La course des héros

Petra

Il y a plein de façons d'être un héros. La plus évidente est d'enfiler une cape et un collant et de partir à l'attaque de tous les malfaisants. Pas facile facile tous les jours non plus, on est d'accord.

Et puis parfois l'héroïsme se cache dans des détails, au détour d'une phrase ou d'un sourire…

C'était il y a cinq ans, un peu plus, à la fin du mois de septembre. Six mois avant, N., une de nos plus chères amies, nous avait appelés pour nous annoncer qu'on venait de lui diagnostiquer une leucémie, mais que les médecins lui prédisaient 90% de chances de guérison.

Un pronostic un peu hâtif. Les semaines passant, N. allait de plus en plus mal, souffrant le martyre et enchainant les chimios sans que rien n'y fasse. Une saloperie rongeait sa moelle osseuse. Jusqu'à ce qu'un jour, on reçoive un coup de téléphone de sa mère, nous prévenant qu'on ne pouvait plus rien pour elle, N. allait partir, dans peu de temps.

Dès le lendemain, l'homme, D. un ami, et moi même avons pris le train pour Bordeaux, pour aller la voir. Durant les trois heures de voyage, je crois qu'on a rarement autant parlé, comme si chaque seconde de silence hurlait la mort prochaine de N.

D., déjà bavard au naturel, peu enclin à la chochoterie ou à l'apitoiement, redoublait de blagues à deux francs qui, sans qu'on comprenne comment ou pourquoi, nous faisaient pouffer comme des collégiens prépubères. Par instants, son regard s'assombrissait, mais ça ne durait jamais.

Une fois arrivés dans la chambre d'hôpital, nous avons compris qu'en effet, N. ne verrait pas grandir son bébé, âgé de 18 mois. Ce jour là, nous, en revanche, on a grandi d'un coup. Voilà, c'était officiel, la vie ça craignait et pas qu'un peu.

Mais malgré la douleur, malgré le corps qui ne répondait plus à rien, l'oxygène qui manquait à ses poumons à tel point qu'elle était obligée de porter à son visage un masque qu'elle n'ôtait que pour nous parler dans un souffle, N. était là, magnifiquement là. Hors de question de parler de la fin, elle fut de ceux qui refusent, jusqu'au dernier instant, combattant comme une lionne avant de rendre son ultime soupir.

Alors, puisqu'elle nous signifiait par quelques phrases anodines sur ce qu'elle ferait une fois sortie de là, sa volonté de ne pas évoquer la gravité de la situation, nous avons, D., l'homme, F. et L. deux amies qui nous avaient rejoints et moi-même, fait semblant, qui l'invitant à Paris pour le nouvel an, qui parlant de son retour prochain au Maroc où N. enseignait, qui des vacances prochaines.

Personne n'était dupe et petit à petit, toute l'énergie déployée par chacun d'entre nous s'est émoussée, les larmes s'invitant alors qu'il était hors de question de les laisser couler.

Seul encore en selle, D. badinait, les traits tirés mais sans renoncer. Tout en parlant, il tenait fermement un sac, dont nous connaissions tous le contenu mais que personne n'osait regarder.

Quelques jours plus tôt en effet, c'était l'anniversaire de N. et nous avions décidé de lui acheter un baladeur CD (à l'époque pas encore de MP3 ou autres I-Pod). On lui avait également gravé quelques disques, prenant soin de choisir SES morceaux, N. était une fan des Red Hot, Noir désir, la Mano et Rage against the machine. Autant l'idée nous avait paru bonne avant, autant maintenant que nous avions pris conscience de l'horrible réalité, cette idée de walkman nous apparaissait stupide et non avenue, comme une mauvaise blague. Profitant d'un léger assoupissement de N. on s'est concertés et la majorité d'entre nous était pour laisser tomber, N. allait mal le prendre, elle faisait la forte mais savait qu'il ne lui restait plus très longtemps à vivre, à quoi bon, l'idée même de poser ce casque sur ses oreilles allait la faire souffrir.

Mais D. n'était pas de cet avis. Il avait choisi lui même le baladeur et après tout, il était à elle, peu importe le temps qu'il lui servirait, on s'était toujours fait des cadeaux pour nos anniversaires, aucune raison de déroger à la tradition. Sourd à nos arguments, il est allé doucement tendre le paquet à N.

Quand elle en a découvert le contenu, ses yeux se sont assombris et pour la première fois, elle a tombé le masque.

