J’aime #30

Blush
Hier, en rentrant de l'école, Rose me fait part de son étonnement: "Maman, la maitresse, tu sais, elle SAVAIT PAS !".

– Elle savait pas quoi mon amour ?

– Elle savait pas que tu t'es cassé les fesses.

Maintenant, oui, par contre. Elle sait également, parce que ma fille le lui a décrit à grand renfort de détails que je m'asseois "sur un coussin avec un trou, que normalement c'est pour les morroides". Elle n'ignore pas non plus que le coussin en question "ne marche pas vraiment parce que ma maman elle s'est fait mal là et pas au bout de la fesse comme sa copine Nazanine (sorry Naza, toi non plus tu n'as plus d'intimité). "Elle, elle s'est vraiment cassé le bout des fesses alors que ma maman c'est plus haut. LÀ. (elle joint le geste à la parole) Alors ma maman elle va peut-être lui donner son coussin".

Je ne sais pas ce qui m'embarrasse le plus. La probabilité – élevée – que le récit ne se soit pas arrêté là et que la maitresse soit également au courant de ma paresse intestinale ou que ladite maitresse me voie désormais jusqu'à la fin de l'année comme la fille au coussin perçé.

A part ça, parce qu'il faut tenter de trouver son rayon de soleil même dans l'adversité, j'aime…

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J'aime le souvenir de ce moment passé avec Naza justement et Clémentine Célarié. Je vous en reparle très vite parce que vous allez même pouvoir peut-être gagner des places pour la voir jouer sa nouvelle pièce.

Lourose
J'aime mes filles, la façon dont elles s'aiment toutes les deux, j'aime aussi la façon dont mon fils parvient à se tirer de leurs griffes parfois acérées. Quand je pense à nos appréhensions lorsque j'étais enceinte, à notre peur que ce numéro trois vienne troubler un bel équilibre. La vie est un déséquilibre permanent et c'est ce qui est beau, je crois.

Citron

J'aime les tartes au citron, surtout quand elles sont belles comme ça.

Gougères
J'aime le souvenir de ces gougères au nouvel an préparées par mon amie Chloé. Je pourrais me nourrir de gougères et de tartes au citron.

Crèpe
J'aime les crêpes aussi. Gougères, crêpes et tarte au citron, en fait.

J'aime le rose aux joues et particulièrement le blush ci-dessus offert par une amie.

Horloge
J'aime quand le soleil parfois vient dessiner sur le mur de ma cuisine la réplique de mon store en vrac. Qu'il est loin encore l'été…

Ciel
J'aime me dire que dans quelques semaines je vais avoir la chance de voler un petit bout d'été justement, loin, très loin. On a décidé de jouer les braconniers et de s'offrir ça le churros et moi, histoire de prendre tous deux notre mal en patience, lui d'avoir autant de boulot, moi d'avoir eu si peu de cul, ou trop, c'est selon. J'ai hâte de survoler l'Atlantique, même si cela me terrorise un peu.

Brèves du lundi, again and again

Cheesecake

Docteur Hot m'avait prévenue lors de mon passage aux urgences, "du côté du caca ça ne va pas forcément être easy easy". Je confirme, bien que sirotant des laxatifs matin, midi et soir, mes intestins se la coulent douce quelque part au soleil. Il faut savoir que j'ai le transit un poil susceptible, changez-moi d'endroit deux jours et c'est terminé, rétention maximale. Bref, ce ne serait pas si grave si jeudi Rose n'avait pas commencé à vomir tripes et boyaux, ne laissant que peu de doutes sur l'arrivée en fanfare de ma meilleure ennemie: la gastro.

Là d'un coup, un peu comme avant de mourir, j'ai vu défiler, affolée, tous les sachets de Forlax ingurgités depuis dix jours. Une bombe à retardement, voilà comment désormais je me vois. Je ne sais pas quand, je ne sais pas où, mais je SAIS en revanche que d'ici là je ne sors plus de chez moi. Parce que lorsque cela va se déclencher, la guerre au Mali à côté, hein…

Mises à part ces considérations printannières, quelques brèves du lundi parce que je ne suis pas non plus qu'un sacrum en pièces détachées.

