Catégorie : Leçons de mode

Pensées fillosophiques

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Hier, alors que je me rendais à un apéro entre filles, je réfléchissais au sens de la vie pendant que mon bus traversait à vive allure l'Ile de la Cité (je précise pour l'allure parce que ça vous transmet direct une information capitale: les Parisiens sont déjà un peu partis en vacances). L'objet de mes pensées ? Mon style. Ou plutôt mon absence de "style". Et le fait qu'en dépit de toutes mes postures un poil ironiques sur la chose, je ne m'en fous pas. Ce qui en soi est certainement pire. Je veux dire par là que peut-être que si je m'en fichais, mon non-style deviendrait un style en soi. Alors que là, c'est souvent une tentative poussive d'avoir l'air de la fille qui colle aux tendances. Sauf que sur moi les tendances (le simple fait d'écrire ce mot prouve probablement mon inaptitude modesque) ne se "voient" pas.

Exemple ? La mode actuelle des robes à grosses fleurs, qu'on trouve un peu partout. Sur une fille qui a le "truc", ça fait "j'ai appris par coeur mon Grazia et j'ai parfaitement su m'approprier ma leçon". Sur moi, ça fait que j'ai acheté une blouse fleurie à la page 567 du catalogue la Redoute. Juste avant le bain bouillonnant pour pieds qui gonflent. 

Les chaussettes dans les sandales ? Sur beaucoup c'est décalé, sur moi c'est… super bizarre.

La jupe longue ? Tellement wild de l'attitude sur les autres, tellement soeur Emmanuelle sur moi.

Et la liste est longue, même le collier à gros strass "Shourouk-like" semble crier autour de mon cou qu'il n'est pas ce qu'il a l'air d'être là, que son côté toc est fait EXPRÈS.

Bref, je crois qu'il faut se rendre à l'évidence, ça ne va très certainement pas changer aujourd'hui d'autant que depuis mon dernier anniversaire (32 ans) s'ajoute à mon problème des tendances une vilaine interrogation encore plus désagréable quand elle surgit au détour d'une robe un peu courte: "est-ce que c'est de mon âge ?". 

Violette, qui s'y connait un peu, (elle a fait des études juridiques) m'a remis les idées en place quand je lui confiais mettre 9 fois sur 10 ma robe noire portefeuille monop 2007 après avoir essayé le reste de ma penderie: "Pas besoin de PORTER de la fashion pour COMPRENDRE la fashion". Et moi d'en déduire que peut-être,  ma robe noire, c'est ma "signature" (prononcer à l'anglaise), un peu comme le 501 et le pul col V de Jane.

Que les choses soient claires, 1) j'ai conscience que tout ceci est du domaine du pas grave du tout, moins grave encore que n'avoir jamais su faire cuire correctement une meringue et 2) je ne réserve pas mes pensées à ces futilités, par exemple il peut m'arriver d'être complètement absorbée par des interrogations d'une toute autre profondeur, comme de chercher à savoir comment résoudre ce problème d'ongles striés comment trouver enfin une solution à cette satanée dette.

Et puis peut-être que ça n'est pas si dérisoire. Peut-être que c'est un peu comme ce truc de vouloir maigrir, une fois qu'on arrête, c'est là que ça vient, ou pas, mais il y a malgré tout un poids qui s'en va, non ?

Voilà c'est tout, en tous cas ces chaussures pas spécialement fashion de l'attitude pédestre sont les plus confortables compensées de la terre et en soi c'est tout de même un argument de poids. Et puisque ça m'a été demandé hier, ce sont donc des Georgia Rose, et elles sont disponibles ici (ceci n'est pas un lien affilié).

Edit: toute remarque sur l'élégance de mes orteils n'aura que peu d'impact, mes pieds sont pour moi une affaire classée depuis des lustres, à tel point que j'ai réglé le problème en me désolidarisant complètement d'eux. C'est simple, je ne les CONNAIS PAS.

Edit2: Vous pouvez aussi me lire ici today pour connaitre la liste des 10 trucs indispensables à mettre dans une valise. Conseils qui compte-tenu de mon billet du jour sont à prendre avec quelques pincettes…

Moderie en Camargue

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Histoire de terminer la semaine sous le soleil, quelques photos encore de ces deux jours en Camargue. Comme je l'écrivais hier, à chaque fois désormais que je mets les pieds dans ce coin, je l'aime un peu plus. J'apprécie que ce soit moins bling que le Var et que les plages y soient bien plus vastes. L'architecture un poil délirante de certains immeubles – voire complètement perchée de la Grande Motte – me fait penser à Miami où je n'ai absolument jamais mis les pieds et qui ne ressemble probablement pas du tout à ça. Idem pour la marina de Port Camargue dans laquelle il me semble on pourrait voir surgir Sonny et Ricardo (référence uniquement compréhensible pour les plus de 30 ans).

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Sinon, nous étions donc entourées de ce qui se fait de plus pointu en moderie, à savoir les REDACTRICES DE MODE. Vous me connaissez, moi et mon manque de personnalité, autant vous prévenir que j'ai grave potassé pendant ce périple le BABA du bon outfit. Et je n'exclus pas de vous distiller à mon tour dans les jours à venir quelques conseils qui vous permettront d'être au top cet été. Allez, je peux déjà vous en donner quelques mantras:

– 1- Les bracelets tu superposeras (ça j'avais).

