Auto-analyse

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Deux mois ou presque que je suis partie de mon ancien job et que je n'ai toujours pas récupéré mon solde de tout compte.

On peut y voir un bel acte manqué, mais j'y vais tout à l'heure, enfin. Le fait est que j'ai eu comme une appréhension à remettre les pieds en étrangère là où j'étais encore un peu chez moi il y a peu. Même si la page s'est tournée avec une facilité déconcertante.

Etrange comme on peut se déshabituer en quelques jours d'une routine pourtant ancrée depuis des années. J'avais peur que passés les premiers temps, les semaines soient longues et que mes repères sacrés, à savoir le vendredi qui rit et le lundi qui pleure ne signifient plus rien. Finalement, mes journées filent, selon un rythme qui leur est propre, parfois langoureuses, parfois aussi stressantes qu'auparavant. Le silence de mon salon l'après-midi est parfois pesant mais finalement moins que je ne l'appréhendais, une ermite se cachait peut-être en moi sans que je m'en doute. Et puis je suis à la lettre les conseils de mes compagnons d'indépendance: prévoir des déjeuners, professionnels ou amicaux, conserver son pass navigo, oser le ciné en pleine journée quand l'emploi du temps le permet, sortir, au moins une fois dans la journée, même pour rien, ne serait-ce qu'acheter le pain. Du coup, la solitude ne dure jamais et quand elle est là, je crois que d'une certaine façon, elle me plait.

La vie de free-lance se solde donc plutôt positivement pour l'instant. J'aime ces montées d'adrénaline quand un boulot tombe, quand je rends un papier sur lequel j'ai sué ou lorsque la perspective d'une collaboration excitante se profile. J'apprécie aussi ce rapport différent avec mes employeurs, qui, certes, ont la possibilité de me jeter comme une merde si l'envie leur prend mais en retour ne se placent pas dans une relation hiérarchique comme celles que j'ai connues durant quinze ans. J'ai utiisé le terme de "collaboration", c'est exactement celui qui me semble correspondre le mieux, avec tout ce que ça implique d'échanges et de respect mutuel.  Enfin, je parle des personnes avec lesquelles je travaille aujourd'hui, je me doute que ce n'est pas l'Ile aux enfants partout…

Le revers de la médaille, parce qu'évidemment il y en a un – on ne peut pas TOUT avoir, jeune padawan -, c'est cette peur qui me prend souvent par surprise, de manquer d'argent, de vivre dans l'illusion qu'il est possible de travailler différemment, de me retrouver seule un jour et de n'avoir pas assez pour subvenir aux besoins de mes enfants, etc etc etc. On ne se refait pas et je suis désormais renseignée (vive la maturité): je ne changerai jamais sur ce point et la sérénité n'est envisageable qu'en pointillés.

Mais à chaque fois que je doute, je pense à cet énorme avantage que je retire aussi de tout ça. Je veux parler de cette nouvelle façon d'être maman, que je découvre: être là le soir quand les grands rentrent, ne pas avoir la boule au ventre à l'idée de téléphoner au bureau pour annoncer que oui, pour la troisième semaine consécutive je prends un jour enfant malade, préparer des repas – je veux dire des vrais, avec genre un LEGUME inside – autrement qu'en panique. Là non plus tout n'est pas rose, ça se saurait. Les grands ont en effet du mal à accepter ce concept d'une maman là mais pas tout à fait, Rose n'en parlons pas. Quant au Churros, la rapidité avec laquelle il a lâché l'affaire au niveau de ses horaires du soir me fait penser qu'à un moment ou à un autre il va falloir le remettre d'aplomb (demain, je pense).

Voilà, hier donc, j'ai changé de dizaine et il m'est venu à l'esprit que cette journée aurait certainement été différente si je n'avais pas pris cette décision, ce fameux 7 janvier dernier.

Merci à tous et toutes pour vos messages adorables et repartons si vous le voulez bien pour une nouvelle décennie. Sans photos pour l'instant hélas, en effet, histoire de prouver que ma maladresse, elle, n'a pas pris une ride, j'ai flanqué par terre mon appareil photo hier et je vous confirme qu'un reflex, c'est fragile. Très. Par un miracle comme il n'en arrive que les premiers jours du printemps, j'ai néanmoins retrouvé la facture et la garantie et j'ai un maigre espoir qu'un chirurgien de chez Nikon le réanime. Sinon, je suis bonne pour en racheter un, d'autant que mon cadeau des 40 ans de ma famille, c'est, je vous le donne en mille, un nouvel objectif… Nikon. Yeah. Le boulet, c'est moi.