– Vendredi soir j'ai bravé mes peurs intestinales ET mes douleurs du séant pour un ciné avec mes grands et le churros. Au bout de dix minutes je ne savais déjà plus comment me tenir et j'ai enfin saisi ce qu'entendait vraiment mon frère lorsqu'il m'avait dit, laconique – après m'avoir fait PAYER la consultation le bâtard : "trois semaines minimum avant que la douleur soit à zéro. En attendant, ne prévois rien qui implique de rester assise plus d'un quart d'heure". Il n'empêche que j'ai tenu parce que le film en question, "Hapyness Therapy" est tout simplement génial. Une comédie romantique comme je les adore mais pour une fois les héros ne vivent pas sans rien foutre dans des lofts de malade à NY. Et les deux acteurs, Jenifer Lawrence et Bradley Cooper sont fantastiques. Surtout, le film aborde sous un angle humoristique mais pas que, la question de la folie, de la façon dont on peut vivre et aimer quand dans la tête ça ne tourne pas tout à fait rond ou alors si mais à 100 à l'heure. Allez-y c'est un bijou. Ensuite on a mangé un bout chez Factory and co et leurs gâteaux sont hallucinants (mais moins bons que beaux).

– Si vous avez lu et aimé "La liste de mes envies", sachez qu'une pièce adaptée du livre se joue en ce moment au Ciné 13. Je devais m'y rendre samedi mais après avoir constaté la veille que ça n'était pas encore ça, j'ai préféré remettre à plus tard. Mais on m'a dit que c'était vraiment génial. J'en reparle très vite.

– J'ai découvert grâce à mon amie Laurence le blog de Baptiste, interne en médecine: "Alors Voilà". Attention, je vous préviens c'est addictif. Rarement lu quelque chose d'aussi juste, d'aussi émouvant, de drôle aussi parfois, sur la blogosphère. C'est simple, j'ai scotché pendant trois heures. Je veux dire, j'ai VRAIMENT scotché dessus pendant trois heures (clin d'oeil à l'auteur). Je vous intime l'ordre d'y aller. Je voudrais que ce Baptiste soit mon ami, je crois.

– Mine de rien, malgré les amendements surréalistes de la droite, en dépit de pas mal de doutes quant à la suite – la PMA – et des manifs menées tambour battant par madame Barjot, frigide de son prénom – ou de son état, on ne sait pas -, l'article 1 de la loi sur le mariage pour tous a été voté. Personnellement j'ai pleuré de fierté en écoutant Christiane Taubira prononcer son discours. Je me suis dit qu'on l'avait enfin, notre Simone de gauche. Je me suis dit que si mes enfants un jour souhaitaient se marier avec une personne du même sexe, il pourraient le faire. Je me suis dit que j'avais voté pour ceux qui rendaient ça possible. Et qu'au moins pour ça, je ne le regrettais pas. Je me suis aussi rappelé que la suppression de la peine de mort s'était faite envers et contre une grande partie de la population. Et que parfois, c'est ça aussi la politique. Prendre des décisions envers et contre tout. J'attends la suite, désormais.

 

Ça c’est vraiment moi (je crois)

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Il est probable que mon professeur en moodboard ait créé un monstre, je passe désormais mon temps à en faire, on compense comme on peut quand on s'est cassé les pattes arrières, hein. On parlait cette semaine des muses de mode et du style, qu'on cherche et que parfois, on trouve. Je crois que cet échantillon débordant de couleurs et de punk-attitude, c'est vraiment moi, en fait. Tout au moins je crois que c'est ce qui me va.

