So long

J’ai appris à aimer la corse avec lui. Un ami de mes parents, de ceux pour qui ils auraient porté le cadavre, comme on dit. Nous avons passé des étés à camper ensemble sur cette plage, comme des romanichels que nous étions tous, avec pour seule douche la rivière d’eau douce qui se jetait dans la mer. Je l’entends encore appeler mon père quand le soir tombait: « Dominique, il ne serait pas pastis moins le quart? » Jamais Dominique ne l’a contredit, quand ce n’était pas lui d’ailleurs qui surveillait l’heure.

Je crois qu’en revenant désormais tous les ans à quelques centaines de mètres de notre campement de fortune, c’est ce bonheur perdu que je cherche à rattraper. Avec succès, souvent, même si mes 15, 16, ou 17 ans sont bien loin.

Il est mort ce matin, emporté en deux mois par un crabe sans pitié. Et sur cette plage, ce soir, il me semble les voir, tous les quatre, ma mère, mon père, Patrick et Criquette, trinquer à l’été, au soleil et l’amitié.

So long, Patrick. Je veux croire qu’un peu de toi restera pour toujours à Prunete et que là haut il sera désormais pour l’éternité l’heure de trinquer à l’été, au soleil et à l’amitié.

So long

Complètement marron

J’ai réalisé un de mes fantasmes: j’ai enfin acheté après dix étés à la reluquer, de la farine de châtaignes. Par contre je n’ai absolument aucune idée de la façon dont je vais pouvoir l’utiliser. Il n’empêche que je suis sûre que c’est le genre de choses que font des filles comme Isabelle Marant, d’acheter de la farine de châtaignes en Corse (si tu l’achètes ailleurs qu’en Corse, par exemple a Melun, je pense que ça perd en romantisme).

Complètement marron

Voici venu le temps…

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Dimanche, je retrouverai l'odeur si caractéristique de myrte, de cyste et d'arbousiers qui embaume la Corse. Je poserai mes valises, je plongerai dans la mer d'huile et irai manger, dès le premier soir, une pizza dans ce qui est devenu "notre" petit restaurant, "a pota marina", les pieds dans l'eau et une pietra à la main.

Les vacances tant désirées sont toutes proches et je sais, expérience oblige, que le meilleur moment, c'est peut-être celui-ci, lorsque le rêve est à portée de main, juste avant que cela ne commence vraiment.

Là où je vais, la connexion est mauvaise et aléatoire, mais connaissant mon addiction à ce blog devenu presque une extension de moi même, je tâcherai de vous envoyer quelques cartes postales depuis mon Iphone. Je vous souhaite un beau mois d'août, il ne peut être à mon avis que plus ensoleillé et chaud que celui des juillet-tristes.

Une pensée toute particulière à ceux qui pour x ou y raisons ne partent pas cet été, je connais ma chance et mesure ce privilège de pouvoir rompre trois semaines durant avec le quotidien.

Je vous laisse avec quelques clichés "hipstamatic", d'Ambre notamment, qui m'a bluffée hier soir. Sa voix est de plus en plus profonde, avec ce léger voile qui m'emmène loin. Sa présence sur scène a gagné en intensité et sa complicité avec Dude – yummy Dude – et leurs deux musiciens rend leur performance d'autant plus sincère. J'attends le disque en trépignant, et je sais, je sens, qu'il est venu, le temps de la consécration.

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Edit: Pendant ce mois d'août, il y aura un ou deux billet sponsorisés. Je sais que vous ne les goûtez pas particulièrement, ce n'est pas un exercice avec lequel je suis à l'aise non plus. Mais comme je l'expliquais dans les commentaires, j'ai entrepris de relooker un peu le blog et cela implique de faire appel à un graphiste. Or, croyez moi ou pas mais ces gens là demandent qu'on les paie pour faire le job. Dingue. La vie de pigiste étant ce qu'elle est, je ne peux me permettre de bouder cette source ponctuelle de revenus. Merci de votre compréhension…

Séparations

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Cette semaine est un peu particulière, je la passe seule à Paris. Je crois que cela ne m'était pas arrivé depuis la naissance des grands, de disposer ainsi de cinq jours en solo. Souvent, les enfants s'en vont chez mes parents, mais nous restons ensemble avec le churros. Là, non, je suis livrée à moi même, sans autre contrainte que le boulot qu'il me reste à faire avant notre départ en Corse dimanche.