Edit: Du coup, je sens que ma carrière d'autoportraitiste que je sentais pourtant en plein essor vient de s'arrêter net. Enjoy ce cliché, dans quelques années il sera collector.

C’est le printemps, je suis le printemps…

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Un ami m'a dit récemment: "mais ma chérie, tu n'auras jamais 40 ans, enfin, seuls les sénateurs ont 40 ans". D'une certaine manière je suis assez d'accord, je ne me sens pas vraiment différente d'il y a dix ans. Et en même temps, je crois que l'acceptation de soi commence très certainement par là.

Alors si, on peut tourner virer, dire qu'on a trente-dix ans (piqué à Armelle), restée coincée à 39 voire un peu avant (tant qu'à faire), le fait est qu'il y a 40 ans, je naissais, le jour du printemps. Et depuis, j'entends tous les ans dans la bouche de ma maman que je suis son printemps, justement.

Un grand merci à tous les messages reçus, par mail, twitter ou FB, j'ai cette impression fabuleuse d'être très entourée pour franchir ce cap et je me dis que la vie est belle. Que ce premier jour du printemps soit doux pour vous.

En photo, mon cadeau de 40 ans du Churros, qui a trouvé ma montre parfaite, pas chichiteuse, pas trop grosse mais pas trop petite, pas "it-montre" qu'on voit partout, pas Rolex non plus mais ça c'est un peu tant mieux.

A demain !

Quand des artistes se fédèrent pour aider le Japon

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On se demandait hier comment aider le Japon, je suis tombée sur cette initiative relayée notamment par Libé et que je trouve assez merveilleuse parce qu'impliquant l'art tout en étant pragmatique. Je m'explique. Sur ce site, sont rassemblés des dessins illustrant le tsunami qui a frappé le Japon. Certains sont à tomber par terre de beauté, d'autres sont moins ma came mais sûrement celle d'autres. Les uns empruntent à la mythologie, d'autres aux estampes japonaises, d'autres encore à l'univers du manga. Tous vous prennent aux tripes par leur poésie noire et leur expressivité.

Ces dessins seront mis aux enchères et donneront lieu également à la publication d'un ouvrage. Tous les fonds récoltés iront à l'association give2asia, qui oeuvre en faveur des sinistrés.

Une des façons de participer à cette initiative est de la relayer, dont acte. Merci à tous ceux qui feront de même et un grand bravo aux instigateurs de ce site dont on aurait préféré qu'il n'existe pas mais qui je crois prouve s'il le fallait que l'art transcende la réalité (ok, cette dernière phrase ressemble un peu trop à un sujet du bac mais je n'ai pas trouvé mieux).

Edit: Si je devais en acheter un, je crois que ce serait celui que j'ai mis en illustration de ce post. Il est signé Ideo et le blog de ce dernier est ici.

Du vert et du blues

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Toujours un peu difficile de rebondir après un billet polémique qui forcément – et c'est le package – donne lieu à des interventions diverses et variées, allant du drôle au poignant en passant par le saignant. Je ne regrette pas un traitre mot de ce que j'ai écrit, voire après un peu de reflexion j'aurais pu en faire une tartine de plus, parce que plus j'y pense et plus je suis convaincue que ce livre n'est pas seulement une insulte aux rondes mais plus globalement aux femmes.

Mais comme je n'ai pas très envie de faire à nouveau le chien de garde toute la journée devant les commentaires, j'en resterai là pour aujourd'hui.

Je voulais juste vous informer par ailleurs que désormais, tous les 3ème jeudi du mois, vous pouvez me retrouver sur Mon Bazar Vert. Les filles qui tiennent la boutique m'ont donné carte blanche pour une chronique mensuelle dans laquelle je peux dire un peu tout ce qui me passe par la tête. En respectant bien sûr le fil non pas rouge mais vert du portail, of course.