Du bleu et du gris, des robes portefeuille ou chemisiers, des bottines – celles-ci je les ai et ne les quitte plus, même avec le séant brisé j'arrive à marcher avec – et un sweat que j'ai raté pendant la brève vente des Composantes mais que je compte bien arracher à la première bitch qui tentera de me le chipper lors de la prochaine rencontre organisée par Morgane le 10 février (je vous reparle très vite de Morgane que j'ai enfin vue pour de vrai et qui est un amour de fille). Et puis un peu de léopard parce que j'aime bien le graou, à dose homéopatique comme ici. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, à lundi avec du cinéma, du théâtre, du sang aussi et peut-être des larmes.

Edit: je me suis dit que ces billets là désormais, je les posterai le week-end. Comme ça celles qui n'aiment pas ne se sentiront pas flouées en semaine et celles qui ne détestent pas seront peut-être contente d'avoir un truc à lire le samedi ou le dimanche.

Edit2: Les liens rouges sont dits "affiliés".

1: Robe patineuse La Redoute, collection Ines de la Fressange – 2: Robe chemisier La Redoute, Inès de la Fressange – 3: Robe chemisier Monoprix – 4: Boots Ann Tuil (soldées) – 5: Sac Turner Léopard Les Composantes – 6: Jupe Monoprix (soldée à 6 euros) – 7: Sweat Les Composantes – 8: Chemisier à pois La Redoute Inès de la Fressange

Livres pour enfants: la chronique de Marje #8

Aujourd’hui, une nouvelle chronique de Marje, que je remercie à nouveau pour ce boulot dont je sais qu’il vous plait, ainsi qu’aux éditeurs qui sont de plus en plus nombreux à lire ces billets. Bientôt ils vont se battre pour y figurer. Bientôt, on va les faire payer (je déconne). Bientôt, on va mettre des liens d’affiliation derrière chaque livre et on se partagera les commissions avec Marje (je déconne) (quoique).

Plus sérieusement, cela fait un an désormais que Marje vient ici avec ses conseils géniaux et je crois que si elle devait s’arrêter j’en serais vraiment triste, tant elle donne un supplément d’âme à ce blog (ça compense mes moodboard et mes histoires de caca) (à ce sujet je vous en reparle très vite, il y a de quoi se gondoler, croyez-moi). Ah et sinon cette semaine j’étais contente parce que j’avais des articles dans le Nouvel Obs, dans le Monde et dans Psycho. Je me la raconte un peu mais comme j’ai l’impression d’avoir débité des papiers comme d’autre des bouteilles de bière, je ne résiste pas à l’envie de venir rapporter mon jouet avec fierté comme le chiot son nonosse à sa maman.

Bonne lecture…

PS: à la toute fin de la chronique vous pouvez télécharger un fichier PDF adapté aux tablettes et un fichier intégral de la chronique bien mieux mis en page que sur le blog. Elle pense à tout. Si elle n’existait pas, bla bla bla.

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Mes muses de mode

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Récemment, on m'a demandé pour une interview où je trouvais l'inspiration en matière de mode (oui, ne cherchez pas, parfois on doit me confondre avec Caroline Daily). Assez spontanément, j'ai pensé à quelques blogueuses et je me suis dit qu'on pouvait bien gloser sur ce phénomène consistant à se prendre en photo devant de belles portes cochères, il n'en reste pas moins que personnellement, certaines filles m'ont décoincées de la fashion. Je n'ai jamais été du genre à faire du copier coller, surtout que j'ai compris, maturité aidant, que ce qui était formidable chez les autres tombait souvent à plat chez moi. Genre à un moment, j'ai trouvé que Garance Doré et ses manches retroussées – sa "signature" (à lire avec l'accent américain) – c'était la classe. Ouais. Et bien sûr moi ça fait la fille qui s'apprête à déboucher son évier.

