir nous aussi nous pavaner en tenue de bagnard.

 

Avec le recul, je ne suis pas certaine que ce fut la meilleure idée de ma vie. Je veux dire, les rayures quand on est une adolescente aussi haute que large.

 

Toujours est-il que voilà, Agnès B pour moi, c'était un peu l'équivalent d'Yves Saint Laurent. Et que le premier cadeau que j'ai fait au churros, c'était un pull Agnès B. Parce que j'avais l'impression en entrant dans la boutique de la rue du jour d'avoir gravi pas mal d'échelons depuis la classe de seconde. 

 

Après j'ai payé une armoire d'agios. Preuve que j'avais du rater quelques marches de l'échelle en question.

 

Il n'empêche que lorsque j'ai reçu il y a un mois de ça environ un mail du service de presse m'invitant au défilé Printemps Eté 2012 d'Agnès B, la boucle était bouclée. Mon premier défilé serait pour l'idole de mes 15 ans. 

 

Demain je vous raconte comment ça s'est passé si vous voulez. Ah et pas de panique, la semaine prochaine on reprend un cours normal, à savoir que je ne vais pas me mettre à parler chiffons tous les jours, j'aurais pas la matière, by the way.

 

Edit : en photo, le modèle que j'ai préféré au défilé, parce que la robe, la longueur, la top qui n'était pas exactement une planche à pain et ce jaune soleil aussi je crois. Peut-être, sûrement, également, parce que je suis certaine que c'est le style de robe qui fait ronronner mon mari.

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Edit2: C'est tout de même ma PREMIERE photo de défilé, je suis complètement retournée.

Edit3: Par contre pour une comme ça il y en a 200 à jeter, respect Garance Doré.

Edit4: Demain le ton sera légèrement plus tragi-comique, j'ai tout de même failli me transformer en torche vivante sur le catwalk.

Edit5: En revanche je suis assez étonnée qu'on ne m'ait toujours pas envoyé mon chauffeur pour la soirée de Carine.

La minute beauté

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C'est bien ma veine la chaleur a fait repartir ma dishydrose.

On développe sur la dishydrose ou on jette un voile pudique sur ces charmantes cloques qui pulullent sur mes doigts de pied et démangent plus fortement qu'une colonie de morpions ?

On jette un voile pudique.

Tout en précisant que ça n'est ni contagieux ni vénérien.

Je ne voudrais pas plonger dans la confusion non plus.

Ceci m'offre une transition parfaite pour ce billet beauté. Si si.

The thing is que soudain hier en me démaquillant (je suis dans une période où je me démaquille, c'est cyclique chez moi, comme les semaines où je me fais les ongles, m'épile les sourcils ou range au fur et à mesure mon courrier), j'ai eu un flash. J'avais ici même vanté les mérites de la mousse démaquillante aux cinq roses de Nuxe.

Or mon intégrité de blogueuse (d'autant plus aisée que le flacon je l'ai payé) me force à vous révéler une triste affaire. Certes divine par son parfum et sa texture, la mousse en question m'a collé de l'eczéma.

Je suis atopique moi en ce moment, je ne vois que ça. Atypique également mais ça n'a rien à voir avec le ski.

Il n'empêche que depuis que j'ai arrêté de me décaper le visage avec, j'ai gagné dix ans. Parce que le dit eczéma avait élu domicile sous mon oeil gauche, magnifiant par là même les minuscules sillons d'expression qui s'ordinaire font tout mon charme.

Douze colyres et quatorze crèmes plus tard j'ai eu une illumination et décidé de suspendre mon démaquillage à la mousse séance tenante. Et en trois jours, terminée l'affaire.

Résultat, après trois semaines de nettoyage à l'oreiller (ça marche assez bien) j'ai fini par acheter un autre produit en pharmacie qui ma foi n'est pas ultra glamour mais qui semble convenir à ma peau jeune/à problèmes/mature/atopique/mixte (de merde).

J'ose à peine vous le recommander tellement j'ai honte de vous avoir peut-être incitées à acheter le produit précédent en lui jetant des fleurs avec toute la retenue qui me caractérise (génial, merveilleux, divin).

Mais au cas où vous chercheriez un démaquillant qui ne coûte pas une blinde et n'agresse pas votre peau (de merde), il s'agit donc de la gelée micellaire Sensiphase anti-rougeurs d'Aderma

J'avais prévenu que ça n'était pas glamour.

Par contre, je confesse continuer à me rincer la figure à l'eau, et même à prendre des douches. Pourtant j'ai bien lu à plusieurs endroits sur la blogo que l'eau c'était très caca et que plus personne en 2011 ne s'aventure à mouiller sa figure avec autre chose que des brumisateurs d'urine de poney. Tant pis pour Joëlle Ciocco, moi si je ne me passe pas de l'eau froide sur la figure le matin, j'ai l'impression d'avoir la gueule de bois. Un peu comme Violette qui n'arrive pas à mettre une crème teintée sans hydratant dessous (soulagement moi c'est pareil, on est cons. Je crois. Non ?).

Voilà, en résumé donc, mousse aux cinq roses de Nuxe, bouh pas bien prout et gelée Sensiphase d'Aderma, génial divin merveilleux, must have. Jusqu'au prochain eczéma.

Je vous laisse ça me gratte trop.