Pour ma première chronique, j'ai pensé qu'il était compliqué de ne pas parler de ce qui se passe aujourd'hui au Japon ou plus précisément de ce que ça implique pour l'avenir du nucléaire en France. Je préviens tout le monde qu'il s'agit d'un billet d'humeur et non d'un article scientifique, j'y exprime simplement mes doutes et mes interrogations. Le mieux c'est d'aller le lire. Ici.

Enfin, face à ce drame qui se noue heure par heure à des milliers de kilomètres d'ici, j'avoue me sentir à la fois terrifiée et impuissante. Je crois qu'il est possible de donner à la Croix Rouge ou à MSF, même si hélas, il n'y a pas tellement de blessés, les gens sont morts, c'est tout. Mais ceux qui restent ont tout perdu, alors je pense qu'un peu d'aide ne peut pas nuire. Ce n'est rien et c'est beaucoup, comme dit la chanson.

Edit: Petite, il y a un film qui m'a marquée à vie, pour tout un tas de raisons sur lesquelles je reviendrai un jour peut-être et auquel je pense énormément depuis cette catastrophe. Ça s'appelle l'Arbre de Noël et ça raconte l'histoire d'un enfant qui un été, dans le bateau de son père, est exposé aux radiations d'un ogive nucléaire. La suite, vous l'imaginez, est sinistre. Aujourd'hui, ce sont des milliers de personnes qui se retrouvent confrontés à l'angoisse d'avoir été irradiés. Je ne sais pas comment ces gens font pour garder leur calme, vraiment.

« Osez l’amour des rondes »: le livre de trop

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Je ne vais pas m'étendre sur le sujet pendant des heures d'autant que deux talentueuses nanas l'ont fait et très bien en plus. Mais je ne pouvais pas non plus me taire, parce que depuis que je sais que le livre existe, j'ai juste un peu envie de mordre.

Ça faisait longtemps, vous me direz.

Et j'ai un scoop, ce n'est même pas contre mes copines du Elle que j'en ai.

Non, mon grand cri est entièrement dirigé vers un petit bouquin qui d'ailleurs mériterait sans doute surtout qu'on n'en parle pas. Sauf qu'il est écrit par une des influentrices de la toile, régulièrement citée en exemple dans les articles success story du style "le blog a changé leur vie". Je veux parler de Marlène Schiappa, qui a créé le site "Maman travaille".

Et qui accessoirement, donc, écrit. Des livres jetables comme je les appelle – et j'en connais un rayon, je rappelle que je suis l'auteur de "90 façons de baiser en cachette", n'y voyez donc pas de mépris de ma part. Du moins pas à ce stade.

Marlène Schiappa écrit, donc, et a commis récemment un… je ne sais pas comment qualifier cet objet à vrai dire. Va pour un essai.

Pas transformé, l'essai, en l'occurence. Hin hin hin.

Le titre: "Osez l'amour des rondes".

Je ne vais pas vous mentir, je ne l'ai pas lu entièrement, hors de question de claquer 8 euros pour ça. Mais je l'ai feuilleté en librairie et j'ai surtout consciencieusement lu le billet de Dariamarx qui le décortique de manière totalement jouissive.

Personnellement, je pense que la Licra ou que sais-je pourrait se saisir du sujet. Non parce que ce qui se veut au départ une sorte de plaidoyer pro-rondes sur le mode "c'est pas parce qu'on est grosse qu'on a pas le droit de baiser" (déconne !), est tout simplement une sorte de brûlot – sans aucun style – insultant et discriminant. Où l'on apprend que quand on est grosse, on "sent" et qu'on doit donc se laver. Les dents, aussi, d'ailleurs. Que par ailleurs, le mieux, c'est de proposer à son partenaire la levrette, parce que c'est un bon moyen de montrer ce qu'on a de mieux, à savoir son cul. Et de cacher par la même occasion son bide.