On s'est tous figés, ayant la confirmation qu'on aurait dû suivre notre instinct et garder ce stupide baladeur pour nous. C'était comme si cet objet rutilant criait "tu vas mourir et nous, on est tellement cons que la seule façon de te dire qu'on t'aime, c'est de t'acheter un crétin de cadeau d'anniversaire".

Personne n'arrivait à parler, L. a fini par s'éclipser, éclatant en sanglots derrière la porte.

C'est à cet instant exactement que D. est devenu un héros pour moi. Se saisissant de la boite, il l'a ouverte, brandissant le lecteur CD, faisant l'article à N. comme s'il avait derrière lui vingt ans de vente à la Fnac. Petit à petit, un sourire s'est dessiné sur le visage de N. Pas un rictus, non, le premier vrai sourire depuis qu'on était arrivés.

Galvanisé, D. a conclu ainsi son argumentaire:

– Et attends, tu n'as rien vu. On a pris l'option antichoc. Pour que tu puisses courir tranquille dans les couloirs sans que les morceaux sautent. Tu pourras même pogoter sur Rage, ma grande.

On n'a même pas eu le temps de lui donner un coup de coude meurtrier pour lui faire comprendre l'aberration qu'il venait de proférer. On n'a pas eu le temps, parce qu'a résonné dans la chambre le rire de N. Peut-être le dernier de son existence, en tous cas le dernier qu'on ait entendu. "Mais que tu es con", elle a lancé, de cet accent chantant du sud-ouest que je ne peux plus entendre aujourd'hui sans que mon coeur se serre.

Ah ça oui, con, il l'était, D. Et dans la bouche de N. comme dans la mienne, c'est le plus beau compliment qu'on pouvait lui faire. Il en fallait de la finesse et du courage, pour comprendre à cet instant là que l'unique chose à faire était de dire un énorme fuck à tout ça, en rire avec la seule arme du désespoir en notre possession, l'humour, fut-il noir.

C'est la dernière fois que j'ai vu N. Trois jours après, elle s'en allait. Je n'ai jamais su si elle avait eu le temps d'écouter un de nos disques.

Edit: J'ai écrit ce billet parce que bientôt, le 6 juin très exactement, aura lieu la course des héros, organisé par l'association "Aiderdonner". Sophie, ma bonne fée typepadienne, va courir pour cette cause au nom de l'association Laurette Fugain , pour lutter contre la leucémie et si vous voulez, vous pouvez faire un don, la sponsoriser, en quelque sorte. Vous pouvez aussi aller courir, vous. Je reviens très vite avec plus d'explications sur le sujet et si j'étais un peu plus vaillante, je vous proposerais qu'on crée une team "Penseesderonde" pour aller les faire ces 6 km. L'année prochaine, peut-être ?

18 mois avec toi

Rose&me

Mine de rien, le temps passe. Il passe tant et tant qu'Helmut a eu 18 mois il y a 3 jours. 18 mois que le curseur de la grasse mat' s'est étrangement déplacé, plafonnant à 8h30. 18 mois que notre salle de bain sent le caca 23h/24. 18 mois que petit à petit, tous les objets fragiles et précieux grimpent d'un étage pour échapper à Godzilla et que notre appartement ne ressemble plus à rien. 18 mois qu'on se fait jeter par les taxis qui estiment que même sur les genoux un bébé est une personne (merci Dolto) et que par conséquent, ça fait 5 et c'est non. 18 mois que toutes les nuits ou presque le sempiternel "c'est toi qui y va ?" est prononcé par l'un ou l'autre des parents de mademoiselle Jaiplusommeil.

18 mois, surtout, qu'on est comme les doigts de la main, tous les cinq, et qu'au moindre reproche asséné à Rose, le machin et la chérie nous accusent de mauvais traitements sur enfant de moins de trois ans. Leur solidarité ne va pas jusqu'à leur donner envie de se lever la nuit ou de changer les couches surprises de leur sister, faut pas non plus rêver.

Bref, 18 mois au cours desquels j'ai appris ces deux ou trois choses sur elle…

– Elle sait dire "non", "pas", "aime'pas", "bahhhhh", "là-bas", "maman", "papa", "pain", "chuuut". Et tout un tas d'autres choses qu'elle seule semble comprendre. Ou pas.

– Elle raffole de l'eau du bain, bue à grandes goulées dès qu'on a le dos tourné.