Pas de copier coller, donc, mais souvent, j'avoue, je me pose la question sur le mode "qu'est-ce qu'elle en penserait de ça ?". Et là je me dois de le dire, la première à laquelle je pense dans ces cas là et ça depuis des années, c'est ma copine Zaz. On n'a pas toujours les mêmes goûts mais elle est le contraire absolu de la faute de goût, c'est simple, tout ce qu'elle porte tombe parfaitement. Surtout, la façon dont elle s'habille, c'est ELLE. Je crois que c'est ce que j'appelle avoir du style. Et la bonne nouvelle c'est qu'en général c'est assez peu lié à la somme investie dans les fringues – Zaz est aussi le contraire d'une consommatrice – ou au tour de taille, même si en l'occurrence la bitch a un corps de rêve (tavu c'est ta fête, Zaz). Quand j'y pense, mes copines ont toutes ce truc qui fait qu'elles se sont trouvées, que ce soit Maud mon héroine, Chloé qui porte si bien la jupe pile au dessus du genou, Fanny et ses slims/talons, MC et sa chicitude sexy, Julie et ses jolis hauts, etc etc etc (et je ne parle pas de Nathy, Delphine, Laeti, Béa, sylvie etc etc etc. Mes inspirations en fait me viennent de celles que j'aime. Ma maman aussi). Trop stylées les meufs, diraient mes gamins. Violent, même.

Et puis, donc, il y a les blogueuses, ou plutôt DES blogueuses, dont certaines sont aussi aujourd'hui des amies. Si elles m'inspirent, c'est parce qu'elles ne sont jamais déguisées, parce qu'elles abordent la mode avec un recul assez nécessaire – appelons un chat un chat, ce n'est QUE de la mode – et puis parce qu'elles en ont dans le citron. Et ça compte un peu, aussi.

The first one, what a surprise, c'est Violette. L'adepte du less is more dont les billets de mode frôlent parfois le génial. S'il fallait choisir deux looks chez elle, ce serait ceux-ci.

Violette3 Violette2

Ensuite, il y a Cécile, consoeur de voyage, dingue de sape et du genre à te dire droit dans le yeux ce qui te va ou pas. Avec bienveillance.

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Deedee, aussi, même si elle ne se montre pas beaucoup, a son truc bien à elle, entre la fille faussement sage et la parisienne chic. Bon, on a genre 60 kilos qui nous séparent, mais pas d'importance, elle m'inspire.


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Petite nouvelle dans ce cercle de copines web, Aurelia. D'abord, c'est
une super chouette nana. Ensuite, on a le même coiffeur et ça, sorry
mais ça crée des liens. Et puis je suis fan de sa coolitude, avec elle
on a non seulement des kilos entre nous mais aussi un paquet d'années,
mais moi je dis, on s'en fout, et elle porte les grands pulls comme
personne.

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Il y a Marie aussi, toujours un peu de rose, toujours un peu de bling, et puis du fun et un paquet d'humour.

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Enfin, il y a Stéphanie, croisée une fois, peut-être deux et dont le souvenir du sourire reste gravé en moi. Je pourrais tuer pour ses pompes.

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Voilà, il y a sûrement plein d'autres filles superbes, parfois je traine ça et là, mais s'il fallait n'en retenir que six, ce serait celles-ci. Et la raison principale je crois, c'est parce qu'elles ont toutes à leur façon un côté bien perché…

Edit: En fait il en manque deux dans ma liste: Géraldine de Café Mode, mais c'est parce qu'elle ne se montre jamais beaucoup et Balibulle, que je kiffe, en rousse ou en brune. Je ferai un billet rien que sur elles deux pour la peine.

Tu lis quoi en ce moment ?

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Je sors d'une phase de misère non pas sexuelle mais littéraire. Impossible de lire, si ce n'est des polars à la petite semaine, si possible dont l'intrigue ne tenait pas plus de 15 pages. Même le suspense m'était insupportable. Etrange, ces périodes de disette. Même si j'identifie en général assez bien les causes du problème. En l'occurrence ces derniers mois, beaucoup de choses différentes à faire, de papiers à rendre, d'histoires à inventer. Résultat, un cerveau fatigué, refusant de faire le moindre effort et préférant s'abrutir de séries – bonjour, je suis la fuite en avant.