Des petits trucs comme ça, elle en a plein, Marlène Schiappa. Je vous fais grâce des poncifs à la con sur la sensualité des rondes évidemment plus exacerbée que celle des tas d'os (elles apprécieront) et je passe assez rapidement sur les conseils de bienséance distillés ça et là : "ne demandez pas un dessert si personne n'en prend", "mangez une sucette plutôt qu'un sandwich", "dansez seulement si vous avez pris des cours"…

Je m'arrête en revanche deux secondes sur le fait qu'à priori, les grosses sont de bonnes suceuses (rapport probablement à leur gourmandise invétérée) et le meilleur, ce qui je crois m'aurait fait rire si ça ne me faisait pas en réalité chialer: l'épilation, qui, si elle a la forme du ticket de metro donne l'impression que tu es plus mince. Mais attention, point trop n'en faut mesdames les girondes. Non parce que si vous le faites trop étroit, votre brésilien, c'est loupé. Voire votre gars, il va être dégouté en voyant votre grosse chatte bien grasse.

Bref, encore une fois, je ne l'ai pas lu scrupuleusement mais assez pour me faire une opinion.

Et plutôt que de continuer plus avant dans ma critique pas très élogieuse on en conviendra, je propose un prochain titre à la Musardine pour sa petite collection "Osez" :

"Osez l'amour des connes".

Non parce que je ne sais pas moi, mais à mon avis, y'a matière.

Edit: L'image, c'est une proposition de Bannière que m'avait faite Cathy, l'auteur de "mon gras et moi". J'avais finalement préféré une bannière "photo" que dessinée, mais j'adore ce dessin et j'aime l'insolence qui se dégage de cette nana qui semble penser "Je vous emmerde". ça me parait assez approprié.

Edit2: Ce billet, j'aurais pu l'écrire il y a deux ans avec les kilos que j'avais alors en plus. j'aurais aussi pu l'écrire même si je n'avais jamais eu ces kilos. Le débat n'est pas là, j'espère que vous le comprendrez. Pour moi, ce livre est aussi ignoble dans son principe que s'il avait été titré "Osez l'amour des noires", "des naines" ou "des rousses". A priori, quand on aime, on aime une personne, pas une caractéristique qui la définit. Ou alors c'est qu'on est fétichiste. Et ça n'est pas de l'amour.

 

Complètement spasmée

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Elle est plus solide que son frère et sa soeur. En deux ans, elle a du prendre trois fois des antibiotiques – dieu merci d'ailleurs, je rappelle au tout venant qu'elle est totalement réfractaire à la prise d'un quelconque médicament ce qui donne lieu à des scènes de torture qui ne dépareilleraient pas à Guantanamo.

Plus solide, donc, que ses dadais de frère et soeur dont on s'interrogeait une nuit sur deux pendant les trois premières années, de la nécessité ou pas de partir aux urgences. L'autre nuit, on y allait. Au urgences. A la fin, à Trousseau, on avait notre place de parking et parfois, j'aidais ma pote à l'accueil pour le triage.

Bref, Rose est plus solide, mais depuis hier elle est malade. Petite fièvre au départ puis 40 et des poussières cette nuit, avec pommettes rouges, cheveux collés au front, tremblements et chaleur qui irradie de ce petit corps dont tu n'imaginais pas qu'il puisse dégager autant d'énergie qu'un groupe électrogène.

A 5h du matin, elle a commencé à avoir des sortes de spasmes étranges.

"Elle convulse, merde !", j'ai crié au churros qui venait de se rendormir.

Le temps qu'il reprenne ses esprits ça s'était arrêté.

Pour recommencer dix minutes après.

"Tu fais pareil quand tu dors", il a grogné alors que je commençais à envisager le pire au niveau des séquelles cérébrales et de checker mentalement les causes principales des convulsions (j'ai fait médecine au Cook county, pardon).

"Je fais pareil parfois quand je m'endors, ça s'appelle un sursaut. Là c'est toutes les deux minutes, on dirait la gamine de l'exorciste putain. Nine one one, je te dis."

Croyez-moi ou non mais le churros a tenu bon. Il a refusé d'appeler le Samu (trop d'humiliations successives avec les dames du standard l'ont rendu méfiant). Et moi… moi j'ai regardé ma boulette pleine de cheveux jusqu'au matin, en tremblant à l'idée d'être pile en train de passer à côté de l'urgence qui aurait vraiment mérité qu'on file toutes sirènes hurlantes à l'hosto.

A l'heure où j'écris ces lignes, elle dort enfin paisiblement dans mon lit et les spasmes se sont arrêtés.

Y'a-t-il un moment où on est débarrassés de cette putain d'impression qu'on t'arrache les tripes à chaque fois que ton gamin va mal ?