Je n'avais pas vraiment prévu cet interlude, il s'est décidé un peu brusquement, à la faveur d'une semaine supplémentaire de congés accordée au churros au dernier moment. Je m'étais organisée de mon côté et il m'était difficile du coup de changer mes plans.

Pas prévus, pas vraiment désirés et en même temps, je prends ces jours silencieux dans cet appartement devenu subitement trop grand pour ce qu'ils sont: l'occasion de vivre à mon rythme, de manger comme bon me semble des choses préparées en trois minutes, d'éteindre la lumière à 3h du matin après avoir avalé un bouquin d'un seul trait ou d'aller, au débotté, écouter Ambre chanter*.

Il ne faudrait pas que cela s'éternise, je ne suis plus habituée à n'entendre résonner que mes propres pas dans mon salon et le soir, quand plus une lampe n'est allumée, le moindre bruit me parait suspect. Mais je ne boude pas cette éphémère liberté. Et puis la solitude est un état qui ne me déplait pas. Je ne suis pas fille à s'ennuyer, encore moins lorsque j'ai dans mon ordinateur trois saisons de Mafiosa. (mmmmm… Thierry Neuvic)

Je crois que le plus difficile finalement, c'est d'entendre leurs voix à tous dans le combiné, pleines de rires et de bombes dans la piscine, de glaces mangées sur le port et de tours de manège. Pas assez, dans ces voix, du manque que j'éprouve, moi, pour eux. Je me déteste de regretter qu'ils ne soient pas un peu tristes et je me méprise de me poser cette question: se pourrait-il qu'ils puissent vraiment se passer de moi ? Combien de jours et de nuits faudrait-il pour que Rose me réclame ?

"A la seconde où tu les conçois, tes enfants commencent lentement mais sûrement à se séparer de toi", m'avait un jour dit une amie psy. Cette phrase m'accompagne depuis et prend, jour après jour, un peu plus de sens…

* Amber and the dude c'est ce soir à L' Espace B, 16 rue barbanègre , Paris 19ème, 19h30

Taillissime ouvre une boutique éphémère cet été

Diane

Billet sponsorisé

Dans mon parcours fashion, il y a eu un avant et un après Taillissime. Certes aujourd'hui, je peux trouver jupe à mes fesses dans le catalogue entier de La Redoute. Mais il n'y a pas si longtemps que cela, mon postérieur en 46 avait pas mal de difficultés à se loger dans des jeans peut-être à ma taille mais visiblement pas pensés pour ma morphologie. Et ne parlons pas de mon ventre qui n'a jamais brillé par son dynamisme mais qui après deux césariennes répond désormais au doux nom de tablier.

Un jour, j'ai compris qu'être ronde n'impliquait pas forcément de s'infliger une double peine. Celle d'être complexée ET boudinée. Et que commander chez Taillissime n'allait pas me faire grossir bien au contraire. C'est d'ailleurs à ce moment là que j'ai également commencé ma thérapie Zermati, mais ça n'est pas le sujet d'aujourd'hui.

Le sujet, c'est que cet été, Taillissime, a décidé de partir à la rencontre de toutes les femmes. Le principe ? Installer un showroom dans 6 villes de la Côte d'Azur du 31 Juillet au 19 Août prochain.

Grâce à cette boutique éphémère itinérante, toutes celles qui le souhaitent pourront venir essayer en avant-première les modèles de la rentrée. Personnellement je trouve l'idée super, parce que la vente à distance c'est pratique mais parfois, on a besoin d'essayer avant de craquer.

La cerise sur le gâteau ? Dans ces pop-up store, quatre coachs mode, blogueuses, stylistes et fans de mode formées par l'adorable et bombissime Big Beauty seront là pour accompagner, guider et conseiller dans les choix de pièces parmi 38 silhouettes de la collection Automne-Hiver 2011.

Une fois le look défini et une mise en beauté, chacune pourra passer devant l'objectif d'un photographe pour garder un souvenir de son expérience shopping.

Où retrouver ces boutiques .