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(le premier est un Clémence Cabanes, dispo chez Mia Reva et le bracelet doré est un Shlomit Ofir, dispo sur Un oiseau sur la branche, pour info)

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– 2 -Pas plus d'une pièce pointue, voire deux, tu ne porteras (les rédactrices de mode sont étonnament assez sobres en fait)

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– 3 – Les imprimés tu superposeras et le tie and die tu vénèreras

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– 4 – Du 36 tu feras (attendez, personne n'a dit que c'était facile).

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– 5 – Sur les pois tu miseras et le chignon haut tu porteras

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– 6 – Le tatoo tu kifferas

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– 7 – Un foulard autour de ta tête tu noueras. (ou pas, par honnêteté je me dois de vous dire que pour l'instant c'est resté au niveau de la bloguerie (moi en l'occurence, qui ai toujours peur de l'insolation mais n'ai pas une tête à chapeau) mais je ne serais pas surprise que ça prenne) (il se peut très bien que la rédactrice de mode soit influençable).

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C'est tout pour l'instant, mais si ça me revient promis je ne garde pas ça pour moi. Et sinon, ça n'est certes pas compatible avec le commandement n°4 mais sa mère que la fougasse d'Aigue Morte est une tuerie.

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(pour les lyonnaises on n'est pas loin de la tarte au sucre de Pérouge)

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De Little Marcel à Mister Marcel

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Je suis donc retournée voir la joyeuse équipe de Little Marcel au Grau du Roi. Je l’avais expliqué l’année dernière ici, mais pour ceux ou celles qui dormaient au fond de la classe, petit rappel: Little Marcel est une marque née d’une idée qui pouvait sembler triviale et qui s’est avérée être THE good idea, celle qui vous change une vie et vous fait passer de petits commerçants au Grau du roi à créateurs d’une entreprise implantée un peu partout dans le monde.

L’idée ? C’est celle qu’a eue Lynda, femme d’Eric, eux deux étant donc les boss de Little Marcel, de créer un marcel justement, tout simple, qu’elle vendrait dans sa boutique multimarque du Grau. Devant le succès inattendu du débardeur, Eric et Lynda partent avec leur sac à dos dans les salons de prêt à porter et petit à petit, l’oiseau fit son nid et Little Marcel prit son envol.

Chaque année, Lynda et Eric invitent leurs contacts mais aussi leurs commerciaux, leurs copains et donc des journalistes et quelques blogueuses (trois en l’occurrence) à découvrir la collection de la saison prochaine, tout cela autour de quelques verres de rosé bien frappés dégustés sur une plage sauvage et quasi déserte, à laquelle on accède en bateau. En lire plus »

Vis ma vie de beautysta

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Je ne suis pas qu'une blogueuse mode, loin de là. J'aime aussi beaucoup la beauté.

C'est parce que je ne suis pas qu'un physique, je suis aussi une femme qui réfléchit à sa peau et qui remue ciel et terre pour qu'elle reste un écrin de douceur (et qui envisage de plus en plus sérieusement de combler sa fucking ride du lion à grand coup d'acide hyaluronique).

Sans blague, ce billet a certes pour intention cachée de donner des idées à quelques community managers qui souhaiteraient diversifier leur mailing list de blogueuses mais peut aussi, avec moins de cynisme – qui n'est pas le genre de la maison – être vu comme une preuve d'amour. A savoir qu'étant la détentrice officielle de la peau la plus merdique jamais observée, je me dis que les produits que j'ai fini par adopter sont réellement compatibles avec un combo acné/eczema/peau réactive. 

Trois pathologies certes moins graves qu'un bon vieux tenya mais ayant ceci de sérieusement casse-burnes que le traitement de l'une exacerbe en général l'intensité de l'autre. Je m'en voudrais donc de garder pour moi le nom des quelques produits parvenant à respecter l'équilibre précaire de mon épiderme.

Bref, en réalité, je n'ai pas spécialement besoin de faire l'objet d'envois presse dans la mesure où en gros, sortie d'Avène et de Bare Minerals… point de salut. (en revanche ma mère accepte les colissimo).

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Il n'empêche que je m'aventure parfois en Caudalie, pour leur poudre de soleil notamment qui n'a absolument rien à envier à la terracotta de Guerlain (ma préférée mais aussi la plus chiante à dégoter et aussi la plus chère au monde) et leur crème teintée que mets les soirs où je veux être un peu "glowy" (j'ai fait des études de cosmétique, pardon my french).

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Le reste du temps je suis désormais fidèle au fond de teint Bare minerals que je parviens enfin à appliquer sans saloper mon entière et immaculée (mouhahahahhah) salle de bain. Et force est de reconnaitre que je reste mate toute la journée (alors qu'en production de sebum je me défends).

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Mis à part ça le Smoky Lash de Make up for ever est le seul masacar également qui ne me transforme pas en lapin myxomaté dès 10h du matin

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Quant à mon sent-bon, j'y reviendrai (parce que là par contre je suis vraiment ouverte à la corruption en la matière) mais je reste fidèle à Chance de Chanel auquel je ne trouve pas de remplaçant qui fasse le poids. Une histoire qui dure depuis des années maintenant. (c'est mon fantasme absolu, d'être la femme d'un seul parfum).