 

Up and Down du lundi

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Dimanche on a donc été à la Bellevilloise écouter Amber and the Dude et saliver devant les créations exposées. Dieu merci, je n'avais pas un centime sur moi, sinon c'en était fini. Entre les tee-shirts peints à la main, les petits perfectos violets, les bjoux à se damner et les tableaux rock and roll, j'étais un peu sens dessus dessous. Avis aux Nantais, la "Take me out" se déplace bientôt chez vous et franchement, ça vaut carrément le coup. Même qu'Amber and the Dude seront du voyage et qu'une fois encore, j'ai kiffé leurs mélodies, leur pêche et tout ce qui se dégage d'eux.

Allez, un petit up and down du lundi ?

 

Up: La suite du mec de la tombe d'à côté vient de sortir, ça s'appelle "Le caveau de famille" et je l'ai bien sûr acheté ce week-end. Je tremble à l'idée d'être déçue, souvent qui dit suite dit ratée. Mais je vous en parle dès que je l'ai lu.

Down: La façon dont je suis incapable de réagir quand l'une de vous m'aborde pour me dire qu'elle lit mon blog. Rien que d'écrire ces mots j'ai l'impression d'être une connasse qui se la pète. Mais il se trouve que ça arrive et que je ne sais jamais bien quoi dire, si ce n'est merci et puis aussi que je suis touchée et que merci, quoi. Alors voilà, Pascale M, tu as des yeux magnifiques et je suis ravie de mettre un visage sur un pseudo, la jeune fille de l'entrée de la Bellevilloise, vous êtiez adorable et l'autre jeune fille d'Italie 2 ce samedi, j'espère que vos courses auront été aussi fructueuses que les miennes ce jour là (deux paires de chaussures qui ne me font pas mal, ça se fête).

Up: Le discours d'un roi, film certes classique, diront les uns, mais d'une efficacité lacrimale redoutable surtout vers la fin. Et puis Colin Firth… Colin Firth, quoi.

Down: La façon dont certains lieutenants de l'UMP rivalisent d'ignominie, qui pour rappeller que DSK n'est pas auvergnat, qui pour proposer de renvoyer dans leurs bateaux les immigrés "méditerranéens", qui  enfin pour vanter les mérites d'un grand débat sur la laïcité (la laïcité étant comme chacun le sait en France, tout ce qui n'est pas musulman).

Down: L'inaudibilité du PS, dont on n'entend les responsables que pour donner des nouvelles de leur éventuelle candidature qui est possible mais pas sûre, d'autant que pour l'instant, tout ce qui compte c'est leur mandat au FMI. J'ai envie de dire, on s'en branle. Enfin non, personnellement je trouve ce calendrier des primaires d'une abyssale stupidité. Mais manifestement c'est gravé dans le marbre, par conséquent, si on pouvait, en attendant, savoir un peu ce que le PS pense faire concernant les retraites, la lutte contre le chômage, la prise en compte de la dépendance, la réforme du lycée, la poursuite ou non de l'autonomisation des universités, la crise du logement, la gestion des personnes en grande pauvreté… Bref, sur toutes ces choses qui manifestement n'ont pour l'instant pas mérité qu'on s'y arrête, en somme.

Up: Les goûts musicaux de mon fils et son meilleur ami. La dernière fois, j'arrive dans le salon et je les trouve tous les deux devant l'ordi, l'un demandant à l'autre: "tu veux écouter quoi sur youtube, Brassens ou Renaud ?" Bon, on est d'accord qu'ils ont de sérieuses chances de se faire rouler dans le goudron puis dans les plumes quand ils arriveront au collège, mais en attendant, je les kiffe ces doux rêveurs…

Up: La plume d'oreille achetée à ma grande chérie à la Take me out, seule chose que j'ai pu payer en raclant mes fonds de poche et en tapant la Zaz. La grâce de ma fille me surprend toujours, sa façon de savoir très exactement ce qui lui va et ce qu'elle aime aussi.