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Du 31 Juillet au 1er Août : Le Barcarès, Place des Totems, Jardin du Lydia

Du 2 au 5 Août : Leucate, Place du Kyklos à Port Leucate

Du 7 au 9 Août : La Grande Motte, Le Point Zéro

Du 10 au 12 Août :Le Grau du Roi, Forum Centre Commercial 2000

Du 14 au 16 Août :La Seyne S/ Mer, Place des Services

Du 17 au 19 Août : Hyères, Place St Louis, Quartier de l’Ayguade

Ouverture de 10h à 13h et de 16h à 21h

 

Vous pouvez aussi participer au concours organisé sur la page Facebook, avec de nombreux bons d'achat à gagner mais aussi suivre l'évènement en direct (pour celles qui ne peuvent pas s'y rendre) http://www.facebook.com/#!/plussizeplusmode

De l’infiniment petit à l’immensément ridicule

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(je ne sais pas si c’est flagrant mais Zaz essaie de transformer une grenouille en prince Albert (c’est incompréhensible, elle fantasme sur lui que c’en est gênant)

Ce week-end, on a un peu rejoué microcosmos. Il faut dire que forêt + flotte = fête à la limace et autres bestioles pas ragoutantes. Ceci étant dit, bien qu’allergique personnellement à tout ce qui est a) gluant b) visqueux c) rampant, je tiens à témoigner de ma gratitude envers toute cette faune en folie.

Dans un endroit en effet sans télévision, sans cinéma et dont les espaces fermés n’excédaient pas 8 mètres carrés, si nous n’avions pas eu tous ces scarabées terrifiés et grenouilles miniatures pour occuper la marmaille, il y aurait eu un titre sordide de plus à la une des journaux du week-end pourtant déjà bien pourvus en la matière.

Réjouissons-nous d’ailleurs que le massacre de limaces ne soit pas encore pénalisé parce que nous aurions frôlé la condamnation pour crime contre l’humanité (je crains que parmi nos têtes blondes il y ait quelques délinquants en puissance).

Voilà, pas tellement plus à raconter sur ces deux jours. Nous nous sommes nourris exclusivement de chips, de saucisson et de… chips. Pour équilibrer, heureusement, il y avait aussi des pâtes. Sans oublier la barre bretonne. Servie au petit déjeuner, au dessert et au goûter. On ne se lasse pas de la barre bretonne format familial. En lire plus »

Belote et rebelote

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J'ai un passé de joueuse de cartes. Plus précisément de coincheuse.

Jamais pu m'intéresser à un quelconque autre jeu, nulle au tarot, inapte au bridge, catastrophique au poker.

C'est à peine si je maitrise le Uno.

Mais la coinche, j'ai des kilomètres au compteur, jonchés de mégots et de bouteilles vides.

Ce week-end, ce passé enfoui a ressurgi à la faveur d'un lendemain de cuite. "Un coinche, ça vous dit ?" a lancé Fanny, avec laquelle je n'avais jamais joué, connue trop tard pour les cafèts de la fac.

Et voilà que dix ou quinze ans après ma dernière partie disputée, je retrouvais tous mes anciens réflexes: l'arrogance, la mauvaise foi, le rire gras quand un pli pas prévu tombe entre les mains de mon équipe (la coinche se joue à quatre, deux contre deux), les gaffes, aussi, la stratégie étant moins mon fort que la parlotte.

C'était comme prendre la route dans l'autre sens. En chemin, j'ai croisé E., compagnon belotté de la première heure. Notre duo pouvait rendre fous tous les autres, tant nous passions la partie à glousser de nos mimiques respectives. Je peux encore le voir comme si c'était hier poser une carte maitresse sur la table. Il se tortillait alors sur son siège et simulait une douleur atroce, preuve qu'en face cette fois-ci ils allaient agoniser. Pour prendre immédiatement un air faussement contrit et désolé.

La blague était éculée, cent fois répétée mais pas une seule fois je n'ai pas pouffé, consciente d'être aussi irritante que le citron sur une plaie.

Hier, en tapant le carton, en m'insurgeant contre l'intransigeance feinte de Fanny ou les coups d'oeil suspects de Frédé, je pensais à E.

Comment expliquer que sa grâce et son humour aient été submergés, un jour, par tant de mélancolie qu'il ne puisse faire autrement que d'en finir ?

Y'avait-il quelque chose que nous aurions pu faire, des mots que nous aurions pu trouver ? Les signes avant-coureurs étaient-ils sous nos yeux, évidents et énormes ?

Cinq ans après, pas plus de réponses mais autant de tristesse. Pas un jour ou presque sans que les notes aigues de son rire ne résonnent dans ma tête. Pas un jour ou presque sans que je ne pense à elle, à son petit de lui ou à ses frères qui étaient comme les miens. Mais hier, le temps d'une partie et grace à Fanny. ce n'était que du meilleur que je me rappelais.