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Enfin, je ne donne pas dans l'originalité puisque c'est un peu la marotte de n'importe quelle people interrogée dans un féminin sur ses rituels beauté (après l'inévitable citron tiède avalé à jeun avant de poser le pied par terre), mais j'ai définitivement adopté THE démaquillant Crealine H20 (ça mériterait une enquête sur la success story d'une marque anti-glamour et confidentielle, que s'arrachent les plus grandes stars américaines, lesquelles doivent payer leur bouteille au prix d'un magnum de Mumm rosé alors que pour nous les françaises très moyennes, il suffit de se pointer dans une pharmacie pour trouver la came, à un tarif relativement raisonnable. Pour une fois qu'on a l'avantage sur les privilégiées de Los Angeles, on ne va pas se plaindre). En toute honnêteté c'est le seul démaquillant qui parvienne à enlever mon mascara and co sans me provoquer au bout d'une dizaine de jours d'utilisation des plaques sous les yeux.

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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Je vous conseille d'aller lire un bouquin de BHL histoire de vous détendre, je sais que j'avais, ce matin, mis la barre un peu haut.

Je lui dirai les mots bleus…

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Ayant autant de personnalité qu'un brin de muguet, je suis en quête depuis des semaines d'un pantalon 7/8è (= à mi-cheville) bleu pétrole. Il n'aura en effet pas échappé aux plus observatrices d'entre vous que le bleu pétrole est le noir de ce printemps (pourri). Las, pour ce qui est du 7/8è, n'ayant point grandi depuis mes 16 ans et demi, je suis marron à chaque fois. Quand au bleu 2012, c'est à se demander si toutes les modeuses n'ont pas pré-empté depuis l'automne les stocks des zara and co, parce que jusque là, nada, c'était trop clair, trop jean, trop foncé, trop tout en fait et en tous cas pas le bleu pétrole que j'avais admiré notamment sur l'une de mes icones affluentes.

Et puis le miracle H&M s'est à nouveau produit. Non seulement le bleu de ma trouvaille est merveilleusement pétrole mais par la grâce d'un modèle à revers – auquel j'ai fait deux trois tours de plus bien sûr – (ce qui n'est pas nécessairement très magnifique mais je ne suis pas pointilleuse), il est également 7/8è. Ou pas loin.

Combiné à mes bottines monop qui font la blague à Marant et à ce brand new bag aux dimensions parfaites (= assez petit pour ne pas me démonter une épaule mais assez grand pour y fourrer l'air de rien mon attirail indispensable), je crois pouvoir affirmer qu'il en jette.

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J'avoue, en matière de look, je suis aussi répétitive qu'un discours de Guaino. Mais vous savez quoi ? Je crois que la quarantaine a ça de merveilleux qu'elle met un point final aux tentatives desespérées de ressembler à des modèles qui ne nous conviennent pas. Enfin je dis ça, je suppose. A 32 ans j'ai encore un peu le temps de voir. 

* Le sac est un Zadig&Voltaire, modèle Polly, offert par le site Forzieri, temple de perdition absolu pour les addicts d'accessoires comme moi. J'y ai notamment repéré quelques paires de shoes complètement fantasmatiques ainsi que deux ou trois autres sacs (c'est un pan de ma personnalité que je vous ai caché, je ne suis pas seulement accro à la nicotine, au chocolat et à Nicolas Domenach, j'ai un net penchant pour la bagagerie qui prend toute sa saveur lorsqu'on sait que je ne prends pas nécessairement le temps de vider les sacs lorsque j'en change. Ceux qui sont contents, c'est les gens de la commission de la carte de presse, que je contacte régulièrement pour qu'ils me rééditent ladite carte. Laquelle dort peinarde dans l'une de mes besaces au rebut).

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Edit: histoire de faire le job de modeuse jusqu'au bout, la veste vient de chez Brooklyn Bridge Factory, j'en avais parlé y'a peu. Je ne vous dis pas sa joie d'être de sortie hier en ce premier mai ensoleillé. 

Edit2: Je sais que c'est vraiment très étrange mais d'avoir un sac à chaine me fait sentir très hot. Je veux dire, sexuellement. Il fallait que j'en parle à quelqu'un.

Edit3: Et sinon je me suis un peu demandé toute la journée d'hier si le fait de bosser chez moi ET pour une officine faisait de moi une VRAIE travailleuse. Toujours pas trouvé la réponse. En même temps j'ai passé une bonne partie de mon 1er mai sur mon ordi à suer sur un article qui ne voulait pas s'écrire tout seul. Le con. Bosser un 1er mai, je me demande si en plus ça ne fait pas de moi quelqu'un de droite. Fausse travailleuse ET de droite, me voilà bien partie dans la vie.

Sur le pont de Brooklyn (bridge factory)

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Si vous lisez un peu les blogs (je veux dire d'autres que le mien), comme celui de walinette par exemple, la vague de BBF n'a pas pu vous échapper.

BBF ? Pour Brooklyn Bridge Factory. Une marque qui comme son nom ne l'indique pas est bien de chez nous et a eu l'idée de génie (n'ayons pas peur des superlatifs) d'opter pour la suppression pure et simple des intermédiaires types boutiques, pour vendre ses blousons et vestes en cuir/daim ainsi que ses sacs. Pourquoi une idée de génie ? Pas parce que je suis contre les magasins, hein, juste parce qu'au vu du prix exorbitant du cuir actuellement, qui dit "vente directe" dit prix bien adoucis.

Et en l'occurrence, sans vouloir faire passer ce billet pour ce qu'il n'est pas, à savoir un sponsorisé, il faut tout de même appeler un chat un chat: au vu de la qualité, c'est vraiment bon marché.