– Depuis que sur un malentendu quelqu'un (= son père qui ne sait absolument RIEN lui refuser) lui a fait goûter aux granolas, elle prend assez mal le fait qu'on puisse imaginer lui faire avaler un boudoir.

– Elle a une conception bien à elle de l'expression "faire ses nuits" même si l'honnêteté me pousse à admettre qu'on est dans une dynamique positive. Mais quand-même, putain de bordel, 5h45 ce n'est pas exactement le matin, Helmut !

– Elle a découvert qu'en tournant plusieurs fois sur elle-même, y'a moyen de se sentir comme sous LSD. Elle est donc sous LSD fréquemment.

– Elle monte les escaliers à la vitesse de la lumière et les descend encore plus rapidement. Non sans mal, la descente.

– Elle déteste être dans sa poussette. Sauf avec sa nounou avec laquelle elle chante tout le long du trajet.

– Elle déteste mettre son manteau. Sauf avec sa nounou.

– Elle n'accepte de manger que si elle est elle-même munie d'une cuillère avec laquelle elle nous donne la becquée. Sauf avec sa n… Bref.

– Elle fait bien la différence entre ses parents et sa nounou. Sauf qu'elle ne la fait pas dans le bon sens, la différence.

– Elle a peur du sèche-cheveux.

– Quand elle est fatiguée, elle grimpe sur mes genoux, colle mon index contre son oreille et ronronne pendant que je la masse. Après vérification, elle n'a pas d'otite, juste, visiblement, une hypersensibilité du pavillon auriculaire. Quand elle sera en âge d'aborder ces sujets, je demanderai à ma copine julie qui jouit du cuir chevelu de lui expliquer qu'on peut vivre avec un point G bizarrement placé.

– Elle est brune, sauf si le soleil s'en mêle, semblant laisser quelques traces ambrées dans ses cheveux.

– Le matin, quand son frère et sa soeur se préparent pour partir à l'école, elle s'assied en bas de l'escalier elle aussi et enfile une vieille paire de baskets du machin. Tous les jours il faut lui expliquer qu'elle est encore trop petite pour l'école primaire. Et tous les jours on part le coeur serré de laisser cette petite fille qui tente maladroitement de nous emboiter le pas dans ses chaussures dix fois trop grandes pour elle.

– Quand elle lit ses livres, elle mouille son index dans sa bouche
avant de tourner les pages. Sauf qu'elle les tourne avec l'autre main.
A chaque fois je pourrais mourir d'amour.

Champagne Corbon: les vainqueurs

Champagne2

Bon alors va y'avoir des déçus c'est une certitude, puisque mon lectorat que je pensais fin et distingué n'est en fait qu'une agglomération de pochtrons.

Je précise deux ou quatre choses avant de donner les résultats: Les dates de dégustation sont à fixer avec Agnès, inutile de vous en référer à moi ou de poser des questions à ce sujet dans les comms, je n'en aurai pas la réponse. Par ailleurs, devant votre enthousiasme, Agnès propose qu'on recommence l'opération vers la fin de l'année, avant les fêtes, ce que je trouve trop chouette. Enfin, Agnès me fait vous dire que les personnes qui décideraient malgré leur "pas de chance" d'acheter du champagne ou de venir déguster sur place auront un cadeau bonus. Il suffit pour cela de donner le mot de passe: "Penseesderonde" au moment de la commande. Enfin, pour les neuf gagnants de dégustation, j'ai procédé de la façon suivante: l'homme m'a donné des numéros et si ces derniers correspondaient à des comm qui précisaient que la dégustation ne serait pas possible à cause de tout ce qui est distance et longue route, je cherchais à proximité de ces numéros des personnes qui manifestaient leur désir d'y aller.

Maintenant, si jamais parmi ces neuf gagnants certains ne pouvaient finalement pas se rendre à Avize en Champagne, qu'ils le disent et je remettrai le lot en jeu.

Allez, je sens que vous voulez connaitre les vainqueurs

Tadaaaaaam !!!!

La gagnante du coffret de trois bouteilles est Madile (com n°156)

Les neufs gagnants d'une dégustation sont:

– Bounty (com n°3)

– Pascale (com n°35)

– Marykos (com n°45)

– Laetitia (com n°69)

– Leyleydu95 (com n°74)

– Ariane (com n°157)

– Loop of Kurland (com n°186)

– Smallbubble (com n°322)

– Lilas (com n°349)

Allez et maintenant les enfants, va falloir penser à consulter. Je dis ça je dis rien.