Mais ces derniers jours, j'ai senti un rebond.  Je ne sais pas, peut-être parce que les séries se font plus rares en ce moment – même si whooo, j'ai découvert Luther deux ans après les fans mais je suis complètement happée, tellement dingue d'Idriss Elba, le gangster de The Wire mais aussi peut-être le futur James Bond. Trrrrrremble Daniel.

Voici donc quelques uns des bouquins lus ces derniers mois, je vous épargne les plus mauvais dont les Lisa Gardner qui certes a trouvé le bon filon – les enlèvements d'enfants en gros – mais qui très honnêtement est à mon sens au polar ce que Shym' est à la musique classique. Ce qui ne veut pas dire que je n'en relirai pas, mais le succès interplanétaire de ces bouquins a quand même tendance à m'échapper. Dans le genre je préfère dix fois Mo Hayder ou Gillian Flynn (bien au dessus, même).

Gillian Flynn, Sur ma peau: je crois vous en avoir déjà parlé, j'ai aimé tous les bouquins de cet auteur découverte avec les Apparences. Qui est soit dit en passant son "plus drôle", les autres sont nettement plus glauques. Il est ici aussi question d'enlèvement d'enfant mais le sujet est plutôt celui de cette journaliste dépêchée pour suivre l'enquête policière dans sa ville natale et dont les traumatismes enfantins remontent à la surface. Sur ma peau, pourquoi ? Parce qu'elle écrit des mots au rasoir sur son corps pour relâcher la pression. Amis de la joyeuseté, bonsoir.

Mo Hayder, Les lames: Un meurtre d'adolescente, une bande de jeunes dont certains sont peut-être impliqués, deux soeurs, l'une flic, l'autre paumée, qui cherchent le coupable. Tout ça sur fond de lande anglaise et de climat rude et pluvieux. Efficace.

Heureux les heureux, Yasmina Reza. J'avoue, Reza, depuis son bouquin si complaisant sur Sarkozy, bof. Mais là, j'ai dévoré ce livre chorale, écrit au scalpel, dont certains passages font pleurer et d'autres rire franchement. Il est question d'adultère, de maladie, d'amour et de folie. Il est question du bonheur qui peut-être n'existe pas ou bien il faut le dire vite.

Irvin D. Yalom, Mensonges sur le divan. Lu après m'être enfilée les 3 saisons d'In treatment, c'est parfait pour rester dans la continuité de ces histoires de transfert entre patients et psy. A la différence que là finalement, c'est aussi un polar, voire un thriller psychanalytique. J'aime vraiment bien cet auteur.

Les délices de Turquie, de Jan Wolkers. Je suis en train de lire ce bouquin édité chez Belfond dans le cadre de la collection "vintage", qui vise à faire revivre des livres devenus cultes au moment de leur parution mais qu'on a un peu oubliés. Dix fois plus trash je pense que les 50 shades of grey, on est à mi-chemin entre Les Valseuses et Dernier Tango à Paris. Une liberté de ton rafraichissante et qui confirme que de ce côté là on est plutôt devenus très conservateurs… Pas fini mais j'aime.

La vérité sur l'affaire Harry Quebert. Je suis très emmerdée. Au départ j'ai dit ici que ça s'annonçait pas mal. Le truc c'est que je l'avais alors à peine commencé. Et qu'en réalité, il y a au moins 150 parges de trop dans ce bouquin,  qui ne mérite de toutes façons pas les éloges que j'ai pu lire ça et là. L'auteur est malin, il a pris un peu de tous les auteurs américains qu'il aime et il en a fait une sorte de compilation, au détriment d'une intrigue qui à force de rebondir fait penser à celles des feux de l'amour dont le coupable change dix fois en cours de route. Le souci c'est que là on a vraiment l'impression que l'auteur a hésité dix fois avant de décider qui serait responsable de la mort de Nola Kellerman, 15 ans, dans les années 70. Je passerai sur le style qui est tantôt agréable, tantôt confondant de lourdeur – "il était inquiet. Il tremblait parce qu'il était inquiet" (pas sûre que ce soit littéral, mais vous voyez le genre). Ceci étant dit, je l'ai lu en entier et j'y ai pris – parfois – du plaisir.