Très honnêtement, j'avais des doutes. Parce que moi qui rêve d'un blouson en daim depuis un moment, tous ceux que j'ai vus et dont la coupe ne me transformait pas en rubicube allaient chercher dans les 4 ou 500 euros. Ce que je me refuse à claquer pour une fringue qu'on ne porte pas toute l'année. Même un manteau à ce prix là, ça me défrise.

Bref, j'étais complètement désespérée du daim (je suis une fille sensible), quand justement, BBF m'a proposé de m'en faire essayer un. Bien sûr, j'ai longuement hésité et beaucoup discuté avec ma mauvaise conscience d'incorruptible. Après, je me suis rappelé que mes avantages en nature du style tickets restaurants, mutuelle ou encore ramettes de papier gratos (ah, c'est pas compris dans les contrats de travail, les ramettes qu'on carotte en douce ?), je me les mettais tout de même bien derrière l'oreille depuis un an.

Et que par conséquent, j'allais arrêter de me draper dans je ne sais quoi et dire juste un grand oui. Suivi d'un merci.

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Et comme depuis que je l'ai reçu, je ne le quitte plus, je vous en parle donc. La coupe est nickel, (c'est une taile 2, je fais un 40 et il est pile poil), la matière n'a rien à envier à ceux hors de prix que j'avais repérés chez Maje et surtout, je sens son potentiel "tout mou tout doux" arriver à grand pas, genre le blouson qu'on continue à mettre jusqu'à ce qu'il rende son dernier soupir tellement il sait exactement comment te parler, t'embobiner, te caresser, te… oulah, tout doux bijou, je me demande si je ne suis pas atteinte d'une déviance assez particulière.

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Bref, si vous envisagez d'acquérir un perf en daim, tentez le coup chez BBF. Il y a en plus un code de réduction (AVRIL20) en ce moment qui vous permet de bénéficier de 20% de rabais, du 16 au 26 avril. (je ne touche absolument rien sur les ventes, est-il nécessaire de le préciser ?)

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Edit : lemodèle que je porte est le REBECCA, il existe en bleu et est canon, violette l'a d'ailleurs dans cette couleur. Il coûte 165 euros.

Edit: non, on ne parle ni de mes racines (c'est un ombré hair home made, d'abord), ni de ma frange, merci.

Édit 2: le code de réduction AVRIL20 n'est valable que sur les blousons en daim…

Celle qu’on a toujours sur soi

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J'ai lu récemment, je ne sais plus où, que le meilleur appareil photo c'est celui qu'on a toujours sur soi. J'aime beaucoup ce genre d'affirmation qui me déculpabilise totalement de prendre 90% de mes photos avec mon Iphone 4. J'ai en effet un reflex et deux très bons objectifs, que j'utilise dès que je suis en vacances ou que je veux avoir des clichés en bonne résolution, des gros plans ou des images en intérieur. Mais la plupart du temps, c'est donc mon téléphone qui fait la blague, comme diraient les queens des fashion blogs.

Certes on est très loin d'un résultat de pro, mais ne nous leurrons pas, même lorsque je me sers de mon Nikon, il n'y a guère de place pour le doute non plus. 

J'ai aimé cette phrase, donc, qui faisait écho à une anecdote rapportée par une pro justement, venue récemment chez moi pour m'immortaliser (je vous en reparlerai, rien de sensationnel, juste un petit papier dans psycho qui nécessitait mon portrait). Cette photographe, adorable de surcroit (mais que je déteste un peu parce qu'elle a fait le choix avec son mari d'aller vivre en Corse et que j'ai beau être altruiste je n'en suis pas moins minée par la jalousie) me racontait donc qu'il y a quelque temps, elle était partie shooter un procès très médiatisé. Etant du genre petite pas bien épaisse, elle s'était retrouvée complètement coincée derrière une armée de gars de deux mètres auxquels s'ajoutaient trois mètres de matos. Bien qu'ayant négocié de passer devant, il lui était malgré tout impossible de cadrer son sujet, la faute aux caméras qui la dépassaient. En désespoir de cause, elle a alors sorti son Iphone, dégainé son appli Hipstamatic et shooté à la volée à bout de bras, espérant qu'elle parviendrait à avoir quelques images (quand tu es free-lance tu recèles d'imagination pour ne pas avoir fait 2000 bornes à tes frais pour que dalle). Résultat: elle a fait plus de pages que prévu dans son canard, avec des clichés totalement différents de toutes ceux de ses collègues ultra-équipés et hyper testostéronés.

J'aime vraiment la morale de l'histoire, ça me rappelle une fable de La fontaine, je ne suis pas sûre de savoir laquelle à vrai dire, mais quelque chose qui se terminerait pas "on a toujours besoin d'un plus petit que soi, car tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle y trouve un Iphone".

Le rapport avec ma modeste tentative de street staïle (mais en intérieur) du jour ? Mmmm… Pas énorme, si ce n'est qu'il en va peut-être du style comme de la photo. Parfois, il ne sert à rien de chercher midi à 14h. Un jean  qui  pour une fois tombe plutôt pas mal, un tee acheté il y a deux ans chez Primark à London (AVANT QUE TOUTES LES MODEUSES PARLENT DE CE TEMPLE A PAS CHER) et mes bottines de chez Monop (mais qui rappellent un peu celles à 400 boules d'Isabel la pas marrante): je crois que ça, c'est vraiment moi. Rien qui justifierait une érection du sartorialist, rien qui ne révolutionnera la police de la fashion des magazines féminins, mais une tenue qui me fait sentir en phase. Et qui a, faut-il également le préciser, obtenu l'aval du churros: "il te fait un beau cul ce jean". (Je suis consciente que ça ne se voit pas sur la photo).