Edit: Je rigole mais merci pour cette participation. Je me doute que l'idée de gagner des boutanches vous a motivés, mais je sais aussi par Agnès que vous avez été trèèèèèèès nombreux à cliquer sur son site et donc à ne pas vous contenter d'écrire "charbonnier". En plus, l'ambiance était franchement sympa, donc welcome à toutes les souris sorties de leur terrier pour picoler !

Edit2: Est-ce que les neuf vainqueurs peuvent m'envoyer un mail à cfrancfr(at)yahoo.fr ? Histoire que je les mette en relation avec Agnès. Parce que retrouver vos mails est compliqué dans mon back-office avec tous ces comms !

Qui c’est qui veut gagner du Champagne Corbon ?

Champagne

Bon alors ce cadal ?

Donc l’histoire, c’est qu’une d’entre vous – je ne donne pas son pseudo ici parce que j’ai cru comprendre qu’elle ne souhaite pas qu’on fasse le lien avec son blog « perso » mais si je me trompe, elle me le dira – qui s’appelle donc Agnès dans la vraie vie, est viticultrice.

Déjà, moi, viticultrice, ça m’épate. Un peu comme femme vétérinaire, chauffeur de train, pêcheur, dresseur de chevaux, ingénieur nucléaire, urologue, entrineur de foot ou tout autre métier théoriquement dédié aux hommes. Ok, c’est mon côté vieille France j’imagine, mais voilà, ça m’impressionne.

Donc Agnès, que je connais et vous aussi sous un pseudo bien rigolo, c’est une marrante et une sympa. Qui un jour m’a proposé qu’on fasse un partenariat pour faire connaitre son champagne.

Ah oui, elle est viticultrice de champagne, en plus, tant qu’à faire, hein, je choisis mes nanas qu’ont des couilles.

Il s’appelle le champagne CORBON, même que.

Bref, moi qui refuse neuf fois sur dix les concours qu’on me propose de faire, qui pour des couches culottes qui pour des jeux vidéos, qui pour des produits diététiques, là j’avoue, j’ai pas hésité douze secondes. d’abord parce que j’admire les gens qui créent leur activité, ensuite parce que j’adore le champagne. Et enfin parce que là je savais que vous n’alliez pas retrouver sur douze autres blogs le même billet sponsorisé.

Je précise en passant d’ailleurs que le billet n’est pas sponsorisé, juste je vais me faire rémunérer en  bulles. Mon poids – d’avant – en boutanches. Nan, je déconne, un magnum ça ira.

Pas de panique, j’en viens au fait.

Le principe est simple.  

Pour gagner, il suffit de répondre à la question suivante : le grand-père Albert d’Agnès était :

producteur de champagne,
– Charbonnier
– Avant-centre de l’Ajax d’Amsterdam.

La réponse se trouve sur le site d’Agnès

Une fois que vous l’avez trouvée, vous venez l’écrire ici. A la fin de la journée, je tire au sort les gagnants. Bien sûr, vous allez être tentés de recopier les réponses données par les plus rapides. Mais je vous conseille d’aller regarder, vraiment, le site d’Agnès, parce que ça vaut le coup et que parait que son champagne, c’est le meilleur du monde. Et moi, je la crois.

Et c’est quoi qu’on gagne ?

Pour les neuf suivantes : une initiation à la dégustation du Champagne pour deux personnes le 1er mai à Avize

Allez, à vous de jouer mes lapinoux.

Edit: L’alcool est à boire avec modération, ça va sans dire mais il me semble que ça va mieux en le disant.

Edit 2: La photo c’est les vignes d’Agnès sous la neige…

Blame and shame

Horizon

Bon, après cette journée riche en émotions hier, pas beaucoup de temps pour poster, alors quelques pensées en vrac, si vous voulez bien.

– Un gros shame on you au PS. Ce qui s'y passe et notamment en Languedoc-Roussillon parvient encore à m'émouvoir et m'estomaquer. Comment se saborder alors qu'à priori le contexte est quand même plutôt favorable. Dans le genre ils sont forts, nos amis de la rue de Solferino. En même temps, ils se seraient débarrassés avant du vieux cacique pas si fresh que ça, on en serait pas là aujourd'hui. Quand à Martine, faudrait un tout petit peu qu'elle arrête d'avoir la confiance comme ça. Parce que bon, à force de crier qu'on va tous les niquer et que l'UMP va être fanny (expression de bouliste), les gens (= moi) y vont ptêt pas s'emmerder à aller voter. Surtout que personnellement, Huchon, il va avoir ma voix par défaut, autant le dire.