Edit: Oui, on est d'accord, la pub, là, c'est too much. Je suis en train de voir ce que je peux y faire.

Edit2: Vendredi, vous aurez droit à la liste de Marje pour les jeunes et moins jeunes.

Edit3: D'autres chroniques livres ici, ici et ici.

On n’écrit pas avec ses pieds mais avec son cul… maybe ?

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Depuis que j'ai ce petit problème vertébral (j'ai décidé que cela faisait plus chic de de parler de mon cul en vrac), je prends conscience de la complexité du processus d'écriture.

Vous avez été quelques unes, dont ma mère qui est une des personnes que je connais qui tape le plus vite au monde, à me proposer gentiment de prendre mes articles en dictée. D'autres m'ont indiqué des applis de reconnaissance vocale.

J'ai étudié la possibilité de recourir à ces aides. Seulement voilà, moi qui ai toujours clamé que je n'étais pas manuelle, je m'aperçois que je me suis lourdement trompée. Sportive, ça non, je ne le suis pas, et il y a peu de chances que cela change dans les mois à venir. En revanche, écrire est une activité manuelle, contrairement à ce que je pensais. Probable que si je perdais l'usage définitif de mes mains, je finirais par trouver une autre voie pour faire vivre mes mots. Mais pour l'instant, il semble clair que pour que mes phrases trouvent leur sens, elles doivent passer par le bout de mes doigts. Comme si mon cerveau ne pouvait se passer de ce pianotement (tage ?) (?) régulier, comme si mes mains traduisaient ma pensée et que mes yeux, ensuite, en relisant, venaient me confirmer ou non que j'avais trouvé la bonne façon de m'exprimer.

J'admire d'autant plus ces personnes malvoyantes ou souffrant d'un handicap et qui écrivent envers et contre tout. J'imagine, encore une fois, que l'on s'adapte. Mais comme quoi à toute chose malheur est bon, j'ai pris conscience ces derniers jours que mon corps est un acteur de premier plan dans mon activité que j'ai toujours qualifiée d'intellectuelle, pas au sens que je serais une intellectuelle (quelle intellectuelle parlerait sur l'internet mondial des laxatifs qu'elle ingère pour cause de sphincters traumatisés ?) mais au sens que seule la tête jouerait un rôle.

Tout ça pour dire que du coup, ces derniers jours, comme je ne peux pas adopter ma position favorite pour écrire (en tailleur), les mots butent, regimbent et refusent de s'aligner. Je fais des fautes de frappe, de style et d'accords. Je peine à trouver le rythme et à retranscrire ce qui sonnait pourtant si bien en pensée.

Donc non seulement j'ai besoin de mes mains mais peut-être aussi de mon cul. Et ça, c'est une autre découverte. Comme s'interrogeait une amie journaliste elle aussi et qui s'est cassé le coccyx lors de son accouchement, "est-ce qu'en fait on a vraiment la tête dans le cul ? Je veux dire, tout le temps ?".

Je crois pouvoir répondre par l'affirmative…

Voilà, à part ça, en parlant d'écriture, et même si ça n'est pas du Chateaubriand, ces deux petits abécédaires sont enfin sortis. Un grand merci encore à Astrid M pour avoir su illustrer mes textes qui sont bien moins drôles quand ils ne sont pas accompagnés de ses oeuvres tellement chouettes et fines. J'espère qu'ils vous plairont si vous veniez à les acheter. Je les ai écrits en Corse, aux heures les plus chaudes, quand la plage n'est pas une option et que les enfants, même les grands, s'assoupissent. Parfois, le churros était à mes côtés et s'endormait alors que je tapais mes textes. Je me souviens m'être dit parfois que j'étais exactement là où j'avais envie d'être. Et que certes je n'étais pas encore dans la rédaction de cette fiction que j'espère, mais malgré tout, j'écris des livres. Peut-être me fallait-il tomber un peu de mon piedestal et me tasser le séant pour me rappeler à quel point je suis vernie…

Bonne journée

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Coup de Mou

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Pour mes grands et surtout la chérie, je n'ai jamais lésiné sur les chaussures. Il faut dire que la demoiselle est venue au monde avec des pieds bien particuliers, ou autrement appelés "Pieds bots varus équins". J'avais raconté ça ici.