Parfois, la meilleure tenue, c'est peut-être celle qu'on a quasiment toujours sur soi, si ça se trouve.

Edit: Au cas où certaines se le demanderaient, le jean est de chez Gap et en vrai il est marron tirant sur le mastic. Ça faisait des années que je n'avais pas acheté un fut chez Gap, les jugeant très chers, mais je pense y revenir rien que pour leurs différentes longueurs de jambes. Etant à la limite du cul de jatte (à moins de prendre un bermuda j'oublie les pantalons 7/8è), c'est absolument rarissime pour moi de trouver des jeans auxquels je ne dois pas enlever la moitié.

Boxomodo: quand je joue les stylistes (une box à gagner)

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EDIT de 20h30: LE JEU EST TERMINÉ, C'EST LE COMMENTAIRE 184 DE STEPH QUI GAGNE LA BOX "PENSEES DE RONDE". LE HASARD FAIT PARFOIS BIEN LES CHOSES, ELLE EST UNE DE CELLES QUI AVAIENT CHOISI JUSTEMENT MA BOX ! UN GRAND MERCI POUR VOTRE PARTICIPATION ET DÉSOLÉE POUR LES DÉÇUES… A DEMAIN ! JE FERME LES COMMENTAIRES SUR CE BILLET POUR QUE VOUS NE LAISSIEZ PAS DES COMMENTAIRES POUR RIEN !

S'il y a un truc pour lequel je suis absolument nulle, c'est pour associer des fringues. Du coup, je privilégie les hauts unis que je mets avec des pantalons noirs quand je veux être un peu classe ou des jeans le reste du temps. Mes rares initiatives visant à faire preuve d'un peu d'originalité s'avèrent la plupart du temps désatreuses. Et si chez les modeuses les mélanges d'imprimés font un tabac, chez moi ça fait au mieux ringarde, au pire daltonienne.

Je ne m'attarderai pas sur les chaussures dont je ne sais absolument jamais si elles vont avec le reste, sachant que je ne me pose pas la question, la seule qui vaille pour moi est de savoir si elles vont – ou plutôt dans quelle mesure – me tuer les pieds en cas d'obligation de marcher plus de 20 m.

Bref, je suis l'incarnation de la fille qui aurait besoin d'un personal shopper 24/24 mais qui n'en a pas les moyens. C'est certainement pour cette raison que l'initiative Boxomodo m'a tapé dans l'oeil quand j'en ai entendu parler ça et là. Ce principe de proposer des "packages" de tenues m'a semblé super malin. Ah parce que oui, ce que j'ai dit pour les chaussures est évidemment vrai pour les sacs, les colliers ou les foulards. 

Alors bien sûr, du coup, c'est un investissement, parce que "ça + ça + ça", ça fait un gros "ça" à l'arrivée. Ceci étant dit, je ne compte pas le nombre d'accessoires achetés sur un coup de coeur et jamais portés parce que n'allant avec absolument rien de ma penderie pourtant pas super fournie. Donc peut-être qu'au final, je me serais peut-être moins ruinée si je n'avais pas mis autant de temps à rencontrer Caroline et Anouk, les fondatrices de Boxomodo. Deux femmes culottées qui ont décidé de monter toutes seules avec leurs petits bras cette entreprise. S'il y a bien quelque chose qui m'impressionne, c'est – après le fait de savoir assortir une étole avec la couleur de son vernis ET de son rouge à lèvres, donc – d'oser se lancer comme ça, à deux, sans filet. 

Bref, lorsqu'elles m'ont proposé de composer "ma" box, j'ai dit pourquoi pas, mais va falloir m'aider. Après avoir fouiné dans les armoires pleines à craquer de leur showroom sous les toits parisiens, j'ai opté pour ce top à carreaux (et écru un peu brillant dans le dos, les photos ne sont pas très explicites) et cette minaudière clinquante que je ne me serais jamais achetée. Caroline et Anouk m'ont quant à elles persuadée d'y ajouter ce foulard plein de coquelicots. Franchement j'étais sceptique : des fleurs et des carreaux ? Et bien contre toute attente, ça marche. Même le churros a trouvé ça joli (ce qui n'est pas en soi une preuve irréfutable, on est d'accord).

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(en mode bernadette)

Quoi qu'il en soit, si j'ai accepté, c'est surtout parce qu'elles m'ont proposé de vous faire gagner une box "Pensées de ronde". Pour cela, rien de plus simple: vous vous inscrivez dans "les bons plans de Boxomodo" (en bas à droite de la home page) et vous me dites dans un commentaire pour quel objet ou tenue vous craquez sur le site. Et ce soir, le churros tire l'une de vous au sort. J'ajoute par ailleurs que le site propose des tenues complètes mais que chaque objet peut être acheté séparément (moi j'avais pas compris, hein).

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Edit: les photos ont été prises par la chérie, un jour où il ne faisait hélas pas assez beau pour aller dehors, autant vous dire que les conditions étaient bullshit. Excusez mon langage (pardon my french).
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La box est donc composée:

 # d'un top "Just in case",

# d'une étole "Palme"

# d'une minaudière "Julma", qui peut se porter en pochette ou en sac (il y a une petite chaine fournie avec qui permet de la mettre à l'épaule, histoire d'éviter la pose Bernadette, justement).