– Un grand big-up au procureur Marin qui a pris sa décision de faire appel du verdict du procès Clearstream tout seul comme un grand, mais c'est bien sûr. Un peu plus et va croire que Jean-Pierre Pernaud il avait écrit ses questions à monsieur le Président sans que personne ne l'aide. Et François Fillon, il est premier ministre peut-être ? Attends, l'autre !

– Un grand merci à Patrick Balkany sans qui on n'aurait jamais su cette semaine que le petit prince Solal, fils du futur ex président de l'EPAD et par conséquent déjà destiné à remplacer Phiilippe Seguin à la cour des comptes, avait été parfaitement circoncis. L'info, quoi.

– Un grand bravo à Violette qui a dessiné sa propre paire de pompes pour André. Si ça c'est pas la preuve de l'influenterie, je suis Mimi Mathy. Personnellement je veux les bleues. Même si il est peu probable que je parvienne à marcher avec, soyons lucides. Y'a aussi Walinette dans le coup, même que je crois que c'est l'instigatrice.

– Un grand coup de coeur pour le film "Complices" avec Emmanuelle Devos et Gilbert – sluuuurp – Melki. Un polar qui se passe dans ma ville de Lyon et qui sans être un chef d'oeuvre tient en haleine et révèle deux jeunes acteurs formidables.

– Un gros respect pour Rosemary Mac Grotha (ne pas prononcer à la française, redoutable) qui après s'être tapée toutes les une "spécial grosse" du Elle, embraye sur les "spécial vioques". Un destin, quoi. Ceci étant dit, je la kiffais grave du temps de ma jeunesse et je la trouve toujours aussi canon, sans être défigurée ce qui tout de même est une gageure dans le métier.

– Une grosse envie de soleil, mais ça à priori c'est pas pour tout de suite et je me doute que tout le monde s'en fiche.

– Un gros teasing pour demain où y'aura du cadal à mort, du cadal de niveau, je veux dire, pas du fard à paupière vert canard ou que sais-je, pas du sac Darel non plus on est d'accord. Mais du cadal qu'on trouvera sur aucun autre blog et que même il pétille.

– Un énorme bravo à Mademoiselle K qui a remporté le prix "blogueurs" du concours Esthetic Factory avec sa magnifique photo intitulée "Horizons". Je suis trop contente parce que c'est l'une d'entre vous. Désolée pour les autres mais en tous cas j'ai été estomaquée par la qualité de vos photos.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, à demain pour le cadeau qui tue sa mother.

Appel aux ondes positives

Cierges

En janvier, pour les voeux, je vous avais demandé de m'envoyer de bonnes ondes pour un projet à venir dont je ne pouvais rien dire.

Le moins qu'on puisse dire c'est que vos ondes, c'est du titane, parce que l'affaire suit son cours. Disons qu'une première étape a été franchie.

Aujourd'hui, à 16h30, il y en aura une autre, d'étape, et pas des moindres. Alors je vous demande de me renvoyer vos pensées positives, parce que je n'en mène pas large et que l'enjeu est de taille.

Voilà, pas possible de vous dire plus, ce n'est pas du teasing, je crèverais de tout vous raconter, mais parfois il faut savoir la boucler, je l'ai appris à mes dépens plus d'une fois et mine de crayon, ça rentre un peu dans ma petite tête. J'espère vivement qu'on pourra un jour fêter ça ici, c'est tout.

Ceci était donc un billet parfaitement inutile en soi, ou du moins totalement égoïste, un appel non pas au dons mais aux ondes, quoi…

Thanks !

Edit: Si je m'écoutais je demanderais à ma mamie d'aller faire brûler un cierge à Fourvière. En même temps, il faut peut-être garder ça pour des urgences plus vitales. N'empêche.

Edit2: C'est 16h30 en fait, pas 16h50 comme mis précédemment. La fille qui joue sa vie sur un faux horaire. Malheureuse.

Si j’étais…

Tutu

Si je maigrissais encore…

– Je fermerais à l'aise un 42

– Je serais enthousiaste à l'idée d'acheter un maillot de bain

– Je pourrais peut-être grimper sur des talons de 10.

– J'entrerais dans les lieux publics avec un poil plus d'assurance.

– J'aurais l'impression d'être plus séduisante.

– Je me raconterais des histoires dans lesquelles on me désirerait juste pour mon corps.