Belote et rebelote.

Edit: la photo ? Rien à voir, si ce n'est qu'elle a été prise ce week-end devant ma roulotte. D'autres suivront, il faut juste que je m'assure d'avoir l'autorisation et la bénédiction de mes compagnons gipsys avant de les punaiser sur l'internet mondial.

 

Le club des 16 en roulotte

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Pas le temps, pas le temps, pas le temps pour un billet, nous partons, la bande et nous, dormir en roulottes ce week-end. On s'était dit, fin juillet, on ne prend pas trop de risques.

On est des winners.

Au programme donc, concours de lancer de boue, stage de survie et balade en forêt avec pour objectif de réussir à semer les nains pour pouvoir boire des bières peinards dans nos roulottes. Non parce que comment dire ?

8 gamins dont la moitié de moins d'un mètre 20, sous la flotte et confinés dans 12m2, il y a moyen de virer dinguo.

Allez, au pire ça me donnera de quoi faire un billet hilarant. Ou pas.

Sinon hier, on trinquait aux vacances chez Tricotin (le chinois du quartier, genre le flunch asiatique) et la chérie dit à son père: "il faut se regarder droit dans les yeux quand on trinque sinon…"

"ben ouaiiiis, je sais", répond le churros.

"Ah ouais, tu sais pourquoi ?", interroge la chérie, manifestement impressionnée par l'étendue du savoir de son paternel.

"Ouais je sais mais dis moi d'abord" (malin le churros)

"Ça remonte au moyen âge, c'était pour vérifier que celui d'en face n'avait pas empoisonné ton breuvage", explique alors doctement ma fille savante.

"Pas mieux", répond le churros, légèrement déstabilisé.

Note à nous même: nous abstenir désormais de beugler  "sept ans sans sexe" la prochaine fois qu'on trinque avec un malheureux qui ne nous regarde pas dans les yeux.

J’aime #2

 
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Un billet de fainéante aujourd'hui, parce que j'ai passé ma journée d'hier à écrire et que je suis vide de mots.

Un billet "j'aime", parce qu'il y a tant de choses que je n'aime pas entendre en cette période faste aux outrances de politiques droitiers à cran que je préfère encore ne pas les évoquer.

// J'aime le souvenir de cet appéritif au Grau du roi et tout particulièrement de ce cocktail champagne/cointreau et autre chose dont je ne me rappelle pas le nom mais le goût, oui. Les feuilletés roulés au chorizo étaient également une tuerie intergalactique.

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// J'aime les bijoux bonbons plus vrais que nature et bracelets en liberty "Sweet factory" repérés sur un marché de nuit à la Rochelle.

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// J'aime quand mon fils prend sa petite soeur par la main, je peux toucher du doigt son amour.

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// J'aime les petites rues du quartier Saint Blaise dans le 20e où j'ai déjeuné il y a quelque temps avec une de mes cousines chéries. On dirait qu'on ne serait pas à Paris.

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// J'aime quand mes filles s'endorment l'une sur l'autre dans un train

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// J'aime ces mariés qui sortent de l'église, leur simplicité et leur joie. J'aime qu'ils n'en aient rien eu à foutre que le soleil les boude. J'aime la position de sa main sur sa joue.

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// J'aime les babas cool qui marchent au bord de l'eau les soirs de festival.

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// J'aime penser au jour où ce temps abominable s'en ira voir là bas si on y est. J'ai hâte du plaisir charnel que nous éprouverons alors, parce que la peau privée de la chaleur estivale boira le soleil jusqu'à plus soif.

// J'aime danser avec ma rose

Bonne journée…

Les livres de l’été 2011

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Alors je vous avais promis une liste de bouquins pour l'été, la voici. J'ai essayé d'en mettre un peu pour tous les goûts, sachant que j'aime bien, moi, sur la plage ou dans un transat à l'ombre d'un palmier/citronnier/figuier, me délecter de lectures… faciles.

J'entends par là que si vous voulez du long et fastidieux, ce n'est pas nécessairement ici que vous le trouverez, pas à cette époque de l'année. Ce qui ne signifie pas non plus que je vais vous conseiller le dernier Kinshella, je n'en ai jamais acheté. Par contre, je pense m'octroyer un ou deux plaisirs coupables, le Candace Bushnell cuvée 2011 par exemple.