Mon manteau bouillu

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Donc ce manteau. Avant tout, il faut savoir que je suis atteinte du syndrome du manteau qui ne va jamais complètement. J'en ai eu une palanquée, soit ils étaient beaux mais pas chauds, chauds mais pas beaux, près du corps mais tellement que je ne pouvais mettre qu'un soutif dessous et que ça ne le fait pas vraiment ou alors pour un trip "bonjour chéri je passe à l'improviste au boulot pour un plan baise et ça tombe bien parce que sous mon manteau je suis à poil". Fantasme assez masculin à mon avis que je n'ai pour l'instant jamais mené à bien. J'ai eu aussi les manteaux très larges dans lesquels je disparaissais, ceux qui me rajoutaient 20 ans (merci le manteau camel), ceux qui sentaient le chien mouillé dès qu'il pleuvait (mais pas qu'un peu, au point que VRAIMENT les gens se mettent à renifler dans le métro en disant "ça sent le chien MORT"), ceux dont les manches m'arrivaient au genou (je reviendrai ultérieurement sur ce point), ceux qui étaient tellement longs que j'avais l'impression de me promener dans mon duvet et ceux tellement courts que j'ai attrapé un rhume des fesses.

On m'aura comprise, je n'avais jusqu'alors jamais trouvé mon manteau mais ça n'était pas faute d'avoir cherché.

Alors qu'en plus dans ma tête, je savais quel était mon dulciné. Au dessus du genou, en grosse laine, qui fasse un peu "boule" surtout dans le dos et genre un peu masculin mais pour femme. Dans l'idéal, chiné. Et ne pesant pas un âne mort. Et chaud. 

Un jour j'ai vu une blogueuse avec un Isabel Marant. Je ne saurais vous dire laquelle de blogueuse mais je me demande en réalité s'il existe encore une blogueuse mode qui n'aurait PAS un manteau Isabel Marant. 

La machine à fantasmes a démarré. D'autant que je possède une pièce Isabel Marant depuis une dizaine d'années dont je ne me suis absolument jamais lassée alors même que c'est le genre de fringue improbable. C'est un petit pull gris, en laine épaisse comme du jogging (oui, je sais, depuis le début mes descriptions sont à pleurer de consternation mais que voulez vous je n'ai pas fait l'IFM on s'excuse) à manches courtes et forme trapèze. Acheté par le churros. Un drôle d'épisode d'ailleurs que je ne résiste pas à l'envie de vous raconter. Il avait subi une petite opération sur laquelle je ne m'étendrai pas parce que chacun mérite de garder un jardin secret surtout quand le jardin est situé à cet endroit là. Ambulatoire l'opération. A savoir anesthésie générale le matin, petite opération au fond du jardin et sortie l'après-midi. Accompagnée, normalement, la sortie. A cause que parfois les anesthésies peuvent modifier le comportement d'un homme au demeurant très équilibré.

Sauf que je n'étais pas disponible et que personne ne pouvait aller le chercher. Il était entendu qu'il prendrait un taxi direct jusque chez nous et qu'il m'attendrait sagement. Las, comme il était seul et un peu perturbé par les vapeurs d'ether ou autre produit euphorisant, il n'a rien fait de tout ça et s'est retrouvé comme par enchantement à feu la Samaritaine. D'où il a commencé à m'appeler toutes les cinq minutes sur mon lieu de travail. Avec la voix d'un gars qui aurait mangé une boite entière de prozac. Ainsi qu'un ou deux bonzes tibétains sous acides.

"C'est génial la samaritaine, tu verrais, tout est beau et tout t'irait tellement bien, d'ailleurs tu vas voir je t'ai fait un cadeau". Au premier coup de fil je ne me suis pas inquiétée, j'étais même attendrie qu'après cette opération de l'arrière cour il soit aussi amoureux de moi. Au dixième j'ai pensé avertir le service de sécurité de la Samaritaine. Parce que coup de fil après coup de fil, il m'égrenait des marques totalement prohibitives et m'expliquait que c'était impossible de résister, j'allais être teeeeeeellement belle dedans.

A l'époque, je n'étais pas de ces blogueuses qui roulent sur l'or voyez-vous et lui même, journaliste presque débutant dépassait péniblement un SMIC. Et les twins étaient encore des bébés gardés à la maison. Autrement dit, nous étions fauchés. Et la fringue la plus chic que je devais posséder était probablement un pull Mango.

Au moment où je m'apprêtais à quitter mon poste de travail au risque de me voir licenciée sur le champ (ça rigolait pas le salariat au début des années 2000), il m'a juré avoir quitté ce temple de la consommation et être sur le chemin du retour. En promis qu'il avait été raisonnable.

Raisonnable à hauteur d'un millier d'euros environ (à l'époque ça devait faire 3000 francs mais on sait bien qu'on s'est fait enfler avec Maastricht) (il faut retenir que c'était énorme pour nous). Quand je suis rentrée, j'ai trouvé pas moins de huit paquets. Que des pulls. Isabel Marant, Vanessa Bruno, Bompard, etc. Croyez-moi ou non j'ai (mollement) proposé d'aller rendre tout ça. Mais il était encore sous influence et m'a assuré que non, jetant frénétiquement tous les tickets de caisse au vide-ordure (je pense que le lendemain il est allé les chercher avec l'énergie du désespoir dans le local à poubelles mais c'était trop tard).