Down: La nouvelle tendance de la netterie internationale, appellée Hauling et consistant à filmer ses achats à grands renforts de "c'est génial / Greaaaaaat", "Oh, non, en fait c'est nul / It's sucks" et de "trop stylé cette robe, trop color block / fucking fashion". Je crois qu'on la tient, la définition de la vacuité…

Down: L'édito de Dorothée Werner dans le Elle de cette semaine (ma banque m'a abonnée au Elle, ceci expliquant cela) (c'était avant que je démissionne). En soi, l'édito ne peut que remporter mon assentiment. Elle s'y offusque et s'indigne de l'apparition aux Etats-Unis (et donc dans un an en France) d'anti-rides pour les moins de 12 ans. Jusqu'ici, tout va bien. Problème, Dorothée Werner semble avoir oublié pour quel journal elle travaille, expliquant à quel point à force de glorifier le jeunisme et expliquer aux femmes qu'elles doivent tout faire pour effacer les signes du temps, on fabrique des générations de filles traumatisées à l'idée de grandir puis de vieillir. Heu…

Allez, je vous laisse avec quelques photos du week-end, dont les adorables petons de Rose et sa copine, fille de la rouquine d'à côté, toutes de converses sparkling H&M chaussées….

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Edit: Le plus gros down c'est bien sûr le séisme et tout ce qui s'en suit au Japon. Mais je ne voyais pas trop comment en parler sans enfoncer les portes ouvertes ou sembler indécente. Mais je suis comme tout le monde j'imagine, sous le choc et inquiète pour ce pays et ses habitants…

Amber and the Dude à la Take me out

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Demain à 16h, Amber and the Dude jouent à la Belleviloise dans le cadre de la "Take me out", sorte d'expo vente fashion artistico bobo. C'est gratuit, c'est cool, c'est bientôt le printemps et même Grazia en parle cette semaine, en citant Amber and the Dude (explosion de foufoune de la miss Amber).

Voilà, moi j'y serai en tous cas !

Bon week-end à tous…

Le chemin qui menait vers les livres

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William Réjault a écrit un livre. "Ce chemin qui venait vers vous". Ce n'est pas le premier, mais je crois que c'est celui qui lui tient le plus à coeur. Il me contredira s'il veut.

Je ne l'ai pas encore lu.

Pour la bonne raison qu'alléché par le titre, le churros s'en est emparé. Au début, j'ai fait mon mauvais esprit sur le mode "ok, d'ici que tu l'aies fini, il sera sorti en poche" (le churros lit trèèèès lentement).

Et puis en fait, non, il l'a boulotté.

Du coup, je lui ai demandé de m'en faire un billet. Parce que quelque part, étant donné que Will et moi on se fréquente (pas bibliquement, on vient de Vénus tous les deux, parait que du coup, ça ne peut pas marcher), c'est difficile de faire une critique de son oeuvre. Si j'aime, je vais être un peu soupçonnée de copinage. Si je n'aime pas, je ne vais pas avoir envie de le dire, j'ai trop de respect pour l'acte même consistant à suer sang et eau sur une histoire et je crois qu'en amitié toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Le churros ne connaissant de Will que son penchant à me faire chanter du Abba en français devant Björn, il ne s'est pas embarrassé de mes scrupules. D'autant plus qu'il a aimé. Ce qui lui a facilité la tâche.

En plus je crois que ça lui manquait, de faire des interventions sur ce blog. Ça va aussi redorer son blason, rapport que paraitrait que dans un certain milieu parisien journaleux, il se murmure que la femme du churros tient un blog pornographique. Y'a des gens dont la vie doit être d'un triste tout de même…

Allez, place à la critique littéraire, je laisse la parole au churros…

Le chemin qui menait vers les livres…

La lecture de romans a toujours été fastidieuse pour moi. Est-ce parce que je n'ai jamais vu un livre sur la table de chevet de mes parents ? Est-ce parce que la littérature a longtemps été synonyme pour moi de corvée scolaire avant qu'elle ne devienne (sur le tard) un plaisir ? Est-ce parce que je lis lentement (ma blogueuse de femme est capable d'avaler un bouquin en deux jours là où il me faut… deux mois) ? Est-ce parce que je suis, à l'inverse, un grand consommateur de presse et que, comme tous les hommes, j'ai du mal à faire deux choses à la fois ? Je ne sais pas. Mais une chose est sûre, c'est que lorsque j'ai rencontré celle qui tient ce carnet de bord en ligne, j'ai été frappé par la place fondamentale qu'occupait la littérature dans sa vie.