Bref, voici ce que j'ai aimé dernièrement ou il y a bien longtemps d'ailleurs (du coup, pof, quelques poches, ce qui n'est pas négligeable pour le porte monnaie). Liste non exhaustive et totalement subjective, évidemment.

Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer. J'étais passée complètement à côté l'année dernière alors que ça fut visiblement un best seller. Dans le genre lecture facile, ça se pose là. Mais du easy reading de qualité. Vous avez aimé "You've got a mail", avec Meg Ryan quand elle n'avait pas entamé sa mue de galinacé ? Vous adorerez ce roman épistolaire entre Emmi et Léo. C'est écrit par un Allemand, et ça se sent, ne serait-ce que parce qu'il est question, souvent, de boire une bière. Cet échange de mails entre deux inconnus rappelle aussi le fameux cercle des épluchures de patates, que j'avais adoré, bien que consciente qu'on était loin de Choderlos de Laclos. Là, idem, c'est léger mais pas prétentieux et personnellement, j'ai couru acheter la suite à peine le livre terminé, parce que merde, ils vont finir par conclure ou bien, ces deux là ? Et la suite est chouette aussi, "La septième vague", ça s'appelle. L'auteur s'essoufle un peu sur la fin, mais pas tant que ça. Deux romans à l'eau de rose, donc, mais un peu piquante, la rose. Tout ce que j'aime.

La délicatesse, David Foenkinos. Pareil, complètement passée à travers les gouttes de la foenkinosmania. Et puis ma copine Sarah m'a convaincue, me promettant que j'aimerais. Et ce fut le cas. Rarement titre a tant correspondu au propos. Cette histoire d'amour qui survient après un deuil dont l'héroine pense qu'elle ne se remettra jamais m'a émue. Markus, suédois de son état, anti-héros comme on peut en voir dans les comédies anglaises ou les romans de Jaenada, distille subtilement sa délicatesse et de page en page, on en tombe nous aussi amoureuse. Dans la foulée, j'ai aussi lu "Nos séparations". J'aurais peut-être dû faire une pause, je l'ai apprécié également mais il m'a semblé finalement que ces deux romans se ressemblaient beaucoup. J'attends d'en lire un troisième pour voir si cette impression persiste ou si l'auteur parvient à se renouveler malgré tout. Il n'en reste pas moins que "Nos séparations" vaut aussi le coup, hein !

Les neuf dragons, de Michael Connelly. Bon, Connelly, comme Lehane ou Vargas, fait partie de ces auteurs dont j'achète systématiquement la dernière livraison. Si j'avais été plutôt très agréablement surprise par le précédent (alors que celui d'avant ou d'encore avant était plus que médiocre), celui-ci est plutôt dans la moyenne basse de sa production. Mais que voulez-vous Harry Bosch, je le kiffe, c'est comme Adamsberg, même en petite forme il m'emmène avec lui (il me fait des choses dans la culotte aussi). Et là, Harry est très en colère, parce que sa fille a été kidnapé par une triade chinoise à Hong-Kong. Harry en colère, whoo, encore plus de choses dans la culotte. Pas indispensable, à réserver aux entichées de Bosch…

En un monde parfait, de Laura Kasischke. Depuis que j'ai découvert cet auteur américaine, je lis tout d'elle. Et celui-ci est encore plus sombre que les précédents. D'habitude, elle entretient l'illusion un moment avant de vous faire basculer de la banlieue tranquille au drame sordide. Là, très vite, on sait qu'on ne va pas se marrer. Il est question d'une charmante hôtesse de l'air qui épouse le pilote le plus graou de la compagnie. Et qui très vite s'aperçoit que dans la corbeille de la mariée, il y a trois enfants d'un précédent mariage. Surtout, le prince charmant est forcément bien moins graou que prévu. Sans compter que sévit aux Etats-Unis un étrange virus qui tue tout ce qui bouge. Si vous avez aimé la Route et que vous vous délectez des atmosphère "fin du monde", foncez. C'est assez terrifiant mais l'écriture est ciselée, les personnages subtils et bien que flirtant avec le roman catastrophe, Laura Kashishe a cette capacité de nous y faire croire qui rend le roman terriblement réaliste.