Bref, depuis ce jour là, il n'a plus jamais eu besoin d'aller voir au fond du jardin si tout allait bien et résultat, plus jamais je n'ai eu droit à une fringue Isabel Marant. Mais ce petit pull, hormis qu'il me rappelle ce souvenir après-coup hilarant (surtout sa tête au réveil quand il s'est rappelé de son délire samaritain) (bon samaritain en quelque sorte) (hin hin hin), est resté l'un de mes préférés. Quand je suis grosse, il est ajusté, le reste du temps il me donne un petit côté stylé que je ne déteste pas. Et il n'a pas bougé d'un poil. A l'époque en tous cas, Isabel faisait de la bonne came.

Revenons au sujet du jour. Comme il m'était impossible (bien que je sois devenue blogueuse) d'acheter plein pot un manteau d'Isa (environ 400 euros), je suis allée voir sur Vestiaire de copines, un site qui revend des trucs de seconde main, mais des trucs de marque (pas mango par contre). Je me suis dit on sait jamais. Et pan, on sait jamais parfois ça marche. Il était là, la bonne forme, chiné noir/bordeaux, taille 3, tout moi. Moitié prix et encore l'étiquette. Un peu tremblante parce que pour ainsi dire vierge du vide-dressing, j'ai dégainé ma carte bleue en me répétant que je ne faisais rien de mal et que j'avais bien travaillé tout l'automne. Et que certes on pouvait pas rendre ce qui n'allait pas mais qu'au pire je le mettrais sur ebay.

Quand je l'ai reçu, dix jours après, joliment empaqueté, j'ai cru à une blague tellement le paquet pesait le poids d'un rouleau de sopalin. Et puis non, une fois déballé, il avait l'air chaud le bougre. Léger mais chaud, déjà deux bons points. Doublé en molleton à l'intérieur, laine et alpaga à l'extérieur. 3ème bon point. Et bonne longueur. Avec le côté boule dans le dos. Un peu mec, non ? Rah, jouissance.

Et puis soudain, grosse frayeur. Les manches. Pile poil. Tout juste un peu courtes. Y'avait un flou un loup.

Il faut que je vous explique avant d'aller plus loin, que j'ai les bras courts. Ça ne se voit pas au premier regard, peut-être même pas au second. Je veux dire, je ne pense pas, que les gens quand ils me rencontrent, ils se disent "mais c'est qu'elle a des petits bras celle là". Pas comme André Manoukian par exemple, qu'une fois qu'on l'a remarqué on ne voit plus que ça et qu'on a envie de lui dire "pas de chocolat". Mais quand même. Ils sont courts. Sinon comment expliquer que TOUT ce que je porte à manches longues ait des revers ? Surtout mes manteaux que je dois SYSTEMATIQUEMENT faire reprendre à cet endroit là ?

Et là, pof, comme par hasard, il m'irait impecc ? Doutance.

Soudain j'ai compris. La fille elle l'avait fait BOUILLIR. D'où le moitié prix. Je me serais collé des gifles d'être aussi cruche. Comme une bleue je m'étais fait avoir.

En bonne pisseuse 2.0, j'ai immédiatement confié mon désarroi sur twitter. Sur le mode "je suis bien fuckée, avec mon manteau Isa Marant tout bouilli et ses manches trop courtes".

Heureusement, twitter n'est pas comme qui dirait peuplé que d'ignares. Et dans la seconde, Géraldine et Cécile m'ont répondu sans l'once d'une condescendance (parce qu'elles sont des modeuses sympas) que je ne devais SURTOUT pas paniquer et ne balancer le manteau sous aucun prétexte. "Tu le reposes immédiatement et tu sors du local à poubelle". Parce que Isa, elle est comme ça, elle aime les manches courtes. Paie ta mitaine en Marant. Passée l'humiliation (apparemment TOUT le monde sait ça) j'ai enfin pu savourer mon bonheur parce que "manches courtes" pour les autres = bonne longueur pour moi et que donc pour une fois je n'aurais pas de revers à mon manteau. Et aussi parce que je ne m'étais pas fait avoir vu que personne n'avait fait bouillir mon manteau.

Depuis, je ne saurais vous expliquer l'impression délicieuse qui s'empare de moi à chaque fois que je l'enfile (je sais). Il est chaud comme si je me trimballais une peau de bison sur le dos, léger comme une plume et il a une allure folle. Sauf pour le churros qui le déteste (- il est trop grand non ? – non, il est oversize – c'est bien ce que je dis, il est trop grand). Mais TOUTES mes copines l'adorent. CQFD.

Voilà,  j'ai réussi à pondre un roman sur un manteau et viens probablement de perdre tous ces nouveaux lecteurs arrivés ces deux derniers jours convaincus d'avoir affaire à une leadeuse d'opinion très crédible. Alors qu'en réalité, je suis complètement… bouillie.

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Et incapable de mettre une photo où on voit vraiment mon manteau. Par contre il est évident à la revoyure que ces bottes en caoutchouc qui m'ont donné l'impression d'être kate moss à glastonburry me tassent aussi sûrement que si j'étais passée sous un bus.

Leçon de séduction

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Samedi soir nous étions invités à l'anniversaire de notre ami J. Rien de très huppé, hein, un repas à huit avec les mêmes et on recommence. Mais depuis que mon bureau se situe à moins de dix mètres de mon canapé (en réalité mon bureau EST mon canapé) (et inversement), j'ai rarement l'occasion de faire des frais de toilette. Je mets certes un point d'honneur à m'habiller tous les jours ET à me maquiller un minimum mais hormis quelques rendez-vous à l'extérieur, je fais rarement péter le chemisier en soie.