Autant vous dire que j'ai suivi à la lettre les recommandations des médecins et kinés, me prédisant les pires horreurs si je n'achetais pas des paires de pompes à dix mille dollars. Après trois années de rééducation et d'attelles, je n'avais pas particulièrement envie de foutre leur travail en l'air, donc j'ai obéi.

Mais j'avoue, pour Rose, pauvre number three, j'ai un poil lâché l'affaire, tant le prix des chaussures pour enfant me laisse sur le cul – enfin pas en ce moment, je me comprends.

Sauf qu'en réalité, c'est exactement le genre de fausse économie qui te fait au final dépenser dix fois plus. D'autant que Rose n'a pas les panards en vrac mais marche visiblement sur les talons et peut vous défoncer nimporte quelle pompe en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Cet hiver, j'ai finalement acheté pas moins de quatre paires de bottes à pas cher, ce qui à l'arrivée m'a coûté la bombe. Du coup, quand la bise est venue et que j'ai trouvé un nouveau trou dans ses bottines H&M, j'ai sorti le carnet de chèques et craqué pour ces Mou (soldées, mais elles ne le sont pas sur le site). Genre de UGG mais en plus coloré, costauds comme pas possible et chaudes, surtout.

Parce qu'en plus de marcher bizarrement, ma fille est comme moi, dès que la température descend au dessous de 5 degrés, elle perd ses doigts de pied.

Tout ça pour dire que parfois, ça ne sert à rien de vouloir mégoter. Ce qui ne m'empêchera sûrement pas de réitérer cet été en m'approvisionnant chez H&M ou que sais-je. Il parait qu'on apprend de ses erreurs, moi non, hélas.

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A part ça, vous dire que c'est la grande forme serait assez exagéré. Je perçois un semblant d'amélioration mais assez homéopatique, l'amélioration. Je m'en retourne donc sur ma bouée et vous souhaite une bonne journée.

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Edit: hier, trop fatiguée et surtout pas encore assez stable sur mes pieds à moi pour cause de cul en miettes, je n'ai pas pu aller manifester pour le mariage pour tous. Mais en pensée, je peux vous dire que j'ai battu le pavé. Fière j'ai été, de constater que l'on pouvait aussi se manifester POUR.

My heart belongs to daddy

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Hier, alors que j'entrais dans le salon – théâtrales, mes entrées, depuis trois jours – (si je ne connaissais pas ma date de naissance, j'aurais du mal à croire que je n'ai que 28 ans), je tombe sur mes trois enfants la mine déconfite. On pouvait lire le désarroi et l'angoisse sur leur visage.

"Ils s'inquiètent, tu comprends", m'explique leur père, tout en les étreignant.

"Non, il ne faut pas, ça va aller, je sais que ça n'est pas bien drôle cette histoire, les urgences et tout et tout, mais finalement ça n'est pas si grave", tenté-je alors de les rassurer, me rappelant combien moi même je n'aimais pas quand ma mère était malade.

"Mais oui, c'est ce que je leur ai dit, a embrayé le churros. Il ne faut pas qu'ils s'en fassent ! Je vais tout à fait pouvoir gérer la situation et mon travail n'en souffrira pas. Je vais tenir le coup !".

Et mes – soit disant – enfants de pousser un soupir de soulagement.