Ce besoin journalier de s'isoler pour se plonger dans un livre. Cette capacité à s'évader par les mots. De la littérature japonaise aux polars américains, de la « chick-lit » la plus superficielle aux romans les plus sombres. Bref, une vraie lectrice. Ce plaisir solitaire, totalement assumé et même revendiqué de la part de mon amoureuse, m'a d'abord fasciné, très vite séduit, pour ensuite m'énerver (des kilos de bouquins dans les valises des vacances), voire m'a rendu jaloux. Jusqu'au jour où j'y ai vu un avantage : mieux que « Le masque & la plume », plus efficace que les rayons de la Fnac, j'avais à disposition mon « book coach », ma propre conseillère en littérature, capable de me sélectionner le livre qu'il me fallait au moment adéquat.

C'est ainsi que votre chère Caroline de Pensées de ronde m'a mis entre les mains « Le chemin qui menait vers vous ». Certes, le fait qu'il soit coécrit par William Réjault m'a quelque peu irrité sur le moment (pour mémoire c'est le Will qui l'a emmenée – sans moi – à Stockholm rencontrer une légende vivante). Et puis, je l'ai ouvert. Pour le refermer trois jours après (ce qui constitue un record, dans mon cas). Ce qui m'a plu ? En premier lieu que les auteurs avouent dès le départ que l'intrigue de ce roman futuriste d'une société dépourvue d'énergies leur soit venue à la lecture d'un livre (en l'occurrence « La fin du pétrole », de James Howard Kunstler). Ensuite, qu'ils se soient attachés, avec des mots très simples, au travers d'exemples presque banals, à montrer comment l'être humain est capable de s'adapter à toutes les situations… mais jamais tout à fait (à l'exemple de Laure, la compagne du héros qui, alors qu'Internet n'existe plus, continue tous les jours à écrire des billets, dans un carnet qu'elle s'obstine à appeler « blog »). J'ai un peu moins accroché à la deuxième partie sur le périple du héros et de ses compagnons à travers la France. J'ai adoré la fin qui, elle, résonne d'autant plus juste au regard de la période que nous vivons…

Mais chut, je ne vous en dis pas plus. Je vous laisse, ma femme m'a prêté un livre…

Les maternelles, mes fesses et mon micro

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Hier j'étais sur le plateau des Maternelles. Pas pour parler de mon blog mais du grignotage des enfants. J'en connais un rayon sur le sujet, vous imaginez bien. Très franchement, j'ai du ouvrir la bouche deux minutes douze et je ne pense pas avoir dit grand chose de passionnant (en réalité j'en suis sûre).

Mais ça m'a fait bien plaisir de voir le studio de l'émission, de rencontrer les chroniqueurs et d'échanger quelques mots avec une nutritionniste, Laurence Haurat, dont je vous reparlerai très vite, parce qu'elle est l'auteur d'un livre qui m'a été chaudement recommandé par une psy que j'avais interviewé pour un papier à venir sur les sentations alimentaires.

"Libérons l'assiette de nos enfants", ça s'appelle.

Je le lis et je reviens très vite en parler, avec en prime une interview de l'auteur.

Pour revenir aux maternelles, je ne vais pas vous en faire un minute par minute parce qu'il ne faut pas abuser des bonnes choses mais en l'espace de 2h j'ai réussi à me ridiculiser trois ou quatre fois.

– Pour commencer, à peine arrivée, j'ai renversé une partie de mon café sur MA robe comptoir des cotonniers (elle est de toutes mes sorties, l'exemple même du cadeau parfait) (parfait mais tâché, par contre).

– Ensuite, quand la coiffeuse m'a demandé si j'aimais mieux mes cheveux lisses ou souples, j'ai eu la pertinence de répondre "souples". Résultat, je me suis retrouvée bouclée comme Laetitia Hallyday (avant qu'elle essaie de ressembler pathétiquement à Victoria Bekham). Un poil nerveuse (parler en public avec des anglaises) j'ai fait valser le fer à friser qui a atterri sur ma robe maculée de café. Mon sang n'a fait qu'un tour et pour éviter d'avoir en plus de la tâche un gros trou (viscose + chaleur), j'ai balancé d'un revers de main ledit fer qui s'est explosé sur le sol.