– Je me regarderais tout le temps dans la glace.

– Je poserais sur mon blog en rentrant les genoux, comme une professionnelle.

– Je me sentirais plus jeune.

– J'aurais, si ça se trouve, moins peur de parler en public. Ou pas.

– Je serais toujours Caroline, 38 ans, mariée, 3 enfants.

– J'aurais peut-être moins d'inspiration.

– Je serais ruinée mais par contre La Redoute et Americain Vintage seraient montrés comme des exemples d'entreprises en pleine croissance dans tous les Davos du monde.

– J'aurais toujours aussi peur de mourir.

– Je passerais mes mains sur mes hanches qui sailleraient le soir et sans comprendre pourquoi, j'aimerais ça.

– Je ferais scandale en affirmant qu'on ne se sent jamais si bien que lorsqu'on est mince. Et je ne verrais pas où est le problème.

– Je serais peut-être moins drôle

– Je me sentirais fragile.

– Je ne me demanderais plus si la personne à côté de moi dans le métro n'est pas trop serrée par ma faute.

– Je n'aurais plus peur qu'on me cède une place dans les transports en commun.

– Je proposerais à mon généraliste de me peser, même pour une otite.

– Je me pèserais dans une pharmacie, devant tout le monde.

– Je retournerais à la Pitié, au service consultations-maternité, je sauterais sur la balance et et je demanderais à la sage-femme de dire à voix très haute le chiffre qui s'affiche. Je ne supplierais même pas d'avoir le droit d'enlever mes chaussures.

– J'irais essayer tous les pantalons de chez comptoir des chiffonniers.

– Je proposerais à ma mère qu'on aille faire les magasins ensemble, pour réécrire l'histoire et ne plus jamais lui ressortir cet épisode dramatique des Nouvelles galeries, elle et moi en larmes dans la cabine, parce qu'à douze ans la seule jupe m'allant était en flanelle marron, taille 44.

Si je reprenais du poids…

– J'aurais envie d'arracher à nouveau ce bourrelet qui empêche tout pantalon de fermer sans serrer.

– Je ressortirais toutes les fringues roulées en boule au fond du placard parce que trop grandes.

– Je roulerais en boule toutes les fringues nouvellement achetées au fond du placard.

– Je me réveillerais à nouveau avec cette question existentielle s'il en est: qu'est-ce que je vais bien pouvoir me mettre ce matin. Putain.

– Je ferais bouger l'aiguille de la balance pour tricher, rien que pour le plaisir de reculer l'inéluctable.

– J'inventerais des problèmes hormonaux, je pesterais contre la rétention d'eau.

– Je finirais par prévenir tout le monde avant même que ça se voie que ça y'est, voilà, encore un coup pour rien.

– J'irais quand même à la plage et la mer serait à la même température qu'avec 10 kilos de moins.

– Je profiterais du printemps qui vient de la même façon.

– Je lâcherais l'affaire au niveau du tutu. (ok, c'est pour justifier la photo)

– Je serais toujours caroline, 38 ans, mariée, 3 enfants.

– Je retomberais la tête la première dans le paquet de granolas, ceci expliquant aussi cela.

– Je le laisserais carresser mes hanches, en essayant d'oublier qu'elles ne saillent plus.

– J'aurais à nouveau plein d'argent sur mon compte et je crierais à qui veut l'entendre que tout est moche cet été dans les magasins.

– Je dirais adieu à mon boy-friend jean et bonjour à mon slim. Sans avoir besoin d'acheter ce dernier, rien ne se perd, tout se transforme.

– Je saurais toujours écrire.

– Je serais toujours journaliste.

– Je serais quand même en vie.

Et les autres, qu'en penseraient-ils ?

Je crois que mes amies seraient tristes pour moi, désolées même. Peut-être que certaines, secrètement, trouveraient que finalement tout se remet à sa place et que ce n'est pas si mal, l'ordre des choses. Ma mère m'aimerait toujours mais on oublierait cette histoire de shopping. Elle me trouverait jolie quand même, je crois. Mes enfants me diraient qu'ils ne voient pas la différence et que non, vraiment, n'importe quoi, maman, tu n'es pas grosse. L'homme applaudirait à deux mains le retour de mes seins.

Peut-être qu'une fois le dos tourné, certains proches se diraient que c'est dommage, tout de même, ça m'allait bien. Et puis en face, ils m'assureraient que franchement, quand tu es trop mince, ça te donne mauvaise mine, ton visage n'est pas fait pour ça, ce n'était pas toi. Et si ça se trouve, ils seraient sincères dans les deux cas.