J'avais donc une envie subite d'élégance ou tout au moins de mise en avant d'un semblant de féminité. Peut-être aussi en raison de dix jours consécutifs à nettoyer le vomi de Rose. ("moi dans mon ventre j'ai plein de GLAIRES", s'est-elle exclamée dans la file du Monoprix vendredi, sous vos applaudissements)

Bref, trêve de digressions, j'avais envie de faire ma Catherine Deneuve. Et d'en mettre plein la vue au Churros. Histoire qu'il oublie définitivement cet épisode de pyjama-bassine-à-dégueulis.

Je n'ai pas lésiné sur les moyens. Jupe crayon taille haute hyper entravante, bottes avec talons de douze ultra douloureuses et blouse légère noire ostensiblement transparente. Don Draper, reprends un whisky, la nuit va être longue. Même ma culotte et mon soutien-gorge étaient coordonnés ce qui arrive uniquement lorsque la lune est en capricorne et que mars et jupiter sont alignés. Quand je suis descendue dans le salon, non sans avoir pris le temps de froisser – défroisser mes cheveux et de crayonner mes yeux en un smokey eyes à faire pâlir de jalousie les plus grandes beautistas de l'internet, je dois avouer que j'étais sûre à 100% de voir mon époux tomber à la renverse (ses érections ont tendance à lui faire perdre l'équilibre) (oui j'ai beaucoup de chance).

Au lieu de quoi, il m'a jeté un coup d'oeil distrait et s'est replongé sur son fil twitter (on travaille beaucoup sur le sujet mais on a un problème d'addiction).

Rose quant à elle m'a longuement fixée, puis rendu son verdict: "tu es très belle maman. Mais tu fais quand même un peu peur".

Ce qui a déclenché un fou rire immédiat du churros qui là d'un coup en a oublié son micro-réseau à la con. Je passe rapidement sur le psychodrame qui a suivi ("tu n'aimes pas ma tenue ou quoi ?" – "si si" – "attends, c'est bon, après 15 ans, je sais exactement quand tu aimes ou quand tu n'aimes pas" – "mais si, tu es très bien" – "très bien, mais pas whaou" – "mais si, whaou" – "ok. Comment elle s'appelle cette pute ?" – "mais enfin, tu délires ou quoi, tu es parfaite. Très belle" – "j'ai compris, je vais me changer" – "mais noooon" – "c'est parce que j'ai grossi ?" – "pas du tout" – "ou alors c'est que je suis vieille". "Pfffffffffff" – "Tais-toi".)

Pour la faire courte, je suis allée me changer, ai opté pour une autre blouse, en plumetis noir cette fois-ci et un short, noir également. J'ai gardé les bottes. Et le churros a semblé trouver ça mieux, sans pour autant non plus en faire des tonnes. Je n'étais pas dévastée mais j'ai tout de même vidé deux bouteilles au bas mot à moi toute seule chez nos copains pour noyer mon désespoir. Du coup j'ai ricané grassement pendant une heure quand Frédé a trouvé que mon fondant marrons-chocolat ressemblait à un gros cul. Ou en tous cas qu'un anus s'y était planqué. Classe.

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Le lendemain, vous vous doutez que ma mise fut sommaire. Autant la veille, sur une échelle de 1 à 10, je me serais accordé un 8 (un 8 à mon niveau, je précise), autant là, même un 2 eut été cher payé. Jean pourri, yeux de panda (la couette démaquillante ne marche pas à tous les coups), haleine chargée et t-shirt Petit-Bateau. Propre, par contre.

Et là, pof, le churros me voit et me fait son regard "je vais te faire bouffer l'oreiller". Certes rassurée quant à l'avenir de notre mariage, j'ai tout de même tenté de sonder les tréfonds de son âme pour comprendre en quoi ma gueule de biais et mon allure de pochetrone pouvait avoir le moindre attrait en comparaison de mon outfit ultra élaboré de la veille. "En fait, l'hyper-féminisation te fait peur, c'est ça ? Tu me rabaches que tu adooores le style années 50, les nanas moulées dans des jupes au genou avec talons aiguilles mais je t'ai fait te sentir un tout petit garçon en me déguisant en femme fatale. Tu es comme tous les hommes finalement, tu étais en DANGER. Peur de la castration, c'est tout. A moins que ce soit mon maquillage ? Pas assez naturel ? Je manquais de subtilité, c'est ça ? Et nia nia nia et nia nia nia".

Il m'a laissée soliloquer et quand je me suis tue, il m'a mis une main aux fesses et m'a répondu: "non, c'est juste que ton t-shirt, là, il est un peu trop petit et il me donne envie de te toucher les seins. j'adore".

Mad-Men staïle: 0 – Petit-Bateau: 1.

Moralité, et ce sera mon premier conseil cadeaux de Noël (peut-être le dernier d'ailleurs parce qu'au vu de ma piètre récolte pour l'instant en ce qui concerne mes propres achats je me demande si je vais honorer mes engagements à ce sujet), achetez aux filles que vous aimez des t-shirt petit-bateau. Si possible une taille en dessous de ce qu'elles portent d'habitude. La couleur et la forme du col importent peu. L'essentiel étant qu'ils vous moulent les seins. Ah parce que oui, le mieux c'est de vous en offrir un, les girls. On n'est jamais si bien servi que par soi même.