– Je suis ensuite passée au maquillage (alors que je n'ai plus de boutons depuis deux ans grâce à mon Mirena my love mon amour, je m'étais réveillée avec le menton qui s'était pris pour un cerisier du japon). La maquilleuse, charmante, a masqué ces petites imperfections avec un fond de teint dément dont j'ai bien sûr oublié le nom, si ce n'est que c'était un lancôme. Après, elle a mis du fard marron glacé sur mes yeux. Alors que je m'extasiais, elle m'a répondu (gentiment en plus) que c'était parfait pour ce que j'avais, ça donnait un effet trompe l'oeil. "Vous voulez parler de mes paupières très légèrement tombantes ?", ai-je suggéré à peine vexée. "Non mais vous savez, ça c'est pareil (pareil que quoi, je n'ai pas osé lui demander), le jour où vous en avez marre, c'est trois fois rien à faire, 1/4 d'h sur le billard et dix ans de gagné", qu'elle m'a répondu. Ah, super, alors. Remets-y un peu de trompe l'oeil.

– Enfin, last but not least, le micro. Quand tu es en plateau, tu as un boitier autour de la taille avec un fil qui remonte par dessous ta robe et un micro qui se clipse au niveau de ton décolleté. Jusqu'ici, pas de problème, je n'ai eu besoin que de dix minutes d'explications pour comprendre exactement comment le positionner. On s'est ensuite tous installés et un à un, on a fait le test de parler dans le micro pour qu'en régie, ils vérifient si tout est ok.

Tout l'était.

Pour les sept autres personnes autour de la table.

Mais pour la numéro 8, ma pomme, en l'occurence, non.

Arrive l'ingé du son, super emmerdé.

– Je l'ai mal mis, c'est ça ?, plaisanté-je, connaissant ma gaucherie légendaire.

– Nnnnon, ce n'est pas ça, vous n'y êtes pour rien.

– Allons bon, c'est ma voix, je ne parle pas assez fort, elle est trop sexuelle, du coup tout le monde bande en régie ? (tentative désespérée d'entrer en empathie avec le garçon, histoire de juguler la panick attack pre-intervention en public) (j'avais auparavant tenté la complicité avec l'intégralité du personnel) (maquilleuse comprise).

– Non plus. Votre voix ça va…

– Ah. Mais il y a bien un truc qui cloche ?

– Ecoutez, vous n'y êtes pour rien. Ça se produit très rarement mais on connait le phénomène, on va régler le problème en sortant le boitier et en le laissant dans votre dos.

– Le… Le phénomène ? Je suis radio-active ou quoi ?

– Pas vraiment, mais c'est… C'est qu'il se trouve que votre peau, enfin, votre… transpiration (le boitier se trouvait au niveau de mon postérieur NDLR) (la NDLR permet de saisir la dimension tragicomique de ce qui suit), crée une interférence qui provoque un léger grésillement. Ce n'est pas grave, c'est la faute à personne, je… Enfin voilà, vous n'êtes pas responsable de votre transpiration.

– … hin hin hin (ricanement de défense).

Sans rire, j'aurais lâché un prout dans le boitier je me serais sentie moins gênée. Je veux dire, TOUT le monde a du visualiser mon cul transpirant.

En résumé, donc: je ne ferai jamais carrière à la télé, pour cause de paupières tombantes et de sudation excessive du fessier.

"Un cas sur un milliard et pan ça tombe sur toi ! En même temps, tu as un billet tout fait", s'est étranglée de rire ma nouvelle copine Nadia, (oui, la chroniqueuse qui parle des blogs et du net dans l'émission).

Dont acte, Nadia !

Allez, je vous laisse, je vais m'essuyer les fesses.

Edit: la photo est censée prouver que mes paupières n'ont aucun problème de gravité mais en fait on ne voit rien. Je voulais aussi montrer le maquillage (super canon le maquillage, il faut l'avouer) mais on ne voit rien non plus (sans doute en raison des paupières qui tombent). Je sens que je suis définitivement perdue pour la cause tuto.

Edit 2: je vous montre par ailleurs mes cheveux qui dix heures après le tournage étaient pour le coup trop comme j'aime, souples et en bordel. Je crois que je vais finir par craquer pour le lisseur/boucleur de Michel. Ou me faire coiffer tous les jours au studio des maternelles.

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