Voilà tout ça est un peu sorti tout seul, sans vraiment réfléchir. Si je suis à 100% honnête, le plus merveilleux dans le fait d'être plus mince est de pouvoir s'habiller sans y penser. Est-ce normal d'avoir fait des années d'études, de revendiquer depuis toujours le fait qu'une tête bien faite est dix fois plus important qu'un corps parfait et de pourtant courir après une telle futilité ? Pas sûr…

Set point et match

Pensive

Dans les commentaires du billet de vendredi, on m'a demandé combien de kilos j'avais perdu et comment finalement je le vivais, cet amaigrissement. C'est amusant parce que c'était un peu le sujet de ma dernière séance avec le docteur Zermati.

"Si vous deviez ne plus maigrir, si ces dix kilos en moins étaient le maximum que vous puissiez perdre en continuant à manger comme vous le faites aujourd'hui, que ressentiriez vous ?", m'a-t-il demandé.

"ça m'irait parfaitement". C'est sorti comme ça, sans réfléchir, et je crois que c'était totalement sincère. On peut penser que 69 kilos pour 1m63 – moins 11, donc pour être exacte -, c'est loin d'être conforme aux canons en vigueur. On peut même se dire qu'au niveau de l'ambition, je suis petite joueuse. Mais je rappelle que je suis une routarde du yoyo. Et qu'à 38 ans, on n'est certes pas raisonnable en tout, mais on sait certaines choses. Du genre qu'on n'a pas été programmée pour boxer dans la catégorie des Charlotte, Vanessa ou autres Kate.

Le docteur a eu l'air un peu surpris de ce cri du coeur mais plutôt surpris dans le bon sens. Lors de notre première séance, après avoir fait l'historique de mon poids au fil des ans depuis l'âge de 15 ans, il avait en effet évalué mon "set point" (poids auquel j'ai à priori génétiquement été déterminée – truie sa race de mother nature) à 67 – 68 kilos. C'est dire qu'on touche au but, si but il y avait.

Mais malgré tout, m'a-t-il prévenue, c'est peut-être maintenant que tout commence. Tout simplement parce qu'il va falloir identifier la façon dont je gère ce qu'il appelle "le stresseur poids". A savoir la peur de reprendre les kilos perdus. D'où la nécessité de ne pas perdre finalement beaucoup trop, j'imagine. Plus on tente de se maintenir à un poids qui n'est pas "naturel", plus le stress de ne pas y parvenir est intense et plus le risque de regrossir est grand. Je précise que là, c'est un peu mon extrapolation, le docteur n'a pas approfondi mais c'est ce que j'en déduis et que je déduis de mes expériences passées.

Alors que si on se contente de son "set point", à priori il est possible de manger à sa faim et selon ses envies sans que le mécanisme infernal se mette en route.

Il n'empêche que même dans ce cas, la peur de reprendre est là, je ne vais pas m'en cacher. Si j'étais le dalaï lama, ça se saurait.

C'est pour justement gérer cette angoisse que docteur Z. m'a donné ce petit exercice à faire pour la prochaine séance: écrire ce que j'éprouverais si a) j'étais plus mince, b) je reprenais du poids. Et également ce que mes proches, selon moi, penseraient dans ces deux cas de figure.

Objectif: travailler sur l'image qu'on a de soi et l'image qu'on pense que les autres ont de soi.

Bien sûr, je n'ai pas commencé mes devoirs alors que c'est pour dans deux jours. Mais j'ai ma petite idée et promis, si ça vous intéresse, je vous livrerai le fruit de mes réflexions, ou tout au moins ce qui peut être dit ici. On a sa pudeur, hein, même si ce n'est pas toujours ce qui saute aux yeux sur ces pages.

Voilà, je me rends compte qu'au final, je n'ai pas vraiment répondu à cette question du comment je vis cette perte de poids. Pas encore. Mais ma liste à venir sera, j'en suis sûre, un bon début…

Edit: La photo est censée illustrer cette grande réflexion qui s'annonce. Ok, c'est fumeux, mais parfois je me creuse un peu la tête pour les images, hein…

Une question d’équilibre

Repasléger

Lors d'une de mes séances avec le docteur Zermati, j'ai abordé la question de l'équilibre alimentaire.

– Non parce que vous comprenez, certes j'ai maigri, mais j'ai quand même l'impression de manger n'importe comment.