Le diner, d'Herman Koch. Encore un roman allemand. Une histoire à la Festen, la tension qui monte entre deux frères qui sont à table avec leurs épouses pour une raison bien précise et qui évitent soigneusement d'aborder le sujet qui va nécessairement faire exploser cette soirée apparemment parfaite. D'autant que très vite les inimitiés entre les deux frères sont déterrées et qu'on sent que le "problème" dont ils doivent discuter est loin de pouvoir se régler facilement. Pas gai, mais bien ficelé.

La balade de Lila K, de Blandine Le Callet. J'avais apprécié "Une pièce montée" comme on aime une petite comédie romantique française, agréable sur le moment, ne laissant pas grand chose en bouche par la suite. Là, l'auteur est montée d'un cran. Qu'il s'agisse du style ou de l'intrigue. Là encore, tout se passe dans un futur assez lointain. Il y a quelque chose de "Bienvenue à Gattaca" dans cette histoire d'orpheline arrachée par la police de la bienséance à sa mère et qui se bat contre les règles d'une société aseptisée, dans laquelle il est mal vu de ne pas se masturber une fois par jour mais où les enfants ne doivent surtout pas venir au monde s'ils ne sont pas génétiquement parfaits. C'est une très belle histoire d'amour, une quête de la mère idéale et une critique à peine voilée des dérives sécuritaires de notre monde actuel. Un beau roman que le churros aussi a adoré.

La couleur des sentiments de Kathryn Stockett. Je l'ai déjà évoqué ici mais brièvement, j'en remets une couche, c'est selon moi le livre de plage idéal. Bien écrit mais se lisant aussi facilement qu'on sirote un mojito après une chaude journée. Il y a un peu d'Autant en emporte le vent dans cette histoire de nannys noires qui décident avec une jeune Blanche de raconter la façon dont elles sont traitées par les mères des enfants qu'elles élèvent. L'histoire se passe juste avant que Martin Luther King fasse son rêve. Difficile de ne pas pleurer à la lecture de certains passages, difficile de ne pas avoir honte en tant que blanche, de ce qui fut infligé à ces femmes pendant des décennies. Mais on rit aussi, beaucoup, parce que les nannys ne sont pas des oies blanches – hin hin hin – non plus. Voilà, je ne crie pas au chef d'oeuvre, c'est assez romancé malgré tout, mais j'ai passé un moment merveilleux avec Minnie, Abeilein et Skeeter.

L'absence de l'ogre de Dominique Sylvain. J'ai déjà parlé des polars de cet auteur, publiée dans la même maison que Fred Vargas. Je crois, au risque de faire bondir les afficionados de la Vargas, que je préfère le style de Dominique Sylvain, qui bien que jouant avec les mêmes codes que sa collègue (histoires truculentes et parisiennes, personnages atypiques et hauts en couleur, intrigues poétiques et littéraires, histoires d'amour bancales, etc), n'a pas fini par tomber, comme je l'ai ressenti avec Vargas, dans une caricature d'elle même. Celui-ci est particulièrement bon je trouve, il met en scène Lola Jost, vieille commissaire obèse à la retraite et Ingrid, masseuse et stripteaseuse américaine, détective à ses heures perdues. Elles partent à la recherche de l'étrangleur de Montsouris, qui ne serait, d'après la police, autre que Brad Arcenaux, un jardinier américain à la stature d'ogre. Mais Ingrid ne peut pas y croire, elle qui a connu Brad dans une autre vie et qui pourrait le jurer la tête sur le billot: c'est le plus tendre des hommes…

 Voilà mes conseils pour cette année. Evidemment, ne vous gênez pas non plus pour lire tous les Jay Mc Inerney, les Michel Tremblay, les Nancy Huston, les Siri Hutsveldt, les Philippe Jaenada ou encore les Emmanuel Carrère. Et n'hésitez pas non plus à aller fureter dans les billets bouquins précédents, je ne renie aucun de ceux que j'ai pu vous conseiller…

Et aussi:

Ma sélection 2010

Ma sélection 2008

Ma sélection 2007

(Non en 2009 je ne branlais pas le boeuf, juste j'ai fait plusieurs chroniques bouquins durant tout l'été au lieu d'en faire une seule).

Ah et bien évidemment, ce billet, comme chaque année, est destiné à vous permettre à vous aussi de partager vos coups de coeur et à m'avertir des incontournables !

Edit: Certains de ces bouquins m'ont été donnés sous le manteau par ma dealeuse de bouquins, C. Je l'en remercie et trépigne à l'idée de commencer ceux gracieusement offerts hier !