Je l'ai très bien pris, vraiment. D'autant qu'au cas où quiconque en douterait, quand j'ai appelé en larmes mon mari après être passée à ça de me ruiner la moelle épinière, il a certes compati, il s'est certes énormément inquiété, a certes proposé d'abandonner séance tenante son boulot, mais s'est de très bonne grâce laissé convaincre de ne pas mettre en péril sa période d'essai pour une bête histoire de colonne vertébrale peut-être brisée.

Et s'il a accompagné Rose à l'école le lendemain, c'est sûrement pour me rendre service mais probablement aussi parce qu'il m'a demandé si éventuellement je me sentais tout de même capable de le faire, j'ai eu comme un regain d'énergie, juste assez pour le menacer de lui faire avaler ma boite de laxatifs en entier s'il osait réitérer la question. Quant à l'heure à laquelle il revient le soir, que tout le monde se rassure également, elle n'a pas varié d'une seconde depuis que je suis paraplégique. Et il ne me semble pas qu'à part le premier jour où j'étais aux urgences et donc dans l'incapacité physique de préparer le repas, il ait eu à assurer la survie alimentaire de la famille.

Et pourtant, manifestement, le principal sujet d'inquiétude de la chair de ma chair – les hyènes – s'est entièrement focalisé sur la façon dont leur pauvre paternel parviendrait à surmonter matériellement et psychologiquement l'épreuve.

 Non mais vraiment, d'une certaine manière… respect. Je veux dire, c'est du grand art, quoi.

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Bad mood(board)

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Je sais, je sais, je sais, vous m'avez expliqué que ce n'était pas forcément le genre de choses que vous adoriez voir ici. Mais j'ai une énorme circonstance atténuante qui rend la rédaction de billets assez fastidieuse, d'autant qu'hier n'a pas été une merveilleuse journée. Dire non à la drogue c'était non seulement voir s'en aller les licornes et les bébés poneys (ce qui voudrait dire qu'en fait ils n'existaient pas vraiment ?) (ne répondez pas à cette question, je vis déjà des choses difficiles, point trop n'en faut) mais également tenter de répondre à cette épineuse question: comment s'asseoir quand toute position donne l'impression d'avoir posé ses fesses sur des tessons de verre ?

Bref, je n'avais pas le moral en fait.

Et qu'est-ce je fais quand je n'ai pas le moral ? Je remplis des paniers sur les sites de fringues. Paniers que je n'ai pas validés, par contre (il me fallait me relever pour prendre ma carte bleue) (si ça se trouve avoir le cul cassé va certes me faire perdre la moitié de mes clients mais m'éviter quelques dépenses inconsidérées). Du coup, je me suis dit que ce serait dommage que ce temps passé à benchmarker les soldes soit complètement perdu. Et comme fabriquer ce moodboard est plus aisé allongée que de taper ce texte (à haute portée littéraire pourtant), j'ai bidouillé ça.

Plus sérieusement (vraiment ?), je suis une adepte des collections de créateurs pour La Redoute. Toutes les fringues Vanessa Bruno que j'ai chez moi (trois en fait) sont issues de collaborations avec le vépéciste. De un c'est moins cher qu'en boutique et de deux il y a plus de choix de tailles que dans le magasin qui en plus souvent m'intimide. Quant à ces robes Rabih Kayrouz, elles sont exactement ce que je recherche quand je veux une robe, justement. Du coup je crois que je vais braver mon cul pour aller chercher ma CB (c'est bizarre cette phrase ?).

Quant aux bagues Mia Reva, c'est parce que je les ai et que je suis à chaque fois étonnée de la qualité de ces bijoux fantaisie. La panthère fait son effet à chaque fois et là elle est soldée, alors…

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.

 1 – Bague ailes d'ange Mia Reva – 2 – Bague panthère Mia Reva – 3 –Pull Tunique Vanessa Bruno pour La Redoute – 4 – Spencer Vanessa Bruno pour La Redoute– 5 – Robe maison Rabih Kayrouz pour La Redoute– 6 – Robe en soie maison Rabih Kayrouz pour La Redoute – 7 – Pochette Asos– 8 – Pull en mohair Vanessa Bruno pour La Redoute