– Qu'est-ce que ça veut dire, manger n'importe comment ? (le coup de la question qui va m'amener à faire une réponse idiote qui va être démontée dans la seconde, la botte secrète du docteur Zermati)

– Ben… ça veut dire que les cinq fruits et légumes par jour, ils vont fréquemment voir là bas si j'y suis et souvent, mince, j'y suis pas.

– Et ça vous pose un problème ? Vous avez peur d'avoir des carences, vous êtes du genre obsédée de l'équilibre ? (ok, je sens venir le coup de grâce)

– Heu… non, c'est pas ça, mais les jours où je ne mange pas un légume et pas un fruit, je me…

– … culpabilise ? (Et pan, dans le mille, encore gagné, c'est trop injuste)

– Disons que je me doute que c'est moyennement bon pour ma santé. Non ? (la fille qui tente d'inverser la tendance sans trop y croire)

Faux. Faux, qu'il m'a expliqué, monsieur Zermati, alias Obi Wan Kenobi. Attendez, il ne m'a pas recommandé de manger des frites à la mayonnaise tous les jours que dieu fait, hein, faut pas déconner. Mais faut pas trop lui parler des campagnes du type des 5 fruits et légumes par jour, à mon maitre Yoda. Il n'a pas l'air comme ça, mais il pourrait s'énerver. Pourquoi ? Parce que selon lui, l'équilibre alimentaire ce n'est pas quelque chose qu'il faut chercher à atteindre sur un terme aussi court qu'une journée. Même pas sur la semaine.

Traduction: ce n'est pas parce qu'on ne mange pas de yaourt ou de laitages pendant plusieurs jours qu'on va se casser en mille morceaux ou perdre toutes nos dents. Idem pour les oranges, on risque pas le scorbut si on fait l'impasse dessus pendant un mois.

Le corps sait réclamer ce dont il a besoin, de la même façon qu'il sait se manifester quand il a la dalle. Et se forcer à manger des brocolis en plus du steack alors qu'on a l'impression d'être rassasié, juste pour faire son quota de vert, c'est tout simplement crétin (là c'est moi qui parle, le docteur Z. est bien mieux élevé). Parce qu'au final, non seulement ça ne va pas changer grand chose sur un plan nutritionnel mais qu'en plus, on engrange des calories pour rien. Et donc… on grossit. En mangeant des brocolis.

La vérité, avec maintenant six mois de thérapie au compteur, c'est que je n'ai jamais autant acheté de légumes sur le marché. Pas parce qu'il faut, mais parce que je me fais plaisir en les cuisinant et qu'il y a des soirs, après avoir déjeuné d'une quiche/part de flan/brownie/sandwich (pas tout à la fois of course) je n'ai qu'une envie, manger un autre type d'aliments.

Mais il y a aussi des semaines où faute de temps, d'envie ou de besoin, les féculents vont dominer mon alimentation, ou les laitages, ou les fruits ou que sais-je. Idem du coup pour les enfants. Et non seulement je continue à perdre du poids mais je ne me sens pas du tout plus fatiguée, barbouillée ou écoeurée.

Bref, comme me l'a expliqué monsieur Zermati, entre manger à midi un pain au chocolat et un repas complet type 'poulet, haricots verts, pain, yaourt et pomme', c'est le pain au chocolat qui sera le moins calorique. Et donc le repas complet qui fera prendre du poids. Ce qui ne signifie pas – j'insiste – que boulotter des pains au chocolat tous les midi est une bonne idée. Juste qu'on a des schémas idiots en tête, la preuve, quand il m'a demandé ce qui faisait le plus grossir entre ces deux déjeuners, j'ai sans réfléchir pointé du doigt la viennoiserie. Pour me raviser ensuite, flairant le piège.

Je ne sais pas vous, mais moi ça m'a fait un bien fou, cette histoire d'équilibre qui se trouve sur une période bien plus longue qu'une journée. Et je ne vous dis pas comme ça fait des vacances aux enfants à qui j'arrête de seriner des principes à la con selon lesquels ils vont rapetisser et perdre leurs cheveux s'ils ne finissent pas leur soupe. C'est un peu comme ces trucs de jeux vidéo versus lecture, en somme. On peut très bien avoir des périodes bouquins auxquelles se succèdent des semaines mario bross. Et au final, on aura fait un peu des deux, mais à son rythme…

Allez, que le power soit sur vos faces, petits scarabées…